PLANTES POTAGÈRES
Sur /XlxaHs crenata.
Lorsqu'on reçut pour la première fois à Paris , en iSSSy des tubercules d'Oar^//^ crenata, Jacq. , on s'empressa d'aviser aux moyens les plus prompts de multiplication et de culture , tant on s'était enthousiasmé pour les produits alimentaires que l'on disait être obtenus au Pérou de ses feuilles et de ses tubercules.
Nos collègues 9 MM. Jacquin, ayant reçu de ces derniers d'Angleterre, en livrèrent au cdmmerce, et notre collaborateur , M. Jacques , fut le premier qui la cultiva en grand avec beaucoup de succès. Cette culture fut l'objet d'une notice fort intéressante qu'il a publiée dans le n^ d'avril i835 de ce Journal.
Les plus gros tubercules que l'on récolta d'abord n'étaient ordinairement que de la grosseur d'une aveline, et quelques-uns de celle d'une noix. Jusquelà ils ne justifiaient pas les éloges qu'on leur avait donnés; mais à l'égard des feuilles, les résultats étaient plu& satisfaisans.
Mais, en culture, les premiers essais suffisent rarement. Il faut de la persévérance et une observation attentive des faits qui surviennent. Déjà plusieurs propriétaires et horticulteurs ont récolté cette année des tubercules d'une belle grosseur. M. Moreau , propriétaire et membre delà Société d'Agriculture à Brest, en a obtenu quarante-quatre livres de quinze tubercules, pesant a peine huit onces, et dans cette quantité plusieurs avaient un poids de deux onces. Son fils, qui a une terre dans son voisinage, a recueilli vingt livres de tubercules de Juin 1837. ^ 18
sept qu'il avait plantés. Une remarque importante faite cette année , c'est que ces messieurs ont eu beaucoup moins de bulbiîles que l'année dernière , ce qui annonce déjà une grande amélioration dans cette culture. M. Moreau a retrouvé au pied de chaque touffe le tubercule -mère dans un parfait état de conservation , et il a l'intention de le planter une seconde fois dans l'espoii* de lui voir fournir de nouvelles productions.
M. Bossin a également présenté à la Société royale d'Horticulture plusieurs tubercules du poids d'une once un gros , d'une once trois gros , d'une once cinq gros. Ils étaient longs de trois pouces; leur, forme était celle d'une petite pomme de terre dite vitelotte y ayant des yeux imbriqués, écailleux, peu rapprochés ou triangulaires, aplatis, imitant plusieurs tubercules soudés ensemble , avec les yeux beaucoup moins éloignés. M. Pajard, jardinier en chef de TÉcole botanique de Versailles, a aussi obtenu des rc-sultats satisfaisans. 11 est présumable que par la suite on récoltera des produits plus avantageux encore.
Cette suielle, qui offre une belle végétation pendant Tété, pousse avec plus de vigueur durant l'arrière-saison. Aussi ses tubercules ne se forment qu'en octobre et novembre, et c'est alors, et m^me au commencement de décembre, qu'ils acquièrent toute leur grosseur. C'est pourquoi il faut avoir soin de les couvrir à cette époque , pour que les gelées ne puissent les atteindre. Ce qu'il y a de particulier, c'est que cette plante a donné jusqu'à ce jour des produits plus remarquables au centre et à l'ouest de la France que dans le midi , dont le climat paraî-
trait cependant devoir lui convenir mieux; mais, ainsi que je viens de le dire, elle pousse avec beaucoup plus de vigueur en automne , ce qui rend probable qu'elle y réussirait mieux en la cultivant à Tombre ou sous la protection d'abris quelconques.
PÉPIN
PLANTES D'ORNEMENT
PLEINE TERRE
Centaurée déprimée. Centaurea depressa, Mk^scn.
Plante annuelle à tiges hautes d'un à trois pieds, rameuses y anguleuses^ garnies de poils rares et soyeux. Feuilles alternes, sessiles, molles, et tomenteuses, quelquefois dentées sur leurs bords; les radicales longues au moins de deux à trois pouces et toutes diminuant graduellement de longueur vers la partie supérieure des tiges où elles sont ondulées. Les fleurs sont grandes, les demi-fleurons k limbe découpe et bleu, les fleurons violets. Elles sont disposées en forme de panicule parla réunion des rameaux terminés chacun par «ne fleur. L'involucre est forméd'écailles imbriquées ciliéessur leurs bords.
Cette plante a beaucoup de rapports avec le Bjarbeau ou Bluet , Centaurea cyanus^ Lin. que Ton cultive dans les jardins d'agrément h cause de ses belles variétés , mais elle en diiïere par ses feuilles plus larges , moins longues , non découpées et tomenteuses, ainsi que ses grandes fleurs d'un bleu plus intense.
