P U LT E N R E 4 A
Pullenœa relus^a.
nées , plus larges au sommet, à pétiole très-court ^ muoi de quelques poils et à sa base de deux stipules, rougeâtres peu visibles, disposées en spirale autour de la tige. Six à huit fleurs rapprochées en têtes terminales, dont le calice, avant Tépanouisseraent, est héiîssé de soies grisâtres. Elles sont munies de deux écailles caduques seulement après le complet développement de la fleur. Galice muni vers le milieu de bractées scarieuses, bifides, plus étroites et plus longues que ses divisions, d*un blanc verdâtre; les dents ou divisions du calice lavées de carmin se fondent dans la nuance verdâtre de la base, qui est garnie de poils blancs argentés. Corolle papillonacée à étendard d'un beau jaune doré, dont les côtés repliés en dedans lui donnent la forme d'un bonnet phrygien allongé ; ailes de même couleur, auriculées^ presque aussi longues que l'étendard, carène d'un beau rouge carmin. Étamines inégales à anthères fertiles , stigmate d'un jaune orangé, ovaire aplati garni de longs poils blancs.
Ce charmant arbuste, originaire de la partie orientale de la Nouvelle-Hollande , est d'une culture assez facile. 11 lui faut une terre légère, et sa multiplication s'opère de graines, semées sur couche tiède, de boutures et de couchages. Il lui faut la serre tempérée pendant l'hiver, et le garantir de Thu midi té qu'il redoute. Cels frères.
DILLWYNIA. Smith. Décandrie monogynie, Lm.
Légumineuses, Juss.
Caractères génériques. Galice a cinq divisions , bilabié, atténué à sa base; pétales insérés au milieu du tube du calice; étendard bilobé à limbe du dou^
ble au moins plua large que long; ovaire bispermCi style courbe y stigmale capité; légume renflé ^ graines aigrettées.
DïLLWYMR A FEunxES DE GLYCiKE , DiUwynia gljrcini^ JbliaJ ^OT. REG. i5i4- (Voyez la planche.)
Arbuste à tiges ligneuses , k rameaux filiformes , grêles, divergens, et comme vernis; feuilles près* que sessiles , stipulées, simples, linéaires, pointues, velues en dessous, et veinées transversalement de nervures simples , scabres , et à bords réfléchis.
En mars, avril et mai, fleurs papillonacées en grappes axillaires et tern^inales, pédicellées au nombre de deux à six sur chaque grappe. Galice velu , campanule , à deux lèvres presque égales , la supérieure à deux dents, l'inférieure à trois, garni de deux bractées à sa base. Étendard bilobé, droit, de couleur orange sur le limbe et jaune pur a son onglet; les ailes d'un beau rose pourpre, parallèles, très-obtuses, rapprochées sur la carène qui est blanche et plus cpurte. Dix étamines libres, à anthères jaune pâle, ovaire velu à style arqué et stigmate en tête.
Cette charmante plante est originaire de la Nouvelle-Hollande , où elle a été découverte près du détroit du Roi Georges, par M. Menzies et plus récemment par M. Baxter. Elle a été placée dans le genre Dillwynia, dédié à M. Lewis Westqn Dillvi^yn, botaniste anglais. L'élégance, la durée et le grand nombre de ses fleurs sont des titres incontestables à l'attention des amateurs.
Elle réclame la serre tempérée, oii il faut la tenir près des vitraux et la mouiller modérément. En été.
Dillwvnia ç'IvrimroU.'i .
G0 01>YKKK à Jèutl/r^ de dtoer.rej^ coul*ut\r (loodvoi'a discolor
il lui faut une exposition ombragée. La terre de bruyère parait lui convenir parfaitement. On la multiplie de boutures. Lemon.
SERRE CHAUDE
GOODYÈRB À FEUILLES DE DIVERSES COULEURS. Goodjrer4l
discolor. Gynandrie monandrie. Lin. Orchidées ,
JussiEU. (Voyez la planche.)
Rhizome rampant , donnant naissance à une tige de la grosseur du petit doigt, articulée de distance en distance par la cicatrice de Tinsertion des feuilles ; celles-ci sont munies d'un pétiole dilaté à la base, embrassant fortement la tige et formant ainsi les espèces de nœuds que je viens de signaler; le limbe des feuilles est lancéolé, légèrement acuminé, marqué de trois ou cinq nervures presque blanches, opaques y d*un vert foncé dans leur jeune âge, et d'apparence veloutée ; plus tard , elles prennent une teinte roussâtre. Leur opacité est due, comme cela se remarque aussi sur les corolles des pensées ^ à des papilles qui couvrent toute leur surface supérieure; l'inférieure est glabre et d'un rouge terne. La hampe, de la grosseur d'une plume ordinaire, est pubescente et munie de bractées écailleuses; les plus inférieures à trois nervures, les supérieures en présentent seulement Une moyenne. Les fleurs terminant cette hampe sont sessiles, étalées et dis** posées en épis ; chacune d'elles est accompagnée d'une bractée ovale , acuminée , de la longueur de Tovaire, qui est d'un blanc pur et pubescent. Le përianthe se compose de six parties : les trois exté^ rieures sont ovoïdes, obliques et terminées par une petite pointe roussâti^e ; les deux latérales sont éta« lées , la moyenne est dressée et en forme de cas-
que; des trois divisions intérieures, deux sont tellement appliquées contre la division moyenne du rang extérieur qu'elles semblent en faire partie el concourent à former le casque avec le sépale di*essé; ces divisions sont linéaires; le labellum est tortueux à la base, trilobé , à'iobes divergens, et tourné en partie sur lui-même; une anthère terminée par une pointe; elle est à deux loges et renferme les masses polléniques un peu bilobées à la base , en forme de massue et légèrement atténuées en pointe à son sommet ; à Tépoque de la fécondation, elle vient s'appliquer el se joindre à la glande stigmatique.
Cette plante ; originaire du Brésil, est d'ornement pour les serres chaudes , en ce qu'elle fleurit abondamment à une époque où il n'y a pas encore beaucoup de fleurs (février et mars). Elle se cultive en pots exposés à l'ombre dans la serre ; chaque morceau de cette plante que Ton pose sur la terre peut faire un pied; il n'est pas besoin de mettre une cloche dessus « pourvu toutefois que Ton ne laisse pasidessécher la terre. Cette plante aime les en- . droits sombres et humides : je pense qu'elle est parasite , qu'elle se plairait très-bien sur de vieux troncs de saules, car ses racines ne sont autre chose que de petits poils qui s'appliquent sur la terre et aux parois des pots; si j'étais à même d'avoir de ces vieux saules, il y aurait long-temps que je l'aurais essayé. 11 y a au moins dix ans que nous cultivons cette plante; elle n'est pas encore très-répandue, à caisse de la difficulté que l'on éprouvait pour la conserver , parce qu'on la laissait toujours au soleil, ce qui la détruit promptement.
BlLBERGIllK à/èai/Z^é- ^7ris.
Bilber^hia iridifolia.
Cette plante a un avantage , c est que Ton peut enlever un rameau flçiiri y le planter dans un petit pot; il ne fatigue aucunement, il continue à fleurir ; plus tard seulement les feuilles périssent , mais la tige se conserve. Neumâisn.
BiLBERGHiE A FEUILLES d'Iris , Bilbcrghia iridifoUa. Bot. Reg. 1068. (Voyez la planche.)
Fiante à feuilles ensiformes , ondulées sur leurs bords, engainantes, d'un vert foncé en dedans, glauque à Fextérieur , avec quelques stries pourpres, garnies de quelques épines.
Fleurs en épi lâche, s'élevant du centre des feuilles et se recourbant ensuite par son propre poids. La hampe est rouge pourpre, garnie de bractées d'un rose lougeâtre, renflées, sinueuses et attachées dans toute la longueur de l'épi à la base de chaque fleur. Le calice est supère , composé de trois folioles d'un vert jaunâtre , à extrémités ^leues violacées , planes et membraneuses et de ^>aoitié moins longues que la corolle. Celle-ci se compose de trois pétales linéaires, obtus, réunis en tube, colorés en jaune , et bleu violacé àJ'extrémité supérieure, plus ou moins roulée en dehors, offrant à leur base une appendice nectarifere composée de deux écailles frangées et roulées en cornet; les étamines, au nombre de six, sont insérées à la base des divisions de la fleur, à filets filiformes et anthères versatiles et libres. L'ovaire est infère , trigoue, très-glabre, triloculaire à loges polyspermes et semences très-fines.
Cette plante , originaire de l'Amérique méridionale, a été importée de Rio-Janeiro en Angleterre^
par M. Arnold Harrison. Elle croit dans son pays natal sur les arbres et les rochers garnis de mousse. Chez nous elle exige la serre chaude et la terre de bruyère avec arrosenicus modérés , quoique cependant elle aime assez Thumidité lorsque la chaleur est forte. Elle fleurit facilement et se multiplie de drageons qui poussent du pied , ou de graines semées sur couche chaude. Lémon.
NOUVELLES
M. Durand y horticulteur que j'ai cité à la fin du numéro précédent, a reçu de la Belgique dans le courant de l'année dernière plusieurs plantes d'ornement tout-à-fait nouvelles^ dont une, le Mimuliis cardinalisy que le Jardin du Roi avait reçu en même temps, a été figurée dans ces Annales ^ page 577» septembre i856.
Je citerai le Cineraria Andersoni^ hybride du C. aurita par la forme de ses feuilles, et du C. cruenia par la belle couleur de ses fleurs. Cette plante toutefois est beaucoup plus jolie que ces deux espèces ; elle s'en distingue par ses tiges basses et par un port plus gracieux qu'elle doit aux nombreuses ramifications destigesqui partent de sa base, forment une large cime corymbifere et se couvrent de fleurs d'un rose violacé très-vif, larges d'un pouce et dont le disque est d'un pourpre roux. Elles exhalent une odeur de girofle. Cette plante fleurit en mai et juin; on la multiplie facilement de boutures et d'éclats de son pied. Il lui faut une terre légère , amendée , et la serre tempérée ou le châssis froid pendant l'hiver.
Mais une des plus belles à désigner aux amateurs est le Calceolarîa talisman. Elle est venue de la
Belgique sous cette dénomination, et quoiqu'elle paraisse n'être qu'une variété proveuue de semis , elle est une des plus belles que Ton ait vues jusqu'à ce jour* Elle est vivace et fleurit depuis mai jusqu'en juin ; ses tiges sont herbacées , droites, rameuses , hautes de quinze pouces à deux pieds ; ses feuilles sont larges, sessiles, obovales, dentées, rugueuses; ses fleurs sont en corymbe comme la plupart des autres, grosses et nombreuses , d'un cramoisi foncé , avec la lèvre supérieure bordée de jaune et laissant voir les étamines d'un blanc un peu soufré. On peut la mettre au premier rang des plus belles variétés du genre. On la multiplie de boutures et d'éclats de son pied. Il lui faut une terre meuble , légère et substantielle , et pendant l'hiver on lui donne pour abri un châssis « une hache ou la serre tempérée, près du jour. La lumière lui est indispensable, comme à toutes ses congénères qui en ont besoin pendant l'hiver ainsi que d'air, sans humidité, tandis qu'en été elles ré-^ clament de l'ombre. Pbpin.
J'ai visité , à la fin du mois dernier, la belle propriété de M. Fould, à Rocquencourt , et particulièrement les parties du parc et des jardins consacrées a l'agrément, et dont la direction en est confiée depuis sept ans à notre collègue M. Utinet. La tenue générale de ces jardins annonce un grand soin^ et la manière dont ils sont ornés prouve suffisamment l'intelligence et le bon goût du jar* dinier qui préside à leur entretien. Mais ce qui mérite surtout d'être signalé^ ce sont les serres chaudes et tempérées , meublées avec le plus grand art par de beaux et riches végétaux , dont la bril-
lante santé commande Tadmiration. Je ne dirai rien de leur élégante construction , ni de leurs décorations et peintures dont quelques-unes sont dues au gracieux pinceau dlsabey; mais je crois bien faire de donner ici une rapide énumération des plantes les plus remarquables que j'y ai vues, en rappelant que tout cela est une création qui remonte à sept ans , et en répétant que la végétation ne laisse rien à désirer.
Dans la serre chaude, chaufiëe par la vapeur, se répandant dans une couche de cailloux , appareil décrit par noire collègue Do verge, page 5i3 du numéro de juillet 1 835 , j'ai vu :
Un Solarium quitcense du plus beau port, et d'une élévation de douze pieds ;
Un magniGque litchi Euplmria longana en fleurs, offrant plus de vingt-cinq panicules, et ayant donné des fruits mûrs Tan passé, fait que je crois unique;
Un cannellier, Laurus cinnamomumen fleurs , de la plus grande beauté ;
Uji Brexia spinosu de quinze pieds ;
Un Pàssi/lora kermesina décorant la serre de ses guirlandes fleuries.
En pleine terre ^ au pied du mur du fond qu'il tapisse d'une façon admirable ^ est un espalier composé de roses de la Chine , Hibiscus rosa sinensis ^ alternant avec la pervenche rose de Madagascar, Vinca rosea^ dont les tiges, plantées depuis sept ans, s'élèvent à environ huit pieds, et sont constamment couvertes de fleurs. On sait que cette pervenche, ordinairement trisannuelle, atteint bien rarement une pareille hauteur.
La serre tempérée offrait réunis plus de cinquante
camellia choisis , dont plusieurs d'une taille remarquable ; un Acacia vestiia et un Acacia oleœfolia de vingt pieds de hauteur, et quelques autres indi* vidus du même genre, tous libres de. pucerons, ce qui mérite d'être remarqué*
Un Eugenia auslralis de dix- huit pieds; un Pimelea decussata de cinq pieds, en buisson énorme fleuri ; un Aster mosçhatus de seize pieds ; un Es-caloniajloribunda de dix-huit pieds, formant une colonne qui se couvre dç fleurs chaque année ; plusieurs bruyères d'une taille remarquable, etc.
Mais ce qui doit intéresser tous les amateurs, c'est un espalier de douze orangers de Portugal , et un bigaradier qui garnit le mur de fond de cette serre, contre lequel ils sont plantés en pleine terre depuis quatre ans. Us sont élevés de neuf pieds, et couvrent de leurs rameaux chargés de feuilles, de fleurs et de fruits , une étendue de quarante-cinq pieds. J'ai compté environ cent oranges arrivant à maturité, et dont la circonférence varie de huitàonze pouces. Ces orangers , greffes à un pied du collet, avaient à Tépoque de leur plantation vingt-quatre à trente-six pouces de haut, branches comprises.
Cette culture des orangers en pleine terre, pour en obtenir des fruits comestibles, est familière à M. Utinet, qui y a déjà obtenu des succès dans les établissements de M. Prévost et de son prédécesseur au Pré-Saint-Gervais , où j'ai vu il y a douze ans des arbres semblables. Elle devrait être beaucoup plus pratiquée dans les serres des riches amateurs, car elle offre le moyen d'obtenir, à peu de frais, d'excellents fruits que le commerce est obligé d'aller chercher au loin. Pkpin.
