‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 93 sur 211 · QUATRE-VINGT-UNIÈME FAMILLE. — LAURINEES · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGT-UNIÈME FAMILLE. — LAURINEES

Cinnamomum BI. (du grec « kinnamomon », écorce de cannelle, de « kinein », rouler, et « amomon », amone ; selon d’autres, du mot « china », c'est-àdire écorce de Chine, parce que les Arabes, qui les premiers apportaient la cannelle en Grèce, croyaient qu’elle venait de la Chine.)

C. zeylanicum Bl.; Cinnamome de Ceylan. Vulgo : Cannellier. Desc.,

vol. VIII, t. 565, p. 202. — Petit arbre asiatique, élégant, naturalisé et cultivé

dans le pays à cause de son écorce. — F1. en février, mars. — Fournit un excel-

1. Cette écorce, comme les feuilles, est âcre et détermine, par la mastication, d'abord une vive brûlure dans la bouche (d'où le nom de piment), puis de la vésication.

lent bois pour l'ébénisterie. — Capesterre (habitation Longmont), Camp- Jacob, Gourbeyre, Lamentin, etc. [N° 3194.) Marrnique. Vulgo : Cannellier. — Camp Balata, Saint-Pierre, Fort-de-

France, Marin, etc. [N° 1947.

Phæœbe Nees {parce que le genre « Phœbe » était fondu autrefois dans le genre « Laurus » proprement dit, qui était dédié à Phæbus ou Apollon.)

P. elongala Nees; Phœbé à grappes allongées. Vulgo : Bois-doux, bois-

Chypre.

Grand arbre, droit, à branches étalées et allongées, à écorce noirätre. Feuilles coriaces, ovales-elliptiques. Inflorescence en panicules allongées, axillaires, confinées aux extrémités des branches. Fleurs blanches, odorantes; calice large, à 6 lobes persistants. Fruit ovale-elliptique, long de 10- 13 cm., supporté par une cupule obconique-allongée, muni des lobes persistants du calice. — Le bois est recherché pour la construction. — Forêts des hauteurs de Deshaies, de Sofaya, et des environs de la Ravine-Chaude. — FT. en mai et juin; fruits mürs en août et septembre. [N° 3196.)

Marnnique. Vulgo : Laurier-cannelle, cannelier sauvage.— Bois de l’Ajoupa- Bouillon, des hauteurs du Prêcheur (bois de Galbiac et du morne Saint- Martin), Champflore, etc. [N° 216.]

Persea L. (nom donné par Théophraste à un arbre d'Egypte.)

P. gralissima L.: Persée très agréable au goût. Vulgo : Avocatier, avocat (du mot des Indiens du Brésil « Aguacate », que les Brésiliens modernes ont changé en « avocate », et les Espagnols en « avocato », et les Français en «avocat ».) Tuss., F1., IE t.3; Desc., vol. VIIL 1.577, p. 280; S1:,4722?, f. 3. — Petit arbre, originaire de l'Amérique tropicale et subtropicale, et de l'Asie, naturalisé et cultivé dans toutes les Antilles à cause de l'excellence de son fruit. C'est une drupe brune en dehors, pyriforme-obovale, pouvant atteindre jusqu'à 16 cm. de long. sur 9-12 cm. de diamèt., polie et luisante, abritant, sous un épicarpe mince qui se détache facilement à la maturité, un mésocarpe à chair butyracée, verdâtre, d'une saveur particulière mais agréable, Il renferme une seule grosse graine, enveloppée par un endocarpe ou une pellicule blanche, qui s’enlève facilement. La semence est globuleuse, déprimée à la base, d'un diamèt. de 4-6 cm., très souvent un peu plus large que longue; les deux cotylédons sont charnus et hémisphériques. — Le fruit se sert à table en hors-d’œuvre. Les Européens le trouvent fade, les créoles en sont friands. Il passe pour être aphrodisiaque. Descourtilz le classe dans les emménagogues excitants. Selon Ricord-Madiana, les feuilles seraient emménagogues, antihystériques et antidysentériques!. La graine contient un sue

1. Cette dernière propriété, seule bien reconnue aux feuilles jusqu'ici, tient à la présence dans ces organes d'une quantité notable de tanin. (E. H.)

