‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 133 sur 211 · CENT SEIZIÈME FAMILLE, — BIGNONIACÉES · texte numérisé non relu

CENT SEIZIÈME FAMILLE, — BIGNONIACÉES

Crescentia L. (dédié à l'Italien Pierre Crescenzi (Petrus de Crescentiis), né en 1230, à Bologne, mort dans cette ville à un âge très avancé; a écrit : Opus ruralium commodorum. C'est le premier auteur qui ait écrit sur l'agriculture depuis les anciens Romains.)

C. Cujete L. (Cujete, nom brésilien de l'arbre). Vulgo : Calebassier, calebasse. Tuss., F1., II, t. 9; Desc., vol. IV, t. 244, p. 47. — Arbre de la taille d'un pommier de France, habituellement très branchu, à rameaux droits, allongés, peu divisés, à écorce grisâtre, crevassée. Feuilles fasciculées par 3-10, cartilagineuses, subsessiles, spatulées, les fascicules de feuilles naissant sur des protubérances. Fleurs larges, couleur de crème, latérales, solitaires, naissant sur le tronc, les grosses branches et les rameaux ; calice bipartite, spathacé, caduc; corolle à deux lobes dentés-ondulés. Fruit, nommé calebasse, très variable quant à la forme et aux dimensions : les plus petits ne mesurant que 5 em.-5,2 cm., et les plus grands jusqu'à 32 cm. de long. — C'est une sorte de baie, à péricarpe dur, ligneux et vert dont l'intérieur est rempli d'une pulpe aigre, contenant une masse de semences comprimées-cordiformes. Arrivé à maturité, on le vide et on en fabrique des ustensiles de ménage, que les Créoles appellent « Couis ». Selon Descourtilz, la pulpe est diurétique-excitante, et cet auteur recommande le jus passé à travers un linge et mêlé à du sirop contre les maladies de poitrine, contre la diarrhée chronique et certains catarrhes intestinaux. Dans le pays, on se sert de la pulpe, qu'on applique à froid, pour la guéri-

son du crabe (erevasses de la plante des pieds), contre les coups de soleil, en y

ajoutant un peu de vinaigre, et contre les blessures et les fortes contusions ; avec les jeunes fruits, pilés, on prépare aussi des « loochs ». Le bois est blanc et compact, mais il se laisse facilement attaquer par les insectes. — Le calebassier fleurit presque toute l'année, mais ne produit que peu de fleurs à la fois. — Abondant dans les basse et infra-moyenne régions de toutes les Antilles. AI. 0-700 mèt. [N° 3066.|

Marminique. Vulgo : Calebassier. — Abondant. Alt. 0-500 mèt. [N° 1236.]

C. cucurbitina L.: Crescentie à fruits en forme de concombre. Vulgo :

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Calebassier bâtard, calebasse-poison, Desc., vol. III, . 182, p:. 1443: °PE, édit. Burm. ; t. 109. — Grand arbre, à fronde ample, à feuilles larges. cartilagineuses, obovées-oblongues ou ovales-oblongues, à fruit de la grosseur et un peu de la forme d’un petit avocat. — Existait autrefois à la Martinique, dans les bois de la Régale et des Trois-Ilets ; il a disparu de ces stations et on en a conservé un seul pied au Jardin botanique de Saint-Pierre. ! N° 1234.) — Il n'existe pas à la Guadeloupe.

Schlegelia Miq. (dédié au célèbre zoologiste D' H. Schlegel, conservateur du musée zoologique de Leide.)

S. Urbaniana K. Sch.; Schlégélie d'Urban. Vulgo : OŒEil de crabe. — Liane puissante, s'élevant sur des arbres très hauts, à écorce lisse et grise, à branches rigides, très allongées. Feuilles cartilagineuses, nettement elliptiques, luisantes en dessus, vert très päle en dessous. Fleurs violacées, en grappes courtes, axillaires et caulinaires, très nombreuses, disposées tout le long des branches. Fruit subglobuleux, de la grosseur d'une petite cerise, bleu foncé à la maturité. — F1. de février à mars. — Peu abondant : çà et là dans les bois de Houëlmont et dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes et du Matouba. [N° 2418.] — Il n'existe pas à la Martinique.

Catalpa Scop. (nom de la plante chez les Indigènes de la Caroline.)