Il est fort regrettable que la Société royale d'Hor*
ticulture ait été obligée d'ajourner son exposition florale. L'époque qu'elle avait choisie coïncidant avec celle de la floraison des roses , les cultivateurs de ce beau genre se proposaient de faire les plus grands efforts pour étafer, aux yeux des amateurs, les nombreuses et riches variétés que la nature si féconde fait produire au rosier sous l'influence savante de Fart horticole.
Un d'entre eux, M. Vibert, qui depuis trente ans s'est livré exclusivement k la culture des roses , et dont le bel établissement est sis h Longjumeau, sur la route d'Orléans, se disposait pour sa part à en exposer quatre cent trente-deux variétés. 11 avait fait préparer dans ce but des gradins garnis de petites bouteilles pleines d'eau, dans lesquelles auraient plongé les pédoncules des fleurs, afin de conserver plus long-temps leur fraîcheur. Il entendait d'ailleurs les renouveler toutes les fois que cela aurait été nécessaire. Il est vraiment fâcheux qu'un tel projet n'ait pu être réalisé, car à en juger par les cent soixante-douze variétés qu'il a exposées de cette manière, dans le lieu ordinaire des séances de la Société, et qui ont fait l'admiration de tous les membres présens, une si nombreuse collection était destinée à produire un effet magique , par la variété du coloris et le parfum délicieux qui s'en serait exhalé.
Certes , M. Vibert, qui se proposait de prier madame la duchesse d'Orléans de prendre les roses sous sa protection spéciale , était bien sûr de réussir en charmant ainsi ses regards par tout ce que le genre rosier offre de plus séduisant , et dont le brillant assemblage , unique jusqu'alors , n'eût pas manqué de mériter cette honorable faveur. Doverge.
PLANTHES TEXTILES.
Notice sur la culture en France du Phormium tenax.
Depuis plus de trente ans on n'a cessé en France de faire l'éloge de cette plante comme présentant le plus haut intérêt pour notre industrie agricole et notre commerce. Selon l'opinion du savant Bosc, le capitaine Cook serait celui qui aurait découvert ce précieux végétal et lui aurait imposé le nom de Lin de la Nouvelle-^Zélande, à cause des usages que les naturels font de sa filasse, dont ils fabriquent des tissus ^ des filets et des cordages. Ce navigateur s'étend longuement sur la finesse et la solidité du fil obtenu des feuilles de cette plante. Labillardière, qui fut chargé d'apporter ce lin en France et d'étudier les avantages qu'il pouvait offrir, fit à ce sujet à l'Institut en 1802 un rapport imprimé dans les Annales de cette savante société* A cette époque, on manquait dans notre pays d'élémens de comparaison y car une insigne perfidie avait privé la France des individus que M. de Labillardière avait eu mission d'introduire. Mais les Aiîgbis , qui, en même
JoiLîET 1837. 19
temps que lui, exploraient aussi les richesses naturelles de ces îles de Tocéan Pacifique, en furent bientôt en possession. Aiton , botaniste et cultivateur anglais, introduisit le premier pied de cette plante sur le sol de la France; il fut remis au Muséum d'Histoire naturelle en 1800. Trois ans après, on la reçut en abondance par les soins du capitaine Baudin, qui en fit expédier de la Nouvelle-Hollande, cil M. Guichenot , voyageur naturaliste faisant partie de lexpédition , la trouva en grand nombre dans les vallons humides et sablonneux. Selon quelques relations, elle y aurait été importée de l'île de Norfolk, oii elle croit spontanément. En 1804 et i8u5, l'illustre professeur A. Thouin publia plusieurs notices sur le lin de la Nouvelle-Zélande, qu'il fit connaître sous le nom latin de Phormium tenax. Il annonça que les œilletons , dont le développement lui parut assez rare, serviraient à sa multiplication.
Ces œilletons sortent du collet des plus grosses racines près du faisceau de feuilles , et quelquefois même du sein des plus grandes feuilles. Us ressemblent d'abord à de petites nodosités qui peu à peu prennent la forme d'une bulbe pointue, et bientôt laissent voir l'origine de plusieurs feuilles , et constituent enfin un nouvel individu qui croît assez rapidement pour qu'il soit possible , sans danger, de le séparer du pied-mère dans la même année , c'est-à-dire au. printemps de l'année qui suit sa naissance. Ce professeur dit que chaque mère ne peut fournir que deux œilletons par an , ce qui est vrai lorsqu'on cultive cette plante en caisses et en pot&; mais nous verrons plus loin que dans les ïn^
dividus livrés à la pleine terre ces productions augmentent dans des proportions plus que quintuples. Jusqu'alors, il est vrai , on n'avait pas osé faire cet essai; cependant , en suivant Fauteur, on voit qu'il en prévoyait déjà la possibilité, puisqu'il dit en parlant de la séparation de ces œilletons que lorsqu'ils sont bien pourvus de racines ils reprennent assez facilement en pleine terre, mais que lorsqu'ils en sont peu garnis il est utile de les plan* ter un à un dans des pots et de les tenir à bonne exposition jusqu'à parfaite reprise.
Quant à la multiplication par graines, elle paraissait alors sans objet ^ car on ignorait si ce végétal produirait des semences sous notre climat. Mais en 1825 , la Société linnéenne de Paris reçut de M. Cochin , directeur des ports militaires , une tige longue de trois mètres et chargée de capsules contenant des graines mûres , récoltées à Cherbourg en juillet 182a, dans un sol sablonneux et frais. Il parait aussi que M. Robert, directeur du jardin botanique de la marine à Toulon , obtint des graines mûres, en août 1830, de Phormium tenax plantés en pleine terre à Saint-Maudrier, tandis que ceux qu'il cultivait à Toulon n'en produisaient pas. Ces graines , semées sur couche tiède en pots, ont commencé à lever le vingt-liuitième jour, et cependant celles apportées de la Nouvelle-Zélande avaient refusé de germer chez nous. Sur vingt-cinq graines semées par M. Thouin , dix-neuf ont levé.
Ce professeur dit encore que les esëais faits de son temps pour extraire la filasse des feuilles du Phormium ont démontré que c'était chose di£Bicile y que le rouissage n'avait pas réussi non plus, et qu'il
était probable c]uil faudrait adopter la méthode des naturels , quit^onsiste à faire ramollir ces feuilles dans l'eau pour les dépouiller ensuite de leur parenchyme en les battant sur un billot.
Si je suis bien informé , le Phormium tenax a fleuri pour la première fois sur le sol de la France dans une propriété appartenant à M. Freycinet, située près de MonteIimai*t (Drôme). M. Faujas, de l'Institut /qui , à cette occasion , a publié un mémoire, s'est livré à quelques recherches sur les moyens d'obtenir la filasse. Celui qu'il annonce lui avoir le mieux réussi ixmsiste à fendre les feuilles en petites lanières longitudinales pour les faire cuire dans de l'eau bouillante où l'on a fait dissoudre du savon , mais il a omis d'indiquer le temps nécessaire à cette cuisson. Toutefois il affirme avoir par ce procédé obtenu du lin d'un blanc d'argent.
J'ai répété cette expérience en me dispensant toutefois de fendre les feuilles , opération longue et tout-à-fait superflue. 11 suffit de les faire bouillir pendant une heure au moins dans de l'eau de pluie ou toute autre, pourvu qu'elle cuise parfaitement les légumes secs. Il serait cependant possible qu'il fallût un temps plus ou moins long, suivant les terrains où cette plante serait cultivée. On les retire de l'eau et on les bat sur un billot à l'aide d'un maillet en forme de massue , ce qui les dépouille comme par enchantement des parties parenchymateuses. Après quoi on les lave à grande eau et on les soumet à un second et troisième battage, qui contribuent puissamment à la plus grande division des fibres. Elles ressemblent assez dans ce premier état à notre chanvre du Piémont; mais lorsqu'elles
ont été frottées et manipulées , k demi sèches surtout , elles prennent la finesse des plus beaux lins de Flandre et de Belgique. Ces parties fibreuses ont une faculté naturelle et qui est assez remarquable; c'est qu elles se tordent d elles-mêmes de gauche à droite et qu'elles résistent à toute torsion opposée. Cette disposition pourrait être d'une grande utilité pour l'art du cordier.
En i8i3, et avant les expériences de Faujas^ le hasard me fit découvrir un moyen fort simple de faire dissoudre les parties mucilagineuses des feuilles de cette plante, que déjà nous cultivions en pleine terre. Lors de l'approche des grandes gelées , les plus grandes feuilles , qui pour la plupart étaient hautes de quatre pieds , furent détachées et jetées sur le terrain environnant. Les moyennes et les petites furent conservées intactes et réunies en faisceau , afin de pouvoir mieux les garantir de la gelée en couvrant le tout avec de la grande litière, selon le mode usité pour faire blanchir les cardons. Cétaient alors les moyens employés pour la conservation de^cette plante. Après le dégel , je m'aperçus que les. feuilles jetées sur la terre étaient devenues molles et fangeuses. J'eus l'idée de les réunir, de les laver et de les soumettre ensuite au battage, comme je l'ai indiqué tout à l'heure. Bientôt, à ma grande surprise, je vis leurs parties fibreuses se nettoyer et devenir en peu de temps aussi nettes que notre plus beau chanvre.
En décembre i856, j'ai voulu répéter cette expérience, et pour cela j'ai déposé quelques-unes de ces feuilles sur la neige oii je les ai laissées, trois jours à une température de deux à ciqq degrés
sous zéro. 11 parait que ce froid n'a pas été assez intense ^ ou qu'elles ny ^^^ P^ ^^ soumises un temps suffisant; car, battues et manipulées comme d'autres que j'avais fait cuire, elles n'ont pu parvenir à un dépouillement aussi complet de leur parenchyme. J'ai renouvelé cette épreuve, et j'ai laissé pendant neuf jours de nouvelles feuilles k une température qui a varié de un à sept degrés de froid, et j'en ai obtenu ensuite les résultats les plus satisfaisans , et les fibres de ces feuilles m'ont paru plus douces, plus soyeuses et plus promptes a se nettoyer que par le procédé de la cuisson.
Le savant Bosc, qui a enrichi de beaucoup d'articles le Cours complet d' agriculture y publié en 1822, a prédit que dans un demi-siëcle la culture du lin de la Nouvelle-Zélande serait une source de richesses pour les propriétés des côtes de France , d'Espagne et d'Italie, baignées par la Méditerranée, et serait l'objet d'un long article dans les éditions suivantes de l'ouvrage queje viens de citer. Déjà en effet les progrès que nous avons faits depuis cette époque me permettent de publier une méthode de culture plus commode et qui peut offrii* des avantages réels.
Jusqu'à ce jour cette plante de haute importance pour notre économie publique est peu connue et beaucoup trop négligée en France. Il sei*ait à dési*rer que les sociétés agricoles et le gouvernement même encourageassent sa propagation pour éviter Jes importations immenses contre lesquelles les ù^ briques de toiles et cordages maritimes réclament de plus en plus. M. le comte de Lagarde , pair de France, en me signalant ce besoin, 'm'a inspiré l'idée de publier cet article dans ces /tnnales, et
s'il en Insulte quelque bien , c'est k lui qu'en doit revenir tout Thpnneur.
Le JLiN DE hk Nouvelle-Zélande , Phormium tenax FoRST., appartient à l'hexandrie monogynie Lin. et aux liliacées Jass. Feuilles ensiformes » longues de trois à cinq pieds , larges de deux à quatre pouces , distiques , un peu épaisses , fermes y glabres. Hampe feuillée à sa base , terminée par une panicule de fleurs jaunes ) verdftti*es à leur base. Calice monophylle y à six découpures , six étamines à filamens filiformes et à anthères ovales ; un ovaire charge d'un style filiforme , terminé par un stigmate simple et obtus ; une capsule oblongue , à trois loges contenant plusieurs graines oblongues^ noires, luisantes, ondulées et minces en leurs bords.
M. Thouin livra, en iho6, quelques pieds de celte plante à la pleine terre dans son école , où elle fut placée en première ligne dans la série des plantes textiles. A cette époque, on ne savait guère à quoi s'en tenir sur les moyens à employer pour sa conservation pendant Thiver ; aussi était-elle Tobjet de soins tout particuliers. Lorsqu'en i8i 5 je fus chargé de cette école , le savant professeur avait déjà reconnu quelques dispositions à la naturalisation , ou tout au moins plus de rusticité qu'il n'avait jugé d'abord. En efi*et , elle paraissait n éprouver aucune altération dans sa manière de végéter, puisqu'il n'était pas rare de lui voir pousser des feuilles longues de quatre pieds, terme moyen du développement de celles qui croissent dans des lieux inaccessibles à la gelée. Ces observations engagèrent à rendre moins minutieux les soins qu'on lui donnait. Depuis vingt-trois ans que j'ai cultivé cette plante
continuellement dans la même localité , j'ai acquis la certitude qu'elle pouvait résister k une tempe-, rature de quatre degrés sous zéro de Réaumur ^ et j'ai reconnu qu'elle se trouvait bien de la culture et des moyens de conservation applicables aux divei^ses variétés d'artichauts.
D après cela , si l'on veut obtenir de bons résultats en cultivant le lin de la Nouvelle-Zélande, il faut choisir une terre friable, riche en humus ^ ni sèche ni humide , et préparée par des labours pro-« fonds faits à la bêche. On profitera ensuilc^.de quelques beaux jours de la fin d'avril pour procéder à la plantation. A cet efiet , on divisera le terrain en rayons espacés d'un mètre ou trois pieds ; ils seront peu profonds , n'ayant d'autre but que d'indiquer les lignes sur lesquelles devront être faits à la bêche, ou tout autre instrument, des pochets ou fossettes de cinq à six pouces (seize centimètres) de pi*ofondeur, sur une dimension à peu près égale en carré; ces pochets seront espacés entre eux de deux pieds et demi (quatre-vingts centimètres). Si la masse du sol ne paraissait pas assez meuble pour recevoir la jeune plantule , on dcposeri^it au bord de chaque trou une petite pellerée de terre préparée convenablement : elle servirait au planteur pour garnir les racines. Une chose également importante dans cette plantation est de ne pas trop enterrer le jeune plant ; pour cela, les feuilles les plus anciennes, et par conséquent les plus rapprochées du collet , ne doivent pas être couvertes de plus d'un pouce , de façon que le centre de la plante (que vulgairement nous fiommons le cœur) soit au-dessus du niveau du sol.
>]Lç plant que l'on emploiera aui*a été préparc
^97 d'avance, et se composera des œilletons et des vieux pieds séparés a la manière des iris » avec lesquels le lin de la Nouvelle-Zélande a beaucoup d'analogie pour sa manière de végéter. Les produits de la première année de plantation seront conservés avec soin sur chaque pied jusqu'aux grandes gelées , afin de stimuler par leur présence le développement de la plante. Il est vrai que ces productions ne seront pas assez considérables pour dédommager des frais qu'elles auront occasionnés, mais on peut obtenir un supplément de récoltes en occupant les espaces vides entre les rayons par des semis ou des plantations de légumes ou autres planteis potagères s'élevant peu. Ces productions nécessiteront des arrosemens et autres travaux dont on combinera l'emploi avec l'intérêt de la plantation et les avantages du propriétaire , deux choses qu'il est facile de concilier en y apportant un peu d'intelligence.
