‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 43 sur 211 · VINGT-DEUXIÈME FAMILLE. — BOMBACÉES · texte numérisé non relu

VINGT-DEUXIÈME FAMILLE. — BOMBACÉES

Pachira (nom qu'on lui donne à la Guyane).

P. aqualica Aubl., Carolinea princeps L. fils, P. grandiflora Tuss., F1., IV, t. 3 et 4; P. aquatique. Vulgo : Cacao sauvage. — Grand bel arbre, à branches cassantes. Feuilles larges, glabres, palmées, composées de 5-7 folioles obovales-oblongues, presque sessiles, glauques en dessous. Fleurs axillaires, à corolle longue de 25-30 cm., à 5 pétales d'un rouge de feu, duvetés, en forme de lanières; étamines rouge foncé, très nombreuses, d’abord monadelphes sur une longueur de 5-6 cm., se divisant ensuite en 12-16 faisceaux monadelphes, qui à leur tour se subdivisent en faisceaux plus petits: calice tronqué, cupuliforme, couvert d'un duvet roux noir. Fruit capsulaire, de la forme et de la grosseur de celui du cacao, sauf les sillons, noir, duveté, à 9 loges multiovulées, s'ouvrant par déhiscence loculicide; semences ovoïdes, anguleuses, brunes en dehors, blanches en dedans : elles se mangent crues ou cuites sous le nom de châtaignes. — FI. en février et mars; fruits mürs en juillet-août. — Çà et là dans la région inférieure et moyenne : Bagatelle, Basse-Terre (cour du Gouvernement), Camp-Jacob, etc. [N° 3068.]

MarnniQue. Vulgo : Châtaignier. — Introduit de Cayenne, cultivé au Jardin botanique, d'où il s'est répandu dans le pays. [N° 2043.]

Eriodendron Desc. (formé de deux mots grecs, qui signifient « laine » et «arbre », allusion à la soie qui enveloppe les graines.)

E. anfractuosum Desc., Bombax Cerha L.; Eridendre anfractueux. Vulgo : Fromager. Cav. Diss., {. 151; Desc., vol. IV, t. 247, p. 64. — Arbre gigantesque, le plus grand des Antilles, à tronc armé de piquants, surtout quand il est jeune, souvent ventru, à branches horizontalement et irrégulièrement

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BOMBACÉES SI

disposées. Feuilles palmées, à 5-7 folioles lancéolées ou oblongues-lancéolées, brièvement pétiolées, entières. Fleurs axillaires, fasciculées, ramassées à l'extrémité des branches, très nombreuses, pédonculées, corolle à 5 pétales cohérents à la base, couverts d'un duvet luisant, argenté en dehors; calice près de deux fois plus courts que la corolle, muni de 5 dents arrondies ; étamines 3, subulées exsertes, unies à la base, portant chacune 2-3 anthères uniloculaires, formant ensemble un petit globule anfractueux; style élargi au sommet; sligmate capité. Fruit de la forme d'un petit concombre, rétréci à la base, à 5 loges mulliovulées à déhiscence loculicide ; semences nombreuses, ovoïdes, pointues, de la grosseur d’un pois, enveloppées d’un duvet

long, brun, cotonneux.— FI. en janvier et février: fruits mûrs en avril, mai. — Perd les feuilles tous les ans à l’époque de la floraison. — Le bois est mou et

ne peut servir pour la construction. Les pauvres utilisent quelquefois le coton pour faire des matelas, oreillers, ete. Les fleurs sèches exhalent une très agréable odeur : vertes ou sèches, elles ont toutes les propriétés émollientes des Malvacées. Selon Descourtilz, qui range cet arbre dans la catégorie des plantes diurétiques, adoucissantes, la racine est apéritive et s'emploie avec succès dans les cas d’ascite ou d'hydropisie du ventre et d’anasarque ou d'hydropisie qui envahit les chairs; l'écorce de la racine serait vomiüve et son suc, joint à la pulpe de tamarin, provoquerait l'émission des urines et des déjections alvines. Je n'ai pas entendu dire qu'on se serve souvent de cette plante dans le pays. — Assez abondant dans les bois de la moyenne el surtout de la basse région : Basse-Terre, Le Baillif, Moule, Morne-à-l'Eau, etc. [N° 2322.|

Martinique. Vulgo : Fromager. — Basse et moyenne région : Carbet, Précheur, etc. | N° 2029.]

Ochroma Sw. (du grec « ochroma », pâleur, à cause de la couleur pâle de ses fleurs.)

