PLANTES POTAGÈRES
Sur les boutures de la Patate ignanie.
M. Tougard, amateur distingué à Rouen, reçut de Lb Basse-Terre (Guadeloupe), au printemps de t834 9 des.racines sans nom qui lui fournirent la patate igname (conçolvulus èatatas), qui fleurit pour la premier^ fois chez lui. Dans le même temps , M. Vilmorin en reçut également , mais étiquetées , qui , cultivées dans ses jardins de V^riëres et aux Barres, fleurirent la même année, mais quinze joui^ plus tard. Ce fait intéressant les vrais amateurs de la culture, cette plante fut immédiatement dessinée, et sa figure, accompagnée d'une notice , fut publiée dans les Annales de la Société d'Horticidture et dans ce journal , page i63, année i834i855.
Les horticulteurs éclairés comprirent bientôt que cette plante pourrait devenir d'une grande utilité
pour réconomie domestique , à cause de ses graines dont le semis pouvait procurer un grand nombre de variétés nouvelles, parmi lesquelles il y avait lieu d'espérer qu il s'en trouverait quelques-unes d'une culture facile et peu dispendieuse , comme la pomme de terre.
M. Lafiay , horticulteur, rue Rousselet , à Paris , s'empressa de la multiplier pour le commerce par la voie des boutures. Il les fit au printemps sur couche chaude , et lorsqu'elles eurent fait des racines , il les sépara une à une dans des pots de quatre à cinq pouces de diamètre. Elles réussirent parfaitement , et toutes fleurirent , les tiges n'ayant pas plus de dix pouces à un pied d'élévation. Elles donnèrent , depuis juillet jusqu'en septembre, une multitude de fleurs qui s'ouvraient chaque jour de six à sept heures du matin , et se refermaient de dix heures à midi.
Des boutures faites cette année, par ce même procédé , ont été , après leur reprise , plantées en pleine terre , sur couches , et ont donné des produits considérables en racines. M. Batereau d'Anet, dans sa propriété près de Meaux , a obtenu des racines longues de la grosseur du bras, et d'autres presque sphériques, mais également d'un volume considérable. On m'apprend à l'instant que M. Sageret , connu par sa pomologie française, a récolté cette année des graines de cette espèce.
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les avantages que l'on peut obtenir par la voie des boutures, qui déterminent souvent les plus grands arbres et les plantes vivaces à devancer l'époque naturelle de leur floraison , et a former des individus nains tels
que les orangers^ les chrysanthèmes , etc. ; taudis que les plantes multipliées par le semis sont quel* quefois plusieturs années sans montrei* la moindre apparence de fleurs. Je me propose de revenir avant peu sur ce sujet. Pépin.
Culiuredes Champignons c/iez le duc de Deyonshire, a CHAT8WORTH4
M. Philippar a donné sur ce sujet une note dans les Annales de Fromonij mais n'ayant rien dit de la culture^ qui diffère essentiellement de la nôtre , je crois bien faire en publiant cette méthode d'obtenir des champignons, telle que je viens de la voir pratiquée dans le voyage que j'ai fait récemment ei^ Angleterre.
Derrière une serre oii l'on chauffe les arbres fruitiers est établie une construction enterrée de quatre pieds au-dessous du sol et s'élevant de six pieds en-dessus ; elle a douze pieds de large et soixante de longueur, et est couverte en grosses ardoises épaisses d'un pouce au moins, et de quelques châssis seulement pour donner du jour lorsqu'on y travaille. Au centre et sur la longueur est un chemin de service, et de chaque côté sont établis trois rangs de tablettes en grosses ardoises soutenues par des pUtea-bandes en fer et garnies d'un rebord de sept à huit pouces également en fer« Pour donner de l'élégance à cette construction , on y a fait des arcades en fer qui, peintes en minium, font un effet assez joli.