CG. longisiliqua Cham. ; Catalpa à longues siliques. Vulgo : Chêne d'Aménone mDesc., vol. [, 1. 18: Tuss., FT., IV, t. 37. — Grand arbre, droit, anfractueux, surtout vers la base, à tronc nu à une grande hauteur, à frondaison peu fournie, à fleurs violet pâle, en petites grappes terminales. — Était autrefois abondant dans la basse région de la Martinique. — A cause de son bois recherché pour la construction, on à fait abattre tous les pieds, il n'en existait plus que deux ou trois au Jardin botanique de Saint-Pierre en 1889. — Il est indiqué, par Mazé!, comme faisant partie de la flore de la Guadeloupe ; mais il n'y g Jamais existé.

Tecoma Juss. (du nom mexicain « Tecomaco-chitl. »)

T. pentaphylla DC.; Tecome à feuilles à cinq folioles. Vulgo : Poirier du pays. — Arbre de grande taille, peu élégant, peu branchu, très anfractueux, surtout les vieux pieds dont le tronc peut atteindre un diamètre de 80- 95 em. : à écorce blanchâtre. Feuilles composées-palmées à 3-5 folioles, longuement péliolées, luisantes, cartilagineuses ; pétioles communs, longs, ne portant quelquefois qu'une seule foliole. Fleurs rosées ou blanches, ou à peine rosées ; siliques pendantes, à3 valves, longues de 12-27 cm. sur 2-8 mm. de large, droites ou légèrement courbes; semences de 30-40, très aplaties, plus larges que longues, pourvues de deux ailes latérales, transparentes,

1. Contribution à la flore de la Guadeloupe, Basse-Terre, 1892.

120 rs ne 4 ; a TS 4 PLANTES DE LA GUADELOUPE ET DE LA MARTINIQUE

minces, frangées et blanches. — Le bois est gris, dur, à texture fibreuse, tenant de l'orme, du chêne et du chätaignier de France : il sert avantageusement pour la confection des canots, des bateaux de cabotage, des moulins à manioc, pour les constructions dans l'eau et dans la terre ; il.est également recherché pour l’ébénisterie et la confection de jantes de roues. A cause de son bois flexible et de ses longues et fortes racines, il se laisse difficilement renverser par les coups de vent. Pendant la saison sèche, l'arbre

perd habituellement ses feuilles. — Abondant dans toute la région du httoral et à l'intérieur jusqu'à une altitude d’euviron 350 mèt. | N° 3061.] MarmNiQuE. Vulgo : Poirier. — Abondant. [N° 1917 à.] -

T. leucoxylon Mart.; Tecome à bois jaune. Vulgo : Bois d'ébène. Desc., vol. IT, t. 204, p. 244. — Arbre de grande taille, à feuilles composées-palmées, à cinq folioles ressemblant à celles du précédent, à fleurs larges, d'un jaune très vif, en bouquets terminaux très nombreux. — Était autrefois abondant à la Martinique. On en conserve encore quelques pieds au Jardin botanique. — A l'époque de la floraison, il perd complètement les feuilles.

(Spécimen en mauvais état.)

T. sans Juss.; Tecome droit et solidement attaché. Vulgo : Bois-pissenlit, fleurs jaunes, bois à enivrer (au Baïlhf) (Bignonia L.) — Grand arbuste ou petit arbre, droit ou souvent tortueux, haut de 2-4" 50. Feuilles imparipennées, à 3-5 paires de folioles oblongues-elliptiques, acuminées, dentées en scie. Fleurs larges, jaunes, en grappes simples ou composées à la base, pyramidales, dressées ; siliques linéaires, pendantes, longues de 12-15 em., droites ou légèrement courbes, pointues à l'extrémité; semences nombreuses, aplaties, à deux ailes latérales. — Il fleurit toute l'année. — On se sert, en quelques endroits, des feuilles et des jeunes tiges, froissées, pour enivrer les poissons !. — Très abondant dans la région sèche du littoral de toute la Guadeloupe et des dépendances. Alt. 0-350 mèt.; rare à une plus grande altitude.

[N° 2417. € Marmnique. Vulgo : Fleur jaune. — Abondant dans toute l'ile. [N° 1915.]

