INTRODUCTION (I
sur leurs bords et dans les bois environnants qu'on trouve les plus belles et les plus luxuriantes fougères.
La GRANDE-TERRE a la forme d'un triangle triquètre isoscèle: elle est plus petite que la GUADELOUPE PROPREMENT Dire. Son origine est due aussi à des foyers volcaniques sous-marins, comme le prouvent les roches basaltiques littorales de l'Anse-Bertrand et de la Pointe-des- Châteaux, mais les éjections sont peu élevées et ont été couvertes d'une couche calcaire, dont l'épaisseur, selon les calculs de Moreau de Jonnès, varie entre 92 m. 84 et 387 m. 81. Cette terre offre un singulier contraste avec la Guadeloupe. C'est une vaste plaine fertile, presque partout cultivée. Les seuls reliefs qui vaillent la peine d'être cités sont les Grands-Fonds, situés sur la partie méridionale entre les Abymes, le Morne-à-l'Eau, le Moule, Saint-François, Sainte-Anne, le Gozier et la Pointe-à-Pitre. Ils sont formés de petits mamelons calcaires, tantôt presque nus, tantôt boisés, jetés çà et là par hasard et sans ordre, variant d'une altitude de 60 à 115 metres. Ils sont séparés les uns des autres, soit par des coulées recouvertes d'une couche épaisse d'alluvion, soit par de petits marécages, soit par des gorges étroites, et, dans certains endroits, par de grandes plaines. Les plus pittoresques et les plus régulièrement formés appartiennent au (Gozier. La végétation de ces mornes est en général assez pauvre et uniforme : les poiriers, les mappous, les campêches, les bois-vinettes, les hoisrouges, les Eugenia coriacea et axillaris y dominent. Le petit plateau, entre Saint-Louis et l'Anse-Bertrand, les mornes du Pelit-Canal et de
ses environs sont cependant très intéressants au point de vue bota-
nique, et l’herborisateur y fait une ample provision.
Mais si l'intérieur de la Grande-Terre offre moins de ressources au collectionneur, les bords de la mer, par contre, sont plus riches en toutes sortes de plantes ; ils sont bien plus pittoresques, au point de vue des sites, que le littoral de la Guadeloupe proprement dite. Depuis la Pointe-à-Pitre jusqu'à la Pointe-Gris-Gris, on n'a qu'une série de palétuviers qui forment une lisière très large derrière laquelle s'étendent des marécages occupés par des herbes coupantes et qui sont tout à fait semblables à ceux du Lamentin, à la Martinique, et de la Baie-Mahaulr. Mais à partir dela Pointe-Gris-Gris jusqu'à la Pointe-Plate, entre Port- Louis et l'Anse-Bertrand, le littoral change: il devient bas et sablonneux et offre une riche végétation toute spéciale, qui tranche fortement
avec celle des côtes marécageuses. De la Pointe-Plate jusqu'à la Petite-
Vigie, et de là jusqu’à la Grande-Vigie, point terminal de la Grande-