CHAPITRE XVII
Ce que fit la Compag'nie pendant les années 1653 et 1654
L'année présente i653 s'ouvrit avec le zèle que témoigna la Compagnie pour faire exécuter la Mission purement spirituelle qu'elle avoit entreprise. Pour cet effet, le 26^ de janvier, elle fit une contribution fort considérable, et elle procura une quête générale par tout Paris pour soulager par cette voie les misères de la campagne.
Ce fut en ce temps-là que mourut M. Renard, ecclésiastique recommandable par sa naissance, mais beaucoup plus par sa vertu et par l'éclat de ses bonnes œuvres.
La Compagnie trouva juste de lui rendre les mêmes devoirs qu'elle avoit rendus autrefois à feu j\l. de Renty, parce qu'il mourut dans la place de Directeur, après l'avoir exercée fort souvent, comme M . de Renty avoit fait celle de supérieur; il fut même arrêté qu'à l'avenir on rendroit de pareils secours spirituels à tous ceux qui mourroient dans ces deux places, et M. l'abbé de BéruUe ^i) fut élu pour remplir celle de M. Renard.
On eut avis que les pauvres pestiférés de Toulouse étoient fort abandonnés, et la Compagnie fit une bonne contribution en leur faveur dont M. deGaribal, IVP des Requêtes et Président au Grand-Conseil, fut chargé pour la faire tenir sur les lieux ,
Les affaires augmentoient si fort dans la Compagnie qu'elle fut obligée de créer quelques nouveaux officiers pour soulager les anciens. Ainsi, le 26« de février, elle nomma pour la première fois un secrétaire des contributions, parce que celui des dépêches qui en faisoit la fonction auparavant ne pouvoit vaquer sans embarras à l'une et à l'autre commission.
(i) Pierre de Bérulle, lils de Jean et d'Anne de Pastey, neveu du cardinal de Bçrulle, fut conseiller du roi en ses conseils et abbc de Pontlcvov,
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Il y eut lors de grands projets et de grandes entreprises de Missions étrangères auxquelles la Compagnie s'intéressa puissamment. Elle fit de merveilleuses contributions pour le soulagement spirituel des Hébrides, des Orcades, d'Hybemie, de la côte d'Angleterre et pour les îles de l'Amérique (i).
Toutes ces sortes d'entreprises étoient si fort du goût de la Compagnie qu'elle y concouroit avec plaisir. Elle descendoit même aux particuliers, et à la délivrance des esclaves de Barbarie (2) ; ce qui fait voir qu'elle ne bornoit son zèle à quoi que ce soit, mais qu'elle l'étendoit dans toutes les parties, sur toutes les conditions, et parmi toutes les misères du monde, pour rendre quelque service à Dieu.
Cependant elle avoit grand soin de maintenir les Compagnies des Provinces dans une conduite fort réglée; et, pour remédier à quelques i ncon vénients, elle leur écrivit de ne recevoir chez elles qui que ce soit de Paris, s'il n'avoit des lettres, ou sans lui en avoir écrit pour l'informer de sa conduite et de ses mœurs, afin de n'y être pas surpris. Il y eut de grandes raisons d'en user de la sorte; elles regardoient ce qui pourroit déplaire à la Cour, et la Compagnie a toujours été très soigneuse d'empêcher que le Ministère n'eût sujet de la blâmer. Comme elle avoit prié quelques confrères de ne plus se trouver aux Assemblées parce qu'ils n'avoient pas suivi le parti du roi, et, comme plusieurs, par relâchement, s'en étoient absentés, elle ne vouloit pas souffrir que des Compagnies de Provinces tombassent en désordre par l'habitude que ces confrères affoiblis pouvoient contracter avec elles.
Au commencement du mois de mai, on représenta à l'Assemblée que la guerre avoit fait un grand nombre d'orphelins parmi la campagne, et que les Carmélites de Lorraine étoient dans une grande nécessité . Ainsi pour secourir les uns et les autres on fit de notables contributions qui se distribuèrent très utilement. Dans le même mois, la Compagnie en fit de bien considérables pour soutenir les Missions des Jésuites en Levant, pour assister les pauvres de Toulouse, et pour
(i) Les Missions des Hébrides, des Orcades, d'Irlande, d'Angleterre et d'Amérique furent entreprises par saint Vincent de Paul, qui y envoya un grand nombre de ses missionnaires ; ce fut par leur moyen que la Compagnie du Saint-Sacrement y fit passer ses secours d'argent.