1. Tous les Tecoma des Antilles sont sans emploi médicinal: mais il faut signaler toutefois que T. undulata Bon. y serait utilisé, dans son écorce, ses fleurs et ses feuilles, comme fébrifuge et astringent. Poupée-Desportes recommande l'usage du sirop fait avec l'écorce et les fleurs au même titre que le sirop de quinquina du commerce auquel il pourrait être substitué. La poudre d’écorce s'’administrerait à la dose de S à 15 ger., en cachets ou en infusion dans le vin. On préparerait un électuaire {[miel, poudre d'écorce et sirop d’écorce) qui répugnerait moins aux fébricitants. Les fleurs, qui seraient aussi fébrifuges, s'emploieraient en poudre à moitié dose dela poudre d'écorces. Enfin, l'infusion faite avec 30 gr. de feuilles pour un litre d’eau serait employée en lavements fébrifuges. M. Bocquellon-Limousin (loc. cit.) s'est occupé de cette planteet n'y a trouvé que du tanin, ce qui confirmerait cette opinion dont je me suis souvent fait le propagateur après l'étude de certaines plantes coloniales, nettement fébrifuges et ne renfermant que de l'acide tannique, que ce principe est doué de propriétés fébrifuges. À étudier comparativement tous les Tecoma des Antilles. (E. H.)

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Le T. capenstis Lindl., Tecome du Cap de Bonne- Espérance, vulgo : Jasmin-trompette, est un arbrisseau sarmenteux, à feuilles imparipennées, à fleurs rouges, en grappes courtes, lerminales, à élamines exsertes, à corolle en tubecomprimé et courbe, qui est naturalisé el cultivé pour l'ornementation des tonnelles, des grillages, etc. [N° 3062.)

Marmnique. Vulgo : Jasmin de Virginie, jasmin-trompette. [N° 1917.)

Bignonia L. (dédié à Jean-Paul Bignon, né à Paris, en 1662, abbé de Saint- Quentin, bibliothécaire du roi, ami et protecteur de tous les savants de son temps; mort en 1743, dans son château d'Isle-Belle.)

B. æquinoclialis L., B. spectabilis V.; Bignone fleurissant à l'époque de l'équinoxe. Vulgo : Liane-crabe, liane à paniers, liane-corde, Desc., vol. IF, t. 100, p. 130. — Forte liane, grimpant au moyen de vrilles partant du sommet du pétiole commun, à tige nue dans le bas, à rameaux allongés, flexibles et pendants. Feuilles à deux folioles ovées-oblongues, ou ovées, pointues, entières. Fleurs axillaires, géminées ou en corymbes pauciflores; corolle violette avec des stries jaunes à l'entrée de la gorge; silique longue de 30-45 cm. sur 2? cm. de large, plus ou moins courbes; semences aplaties, noires, à ailes opaques. — FI. de septembre à mars. — Avec les sarments préalablement fendus, on fabrique des paniers, des nasses pour la pêche, des cordes, ete. — D'après Descourtilz, cette liane est stomachique, astringente ; mais dans la médecine domestique du pays, on n'en fait pas usage. — Vit en société avec les palétuviers de toutes sortes, dans les marécages maritimes : Lamentin, Baie-Mahault, Pointe-à-Pitre, etc. {N° 3065.)

Marmique. Vulgo : Liane à crabes. — Rivière-Salée, Trois-Ilets, Lamentin, Ducos, Robert, etc. [N° 1239.)

B. unguiscali L. ;Bignone à racines adventives en forme de criffes de chat. Vulgo : Griffe-chatte. — Liane ne dépassant guère 5 mèt. d'élévation, à tige d’abord rampante, radicante, pourvue de racines adventives avant assez exactement la forme de griffes de chat. Feuilles adultes dans les branches libres, à deux folioles larges, luisantes, membraneuses, elliptiques ou ellhptiques-lancéolées : celles des tiges radicantes, plus petites. Fleurs larges, d'un jaune brillant, en grappes nombreuses, courtes ou allongées, axillaires et terminales ; silique linéaire longue de 60-85 cm. sur 1.3 cm. de large, toujours pendante, droite ou courbe; semences ailées. — À l'époque de la floraison, la liane se dépouille souvent entièrement de ses feuilles. — La plante a des vertus alexitères internes, et Descourtilz la place, en ellet, dans cette catégorie. — F1. de juin à août. — Çaet là dans les ravines, dans les endroits boisés de la basse région de la Guadeloupe et de la Grande-Terre : Moule, Saint-François, environs de la Basse-Terre (ravine de Belost}, Baïlhf, ete. [N° 3069.]

Marnique. Vulgo : Griffe-chatte. — On se sert des racines, pilées, comme

remède contre la morsure du serpent !. — Case-Pilote (fond Layette et fond Brülé), Trinité, Trois-Ilets, etc. [N° 1914.;

La Bignonia al/liacea Lam., vulgo : Bignone à l'ail (Adenocalymna a//iacum Miers), forte liane, dont les feuilles froissées exhalent une forte odeur d'ail, est cultivée au Jardin botanique de Saint-Pierre : elle est originaire de la Guyane. La B. radicans L. se trouve à l'habitation Rollin, au Matouba.

