‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 92 sur 211 · SOIXANTE-DIX-NEUVIÈME FAMILLE. — COMBRETACEÉES · texte numérisé non relu

SOIXANTE-DIX-NEUVIÈME FAMILLE. — COMBRETACEÉES

Terminalia L. (du grec « terma », en latin « terminus », terme, pointe, parce que les feuilles sont confinées aux extrémités des branches.)

T. Calappa L. (du mot « catapan », nom de l'arbre aux Moluques.) Vulgo : Amandier. Desc., vol. IV, €. 279, p. 217. — Arbre de taille moyenne, plus rarement arbre de grande taille, droit, à branches étagées, horizontales, à écorce rude et gercée. Feuilles obovales, subcordées et portant deux glandes à la base du limbe, arrondies au sommet. Fleurs polygames, en grappes efhlées, réunies en groupes, axillaires, situées aux extrémités des branches : les femelles, mélangées avec les mâles dans le bas de la grappe et distantes ; les mâles, plus haut et rapprochées. Fruit ovale-oblong ou elliptique, biconvexe-comprimé, muni de deux ailes longitudinales et étroites. — Le bois est recherché pour le charronnage; l’amande est blanche et très goûtée des créoles, son goût approche de celui de la noisette. On peut retirer des amandes une huile qui ne rancit jamais. Selon Descourtilz, le lait des amandes est émulsif, et l'huile, extraite à froid et mêlée à du sirop de l'herbezà-charpentier, est recommandée contre les toux opiniätres ?. — Originaire de l'Asie et de l’Afrique, naturalisé dans les deux colonies; on les plante habituellement dans les cours et le long des routes comme arbres à ombrage. — FI. toute l'année dans la basse région; dans la région supérieure, la floraison a lieu de mai en août, et les grappes sont souvent très allongées et composées. [N° 3100.]

MarmiNiQue. Vulgo : Amandier. [N° 1800.]

Laguncularia D. C. {du latin « laguncula », diminutif de « lagena », bouteille, parce que le limbe du calice, qui couronne le fruit, a un peu la forme d'une bouteille où d’une cruche renversée.)

1. Plante riche en tanin, astringente : teinture et tannage des peaux. 2, La racine est employée contre la dysenterie, la diarrhée: l'écorce contre les fièvres gastriques et bilieuses. Elle contient un tanin qni lui donne ses propriétés astringentes et ges matières colorantes qui en permettent l'emploi dans la teinture. L'huile des amandes est comestible, (E, H.)

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L. racemosa G.; Lagunculaire à fleurs en grappes. Vulgo : Mangle blane (à cause de la couleur de la face inférieure de la feuille). — Petit arbre, droit, très branchu, à branches horizontales, très souvent penchées ou tombantes, à rameaux cylidriques-comprimés, à écorce grise et lisse. Feuilles coriaces, subcharnues, ovales ou elliptiques, ou ovales-oblongues, souvent échancrées et mucronulées au sommet, blanchâtres-duvetées en dessous : pétiole long, portant habituellement deux glandes en dessus, près de la base ou au milieu. Fleurs polygames, en cymes trichotomes et à branches spiciformes ; pédoncules pubescents ; calice à 5 lobes persistants ; pétales 5, blanes ou légèrement rosés, cadues, petits; étamines 10, bisériées. Fruit petit, à deux ailes étroites, pubescent, gris, rappelant un peu la forme d'une bouteille de gemèvre de Hollande. — Très abondant dans les marécages du bord de mer, où 1l vit en société avec d’autres palétuviers. [N° 3097.]!

Marnnique. Vulgo : Mangle gris, palétuvier gris. — Rivière-Salée, Lamentin, Ducos, Trois-Ilets, François, Robert, etc. [N° 1798.]

Conocarpus L. (du grec « konos », cône », et « carpos », fruit, parce que les fruits affectent une forme conique.)

C. erectus L.; Conocarpe droit. Vulgo : Palétuvier rouge, mangle rouge, mangle gris, olivier bord-de-mer. Jacq., Sel. Am. stirp. hist., t. 52; SI., t. 161, f. 2 ; Desc., vol. VI, t. 399, p. 68. — Petit arbre, entièrement glabre, habituellement droit, plus rarement tortueux, à branches horizontales, allongées, penchées ou tombantes, à ramuscules triangulaires, à écorce grise ou rougeâtre, fortement gercée dans les vieux pieds. Feuilles lancéolées ou elliptiques, brièvement pétiolées, garnies de deux glandes, situées à droite et à gauche, à égale distance du sommet du pétiole. Inflorescence en grappes courtes, simples, à branches terminées par des capitules d’abord sphériques, devenant ensuite coniques ; divisions du calice 5, rudes, caduques ; pétales nuls ; étamines 5-10 ; akènes imbriqués, petits, recourbés, ressemblant à de petites écailles d’un cône de sapin; capitule mûr conique, long de 5-7 mm., souvent tout à fait rond. — Le bois n’est employé que pour le chauffage ?. — Très abondant dans les endroits marécageux du bord de mer, où 1l vit en société avec d’autres palétuviers ; plus rare dans les sables secs : les Saintes (Terre-de-Haut), Port-Louis, Petit-Canal, Anse-Bertrand, Moule, etc. [N° 3098.]

Marnnique. Vulgo : Palétuvier gris, palétuvier rouge. — Abondant dans les endroits marécageux du bord de mer : Trinité (Galion), Robert, François, Lamentin, Sainte-Luce, Rivière-Pilote, ete. [N° 1797.!