A l'approche des grands froids on coupera les feuilles grandes et moyennes , en ne conservant sur chaque pied que celles qui ne seraient pas encore assez développées pour être exploitées. Immédiatement après cette opération , les feuilles recueillies seront classées en trois ou quatre ordres de grandeur, afin d'en obtenir des qualités différentes de filasse qui sera plus fine et plus soyeuse dans les petites. C'est à l'industrie manufacturière à chercher l'emploi le plus convenable à ces diverses natures de produits.
Aussitôt après la récolte des feuilles , on fera autour de chaque pied une butte en forme de cône aplati de trois à quatre pouces de hauteur (dix centimètres ), dont la pente aura une inclinaison d'environ quaranle-cinq degrés, et du centre de
laquelle devront sortir les feuilles. Il faat que la terre de la butte soit aussi serrée que possible pour éloigner l'humidité des racines. Il est essentiel que sa hauteur ne dépasse pas celle que je viens de déterminer , afin que la couverture que Ton dépo* sera sur les plantes n'en soit pas éloignée de façon à laisser accès à la gelée. Les choses resteront ainsi tant que le froid ne menacera pas de descendre jusqu'à trois ou quatre degrés. Mais, dans ce cas, il faudra couvrir avec des feuilles d'arhres sèches , en cherchant à s'opposer autant à l'humidité qu'au froid. En effectuant ce travail, on commencera par garnir le côté regardant le nord, afin de coucher un peu les feuilles vers le midi , et on les couvrira de deux pouces au moins de feuilles ou litière; si Ten redoutait une gelée de plus de dix degrés sans neige, il faudrait doubler l'épaisseur de cette couverture. On pourra , pour s^opposer aux coups àe vent susceptibles d'en enlever une portion , placer sur chaque plant un pot à fleurs d'une grandeur proportionnée a la force des individus, et h défaut de pots à fleurs une tuile qui produirait le même effet en couvrant la plante et maintenant la couverture* Ces deux derniers appareils sont même suffisans seuls partout où Ton n'a pas à redouter un abaissement de température au-dessous de quatre degrés Réaumur. Il sera toujours avantageux de découvrir la plante toutes les fois que l'on n'aura pas k craindre un froid plus vif que celui que je viens de déterminer, parce qu'il n'est alors que momentané; mais la prudence veut qu'on fasse avec la couverture une espèce d'abri en forme de capuchon contre le vent
du nord ^ ce que les jardiniers appellent mettre la plante au radeau.
Il est bien entendu que ce qui vient d'être dit pour la couverture de la plantation pendant le premier hiver doit être fidèlement observé pour tous ceux qui suivront.
Au printemps de la seconde année on profitera d'un beau temps, où la terre ne sera ni trop sèche ni trop humide, pour opérer à la bêche un bon demilabour, avec la précaution de ne pas endommager les racines. Après ce travail , on pourra aussi livrer les intervalles à des cultures analogues à celles de Tannée précédente , mais avec plus de discrétion , afin que les feuilles du Phormium^ qui cette année seront plus abondantes, puissent croître en toute liberté. A la fin d'août, on verra sur les plantes un certain nombre de feuilles qui prendront une, teinte jaune ; on aura soin de les couper de suite à leur naissance , et de les exploiter pour en obtenir la filasse. Si Ton ne procédait pas ainsi, et que l'on laissât ces feuilles prendre une couleur jaune très-prononcée , la force de leurs fibres en serait altérée, et elles deviendraient plus dures, plus sèches, et moins susceptibles d'une grande division lors du battage. Dil reste , cette première récolte donnera une plus grande vigueur aux feuilles plus tendres et d'un beau vert laissées sur pied , et qui , ainsi que je l'ai dit , ne seront récoltées qu'à Tapproche des gelées. Pendant le cours de cette atinéè, les aiTOSemens seront copieux et multipliés.
Au printemps de la troisième année, on devra faire le labour à la houe à crochets ou fourche, afin d'épargner les racines déjà très-abondantes. On répan-^
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dra ensuite sur la surface les débris de la couverture, afio d'y entretenir une certaine fraîcheur; car, a partir de cette époque, il faut renoncer a toutes espèces de cultures légumiëres. Ces débris ont en outre l'avantage d'ajouter au sol une somme d'humus favorable à la nutrition des Phormiiun. Les autres travaux de cette année consistent en des binages qui auront pour but de détruire les plantes adventices, et en arrosemens copieux pendant les chaleurs de l'été. Les récoltes , qui seront trèsabondantes , se feront comme je l'ai dit pour la seconde année.
Les travaux indiqués pour cette troisième année seront renouvelés pendant chacune de celles que durera encore la plantation, qui pourra exister huit ou dix ans , selon que la terre sera plus ou moins propre à cette culture. Après ce temps , il sera prudent de faire de nouvelles plantations pour remplacer celle-ci.
D'après ce que j'ai dit plus haut sur l'espacement à donner aux pieds de Phormlunij la perche de Paris, évaluée trente-*six mètres environ ou trois cent vingt-quatre pieds, pourrait en contenir quarantedeux. Mes expériences m'ont démontré qu'un pied, à trois ans de plantation , pouvait fournir quatrevingts feuilles bonnes à être exploitées ; après avoii* soumis plusieurs d'entre elles à la préparation que j'ai indiquée y j'ai fixé approximativement à cinq grammes le produit en filasse de chacune, bien que plusieurs en aient fourni neuf grammes six décigrammes. Cette donnée porterait à quatre hectogrammes le produit de chaque pied, et celui des quarante -deux à seize kilogrammes huit hecto-
Soi
grammes, ou un peu plus de trente-trois livres. En comparant ce produit à celui du chanvre, on trouve une différetice énorme; car les renseignemens que j*ai pris dans diverses localités Félèvent seulement à deux kilogrammes et demi, ou cinq livres, par perche de la même dimension.
Il parait que la culture du chanvre, quoique assez répandue en France, n'y est cependant pas établie sur d'assez larges bases; car ses produits ne peuvent suffire à Tapprovisionnement de nos fabriques , qui sont dans l'obligation de tirer de l'étranger un tiers environ de ce qu'il faut pour leur consommation. Il est vrai que cette plante n'est pas l'objet des spé-^ culations de la grande culture, parce qu'elle paie à peine ses frais. Elle n est cultivée que pour les besoins de chaque famille, et ce n'est que dans les années d^abondance que l'excédant en est livré au commerce. La culture du Phormium , si elle réussissait bien chez nous, pourrait amplement répondre aux besoins de nos fabriques , dont quelques-unes font déjà avec la filasse importée des tissus admirables de finesse , et serait d'autant plus utile que les terres consacrées aux chêne vières, étant profondes, humides et riches en humus, y seraient très-convenables 9 et donneraient des produits autrement importans. Dans tous les cas, les cultivateurs du midi de la France et les colons de l'Afrique devraient en faire l'objet de leurs méditations; et les derniers surtout pourraient en tirer des récoltes précieuses, auxquelles l'industrie de la mère-patrie offrirait de sûrs débouchés. Dalbret.
A la suite de Texcellent article qui précède, je
crois devoir publier divers renseignemens iotéressans sur le même végétal , qui m'ont été adressés à ma demande par mon ami et confrère Ferdinand Noël y jardinier en chef du jardin botanique delà marine à Brest.
Cet excellent cultivateur s'est beaucoup occupé de la culture du Phormiuni tenax^ et voici le résumé de ses observations.
Depuis 1820 il le cultive en pleine terre; ayant voulu donner plus d'extension à cette culture , il en acheta douze pieds en 1825 à feu M. Bazin de Lapalu y qui habitait auprès de Landerneau / et qui lui dit que ces Pliormium provenaient de graines rapportées, par le capitaine Freycinet, de son voyage autour du monde. De ces douze pieds il en fit soixante-deux , qu'il planta dans un petit champ de la commune deLambezalec, près Brest. Trente pieds furent plantés dans une bonne terre franche au midi y sans aucun ombrage ; les trente-deux autres le furent dans une plate-bande de terre de bruyère exposée au nord, et arrosés pendant le cours de l'été. Tous ont réussi : les premiers ont donné dans la même année jusqu'à cinq feuilles d'un mètre de long ; les seconds ont végété un peu plus vigoureu* sèment, mais n'ont pas fourni plus de feuilles , quoiqu'un peu plus longues, mais pas assez pour compenser l'excédant de dépense de la culture. Jusqu'en janvier 182g, le thermomètre n'était pas descendu au-dessous de quatre degrés ; mais le 25 de ce mois il atteignit huit degrés , et , quoiqu'il y restât peu de temps, les feuilles gelèrent, mais les pieds n'eurent aucun mal. Au mois d'avril de cette même année, il recueillit quatre cents œilletons
qu il distribua aux amateurs ou planta dans tous les jardins appartenant à la marine, même sous des arbres oii ils ne recevaient aucune lumière et étaient comme étouffés ; l'un d'eux même fut planté sur un rocher avec seulement uu peu de terre au pied , et a fourni des feuilles de près d'un mètre, quoique son exposition soit nord et sa station fort élevée.
M. r^miral Bergevin, à qui il en avait donné une douzaine , les fit planter dans la terre tourbeuse et humide d'un terrain marécageux, qui ne produisait que des Iris pseudo acorus et des Junciis conglome^ ratus. Le terrain avait été défoncé d'un fer de bêche ; la plantation a parfaitement repris , mais l'hiver suivant les mulots l'ont entièrement détruite.
M. Noël conclut, d'après ces faits, que le Phovmium tenax peut être planté dans tous les terrains et à toute exposition. Mais il préfère cependant l'expo* sition du nord, et une terre franche un peu sablonneuse ou de bruyère, ou de même nature que celle qui constitue nos landes.
Il pense qu'il faut transplanter les pieds tous les cinq à six ans. Plus tard les pieds sont plus difficiles à séparer, et les œilletons se trouvent étranglés par le resserrement des feuilles qui restent pourries dans le bas de la plante. Ils deviennent alors si tendres qu'ils se décollent facilement du pied.
Il plante ses œilletons à trois pieds les uns des autres , et , pour ne pas perdre de terrain pendant les deux premières années, il plante ou un œilleton d artichaut^ ou un gros chou cabus, ou un chou de Russie qui s'élève à quatre ou cinq pieds, et garantit le Phormium ienax des rayons solaires. Quand il
plante en plein midi , il abrite par un rang de topinambours.
Il résulte de ses observations que ce Tegétal supporte buit degrés sous zéro, sans que les pieds en souffrent; que la neige endommage plus les feuilles qu'une forte gelée. En 1 829 et en 1 855, deux époques oii la neige a été abondante , toutes les feuilles ont péri. Cependant en i836 il a remarqué que la neige, quoique plus abondante, avait moins altéré les feuilles, et seulement sur les pieds exposés au midi ou il y avait eu dégel. A Texposition du nord, il n'a reconnu aucun dommage, quoiqu'il y ait eu beaucoup de neige et un froid de cinq degrés.
M. Noël pense aussi que le Phormium lenax pourrait être dune grande utilité si on parvenait à trouver un moyen efficace den extraire facilement la filasse. 11 a fait à cet égard beaucoup d'expériences et a assisté k celles qui ont été faites à la pharmacie centrale de Fbôpital de la marine à Brest , et aucun des résultats n'a été complètement satisfaisant. Il a même poussé la complaisance jusqu'à m'envoyer buit échantillons de filasse obtenue par divers procédés , et aucune n'est aussi belle que celle que M. Dalbret a obtenue par la congélation. Au reste , celle de M. Dalbret est loin d'être aussi fine et aussi soyeuse qu'un échantillon que je possède , et qui m'a été remis par un fabricant du département de l'Aisne , qui obtient déjà de beaux tissus avec cette filasse.
Tels sont les renseignemens que j'ai cru devoir extraire de la correspondance de M. Noël, auquel j'adresse ici mes remercimens. Jacques.
5o5 PLANTES D'ORNEMENT.
PLEINE TERRE
Ajonc, Jonc marin, Lande, Landier, Jean-Brusc , Genêt épineux, Ulex europœus Lm. Légumineuses, Juss. Diadelphie Décandrie, Lin.
Arbuste trés-épioeux, toujours vert, croissant naturellement dans les landes et autres terrains sablonneux y généralement connu, et cependant beaucoup trop négligé ; car il est aussi propre a entrer dans la composition des jardins et à concourir à leur décoration par le jaune d'or brillant de ses fleurs précoces et abondantes , que par la sombre verdure de son feuillage et son port pittoresque. Il produit également un bel effet, soit qu'on le plante en massif, soit qu'on l'isole; le seul soin à prendre est de le tenir assez éloigné des bords des allées , pour qu'il ne puisse pas incommoder lespromeneurs. Cet arbuste a une variété à fleurs doubles , qui est encore plus jolie , et ne se montre ni moins rustique , ni moins exigeante sur la nature du terrain , que le type lui-même. Elles se prêtent l'une et l'autre à toutes les formes que la taille , faite après la floraison, peut leur donner, avec des ciseaux à tondre ou mieux avec le sécateur. Traitées de cette manière, elles refleurissent souvent une seconde fois en automne. Ainsi , on peut lés tenir en buisson , qui est leur forme naturelle , ou les élever a tige de trois à quatre pieds , en élaguant dans leur jeunesse les rameaux qui croissent le long de la tige principale.
Cependant dans aucun parc ou grand jardin où- Juillet 1837. 20
ne voit Fespèce, a moins quelle y croisse sponta* nément, et à plus forte raison on n'y rencontre jamais la variété double. Quoiqu*indigène à notre pays, cet arbuste mérite mieux qu'un tel dédain , et il peut occuper avec avantage plus d'une place dans les jardins spacieux. Les propriétaires devraient donc l'employer ^ et pour cela le semis est le meilleur moyen de reproduction.
On peut procéder a cette opération de deux manières. Comme cette plante ne souffre pas la transplantation, il faut semer en place en mars. On sarcle et bine le plant plusieurs fois, pendant les deux premières années , et on l'éclaircit à plusieurs reprises, de façon qu'après trois ans, chaque pied soit éloigné de ses voisins de six ou huit pieds.
Mais dans les jardins peu spacieux , je conseillerais de semer , dès février ou mars , en terrines ou caisses remplies de terre de bruyère f ou en pleine terre de cette nature , ou autre d'une composition analogue. Dès le niois de septembre de la première année , on repique le plant un à un dans de petits pots garnis de terre semblable, et on donne un tuteur à chacun. On enterre jusqu'à leurs bords tous les pots , en les disposant de manière à n'occuper que trois pieds et demi en largeur, afin de pouvoir, pendant Thiver, les entourer de coffres, qu'on couvrira avec des panneaux vitrés, ou seulement des voliges. Le point essentiel est de garantir le jeune plant pendant sa première année de la gelée , et surtout des verglas et neiges auxquels il est fort sensible. On donnera grand air toutes les fois que le temps le permettra. Au printemps suivant, on rempotera le plant dans des pots plus grands ; on
donnera à chacun un tuteur plus élevé; on élaguera les branches qui poussent au pied et le long de la tige principale , si on a l'intention de les élever à tête, et on replacera les nouveaux pots de la même manière que la première fois , en choisissant de préférence Fexposition nord un peu ombragée ; enfin on arrosera au besoin. Quand on voudra mettre le plant en place , après la seconde ou troisième année , on prendi*a la précaution de ne pas briser la motte.
