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moyen des signes, d'incorporer la grâce et la vie divines aux signes, à des signes choisis, marqués, sanctifiés. Le signe, dirons-nous, avec l'éminent théologien, c'est ce qui, en outre de l'apparence qu'il présente aux sens, fait venir autre chose dans la pensée. C'est la définition du signe naturel, c'est-àr-dire du signe accommodé à la connaissance des hommes; car la connaissance humaine commence par les sens. Lors donc qu'il est dit que le sacrement est établi dans le genre du signe, on l'entend du signe humain ou naturel, et par !& même du signe sensible. Or, de là, se prend la première convenance pour laquelle tous les sacrements sont institués sensibles, parce que l'homme est conduit des choses sensibles & la contemplation des choses intelligibles; et, pour cela, il a été très-utile que dans le culte même extérieur et sensible de la religion fût signifiée la sanctification intérieure, afin que l'homme fût comme conduit par la main, à la recevoir et la comprendre '. Du reste, le Verbe s'est fait chair, la vérité s'est incarnée, la lumière s'est incorporée, l'amour s'est fait signe, afin que la grâce se fit sacrement. « Quia verbum breviatum faciet dominus super terrara '. n Voilà qui démontre en même temps l'admirable convenance, ou mieux, ta providentielle nécessité de l'art. Comme la parole, comme l'écriture, l'art est un signe, ou plutôt un ensemble de signes, un alphabet 0(1 le génie choisit ses mots, ordonne ses discours, rhythme ses poèmes. Et, pour nous rapprocher encore mieux de notre sujet, l'art, le grand art chrétien est comme un huitième sacrement, pour nous communiquer la vérité divine, avec le goût, le désir, l'amour des choses éternelles; en deux mots, le reflet divin du beau, la vibration harmonieuse du verbe, par les images sensibles consacrées h. la représentation des idées surnaturelles et divines.
Le sacrement est donc un signe, puisqu'il s'adresse à l'homme, nature composée, esprit infirme empêché dans la chair, et qui a besoin de cette échelle pour monter aux cieux et communiquer aux idées. Mais encore, le signe est un lien : il est commun h. ceux qui parlent la même langue et vivent des mêmes idées. — Voici la seconde convenance : c'est que les hommes, de même qu'étant conduits par la raison naturelle, se réunissent en un peuple, ou en un Etat; de même par le Christ, qui a disposé toutes choses avec suavité et sagesse, ils se réunissent en un seul corps d'Ëglise visible et ordonné pour le culte divin. C'est pour cela qu'il a été nécessaire d'instituer quelques signes sensibles qui fussent communs k tout le corps d'Église, afin