‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 75 sur 211 · CINQUANTE-SIXIÈME FAMILLE. — PIPERACEES · texte numérisé non relu

CINQUANTE-SIXIÈME FAMILLE. — PIPERACEES

Peperomia R. Br. (du grec « peperi », poivre, et « homos », semblable, parce que ces plantes ont des vertus et une saveur semblables à celles du poivrier.)

P. nummularifolia Kth.; Pépéromie à feuilles de nummulaire. Vulgo Gironflé {mot corrompu de giroflé). Plum., édit Burm., t. 69. — Petite herbe épiphyte, vivace, rampant en tous sens, radicante, à tiges très nombreuses, souvent très allongées, filiformes et partout de la même épaisseur, très enche-

vêtrées. Feuilles petites, rondes, quelquefois légèrement obovées, larges de 5-7 mm., convexes en dessous, concaves en dessus, succulentes, vert clair tendre, palminerviées, à 3 nervures à peine visibles ; pétioles filiformes, plus courts ou aussi longs, ou plus longs que les feuilles. Fleurs en épis pédoneulés, en forme de petits chatons cylindriques, solitaires, longs de 18-20 mm., droits ou arqués ; étamines 2, à anthères sessiles; stigmate sessile, très petit. Fruit ovoïde,.sessile. — Sur les arbres vivants ou pourris et sur les pierres humides des grands bois du Lorrain, du Camp de l'Alma, de la Montagne- Pelée, ete. — Cette herbe est aromatique, surtout quand elle est sèche; elle est très sudorifique : les bûcherons, les charbonniers la recueillent et s'en servent en décoction ou en tisane contre les fluxions de poitrine, les pleurésies, les bronchites, etc. Alt. 400-900 mèt. [N° 269.]— Elle ne se trouve pas à la Guadeloupe.

P. rotundifolia Kth.; Pépéromie à feuilles rondes. Vulgo : Petit-mouron. — Ressemble beaucoup au précédent; il en diffère par ses feuilles plates, finement ciliées sur les bords et par ses épis plus longs. — Elle est également sudorifique et s'emploie souvent contre les fluxions de poitrine et les bronchites. — Sur les arbres vivants et les souches pourries des grands bois humides des Bains-Jaunes, de Matouba, du Gommier, des Trois-Rivières, etc. [N° 2828.]

Je ne l'ai pas trouvé à la Martinique.

P. exilis Grisb.; Pépéromie à tiges délicates. Vulgo : Petite-sironflée. — Épiphyte, rampant, radicant, à tiges capillaires, très délicates. Feuilles rondes, succulentes à l’état vert, membraneuses et comme transparentes à l’état sec, longues de 1-25 mm. Épis longs de 4-6 mm. Branches fructifères aussi longues que les épis. — Rare : Bois du Camp de l'Alma, des Pitons-du-Carbet, de la Galebasse, etc. Alt. 500-900 mèt. [N° 1260.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.

P. emarginella Sw.; Pépéromie à feuilles échanerées. — Épiphyte, radicant, rampant, à tiges très nombreuses, filiformes, très enchevêtrées. Feuilles obcordées, rétrécies à la base, longues de 1-3 mm., un peu plus longues que larges. Épis solitaires, filiformes, longs de 10-12 mm., pédonculés. — Assez rare. GÇà et là sur les arbres et les vieilles souches des grands bois, dans les endroits sombres : Grand-Étang (Capesterre), Trois-Rivières. Alt. 370-800 mèt. [N° 2829.|

Il n'existe pas à la Martinique.

P. {enella Dietr.; Pépéromie délicate. Vulgo : Mouron vivace. — Épiphyte, rampant, radicant, à tiges comprimées, très flexibles, souvent presque filiformes, toujours ascendantes. Feuilles alternes-distiques, confinées aux extrémités des branches, ovales-lancéolées, épaisses, brusquement rétrécies, en pointe obluse au sommet, atténuées à la base, longues de 5-12 mm. sur

PIPÉRACÉES 171

3-8 mm. de large ; à 3 nervures distinctement visibles en dessus, vert pâle ou blanchâtres en dessous. Epis légèrement recourbés, longs de 10-13 mm., assez longuement pédonculés; étamines à filaments distincts; stigmates en forme de pinceau. Fruit elliptique, rétréci aux deux extrémités, de la grosseur d'une petite tête d'épingle. — Rare. Vit en société dans les mousses, sur les arbres vivants ou pourris de la haute région : plateau de la Soufrière, coulée de la Ravine-à-Déjeuner, au pied de la Grande-Découverte, morne du Matelyane, etc. Alt. 800-1400 mèt. [N° 3248, 3616.|