1. Plante à tanin, astringente, usitée contre la dysenterie. 2. Plante amère et astringente : on l'a proposée comme succédanée du quinquina et comme utile dans le traitement du diabète et de la syphilis. (A étudier.)

Le Conocarpus /afifolius Roxb., grand arbre, est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre, où il fleurit et rapporte des fruits tous les ans, [N° 1802.]

Bucida L. (du grec « bous », bœuf, paree que, dans les espèces-types, le fruit est long et recourbé en forme de corne de bœuf.)

B. capilala V.; Bucida à fleurs en capitules. Vulgo : Bois gli-gli ou grigri (oiseau de l’ordre des rapaces). — Arbre souvent énorme, à tronc très anfractueux, surtout à la base, à branches nues, très irrégulièrement étalées, plus.ou moins horizontales, souvent penchées, à rameaux régulièrement et nettement dichotomes, à écorce grise ou blanchâtre, peu crevassée. Feuilles ramassées à l'extrémité des branches, spatulées ou ovées-oblongues, coriaces : les jeunes couvertes en dessous d’un duvet couleur de rouille. Inflorescence en capitules pubescents, allongés, axillaires, situés à l'extrémité des branches, longuement pédonculés. Jeunes feuilles et capitules d’abord renfermés dans une masse de bractées luisantes, garnies d’un duvet fin, couleur de rouille. Fleurs vertes, très petites; calice à 5 petites dents; pétales nuls; étamines 10, dont 5 plus grandes et insérées plus haut. Fruit ovoïde, pointu aux deux bouts et muni de 4-6 côtes longitudinales et de côtes accessoires plus courtes.

— Lors de la germination, le fruit s'ouvre en deux moitiés égales. — FI. en janvier, mars ou avril. — Peu abondant : çà et là dans les bois du massif de

Houëlmont, des bois inférieurs des Bains-Jaunes, des bords de la rivière Rouge, etc. [N° 3095.]

MarrminiQue. Vulgo : Bois-arcoqois. — Rare : hauteurs de l'habitation Pécoul; çà et là dans les bois de la Régale (Saint-Esprit) et des bois de la fontaine Absalon. [N° 660.)

B. buceras L. (de « bous », bœuf, et « keras », corne.) Vulgo : Bois gligb. SL., t. 189, f. 3 ; Br. Jam., t. 23, f. 1. — Grand arbre, à frondaison large et allongée, à branches étalées. Feuilles comme dans le précédent, mais habituellement plus larges. Fleurs en épis courts, très nombreux, soyeux, eylindriques, interrompus, situés à l'extrémité des branches, habituellement plus courts que les feuilles; étamines exsertes. Fruit inconnu. — Les deux espèces de gli-gli fournissent pour la charpente un bois serré, résistant, très élastique, se travaillant facilement ; il passe pour être inattaquable par les termites! — Assez abondant dans les environs du Moule; çà et là à Port-Louis, etc. [N° 3096.] — Il n'existe pas à la Martinique.

Le Quisqualis ëndica L., vulgo (à la Guadeloupe) : Fleur à trois couleurs, est très fréquemment cultivé pour la garniture des treillis, des grillages et des

1. Écorce à tanin et à matière colorante, employée en médecine et dans la teinture. Sous l'influence de la piqûre de certains insectes, le B. buceras fournit des galles riches eu tanin. ,

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tonnelles. Cette belle liane, originaire des Indes Orientales et des Moluques, a des grappes simples, pendantes, à fleurs longuement tubulées, blanches en s'ouvrant, ensuite blanc rose, puis rouge pâle et enfin rouge sombre. FI. sans

cesse mais ne produit pas de fruits. [N° 3777.] — Martinique. [N° 954.; QUATRE-VINGTIÈME FAMILLE. — TJHYMELEES.

Daphnopsis Mart. Zucc. {du grec « daphné », laurier, el « opsis », aspect, c'est-à-dire ressemblant à un laurier.)

D. caribæa Gr. ; Daphnopsis des Caraïbes. Vulgo : Mahot-piment, pimenté, mahot pimenté. — Petit arbre, habituellement droit, haut de 4-10 mèt., très variable quant à la disposition des branches, à écorce grise, lisse, très fibreuse. Feuilles subcoriaces, lancéolées-oblongues. Inflorescence terminale, en cymes arrondies, pédonculées, plusieurs fois dichotomes, à branches terminées par des ombelles. Fleurs blanc pâle, dioïques, apétales; tube du calice de la fleur mâle en forme de massue, celui de la fleur femelle d'abord infundibiliforme, ensuite campanulé. Baies mûres très blanches, ellipsoïdes, à peu près de la grosseur d’une graine de poivre, contenant une semence rondâtre, — F]. en avril, mai, et aussi en octobre et novembre. — Le bois a peu de valeur, mais l'écorce fournit des fibres très longues et très fortes : les habitants en fabriquent des cordes et des liens !. — Assez abondant à Gourbeyre (Dolé, mornes Goblin, Dos-d'Ane, Boucanier), Vieux-Fort, Moule, Gozier, etc. Alt. 20-480 mèt. [N° 3220.]

Marnnique. Vulgo : Mahot-piment. — Parnasse, morne Saint-Martin, Prêcheur, Grande-Rivière, Robert, hauteurs du Carbet, ete. [N° 2103.)

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