{2) Les corsaires des Etats barbaresques infestaient encore la Méditerranée'; ils ne furent réprimés complètement qu'en 1830 par la glorieuse conquête d'Alger.
ceux des environs de la Fère (i) qui avoient beaucoup souffert pendant la guerre.
Le 5<? de juin les Compagnies de .Soissons (2) et d'Agen (3) furent approuvées, et on envoya les statuts à ISl. de Pérochel (4), coadjuteur de Soissons, qui l'établit lui-même dans la ville, et à un particulier d'Agen pour en faire l'établissement.
Les grandes et fréquentes contributions qui se faisoient dans la Compagnie donnèrent du déplaisir à quelques confrères qui, n'ayant pas assez de force pour contribuer comme les autres, n'avoient pas assez de vertu pour en souffrir l'humiliation et s'en faire un mérite devant Dieu. Ils s'en plaignirent publiquement et prétendirent que l'esprit de la Compagnie étoit blessé par ces contributions à haute voix. Pour enlever ce petit chagrin, la Compagnie ordonna que l'on feroit une assemblée d'officiers extraordinaire, où l'on examineroit ce qui seroit le plus avantageux pour la gloire de Dieu, et le meilleur pour le bien de la Compagnie. L'assemblée fut tenue ; et, sur le rapport qu'on fit de ses sentiments à la Compagnie, elle approuva l'usage des contributions volontaires et à haute voix, pour des œuvres fort considérables et extraordinaires qui se trouveroient de l'esprit de la Compagnie.
Ce même jour, 5" de juin, M. du Plessis-Montbar fut prié par l'Assemblée de se décharger absolument de tous les soins des affaires de piété dont il était accablé, afin de s'appliquer uniquement et absolument de l'ouvrage du grand hôpital, pour y renfermer les mendiants, et qui fut depuis dans son établissement nommé l' Hôpital-Général. M . du Plessis reçut cet ordre avec grand respect, s'en acquitta avec
(i) Par suite des guerres, tout ce pays était horriblement dévasté et la Compagnie s'employa toujours de son mieux à le soulager.
(2) Simon-le-Gras avait succédé le 17 novembre 1624 à Charles de Hacquevillc ; le siège de Reims étant vacant, il sacra Louis XIV et mounit le 28 octobre 1656 ; Charles de Boiu-lon, son coadjuteur, lui succéda.
(3) Barthélémy d'Elbène était évêque d'Agen ; il avait été sacré le 2 novembre 1636 pour succéder à Gaspard de Daillon ; il fit son entrée le 10 juin 1638, fonda le séminaire et mourut le 4 mai 1663. Ce prélat était aussi abbé de Hautevilliers, diocèse de Reims, et sous son épiscopat son diocèse fut enrichi de plusieurs belles fondations. Claude Joly lui succéda .
(4) Le coadjuteur de Soissons était Charles de Bourlon qui succéda en 1656 à Simonle-Gras et mourut le 26 octobre 1685. François de Pérochel était évêque de Boulogne depuis 1645 ; c'est donc une erreur de mémoire chez l'auteur.
grande fidélité, et avec le concours de ceux de la Compagnie qui furent liés avec lui pour ce sujet. Il l'a conduit depuis à une très heureuse fin. Quelques-uns de ces confrères en avoient même eu les premières vues, et je les nommerai dans la suite quand l'occasion s'en présentera.
La Compagnie cependant n'abandonna pas le soin des œuvres particulières; car, en même temps, sur la proposition qu'on lui fit de donner du secours à une fille d'une exquise beauté pour entrer aux Carmélites de Metz, elle y contribua extrêmement et donna l'accomplissement à cette bonne œuvre.
Jamais la Compagnie ne témoigna plus de ferveur à. procurer partout la gloire de Dieu que dans le temps que je marque présentement. ]\r. le marquis de Fontenay Mareuil(i), au retour de son ambassade de Rome, y fut reçu ; ]\I. le duc de Nemours, lors nommé archevêque de Reims, y eut aussi entrée et y fut fort assidu; et ]\I. de Mauroy (2), intendant des finances, avec ]\I. de Garibal, Président au Grand-Conseil, y furent admis presque en même temps.