P. pellucida Kth.; Pépéromie à feuilles transparentes. Vulgo : Cochlearia. Desc., vol. IIT, t. 226, p. 340. — Herbe annuelle, tantôt droite, tantôt plus ou moins couchée, à racines blanchâtres, filiformes, traçantes ou non; à tiges délicates, aqueuses, très glabres, blanchâtres ou rougeâtres, de hauteur variable, mais n'excédant qu'exceptionnellement 50 em. d'élévation, alternativement et largement cannelées entre les nœuds. Feuilles alternes, subcordées-deltoïdes, obtusément pointues au sommet, palminerviées ; à 5 nervures principales, très vertes en dessus, vert pâle en dessous, succulentes à l'état vert, membraneuses et munies d'une infinité de points transparents à l'état sec : les adultes sont larges de 13-13 mm. et presque toujours plus larges que longues; les pétioles sont cannelés, plus courts que les feuilles. Épis axillaires et terminaux, cylindriques, solitaires ou réunis par deux, eflilés, légèrement recourbés, brièvement pédonculés, longs de 3-6 cm.; bractées oblongues, caduques ; étamines 2, à filets distincts, insérées à la base de l'ovaire ; stigmate en forme de pinceau. Fruits placés à distance, ovoïdes-arrondis, sessiles, d’abord verts, ensuite jaunâtres, puis noirs, du volume de la tête d’une petite épingle. — Descourtilz classe cette herbe dans les alexitères internes, On se sert souvent de la décoction des tiges et des feuilles comme un excellent sudorifique et un puissant antiscorbutique ; la même décoction, employée en gargarismes prolongés, calme les maux de dents. — Très abondant dans les terres cultivées, le long des murs et des sentiers, sur les vieux toits et autour des vieux bâtiments de toute l'ile. AÏt-0-900 mèt. [N° 2571.]

Marminique. Vulgo : Herbe à courèze ou couresse (parce qu'on croit que la couleuvre, nommée courèze ou couresse, fait la guerre au trigonocéphale et qu'elle a recours à cette herbe comme à un contre-poison, lorsqu'elle est piquée dans la lutte). — Très abondante dans tous les quartiers de l'île, où elle joue un plus grand rôle qu'à la Guadeloupe, à cause de son emploi interne et externe contre les morsures du serpent. [N° 1265.

P. acuminala L.. ; Pépéromie à feuilles acuminées. Vulgo : pourpier bâtard.

, le] — Vivace, haut de 40-60 cm., terrestre, stolonifère, droit, penché aux -extrémités, à une ou plusieurs tiges, grosses, très succulentes, nues dans le bas, peu branchues, rougeâtres ou blanchâtres, fortement renflées aux nœuds:

partie supérieure des tiges et des rameaux, à 3-4 angles aigus. Feuilles longues de 25-35 cm. : les inférieures, alternes; les supérieures, opposées, succulentes avant la dessication, elliptiques, acuminées au sommet ou en pointe obtuse, munies sur les deux faces de nombreux points transparents, à 5 nervures principales, dont les 3 intérieures sont peu prononcées; pétiole large, court, cannelé en dessus, semi-amplexicaule. Épis solitaires, réunis par 2, plus rarement par 3, toujours d'un âge différent, eflilés, longs de 9-10 em. ; pédoncules courts : stigmate petit. Fruit globuleux, sessile, surmonté d'une pointe courte et rigide. — Abondant dans les endroits pierreux, montueux et secs : Houëlmont, Gourbeyre (morne Goblin), mornes calcaires des Grands-Fonds du Gozier. Alt. 100-430 mèt. [N° 2830.|

Marmnique. Vulgo : Pourpier-bois, pourpier bâtard. — Abondant au plateau des Trois-Ilets, dans les hauteurs pierreuses de Case-Pilote {habitation Fond-Layette). [N°5 498, 1262.]