Amphilophium Kth. (du grec « amphi », autour, et « lophion », diminutif de « lophos », crinière, crête, parce que la partie extérieure du double limbe calcinal est ondulée-crêpue et rappelle en quelque sorte le bord d'une crête de coq.)

À. paniculalum H. B. Kth. ; Amphilophe à fleurs en panicules. Vulgo : Liane à canot. PI., éd. Burm., t. 56, f. 1; Jacq., Sel. Am. st. hist., t:116, p.183: — Forte liane, vivace, grimpant au moyen de vrilles sur des arbres très élevés et les couvrant complètement, pour y étaler ses nombreuses grappes ; à branches, jeune tige et rameaux à six angles, légèrement velus. Feuilles opposées, le plus souvent à deux folioles, rarement à trois, ovées, pointues, pétiolées, larges et garnies en dessous d’un léger duvet soveux et gris. Inflorescence en panicules pyramidales médiocrement allongées ; fleurs odorantes ; calice à limbe double : l'extérieur formant, au-dessous du sommet du premier, un Collet ondulé qui s'applique contre la corolle: celle-e1 est blanche, ou violacée ou blanche dans le haut, et violacée ou violette à la base; silique longue de 11-14 em. sur 6 cm. de large, et 3-4 em. de diamèt., elliptique, échancrée au sommet; valves dures, ligneuses, épaisses, formant deux écuelles ; semences larges imbriquées, à deux ailes latérales, minces et transparentes. — Peu abondant. Çà et là dans les falaises et endroits abrupts, d'un accès souvent difficile : Basse-Terre (ravine de Belost), rivières Noire et Rouge, Vieux-Habitants, ete. AIE. 10-400 mèt. [N° 3060.]

MarriNiQuEe. Vulgo : Liane-canot. — Parnasse (habitation Litté), morne du Jardin botanique, vallée du Carbet, Fonds-Saint-Denis (près de la Porte-

de-l'Enfer), etc. [N° 1238.] k

Tanæcium Sw. (du grec « Lanakès », ce qui est allongé, par allusion aux branches droites et allongées, qui plus tard deviennent sarmenteuses.)

EL. cruciqerum Seem. (Tanæcie dont la coupe transversale de la tige montre les faisceaux disposés en croix.). Vulgo : Liane à barrique. PI., éd, Burm., t. 58. — Liane puissante, s'élevant sur les arbres les plus hauts, à branches d'abord droites, devenant ensuite sarmenteuses, à tige cylindrique-

1. A la Guyane, le suc de toutes les parties de cette plante est réputé alexitère. En infusion, les feuilles et les bourgeons sont utilisés en bains médicamenteux, et comme sudorifiques dans les fièvres d'accès. Ils entrent dans la composition d’un sirop béchique adoucissant. (E. H.)

ras de de

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anfractueuse, à rameaux souvent couverts de nombreuses aspérités lenticulaires, blanchâtres. Feuilles larges, péliolées : les inférieures, à 3 folioles: les supérieures, très souvent à deux folioles seulement, folioles ovales, cartilagineuses. Fleurs blanches, géminées ou en grappes pauciflores, axillaires et terminales; corolle à tube long et infundibuliforme, pubescente, à lobes deltoïdes, pointus, ondulés; silique longue de 12-15 cm. sur 5-6 cm. de large, convexe, elliptique, arrondie aux extrémités, formant, après déhiscence, deux écuelles profondes ; semences nombreuses, aplalies, anguleuses, presque quadrangulaires, à surface hsse, ondulée. — Peu abondant : environs de Saint-Pierre (habitation Périnell, près du bord de la rivière des Pères), Case- Pilote (le long de la rivière du Fond Layette). — Ses tiges servent à faire des cercles pour les barriques. [N° 1237,] — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.

Le Jacaranda filicifolia D. Don. Vulgo : Palissandre, grand arbre, originaire de la Guyane et du Brésil, fournissant un bois recherché pour l'ébénisterie et la marqueterie, est cultivé aux Jardins botaniques de la Basse-Terre et de Saint-Pierre, spécimen (C.). On rencontre également au Jardin botanique de la Martinique le Calosanthes indica Blum., petit arbre, originaire de la Cochinchine, à fleurs violettes, en panicules larges, à siliques ayant jusqu'à 30 cm. de long, et le Phyllarthron comorense DC., petit arbre des iles Comores, qui fleurit presque constamment, mais ne produit pas de fruits.

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