‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 32 sur 211 · I. DICOTYLÉDONES · texte numérisé non relu

I. DICOTYLÉDONES

PREMIÈRE FAMILLE. — RENONCULACÉES.

Clematis L. (du grec « klema », sarment, parce que les liges de beaucoup d'espèces sont grimpantes.)

C. dioica L. Clématite à fleurs dioïques. Vulgo : Liane à crabes. SL., Hist. Of Jam... t. 198, f. 2: Rich., Cuba, t. 1. GC. americana Mill. C. dominica Lam. Arbrisseau-liane, grimpant, volubile, haut de 3-5 mèt. Feuilles pétiolées.

divisées en 3 folioles ovales, entières ou grossièrement dentées . Fleurs blanches, odorantes, en grappes larges, terminales. — Très rare. Le long du canal Montéran dans l'intérieur des bois. — FI. de sept. en nov. [N° 3254.

Assez abondant dans

Marnnique. Vulgo : Vigne sauvage, liane serpent. les haies du Morne-Rouge et dans les broussailles du Champflore (habit. Gérard). [N° 1761.

DEUXIÈME FAMILLE. — DILLENIACEES.

Pinzona Mart. et Zucc. {dédié à l'Espagnol Vincent Nunez Pinzon, qui en 1500 découvrit le Brésil.)

P. calineoides Eichl. Pinzona à feuilles de Calinea (plante de la Guyane). Vulso : Liane à eau. — Liane arborescente montant sur les arbres les plus élevés. Feuilles coriaces, elliptiques, mesurant 10-20 >< 5-10 cm. ; à nervures très saïllantes en dessous, les jeunes grossièrement dentées-crénelées vers le sommet. Jeunes branches pourvues de 5 angles aigus ; tige cylindrique d'un diam. de 6-12 cm. Fleurs blanches, petites, disposées en petites grappes

axillaires. F1. en sept. et oct.— Assez abondant dans les grands bois de Sofaya et de la Ravine-Chaude (Lamentin). — Cette liane contient une eau très lim- Dés, — Plantes Guadeloupe et Martinique. 1

pide, sans saveur sensible, rafraichissante; pour en avoir une certaine quanüté, il suffit de couper le tronc dans un endroit quelconque, et, pour empécher l’eau de monter dans la partie supérieure de la tige, d'en détacher lestement un morceau ; avec untronçon de 1 mèt. de long, on peut remplir un verre à boire. — Alt. 180-300 mèt. [N° 3242.]

Elle n'existe pas à la Martinique.

Le Dillenia speciosa Thunb., arbre superbe par son port et son feuillage, originaire de la côte de Malabar, a été introduit à la Martinique en 1869 par l'horticulteur L. Hahn. Il est cultivé au Jardin botanique et dans plusieurs autres localités de l'ile : Carbet, Fort-de-France, etc.

TROISIÈME FAMILLE. — MAGNOLIACÉES.

Talauma Juss. (nom qu'on lui donne en Amérique.)

T. Plumieri. DC. Talauma de Plumier. Vulgo : Maniolia (Magnolia) bois pin. Desc. FI. méd. des Ant., vol. IT, 1. 163, p. 140. Magnolia Plumiert Sw. — Arbre majestueux, haut de 25-35 mèt., à tronc jusqu'à 1% 50 de diam., à bois dur et noir en dedans, mou et blanc en dehors. Feuilles larges, coriaces, ovales-oblongues, rudes. Fleurs grandes, très blanches, d'une odeur forte et

exquise. Fruit strobiliforme. — F1. habituellement d'avril en juin et aussi de sept. en nov. — Assez abondant dans tous les grands bois de la Guadeloupe.

[N° 2995.) MarriniQuE. Vulgo : Bois pin.— Dans tous les grands bois de l'ile, jusqu'à une altitude de 750 mèt. [N° 3.)

Le Magnolia grandiflora S., M. à grandes fleurs, petit arbre, originaire de l'Amérique continentale, est cultivé dans plusieurs jardins de l'île, où il fleurit tous les ans : ex., à Gourbeyre. — A la Martinique, il existe au Jardin des plantes et dans beaucoup d’autres localités de l'ile.