P. glabella Dietr., variété nigropunclata Miq.; Pépéromie à feuilles glabres, variété à feuilles ponctuées de noir. Vulgo : Mouron. — Épiphyte, rampant, radicant, flexible; à branches libres, très souvent pendantes et toujours divergentes, allongées et munies de points noirs. Feuilles glabres, succulentes, ovées ou ovées-lancéolées, acuminées et obtusément pointues au sommet, longues de 2-7 cm. sur 6-40 mm. de large, rétrécies à la base; à 3-9 nervures principales, habituellement munies des deux côtés de points noirs ; pétiole court, étroit, cannelé en dessus. Épis minces, allongés, le plus souvent réunis par deux, d'un âge différent, longs de 6-9 cm., souvent recourbés au sommet; pédoncules longs de 5-7 mm. Fruit sessile, ovoïdeglobuleux, surmonté d'une petite pointe. — Très abondant sur les arbres, les pierres, les souches pourries des grands bois et des savanes humides. AIL. 30-900 mèt. — Cette herbe est sudorifique et s'emploie souvent dans la médecine domestique. [N° 2567.)

MarmNiQuEe. Vulgo : Mouron grande-feuille. — Très abondant dans les bois, jusqu'à une altitude de 800 mèt. [N°5 500, 501.

P. hernandifolia Dietr. ; Pépéromie à feuilles de Hernandia. Vulgo : Mouron grand-bois, siguine noire, petite siguine. — Petite liane, très ornementale, rampante ou le plus souvent grimpante, radicante, à lige peu branchue, succulente, renflée aux nœuds, haute de 1-2" 60. Feuilles petites, alternes, épaisses, ovées, cuspidées au sommet, longues de 8 cm. sur 6 em. de large; à 7-9 nervures invisibles sur les feuilles vertes et à peine visibles sur les sèches : face inférieure, d’un blanc verdâtre; face supérieure, vert noir, luisante et comme veloutée, souvent panachée de vert tendre ; pétiole prenant naissance dans le dernier tiers inférieur de la feuille, à peu près de la même longueur que le limbe, cylindrique comprimé. Épis terminaux ou axillaires, longs de 3-4 cm.:; pédoncules le plus souvent plus longs que les

PIPÉRACÉES 173

épis. — Assez rare. Çà et là dans les endroits très humides et sombres des grands bois : chemin des Bains-Jaunes à la Savane à Mulets, bois de Trois- Rivières, morne du Matelyane, etc. Alt. 400-1000 mèt, [N° 2570.)

MarrmniQuEe. Vulgo : Gironflé grande-feuille. — Bois élevés de l’Ajoupa- Bouillon, du Matouba, du Lorrain, ete. [N° 1264.|

P. bracteiflora D. C.; Pépéromie à fleurs entourées de bractées. Vulgo : Mouron., — Épiphyte, rarement terrestre, haut de 20-40 cm., couché, radicant, ensuite ascendant; à tiges cylindriques, noires, légèrement renflées aux nœuds, à jeunes tiges et branches velues, disposées en zigzag. Feuilles longues de 1-5 cm. sur 5-3 mm. de large, ovées, brièvement acuminées au sommet, subarrondies ou rétrécies à la base, finement et fortement ciliées sur les bords, légèrement pubescentes en dessus, blanchâtres en dessous et couvertes d'une infinité de petites écailles, qui, à l’état vert, les font paraître comme saupoudrées de petits cristaux luisants, munies (à l’état sec) de points transparents; péliole court, velu. Épis longs de 3-5 cm., à fleurs insérées sur de pettes protubérances constituées par des bractées verruqueuses. Fruit globuleux et verruqueux. — Assez abondant le long des ruisseaux, sur le vieux bois, les arbres vivants, les pierres humides, etc. : Ravine-à-Déjeuner {au pied de la Grande-Découverte), au Matelyane, route des Bains-Jaunes à la Savane à Mulets, montagne de la Madeleine (Trois-Rivières), etc. Alt. 500- 1000 mèt. [N° 2567 à.]

MarmiNiQue. Vulgo : Gironflé. — Abondant dans les clairières de la Montagne-Pelée, des bois des Fonds-Saint-Denis, du Camp de l’Alma, etc. [N° 497.]

P. magnolifolia Dietr. ; Pépéromie à feuilles de Magnolia. Vulgo : Queuede-lézard, — Épiphyte et terrestre, rampant, radicant, ensuite ascendant, à tige souvent unique, charnue, ferme, cylindrique, nue dans le bas, peu feuillue dans le bout, ne dépassant que rarement 40 em. de haut. Feuilles glabres, épaisses, charnues, longues de 7-10 em. sur 5-7 cm. de large, obovales, arrondies ou plus rarement échancrées au sommet, à nervures pennées, presque invisibles à l’état vert; pétiole plus ou moins cannelé et amplexicaule. Épis minces, fermes, solitaires ou réunis par 2, terminaux, longs de 10-16 cm. ; anthères blanches. Fruit ovoïde, sessile, plus long que le bec subulé qui le surmonte. — Abondant dans les terres pierreuses, sèches Houëlmont, hauteurs du Vieux-Fort, Trois-Rivières (dans les chemins de certaines caféières). Alt. 80-400 mèt. [N° 2572.)