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laiteux, qui rougit peu à peu à l’air et tache le linge d’une manière presque ineffaçable. Dans le pays, on se sert de Peau, dans laquelle on a infusé les boutons de feuilles et de fleurs, comme apéritive et béchique. Les agoutis sont extrêmement friands des graines. Le bois est sans valeur pour la construction. — F1. en avril, mai; fruits mürs en août, septembre, octobre et novembre. [N° 3195.

Marnnique. Vulgo : Avocatier. [N° 1948.]

P. Urbantana Mez; Persée d'Urban. Vulgo : Laurier-avocat. — Arbre de taille moyenne, à écorce noirâtre. Feuilles elliptiques, larges, à côte et nervures imprimées en dessus, très saillantes en dessous. Inflorescence en grappes axillaires, courtes, situées à l'extrémité des branches. Fleurs et fruits inconnus. — Hauteurs de l'habitation Pécoul, morne Saint-Martin et bois de Galbiac. [N° 218.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.

Hufelandia Nees (dédié à Hufeland?.)

H. pendula Nees; Hufelandie à grappes pendantes. — Petit arbre ou arbre de taille moyenne, à branches pendantes. Feuilles elliptiques ou elliptiques-oblongues, terminées au sommet par une pointe obtuse. Inflorescence en panicules pendantes; fleurs inconnues. Fruit long de 3-4 cm., ovalecylindrique, inséré sur un petit disque. — Assez rare : çà et là dans les bois du morne Saint-Martin, des hauteurs du Pécoul et du Prêcheur (bois de Galbiac). [N° 222.) — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.

Acrodiclidium Nees (du grec « akros », pointe, et.« diklis », porte à double battant, en raison du mode de déhiscence des anthères.)

À. salicifolium Gr. ; Acrodiclidium à feuilles de saule. Vulgo : Bois-fourmi, bois-chique. — Petit arbre, n’excédant guère 7 mèt. de haut, droit, à écorce lisse, à jeunes branches couvertes d’un duvet très léger et gris. Feuilles très coriaces, lancéolées, acuminées, à nervures formant des arcs près du bord. Inflorescence en grappes courtes, pauciflores, axillaires. Fleurs verdâtres. Fruit ovoïde-oblong, long de 11-13 mm., inséré dans une cupule moitié plus courte que ce fruit, munie d'une double marge, dont la première forme un petit rebord près du sommet, tandis que la seconde est située plus haut et appliquée contre le fruit !. — Arbre croissant exclusivement dans les terres calcaires ou pierreuses, sèches et peu élevées : Port-Louis et Anse-Bertrand, mornes calcaires des environs du Moule, de Sainte-Anne, etc.; rare à la Guadeloupe proprement dite (çà et là sur le bord de mer, entre Deshaes et Sainte-Rose). [N° 3197, 3382.] — Je ne l’ai pas trouvé à la Martinique.

A. sericeum G.; Acrodiclidium à feuilles soyeuses en dessous. Vulgo : Bois

1. Le bois est amer et aromatique ; les fruits, desséchés, sont employés pour combattre la dysenterie. (A étudier.)

à pian. — Petit arbre, très droit, haut de 6-12 mèt., à branches fastigiées, à écorce grise et lisse. Feuilles petites, elliptiques, brièvement acuminées au sommet, pointues à la base, päles et légèrement pubescentes en dessous;

calice soyeux, à 6 dents. Fruit inconnu. — Était, en 1878, encore très abondant dans les hauteurs entre la Rivière-Salée et la Régale : les déboisements sont la cause de sa rareté. [N° 1903.] — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.

Nectandra Rottb. (du grec « nectar », nectar, el « aner », homme, parce que sur les neuf étamines fertiles, les trois intérieures sont garnies sur le dos de deux nectaires globuleux ; quelquefois les trois étamines stériles portent aussi des nectaires.)