L'Illicium anisalum L., vulgo : l'Anis étoilé, arbrisseau originaire du Japon et de la Chine, se rencontre au Jardin botanique de Saint-Pierre, d’où il s'est répandu dans le pays. Il est célèbre pour ses fleurs et ses graines aroma-

LE

tiques et diurétiques. [N° 1773.

QUATRIÈME FAMILLE. — ANONACEÉES.

Anona L.. (du mot malais « manoa » ou « minona ».)

A. muricala L. Anone à fruits hérissés. Vulgo : Corosolier. Dese., vol. I, t. 81, p. 96; Tuss., FI, IT, & 24. — Petit arbre, dont les plus grands repré-

ANONACÉES 3

sentants ne dépassent guère 6 mèt. d'élévation ; originaire de Caracas et naturalisé depuis de longues années dans toutes les Antilles. Les fruits sont couverts d'écailles irrégulièrement coniques, recourbées et pointues : ils sont très rafraîchissants et se servent à table, surtout le matin; on en mange pendant une grande partie de l’année. — Les tisanes faites avec ses feuilles sont d'un emploi général : elles sont calmantes et favorisent la digestion. Descourtilz place cet arbre à juste titre dans les stomachiques astringents. On se sert des feuilles macérées dans l’eau tiède, pour frotter les parties du corps affectées de coups de soleil. L'écorce est fibreuse et se prête à la confection des cordes. — FI. presque toute l’année.— Abondant dans la région du littoral, Désirade, Marie-Galante et dans toute l’île de la Guadeloupe. [N° 3056 b.]

MartNiQue. Vulgo : Corosolier. — Abondant dans toute l'ile. Alt. 0-350 mèt. [N° 1767.]

A. palustris. L. Anone des marais. Vulgo : Cachiman cochon, bois flot. — Petit arbre touffu dépassant rarement 5 mèt. en hauteur, à écorce noire. Feuilles elliptiques ou oblongues, pointues au sommet, ressemblant assez bien à celles du corosolier. Le fruit, qui tient le milieu, pour la forme et les dimensions, entre la pomme-cannelle et le cachiman ordinaire, ne se mange pas ; les crabes en sont friands. — Avec ses racines spongieuses, on fabrique quelquefois des bouchons. Avec les feuilles, cuites dans l’eau bouillante, les habitants préparent une tisane pour les chevaux atteints de fluxion de poitrine et de la maladie de la gourme. Dans quelques endroits, on fait avec les feuilles une tisane contre la diarrhée, à cause du principe astringent qu'elles

contiennent. Les fruits mûrs servent aux pêcheurs comme appât. — FI. habituellement de juillet en janv. et aussi de nov. en mai. — Abondant dans la

basse région : Ravine de Belost (Basse-Terre), Bouillante, Pointe-Noire, Lamentin, Moule {le long du canal). Alt. 0-140 mèt. [N° 3056.|

MarTiNique. Vulgo : Mamain ou mamin. — Lamentin (habitation Lareinty), Sainte-Luce, Marin. [N° 1764.)

A. squamosa L. Anone écailleuse. Vulgo : Pomme-cannelle. S|., Hist. of Jam., t:227; Tuss., F1., IIL, t. 4: Desc. FI. méd. des Ant., vol. II, t. 83, p+ 65. — Petit arbre souvent torlueux, ne dépassant guère 4 mèt. d'élévation, peu élégant, à branches irrégulièrement disposées. Fruits ronds, glauques, couvertsd'écailles charnues, arrondies, à chair blanche sucrée.— Ils se mangent à table et sont stomachiques. Dans les campagnes, on fait, avec les feuilles, des infusions contre les dérangements de ventre. Descourtilz (loco cit.), place cette plante avec raison dans les stomachiques astringents, — FI. habituellement d'avril en juillet: les fruits mürissent de sept. en fév. — Aime le terrain sec, tuffeux, chaud, près du littoral, et ne se rencontre guère au delà de 140 mèt. d'altitude, [N° 3054.

MarTiniQue. Vulgo : Pomme-cannelle. — Abondant sur tout le littoral. N° 1766.]