Lorsque l'on veut établir les couches à champignons , l'on extrait du fumier des chevaux leurs e\>
orémeofl, que l*on débarrasse seulement de toute la paille, et on les tient à l'abri en les remuant tous les deux jours, jusqu'à ce que leur chaleur soit à peu près éteinte ; alors on remplit les tablettes jusqu'au niveau de leur rebord. Cela fait , on attend encore quelques jours , et lorsque les couches ne sont plus que tièdes on les larde dans toute leur longueur avec du blanc de champignons, et on les recouvre d'un pouce de terre franche sablonneuse mélangée avec la boue que l'on ramasse sur les grandes routes , qui , en Angleterre ( ainsi qu'on peut le savoir ) , sont ordinairement ferrées avec des cailloux et de la chaux. Cette terre dont on couvre les couches est battue au point que j'ai eu de la peine à y introduire le doigt.
Cette méthode, comme on le voit, diffère beaucoup de notre pratique; nous qui n'employons pour couvrir nos couches que de la terre très-meuble et très-divisée pour offrir moins d'obstacles à la sortie des champignons. Je me rappelle encore combien ce soin m'était recommandé lorsque je m'occupais de cette culture. Au contraire, les cultivateurs anglais prétendent que plus la couche supérieure est dure , plus le champignon est ferme et moins il faut d'arrQsemens.
Lorsqu'une pareille couche a produit pendant un an^ on a laisse sécher tout- à-fait^ et on m'a assuré que lorsqu'on lui faisait reprendre de l'humidité, elle produisait encore des champignons pendant huit ou dix mois , mais en moins grande fibondance que la premièi*e fois.
On peut induire de ce qui précède, qu'il est possible^ au besoin, de faire des champignons sur des ta-
7" blettes à plat dans toutes les eaves et ailleurs, sans être obligé de faire une meide arrondie qui ne tient pas fort liien du reste lorsqu'on seringue* Je pense que ce mode de cultiver peut s'appliquer aussi bien par terre que sur des tablettes, pourvu qu'il n'y ait pas trop d'humidité.. En Angleterre, pour parer à cet inconvénient qui est beaucoup plus grand qu'en France , on est obligé d'avoir un conduit de chaleur dans le lieu où on fait les champignons; mais je ne pense pas que nous ayons besoin chez nous de ce secours. Neumann.
Pois NAIN DE L^ÉvÊQUE. Cette Variété offre l'avan^ tage d'être une des plus naines et d'être aussi hâtive que le pois michaud de Hollande dit quarantain , que l'on connaissait jusqu'ici pour le plus précoce. Elle paraît aussi moins sensible au froid que ce dernier* Un horticulteur auquel nous en avons vendu l'a semé en plein carré avant l'hiver , qu'il a parfaitement supporté. Sa petite taille et sa précocité le feront rechercher lorsqu'il sera mieux connu, pour semer sur les plates-bandes, le long des murs, parce qu'il nuira beaucoup moins aux arbres que les autres pois hâtifs , qui s'élèvent toujom*s au moins à deux pieds ou deux pieds et demi.
Malgré sa petite taille, qui excède rarement six ou sept pouces , il fournit plus de cosses que le michaud de Hollande , chez lequel elles sont plus pe-* tites. Les fleurs sortent toujours deux à deux de la première aisselle, et j'ai compté jusqu'à douze fleurs sur un seul pied.
Plus hâtif de douze à quinze jours que le pois nain de Bretagne et que le gros grain sucré ^ il res-
7^ semblé au premier par la forme et au second pour la grandeur ; enfin , il l'emporte encore sur le pois nain de Hollande ^ qui est plus tardif et de moitié plus élevé. Lecoiiitrb.
JARDIN FRUITIER
De r arrachage et de la plantation des gros arbres.
Un grand nombre de cultivateurs se refusent encore à croire aux bons résultats que l'on obtient de la transplantation des arbres gros et âgés. Cest pourquoi je crois utile de consigner ici les moyens de réussir dans cette opération. Je les extrais en partie de la seconde édition de mon Cours théorique et pratique des arbres fruitiers (i), que je viens de publier tout récemment.