N. Dominicana Mez; Nectandre de la Dominique. Vulgo : Muscadier-boisdoux-muscade. — Arbre droit, de taille moyenne, haut de 12-18 mèt., entièrement glabre, à tronc fort, nu, cylindrique, à écorce épaisse, verdûtre, lisse : les branches supérieures, fastigiées ; les inférieures, allongées et toujours plus ou moins tombantes. Feuilles larges, très vertes et luisantes en dessus, jaunâtres en dessous, elliptiques ou elliptiques-oblongues, brièvement et obtusément pointues au sommet, à côte noirâtre, très large, aplatie en dessus, très saillantes en dessous. Inflorescence en grappes larges, dressées, axillaires, confinées dans les aisselles des cinq ou six dernières feuilles de la branche. Fleurs vertes; grappes mûres pendantes. Fruit long de près de 4 cm. sur 13-14 mm. de diamètre, légèrement obovale, noir et pulpeux à la maturité, glauque avant d'être mür, inséré dans une cupule large, verruqueuse à l'extérieur, munie des dents persistantes et émoussées du calice. C'est le laurier indigène

dont les feuilles soient les plus larges. — FI. en août et septembre. — Le tronc, qui peut atteindre jusqu'à 40 cm. de diamèt., fournit un excellent bois de construction, — Assez abondant dans les bois des Baims-Jaunes, du Matouba et du Gommier. Alt. 400-800 mèt. | N° 2226. |

Marmnique. Vulgo : Laurier-gombo. — Bois de l'Ajoupa-Bouillon, du

Lorrain, des Fonds-Saint-Denis, etc. [N°5 224, 228.]

N. Antillana Meiss.; Nectandre des Antilles. Vulgo : Bois de laurier. — Arbre de taille moyenne, élancé, entièrement glabre, à branches étalées, relativement courtes. Feuilles très coriaces, elliptiques-ovales, acuminées, à pointe terminale obtuse, à 3-5 paires de nervures irrégulièrement alternes. Inflorescence en grappes confinées aux extrémités des branches ; fleurs blanches. Fruit sphérique, de la grosseur d'une petite cerise, souvent monstrueux et sans noyau, piqué qu'il est par des insectes. — Abondant dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes, des Vieux-Habitants, du Gommier, de Deshaies, ete. — Le bois est mou et est employé tout au plus pour les constructions à l’intérieur. [N° 2222.

Marnnique. Vulgo : Laurier à cerise. — Abondant dans les quartiers infé-

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rieurs de la fontaine Didier et de la fontaine Absalon, de la Calebasse, du Lorrain (côté de la Grand’Anse), etc. [N° 221.]

N. coriacea Gr. ; Nectandre à feuilles très coriaces. Vulso : Bois-négresse. — Arbre haut de 9-17 mèt., à branches très étalées, à jeunes branches rougeatres, lisses et luisantes, à écorce lisse et noirâtre, Feuilles elliptiquesoblongues, cartilagineuses, très luisantes en dessus. Inflorescence en panicules axillaires, courtes, plus ou moins pendantes, plus courtes que les feuilles ; fleurs blanches, très odorantes. Fruit obovoïde, inséré dans une cupule tronquée. — F1. en juillet, août. — Le bois de cette espèce de laurier est excellent pour la construction. — Bois des Bains-Jaunes, du Matouba, du Gommier, du massif de Houëlmont, des Trois-Rivières. Alt, 300-700 mèt. [N°5 3199, 3200, 3528.]

MarnniQue. Vulgo : Laurier-fine. — Bois du Lorrain, du Camp de l'Alma, de la fontaine Absalon, de la Grand’Anse, etc. [N° 227, 232.]