MarrniniquEe. Vulgo : Queue-de-lézard. — Abondant. Hauteurs pierreuses de Case-Pilote et des Trois-Ilets, etc. [N° 1267.]

P. obtusifolia Dietr., variété cuneata Miq.; Desc., vol. V, t. 313, p. 37. Plum., Descript., t. 70. — Pépéromie à feuilles obtuses, variété cunéiforme. Vulgo : Queue-de-lézard. — Vivace, à tige couchée, ensuite ascendante, peu

branchue, haute de 30-40 em. Feuilles longues de 35-45 cm. sur 10-15 cm. de large, charnues, fermes, obovales, rétrécies en un pétole court, cannelé en dessus, amplexicaule. Épis très droits, fermes, longs de 11-12 cm. Fruit ovoïde, aussi long que le bec recourbé qui le surmonte. — Descourtilz; qui place cette herbe dans les rafraîchissants aqueux, dit que le suc récent de toute la plante est doué de propriétés rafraîchissantes, tempérantes et laxatives ; il le prescrit dans tous les cas inflammatoires, surtout dans la néphrite, l'entérite, dans les affections bilieuses et les maladies des voies urinaires ; il l'ordonne avec beaucoup d'avantages dans le scorbut. Dans le pays on emploie cette espèce ainsi que la précédente en décoction comme sudorifique contre les refroidissements et les fièvres. — Assez rare. Çà et là sur les pierres et les souches pourries des bois inférieurs des Trois-Ilets, de la Régale et des hauteurs de la Rivière-Pilote. Alt. 150-369 mèt. [N° 1266.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.

P.{rifolia Dietr.; Pépéromie à trois feuilles. Vulgo : Mouron. — Épiphyte, rampant, radicant ; à branchesnombreuses, articulées, tétragones, très flexibles, souvent très allongées et verticalement pendantes : les jeunes, pubescentes. Feuilles longues de 10-15 mm. sur 7-13 mm. de large, le plus souvent verticillées par 3, rarement par 4, ovales, rondâtres ou obovales, arrondies ou légèrement échancrées au sommet, succulentes, à 3 nervures bien prononcées ; pétiole pubescent; rachis fovéolé. Épis droits ou recourbés, terminaux, eflilés, longs de 5-6 cm. Fruit globuleux, surmonté d’un petit bec. — Abondant sur les arbres vivants, les vieilles souches et les troncs pourris : Monterau, Camp-Jacob, rivière Noire, hauteurs des Vieux-Habitants, bois du Grand-Étang et de l'Étang-Zombi (Capesterre). Alt. 250-700 mèt. — Cette herbe jouit d'une grande réputation comme sudorifique : on l'emploie fréquemment en décoction ou en tisane contre les fièvres, les bronchites, etc. [N° 3617.]

MarmnixiQue. Vulgo: Gironflé, mouron. — Abondant. — On en fait le même usage qu'à la Guadeloupe. — Morne-Rouge, Parnasse, Calebasse,

hauteurs humides du Prêcheur, fontaine Didier, ete. [N° 1263.]

< P. Balbisu Dahlsted ; Pépéromie de Balbis. Vulgo : Mouron rouge. — Epiphyte, d'abord rampant, radicant, ensuite dressé, à tiges rigides, très branchues, tétragones-cannelés, souvent dichotomes, inférieurement nues. Feuilles le plus souvent opposées-distiques, rarement verticillées par 3, plus rarement encore par 4, longues de 4-10 mm. sur 3-6 mm. de large, obovaleselliptiques, arrondies ou échancrées au sommet, rétrécies à la base en un pétiole très court, succulentes à l’état vert, membraneuses après dessiccation, finement etbrièvementciliéessurles bords : lesadultes, à 5 nervures ; les jeunes, à 3 (les deux autres étant à peine visibles à l'état frais), à côte bien visible. Épis solitaires ou groupés par 2, (terminaux, minces, longs de 25-30 mm. — Peu

r La 2 Lot.