Je citerai d'abord des pêchers de sept à dix mois, d'une étendue de quinze à dix-huit pieds , qui ont été retirés d un mauvais sol pour être replantés dans une terre tout-à-fait semblable, et sans autre préparation que celle du défonçage. Ces arbres ont touspar^ faitement repris , au point qu'un des plus grands a donné cette même année soixante-douzebelles et bonnes pêches . Il m'est arrivé d'obtenir des résultats aussi satisfaisans en replantant des pêchers plus âgés , et même à Fétat de caducité; car il s'en est trouvé dans le nombre auxquels^faute de vigueur^on avait été obligé de réformer ou raccourcir les branches mères quelques années avant cette seconde plantation.
Cest donc un préjugé de douter de la reprise des
(1) 1 vol. in-8*. Prix : 6 fir, et 6 fr. par la poste. Paris,
KonSSELON.
▼ieux pêchers , ainsi que de celle de tous les autres arbres^ soit fruitiers , soit forestiers. L'important est, au moment de Tarrachage, de leur conserver )e plus possible de racines, et de les planter immédiatement avec toutes tes précautions recommandées pour les jeunes. Il faut donc se garder de les planter avec une nïotte, parce que les sucs propres de la terre qui la forme sont épuisés, ce qui est un obsta-tAe à la reprise , qui est bien plus assurée lorsqu'on entoure les racines d'une terre friable , ni trop sëche ni trop humide, mais riche en humus. Lors de la taille, on aura soin de conserver toutes les branches charpentières , de tailler les autresN parties aussi court que possible , en maintenant cependant un certain nombre d'yeux, de dards et autres pro^ ductions analogues qui, sans exiger beaucoup dé sëve^ peuvent sans effort donner naissance à une grande quantité de bourgeons dont les nombreuses feuilles contribueront puissamment à alimenter les racines. Cette taille devra être différée pendant quelque temps , parce qu'une foule d'observations démontrent qu'à l'exeeption des racines , il est extrêmement essentiel de ne rien supprimer aux arbres de toute nature que Ton plante pendant l'automne et l'hiver. II ne faut tailler qu'au printenips avant l'ascension de la sève, et encore selon ie besoin et les oircoiista^ces. C'est en général après les derniers froids que les diverses suppressions à feire à ces arbres doivent être opérées; jusque-là^ les rameaux, les branches et la tige même servèôit à stimuler l'action des racines ,' ce qui se ferait plus lentement si , lors de la plantation , on supprimait quelques-unes de ces* parties. C'est d'ailleurs im*
médiatement après les derniers froids que U sive est encore refoulée dans les racines^ et que la taille jâite alors en détermine l'ascension. Cependant, si l'on prévoyait ne pas pouvoir opérer à cette dernière époque, il serait infiniment préférable de tailler après la plantation , plutôt que d'attendre que la sève fût montée dans les parties destinées à être réformées*
C'est k l'aide de ces divers moyens que Ton parvient à faire reprendre de très-gros arbres; ce sont ceux que j'ai employés en décembre 1834 » lors de la transplantation des arbres fruitiers du Jardin des Plantes. J'ai fait alors replanter des poiners , pommiers, pruniers et abricotiers, conduits en pyramide. Parmi eux, il s'en trouvait plusieurs de la hauteur de douze à quinse pieds, et d'un âge plus que relatif, et cependant tous ont parfaite* ment repris, et on peut en voir dans ce nombre qudques-UDS qui aujourd'hui ont vingt-huit ou trente pieds de hauteur. Dalbrbt.
Observation sur ie mauvais résultat des greffes eu écusson»
Les pluies qui ont régné à la fin d'août et pendant le coui*s de septembre ont occasionné de grandes difficultés pour greffer les pêchers en écusson sur amandier. L'humidité qui a constamment existé a en grande partie détérioré les parties opérées, et a fait périr un très-grand nombre de greffes. Prévenu par l'expérienceij'ai cherché à éloigner cette humi^ dite au moyen d'une ou deux feuilles d'arbres prises parmi celles qui offreot une oertaine solidité, ep
même tempsqu'une largeur suffisante pour entourer h tige et former une espèce (fétetgnoir que j'ai fixé solidement à deux ou trois pouces au-dessus des parties opérées , afin de les garantir de l'humidité qui pouvait descendi*e le long de la tige. Ce procédé, superflu dans les années favorables , est un excellent préservatif contre les intempéries semblables à celles de cette année.
