INTRODUCTION XV
sont couverts de grands bois et représentent fidèlement la partie montagneuse et boisée de la Guadeloupe. Ses côtes seules diffèrent, Depuis Fort-de-France jusqu'au Précheur, et de là, en doublantle cap Saint- Martin et en suivant le bord oriental, jusqu'à la Trinité, le littoral présente tour à tour des plages sablonneuses et plates, des falaises à pic et des pentes abruptes, il est toujours sec, nulle part marécageux, et présente peu de découpures. Les cours d'eau ne forment pas d'atterrissements.
Le sud de la Martinique, malgré ses reliefs, constitue la partie basse de l’île, Les cours d’eau y sont moins considérables et moins longs, à l'exception de la rivière la ZLézarde, la plus grande du pays et qui prend sa source dans le massif des Pitons-du-Carlet. Ses côtes sont généralement plates et marécageuses. Les cinq rivières qui débouchent dans la vaste baie de Fort-de-France y ont formé, par l'apport des détritus, des atterrissements considérables qu'entoure une bande, tantôt très large, tantôt moins large, de palétuviers. Cette région est sillonnée par de nombreux canaux, dont deux seulement sont navigables. La flore y est la même que celle de tous les mangliers des Antilles. Les marécages des Anses-d’'Arlet sont peu étendus, mais nourrissent un grand nombre de Cypéracées particulières; les atterrissements du canal de la Züvière-Pilote sont assez importants et produisent des Glumacées rares; sur le côté gauche de la baie du Warin, on rencontre beaucoup de roseaux; dans les palétuviers du François, du Robert et de la baie de Galion, le botaniste peut récolter quelques plantes rares. Les îlots du François sont secs, arides et d'une végétation pauvre; ceux de la baie du Æobert ne fournissent, entre beaucoup d'autres plantes très ordinaires, que des mancenilliers, des poiriers el des savonnettiers.
L'extrémité sud de la Martinique est formée par une presqu'ile recourbée et resserrée entre la baie du Marin et le Cul-de-sac-Ferré; ses reliefs sont constitués par des mamelons calcaires brisés. Leur forme et leur végétation sont très analogues à celles des Grands-Fonds-du- Gozier. Les salines et la plaine connue sous le nom de Champ-de- Pétrification, faisant suite aux mornes, sont presque dépourvues de végétation.
La presqu'ile de la Caravelle, dont la première moitié, plate et riche en cultures, s'appelle la Tartane, se termine par un petit massif assez élevé, formé d'amas de pierres basaltiques et calcaires au milieu desquelles s'élève un phare. Les arbrisseaux et les petits arbres, qui