PIPÉRACÉES 175

abondant. Gà et là sur les troncs pourris, sur les arbres vivants, au milieu des mousses et des petites fougères : Bains-Jaunes, Camp-Jacob, coulée de la Ravine-à-Déjeuner (au pied de la Grande-Découverte), plateau de la Soufrière. Alt. 700-1480 mèt. [N° 2566.]

Il n'existe pas à la Martinique.

Piper L. (du latin « piper », poivre, venant du grec « peperi », ou du nom indien « pipla ».)

P. pellatum L., Pothos pellata Miq.; Poivrier à feuilles peltées. Vulgo : Bois-anisette. Plum., Descript., t. 74; Desc., vol. IV, t. 236, p. 14 (figure mal faite). — Sous-arbrisseau haut de 1-1" 60, à racines blanches, chevelues, stolonifères, traçantes. à plusieurs tiges droites, grosses, fortement renflées aux nœuds. Feuilles peltées, cordées-rondâtres, amples, souvent obtusément pointues au sommet, membraneuses, glabres, blanchâtres en dessous et marquées de points transparents, à 13 nervures principales, la côte portant en outre 2 nervures latérales ; pétiole engainant, prenant naissance au-dessous du milieu du limbe, gris, finement strié, pubescent, un peu plus court que le limbe. Épis disposés en une ombelle axillaire, pédonculée, de 3-10 rayons d’un âge très inégal, longs de 7-9 cm., recourbés ou droits ; pédoncule long de 2-3 cm., et les pédicelles de 6-9 mm. ; étamines 2, latérales par rapport à l’ovaire; stigmates 3, sessiles, recourbés. — Assez abondant dans les mornes boisés inférieurs et dans les endroits humides : Saint-Pierre (Boulevard), Parnasse, morne Saint-Martin, etc. Alt. 20-500 mèt. [N° 1340.] — Je ne l’ai pas trouvé à la Guadeloupe.

P. smilacifolium H. B. Kth., P. Decumanum W.; Poivrier à feuilles de salsepareille. Vulgo : Queue-de-rat. — Arbrisseau buissonnant ou petit arbre, haut de 3-5 mèt., à tiges cylindriques, renflées aux nœuds, nues dans le bas, médiocrement feuillues dans le haut. Feuilles longues de 15-22 cm., sur 8-12 cm. de large, glabres, membraneuses, ovées ou ovales-elliptiques, acuminées au sommet, obliques et arrondies à la base, apposées sur une feuille avortée et bractéiforme, palminerviées, à 5-7 nervures : face inférieure des limbes pourvue de points transparents; pétiole long de 10-15 mm., cannelé en dessus, épais, à base amplexicaule, laissant, après la chute, de larges cicatrices. Épis axillaires, allongés, plus courts que les feuilles. Fleurs contiguës. — Assez rare. Çà et là dans les mornes inférieurs secs et pierreux : Houëlmont, bord de l'embouchure du Galion, etc. Alt. 5-200 mèt. [N° 2834.]

Marrinique. Vulgo : Queue-de-rat. — Également peu abondant : Parnasse, lisière des bois du morne Saint-Martin, Morne-Rouge, Marin (morne Gommier). Alt. 200-406 mèt. [N° 502.]

P. reticulatum L.; Poivrier à feuilles réticulées. Vulgo : Queue-de-rat blanc. Enckea Miq., Plum., éd. Burm., t. 242, f. 2. — Arbrisseau ou buisson d'une élévation de 2-3 mèt., droit, à racines traçantes, à tiges cylindriques et

nues dans le bas, à rameaux tétragones, cannelés, renflés aux nœuds. Feuilles acides, penninerviées, obovales, elliptiques, très inégales à la base, transversalement réliculées, couvertes en dessus d’une infinité de petites protubérances arrondies et très rapprochées, côte large, côte et nervures principales scabres-poilues et rougeâtres, limbes d'une longueur de 12-14 em. sur une largeur de 5-7 cm. Épis long de 12-14 cm., droits, à fleurs circulairement disposées ; étamines blanches. — Assez abondant dans les grands bois de la région moyenne et parfois dans la région infra-moyenne : Bains-Jaunes, Matouba, Gommier, Trois-Rivières. Alt. 350-900 mèt. [N° 2835.)

Marnnwique. Vulgo : Queue-de-lézard. — Morne-Rouge, Champflore, Parnasse, Ajoupa-Bouillon. [N° 2147.]