Les praticiens auraient grand tort de nég^ger ce moyen toutes les fois que la fin des étés ressem^ blera à celle du dernier. J'avoue qu'il est un peu minutieux pour une grande exploitation » mais il est efficace et ne prend guère que la moitié du temps indispensable pour ligaturer les greffes. Ainsi , il y aurait négligence impaixlônnable de la part de ceux qui se refuseraient à faire usage de cet expédient , surtout pour les pêchers et autres arbres délicats.
Je saisis cette occasion pour indiquer l'époque que je crois la plus convenable pour développer les greffes , car on n'est pas généralement d'accord sur ce point. Je ne partage pas l'opinion de ceux qui veulent que le moment du premier printemps soit le plus favorable pour enlever les ligatures; je pense que, surtout pour les arbres délicats qui redoutent l'humidité et les gelées, il faut découvrir les greffes à la fin d'octobre ou dans le cours de novembre, parce que les ligatures, de quelque nature qu'elles soient, retiennent toujours beaucoup d'humidité et peuvent occasionner de la gelée dans cette partie , deux choses qu'il est essentiel d'éviter. Daurbt.
PLANTES D'ORNEMENT
Sur les meilleures variétés de mûriers pour F éducation des vers à soie.
Uéducation des vers à soie devenant en France un objet important qui fixe l'attention de plusieurs cultivateui*s , je crois être utile en consignant ici les observations que j'ai pu faire au Jardin du Roi sur les espèces et variétés de mûrier qui réussissent le mieux sous notre climat et paraissent convenir parfaitement à la nourriture de ces insectes précieux.
Le Morus alba (mûrier blanc) et le Morus Ita-lica ( mûrier d'Italie ) sont les plus anciennement connus ; on ne cultivait primitivement que ces deux espèces pour Féducation du ver à soie.
Le Morus Italica se distingue par la teinte rouge de son libei* et de la superficie de son aubier. Il n'a pas produit de variété.
Le premier, au contraire , en a produit un grand nombre qui se distinguent par la couleur et la grosseur de leurs fioiits , et surtout par leur feuillage; plus ou moins grand /plus ou moins propre à la nourriture des vers à soie.
La variété la plus recherchée, celle qui, selon moi, mérite le plus d'être cultivée , est le Morus Hispa-nica latifolia , appelée dans le midi de la France la Royale ou Régence ; ses feuilles , très-larges et rapprochées, la rendent très^productive ; elles sont excellentes pour la nourriture du ver. Un autre avantage qui lui donne la supériorité sur beaucoup
de variétés de mûriers , c'est qu'elle est très» rustique; elle est préférée dans la plus grande partie du Midi^ oit sa culture est très-*répandue. On la greffe sur le mûrier blanc commun.
De cette première variété est sortie une trèsbelle variété que j'ai obtenue , à laquelle j'ai donné le nom de Morus lucidn,
: Je pense qu*elle est le résultat de la fécondation du Morus Hispanica avec le Constaniinopolitana , qui se trouvait à côté de lui.
Elle se distingue par le lisse et le luisant de ses feuilles, qui sont plus aiguës que celles du mûrier d'Espagne , et qui sont également très-bonnes pour les vers à soie. Elle me parait avoir conservé la rusticité de l'espèce primitive.
Le Morus Constaniinopolitana se reconnaît à son bois court y à ses feuilles petites et rapprocbées les unes des autres, mais bonnes pour les vers; c'est un arbre presque nain, présentant l'aspect d'un buisson. Ces qualités le rendent peu propre à la culture en grand du ver à soie; mais il figure bien dans les jardins d'agrément.