Cette centaurée, originaire du Caucase, nous a été envoyée en i854, par M. Fischer. Le Luxembourg la reçue la même année, et je l'y ai vue le printemps suivant, haute de trois pieds, produite par des
graines tombées à Tautoinne et qui s'étaient semées d'elles-mêmes. Aussi j'ai mis cette observation à profit y et en semant dans cette saison , cette plante fleurit depuis le commencement de juin jusqu'en juillet f tandis qu'en semant au printemps , la plante s'élève moins , ne fleurit souvent qu'en juillet et août et donne une floraison moins durable.
Elle est encore peu connue , mais peut devenir utile comme plante annuelle d'ornement. Elle croît partout etne demande que peu d'arrosemens. Pépin.
ORANGERIE
FiMÉLBE INTERMÉDIAIRE, Pimelea intennediu. Hortul.
Arbuste d'un à deux pieds, tiges d'un roux-brun, faibles et garnies de rameaux droits, glabres et d'un vert pâle dans la jeunesse ; feuilles lancéolées presque sessiles , opposées en croix , d'un vert trèsglauque. En mai et juin, les extrémités des rameaux se garnissent de fleurs réunies en têtes sphériques; elles sont petites , tubulécs , monopétales et à quatre divisions profondes , blanches et entièrement velues. Style également blanc , simple et plus long que la corolle ; étamines de même longueur que cette dernière, et surmontées d'une anthère jaune. Cette espèce», qui refleurit de nouveau en septembre et octobre , peut supporter la taille et prendre une jolie forme; elle mérite d'être cultivée et produit un joli effet au milieu de ses congénères.
PlMELEE A FEUILLES DE MILLEPERTUIS. Pimelea
hjpericina. Hort.
Arbuste d'un beau port, très-rustique, pouvant s'élever à quatre ou cinq pieds. Tiges droites , à
rameaux un peu inclinés , d'un vert tendre dans sa jeunesse et ensuite vert-brun. Feuilles lancéolées^ longues de quinze lignes , larges de six, mais devenant un peu plus longues et du double de largeur quand la plante se dispose à fleurir. Do niai en juillet , les branches et les jeunes rameaux axillaires se terminent par une ombelle de fleurs entourée à sa base d'un involucre composé de huit folioles. Les fleurs réunies- en grand nombre en tête sphérique sont portées sur un pédoncule commun de deux pouees de longueur. Les étamines sont plus longues que la corolle et à anthères d'un beau jaune orangé qui tranche sur le limbe blanc de la corolle , qui est tubulée, à quatre divisions profondes et très-ouvertes. Le style est court. Cette plante est fort gracieuse et convient très'bien k Tornement par son feuillage et son port élégant.
Ces deux espèces se cultivent comme celles précédemment décrites dans ces Annales. Lemon.
Ardisie du Japon, Avdisia japonica.^vQVL^. ^M<^- fl« neder, Inde, page 690. Degaisne. Obs. sur la flore du Japon.
Arbuste a rameaux alternes, comme vei*ticillés , ne paraissant s'élever que de deux à trois pieds ^ en forme de buisson, émettant souvent de son collet des drageons souterrains qui se montrent et se redressent à quelques pouces de son pied. Ses feuilles sont persistantes, sous--yerticillées(par cinq), sèches et raides au toucher, longues de trois pouces, courtement pétiolées, cunéiformes, oblongues , pointues, serretées, glabres et aiguës. Fleurs en
grappes, roses^axillaires^se dcreloppant dans Taisselle de chaque verticille de feuilles , à pédicelles presque en ombelle tournée d*un seul côié. Les boutons sont pointus, couleur de chair, ponctués et penchés avant leur entier épanouissement.
Ce petit arbuste est une des raretés reçues de Ganden i855, parmi les plantes intéressantes rapportées par M. V. Siebold de son voyage au Japon. Il fleurit toute l'année, mais surtout de septembre en décembre , époque oîi la floraison est à son apogée. Il est très-rustique eX pourra probablement résister au plein air. Cependant jusqu'à présent, on le cultive en pots remplis de terre de bruyère,, et rentrés en serre tempérée ou sous châssis froid pendant l'hiver; en été, on le tient à l'air libre et à l'ombre. On le multiplie facilement de boutures et marcottes; jusqu'alors il n'a pas donné de graines. On l'arrose au besoin. Pépin.
PULTENjE A. ANDREW. Décandrie monogynie. Lin. Légumineuses, Juss.
Caractères génériques. Calice k cinq divisions presque égales, disposées en deux lèvres, muni de deux bractées à sa base; étendard cordiformc plus grand que les ailes; carène composée de deux pétales; ovaire à style subulé , dix étamines distinctes, stigmate simple , légume monoloculaire, bivalve, disperme.
PULTENÉE A FKUILLËS DE UN , Pultenœa retUSa. WiLLD.
Smith. Dec. Prod. Schrad. Sert. Hannov , t. 5, p. i8. (Voyez la planche.)
Arbuste à tiges flexibles, légères, élégantes; feuilles d'un vert gai^ linéaires, obtuses, mucro-