Les personnes qui n'ont pas de grands jardins k garnir pourraient ne cultiver que la variété à fleurs doubles, qui, comme je Tai dit, est plus jolie et aussi rustique ; mais comme elle ne donne point de graines, on la multiplie de boutures faites à froid , en terre de bruyère , au printemps et à l'automne ^ ou par la greffe en fente , et en approche sur son type à fleurs simples ; cette dernière opération se pratique en mars et avril. Ce charmant arbuste, élevé à tige de trois à quatre pieds , terminée par une tête arrondie I au moyen de la taille qu'il faut toujours faire après la floraison , décore fort bien les platesbandes^ oifton peut l'alterner avec les rosiers , les lilas variés , chèvrefeuilles , jasmins , genêts à fleurs blanches, d'Espagne et autnes , acacias roses, cytises ' de diverses espèces , pommiers, pêchers , amandiers, cerisiers, merisiers a fleurs doubles, groseilliers doré et sanguin , et beaucoup d'autres arbustes élevés ou greSiés à la même hauteur. La floraison de ces vé* gétaiùc , ayant lieu à diverses époques , pare pendant tout Tété la plate-bande de fleurs de coloris variés.
L'ajoud est aussi cultivé pour fourrages dans les looalités où ceux-ci sont rares. Pour cela on coupe les jeaneft pousses avant la floraison , dès le prin-
temps de la seconde année , et on le donne en vert ou en sec aux bétes à cornes et aux cbevaux qui Faiment assez ; mais il faut avoir la précaution de les battre avec un maillet , ou de les passer sous un rouleau y afin d'écraser les épines, qui, sans cela, pourraient blesser la langue et le palais de ces animaux. Jacquin aîné.
Gboseillier a fleurs de fuchsia j Ribes speciosum PoRCHS. BoTAN. Mâg. 555o. Ribes fuchsioïdes ¥l. Mex. ined. Ribes triacantha Menz. Ribes stami'neum Swett. (Voyez la planche, et, pour les caractères , page 55, Journal et Flore des Jardins.)
Arbrisseau rameux , épineux , formant buisson ; trois longues épines sont implantées à la base des feuilles et des rameaux.; elles sont , ainsi que ces derniers, d'un rouge-brun. Tige et rameaux couverts de poils longs et rongeât res. Feuilles persistantes, trilobées, glabres et incisées. En avril et mai , fleurs ressemblant à celles de fuchsia , portées sur un long pédoncule commun qui en soutient quelquefois de trois k cinq attachées par un pédicelle. Ces fleurs, rouge -pourpre dans toutes leurs parties , sont longues d'un pouce au moins depuis la base jusqu'au sommet des étamines. Le calice est tubulé , coloré , à cinq divisions étroites recouvrant les pétales peu ou point apparens. Un style four* chu, quatre étamines à filets rouges et anthères ovales , arrondies , de même couleur avant rémission du pollen. Cette espèce est remarquable par le nombre de quatre étamines, qui semblerait devoir la faire distraire du genre Ribes, dont toutes les es-
ir^i**r*/ ,fr
RibcA »pecio«uin .
pèces en ont cinq , et rarement six ^ tandis que constamment elle n*en offre que quatre , la cinquième avortant probablement.
» Elle a été rapportée de la Californie par M. Menzies pendant le voyage du capitaine Vancouvreur, et introduite en Angleterre en 1829, d^oii nous Favons fait venir en i855. Elle se cultive en pleine terre de bruyère , et peut-être qu'une bonne terre légère et substantielle lui conviendrait aussi bien. Cependant l'hiver de iSSô-iSSy a fait périr dans notre établissement , jusqu'à rez de terre , tous les rameaux des pieds que nous avions laissés, en plein air, plantés en terre de bruyère. 11 est vrai qu'ils ont repoussé au printemps. Il serait bon , par conséquent, de couvrir le pied de feuilles sèches, ou de le butter, comme on le fait pour les artichauts , en garnissant également les buttes d'une couche de feuilles. Il est aussi prudent d'en tenir quelques individus , pendant l'hiver, en serre tempérée , près des jours , pour parer aux accidens. Cet arbrisseau , végétant toute l'année , a besoin d'un conservatoire éclairé , et c'est cette raison qui le rend plus sensible a la gelée lorsqu'on le tient en plein air. J'ai remarqué encore que ses rameaux , quoiquetrèsvigoureux , n'aiment pas à être serrés et redoutent l'humidité.
Du reste , on le multiplie facilement de bouturea et marcottes. Jacquin aîné.
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ORANGERIE
KENNEDIAvENT. Diadelpbie décaiidrîe, Lin« Légumineuses, Juss.
Caractères génériques. Calice bilabié, à lèvre supérieure échancrée , rinférieure à trois divisions égales; corolle papillonacée ; étendard réfléchi^ recourbé , marqué de taches a la base; carène serrée sur laquelle les ailes sont appliquées ; stig^mate pbtus; légume oblong; graines à ombilic bordé d'un bile caronculeux.
Kennedie a flbdrs NOIRATRES , Ketinedia nigricans. HoRT, ( Voyez la planche. ) *
Arbuste Yolubile grimpant , *origioaii*e de U Nour yelle-Hollande et acquérant un grand développement. FeuUles nervuré^s, longues de six à sept pour cpS| trifoliée^ ; la foliole supérieure large d'envîroo trois poucep, longue de quati*é à einq, garnie de 4eiiK petites sjtipules à la base de son pétiole \ le9 d^ux folioles latér^l0s beaucoup plus petites , mur nies cbacMne d'unis stipule àtft buse de leur pétiole; pétiole commun aréole » d'un ?prt footsé en destsus» d'un vert glauque en dessous.
Fleurs en grappe de trois à six y longues d'un poucp et demi environ , y compris la pédicelle, qui en form« à p^)i près le tiers. Le pédpnoulQ ^oeimun est long de deux à trois pouces , et supporte vers sa base plusieurs fleurs qui avortent et tombent avant d'avoir acquis un certain développement lors de la floraison des autres. Le calice est velu et d'une couleur vert-brun ; les étamines diadelphes , à filets
K I''- N X I*' 1)1 l'I // //fffr,'- //i^trit/rr.i-
l\onnc<lj«> nio'ncaiiîJ
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recourbés dans la partie supérieure, et détachés dans les deux tiers de leur longueur , d'un blanc rosé^ ' rouge au sommet, surmontés par des anthères d'un jaune yerdàtre , sont réunies par neuf entourant le pistil et une inférieure libre ; elles sont renfermées^ dans la carène, qu'elles égalent presque en longueur. Ovaire et style subulés, verdâtres à la base, qui est velue, et rosés dans le reste, qui est lisse. La corolle est papillonaoée ; l'étendard , entièrement renversé . sur le calice , *a ses bords repliés en dehors et son . sommet un peu roulé en dedans. Son onglet offre deux espèces d'appendices et est couvert d'une large macule d'un beau jaune qui ressort parfaitement sur la couleur pourpre-noir du reste de l'étendard. La carène, longue de près d'un pouce, est un peu falciforme ; elle est soudée par son milieu et de même couleur que l'étendard ^ ainsi que les ailes qui sont appliquées dessus , et se recourbent à leur extrémité.
Nous n'avons aucune notion précise sur l'intro* duction de cette plante, que, comme ses congénères^ nous croyons de la Nouvelle-Hollande; mais elle mé^ rite les soins des amateurs par son coloris bizarre et remarquable. On la cultive comme les autres espèces en orangerie éclairée et terre franche , et on la multiplie jusqu'à présent de boutures sous cloches et de coiichages incisés. Gels frères*
CLIANTHUS , Paxton's Botanical.
Caractères génériques. Galice renflé, court, à einq dents pointues , presque égales | étendard disposé en arrière , finissant en pointe » et plus, court que la carène , dix étamines fertiles ,. diadelphes
( 1-9), style filiforme ^ allongé; stigmate simple , légume renflé , l'enfermant bon nombre de semences réniformes.
Obs. Ce genre se rapproche de celui Suther-landi'a.
Clianthe ponceau, Clianthus puniceus. Paxton's BotanicaK ( Voy. la pi. )
Sous-arbrisseau à tige droite, rameuse , glabre, haute de trois à quatre pieds et plus, feuilles ailées avec impaire , composées de huit k dix paires de folioles, comme sessiles 9 glabres, entières, émarginées au sommet , ovales , d*un beau vert en dessus , blanchâtres en dessous , longues de cinq à sept lignes , larges de deux à trois ; stipules courtes, lancéolées, sessiles; fleurs en grappes pendantes, nombreuses^, portées chacune par un pédicelle légèrement velu , ayant a sa base une bractéole courte, et deux très-petites vers son milieu , long de huit à dix lignes; calice un peu renflé, arrondi, long de trois lignes ; les cinq dénis, presque égales , en ont à peu près autant ; corolle longue de près de trois pouces avant son épanouissement, d'un pourpre plus ou moins foncé; étendard tout-a-fait relevé , un peu ridé à la base , ou il est marqué de petites lignes blanches ; ailes moitié plus courtes , appliquées sur la carène, obtuses et d'un rouge foncé : cette dernière très-pointue au sommet où elle est un peu recourbée ; style delà même longueur que la carène, velu en dessus dans une partie de sa longueur au sommet; lorsque letendard est relevé, et la carène abaissée , cette forme donne plus de trois pouces de hauteur à cette superbe fleur.
Cl.IANTIIK PONC'KAl^
C'IitiTillîU!» punio<»ui».
Ce très -joli sous -arbrisseau est originaire de la Nouvelle-Zélande , et les graines ont été envoyées par les missionnaires qui y résident; les naturels le nomment Kowainguta Kaka , ou bec de perroquet , à cause d un peu de ressemblance de la fleur, avant d'être entièrement épanouie, avec le bec de cet oiseau ; il n'a été introduit en France que vers i855 : pourtant il est déjà assez répandu , surtout a Paris , puisqu'il a fleuri chez plusieurs fleuristes de la capitale , et notamment chez MM. Durand , rue de Bufibn ; Paillet , rué du Petit-Banquier ; Gels , barrière du Maine; Loht, rue Fontaine-au-Roi , etc.; et à Versailles , dans le bel établissement de M. Bertin et compagnie, au Grand-Montreuil , à l'obligeance duquel nous devons l'échantillon quia servi de modèle à notre dessin.
Il est de serrç tempérée et même de châssis froid ; on prétend qu'il passe l'hiver, en Angleterre, le long des murs avec quelques abris , et on en a vu , dit-on , de six à huit pieds de haut; on le multiplie de marcottes et de boutures qui reprennent facilement, étant faites sur couche chaude et sous cloche. On peut encore le faire de graines, car nos collègues, MM. Jacquin, en ont fait venir d'Angleterre, qui actuellement lèvent très-bien. La terre de bruyère pure lui convient ; on peut pourtant le cultiver avec succès dans d'autres terres plus consistantes, dans lesquelles il végétera peut-être moins vigoureusement, mais se portera plus à fleur : car du reste il est assez rustique.
C'est une très-belle acquisition pour nos jardins , et elle doit être accueillie par les amateurs comme
3i4 par ]e8 fleuristes , et en général par tous ceux qui s attaclient aux véritablement belles plantes.
Jacques.
PétARGOMIBR d'HÉRIGART A FLB0R8 PLBIJIBS, PelargO^
nium Hericarlianumjloi'e pleno. Hort. ( Voyes la planche. )
Plante robuste à tiges bruues garnies dq feuilles pétioléesy alternes , capuchpnnées, pre^Mpie rondes, à lobes peu apparens ^ irrégulièrement dentées et d'un beau vert. Toi|te la plante , excepté la surface des feuilles , est garnie de poils blancs. Les pédoncules sont longs de trois popces, opppsés aux feuilles, stipulés et supportant de trois à six fleurs , larg^ de plus de deux pouces ayant de sept à dix-huit pé* taies , inais le plus grand nombre neuf ou quinEC. Elles sont souvent immaculées et ressemblent à de petites roses ; d'autres fois on voit des pétales striés ou maculés de brup. Leur couleur est le rougiç pourpré transparent , avec du rose tendre au centre. Il y a peu d'autre» variétés fleurissant aussi abondamment que celle-ci , dont les fleurs durent dix a douze jours ; elles sèchent ensuite sans tona*ber ni se décolorer.
J'ai obtenu cette vaiûété en i855, et elle continue à se montrer constante. Elle est la première dont les fleurs soient aussi doubles , dans celles dérivées du Pelargonmm cuculatum, qui a joué en tant de nuances et dont la collection s'enrichit chaque jour. Elle mérite singulièrement d'être cultivée^ et il serait fort intéressant de pouvoir la faire varier de couleurs. J'en ai obtenu quelques graines dont
PELARGONIER BHERICART à/leu^spl^e^.
Pclar^niuin IlericartiaiiuTn florepleno
j'attends ]e$ résultats^ Sa culture et $a multipUçalion sont aussi faciles que pour les autres variétés, parmi lesquelles elle se distingue par son port élé-? gant et la duplieature de ses fleurs.
Les semis de i835 m'ont encore fourni quelques variétés méritantes^ que je ferai connaître dans un prochain numéro. Lemon.
NOUVELLES
Le 17 juin dernier, dans une visite horticole que je fis à divers établissemens fleuristes de Paris , j allai chez notre collègue M. Lémon , dans Fespolr d'y admirer son semis de pivoines de la Chine (Poèoma sinensîs)f dont trois nouvelles variétés ont été décrites page 3i5 de ce journal , année i835i836, sous les noms que M. Poiteau leur avait don*nés. J'ai retrouvé ces trois belles variétés, mais encore j'en ai remarqué quelques autres d'un grand mérite. Je crois donc faire plaisir aux amateurs de ce beau genre, qui s'enrichit beaucoup en belles variétés tant sous-ligneuses qu'herbacées, en leur communiquant la description de oelLes que j'ai jugées le plus digmsB de leur âtre signalées.
1^ Pœonia siNENSis. Hort. P. Witteyij P. fragrans. Anders. Var. candida grandiffora. Lémon.
Fleur terminale , presque toujours solitaire , coi|iposée de huit grands pétales formant la coupe, très-légèrement teintés de rose en dehors; ceux du centre sont de diverses largeurs et différemment divisés au sommet^ se recourbant un peu vers le centre, ce qui donne à cette belle fleur une forme un peu bombée; ils sont d'un beau blanc. Trois à
quatre ovaires rougeâtres y à stigmates plus Foncés; sépales du caliee bordés de rouge. Cette charmante fleur a dans son épanouissement complet de cinq à six pouces de diamètre. *
2** P. S. Var. carnea grandjflora. Lémon.