N. palens Gr.; Nectandre à grappes ouvertes. Vulgo : Laurier doux. — Arbre de 15-20 mèt. de haut, à tronc cylindrique, à écorce noirâtre, à Jeunes branches gris brun. Feuilles ovées ou ovales, cunéiformes-arrondies à la base, à côtes et nervures très imprimées en dessus, saillantes en dessous et portant de petites touffes de poils courts à l'angle d'insertion des nervures. Inflorescence en panicules axillaires et à branches très ouvertes. Fleurs blanches, odorantes ; cupule large. Fruit oliviforme. — FI. en mai, juin, juillet. — Bois de Gourbeyre (mornes Goblin, Dos-d’Ane et Boucanier), bois des environs du Grand-Étang (Capesterre, Guadeloupe), etc. [N° 2216 à, 3618.]

Marmnique. Vulgo : Bois petit Jean, laurier Isabelle rouge. — Fontaine Absalon, hauteurs de Sainte-Luce, de la Rivière-Salée et de la Régale.

N. membranacea Gr.; Nectandre à feuilles très membraneuses. Boisdoux: — Arbre de {2-22 mèt., ressemble au précédent quant au port, à la

forme des feuilles et à la couleur des fleurs;

il en diffère par ses jeunes branches, pédoncules et pédicelles pubescents, par ses nervures autrement disposées, par ses panicules deux ou trois fois plus allongées, par ses fleurs plus petites. — Le bois est poreux et blanchâtre en dedans et ne sert que pour les constructions à l'intérieur; sa racine contient une teinture violette. On trouve souvent sur le même pied des fleurs et des fruits mûrs. — Bois inférieurs de la Pointe-Noire, bois de la Ravine-Chaude, de Sofaya, etc. Alt. 50- 400 mèt. [N° 3381.]

Marnnique. Vulgo : Laurier-Chypre. — Basse région boisée de l'ile : Prêcheur, Parnasse, Rivière-Pilote, environs de Fort-de-France, etc. [N° 220.]

Ocotea Aubl. (nom indigène de l'arbre à la Guyane.)

0. cernua Mez, Oreodaphne marlinicensis Sieb.; Ocotée penché. Vulgo : Bois-doux Isabelle. (Oreodaphne Nees.) — Arbre d'uneélévation de 18-25 mèt., à tronc nu sur une longue étendue, cylindrique dans le haut, anfractueux à la base, à frondaison large, à écorce noirâtre. Feuilles cartilagineuses, oblongues ou oblongues-lancéolées, ou elliptiques, à nervures principales parallèles, au nombre de 4-5 et formant un arc sur les bords. Panicules plus courtes ou plus longues que les feuilles, à pédoncules minces et noirs; fleurs blanches, odorantes, habituellement dioïques. Fruit ovoïde-oliviforme, inséré dans une cupule tronquée et large. — FI. en mai, juin, juillet. — Abondant dans les bois inférieurs du Gommier, des Bains-Jaunes, des Vieux-Habitants, de l’ilet Lajaille, des environs du Saut-de-Constantin, des hauteurs de Baïlhf, etc.

Marnmique. Vulgo : Laurier Isabelle. — Prêcheur (fontaine Chaude), Grande-Rivière, hauteurs de Pécoul, Champñore. | N° 223.]

0. leucoxylon Mez; Ocotée à bois blane. Vulgo : bois-doux jaune, bois-doux pimenté, bois-doux-couronne.— Arbre de taille moyenne, haut de 15-18 mèt.,à branches divariquées et souvent couvertes de lenticelles blanches, et toujours garnies d’un duvet poudreux et blanc. Feuilles cartilagineuses, oblongues ou elliptiques, le plus souvent acuminées. Fleurs blanches, odorantes. Fruits sphériques, noirs, de la grosseur d’une très petite cerise, insérés dans une cupule tronquée, verruqueuse et souvent couverte de lenticelles blanches. — Abondant dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes, de la Pointe-Noire, de Deshaies, de Sainte-Rose, etc. — Le bois est jaunâtre ; il est employé pour la charpente et pour les boiseries !. [N°5 3202, 3203, 3482.]

Marmnique. Vulgo : Laurier-fine, laurier-madame. — Calebasse, Lorrain, Champflore, Fonds-Saint-Denis, Gros-Morne, etc. [N° 231.]