Le Morus MoretU est une variété obtenue par M. Moretti , célèbre botaniste italien. Cette variété, qui se distingue par un très-beau feuillage, exceik lent pour les vers, et par une très«belle végétation, a été très-préconisée par son inventeur; on la multiplie par la greffe.
Le Morus multicaulis ( mûrier multicaule •— mûrier Perrottet) , présenté d'abord comme devant remplacer à lui seul tous les autres dans la cul«^ ture des vers à soie , est maintenant l'objet d'une controverse entre différens observateurs* liseré*»-
connaît à tes grmdet feuilleft gaufrées , trtsHnûicea, et louantes, dont les yers à soie sont très-iriamis; à ses longs rameaux grâes composes en grande partie de tissa cellolaire. Aussi me paralt-il ne deroir s'élever que difficilement dans nos climats, parce que ses rameaux , qui n'aoûtent presque jamais, sont gelés au moindre froid ; la tige même est souyent endommagée et quelquefois détruite jusqu'au coUet de la racine. 11 est d'un bel effet dans un jardin pittoresque; mais je n'en conseillerais pas une culture exclusive aux personnes qui se livrent à l'éducation des vers à soie. 11 se multiplie aisément de boutures.
Le Morus intermediay ainsi nommé par M.. Perrottet^ me paraît être le plus caractérisé de tous les mûriers. Use distingue par ses feuilles non gaufrées , moins grandes que dans le multicaule , et presque toutes présentant ti*ois lobes. Il me parait moins délicat que ce dernier; ses feuilles sont aussi trës-proprès à la nourriture du ver à soie. Je ne sais pourquoi M. Perrottet lui a donné le nom diiniermedia , car il ne ressemble ni au blanc ni au multicaule.
Le Morus Sinensis (mûrier de la Chine), qui nous a été envoyé deCayenne en 18:2a, est plus rustique que le multicaule; ses feuilles sont moins grandes et quelquefois découpées, très-épaisses et trèsfriandes pour les vers k soie.
Quant aux noms de Morus Tatarica^ Morus Ja^ ponieay ils ne désignent rien autre chose que le mûrier de la Chine et Xintermedia. Ces quatre noms sont le même urbre; j'adopte de préférence le nom Sinensis. Tels sont les mûriers propres à la nourriture des yers à soie; je ne range pas dans
cette catégorie deux autres mûriers que j'ai obtenus dans un semis de mûrier blanc et que j'ai fait con* naitre sous les noms de Morus netvosa et de Mo^ rus nervosa angustifoliUf à cause dés grosses neryures blanches et saillantes de leurs feuilles; ces nervures les rendent peu propres à la nourriture des vers à soie ; mais elles en font de beaux arbres d'ornement.
Les mûriers peuvent tous se cultiver en buissons , et particulièrement le multicaule. Gamuzet.
Note sur quelques robiniers.
En visitant en août i836 rétablissement de M. Uterfaarty propriétaire des pépinières de Farcy'** lès-Lys, près de Melun, ce cultivateur me fit remarquer une variété de Robinia pseudo^cicacia provenant d'un semis de cinquante graines qu'un officier lui avait apportées de La Havane. Trois individus seulement étaient identiquement semblables, les autres avaient reproduit le type Robinia pseiido-aca* cia ( acacia blanc ).
La variété dont il s'agit ressemble beaucoup par son port à èelle anciennement connue sous le nom de Robinia monstruosa ; ses rameaux sont gros , réguliers, ses feuilles plus rapprochées et souvent munies de deux petits aiguillons placés à la base du pétiole ; son écorce est subéreuse, à angles très-saiilans, comme dans plusieurs ormes. Ce serait un motif pour la désigner sous la dénomination de Robi'^ nia pseudo-acacia Vw. Suberosa^ si le propriétaire n'avait à juste titre le désir de lui voir porter son nom. 11 convient donc de la nommél* Robinia pseudo-
acacia Var. UterhartL L'arbre a déjà dix à douze pieds d'élévation et ne parait pas devoir s'élever audelà de quinze à dix*huit pieds; c'est le seul vivant des trois individus ; les deux autres, plantés dans un jardin de Paris j y sont morts par suite de mutilations. .