Tiges un peu rameuses du haut ; fleur à huit ou dix grands pétales extérieurs formant, une coupe un peu irréguliëre et carnés ; ceux du centre sont aussi très-légèrement carnés au moment de l'épanouissement ^ longs de deux'pouces et demi à trois, de diverses largeurs et profondément lobés au sommet y droits ou divariqués; à la base des pétales extérieurs, et en dedans, se trouvent beaucoup de filets d'un beau blanc , moitié moins longs que les pétales du centre , et qui sont comme ceux-ci des filamens métamorphosés. Trois à quatre ovaires verdâtres à stigmates blancs ; sépales du calice vertes ; le diamètre de la fleur est à peu près le même que celui de la précédente.
3^ P. S. Var. humei alba plena. Lémon.
Fleur d'environ quatre pouces de diamètre , d'un blanc comme paraissant très - légèrement carné ^ composée -de huit grands pétales extérieurs; le centra est rempli de pétales larges , dentés au sommet, rapprochés vers le centre^ le tout à peine bombé; ici non-seulement toutes les étamines sont métamorphosées en pétales , mais même les ovaires sont avortés comme dans le Pœonia humei à fleurs roses; sépales du calice vertes.
4" P' S. anemoneflora alba. Lémon.
Fleurs à huit ou dix grands pétales extérieurs
3i7 d*un beau blanc , formant la coupe et même recourbés en dedans ; toutes les étamines se sont changées en lanières d'un jaune-soufre , linéaires , dressées , trois à quatre ovaires verdâtres , à stigmates rouges; sépales du calice bordées de rouge. Cette fleur se rapproche de celle décrite par M. Poiteau , sous le nom de P. S. proliféra; mais elle en diffère par la blancheur de ses pétales extérieurs , et ses ovaires non prolifères.
Une autre m'a paru encore assez remarquable; elle est blanche avec un très-léger reflet carné ou jaunâtre, double , bien faite, et ce qui la distingue, c'est son odeur qui a du rapport à celle du P. sibi-rictty et aussi du P. edulisj on pourrait donc la nommer P. S. Var. odorata.
' Toutes ces plantes ont les tiges et le feuillage absolument semblables à celui du Pœonia sinensisj seulement elles m'ont paru un peu plus élevées : j'ai donc cru devoir ne pas en parler.
Au résumé, dans les semis de pivoines herbacées , et surtout dans cette catégorie , il est certain que jusqu'à présentM. Lémon a été le plus heureux; on peut l'en féliciter et désirer que ses belles plantes soient multipliées , afin d'être livrées au commerce et à Timpatience des amateurs.
Je fais observer encore que les dimensions , les couleurs et autres caractères que je viens d'assigner à ces nouvelles variétés , ne se trouvent ordinairement réunis que sur la fleur terminant la tige principale; celles des rameaux latéraux ne les présentent pas toujours. Jacques*.
Roses récemment obtenaes et décrites snr la deuxième ou troisième floraison.
Louise fbies. Hybride de Bengale. Ce rosier est d'une faible végétation ; ses rameaux sont grêles, légèrement coudés y armés d'aiguillons inégaux, presque droits; feuilles composées de cinq à sept folioles lancéolées glabres , à dentelure peu profonde et assez régulière. Fleurs nombreuses , parfaites , d'une forme arrondie ressemblant à la cent-feuilles ordinaire, disposées en corymbes. Pétales d'un beau rose vif éclatant; pédoncule garni de petites glandes, et tube du calice glabre. Cest une fort jolie rose d'une odeur syave et d'un aspect élégant.
Adalysa. Hybride de Bengale. Cette variété est d'une végétation ordinaire. Ses rameaux ^ presque droits et coudés, sont garnis de forts aiguillons épars et peu nombreux, entremêlés de plus petits qui sont glanduleux. Feuilles à folioles lancéolées cbez les unes, elliptiques dans d'autres, à dentelure régulière, peu profonde. Fleurs moyennes, nombreuses et bien faites , réunies en corymbes , à pétales d'une jolie couleur de cbair tendre et transparente , imbriqués à la circonférence ^ plissés inté-* rieurement. Tube du calice et pédoncule munis de petits poils glanduleux. Cest une charmante variété qui se distingue facilement parmi les autres.
Franchie. Hybride d'Âlba. Arbuste vigoureux à rameaux droits ; écorce lisse garnie d'aiguillons rouges inégaux très-recourbés. Feuilles de cinq à sept folioles elliptiques fortement dentées ; flôurs moyennes très-nombreuses disposées en coi*ymbe'. Elles ont une forme très-régulière ; les pétales sont
3i9 d'tiii beau fode clait*^ bien rangés, cordiforme», imbriqués à la circonférence^ plissés et roulés à l'intérieur. Le pédoncule est garai de petites glandes , et le tube du calice est glabre. Cette variété fort remarquable se distingue des autres par son port , ses fleurs nombreuses d'une forme gracieuse, et surtout par son coloris peu commun parmi les roses de cette tribu. Toutes trois se trouvent chez madame Sylvain Péan, fleuriste ^ aux Sourds -Muets, rue d*Enfer. Hardy.
Ulmaire LANCEOLEE. Spùwa lanceoluia. Com.
Arbrisseau à tiges droites de trois à quatre pieds et plus, noirâtres et se décortiquant; jeunes rameaux d'un vert glauque , teinté de brun ; feuilles alternes, lancéolées , pointues , profondément dentées ou incisées^ glabres, d'un beau vert en dessus, glauques blanchâtres en dessous; fleurs blanches, grandes, en corymbc pédoncule , formant des grappes de la plus grande élégance au sommet des tiges, qui, ployant sous le poids des fleurs, forment des demiguirlandes bien mieux disposées que si elles l'eussent été par k main de la plus habile fleuriste; elles épanouissent en mai et en juin.
Originaire de l'île Bourbon , elle fut apportée au Jardin des Plantes de Paris par notre ami et confrère Neumann, à son retour de cette colonie. Malgré cette origine inter tropicale, ce joli arbrisseau passera nos hivers en plein air sous le climat de Paris; pourtant je conseillerais d'en avoir toujours un ou deux itidif idus en oraiigerie pour parer aux pertes que des hivers rigoureux pourraient faire éprouver. Gomme ses congénères, on le multiplie de marcottes qui s'enracinent ordinairement dans l'année; on peut
encore le multiplier de boutures faites avec les jeunes pousses I pendant les mois de juin et juillet ; ces boutures doivent être étouffées sous cloches et sur couche chaude.
Ëpimède a grandes fleurs. Epimedium macran-^ Mwm. Decais., i856.
Petites tiges brunâtres, hautes de dix*huit à vingtquatre lignes y portant une fbuille ternée \ chacune des divisions soutient trois pétioles, ayant à leur sommet trois folioles , munies elles-mêmes de pétioles de trois à huit lignes de long; chaque foliole est cordiforme à la base, ovale, pointue, entière, munie de poils spinulescens sur les bords, glabre, un peu blanchâtre en dessous ; à la base du pétiole commun part un pédoncule simple, érigé, portant une grappe de fleurs grandes, d'un beau blanc, ayant un calice ouvert à quatre divisions , quatre pétales munis d'un éperon droit, long de sept à neuf lignes ; au centre quatre étaniines jaunes , un ovaire terminé par un style court à stigmate simple.
Cette jolie plante est originaire du Japon , et i^' est introduite en France que depuis peu d'années ; ou la cultive en serre tempérée , ou sous châssis froid, oÎL elle fleurit en avril et mai; on la multiplie par la séparation de sa touffe après que les feuilles sont desséchées ; les jeunes pieds fleurissent souvent la même année. C'est une bien jolie plante qui ornera la scène printanière, surtout, comme il est probable, si elle peut passer nos hivers en plein air; alors elle produira un effet charmant sur les bordures des plates-bandes de terre de bruyère ou ou devra la cultiver. Jacques.
PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE
Observations faites sur la végétation et sur la ^oraison prématurées de plusieurs végétaux y du \^^ novembre au 25 décembre i836.
Après quelques pluies survenues en septembre et en octobre^ la terre se trouvant suffisamment imbibée^ la température étant égale et douce, les végétaux commencèrent à pousser avec vigueur de nouveaux bourgeons^ et une sève abondante se porta dans toutes les parties , phénomène qui n'avait été que très-lent pendant le cours des chaleurs, surtout à cause de la sécheresse du sol.
Au moment oii toutes ces plantes avaient acquis leur vigueur et leur entier développement, les vents tourîièrent au nord, et bientôt là neige et quelques gelées, qui survinrent du i*^"^ au 6 novembre, firent cesser cette belle végétation en obligeant la sève à redescendre précipitamment dans les racines.
Parmi la plupart des végétaux qui avaient ainsi poussé de nouveaux rameaux, plusieurs n'étaient pas encore aoûtés et beaucoup étaient en herbe. Août 1837. 21
Dans ce nombre se trouvaient les -plantes exotiques» tant ide pleine terre que de serre tempérée; car, il faut le dire ^ ces dernières ^ à cause de la douceur de la température , n'étaient point toutes rentrées dans les serres et furent en grande partie atteintes de la gelée par leurs extrémités. Ce premier hiver cessa tout à. coup , et nous eûmes par suite une élévation de température qui dura jusqu'au aS décembre. Pendant ce laps de temps , plusieurs espèces exotiques ligneuses et herbacées, dont la sève n'avait cessé de circuler que momentanément, reprirent un nouvel essor; les tiges et bourgeons qui n ayaient été gel.és que supérieurement avaient donné lieu au développeinent des boutons et yeux dormans qui se trouvaient dans la longueur des tiges. Us poàsâèredt bientôt, coànae ils l'auraient fait au printemps , un grand nombre de bourgeons adventifs dont plusieurs s'allod^ëretit de 3 à 5 pouces. VUrtica nivea^ Limn. , en a fourni un exemple. La NicoUana et beaucoup d'autres épanouirent leurs fleurs comme à leur époque naturelle.
Cette précocité , pour quelques espèces 'que je vais citer, s'est déjà présentée , depiuis trois a!ns , dans plusieurs Iris. Toutes les nouvelles, pousses du Jasminum frùticans ^ développées par cette seconde sève, étaient terminées par deâ fleurs qui se sont parfaitement épanouies ; le Caljrcanthus prœcox (L. ), qui ne fleurit ordinairement qu'en janvier, février ou mars , était en pleine fleur depuis les premiers jours de décembre eC répandait une odeur des plus suaves. Les Sjrringa persica et laci-nata montraient aussi leurs thyrses fleuris.
Le Ceanotims americanus , ^pe cwruleo , Irèsn Jb^Ue hybride des Ceanoihus americanus et azureas, dont il réunit les caractères et dont 1 es fleurs paraissent en juin; était' aussi en pleine floraison dans le cours de décembre; seulement \fi couleur de ses fleurs était plus pâle. Cette plante charmante se fait rechercher par son port et sa rusticité y [lelégance de ses |*ameaux' terminés par des fleurs nombreuses. . Les Uiex europœus ( L. ) , Ulex europœus , Jloreplenoj vel Nepalensis (Noisettb), faisaient dans cette saison un très- bel efiet; ÏHedera' arborea (HoRT.) était aussi en pleine fleur.
Les Lonicera balearica ( H. P. ) , vel 'implêxa ( H. K« )> développaient chaque jour de nouvelles fleurs ; la CorôniUa glauca (L;) formait, dans tous les jardins, oiielle est cultivée en pleine terre, de superlies buissons fleuris. Il ^en trouvait un pied, au Jardin des Plantes de Paris, cultivé depuis iSaS, qui était en pleine fleur depuis le mois d'octobre ', et formait un buisson magnifique de 7 pieds- <le haut.
Plusieurs Yucca gloriosa (L. ) , livrés à la pleine terre, ont aussi développé pendant ce temps leurs belles panicules de fleurs qui se sont parfaitement épanouies , mais d autres fleurs plus tai*dives n'éinient point entièrement ouvertes a la fin de décembre : elles n'ont pas pu supporter les gelées. Un pied de Tritcfma média {Aletris sarmenjtosa) a vu ses fleura se succéder pendant trois mol»; il a jeté pendant ce temps quinze tiges de deux à trois pieds et demi de longueur.
Je vais maintenant parier des plantes vivaces ou herbacées qui ont également fleuri à cette époque ;
YAljrssum deltoïdeum (Linn.), velÂubinetia delioïdea (De C), XAubrielia columnœ (H. P.), les Draba rcpens^ etc. , étaient fleuris comme au mois de ma»; le Phlox vema offrait aussi ses belles et grandes corolles d'un violet pourpre. Les Iris lutescens,pumila, cœrulea, tri/lora, flavissimafèidlent dans leur seconde floraison; leDoronicum caucasicum (MkKscn.) montrait aussi ses grandes fleurs jaunes radiées ^ ce qui ne Ta pasempêché de marquer fleurs en février. Dans les petits jardins on remarquait beaucoup de variétés fleuries deCheiranthus annuu^ et grcecus , deChr^santhemum coronariumjlore pleno^ etc., etc. Mais ce que j'ai vu de plus remarquable, c'est, pour la première fois pendant le mois de novembi^ et décembre, le développement d*une fleur de Papaver orientale (L.) , appelé vulgairement pavot de Tournefort : cette belle fleur terminale et solitaire était portée par une tige feuillée qui ne s'est élevée seulement que de sept à huit pouces , tandis qu'à l'é-poque naturelle de son développement elle atteint dix-huit pouces à deux pieds. Cette plante, qui fleurit en avril et mai , perd peu de temps après toute sa végétation; cette année elle avait soufiert pendant les sécheresses, et lorsque les pluies et la température douce de l'automne sont arrivées, elle a végété de nouveau avec vigueur, et telle est l'influence du phénomène que je signale» qu'elle force quelquefois beaucoup de végétaux à fleurir trois et quatre mois trop tôt, et nuit singulièrement à quelques espèces délicates.
Au reste , ce moyen naturel est employé artificiellement par les jardiniers fleuristes pour activer Ou pour retarder la floraison de végétaux intéressant.
comme les Orangers, les Rosiers^ etc. Cependant le froid arrivé sur la fia de décembre a tout à coup arrêté cette étonnante fécondité : Ton remarquait déjà, à celte époque, plusieurs végétaux indigènes qui allaient développer progressivement leura bourgeons ; pour ces derniers, cette interruption ne leur est pas aussi funeste qu'aux espèces exotiques dont la dernière végétation , plus vigoureuse que celle de Tété même, avait dilaté les pores, et qui , forcés de les resserrer tout à coup, ont eu leurs écorces fendues longitudinalement sur les tiges et branches ligneuses.
Ce premier hiver cessa le 6 janvier, et les espèces ligneuses à bois mou, telles que les Cassinia spectabilis , Senecio venustus , lilacihus , reclinatus , rigidiisj Hermannia denudata f angularis ; Hibiscus manihoty Melianthus major j Lavaiera olbta , mari" tima; Chrysocoma coma aurea^ Solanum bonariense^ sisjmbriœfolium , furent entièrement gelées , ainsi que plusieurs autres analogues qui avaient supporté dans les premiers jours de novembre deux à trois degrés de froid, sans être altérées d'aucune manière, et qui auraient pu supporter au moins- un ou deux degrés de "^M&.Xj^Coccocipsilum violaceum du Brésil , que l'on avait risqué en pleine terre, a supporté deux et trois degrés au-dessous de ^éro. Il était encore vivant le 16 décembre.
