CENT QUATORZIÈME FAMILLE. — SCROPHULARINÉES
Scoparia L. (du latin « scopa », balai, parce qu'avec ces plantes on fait des balais aux Antilles.)
S. dulcis L.; Scoparia doux. Vulgo : Balai-savane, thé-savane. SI., L. 108, f.3; Desc., vol. IT, t. 106, p. 162. — Herbe annuelle ou suffrutescente, droite, haute de 45-90 cm., à tige simple, branchue dans le haut, à jeune tige et branches tétragones. Feuilles opposées, réunies par 3-4, petites, lancéolées ou oblongues-lancéolées, ou linéaires, dentées en scie. Inflorescence en faseicules axillaires, disposées tout le long des branches; fleurs blanches, portées
sur des pédoncules filiformes, à moitié aussi longs que les feuilles. — Très abondant dans toutes sortes de savanes des basse et infra-moyenne régions de la Guadeloupe et de la Grande-Terre. — A cause de ses vertus astrin-
gentes, stomachiques et béchiques, on fait grand cas de cette herbe dans les campagnes; on l’emploie en tisane contre les maux d'estomac, les rhumes, la toux, les maux de gorge, enfin contre toutes sortes d'indispositions. Descourtilz dit, entre autres choses, qu'avec le suc on prépare une pommade contre les hémorroïdes et que, contre la chute du rectum, on se sert de sa décoction ferrée !. — Alt. 5-600 mèt. [N° 2304.)
Marmimique. Vulgo : Balai-doux. — Dans toute l'ile. [N° 1336.)
Capraria L. (du latin « capra », chèvre, parce que ces animaux en sont friands.)
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C. biflora L.; Capraria à deux fleurs à l’aisselle de chaque feuille. Vulgo : Thé du pays, thé-muraille. Desc., vol. IV, t. 300, p. 313; Jacq., Sel. Am. st. » hist., t. 115, p. 182. — Sulfrutescent, ligneux à la base, droit, haut de 0 "45- 1%10, habituellement très branchu, glabre. Feuilles elliptiques-lancéolées ou elliptiques-oblongues, grossièrement serretées, à dents aiguës. Fleurs d'un
. blanc pâle, géminées, pédicellées, axillaires, situées tout le long de la tige et
1. A la Guyane, sous le nom de balai-dour, herbe à balais, cette espèce est surtout employée, toutes les parties de la plante étant émétiques, à faire vomir les enfants, Les » feuilles sont amères et usitées en infusion dans les affections fébriles. La décoction de la | racine, astringente et mucilagineuse, qui entre dans la composition d'une tisane antiblen- “ norrhagique, est recommandée aussi contre l'écoulement trop abondant des règles. E, H.
des branches. Capsules ovoïdes-subglobuleuses, à déhiscence septicide el loculicide. — Abondant sur les vieux murs, autour des maisons, sur les décombres et endroits abandonnés de toute la Guadeloupe et de ses dépendances. — La plante est aromatique et fébrifuge ; elle s'emploie dans les campagnes contre toutes sortes d'affections, mais surtout en tisane contre les rhumes, bronchites, fluxions de poitrine, etc. ! — Alt. 0-600 mèt. [N° 2853.]
MarriniQue. Vulgo : Thé-muraille, thé du pays. — Dans toute l'ile. [Ne 1357.)
Alectra Thunb. {du grec « alector », coq, parce que, dans les espèces-types, les fleurs, par l'ensemble des pièces qui les composent et par leur couleur, ont quelque ressemblance avec la crète d'un coq.)
À. brasiliensis Benth.; Alectre du Brésil. Vulgo : Herbe fragile, gueule-deloup. — Annuel, haut de 35-45 cm., droit, rigide, sans branches où peu branchu, très hispide dans toutes ses parties et très fragile. Feuilles subsessiles, rigides, subcordées et élargies à la base, acuminées au sommet, grossièrement et inégalement dentées, dents émoussées et souvent blanchâtres. Fleurs : les unes, axillaires et solitaires; les autres, terminales, géminées, ou solitaires ou réunies par trois; corolle d’un jaune de citron, caduque, large, très belle. — Vit habituellementen parasite sur les racines d’autres herbes. — FI. surtout de juil-
let à décembre. — Assez abondant dans les savanes herbeuses et sablonneuses des environs de la Ravine-Chaude et des Trois-Rivières. [N° 2984. — I]
n'existe pas à la Martinique, mais je l'ai vu récolté à la Dominique.
Stemodia L. (du grec « stemon », élamines, et « dis », double, parce que les étamines didynames ont chacune une anthère partagée en deux parties distinctes et divergentes.)
S. parviflora Aït., S. arenarta H. B. et Kth.; Stémodie à petites fleurs. Vulgo : Petite véronique. — Petite herbe, diffuse, à branches longues de 5- 12 em., plus ou moins dressées à l'extrémité, quelquefois tout à fait dressées. Feuilles petites, opposées, ovées, crénelées-serretées au-dessus de la base, longuement pétiolées. Fleurs violettes, panachées de blanc, ou violet pâle, brièvement pédonculées, axillaires et solitaires, situées tout le long des branches; corolle à deux lèvres. Capsule à quatre valves. — Çà et là dans les chemins peu battus, le long des routes, dans les endroits sablonneux . environs de la Basse-Terre, Gourbeyre, Baillif, Trois-Rivières, Moule ?. Alt. 10- 400 mèt. [N° 2852.)
