XIV INTRODUCTION
deux principaux ilots, la Terre-de-Haut et la Terre-de-Bas, ont une végétation un peu différente. — La première et la plus grande est dominée par le morne du Chameau (316 mèt. de haut), très abrupt du côté de la mer. Il est maigrement boisé par des arbrisseaux et de petits arbustes ; dans le Nord, c'est-à-dire au Marigot et à la Grande-Anse, le littoral est plat et marécageux. Par ailleurs, on rencontre beaucoup de mancenilliers, de poiriers et quelques mappous. — La Terre-de-Bas est plus boisée et nourrit de grands arbres: la partie plate est peu considérable et a le même sol que la Terre-de-Haut; la partie morneuse est couverte de pierres basaltiques ; on y trouve en masse plusieurs espèces d’épiniers, des Mammea humilis, le petit bois vert (Rochefortia cuneata). En général, la flore des ilots des Saintes se rattache beaucoup à celle des coteaux secs du Vieux-Fort à Marie- Galante.
La MARTINIQUE, un peu plus étendue que la Guadeloupe proprement dite, est entièrement volcanique comme celle-ci. Elle à la forme d'un parallélogramme irrégulier, avec des échancrures très profondes, et peut être considérée comme composée de deux massifs, qui diffèrent, au point de vue végétal naturel, presque autant que la Guadeloupe diffère de la Grande-Terre.
Le plus élevé des massifs occupe le Nord, l’autre le Sud de l'île. Celuila est formé de deux volcans éteints : la Montagne-Pelée (1.350 mèt,. d'altitude), dont l'aire embrasse treize mornes, et les Pitons-du-Carbet (1.207 mèt.), avec trente-un mornes principaux. Ils sont reliés par le plateau du Morne-Hiouge, les montagnes qui entourent le Champ- Flore, les montagnes de la Grand'Anse, du Lorrain et les mornes des Deur-Choux. Ces deux massifs forment ensemble deux versants bien distincts à l'occident et à l’orient.
Le massif du Sud, de formation beaucoup plus ancienne, est constitué par quatre volcans éteints : celui de la Plaine, renfermant le plateau de ce nom et six mornes principaux, celui des Roches-Carrées, auquel s’adossent quatre mornes, celui du Vauclin (500 mèt.), qui est isolé, et enfin celui du Marin.
Les deux massifs se touchent par l'intermédiaire des collines et plaines qui s'étendent entre la baie du Lamentin et la baie du Galion. Le massif du Nord est le plus important et donne naissance à cinquante rivières, sur soixante-quinze que l’on compte dans l’île. Ses quarante-quatre mornes, avec leurs ramifications , ses nombreuses vallées, ses profondes ravines