FÉViK.
3a6 tiORTlCULTURE.
JARDIN FRUITIER
Moyens de réparer dans quelques arbres à fruits a noyaux les dégâts occasionnés par les intempéries du printemps de jS5j .
. < A la suite du long hiver de i856 à iSSy, quel-» ques jours d'une douce chaleur sont venus réveiller la végétation y et les froids qui leur ont succédé ont produit d'autant plus de ravages sur les arbres et arbustes que ceux-ci avaient été plus sensibles à cette influence printanière. Je vais signaler ici les dégâts causés par cette intempérie sur les pêchers , les abricotiers et les pruniers^ dont la culture est importante a cause de leurs fruits si précieux dans l'économie domestique, et j'indiquerai aussi les moyens les plus eflBcaces pour réparer le dommage. ^ Ces arbre&y' excités par l'élévation momentanée de la température y étaient en fleur ou prêts à fleurir au moment de la. reprise du froid qui eut lieu vers la fin de février^. Surpris dans cet état par un refroidissement subit, ils y sont restés exposés pendant. prësde sixjsemaines. Aussi les ovaires, malgré i'espèce d'abri que leur ont procuré le calice et les pétales, ont presque tous été gelés* Plusieurs branches même ont été frappées de mort. Ces accidens sont faciles à expliquer par la présence dans tous les rameaux de la sèvô élevée par la chaleur et le développement des bourgeons, et qui les avait attendris et dilatés. Le brusque abaissement de la tempét^ture, en gelant immédiatement les sommitéé hu-
tnjûctées de sève, a arrêté l'ascension de celle-ci, qui s'est accumulée dans les parties inférieures et en a brisé les tissus. Le désoixlre qui en est résulté a produit la cloque, la destruction de plusieurs branches , et la mort de quelques individus.
Cette intempérie à peu près générale a causé de grandes pertes pour les cultivateurs de ces arbres précieux, et |e village de Montreuil, dont le pécher, cpname on le sait, fait la principale richesse, a considérablement souffert. En effet, outre la perte énorme résultant du manque absolu de fruits, presque tous le3 pêchers en plein vent ont péri ; et parofii ceux en espalier auxquels on prodigue tant de soins, parce que leurs produits sont infiniment meilleurs et plus abondans, on a vu des mères branches et sous-mères entièrement détruites après que les bourgeons développés sur les yeux combinés pour leur prolongation ont succombé sous faction de la gelée.
La cloque a particulièrement affecté les pêchers pendant ce malheureux printemps. Tout le monde connaît cette maladie et ses effets. On sait qu'elle attaque de préférence les bourgeons et les feuilles naissantes. D'abord presque imperceptible, il faut de l'attention pour la. reconnaître dans un point rouge-brun qui se montre plus particulièrement sur le sommet des feuilles et des bourgeons. Bientôt ce point augmente ; le vert des feuilles prend une teinte jaunâtre , elles-mêmes se boursoufflent et se crispent à mesure que la taché s'étend , et enfin , après être à peu près entièrement envahies , elles tombent. Les bourgeons frappés de la cloque se tuméfient, la sève cesse peu à peu d'y affluer; une
tache semblable à la rouille descend et se propage, . et ces productions fragiles se dessèchent et menèrent. Bien henreux lorsque la mortalité ne s'étend pas comme cette année aux jeunes rameaux qui les ont émis , et même aux branches qui les supportent!
Les causes qui produisent la cloque ne sont pas aussi bien connues que ses caractères , sa marche et ses effets. Les uns prétendent que son germe se propage par la greffe , les autres qu'elle résulte d'une mauvaise exposition , ceux-ci de la maigreur et de l'humidité froide du terrain oii les arbres sont plantés. Je pense avec notre collègue M. Dalbret , auteur du Cours théorique et pratique de la taille des arbres fruitiers y qu'elle a pour cause principale les brusques variations de température accompa* gnées de pluie froide et de coups de vent, à l'époque surtout du développement des premières feuilles qui n'ont pas encore eu le temps de s'endurcir au contact de l'air. Ce qui semble démontrer la justesse de ce raisonnement, c'est que la cloque se montre abondante pendant les printemps froids et humides comme celui de l'année qui s'écoule.
En réfléchissant sur cette maladie, on est conduit à l'attribuer au désordre occasionné dans les tissus de la feuille par une suppression de transpiration; voici, selon moi, l'explication de ce phénomène. Les feuilles, pour se développer au printemps, ont besoin d une douce température. Si pendant ce travail naturel il survient une variation brusque dans l'atmosphère qui abaisse le mercure d'une façon sensible, ces organes encore délicats se contractent, et l'ascension de la sève est suspendue. Pour peu que ce froid se prolonge, il y a dessèchement dans le paren-
chyme , lequel commence toa jours par le sommet de la. feuille si elle est verticale, ou par sa partie la plus élevée si elle affecte toute autre position ; car alors la vie végétale étant atténuée , le fluide séveux se comporte mécaniquement sous Tempire des lois de la pesanteur. Le point qui le pi^emier se dessèche prend une teinte plus ou moins foncée de rouille, comme celle que toutes les feuilles acquièrent à la fin de l'automne quand la sève commence à se concréter et n'arrive plus jusqu'à elles. Si au contraire le froid n'a qu'une courte durée et se trouve .immédiatement remplacé par une température chaude, la sève irop subitement rappelée sifflue avant que la contraction des feuilles ait cessé, brise les fibres de leurs tissus, et détruit ce*s organes im* portans. Une pluie froide aggrave encore le mal , surtout lorsque ses gouttes \'iennent frapper les feuilles avec la puissance^de leur propre poids aug* raentée de toute la vitesse du vent.
Dans les localités oii quelques arbres seulement sont affectés de la cloque, il faut toujours en rapporter la cause à ce que je viens de dire, en tenant compte et des modifications qui résultent de l'état delà vie végétale dans chaque individu, parce que son activité rend le sujet moins sensible aux intempéries, et des accidens que produit un rayonnement partiel qui peut souvent avoir lieu sous un ciel nuageux où des éclaircics concourent à le favoriser.
Cette explication me paraît propre à justifier la nécessité des auvens comme moyen préservatif capable de neutraliser Faction des pluies froides et les effets désastreux du rayonnement. Déjà à Mon-
treuil lei cokifrtCeii» tcngneux en emploienl pour lears etpaliers esposés au couchant ; mais je les conseillerai encore pour les expositions de l'est et du sud y car sous notre climat variable il y a eu cette année des pêchers cloques à toutes les expositwMis.
Lorsque la cloque étend sesisavages sur un pè-t cher, il ne faut pas la laisser mûrir comme le pré-* tendent quelques cultivateurs ^ c'est-rà-idire attendre que les feuilles desséchées tombent d'elles-mêmes , parce qu'alors les arbres, affaiblis par cette maladie qui gêne lacirciilation de la sève> deviennait la proie du blono otkmeunierr qui se propage rapidement à cause de leur état de souffrance* Il faut au contraire s'empresser (feretrandier tout ou partie des feuilles, de pincer les bourgeons et de rabattre les petites branches que 'la cloque a frappés. Ces^ diverses 4>pérations») d4^at les4eux dernières exigent une^ande habitude de la taille, ont pour effet/ d'empêcher la cloque de se propager autant, en rendant les arbres plus vigoureux- et conséquemment moins sensibles . arux causes qui la produisent; de finira passer.au profit des bourgeons réservés pour l'année prochaine la sëve que les parties malades aui*aient absoi*bée avant de* périr, et de sauver enfin tous les yeux sur lesquels on rabat et que la cloque en s'étendant aurait inévitablement détruits. De cette bçon on sauve tout ce qui est susceptible de J'étre, et on sacrifie sans hésitation tout ce qu'on ne peut eon-server sans courir la chance de compromettre quelques ressources précieuses*
> Il : est plus difficile et bien plu» long de réparar dans les pêchers la perte d'tane màre*branche, ou
d'une sous-mère; cependant, pour gagner du temps, il faut agir avant lepoque de la taille. Du 1 5 au 20 de juin jusqu'aux premiers jours de juillet, le moment- est propice pour rabattre toute la partie morte sur le vif et prés d'une branche ancienne ou nouvelle bien pdi-tante et dont hi 'disposition est conVettalAe pour la faire servir auTemplàcement de celle sup|>riifaée. Pendant la taille eiï veirt qui a Ketr en même temps, on favorisé son déviéloppement par un palissage qui lui laisse plus -dô.Kberté, et qui gène davantage les branches avec lesquelles on désire l'équiKbrer; et* qucpar cette riiison il'faut retarder/ Par ce procédé bombiné avec intdligeooe quant aux ressburces que présente le sujet , et pratiqué à l'époque que j'ai indiquée et pendant laquelle lasëvé jouit de toute son activité , on ac« célère d*un an la réparation du dommage. On a soin, pour empêcher une perte de ^ëve, d'enduire la surface de totites les plaides avee delà cire à greffer ou derotaguéhtdeSàtût«)Fiacre. Il convient de surveiller le sujet sur lequel on a opéré ces retranchemens. il peut arriver qiie dé nouveaux rameaux percent suirMes andénnes branches et leur nuisent par an développéihent trop vigoureux; en pareil 'cas il faut les rabattre ou lés retrancher entièrement, <Si* Ton juge à propos d'en conserver, il faut avoit^ lesom, dans le cours dé l'année, de pincerf extrémité de ceux qui s'emporteraient, afin de faire 'mieux-aoûtcr le bois des branches voisines ou'qmies supportent, cîÊu* sans cette précaution elles deviendraient >Ianjgfuissanted. . • p .
L«!s pêchers en plein vent qui ont le mieux ri* sisté ftu désastre n^eh oht pSas m'ôinh ' |ierda nhe
grande partie de leurs branches , surtout les infe* rieures ^ et celles qui restent n'ont des feuilles qu'à leur extrémité. Le meilleur moyen qu'il convienne d'employer en pareil cas est aussi de supprimer à l'époque que j'ai précisée ci-dessus toutes les branches mortes , et même les jeunes branches languissantes et maigres, poui*vues seulement de trois à quatre feuilles , mais qui offrent des bourgeons à leur base. Cest sur le mieux disposé qu'il convient d'opérer cçtte taille. On pratique aussi en même temps la taille en vert , qui , forçant la sève à se répartir également dans toutes les parties conservées, rend la végétation plus égale et rétablit entre toutes les branches un utile équilibre de vigueur. Les abricotiers qui ont le plus souffert sont ceux en plein vent , dont la plupart sont morts ou ont perdu les. deux tiers de leurs branches. Ceux en espalier ont mieux résisté que les pêchers; mais dans quelques jardins, parmi ceux élevés en gobelet, en contre-espalier, etc. , plusieurs ont perdu des branches.
• Au nombre de ceux qui ont résisté en pleiu vent , il en est beaucoup qui végètent à peine. Dans une pareille circonstance on doit pendant la seconde quinzaine de juin supprimer tout le bois mort jusqu'au vif. Gela n'empêche même pas toujours qu'au printemps suivant on soit obligé de rabattre sur les mères-branches. En général et à tort on attend trop tard pour recourir à ce moyen extrême. Cest pourquoi il n'est pas rare de voir des arbres énormes dont la moitié des branches sont dans un état de langueur tel qu'elles ne peuvent rien produire, et cependant elles absorbent une certaine quantité
de sève qni 8e distribuerait utilement aux branches productives et à leurs fruits. Il en résulte que ces. derniers sont toujours petits^ sans saveur^ ont la peau couverte d'aspérités et sont à peine bons k faire des marmelades.
Les pruniers ont aussi perdu beaucoup de branches, et plusieurs sont morts, excepté les pieds cultivés en espalier. Cependant, en général , ils ont moins souffert que les pêchers et les abricotiers , sans doute parce qu'ils sont plus rustiques et que leur floraison a lieu plus tard. Pour réparer les pertes occasionnées par des intempéries comme celles du printemps dernier, il faut employer des moyens analogues à ceux que je viens d'indiquer.
• PÉPIN
Mastics imperméables pour induire les plaies^ am-^ putaiions , greffes en fente et autres opérations pratiquées sur les arbres.
Ayant eu occasion dans l'article précédent de parler de l'onguent de Saint^Fiacre et de la cire à greffer , et plusieurs amateurs nous ayant demandé la composition de ces ingrédiens, je crois être utile en la consignant ici.
Onguent de Saint" Fiacre. — On prend de la bouse de vache que l'on délaie dans de l'eau , et on y ajoute ensuite de la terre glaise ou normale , selon les localités. -U faut autant de bouse de vache que de terre glaise. Ces substances , après avoir été bien mélangées, doivent avoir la consistance du mortier.
J'ai remarqué dans quelques départemens que la plupart des arbres greffés étaient enduits d'argile
dans laquelle oo avait mis mal à propos une certaine quantité de foin haché plus ou moins grossièrement. Cette iTtéihode est vicieuse, parce que le foin favo-* rise rinfiltration de Leau qui délaie la terre, la fait tomber et cause le plus souvent la perte des greffes, - î « »
Mastic employé iljraiSou i&nns sous la direc» (ign de,WA. Thouin e/ Desfontaines. Dans un vase 4^ /;errç vernissp, ou. mieux dans une marmite de fontQy.on jette un quartjçron de brai ou poixnoire, un quarteron de cire jaune , un quarteron de poix |;^anche,pu de Bourgogne, un quptrteron de poix r^ine et le quart d une chandelle. On met le vase sur,lç|(p.u, e(,Qn ;*eniue sans cesse le mélange avec une spatule jusqu'à parfaite fusion des substances.
Cette composition s'emploie à chaud , aussitôt que la chaleur l'a rendue malléable et qu'on peut y toucher avec les doigts sans se brûler.
Autre mastic plus nouveau et sers^ànt aua: mêmes usages. On met dans un vase semblable au précédent, et on fait fondre et mélanger ensemble de la même manière , les substances suivantes :
Une livre de poix blanche ou de Bourgogne, quatre onces de poix noire ou goudron, deux onces de poix résine, deux onces de cire jaune ordinaire , demi-once de suif de chandelle.
On l'emploie de la même manière.
• Mastic qu'on peut employer à froide On fait fondre ensemble* et par portion égale die la poix de Bourgogne et de la térébenthine; quand la fusion est opérée , on verse le mélange dans un Tftse rempli d'eau froide, et on le pétrit avec les
manift. On le conserve dans llesau, et 4|uaBd on veut remployer il suffit de le malaxer pour le xBtiâSte pTopfe à l'usage qu'on lui ^eslîoe.
' L'emploi 'de toutes ces^coflapositions a été raconnu nécessaire dans les diverses amputations .qu'on fait subir aux 'arbres pour garantir les parties opé- • rées de Faction desséchante de l'air et de Finfluenoe 'aussi pernicieuse de la pluie, qui, en pénétrant par les coupes, pourrait occasionner la pourriture.
