‹ Annales de la Compagnie du St-SacrementChapitre 10 sur 44 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les soins que prit la Compag'nie pour faire approuver les Assemblées par les Supérieurs Ecclésiastiques

Le refus de M. l'archevêque de Paris donna la pensée d'avoir recoiu-s au Pape, pour obtenir sa bénédiction et son approbation en fa- \'e.ur de la Compagnie. On crut que M. le comte de Brassac, lors ambassadeur à Rome, étoit un bon moyen pour obtenir cette grâce, et pour y disposer toutes choses. iM. l'archevêque d'Arles et le P. de Condren se chargèrent d'en parler au Nonce (i) de Sa Sainteté. Ce ministre leur donna toutes les bonnes paroles que l'on pouvoit désirer. On lui iit voir la lettre du roi écrite à M. l'archevêque de Paris, et l'on dressa un mémoire du bref que l'on désiroit et qui fut envoyé à AI. de Brassac. ]\1. l'abbé de Loyac (2) qui se trouvoit lors à Rome et qui étoit de la Compagnie, fut prié de le solliciter, et sur l'avis qu'on reçut que ce bref avoit été expédié, toute l'Assemblée en rendit grâces à Dieu par des messes et par des communions .

(i) Alexandre Bichi, fils de Bernardin, patricien de Sienne et neveu du cardinal ]Mctellus Bichi, fut créé évêque de Cai-pentras en 1630, décoré de la pouiprc le 26 novembre 1633, pendant qu'il était nonce auprès du roi très chrétien, par le pape Urbain VIII ; il était aussi abbé de Montmajour, etc. Il mounit à Rome le 25 mai 1657, âgé de 61 ans, et fut enterré à Sainte-Sabine.

(2j Jean de Loyac, prêtre, protouotaire apostolique, conseiller du roi en ses conseils, son aumônier et prédicateur ordinaire le 10 mars 163 1 ; abbé de Notre-Dame de Gondon en 1645, écrivit la vie de Pierre de Sacjan, prieur commendeur de l'ordre de St- Antoine à Paris sous le titre de : « L'Homme inconnu ;., et celle de saint Jean de Dieu, sous ic titre de : « Triomphe de la Charité en la vie du B. Jean de Dieu, 1661. » L'abbé de Loyac fut nommé évêque de Toulon à la mort d'Auguste de P'orbin; mais le i'='" décembre 1638 Richelieu écrivit de Ruel à M. de Chavigny, secrétaire d'Etat, d'expédier im courrier à Rome à l'ambassadeur le maréchal d'Estrées, pour aiTêter ses bulles, ce qui fut fait, car l'abbé de Loyac ne figure pas au nombre des évêques de Toulon. On ne connaît pas le grief de Richelieu contre lui. (Lettres, etc., du cardinal de Kichclieii, -puhlics par M. Avenel.)

Cependant on ne put avoir de copie de ce Bref que le lo*^ de mars i633. ]\I. de Pichery fit lecture à la Compagnie d'une lettre qu'il avoit reçue de Rome où ce Bref étoit inséré. Mais l'Assemblée ne le trouva pas conforme à soi dessein, et elle pria M. de Pichery d'en parler à jNI . le Nonce et à M . de Brassac qui étoit de retour à Paris. On en dressa un nouveau modèle qui fut lu publiquement. Mais avant que de l'envoyer, quoiqu'on eût résolu, dès le 28"* d'avril i63i,de ne plus parler de la Compagnie à M. l'archev^êque de Paris, M. l'archevêque d'Arles et le Supérieur trouvèrent à propos de le voir encore une fois. ]\Iais parce que M. l'archevêque d'Arles et M. l'évêque de Saint-Flour, eurent sur ce sujet quelque entretien avec M. le cardinal de Lyon qui leur fit connoître que l'archevêque de Paris ne se rendroit jamais à ce qu'ils désiroient. ils ei firent rapport à la Compagnie, et le nouveau modèle du Bref fut envoyé à Rome pour tâcher de l'obtenir. Mais il ne se trouve point parmi les papiers de la Compagnie. On voit seulement que, sur les instances de M. l'évêque d'Agde (i) et du Directeur auprès d'un Cardinal Nonce (2), on reçut quelques indulgences de Rome mais elles ne furent pas acceptées par la Compagnie, parce qu'elles avoient été accordées comme pour une Confrérie, ce qui étoit fort éloigné de l'intention qu'on avoit eue sur ce sujet.

J'ai cru qu'il étoit à propos de rapporter tout ensemble ce qui regarde l'approbation de M. l'archevêque de Pans, que la Compagnie avoit tant désirée, bien que cette négociation n'ait point eu de succès, et qu'elle se soit faite en divers temps. J'en ai usé de la sorte pour embarrasser moins les matières et pour contenter les lecteurs.

( I ) Il est ici question de François Fouquet, fils de François, vicomte de Vaux, et de Marie de Maupcou, frère du surintcnlant, qui fut sacre évêquc de Bayonne le 15 mars 1639, transféré à Agde en 1643 ; nommé coadjuteur de Narbonne le 18 décembre 1656, ce prélat devint archevêque de cette ville en 1659 ; il fut exilé à Alençon en 1661 et mourut dans son exil le 19 octobre 1673. Les faits dont il est question dans ce chapitre se sont passés plusieurs années après 163 1.

(2) Par la raison donnée dans la note précédente, il n'est pas possible de connaître d'une manière certaine (}ucl est le personnage dont il est ici question.

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