J'ai également porté mon attention sur deux espèces d'arbres du même genre dont la belle végétation et la floraison étaient aussi brillantes qu'au printemps : ce sont les Robinia hispida Imh. ( Robinier hispide ou acacia rose ) et le Robinia viscosa Vepit. ( Robinier visqueux )• La couleur tendre de leurs fleurs et leur fraîcheur produisent un effet séduisant lorsque ces arbres sont plantés en masse ou cari:é de pépinière , comme lorsqu'ib figurent isolés sur le bord des massifs.
Ces deux espèces sont connues des amateurs d'hor^ ticulture pour fleurir deux fois dans l'année; je crois devoir les recommander aux planteurs dès grands et petits jardins , qui en tireront un parti avantageux en les distribuant sur la lisière ou en tête des massifs entre les grands arbres où la terre est desséchée par leurs nombreuses racines. Tandis que ces grands végétaux sont presque totalement dépouillés de leui*s feuilles , ces robiniers y prospèrent et fournissent leur seconde floraison depuis les premiers jours d'août jusqu'à la fin de septembre » époque de Tannée ou les fleurs des autres arbres sont passées. Pour cela , il faut avoir l'attention de greffer les sujets à quelques pouces seulement du collet^ parce qu'alors ils forment des buiàsons qui se ramifient prodigieusement depuis leur base. .
Si l'on désire rendre la floraison plus abondante.
on rapprochera ou coupera rextrémilé des branches de l'année de six pouces à un pied, selon leur TÎgueiur ; la sève refoulée se portera abondamment Ters les yeux les plus voisins de la coupe, et développera de deux à quatre rameaux qui s'allongeront de huit à quinze pouces et se couvriront de fleurs. Cette opération doit se faire en juillet.
Ce qui m'a le plus frappé dans cette pépinière, dont le sol calcaire , siliceux et aride n'a pas été mouillé à fond depuis trois ans, c'est d'y voir une végétation aussi birillante que celle qui s'y montrait sur tous les points. Quoique les arbres qui y végètent soient moins vigoureux que ceux qui vivent dans un terrain plus frais, ils sont préférables pour les plantations, parce que les terres où on les transplante ne peuvent manquer d'être plus substantielles que celles oii ils ont été élevés. ,
Cet établissement, dont la tenue ne laisse rien à désirer sur aucun point, possède des serres chaudes et tempérées. J'en citerai entre autres une de forme carrée ayant une face regardant chaque exposition. Elle est séparée à l'intérieur, au moyen de cloisons vitrées, en quatre parties destinées chacune à une culture particulière : la première est consacrée aux Pelargonium; la seconde, aux plantes de serre chaude ; la troisième , à la préfloraison des Camellia et de quelques plantes de la Nouvelle-Hollande, et la quatrième, aux végétaux forcés. Chacune d'elles remplit parfaitement l'objet de sa destination, car toutes les plantes qui y sont culti- ^ vées sont dans l'état le plus parfait. PÉPiiy.
Décembre 1836. 6
Iris xiphion, bulbeuse , de Pôitugal, d'Espagne. Iris xiphhim Pebs.; Iris variabilis Jacq. ; var, Mestrius HoRT. BATAViiE. (Voyez' la planche, et pour les caractères génériques, page 275 de ces Annales y année i835-i8540
Cette jolie iris, originaire d'Espagne, a une bulbe à peu près de la grosseur du pouce , presque ronde, recouverte d*une espèce de tissu en forme de réseau , se détachant facilement ; les feuilles sont en<siformes, longues, canaliculées, striées; la hampe est feuillce et atteint de douze à vingt-quatre pouces suivant la variété. Les fleurs, qui s*épanouissent du 8 au i5 de juin, sont imberbes, à divisions étroites, de diverses nuancett, telles que le violet , qui parait être la couleur du type ; le violet foncé , le bleu , le blanc , le jaune , le pourpre , le rose, le lilas , le noir, etc. La variété qui fait le sujet de cet article , est haute de quinze k dix-huit pouces : les trois divisions extérieures sont bordées de vertbronze linéé de pourpre foncé, et jaune foncé au centre ; les trois intérieures sont bleu foncé , ou violacé nuancé de bleu plus clair ; les stigmates sont teints de lilas gris.