Lorsque les amputations sont considérables , on recouvre l'onguent de Saint*Fiacre d'une toile im* |)eraiéable , ou de mousse dont on forme une espèce de poupée à l'entour. Pépin*
,Mojren (ie^ garantir de la gelée le Mûrier 't .. multicaule. , ^
Depiïtè l'iniroduction en France du Mûrier mtïlticaule, beaucoup de plaintes se sont élevée» contre Ihi, relativement suitout à sa sensibilité à Itf {^elée, c}uî, frappant d'abord les sommités des branches, détruisait celles-ci etitiërement en faisant descendre là mortalité jusque sur le collet. Bien qu on ait i^ti^terqué qu'au printemps suivant de nouvelles jifôùsses repérçaieût avec viguem* dé ce coHet et s'élevaient souvent à six ou huit pieds , il restait toujours l'inconvénient de ne pouvoir pas tirer 'de 'cet arbre uAe récolté abondante dé feuilles, dexoir souvent ses rameaux printauiers atteints par' les gelées tardives, et enGn de parvenir difficilement k , l'élever a tige.
J'ai déjà, dans un article consigné page 1 5 de ces Annales, année 1 854 -i 855, indiqué le moyen dont il va être question comme préservant très*
bien de la ge^ée le Mûrier multicaule. Mais comme il vient d'être pratiqué en grand et confirmé par Texpéricnce, je crois devoir le rappeler ici^ le^ meilleures choses c^yant souvent besoin d'être répétées avant d'être adoptées.
M. Rocheforty jardinier auprès d'Avalon (Yonne), et qui s'occupe avec zële d'élever des mûriers, m'a communiqué les faits suivans. Il avait planté une certaine quantité de ces mûriers en bonne terre de potager dans une situation basse et abritée , et un grand nombre aussi sur des coteaux élevés et de nature calcaire. Les premiers, beaucoup plus vigoureux et qui lui avaient donné des feuilles de treize pouces de large sur vingt de longueur, ont tous péri par la gelée , tandis que ceux placés en terrain élevé, bien moins développés, ont souffert en grande partie, mais se sont cependant montrés plus rustiques.
Réfléchissant avec raison que la cause qui pouvait rendre les tiges de mûrier si sensibles à la gelée était produite par une sève trop abondante et qui s'opposait à leur aoûtement, il abandonna ses cultures en terre profonde et humide et donna tous ses soins aux autres mûriers. Enfin, pour assurer leur conservation et forcer les jeunes pousses k s'aoûter, il en pinça les sommités après la sève d'août dans le courant de septembre. Par cette pratique fort simple, ses mûriers résistent à la gelée, et au printemps leurs nouveaux rameaux se développent plus tard et sont moins en danger d'être détruits. Il y trouve §n outre l'avantage de leur faire produire des feuilles plus développées et d'un parenchyme plus substantiel.
U est d'ailleui's certain (jae ce sont les terrains légers, peu humides, graveleux ou sablonneux, bu composés d'une terre végétale mêlée avec des dé-r combres, qui fournissent aux mûriers la végétation la plus convenable à la bonne qualité de leurs feuilles, parce qu'ils ne peuvent y puiser une sëve trop aqueuse et trop abondante pour qu'elle puisse être élaborée parfaitement. Il est certain aussi que les mûriers veulent une exposition aérée et élevée. Enfin Topération du pincement, en supprimant les sommités des rameaux, qui sont les parties les plus tendres, et par conséquent les plus sensibles , force le reste des tiges à s'aoûter, et offre moins de prise jk la gelée V Pépiî/.
PLANTES D'ORNEMENT
Noui^elle manière de conserver la vie des plantes pendant les voyages de long cours.
La méthode suivie jusqu'alors pour transpoi*ter des contrées d'outre-mer en France des végétaux en parfait état de santé ', était presque impraticable ', par les nombreux obstacles qu elle rencontrait. Il fallait 9 d'abord, qu'ils fussent accompagnés par un jardinier chargé du soin de leur conservation ; il fallait embarquer l'eau nécessaire à leur arrosement , que la chaleur des climats à traverser exigeait impérieusement , et le moindre accident pouvait tout faire perdre ; car les marins , avec juste raison , n*auraient pas consenti k se priver de leur eau pour sauver des plantes dont ils ne sont guère en état d'apprécier le mérite. Il n'appartient qu'aux hommes voués de passion à la culture de consent' Août 1837. 32
tir à un tel sacrifice. Aussi rhisUûre botanique con8erve-t*elle le nom de M. deClieux» qui.porta de France à la Martinique un pied de caféier avec lequel il partagea , durant une travei*sée pénible , sa faible ration d^eau devenue rare à bord.
Aujourd'hui, grâce à l'invention du docteur Nath* Vardy de Londres , tous les obstacles n existent plus, et nous avons lieu d'espérer quil ne se fera aucun voyage sans que quelques plantes vivantes nous soient apportées ; aucun prétexte ne pouvant emr pécher les bâtimens, quels qu'ils soient, de se charger de ce transport.
L'invention dont je viens de parler consiste dans une caisse disposée de façon à conserver vivantes les plantes qu'on y renferme ; le succès dépasse même tout ce qu'00 espérait , car l'auteur annonçait qu'on ne pouvait transporter ainsi que les épiphytes et les plantes d'une nature charnue. Cependant le Muséum d'histoire naturelle vient de recevoir une caisse pareille expédiée de Calcutta par le docteur Wallich , et dans laquelle les végétaux de diverse nature se sont trouvée en parfait état de santé , bien que le voyage ait duré cinq mois. Parmi ceux-ci , je citerai trois plantes herbacées vivaces , savoir : Le pucha^poul de Pinang ou patchouli , le ihunbergia hautajrneana et le hi' tchinia glauca^
Je vais essayer de donner une description aussi exacte que possible de cette caisse , et il serait à désirer que tous les bâtimens qui font des voyages de long cours en eussent k bord pour enrichir notre pays des productions exotiques que nous ne possédons pas encore.
La caisse arrivée de Calcutta a trois pieds de longueur, dix-huit pouces de large , et deux pieds et demi de hauteur. Elle est formée en bois de teck, qu*ou peut regarder comme l'équivalent du chêne , d'un pouce d'épaisseur, et toutes les pièces sont assemblées k rainures. La partie inférieure est pleine ; c'est un encaissement de. sept pouces de profondeur à partir du fond. 11 est formé par qua* ire planches, dont. les deux des bouts plus étroits forment des pieds, parle moyen d'une écbaucrure à leur centre , afin de soutenir le fond k deux pouces d'élévation environ, pour que l'air et l'eau puissent circuler dessous. Bien que je fond soit aussi assemblé à rainures , il porte sur deux forts tasseaux qui t'empêchent de gauchir par l'humidité de la terre dont il est chargé. La partie supérieure a la forme d'un toit aigu , dont les deux grandes faces sont k panneaux vitrés , tandis que les deux plus étroites sont pleines et ne sont que le prolongement des planches qui ferment les deux bouts. Les deux panneaux vitrés sont faits de manière qu'il y ait autant de bois que de carreaux ; ainsi , les traverses qui les supportent ont la même largeur que les vitres : le verre le plus épais possible , les glaces même sont préférables. La petite dimension de ces carreaux est nécessaire afin de pouvoir les remplacer si un accident en faisait casser un , car on trouve plus facilement, à bord> des carreaux petits que des grands. Les deux panneaux sont taillés à rainures en dessous et de trois côtés ( c'est le supérieur qui ne Test paaf ) , de façon qu'on les emboîte sur les languettes réservées sur les bords des petits côtés et de la planche qui forme l'encaissement. Par ce
moyen , ils ferment parfaitement. Les carreaux doivent être contre-mastiqués , afin qu'une lame d'eau frappant sur le pont, où se trouve la caisse , ne puisse avoir assez de force pour en faire pénétrer une portion à l'intérieur. Un fort grillage, destiné a empêcher qu'aucun corpsétranger ne vienne frapper sur les carreaux, couvre les deux panneaux, dont il doit être éloigné de quatorze lignes ; deux fortes poignées en fer sont 'solidement fixées aux deux extrémités de la caisse pour la rendre transporCable vt pour pouvoir l'amarrer sur le pont.
C'est en effet là qu'il faut qu'elle soit placée, afin que les plantes qu'elle renferme jouissent d'un peu de lumière, et pour que d'un autre côté l'eau de la mer n'y pénètre pas à la longue , ce qui arriverait avec le temps si on les déposait à fond de cale* Aussi, pour ne pas contraster avec la propreté qui règne sur cette partie du navire et plaire aux capitaines , est-il nécessaire de faire peindit; à l'huile le dehors de ces caisses.
Voici comment on range les plantes dans cette caisse : on dépose sur les planches du fond un lit de terre franche que l'on a bien soin de mouiller; on lui -donne une épaisseur de douze à dix-huit lignes, selon les objets que l'on veut y mettre. Il est bon de faire reniarquer que , pour la conservation des plantes, il est nécessaire qu'elles soient empotées ou dans des petits paniers de bambou que l'on trouve facilement aux colonies. 11 ne serait pas convenable de les planter dans la terre même, parce que les racines s'entremêleraient et qu'on serait forcé k leur arrivée de les retirer une à une et à racines nues, ce qu'il est important d'éviter. Celles
54i que nous avons reçues étaient dans des pots. Il en tient de vingt à vingt-cinq dans une caisse de cette dimension. On les pose sur le lit que l'on a préparé, on les chausse tout autour de terre et on les en couvre même d'un pouce ^ afin qu'il y ait partout une suffisante somme d'humidité. On peut mettre sans crainte entre les pots des graines de palmier qui ne manquent pas de lever en route. On mouille convenablement le plus près possible du moment du départ.
On ferme alors hermétiquement la caisse en fixant les panneaux avec des vis , afin qu'on ne puisse l'ouvrir avant son arrivée. Espérons que les douaniers, qui pourront voir dans l'intérieur, a travers les carreaux, n'exigeront pas l'ouverture de pareilles caisses» cai* alors tout serait perdu. En efiet, il ne faut pas que l'air puisse y pénétrer, et on doit bien s'en assurer ; cai* s'il existait un passage y soit par un trou, soit par une fente, le succès de lentreprise serait compi*0mis.
On affirme que des plantes rangées de cette m;inîère peuvent vivre pendant un an. Getle assertion ne surprendra pas les cultivateurs habitués à faii*e des boutures, car il en est peu qui n'aient pas eu l'occasion d'en tenir plus d'une année sous cloche, avant d'obtenir leur reprise qui, réussissant ensuite, prouve évidemment que la vie végétale ne s'était pas éteinte. Dans le cas présent, on conçoit que les végétaux ainsi enfermés et vivant dans une atmosphère peu étendue , calme et invariable dans sa température, n'éprouvent presque aucune déperdition. La végétation est à peu près insensible , mais la vie se maintient égale dans toutes les parties de
la plante, parce qu'aucune d'elles n'éprouve Tin* fluence d'un agent différent ; seulement il faut de grandes précautions pour les ramener à leur état naturel après leur arrivée. A peine un panneau est-il ouvert qu'elles se fanent , et ce n'est qu'en les habituant peu à peu au contact de l'aire à peu près comme on le fait pour les boutures étouffées, qu'on parvient à rendre à leurs organes assoupis la faculté de remplir leurs fonctions.
Avant l'arrivée de la caisse de M. Wallich, M. de Mirbel en avait déjà fait confectionner trois, dont deux remplies de plantes ont été expédiées pour la Nouvelle-Ch*léans. Probablement ce professeur, qui, dans une séance académique, a indiqué les meilleurs moyens de conservation des plantes à l'occasion du nouveau voyage qu'entreprend le capitaine Dûment d'Urville , a recommandé l'emploi de ces caisses , comme étant d'un effet assuré.
MM. Gels frères, qui adoptent avec empressement tous les moyens d'étendre les relations horticulturaies et d'enrichir notre pays de nouvelles acquisitions, viennent d'expédier pour Calcutta une semblable caisse pleine de plantes que leur jeune frère, qui Taccompagne, est chargé de présenter à M.Wallich. Le Muséum d'Histoire naturelle lui en a également confié une pour la même destination. Elle a été construite avec tout le soiii possible et les perfectionnemens indiqués par l'expérience.
Pendant que je m'ocoupe du transport des plantes de pays éloignés , je rappellerai un procédé indiqué par M. Fischer de Saint-Pétersbourg, dans une lettre adressée à M. de Mirbel , qu'il dit être employé par im jardinier nommé Luschnath.
On dispose au fond d'une forte caisse une couche de terre glaise trës-mouillée , et à laquelle on donne une épaisseur égale; on range horizontalement sur cette crache de jeones phintes ligneuses dont on a supprimé toutes les feuilles; par-dessus on étale un nouveau fit de terre glaise^ à peu près de même épaisseur, et on la bat fortement pour la faire serrer parfaitement contre la première et ne laisser point d'aîr autour des végétaux. On remplit successivement la caisse dans le même ordre et en battant toujours là terre glaise avec de forts marteaux en bois, au point de faire jaillir l'eau qu'elle contient. En privant ainsi la terre de son humidité superflue, on peut y introduire toutes sortes de graines que Ton stratifié habituellement , et dont la faculté ger^ minative reste suspendue à cause de la privation d'air, ou du moins est beaucoup plus lente à se développer.
* C'est par ce moyen que des plantes ligneuses ont v\é envoyées de Rio-Janeîro à Saint-Pétersbourg , et ont parfaitement repris, et qu^on y a ainsi acquis pfnsieurs espèces qu*on n'avait pu obtenir par d'autres moyens. On est certain que des plantes ainsi expédiées peuvent reprendre après cinq mois de traversée. Dépareilles caisses, disposées de façon h ce que Thumidité extérieure n'y pénètre pas , peuvent être mises a fond de cale. Ce n'est pas sans intention que je le dis| mais bien pour éveiller le zèle des marins et leur prouver qu'ils ne seront plus excusables de ne pas s'occuper dans leur voyage de rapporter de nouvelles plantes à la mère-patrie.
Neumann,
PLEINE TERRÉ
VERBASGUM, LiH. BiEB. LoDD. H. Brit. Pentm^ drie monogynie, Lm. Solanées , JussiEU.
Caractères génériques. Galice 5-fide; corolle mo' nopétale b cinq lobes , en roue, un peu inégaux ; cinq étamines souvent barbues ; un style persistant épaissi ; capsule ii deux loges , à deux valres; semences nombreuses arrondies.