A. mucosa Jacq. Anone muqueux. Vulso : Cachiman crême. Tuss., F1., I, {. 28. — Petit arbre de 4-5 mèt. de haut. Fruit grand, presque rond, couvert d'écailles larges, charnues, arrondies ; chair blanche, sucrée, d'un bon goût: il se mange à table. — F1. en avril, mai; les fruits mürissent d'août en déc. — Assez abondant dans les parties basses et sèches de Case-Pilote, du Carbet et surtout du Prècheur. Alt. 0-150 mèt. — Nous n'avons pas trouvé cette espèce à la Guadeloupe. [N° 1763.)

A. reliculala L. Anone réticulée. Vulgo : Cachiman cœur de bœuf. Aublet, Hist. de la Guyane, p. 618 ; SI., Hist. of. Jam., t. 226; Desc” vol. II, p. 61, t. 82; Tuss., FI., I, t. 29. — Petit arbre, haut de 5-7 mèt. Fruits ronds, affectant plus ou moins la forme d’un cœur de bœuf, à surface aréolée, dépourvue d'écailles. — Ils se mangent à table et sont stomachiques. Descourtilz les range dans les stomachiques astringents. Cueillis avant maturité et séchés, on les emploie avec succès contre les diarrhées rebelles. — FI. habituellement en juin-juillet. Les fleurs exhalent, surtout le soir et pendant la nuit, un parfum pénétrant et agréable. Les fruits mürissent d'août en février. — On rencontre plusieurs variétés, dont les principales sont : cachiman blanc, cachiman rouge et vert. Mèmes localités que la pommecannelle, mais moins abondant. Alt. 0-150 mèt. [N° 3055.]

MarmniQuEe. Vulgo : Cachiman. — Saint-Pierre, Prêcheurs, Case-Pilote, Etc [Ne 471

Rollinia R. Br. ‘dédié à Charles Rollin, né à Paris en 1661, professeur de rhétorique et naturaliste ; aida Tournefort dans son ouvrage : Znstitutiones ret herbariæ 1770.)

R. Sieberi Dun. Rollinia de Sieber (botaniste et médecin de Prague, qui a voyagé en Amérique et dans les Antilles). Vulgo : Cachiman montagne. — Petit arbre, haut de 6-8 mèt. Fruits arrondis, habituellement plus volumineux qu'une grosse pomme-cannelle, couverts d'écailles fortes, larges, droites ou presque droites, arrondies à l'extrémité ; chair presque blanche, fondante dans la bouche, légèrement visqueuse, d’une saveur sucrée, agréable. — F1. habituellement d'avril en juin. — Peu abondant. Çà et là quelques pieds au Camp-Jacob et à l'habitation Montéran. [N° 3059.]

Marminique. Vulgo : Cachiman morveux. — Hauteurs du Précheur et du Fond Canonville. [N° 1045.

Guatteria KR. Br. (dédié à J.-B. Guatteri, professeur de botanique à

Parme.)

G. Oureqou Dun. Vulgo : Corosol montagne, petit cachiman des bois. —

ANONACÉES 5

Très grand arbre, droit, couvert d'une écorce noirâtre presque lisse, fournissant d'excellentes fibres, dont les bücherons de Pigeon et de La Bouillante font des cordes très solides. Fleurs verdâtres, parfumées, solitaires à l’aisselle des feuilles tout le long des branches. Fruit mür pulpeux, noir, de la grosseur et de la forme d'une olive ; les oiseaux en sont extrêmement

friands. Le bois est léger et sert à faire des canots et des mâts, — F1. de mars en mai; les fruits mürissent de juillet en août. — Assez abondant dans les

grands bois du Trou aux Trois-Diables (Pigeon) (au-dessus de l'habit. Turlet et Lafaye), bord du Galion du côté du Bassin-Bleu, ete. Alt. 500-800 mèt. N° 3057.]

Marmiique. Vulso : Bois de l'Anglais, mahot anglais. — Çà et là dans les bois de la Fontaine Absalon et du camp de lAlma. Alt, 450-680 mèt. [N° 1767.]

Oxandra Rich. (du grec « oxus » pointu et « aner » homme, pour faire allusion au prolongement, en haut et en bas des anthères, du connectif en un appendice linguiforme.)