P. dilatatum Rchb.: Poivrier à feuilles élargies. Vulgo : Queue-de-rat. — Arbrisseau assez élevé, droit, glabre dans toutes ses parties; à écorce fine, brun noirâtre : à rameaux légèrement comprimés, cannelés-striés. Feuilles de même forme que dans le précédent, mais plus petites, pustulées-ruguleuses. Épis axillaires, presque toujours recourbés au sommet. Fleurs situées sur de petits anneaux très rapprochés. — Abondant dans les falaises et le long de la basse et de l'infra-moyenne région : Basse-Terre {ravine Belost), bord du Galion (près de l'embouchure), Houëlmont, Grands-Fonds du Moule et du Gozier. Alt. 10-600 mèt. [N° 2569.)

Marmwique. Vulgo : Queue-de-lézard. — Abondant : Carbet, Parnasse, environs de Saint-Pierre, Case-Pilote (Fond-Layette), Marin (morne Gommier). [N° 2112.|

P. macrophyllum H. B. Kth.; Poivrier à grandes feuilles. Vulgo : Queue-derat. SL, t. 88, f. 1. — Arbrisseau haut de 2-3 mètres, droit, souvent buissonneux, à branches légèrement inclinées, à jeunes rameaux striés. Feuilles longues de 20-27 cm. sur 12-15 cm. de large, ovées-oblongues, acuminées au sommet, inégales à la base, membraneuses, à 4-5 paires de nervures principales, scabres-pubescentes ; pétiole légèrement ailé. Épis courts, dépassant rarement 4 em. de long, axillaires, toujours horizontaux et opposés aux feuilles, brusquement terminés en une pointe conique, courte et noire ; pédoneule court, noir. — Peu abondant. Çà et là dans les parties inférieures des Bains-Jaunes, du Matouba, du Gommier, etc. Alt. 400-700 mèt. [N° 3696.]

[ n'existe pas à la Martinique.

P. hirsutum Sw.; Poivrier à feuilles hirsutes. Vulgo : Queue-de-rat. — Arbrisseau haut de 3-4 mèt., à une ou plusieurs tiges cylindriques, noires, nues dans le bas, irrégulièrement trigones ou tétragones dans le haut, à rameaux légèrement pubescents et disposés en zigzag. Feuilles de même forme que dans P. dilalalum, mais un peu plus larges, plus acuminées ; à 5 paires de nervures principales, dont la paire supérieure prend naissance à peu près

PIPÉRACÉES 174 au milieu de la nervure médiane; côte, nervures et nervilles, surtout des jeunes feuilles, couvertes de poils courts, couchés, blanchâtres : face supérieure ruguleuse, dépourvue de points transparents ; pétiole le plus souvent poilu, toujours plus ou moins pubescent. Épis opposés aux feuilles, droits, d’abord dressés, ensuite horizontaux, longs de 10 em.— Abondant dans les falaises et le long des rivières de la basse région, et sur les lisières des bois de la moyenne zone : Basse-Terre (ravine de Belost), Gourbeyre (Grande-Savane), Camp-Jacob, Gommier, ete. Alt. 70-600 mèt. [N° 2568. ]

MarriniQue. Vulgo : Queue-de-lézard. — Abondant : Parnasse, Morne- Rouge, Case-Navire, Carbet, etc. [N° 2113.]

P. incurvum Sieb., Artanthe marlinicensis Miq. ; Poivrier à épis recourbés. Vulgo : Poivrier bâtard. Queue-de-rat. — Arbrisseau sarmenteux, d’abord rampant, ensuite grimpant, pouvant s'élever jusqu'à 12 mèt. de haut; à tige grosse, noueuse, nue dans le bas, presque cylindrique, très

se $ ) ) ) branchue dans le haut; à branches allongées, irrégulièrement tétragones- , (e] D O cannelées, toujours pendantes et disposées en zigzag. Feuilles longues de 8-11 cm., alternes-distiques, très vertes et luisantes en dessus, pâles en dessous, pointues au sommet, palminerviées à 4 paires de nervures latérales, dont les 3 inférieures prennent naissance à la base et la supérieure au-dessus [l de la base de la côte : les jeunes, ovées, brièvement rétrécies à la base; les adultes, nettement cordées, rondâtres, un peu plus larges que longues; pétiole cannelé en dessus, cylindrique en dessous, trois fois plus court que le limbe. Epis axillaires, recourbés, difformes-toruleux, amincis vers le sommet, souvent réunis par deux, longs de 8-14 cm. Fruit pulpeux ; semence arrondie-comprimée, très brièvement stipitée, longue de près de 2 mm. — Abondant dans toutes les forêts humides : Bains-Jaunes, Gommier, rivières Noire et Rouge, Matouba, Trois-Rivières, etc. Alt. 500-900 mèt. [N° 2565. |

MarminiQue. Vulgo : Poivrier bâtard, Queue-de-lézard. — Abondant :

Calebasse, Ajoupa-Bouillon, bois du Lorrain, du Camp de l’Alma, etc. à I

[Ne 1333.

