‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 9 sur 211 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

En traversant l'extrémité Nord, depuis Deshaies jusqu'à Sainte-Rose, on rencontre une série de petites rivières de peu d'importance, à l'exception de la rivière Madame, et on arrive sur le versant oriental, Ici, la nature change complètement d'aspect. Les mornes descendent en pente douce; les cours d’eau, beaucoup plus considérables et moins fougueux dans le haut, coulent paisibles dans le bas. En déposant des sables argileux, des laves pulvérulentes, des débris basaltiques, des détritus mélangés à l’humus des grands bois, ils ont formé peu à peu ces vastes plaines alluvionnaires, marécageuses, ces forêts de palétuviers qui s'étendent sur toute la côte, depuis Sainte-Rose jusqu'au delà de Sainte-Marie. Le plus important de ces cours d’eau est la Grande-Rivière à (Goyave. Elle prend sa source au Sans-Toucher, marche, dans la plus grande partie de son parcours, du sud au nord, formant la seule vallée longitudinale de l’île; elle reçoit sur sa gauche le Bras-David, le Bras-Saint-Jean, séparé de la Grande-Rüvière par la montagne de Saint-Jean, le Bras-de-Sable, près de la Rivière-Chaude. et enfin la Petite-Rivière. À environ 6 kilom. de son embouchure, elle tourne brusquement vers l’est pour se jeter à la mer à travers une forêt de mangliers ou palétuviers. Cette rivière, dont le bassin seul occupe plus du quart de la superficie de la Guadeloupe proprement dite, a trois embouchures et forme un delta dont les alluvions augmentent tous les ans de 10 à 15 mètres. Ces palétuviers, dont le principal côté utile est d'abriter les cultures de l’intérieur contre l'air salin de la mer, sont un milieu de pullulation microbienne, de multipheation pour les moustiques et les maringouins, qui en rend l'exploration dangereuse; leur végétation est très uniforme, tandis que celle des plaines et des parties boisées situées en arrière offre à l’herborisateur une riche récolte,

Le reste de la côte, depuis la rivière de la Capesterre jusqu'à la Basse-Terre, est sec, mais continue à être arrosé par d'importantes rivières. Sur le versant oriental, et près du bourg de Baie-Mahault, on rencontre un grand étang, la Digue, entouré de collines et de avines boisées, fertiles en toutes sortes de plantes. Sur le plateau boisé de Zongmont à la Capesterre se trouvent deux grands étangs encaissés : le Grand-Étang, à 39% mèt. d'altitude, de forme semilunaire, mesurant près d’une lieue de cireonférence, et l'étang Zombi, de forme ovale et d’un tiers environ plus petit. Ces lacs ont des déversoirs souterrains et donnent naissance à deux rivières : le premier à celle de Saint-Sauveur et l’autre à celle des Bananiters. C'est

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