0. laurifolia Rich. Oxandre à feuilles de laurier. Vulgo : Bois de lan. Rich... Cuba, t. 8. — Grand arbre droit, à écorce noire. Feuilles coriaces, elliptiques, luisantes. Fleurs petites, axillaires et caulinaires, très nombreuses, disposées le long des branches; boutons verdâtres, exhalant une mauvaise odeur; fleurs très blanches, répandant un parfum délicieux. Cet arbre ne donne pas de fruits; au moins, nous n'avons jamais pu en trouver. — F1, de jum en août. — Assez rare. Bord de la rivière Noire, chemin de la Cascade de Vauchelet. [N° 3088.)

Ne se rencontre pas à la Martinique.

Cananga Rumph. (nom qu'on donne à cette plante à la Guyane.)

CG. odorata J. Hook. Vulgo : Cananga, poivre de Guinée, poivre de nègre, arbre à rubans. Unona odorata Dun. — Grand arbre, originaire des Guyanes et des Indes orientales, introduit au Jardin botanique, d'où il s'est répandu dans l'ile. Les fleurs naissent par paquets à l’aisselle des feuilles le long des branches ; les pétales jaunes, très longs et larges, répandent une odeur forte et agréable ; on les ramasse souvent pour l'usage domestique. Les fruits sont des baies noires, d'un goût âcre et piquant, semblable à un mélange de camphre, de lavande et de thym ; ils sont masticatoires et sialagogues ; les

pauvres s'en servent en guise d'épices. — FI. ordinairement en août el septembre. — Saint-Pierre, Fort-de-France, Parnasse, Sainte-Marie, etc.

AIL. 0-350 mèt. [N° 1762.)

L'Artabotrys odoralissima R. Br., arbrisseau sarmenteux, originaire de l'ar-

chipel malais, est cultivé au Jardin botanique, où il fleurit et donne des

fruits presque toute l’année. Les fleurs et les fruits sont très aromatiques, [N° 1768.]

CINQUIÈME FAMILLE, — MYRISTICÉES.

Myristica L. (du grec « muristicos », parfumé, odorant.)

M. fragrans Houtt. Vulgo : Muscadier. Desc., vol. 8, t. 561. M. moschalta Thunb. — Petit arbre à fleurs dioïques, d'environ 5-8 mèt. de haut, d'un très beau port, originaire des îles Moluques, cultivé depuis de longues années dans les Antilles.— Cet arbre est presque continuellement en fleurs et en fruits et n'éprouve qu'une effeuillaison presque insensible.— En incisant l'écorce, en coupant une branche ou en détachant une feuille, il en sort un suc visqueux et assez abondant, d'un rouge pâle, qui teint le linge d'une manière assez durable. Le bois est poreux, filandreux, d’une grande légèreté et sans odeur. — Le muscadier commence à porter à l’âge de 7 à 8 ans, les graines germent au bout de 25 à 35 jours. — On peut manger un champignon noirâtre, appelé Boletus moschali, qui vient sur le brou entassé. Les fruits sont aphrodisiaques. Dans les campagnes où l’on trouve des muscadiers, on administre, à ceux qui ont de fortes coliques, un mélange de vin chaud, de muscade et d’écorce de cannelle râpées ; une pâte préparée avec du suif, du laudanum et de la muscade râpée, mise dans un linge et appliquée contre le front, fait passer en peu de temps les maux de tête; enfin, le vin chaud, avec de la muscade räpée, semploie souvent contre les refroidissements, les forts

rhumes et les bronchites. — Cultivé çà et là sur les propriétés. Gourbeyre, Trois-Rivières, etc. [N° 3656.] MarmiNiQue. Vulgo : Muscadier. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe,

[No 2012.]

M. fatua Sw. Muscadier fou. M. surinamensis Rol. — Assez grand arbre, à feuilles linéaires-oblongues ; se rencontre çà et là sur les habitations, mais on ne possède que des pieds à fleurs mâles. — Fleurit en Juillet et août. — Mazet l'indique comme existant à la Guadeloupe; nous ne l'avons jamais trouvé. [N° 1053.]

