‹ Annales celeste du dix-septieme siecleChapitre 3 sur 120 · L.U.ANDE · texte numérisé non relu

L.U.ANDE

A la suite de ce Rapport, l’Assemblée nationale accorda 3ooo livres pour la publication de l’Onvrage (124 lévrier 1791)- L’impression, confiée à Barrois, avança fort lentement ('); puis la mort de Pingré (i®‘' mai 179b) la lit suspendre alors qu’elle n’était pas avancée jusqu’aux deux tiers.

A partir de cette époque on perd de vue non seulement le manuscrit, mais aussi les feuilles déjà tirées, et (jui ne furent pas publiées (-).

Après avoir cbercbé longtemps cet ouvrage partout où pouvaient se trouver dos papiers venant de Pingré, deux circonstances beureuses m’ont fait retrouver successivement un exemplaire complet des 3Gi pages tirées, puis la partie qui était restée manuscrite.

La partie imprimée appartient à un savant bibliophile parisien, M. Victor Advielle, (jui l’a acquise autrefois comme vieux papier dans une petite ville du midi de la France. Elle vient de Lalande lui-même, comme l’indiquent les notes autographes <|iii l’accompagnent, et parmi lesquelles se trouve le rapport donné ci-dessus de Lalande et Le Monnier. D’ailleurs, on lit au verso du cartonnage, et

do l’écriture de Lalande : « Lalande 179G Barois m’a donné ces feuilles en

novembre 179^). 11 attend la paix pour finir. »

La partie restée manuscrite se trouvait à l’Observatoire de Paris, mais sous l’indication fausse suivante : « Manuscrit Erasme Bartholin. Copie des observations de

Ïyclio-Brahé » C’est sur la foi de ces indications que l’on croyait posséder le

manuscrit sur leijucl devait se faire, par les ordres de Colbert (voir p. 359 de ce volume) l’impression des observations de Tycbo, et qui a été rendu au Danemark depuis plus de 180 ans. IMais c’était en réalité la partie des observations de Tycbo mentionnée dans le rapport de Lalande et Le Monnier, accompagnée de la fin du manuscrit de VHistoire céleste du xvii® siècle, le tout écrit de la main déjà tremblante de Pingré.

L’ouvrage étant ainsi reconstitué en entier, mais à l’état d’exemplaire unique, et appartenant en partie à un particulier, on examina s’il n’y aurait pas lieu de l’imprimer ( ®). Sans doute beaucoup des observations qui y sont consignées ont perdu considérablement de leur utilité, de sorte qu’on eût pu se borner h extraire les parties encore importantes. Mais d’un autre coté une publication partielle a * (*)

( ') « i4 juillet 1791, il y a 240 pages d’imprimées. » Note aut. de Lalande.

(*) « 364 pages étoient tirées; la dépréciation des assignats a fait suspendre l’impression, qui n’a jamais été reprise. » Delamiire, Art. Pingre', dans Biographie universelle, t. XXXIV, p. 476; iSaS.

(’) G. Bigourdvn, Sur VHistoire céleste du xvii' siècle de Pingré {Comptes rendus, t. CXXVI,p. 712-

INTRODUCTION

toujours un caractère en quelque sorte arbitraire et provisoire. Après examen, la section d’Astronomie de l’Académie des Sciences fut unanime à proposer une publication in extenso (') dont l’Académie a assuré la réalisation par une souscription importante : telle est l’origine de la publication actuelle qui reproduit exactement et presque page pour page la partie qui avait déjà été imprimée (-).

Pour l'autre partie il a existé deux manuscrits, savoir : la véritable rédaction de Pingré et une copie préparée pour l’impression. Sur le manuscrit que nous avons, J.alande dit, dans une note autographe fixée à l’endroit où finissait la partie imprimée par Barrois : « Imprimé jusqu’ici, mais sur une autre copie où l’auteur ajoutait. » Ainsi nous avons la rédaction proprement dite de Pingré; d’ailleurs le manuscrit qui est entre nos mains remonte jusqu’à 1677, c’est-à-dire sur 2() pages de l’imprimé de Barrois, et leur comparaison ne montre aucune différence essentielle, sauf des transpositions nécessitées par la manière même dont Pingré augmentait graduellement son manuscrit.

Nous avons dû de même, à partir de 1682, surtout pour les observations des satellites de Jupiter, rétablir l’ordre chronologique qui est fondamental dans l’ouvrage. Faute de place, Pingré n’écrivait pas toujours ses additions successives d’une manière bien claire; d’autres fois, il n’ajoutait pas des indications qui, inutiles pour lui, sont indispensables pour nous. De là quel(|ues doutes, indi(]ués parfois par un point d’interrogation (?) et d’autres fois en note dans le lias des pages. Souvent aussi nous avons augmenté la clarté en adoptant la forme de tableau, tandis que le texte de Pingré est suivi et continu. En somme nous n’avons apporté que quelques modifications de forme, en respectant scrupuleusement le fond.

(') Comptes rendus, I. CXXVI, p. pfi-g/i?..

(’*) Les 364 pages imprimées par Barrois répondent aux premières 867 pages de la puldicalion actuelle.

G. Bigouud.vn.

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