0. Martinicensis Mez ; Ocotée de la Martinique. Vulgo : Laurier bord-demer.— Arbre haut de 16-22 mèt., à tronc nu sur une grande hauteur, à frondaison élancée. Feuilles obovales, larges, très obtusément pointues au sommet, à 5-10 paires de nervures formant un arc sur les bords du limbe. Inflorescence en panicules axillaires, habituellement aussi longues que les feuilles, longuement pédonculées. Fleurs blanches, exhalant une forte et bonne odeur. Fruit ovoïde-oliviforme, large, très pulpeux, inséré dans une cupule large et verruqueuse-sillonnée, s’amincissant peu à peu jusqu'au pédoncule. — Dans les régions inférieure et infra-moyenne de l'île : Ajoupa-Bouillon, Carbet, Parnasse, Saint-Esprit, Rivière-Salée, etc. [N° 234.] — Je ne l’ai pas trouvé à la Guadeloupe.

0. Æggersu Mez; Ocotée d'Eggers. Vulgo : Peste-à-pou. — Arbre haut 1. Cette espèce, comme toutes celles du genre Ocotea propres aux Antilles, est aro-

matique; son fruit renferme, dans sa partie pulpeuse, une huile fixe et une essence employées dans le traitement du rhumatisme, (E, H.)

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de 14-18 mèt., élancé ou à frondaison très large, arrondie, selon qu'il est seul ou en société avec d’autres arbres, entièrement glabre, à écorce lisse et noirâtre. Feuilles cartilagineuses, d’un vert sombre en dessus, glauques en dessous, elliptiques, obtusément pointues au sommet, à nervures reliées à un are, près des bords du limbe. Panicules courtes, axillaires, plus longues que les feuilles; pédicelles quadrangulaires. Fruit sphérique, bleu foncé, de la

grosseur d'une cerise, inséré dans une cupule tronquée. — Le bois est excellent pour la charpente. — Çà et là dans les bois secs du massif de Houëlmont,

des hauteurs pierreuses de Deshaies, route de Deshaies à Sainte-Rose, etc. [N° 2220. ]

Marmnique. Vulgo : Laurier noir. — Bois de Saint-Joseph, plateau des Trois-Ilets (endroits secs et pierreux), Anses-d’Arlet, ete. [N° 124.

0. falcata Mez; Ocotée à feuilles en forme de faux. Vulgo : Bois-doux Desbonnes. — Grand, bel arbre, entièrement glabre, haut de 20-25 mèt., à écorce épaisse et lisse. Feuilles plus ou moins pliées en deux et falciformes, roulées sur les bords, ovales, cartilagineuses, très luisantes, d’un vert sombre en dessus, à nervures à peine perceptibles à l’état vert, rougeûtres en dessous. Panicules axillaires, confinées aux extrémités des branches plus ou moins pendantes; fleurs inconnues. Fruit long de 2-3 em. sur 15 mm. de diamèt., inséré dans une cupule peu profonde, tronquée, noire, verruqueuse-sillonnée. Le bois de cette espèce de laurier est très recherché : avec le tronc, on fait de belles planches. — Dans les bois des Bains-Jaunes, bord de la rivière aux Écrevisses. [N° 3661.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Martinique.

O0. floribunda Mez: Ocotée à fleurs abondantes. — Arbre élancé, très )

olabre dans toutes ses parties. Feuilles lancéolées-elliptiques, d'un vert

pâle des deux côtés. Inflorescence en grappes spiciformes, interrompues,

axillaires. Fruit inconnu. — Dans les bois du plateau des Trois-Ilets (rare).

— Le spécimen de cette espèce me manque; j'en possède un du Musée botanique de Berlin, sous le N° 6522. — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.

0. Jacquiniana Mez; Ocotée de Jacquin. Vulgo : Laurier-gland. — Arbre haut de 12-17 mèt., à rameaux légèrement pubescents, à ramuscules garnis d’un duvet roux doré, soyeux, à calice soyeux, à fruit très gros, inséré dans une cupule profonde, dont l'ouverture mesure jusqu’à 22 mm. de diamètre. — J'ai trouvé cette belle espèce à l'ile de Sainte-Lucie, dans les bois de Barabara, entre Castries et la Grand'Anse. [N° 215.]