M. sehifera Sw. Vulgo : Muscadier porte-suif. — Est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre.

SIXIÈME FAMILLE. — MONIMIÉES.

Citrosma R. P. (du grec « kitron », citron, et « osmè », odeur, à cause de l'odeur forte qu'exhalent toute les parties de la plante.)

C. glabrescens Prl. Vulgo : Bois citronnier, consoude grand bois. —

MONIMIÉES — MÉNISPERMÉES I

Arbrisseau droit, haut de 3-4 mèt. Feuilles larges, opposées, elliptiquesoblongues, crénelées ou subentières. Fleurs monoïques, les mâles et les femelles mélangées, disposées le long des branches. Les fruits sont des baies rouges contenant 5-6 semences dures. Toutes les parties de cette plante exhalent une odeur forte qui rappelle plus ou moins celle du citron. — Assez abondant : Calebasse, Deux-Choux, Camp de l'Alma. Alt. 480-650 mèt, [N° 1726.] — Je ne l'ai pas rencontré à la Guadeloupe.

SEPTIÈME FAMILLE, — MENISPERMÉES.

Cocculus DC. (de « coccus » ou « kokkos », baie, parce que les fruits sont des baies noires.)

C. domingensis Eng. Pachygone Miers. Vulgo : Liane bamboche bâtard, liane à remède. — Arbrisseau-liane ornemental: feuilles coriaces, arrondies au sommet, oblongues ou elliptiques lancéolées, très vertes. Branches allongées, flexibles, pendantes. Fleurs monoïques en grappes pendantes, allongées. Fruit drupacé, obovale, noir, de la grosseur d’une petite olive.

Assez rare :

Morne Gobelin (Gourbeyre ). — Fleurit en janvier et février, gr. mûres en mai et juin. Alt. 400-550 mèt. [N° 3432.

Marminique. Vulgo : Liane perruche. — Rare : Fonds Saint-Denis près de

Le Cocculus laurifolius DC, arbrisseau d'ornement, originaire du Nepaul, est cultivé au Jardin bot. de Saint-Pierre, d’où il s'est répandu dans les

jardins du pays. [N° 1788.]

l'endroit nommé Porte de l'Enfer, Camp de l'Alma.

Cissampelos L. (du grec « kissos », lierre, et « ampelos », vigne, c'est-à-dire liane-grimpant à la manière du lierre.)

CG. Pareira L. Vulgo : Liane amère, liane corde, liane quinze jours. Desce., vol. 3, t. 201. — Liane ornementale à cause de son feuillage. Racines volumineuses; tiges minces, flexibles, tombantes. Feuilles cordiformes, arrondies, le plus souvent légèrement peltées. Fleurs très petites, monoïques, en grappes minces, pendantes, disposées en une série de petits corymbes latéraux, les femelles supportées par une bractée, grande, en forme de cuiller. Fruits noirs, poilus, pulpeux, sphériques, de la grosseur d’une graine de poivre. — Les feuilles et les racines ont une saveur faiblement amère. Desc., p. 235, met cette espèce dans les alexitères internes ; il vante la racine comme très efficace contre les néphrites calculeuses et les maladies des voies urinaires, l'engorgement des bronches et des poumons par des matières visqueuses, el enfin contre les morsures du serpent. Dans le pays, on ne se sert que rarement de cette plante dans la médecine domestique.— FI, de nov. en avnl, —

8 PLANTES DE LA GUADELOUPE Ef DE LA MARTINIQUE

Abondant dans les haies et les broussailles de la basse et moyenne région : Gourbevre, Trois-Rivières, Vieux-Habitants, ete. Alt. 0-600 mèt. [N° 2586.]

Marmique. Vulgo : Liane serpent. — Abondant : Trois-Ponts, Vallée du Carbet, etc. — Les feuilles et les racines pilées sont employées contre la

morsure du serpent; avec les feuilles et les fruits, on enivre les poissons. [N° 1040]. Variété Caapéba [N° 1041].

IN° 1038.) — Variété macrocarpa

HUITIÈME FAMILLE, — NYMPHÉACÉES.

Nymphæa L. (du grec « numphé », nymphe, habitante des eaux.)