1. Sous le nom dethé de la Guadeloupe, cette espèce est employée à la Guyane surtout comme diurétique, comme tonique à faible dose, et antipériodique à dose plus élevée. On \ utilise les feuilles en infusion théiforme. ;
2, Le St. pusilla Benth., sous le nom de basilic sauvage, est employé à la Guyane contre la migraine (infusion théiforme des feuilles et des fleurs). La décoction des racines est recommandée en gargarismes contre les inflammations buccales; elle passe aussi pour vulnéraire. Le St. parviflora Aït. doit avoir des propriétés analogues. (E. H.)
SCROPHULARINÉES 205
MarTNiQue. Vulgo : Petite violette. — Saint-Pierre (Jardin botanique et Trois-Ponts), Trou-Vaillant, Trinité, etc. [N° 1351.
Herpestis Gærtn. (du grec « erpein », ramper, parce que les plantes de ce genre sont rampantes.)
H. Monnieria H. B. Kth.; Herpeste de Monnier. Vulgo : Petite véronique. SL., t. 129, f. 1; Br., Jam., t. 28, f. 3. — Herbe radicante, rampant en tous sens, à une distance indéfinie, glabre, à tiges comprimées-filiformes. Feuilles petites, très vertes, spatulées ou obovées, subentières. Fleurs violettes, panachées de blanc, solitaires, axillaires, portées sur des pédoncules filiformes et bibractéolés au sommet. — Les fleurs ne s'ouvrent que vers neuf heures et se ferment de bonne heure dans l'après-midi. Cette plante forme souvent un gazon superbe. — Çà et là dans les endroits humides et aquatiques de la basse région : Capesterre (Guadeloupe), Pointe-à-Pitre. Alt. 0-200 mèt.
Marniique. Vulgo : Véronique. — Fort-de-France (dans les jardins), Lamentin (bord de mer), Ducos, ete. [N° 1353.]
Vandellia L. (dédié à Dom Vandelli, professeur de botanique à Coïmbre: a publié, entre autres choses, un ouvrage sur les plantes du Portugal et du Brésil, 1788.)
V. crustacea Benth. ; Vandellie à fruits crustacés. Vulgo : Cresson bâtard. — Petite herbe, glabre, aquatique, délicate, à tige rampante, radicante, ensuite dressée, haute de 10-17 cm. Feuilles petites, rondâtres, palminerviées, à 3-5 nervures à peine perceptibles. Fleurs axillaires, blanches, tachetées de violet, ou violettes et tachetées de blane. — Très abondant dans les endroits très humides ou aquatiques, autour des fontaines, sur le bord des ruisseaux et des rigoles : Basse-Terre, Camp-Jacob, Gourbeyre, Lamentin, Ravine-Chaude. Matouba. Gozier, Moule, ete. Alt. 0-900 mèt. [N° 2850.
Marmnnique. Vulgo : Cresson bâtard, petit cresson. — Dans toute l'ile. [N° 1355.] V. diffusa L.; Vandellie couchée. Vulgo : Herbe à tisane. — Petite herbe,
complètement couchée, radicante, à branches peu nombreuses, longues de 5-25 cm., filiformes. Feuilles orbiculaires, brusquement contractées, à la base, en un court pétiole, palminerviées, serretées au-dessus de la base, opposées : les paires, distantes. Fleurs axillaires, 1-2 à l’aisselle de chaque feuille ; corolle violet pâle. Capsules bivalves, pointues, longues de 3-6 mm. — Assez rare. Cà et là dans les chemins humides et peu fréquentés : environs de Saint-Pierre, Carbet, Fonds-Saint-Denis, Marin !. [N° 1354.) — Je ne l'ai
pas trouvé à la Guadeloupe.
1. Cette plante, amère et mucilagineuse, est employée à la Guyane,sous le nom d'herbe du Paraguay, en décoction contre les fièvres continues el intermittentes. Contre les mala-
406 PLANTES DE LA GUADELOUPE ET DE LA MARTINIQUE Angelonia Humb. et Bonpl. (de « angelon », nom de la plante à Caracas.)
A. anguslifolia Benth.; Angélonie à feuilles étroites. Vulgo : Gueule-deloup. — Herbe suffrutescente, à tiges nombreuses, haute de 40-85 em., vlabre. Feuilles lancéolées ou linéaires-lancéolées, pointues au sommet, acuminées, à la base, en un pétiole très court, serretées au-dessus de la base, à dents distantes. Fleurs larges, violet foncé, en grappes simples, allongées, terminales. — Plante d'ornement, cultivée dans un grand nombre de jardins. — FI. à toutes les époques de l’année. — Alt. 5-700 mèt. [N° 2300.] — Introduite de l'Amérique continentale et tropicale (Mexique).
Marrmnique. Vulgo : Gueule-de-loup. — Dans beaucoup de jardins et parterres. [N° 1350.]
Le Russelia juncea Zucc., vulgo : Goutte-de-sang [N° 2845|, Martinique IN° 1347], arbrisseau sarmenteux, sans feuilles, à branches et tiges très nombreuses, striées, à rameaux verticillés par 5-10, à fleurs d'un rouge de sang très vif, disposées en panicules larges, allongées et tombantes, est souvent cultivé dans les jardins. Originaire du Mexique.