P. ceanothifolium H. B. Kth., P. medium Jacq.; Poivrier à feuilles de Ceanothus. Vulgo : Malimbé, queue-de-rat. Dese., vol. VI, €. 427, p. 194. Enckea Sieberi Miq. — Arbuste buissonnant, ou grand arbuste, rarement petit arbre, haut de 4-4"50, droit, à tiges dichotomes, cylindriques, lisses, à écorce noire, à jeunes branches cannelées sur un côté. Feuilles ne dépassant guère 10 cm. de longueur sur 7 em. de largeur, très glabres , luisantes, papyracées, ovées, légèrement obliques à la base, pointues au sommet, palminerviées, à 2 paires de nervures latérales, prenant naissance à la base de la côte ; pétiole court, mince, noir, comprimé. Épis axillaires, solitaires, opposés aux feuilles, longs de 4-6 cm., droits, à pédoncules 2-3 fois plus courts que l'épi. Fleurs insérées sur de petits anneaux très rapprochés.

Düss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. Il

Fruit légèrement pulpeux, ovoïde, beaucoup plus grand que dans tous ses congénères, surmonté des 3 styles sessiles et persistants. —Descourtilz place la plante dans la catégorie des masticatoires, mais dans le pays on n’en fait aucun usage, même populaire. — Abondant dans les falaises, le long des rivières et dans les halliers de la basse et de la moyenne région : environs de la Basse-Terre, Houëlmont, Gourbeyre, Vieux-Habitants, etc. [N° 2564 b.]

Marmnique. Vulgo : Malimbé, queue-de-rat. — Abondant : Trois-Ponts, Carbet, Parnasse, Marin, Trois-Ilets, Gros-Morne, ete [N° 1332.]

P. {uberculatum H. B. Kth.; Poivrier tuberculeux. Vulso : Queue-de-rat. — Arbrisseau touffu, à une ou plusieurs tiges, haut de 2-3 mèt., renflé aux nœuds ; à écorce noire ; à rameaux pubescents, inclinés. Feuilles longues de 8-11 em. sur 9-8 cm. de large, vert noir en dessus, ovales-oblongues, pointues au sommet, très inégales à la base, pustulées en dessous : pétiole très court, pubescent, amplexicaule. Épis allongés, dressés, presque toujours arqués, opposés aux feuilles, solitaires. — Je ne crois pas que cette belle espèce soit indigène. — Habitation la Jacinthe, près de la Basse-Terre. [N° 2831.]

P. æquale Vahl.; Poivrier à feuilles égales à la base. Vulgo : Suriau maladif (aux Vieux-Habitants), queue-de-rat. — Petit arbrisseau haut de 60 em. 1% 80, rarement plus élevé, le plus souvent à tige unique, droite, grèle, dichotome, très fortement renflée aux nœuds, nue dans le bas, à rameaux dressés ou légèrement inclinés. Feuilles longues de 10-?5 cm. sur 4-7 cm. de large, rarement plus amples, fermes, opaques, membraneuses, brusquement terminées en pointe courte, égales à la base, à 5-8 paires de nervures inégalement distantes; pétiole cannelé, aussi long que le pédoncule. Épis solitaires, opposés aux feuilles, de longueur variable, la plus longue ne dépassant jamais 6 cm., droits. — Abondant dans la région supérieure des grands bois : Matouba, Trois-Rivières, environs du Grand-Étang et de l'Étang-Zombi, Bains-Jaunes, etc. Alt. 600-900 mèt. [N° 2563, 2564. |

Marrnnique. Vulgo : Queue-de-rat. — Abondant : Fontaines Didier et Absalon, Camp de l'Alma, Champflore, Lorrain. [N°5 1335, 1336.]