N. ampla L. Nymphæa à larges feuilles. Vulgo : Grand follet. — Herbe aquatique, vivace, à grandes feuilles larges, rondes, sinuées-dentées, flottant à Ja surface des mares d'eau douce. Les fleurs durent 3 ou 4 jours, se ferment pendant la nuit, se rouvrent dans la journée: avant de se faner, elles changent leur couleur blanche et éclatante en une belle couleur de feu.— FI. de mai en nov. — Petit Canal, Moule (mare du Cocotier) et dans beaucoup de mares

De

de la Grande-Terre. [N° 3657.) Marnnique. Vulgo : Chapeau d'eau. — Case-Pilote, Rivière-Salée, Trois- Jets (mare de la Plaine). [N° 1771.

NÉUVIÈME FAMILLE, — PAPAVÉRACÉES.

Argémone L.. {du grec « argemon », tache blanche dans l'œil, affection de l'œil appelée cataracte, à cause de l'usage qu'on faisait de cette plante dans le traitement de cette maladie.)

A. mezxicana L. Vulgo : Chardon, zerbe chardon, zerbe dragon. Dese., vol. 9. €. 380. — Herbe annuelle, originaire du Mexique, haute de 30-80 cm. Feuilles larges, ornementales, pinnatifides, épineuses sur les nervures et sur les bords, le plus souvent panachées de blanc. Fleurs grandes jaunes, termi-

nales, solitaires. Capsules hérissées d'épines. — Terrains cultivés ou incultes de la basse région. Toute la plante contient un suc laiteux jaunâtre et a une

odeur vireuse. Les racines en décoction servent à arrêter la chute des cheveux. Desc., p.288, fait grand cas de cette herbe. I] dit que les fleurs sont pectorales et somnifères el produisent des effets salutaires dans l'inflammation de la gorge et de la poitrine et, lorsqu'elles sont associées aux malvacées, dans les pleurésies. « Son extrait aqueux est utile dans les affections tétaniques, dans l’épilepsie nerveuse des enfants, leurs toux convulsives et autres maladies spasmodiques, qui réclament des préparations opiacées, Pour l'extérieur,

PAPAVÉRACÉES — CRUCIFÈRES y

j'ajoutais des feuilles et fleurs d'argémone aux injections anodines, propres à calmer les douleurs brüûülantes et aiguës des pustules vénériennes. Les graines,continue-{-il, sont purgatives et ont, parmi les habitations des colonies, la réputation d'être utiles dans les diarrhées et les dysenteries. Les feuilles, contusées et appliquées extérieurement, apaisent les douleurs céphalalgiques et celles des opthalmies. Comme l'argémone provoque la sueur et le sommeil, on en associe les fleurs aux diaphorétiques et le sirop aux polions calmantes. Le vin de Madère dans lequel on a laissé er macération l'argémone dissipe les taies de la cornée et les verrues. » Fleurit de janv. en avril. —Basse-Terre (cimetière des pauvres), Vieux-Habitants, Pigeon. Alt. 0-120 mèt. [N° 2434.] Marmnique. Vulgo : Chardon marbré, herbe dragon.—Abondant : Carbet, Saint-Pierre, Précheur, ete. Dans le sol sablonneux. [N° 1776.)

Bocconia L.. (dédié par Linné à Bocconi, botaniste sicilien de l'ordre des Cisterciens, auteur d'ouvrages botaniques, mort en 1704.)

B. frutescens. L. Bocconie en arbre. S., Hist. of Jam., t. 125; Desc., vol. Lt. 54.

jusqu'à 4 mèt. d'élévation. Les jeunes liges meurent tous les ans, et la tige

Suffrutescent, souvent presque arborescent, pouvant atteindre

principale, en produisant des rejetons, peut durer 5-7 ans. Ornemental, à cause de ses feuilles glauques-blanchâtres, larges, ressemblant assez bien, quant à la forme, à celles de l'arbre à pain. Fleurs petites, en

panicule ample, terminales. — Peu abondant ; çà et là dans les savanes humides et les ravines abruptes de la moyenne région; Camp-Jacob, Gour- . [e] ] bevyre, environs de Dolé, ete. — Desc., p. 235, range cette plante dans les J I ; D I

vermifuges. Dans le pays, elle est trop rare pour que la médecine domestique puisse en profiter. Alt. 200-700 m. [N° 2439 à et 2439 D.