0. Lagopus Sw. ; O. à fruits en patte de lièvre. Vulgo : Pripri, fromagermapou, bois-flot. Cav. Diss., t. 153. — Le plus souvent, arbre de taille moyenne, à branches horizontales et souvent inclinées, très cassantes. Feuilles très larges, un peu plus larges que longues, palminerviées, en cœur à la base, très grossièrement dentées, à 3 lobes peu marqués ou à 3 angles, couvertes en dessous d'un duvet roux, glabres en dessus. Fleurs de 13-14 cm. de long, terminales ; corolle jaune pâle, à 5 pétales obovales, pubescents en dehors, épais et charnus; calice à 5 lobes imbriqués, pubescents, dont deux plus courts et pointus, avec la pointe réfléchie, et trois autres plus grands, arrondis; étamines en colonne tubuleuse ; anthères nombreuses, linéaires, plissées en zigu zag, adnées à 3 masses charnues, contournées en tire-bouchon et terminées par 9-6 segments ; sligmales 5, exserts, linéaires, tordus en spirale en un corps cylindrique pointu ; pédoncule long portant 2-3 bractées caduques. Fruit

Düss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. 6

capsulaire long de 20-25 em., pourvu de 5 sillons longitudinaux, profonds, à » valves multiovulées s’ouvrant par déhiscence loculicide ; graines très nombreuses, arrondies, brunes, entourées d'un coton fin, roux pâle. — FI. en mars et mai; fruits mûrs en juin et juillet, — L'écorce est très fibreuse et on en fait des liens très solides. Le bois, à cause de sa légèreté et sa porosité, est impropre à la construction; les pêcheurs coupent les branches en morceaux et s’en servent pour faire flotter les filets et les seines: le bois, sec et tendre, sert encore à aiguiser les couteaux et les rasoirs. — Peu abondant. Gà et là dans les ravines, les savanes et les bois de la basse et de la moyenne région. Camp-Jacob {rivière aux Écrevisses), Le Baillif (habitation Sainte-Sophie), Deshaies, ete. [N° 3634.)

Marmnique. Vulgo : patte-de-lièvre, bois-flot, bois-rasoir, bois-de-liège. — Sert aux mêmes usages qu'à la Guadeloupe. Peu abondant. — Ajoupa-Bouillon, Fonds-Saint-Denis, hauteur de la Basse-Pointe. {N° 2030.)

Myrodia L. {du gree « muron », baume, à cause de l'odeur agréable qu'exhalent les fleurs et les graines.)

M. turbinata L.; M. à calice turbiné. Vulgo : Bois-lélé. Sw., F1., t. 22, analys. — Petit arbre droit, à branches divariquées, irrégulièrement disposées, souvent pendantes, à écorce grise. Feuilles coriaces, elliptiques, entières, ressemblant à celles du cacaoyer, mais de moindre dimension. Fleurs petites, axillaires et caulinaires, solitaires, fixées tout le long des branches, exhalant un parfum des plus exquis et qui persiste dans la plante sèche; corolle à pétales spatulés, d’abord blancs, ensuite jaunâtres, pubescents en dehors: calice d’abord ovoïde, ensuite turbiné, se déchirant irrégulièrement en 4-6 lobes, colonne staminale longuement exserte , élargie au sommet en » dents, portant 15 anthères sessiles et biloculaires; stigmate 1, capité. Fruit rond comprimé par le haut, indéhiscent, à 1-2 graines, à

péricarpe ligneux. — FI. de septembre en Janvier. — Assez abondant dans les grands bois humides de la fontaine Absalon. [N° 588.] — Nous ne l'avons

pas trouvé à la Guadeloupe.

De cette famille, on rencontre çà et là l'Adansonia digitala L., originaire d'Afrique. Vulgo : Baobab, pain de singe!. Basse-Terre, enceinte du Vieux- Gouvernement, et à la Martinique au Jardin botanique, aux Trois-Ilets (habitation Anse-à-l'Ane, au Robert, ete. [N° 1500.

1. Pour les multiples applications des diverses parties de ce végétal à l'alimentation, à la médecine et à la fabrication de textiles, voir : 1° L'étude de MM. Heckel et Schlagdenhauffen sur cette espèce (Journal Les nouveaux remèdes, 1886). 2° Le travail de M. Gerber sur le genre Adansonta, dans Annales del Instilut colonial de Marseille, 1896. — La pulpe qui entoure les graines, les feuilles et l'écorce sont des émollients et des rafraîchissants, (E. H.)

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