P. citrifolium Lam.; Poivrier à feuilles de citronnier (le nom n'est pas Jusfé). Vulgo : Queue-de-rat. — Arbrisseau haut de 1-1" 60, habituellement

touffu, à tiges grèles, renflées aux nœuds, droites. Feuilles longues de 10-14 .

em. sur 3 cm. de large, un peu inégales à la base, souvent inégalement divisées par la côte, scabres-ruguleuses, lancéolées, fortement acuminées et à pointe terminale souvent recourbée, d’un vert extrêmement pâle, à 4-5 paires de nervures; pétiole très court. Épis longs de 4-6 cm., droits ou recourbés. — (à et là dans les parties supérieures des grands bois : Champflore (Piton- Gelé, Calebasse, bois du Lorrain, chemin de la Trace, etc. Alt. 500-900 mèt, N° 1334.) — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.

PIPÉRACÉES 179

P. nigrum L.; Poivrier à fruits noirs. Vulgo : Poivrier, poivrier vrai, poivrier aromatique. Desc., vol. VI, t. 429. — Liane radicante, grimpante: à racines fibreuses, noirâtres ; à tiges souples, lisses, dichotomes, renflées aux nœuds, à branches libres, pendantes. Feuilles longues de 10-18 cm. sur 5-8 cm. de large, très vertes en dessus, ovales, acuminées au sommet, souvent inégales à la base, épaisses, opaques, palminerviées, à 9 nervures, dontles deux supérieures latérales partent de la côte au-dessus de sa base; pétiole cannelé, aussi long que le pédoncule. Épis opposés aux feuilles, recourbés, longs de 7-9 cm. Fleurs inférieures de l’épi ordinairement stériles. Fruit globuleux, légèrement charnu à l’état frais, d'abord verdâtre, ensuite rouge et noir. Un épi contient 20-30 fruits, qui mûrissent quatre mois après la floraison. Le poivrier ne rapporte qu'au bout de trois ans; la culture en est facile : il suffit de le placer dans une bonne terre et d'arracher avec soin, pendant les trois premières années, les mauvaises herbes qui poussent autour des racines. Pendant les cinq premières années, 1l produit avec une grande abondance ; après ce temps, les récoltes commencent à diminuer et, au bout de douze ans d'existence, il faut le remplacer par un nouveau pied. Le poivre blane ne constitue pas une espèce à part. On laisse séjourner les fruits du poivrier noir pendant quelque temps dans l’eau de mer; on enlève ensuite, pour n'avoir que des graines blanches, les pellicules, qui se sont gonflées. — Originaire des îles de la Sonde; cultivé çà et là autour des habitations, pour la consommation locale : Basso-Terre (Jardin botanique), Gourbeyre, Camp- Jacob, Sainte-Rose, Capesterre (habitation Longmont), Lamentin, etc. ENo 2832.]

Marmnique. Vulgo : Poivrier. Cultivé en différents endroits. [N° 1338.]

P. Betle L., Chavica Betle Miq.; Poivrier Bétel. Vulgo : Bétel, poivrier des Indiens. — Arbrisseau grimpant, radicant; à tiges articulées, flexibles, lisses et striées; à feuilles alternes, pétiolées, habituellement plus larges que celles du poivrier, ovales, acuminées, un peu inégales et obliques à la base, très vertes et luisantes en dessus; à 7 nervures principales alternes, dont les 2 dernières et supérieures prennent naissance au-dessus de la base de la côte. Épis longs de 4-5 em., portés sur des pédoncules noirs, une fois plus courts que les épis, opposés aux feuilles. — Originaire des îles de la Sonde et des

Moluques, cultivé dans quelques endroits : Basse-Terre, Pointe-à-Pitre (jar-

din du Musée L'Herminier), Matouba (morne Savon), Pointe-Noire, etc. — Les Indiens, surtout ceux de Madras et de Bombay, font, avec les feuilles, de la chaux et la noix d’arec, une espèce de masticatoire dans laquelle la chaux"

1. Les feuilles de bétel doivent leurs propriétés à une huile essentielle, brune, qu'on obtient par distillation, dont l'odeur rappelle celle du thé et dont la saveur est brûlante : les feuilles sèches en donnent 1/2 °/,. Cette essence de bétel est employée à Java couramment dans les catarrhes de toute nature, dans les inflammations de la gorge, du larynx et des bronches. (E.H.)

domine. Ce mélange raffermit les gencives et conserve les dents longtemps blanches et saines. La racine en décoction est encore employée par les Indiens contre les fièvres. [N° 2833.]

Marrnique. Vulgo : Bétel. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe, habitations Pécoul et Perinell (Saint-Pierre), Rivière-Salée, etc. [N° 1339.]

Page 1