Les Hollandais inscrivent sur leura catalogues plus de cinquante variétés différentes, qui portent un nom distinctif au moyen duquel on peut demander celles que Ton préfère. Il est possible de se créer une collection plus nombreuse encore , en faisant des semis dont les plants fleurissent à l'âge de trois ou quatre ans.
IRIS XIPHION
Irift xiphium r*ar nie»lriu*
IRIS XIPHIOIDK
Irin xiphioides var Papias
:j^riru.r, J'
Iris xiphioïdb, Iris d'Angleterre. Iris' xiphioides Pers. Iris xiphium Jacq. ; vàr. Papias Hort. Ba- TAViiK. (Voyez la planche.)
Bulbe trois fois plus grosse que celle de la précédente, de forme oblongue un peu aplatie ; feuilles et hampe semblables; cependant, cette iris, quoique de mênie hauteur, est plus développée dans toutes ses parties. Elle fleurit quinze jours plus tard , environ vers la fin de juin , et offre autant de variétés dans ses couleurs.
La variété dont il est ici question d aussi les fleurs imberbes ; les trois divisions extérieures sont grandes , de couleur bleu tendre , un peu lilacé et marqué de macules, points et stries violet foncé, avec quelques points poprpres vers la base, qui est teinte par une macule d'un beau jatnie s'étendant sur son milieu ; les divisions intérieures sont pourpres, marbrées de blanc et de rose; ks stigmates sont d un lilas rosé; sa hauteur est de quinze à seize pouces.
Les deux types ont fourni par leur mélange des hybrides qui tiennent de l'un et de l'autre par leur structure et leur floraison.
Ces deux iris se cultivent dans toutes sortes de terrains. On les plante en planches ou en platesbandes , à deux ou trois pouces de profondeur , et à éinq ou six d*intervalle. Il suffit que la terre oh on les met ait été bien fumée l'année précédente
Quand on possède des collections d'iris par variétés distinguées, on les dispose de manière qu'elles se fassent val6ii< l'une par l'autre , en les jilantant autant que possible par hauteur. On peut aussi les
f^BTznîir du soleil, en les coaynnt pendant le jour d'une lente, comme le font les amateors de tulipes.
Lorsque les feuilles sont entièrement desséchées on arrache les oignons. Ton place chaque variété dans des cases dont les numéros correspondent à ceux d'un catalogue sur lequel les noms sont inscrits.
Vers le mois d'octobre , on sépare les caïeux des oignons , et on plante les uns et les autres. Si Ton fait cette opération trop tard, on court le risque que beaucoup d'oignons pourrissent , surtout dans les irariétés de Ylris xiphioides. Âpres la plantation , on couvre la planche d'un pouce de terreau. Il serait ))eut-étre prudent d'y joindre une couverture île feuilles sèches ; je me rappelle avoir perdu mes oi- {{nous par de faux dégels, mais il est vrai que cela ne m'est arrivé qu'une fois en trente ans, et je serais embarrassé de dire en quelle année.
Ces iris se multiplient par leurs caïeux , et par leurs graines qui donnent des fleurs quatre ou cinq ans après le semis.
