a Mél. d'arch. », t. III, p
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ment sur la face d'un sarcophage du ix' siècle, conservé dans l'église de Sajnt-Zénon, à Vérone, le plus ancien des monuments funéraires que nous puissions citer comme offrant l'image du Crucifiement' ; il servira ici à prouver que tes Evangélistes n'étaient rejetés au revers des croix que par des motifs d'agencement.
Revers de la croix. — Rien ne ressort mieux, en effet, de l'examen de ces revers que l'intention d'y faire revivre la pensée de la face principale pour la dt'veloppcr : sur la croix émaillée du musée du Vatican, les trois têles de Noire-Seigneur, de la Sainle-Vierge et de saint Jean sont répétées à son revers, où, seulement, los figures de saint Pierre et saint Paul aux extrémités supérieure et inférieure sont remplacées par celles des anges saint Michel et saint Gabriel. Les deux archanges ne sont pas nommés, mais nous verrons qu'ils l'ont été sur nombre d'autres monuments postérieurs : il semble que l'auteur de la composition ait voulu dire que dans le monde invisible ils jouent, pour recueillir, dispenser et annoncer les fruits du divin sacrifice, un rôle analogue à celui qui a été donné au chef de l'Église pour l'accomplissement de sa mission exlérieuve dans ce monde.
Sur la croix de Velletri, l'image de Notre-Seigneur crucifié sur la face principale est remplacée au revers par l'agneau, sa figure. C'était dire aussi clairement que, sur les deux faces, la pensée est identique et mettre les figures des Evangélistes qui accompagnent l'agneau dans le même rapport avec le crucifix que si elles l'entouraient lui-même.
Notre croix en cuivre repoussé du musée du Vatican et celle de Véroli portent au revers la ligure de la Vierge-Mère qui est mise h. la place de son divin Fils. Est-ce pour rendre honneur à Marie ? Oui, assurément, mais non pas par ce seul motif: on a voulu surtout, par ces représentations, exprimer une des faces de l'Evangile et compléter la signification de la croix et du Crucifiement comme les résumant toutes. De même, quand à Éphèse. Marie fut solennellement proclamée mère de Dieu, l'honneur personnel qu'on lui rendait était primé dans l'intention des Pères du Concile par le besoin de mettre hors de contestation le dogme de l'unité de personne en Jésus-Christ : l'honneur rendu à sa Mère, pour venir en seconde ligne, n'en était que plus grand. Ainsi les figures des Evangélistes se voient au revers de la croix du Vatican, où elles accompagnent la Mère de Dieu au même titre qu'au revers de la croix de Velletri autour dé l'agneau divin.
Deux des fioles de Monza nous offrent Marie assise sur un trône, exposant
1 . De l'iconogmphii! des tombeaux a. Extrait de la • Revue de l'art cbréti^n >.
son divin Fils à la vénération simultanée des bergers et des Mages, et cette double scène a pour revers, ici l'Ascension, là le saint sépulcre avec l'ange et les saintes femmes. Or considérez la place que ces deux derniers sujets occupent sur les fioles oii la représentation principale est celle du Crucifiement, mitigée quant au souvenir du supplice, mais accentuée autant que possible quant aux fruits du sacrifice, vous verrez qu'ils sont embrassés comme en étant le développement et le commentaire. Ils sont posés : le saint sépulcre en monument de la Résurrection et à l'exclusion de tout souvenir d'ensevelissement, ou rangé comme en exergue, dans la partie inférieure de la face principale, ou au revers; l'Ascension aux deux revers laissés libres par la première de ces dispositions S quand ils n'ont pas été remplis par une croix triomphante*. Observez avec cela le signe suspendu au-dessus de la Sainte- Vierge', signe soulevé par les anges ou montré par ces esprits célestes et qui, fornié par Tentre-croisement d'une croix à branches verticales et horizontales (inimissa) et d'une croix en sautoir (decussata), indique tout à la fois, en les confondant à dessein, la croix triomphante, le nom du Sauveur et l'étoile qui annonça sa naissance. Notez, d'ailleurs, les fréquentes répétitions de la croix dans toutes les parties de ces petits monuments, et vous resterez convaincu que la pensée principale darts l'ornementation de toutes les fioles de Monza, sans exception, est le mystère du salut consommé sur le Calvaire au moyen de la croix, mais commencé à Bethléem et couronné par la Résurrection et l'Ascension. De sorte que la figure de Marie, au revers des croix, a la même signification que les compositions plus développées dont elle occupe le centre sur la face de quelques-unes des fioles dont nous parlons.
La Sainte- Vierge est représentée, sur la seconde feuille du diptyque de Rambona, avec une intention plus explicite de manifestation et de triomphe, étant accompagnée d'un riche cortège de trônes et de séraphins ; et de plus, au-dessous d'une rangée de saints (saint Grégoire, saint Silvestre et saint Flavien) * offrant, au milieu des rinceaux de vigne, de p'almes et de roses qui les enlacent, un abrégé de la cour céleste, on a étendu, dans la partie inférieure du diptyque, un ange comme planant sur la terre, une palme, une torche à la main pour lui annoncer la lumière et promettre la victoire aux hommes de bonne volonté. Évidemment, toutes ces figures étaient destinées à