Marnnique. — Également peu abondant : Fontaine-Chaude, hauteur du Prêcheur. [N° 1775 a.et b.]

DIXIÈME FAMILLE. — CRUCIFERES.

Lepidium L. (du grec « lepis », écaille, allusion à la forme des silicules. 5 Ï ;

L. virginicum L. Lepidium de la Virginie. Vulgo: Cresson de savane, cresson sauvage. Lepidium /beris. Desc., vol. 1, € #1. — Herbe annuelle droite, haute de 20-70 cm. Feuilles lancéolées serrelées. Fleurs blanches, en racèmes allongés. Les jeunes feuilles se mangent cuites et plus souvent crues en salade. Dese., p. 113, place cette herbe dans les stomachiques antiscorbutiques, presque au même titre que le cresson. — Abondant dans les endroits un peu humides, cultivés ou abandonnés. Basse-Terre.

(No 2298. |

MarriniQue. Vulgo : Cresson de savane, — Se mange souvent en salade, — Saint-Pierre, Trois-Ilets, etc. [N° 1787.]

Senebiera Poir. (dédié au physiologiste Sénébier, de Genève.)

S. pinnalifida DC. Sénébier à feuilles pennifides.—Herbe annuelle, couchée, longue de 15-40 cm. Branches flexibles, feuilles profondément incisées (penniséquées). Fleurs vertes, pelites, en racèmes,courts, opposés aux branches. — Cette plante émet une forte odeur vireuse et désagréable ; elle passe pour être vénéneuse. — Dans les champs cultivés et les jardins, où il vit en société et forme parfois un véritable gazon. Saint-Pierre (habit. Plaisance), Lamentin. [N° 1786.] — Nous ne l'avons pas trouvé à la Guadeloupe.

Cakile Tournef. (nom arabe, dont Sérapion s'est servi le premier pour dénommer la plante en question ; on prétend qu'il vient du grec « kalè » ou « kelè », enflement, faisant allusion à la nature des racines.)

C. aequalis L'Hérit. Vulgo : Chou bord de mer. Dese., vol. I, t. 43. C. marilima Rich. C. cubensis Kth. Bunias cakile Desc. — Annuel ou bisannuel, plus où moins droit ou tortueux, haut de 30-80 cm, Feuilles charnues, lancéolées. Fleurs blanches en grappes allongées. — A la Désirade, on mange les feuilles en guise de salade ; elles ont assez exactement le goût du chou de France. Desc., p. 199, met cette herbe dans les stomachiques antiscorbutiques. — Vit en société sur les plages sablonneuses de la Désirade, du Moule, de Saint-François, de Sainte-Anne, de Marie-Galante, ete. — FI. à toutes les époques de l’année.

Ne se rencontre nullement à la Martinique. [N° 3659.]

Sinapis L. (du grec « sinapi », sénevé, moutarde.)

S. juncea L. Vulgo : Moutarde : Desc., vol. 6, t. 430. Sinapis n1gra Desc. — Annuel, droit, haut de 40-90 cm. Feuilles inférieures en forme de lyre, dentelées, les supérieures elliptiques, petites. Fleurs jaunes en grappes allongées. — FI. surtout pendant la saison des pluies. — Dans les champs et autour des maisons. Au Camp Jacob et à Gourbeyre, on le cultive quelquefois et on vend les graines aux pharmaciens. Alt. 0-800 mèt. [N° 2299. ]

MarmNiQue. Vulgo : Moutarde sauvage. — Dans les champs : Trois-Ilets, Trinité. [N° 1785.

Le Nasturtium officinale R. Br., vulgo : Cresson de fontaine, cresson de A la Marti-

nique, entre le camp de l’Alma et les Deux-Choux, on traverse des savanes

France, est cultivé dans le pays pour les besoins de la cuisine.

aquatiques où le cresson pousse à foison et sur une grande étendue ; on trouve aussi sur les bords de la Capote (Champflore) beaucoup de petits endroits couverts de cresson, — Il nefleurit jamais.

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