MoLÈNE COMPACTE , f^erbascum compacium y Bier. LouD. Hort. Brit. (Voyez la planche. )
Plante annuelle ou bisannuelle ; feuilles radicales pétiolces , ovales, obtuses, grossièrement crénelées sur les bords, bullées ou gaufrées , d^un gros vert^ munies en dessus et en dessous de poils courts et étoiles; ces poils deviennent laineux sur le pétiole et la nervure moyenne; les caultnaires amplexicau^ les et conformées comme les premières; tige de deux à quatre pieds, rameuse, abondamment munie de poils blancs rameux et laineux , terminée par de longs épis dé fleurs dont les calices sont sessiles, ayant à leur base trois bractées, semblables aux folioles calicinales; celles-ci, au nombre de cinq, sont lancéolées, acuminées, plus longues que les ovaires, abondamment couvertes, ainsi que les bractées, de poils laineux ; corolle grande ( dix-huit à vingtdeux lignes), d'un jaune citron, à fond d'un pourpre brun ; cinq étamines à filets de la couleur da fond, et munies de poils de même couleur, les trois supérieures plus com*tes à anthères velttes f les deux inférieures à anthères glabres; ovaire arrondi, entouré par le calice, blanc et très-coton^
MOLK NK C ()\l Py\( TK
Vorbascuni oomparluin
KKTxHIK VKSICULKUSE
llilù
HCIM VCmCATlUK.
neux ; les pétales eux-mêmes sont munis de poils blancs et courts en dessous.
Originaire delà Tauride^et cultivée en Angleterre depuis 18^0, elle ne Ta été à Paris que vers i855^ où je Tai vu chez M. Madate , rue Rousselet-Saint- Germain» et la même année au Jardin des Plantes; la fleur est grande et se fait remarquer par son fond bruUé On peut'semel* cette plante tous les ans au printemps, alors souvent elle fleurit la même année , mais les graines ont quelquefois peine à atteindre leur maturité ; il serait mieux de la semer en automne , et alors on serait assuré de la maturité des semences. Jacques.
Ketmib vésiguleusb. Hibiscus vesicarius, C^v-Diss. t. 64, fig. 2. H. africanusj Tourn. (Voyez la planche , et pour les caractères génériques page :202 de ce journal, année i834-i835'.)
Tiges ordinairement hautes d*un à deux pieds ^ plus ou moins rameuses, hispides; feuilles pétiolées, divisées jusqu'au pétiole, souvent en trois et quelquefois cinq parties, à folioles étroites , dentées, légèrement incisées , celle du milieu beaucoup plus longue. Elles sont alternes , glabres, excepté sur la nervure postérieure. Les pétioles ont au plus un demi'-pouce de longueur ; ils sont velus ou hispides , à stipules subulées. Pédoncules axillaires, solitaires, hispides, articulés, uniflores, un peu plus longs que les pétioles; fleurs grandes, de couleur jaune clair, composées de cinq pétales étalés, viola^ ces en dessous , à onglet d'un brun très-foncé el violacé. Ils sont réunis à leur base et adhérens au tube des étamines ; celles-ci sont nombreuses ,
portées sur un tube cotnniniforme à 6lainens libres vers leur extrérailé , portant des anthères jaunes réniformes. Cinq sti{;mates globuleux , bruns. Calice yésiculeux^hispide, nervure; bractées involucrales, linéaires^ pointues^ ciliées ; capsule obovale, rayée de brun , hispide, divisée intérieurement en cinq loges \ ayant plusieurs graines noires oblongues.
Cette plante est connue depuis long-temps ; M. Sonnerat en rapporta plusieurs individus de son voyage en Afrique. Elle disparut plusieurs fois de nos jardins ^ et fut souvent confondue avec une autre espèce nommée Hibiscus trionum , qui a effectivement beaucoup d'analogie avec elle; cppen* dant on distingue facilement celle qui nous occupe par ses grandes fleurs et ses feuilles si profondément lobées et incisées ^ tandis que les fleurs de \ Hibiscus trionum sont de moitié plus petites, d'un jaune clair, rayées et nuancées de violet , et ses feuilles changeantes, la plupart offrant tix>is lobes obtus, peu profonds , d'autres étant entières, crénelées, etc. Elle a reparu dans les jardins depuis cinq ans, et elle mérite d*y être soigneusement conservée à caase de la beauté de ses fleurs, qui se succèdent loDg*temps en grand. nombi*e.
Oa la cultive ordinairement comme plante annuelle; on la sème en place en avril sur les platesbandes ou sur couche pour être repiquée soit en pots ou en pleine terre. Les fleurs commencent à s'épanouir vers la mi*-juîllet et se succèdent jusqu'aux gelées. Elles ont peu de durée, ce qui les a bit nommer fleui*s d'une heure, mais en revanche chaque jour en voit édore de nouvelles.
ON(ll)K PAPILLON
Oncidiuni papilio.
Cette espèce annuelle est une de ceUes que j'ai citées dans Je numéro de septembre i856^ comme pouvant devenir lîgn&nse par la manière de la cultiver. J'en ai vu dans les serres chaudes s'élever jusqu'à cinq et six pieds et vivre plusieurs années. C'est dans cette intention qu'on la rentre pendant l'hiver dans les serres chaudes et tempérées , dont elle devient un bel ornement. Cependant il faul i*emarquer qu'elle fleurit difficilement en serre tempérée , mais elle s'y conserve bien.
Outre le semis on la multiplie encore de boutures. Elle veut une terre meuble et légère , et des arrosemens fréquens pendant les chaleurs de l'été.
Pépin. SERRE CHAUDE.
ONCIDroM, WiLLD. Gynandrie digynie, Lin, Oi^ chidées^ Juss.
Caractères génériques. Périanthe à quatre ou cinq divisions ouvertes; l'inférieure ou labelle plane « large, tuberculeuse à la base; deux anthères operculaireSy non persistantes, sur ie style.
Oncioe PAPILLON, Oncidium papilio^ Hort. Par. (Voyez la planche.)
Plante parasite à tige bulbeuse, aplatie, rugueuse, surmontée par une feuille ovale , pointue, coriace^ à plusieurs nervures longitudinales, d'un beau verL Hampe florale s'élevant à deux ou trois pieds, aplatie^ mince, se balançant au moindre souffle et portant une fleur qui, dansle pays naturel à cette orchidée, atteint une dimension de cinq pouces de la division supérieure jusqu'à l'extrémité dulabellum, mais qui, dans nos serres, n'est pas
à beaucoup près si grande. I^es trois pétales supérieurs sont longs, étroits, roulés, d'un vert jaunâtre fortement teinté de pourpie foncé ; les deux pétales inférieurs s'ét&lent de chaque côté en sHnclinant un peu f ils sont fortement ondulés et d*un beau jaune à larges macules marron clair. La labelle est plane, un peu plissée et crénelée au pourtour^ d*un beau jaune bordé d'une large macule marron clair. Elle est surmontée d'une masse charnue en forme de tête, recouverte d'un opercule sous lequel se trouve le pollen. A la base de celle-ci se trouve une espèce d'écusson pointillé de pourpre, et au-des-^ sous une proéminence tuberculeuse d'un blanc de faïence et rayé de pourpre. L*aspcct de cette fleur justiâe le nom qu'elle porte.
Depuis bien des années nous cultivions cette plante dans de la terre , et elle ne prospérait pas ; mais depuis un an environ que je la cultive sur un morceau de bois de son pays placé dans un pot et recouvert d'un peu de mousse qui enveloppe les racines de la plante , elle s'est trouvée si bien de cette situation qu'en juin. dernier elle a donné naissance ii quatre fleurs qui se sont succédé sur la même hampe. Je crois qu'on pourrait encore la cultiver sur un morceau de meulière ou mieux sur une portion d'écorcc suspendue dans la serre h une place humide et peu aérée. Je pense aussi qu'il y a quelques observations «i faire sur la nature des écorces employées pour la culture des orchidées. J'ai l'opinion que quelques-unes peuvent leur être nuisibles , et l'attention des cultivateurs doit être éveillée sur ce sujet. J'ai remarqué , par exeniple , qu'un oncidium papilio placé sur un morceau de
SX\NllOPRK ARGUS Slanhopca occiilala.
chêne n*a pa» prospéré, ses racines oût refusé de s'y attacher. Je n'ose pas affirmer que cet insuccès soit dû à la nature même de 1 ecorce, parce que toute autre cause a pu produire cet effet ; cependant j'ai cru devoir citer ce fait pour quil soit confirmé ou démenti par l'expérience. L ecorce dont je me sers de préférence est celle du tilleul.
On peut multiplier cette plante en détachant une ancienne bulbe, qui du reste n'est aucunement utile au3L nouvelles, et en la plaçant dans les mêmes con«« ditions que sa mère. Il faut un long temps avant d'en obtenir des bourgeons, mais on peut activer la végétation en la plaçant sous cloche.
Nbumann.
STANHOPEA, Lindley; de la famille des Orchidées de Jussieu.
Caractères génériques. Cinq pétales membraneux ; les trois extérieurs libres , redressés, larges; les deux intérieurs moins grands et plus étroits. La labelle libre, sans éperon, charnue, munie de deux cornes, divisée en deux parties, la supérieure ou lepiehile convexe, et Tinférieure ou hypochile concave. Colonne pétaloide très«longue, anthères biloculaires , deux masses poUéniques a l'extrémité interne de la colonne.
Stanhopeb àhgus , Stanhopea oculata, Lind.
(Voyez la figure.)
Bulbe courte, oblique , crénelée, ovale, conique, d'un vert foncé , supportant une feuille ovale , lancéolée, à pétiole plus ou moins long, canaliculé en dessus , à cinq nervures dont trais plus pi*o«
ûoncées. Tige naksaul à la base de la bulbe, retMa« baat et supportant cinq fleurs ( il peut y en avoir six et peut-être davantage , car une sixième a avorté ) portées par de longs pédoncules de deux k quatre pouces.
Fleur grande , les trois pétales extérieurs larges d'un pouce et demi ^ longs de deux pouces et demi , très-ouverts et redressés , k bords réfléchis en dehors , disposés régulièrement en triangle ^ d'un blanc d'ivoire , et cucuUés ou maculés de points d'un rouge carmin , larges d'environ une ligne , moins foncés au centre, où ils forment dès espèces d'yeux; ce qui lui a valu le nom d'ocu/ata; les deux inté*rieurs plus courts , larges de quatre lignes, ondulés et crispés , maculés de même , et placés de chaque côté du large pétale de face. Colonne recourbée, longue de trois pouces, étroite à la base qui est presque cylindrique, large et pétaloide au sommet, échancrée et formant deux pointes entre lesquelles on aperçoit l'opercule caduc qui recouvre les niasses poUéniques , d'un jaune verdâtre strié de petites lignes pourpres.
Tablier ou labelle d'une forme bizarre, de même longueur que la colonne et dirigé parallèlement , mais en sens inverse. La partie inférieure forme vers sa base une espèce de niche profonde d'un jaune plus foncé que les pétales, avec trois ou quatre grosses macules d'un cramoisi très-intense, et qui se voient k l'extérieur, à l'exception de celle du milieu , qui parait à peine au dehors. A la base de cette espèce de niche , se trouve une cavité ou nectaire très-*maculé de cramoisi foncé et se rétrécissant au milieu; ensuite une partie sailla&te ayant uaecré-»
nelure au centre , partant du nectaire , devenant de plus en plus profonde et se terminant en pointe tu* berculeuse; elle est pointillée de cramoisi. C^tte partie très-cbarnue se termine par deux cornes d un blanc luisant^ formant le fer à cheval » et assez rap*T prochées pour rendre dans cette partie le labellum étroit. Entre la base de celui-ci, qui est spatule., et ces deux cornes, existe un espacexreux et ponctué de carmin.
Nous avons reçu cette année cette charmante orchidée d'Angleterre; elle est riche de coloris et bizarre de forme , et a commencé à développer ses Beurs le i a juillet à six heures et demie du matin , et au même instant la serre s'est trouvée embauH mée par Fodeur de vanille qu'elles répandent. Chaque fleur dure trois jours sur la plante, et davantage coupée et mise dans l'eaû.
On la ddtive dans des paniers à grandes mailles pow* permettre aux tiges de se développer, car dan» un pot elles iraient pourrir au fond. Ces paniers sont garnis de mottes de terre dabruyëre. 11 faut dans 1 été arroseï* fréquemment les feuilles au moyen d'une seringue 6ne. Pendant l'hiver, au contraire , il faut les modérer. On la multiplie par séparage de ses bulbes. Nous la croyons, comme ses congénères, originaire du Brésil.
Les mois de juin et de juillet ont été favorables à la floraison des orchidées:* nous avons eu successivemeni en fleura les Gatdejra Loddigesi et Forbesii : ce dernier a été figuré dans ces jinnates^ numéro de septembre \9IS^\ les Oncidium Jlexuosum et papilio , lequel est dans celte livraison ; le Bifrenaria airopurpurea^ dont nous donnerons prochai*-
nement la figure , et le Brassia maculata, figuré en janvier i833 dans ce journal.
Depuis que nous sommes parvenus a mieux cultiver les plantes de cette belle famille , nous avons eu soin d'augmenter notre collection de toutes celles qui peuvent flatter les amateurs , et nous leur en donnons ci-dessous la liste^ dans laquelle ne sont pas comprises celles que nous venons de citer.
Acropera Loddigesi.
31etia hyacinthina.
Brassia caudata.
— lanceana.
Broughtonia sanguinea.
Galanthe sylvestris.
— veratrifolia.
Gatasetum Glaveringi.
Cattleya crispa.
— intermedia.
— labiata.
Cirrhea viridi-purpurea.
Goryanthes speciosa.
Çypripedium venustum.
CyrIopodiumAndersoni.
Epidendrum cochleatum.
— elongatum.
— fragrans.
^ odoratissimuoi.
— nocturnum.
Uulopbia Guineensis.
— gracilis.
— streptopetala.
Gongora atropurpurea.
— maculata.
Goodyera discolor.
Ix^ia anceps.
Lissochylus speciosus.
Maxiiiaria discolor.
— Harrisoniœ.
— DeppK.
Neottia picta.
-^ speciosa»
Oncidium altissimum.
— carthagenense,
— crispum.
— lanceanum.
— luridam.
Peristeria eiata.
— Barkeri.
Rhenaçthera coccinea.
Stanhopea eburnea.
— grandiflora.
'*— insignis.
Vanda rostrata.
Yanilla aromatica.
Zygopetalum mackaii.
»— crinitum.
— intermedium.
Plus une trentaine d'espèces
non encore déterminées que nous venons de rece* voir de Mexico.
Cei^ frères.
PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE-
Note sur quelques monstruosités de renoncules.
J'ignore si Ton doit attribuer aux intempéries du printemps plusieurs nionsti*uosités que j'ai remarquées sur les renoncules qui croissent spontanément dans les prairies et autres lieux humides. Ce serait toutefois mon avis , car on ne peut douter que les alternatives de température, ainsi que les gelées fréquentes que nous avons éprouvées jusqu'au mois de mai^ n'aient dû contrarier d'une manière bien marquée le cours habituel de la sève. Je crois donc qu'il est toujours utile de signaler les anomalies qui se présentent à l'observation , parce que dans quelques circonstances on en tire des inductions précieuses.
Dans les premiers jours de mai, j'ai trouvé, dans des localités différentes, plusieurs individus de cinq espèces de renoncules dont les fleurs avaient doublé, ^ ou dont les tiges s'étaient fasciées de diverses manières. Ces cinq espèces sont les Ranunculus repensy Lm., Ranunculus acris Lm. , R. chœrophjlloSy haf.,'R. miUœfoliatus, Vahl., que l'on rencontre