Endlicheria Nees (dédié au célèbre botaniste autrichien, Étienne Endlicher, né en 1804, à Pressbourg, professeur de botanique à Vienne, mort en 1849; a écrit, entre autres ouvrages : Prodomus floræ Norfolk, et surtout : Genera plantarum secundum ordines naturales disposila.)

E. sericea Nees, Aydendron sericeum Gr. ; Endlichérie soyeuse. Vulgo : Bois-

doux blanc, cayali-cayari, bois-doux grand-feuille. Arbre haut de 10- 20 mèt., à branches inférieures étalées, longues, penchées à l'extrémité, à

jeunes branches et panicules soyeuses. Feuilles cartilagineuses, larges, elliptiques-oblongues ou ovées-oblongues, terminées par une pointe obtuse, aiguës à la base, garnies en dessous d’un duvet soyeux et argenté, qui est plus long et plus fourni chez les jeunes, caractère qui distingue facilement cette espèce de tous ses congénères. Panicules axillaires: calice à 6 dents caduques ; fleurs blanches, dioïques. Fruit ovale, inséré dans une cupule tronquée, souvent

verruqueuse. — Assez abondant dans les bois des Bains-Jaunes, rivières Noire et Rouge, Trois-Rivières, etc. [N° 2217, 3624.] Marminique. Vulgo : Laurier-caillé, bois-montagne. — Bois du Lorrain,

des Fonds-Saint-Denis, du Camp de l’Alma, de la fontaine Absalon, etc. [N° 220.]

Aniba Aubl. (nom indigène de l'arbre à la Guyane.)

A. bracleata Mez, Aydendron hractealum Nees; Anibe à fleurs enfermées dans des bractées avant l’éclosion. Vulgo : Bois jaune. — Arbre très droit, haut de 7-12 mèt., rarement arbre de 15-18 mèt. d'élévation, à tronc nu, raboteux, à écorce grise, à Jeunes branches et pétioles couverts de cicatrices et de lenticelles, à ramuscules et panicules garnis d’un duvet gris et poudreux. Feuilles très coriaces, scabres, elliptiques ou elliptiques-allongées, cunéiformes à la base, ramassées en rosettes ou en faux verticilles, situés à l'extrémité des branches, caractère distinctif par lequel on reconnaît facilement cette espèce. Panicules à fleurs blanches et petites. Fruit ovoïdeohviforme, brun noir à la maturité, assis dans une cupule verruqueuse et tronquée au sommet. — FI. en mai, juin. — Le bois est jaune à l'intérieur, très dur et recherché pour les constructions et la menuiserie. — Gourbeyre (morne Goblin, abondant), rivière Rouge, bois inférieurs des Trois-Rivières, etc. [N° 3433.]

MarrminiQue. Vulgo : Bois jaune.

les hauteurs du Macouba. [N° 233.

Abondant à l'Ajoupa-Bouillon et dans

A. Ramageana Mez; Anibe de Ramage. Vulgo : Laurier-falaise. — Arbre de taille moyenne, haut de 12-16 mèt., à branches étalées, à rameaux noirs. Feuilles ovales ou ovées, très glabres et luisantes en dessus, à nervures presque imperceptibles à l’état frais. Inflorescence en panicules; fleurs inconnues. Fruit long de 2 cm., ovoïde-oliviforme, inséré dans une cupule — Peu abondant : hauteurs de la Grande-Rivière et du Prêcheur.

tronquée.

|] — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.

Misanteca Mez (de « Palo-misanteco », nom donné à la plante par les habitants des forêts de Misantla, du Mexique, dans le district de Vera-Cruz.)