En donnant dans ces Annales la figure de ces deux iris, je n'ai pas prétendu offrir aux amateurs le portrait de plantes nouvelles ; mais j'ai cru qu'elles (étaient dignes d'être peintes comme jolies plantes d*ornement, et coVnme échantillons des belles variétés que ces deux espèces ont produites. Au surplus , les amateurs me paraissent faire autant d'accueil aux belles variétés des genres rose , camellia , pivoine , dahlia , œillet , etc. ^ qu'aux espèces qui n'ont souvent d'autre mérite que leur rai*eté , et sont peu propres à la décoration des parterres ou des
serres. Je me trompe peut-être en pensant ainsi , et cela serait d^'autant plus possible que tel est mon goût y et que l'on est toujours porté à juger des autres par soi-même. Aussi , je voudrais qu'il fût en mon pouvoir de consulter à cet égard l'Opinion de tous nos souscripteurs , afin de me soumettre au vœu de la majorité , quand même il me serait opposé , et je les prierai a l'occasion de me le faire connaître. Jagquin aîné*
Note sur les Pétunia.
En 1825, la première espèce de ce genfe fut introduite en Angleterre , et peut-être même avant en France; car, cette même année ^ je la cultivais déjà à Neuilly , et je l'avais obtenue du Jardin des Plantes de Paris. Cette espèce est le Pétunia nyclaginiflora, JussiEU , Ann. du Mus.; Nicotiana njrciaginiflora^ L'Hem/in , H. P. Desf. Cat. ; depuis cette époque , cette plante est cultivée pour l'ornement des jardins. Neuf à àrm ans après, c'est-à-dire en ]832y MM. Jacquin en introduisirent dans nos •cultures une autre espèce nommée Pétunia Phœnicea Lind. ; celle-K>i fut figurée dans les Annales deFioreetdePomone, année rSSa-i 833, page 58o, £b i834> les mêmes cultivateurs firent encore venir d'Angleterre et de Belgique deux autres plantes de ce genre, l'une le Pétunia vio/acea, Ann. de FI. etdePaam., i854-ï855, page 347, l'autre le Pétunia urgentea, même volume, page 35o. Comme l'auteur des articles qui accompagnent ces figures , je suis persuadé que ces deux dernières plantes ne sont que des variétés du Pétunia Phœnicea , et voici sur quoi je me fonde.
L'an passe, gavais planté sur un bout de planohe de terre de bruyère^ et à la fin de mai » un pied da Fetunia Phœnicea et un du vioUceaj ils y vinrent très-'fortSy et fleurirent une partie de leté et de l'automne. A cette époque, je récoltai séparémeat une petiteqyantité de graines du Pétunia Phœnieea et de l'autre espèce; elles furent semées ce printemps, et 9 comme l'a fort bien dit M* Jacquiu^ celles du Phœnicea reproduisirent identiquement leur espèce; mais au commencement de mai de la même année, je m'aperçus qu'il était levé un bon nombre de ces plantes à la place oii avaient végété mes individus. Je les fis l^ver soigneusement et planter en planches. J'eus lieu par suite de m'applaudir de ce travail; car, à la fin.de juillet, toutes étaient en fleur et avaient produit beaucoup de variétés. Il me parait donc que lePetutiia wolacea, qui n'est probablement qu'une .variété du Pétunia Phœnicea^ est beaucoup plus apte à donner des variétés que ce dernier, qui est regardé comme devant être un type ou une espèce distincte. Dans le grand nombriç des pieds qui se trouvaient dans la planche , et dont le mélange des nuances formait un très-joli efiet, j'en ai renvarqué une douzaine que je vais succincténient signaler comme en méritant. le mieux la peine.
i. PÉTumE POURPRE, Peiunia Phœnicea Ljnd.
Ann. de Flore et de Pom. Tiges ramifiées et pouvant s'élever de deux pieds et plus , velues et un peu visqueuses; feuilles entières alternes, ovales, un peu cordiformes, comme crénelées sur les bords, et un peu visqueuses comme les tiges; fleurs axillaires , solitaires , d'un pourpre éclatant sur le limbe , le
«7 Cube rose av«c des lignes longitudinales violettes»
2. PsTUMiB jk LONGUES FLEURS , Pûtunia Phœmcea var. longyhraj semis i856. Tiges el feuilles semblables au n* I , fleurs à tube un tiers plus long , aminci à sa base , un peu courbe au sommet, bru^ nâtre; limbe d'un beau pourpre à gorge brune en dedans*