‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 11 sur 211 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Terre, et sur la côte nord-est jusqu'au Mont-Gozier, on ne voit que des falaises nues et grises, contre lesquelles une mer toujours furieuse vient se heurter. Après le Wont-Gozier, la côte s'abaisse pour former une plage d'abord rocheuse, ensuite sablonneuse., et se prolonge jusqu'aux rochers de la Couronne. De là, à la Pointe-des-Châteaur, le littoral, extrêmement intéressant par ailleurs, ne présente que des roches à pic ou des amas de pierres sans végétation. Il n'en est plus de même de la côte méridionale depuis la Pointe-des-Chäteaux jusqu'à la Pointe-à-Pitre : celle-ci est généralement basse, parfois marécaseuse. Elle se relève au Pefit-Havre pour former une série de falaises boisées et des marécages peu étendus. Ces falaises, surtout celles du Gozier, abritent une végétation particuhère et riche en espèces.

La faible élévation de ses mornes et l'absence de forêts ne permettent pas à la Grande-Terre d'avoir de puissants cours d'eau. Les quelques rivières qui y existent méritent à peine ce nom et sont à sec pendant une grande partie de l’année. Les pluies + sont moins fréquentes qu'à la Guadeloupe proprement dite; aussi la sécheresse se fait-elle souvent cruellement sentir. La végétation se ressent nécessairement de cet état de choses et revêt, surtout pour les plantes herbacées, un cachet anormal. Dans les grandes et profondes mares, qu'on à creusées autour des habitations et dans les savanes, on trouve des plantes flottantes très belles, qui protègent l’eau contre l'ardeur du soleil et la conservent limpide. Il en est de même de quelques grands étangs , nourris par des sources, comme celui du Cocoyer, près de l'usine de Duchassaing au Moule.

Les nombreux ilots du Grand et du Petit-Cul-de-Sac, ceux de Sainte- Rose, ne recèlent aucune végétation sortant de l'ordinaire.

La DésiRADE, île étroite, longue de 22 kilom., au nord-est de la Grande-Terre, un peu en dehors de la courbe formée par les Petites- Antilles, est traversée d’une extrémité à l’autre par un plateau assez élevé, dont le point culminant, le Morne-Frégate, à 280 mètres d'altitude. Sa côte orientale est taillée à pic; l’occidentale s’abaisse presque partout en pente plus ou moins douce. L'ile entière est de formation volcanique, comme la Grande-Terre, et recouverte d'une profonde couche calcaire, qui fournit une excellente chaux. Cette couche est plus épaisse du côté occidental et se montre parfois à nu, ce qui fait que de loin l'île ressemble À un immense rocher couvert d’un peu de végétation. La partie plate et quelques endroits du plateau, comme celui des Lataniers, contiennent une terre fertile, recouverte de sables

INTRODUCTION XINT

calcaires. Les corosoliers, le cotonnier, les pois Bourcoussou (Dolichos Lablab), les pafates, le maïs et le manioc y réussissent bien, Le ruisseau de la ravine Cybèle, entre le bourg de la Grand'Anse et la Léproserie, la rivière de la Léproserie et celle de la Pointe-du-Nord sont à peu près les seuls cours d’eau qui y existent; encore sont-ils presque toujours à sec. La constitution géologique ne permet aux arbres de devenir grands que dans les falaises et sur la plage occidentale ; les flancs et le plateau sont plus où moins couverts de grands arbrisseaux et d’arbustes, dont un bon nombre appartiennent à des espèces toutes particulières qu'on ne rencontre nulle part ailleurs. La flore de la Désirade a beaucoup d’analogie avec celle du plateau de Port-Louis et des mornes du Pefit-Canal. Dans les savanes pierreuses, sèches et arides de la Zéproserie, exposées au grand vent de la mer, on ne rencontre que des raquettes volantes et des fétes-d'Anglais. Le gayac, qu'on dit avoir été commun autrefois, n'est plus représenté que par trois ou quatre pieds.

L'ile de MARIE-GALANTE, au sud de la GUADELOUPE, est de formation calcaire et appartient au même soulèvement que la Grande-Terre. De forme circulaire et d'une circonférence de 83 kilom.. elle se trouve traversée du nord au sud par une petite chaîne de mornes, qui forment deux petits plateaux. Le premier, d'une altitude de 100 mètres, va jusqu'à la rivière du Vieux-Fort; le second, depuis cette rivière Jusqu'à celle de Saint-Louis, présente comme point culminant le Morne- Constant, qui ne dépasse pas 205 mètres. La côte de l'Est où la Côte-du- Vent est formée de falaises à pie : le httoral du Nord, entre la Pointe-de-Ballet et la Pointe-du-Nord, est couvert de palétuviers et de grands arbres, les mêmes qu'on rencontre dans les marécages du Lamentin; le reste de la côte est généralement bas et sablonneux. Le sol est fertile et cultivé, sauf en quelques flanes par trop pierreux et trop abrupts. La plaine boisée et sablonneuse de Folle-Anse, entre Saint-Louis et le Grand-Bourg, est extrêmement intéressante et à peu près le seul endroit où l’on puisse collectionner quelque chose de nouveau. Le reste de la végétation de l'ile est assez exactement celle des mornes calcaires des Grands-Fonds.

Le groupe des SaivTEs, composé de huit îlots, d'une étendue très inégale, est formé de deux volcans qui se sont éteints avant que leurs éjections aient eu le temps de combler les passes qui les séparent, Le sol, semi-argileux, semi-calcaire, est généralement sec et aride. Les

Page 1