M. friandra Mez; Misantèque à trois élamines. — Arbre de taille

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moyenne, souvent pelit arbre. Feuilles ‘elliptiques, obovées, acuminées au sommet, coriaces, petites. Inflorescence en grappes composées de cymes. Fleurs inconnues; calice à six petites dents. Fruit petit, oliviforme, inséré dans une cupule tronquée. — Rare : trouvé dans les hauteurs des Trois- Iets. [N° 85.] — Je ne l'ai pas vu à la Guadeloupe.

Hernandia Plum. ex. L. (dédié à Francisco Hernandez. qui, vers la fin du xvi° siècle, était médecin de Philippe IL, roi d'Espagne, et fut envoyé comme naturaliste dans les Indes Occidentales; il à écrit : Aisloria nataralis mexicana.)

H. sonora L. ; Hernandie sonore. Vulso : Mirobolan bâtard, Desc., vol. IT, t. 143, p. 309. — Arbre de 20-28 mèt. de haut, à branches étalées et souvent horizontales : les inférieures très penchées. Feuilles larges, peltinerviées, ovées, arrondies à la base, pointues au sommet. Inflorescence en panicules corymbiformes, allongées, plus longues que les feuilles, à branches terminées par des ombelles triflores : fleur du milieu de l'ombelle, sessile et femelle; les deux latérales, mâles et longuement pédonculées, base de chaque branche entourée de quatre bractées foliacées et pubescentes. Fruit ovale, marqué de huit côtes longitudinales, entièrement renfermé dans un calice vésiculaire et ouvert au sommet. Quand le vent agite l'arbre et s'engouffre dans le calice, il se produit un sifflement qu'on entend au loin, de là le nom spécifique de la plante. — FI. en janvier et décembre ; fruits mûrs en octobre et décembre, et il arrive souvent aux pieds qui poussent dans la basse région de porter des fleurs et des fruits mûrs en même temps. — Bois du Gommier et des Bains- Jaunes, embouchure de la rivière de Ballif, etc. [N° 2219.:

Marmnique. Vulgo : Mirobolan. — Çà et là dans les mornes inférieurs entre Saint-Pierre et les Fonds-Saint-Denis, hauteurs de l'habitation Pécoul, Jardin botanique de Saint-Pierre, ete. [N° 235.]

Cassytha L. (du grec « kassutha » ou « kaduta », synonyme de « cuseuta »,

parce que ces plantes ont quelque ressemblance extérieure avec la cuscute.

G. americana Nees, G. filiformis L. ; Cassyte d'Amérique. Vulgo : Corde à violon, liane-ficelle, — Liane parasite sans feuilles, vivace, à tige de l'épaisseur d'une ficelle, d'une longueur indéfinie, à branches filformes, à tige et branches extrêmement enchevêtrées, pubescentes, se nourrissant et S'accrochant par des suçoirs. Inflorescences en épis très courts, axillaires, pédonculés; fleurs blanches, distantes. Fruit sessile ou subsessile, globuleux, de la grosseur d’une graine de poivre, renfermé dans le calice qui laisse au sommet une

1. Sous le nom de myrobolan, le fruit de ce végétal est employé aux Antilles comme à la Guyane pour son amande, qui entre dans la composition d'une émulsion purgative. L'écorce, les graines et les jeunes feuilles sont du reste légèrement purgalives ‘à étudier le principe cathartique). Frais, le suc des feuilles est, dit-on, un puissant épilatoire : ave la partie charnue du fruit, on prépare une liqueur de table assez agréable, E. I

Duss. — Plantes Guadeloupe et Martinique. 20

petite ouverture entourée de six lobes persistants. — FI. en avril, mai, juin. — Vit sur les arbres et les buissons, dans les endroits secs et rocailleux : environs du Moule {savane de l'habitation Mercier), Sainte-Anne, Saint-François. INp8201,|!

MarnNiQue. Vulgo : Liane-sans-fin. —— Uniquement dans le sud de l'ile : Marin, Vauclin, Sainte-Anne, etc. [N° 1770.]

Le Tetranthera laurifolia Jacq., Litsea sehifera Pers., petit arbre à fleurs dioïques,est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre ?. [N° 343.

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