Quand je fais réflexion sur tant de grands seigneurs, sur tant d'illustres magistrats, sur un si grand nombre d'évêques et d'ecclésiastiques d'extraordinaire piété, sur tant de gentilshommes qualifiés, et sur la quantité des meilleurs et des plus remarquables officiers et des Bourgeois de Paris qui ont composé cette Compagnie, je ne sais d'où le Ministère a pu prendre des soupçons et des jalousies contre elle, vu qu'il n'y avoit parmi tous ces pieux confrères qu'une fidélité inébranlable au service du roi, et que des intérêts très unis au succès des affaires de la Couronne. Il n'y avoit parmi eux ni inquiétudes, ni prétentions chimériques, ni aucunes fins temporelles. Et d'abord qu'il a paru quelqu'un d'entre eux qui s'est oublié de son devoir, la Compagnie ne l'a plus regardé comme un de ses membres et l'a obligé de s'absenter de ses assemblées.
Elle étoit si zélée pour se maintenir dans son premier esprit, que de
(i) François du Val, marquis de Fontenay-Mareuil, fils de Germain, vicomte de Corbeil, et de Marie du Moulinet, ne en 1595, marie à Suzanne de Monceaux d'Auxy, veuve d'Adrien, marquis de Brcauté, dont il n'eut qu'une fille ; ambassadeur à Rome en 1641 et 164;, maréchal de camp et conseiller du roi, a laisse des mémoires ; il moumt à Paris le 23 octobre 1665 et fut inhume à St-Eustache.
(2) Séraphin de ]Mauroy, sgr de St-Ouen, conseiller du roi en ses conseils et intendant des finances ; il avait épousé Anne Fremin. Su fille Anne Radegonde épousa Jean- Arnaud do Voyer, marquis de Paulray, puis François de Crussol, comte d'Uzès.
temps à autre elle chargeoit les officiers d'y veiller, et elle en faisoit de nouvelles résolutions, comme entre autres le 3'^ de juillet de cette année, où elle arrêta que pour reprendre plus fortement que jamais l'esprit qui lui étoit propre, elle s'appliqueroit surtout à empêcher les désordres publics, mais que l'on prendroit grand soin d'agir en cela chrétiennement, sagement et secrètement pour ne blesser en rien les magistrats et n'entreprendre quoi que ce soit sur leur légitime autorité.
Elle arrêta en même temps que le Supérieur refuseroit fortement tous les billets qui ne seroient point de l'esprit de la Compagnie, que le secret seroit inviolablement gardé et que, si quelqu'un y manquoit, il en seroit blâmé publiquement, que personne ne parleroit à son directeur de ce qui se passoit dans la Compagnie, pour prendre conseil de lui touchant ses pratiques, de peur d'en découvrir le secret, et de rapporter dans l'Assemblée un esprit particulier et prévenu qui pourroit avec le temps ruiner celui de la Compagnie qui est général et universel, comme celui de l'Eglise, et non pas restreint et limité comme celui des congrégations particulières. Le dernier article fut jugé si important qu'on en fit donner avis à toutes les Compagnies du royaume par une lettre circulaire .
Enfin, les conférences spirituelles qui se faisoient une fois par mois à un jour extraordinaire furent fort recommandées comme un excellent moyen de s'avancer en vertu, vu qu'il ne s'y traitoit que des choses intérieures, et que le temporel n'y avoit aucune part. Le 24'' de juillet, M. de Blampignon (i). Directeur de la Compagnie, lui présenta la bulle d'Innocent X (2) qui condamnoit les cinq propositions tirées du livre de Jansénius, évêque d'Hypre. Elle fut reçue avec joie et grand respect, et l'on en dit le Te Bemn à la fin de l'assemblée pour rendre grâce à Dieu de ce qu'une dispute aussi importante à l'Eglise avoit été terminée si heureusement; et la bulle fut transcrite tout en long dans le registre de la Compagnie, pour marquer la soumission parfaite qu'elle avoit au Saint-Siège et à ses décisions ; cela fut exécuté ^ . î ^— .
U) Claude de Blampignon, docteur en théologie, abbé de Notre-Dame-dc-l'Aumônc en 1655, visiteur général des Carmélites, directeur des religieuses de Saint- Thomas, mourut en 1669.
(2) Jean-Baptiste Pamphili, fils de Camille, et de Flaminia del Bufalo Cancellieri, né à Rome le 7 mai 1572, patriarche d'Antioche, nonce en Espagne, cardinal le 19 novembre 1629, secrétaire du Saint-Office et protecteur de Pologne, Pape le 16 septembre 164^ sous le nom d'Innocent X, mourut le 7 janvier 1655,
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par M. Poulet (i) qui ctoit bon secrétaire et grand serviteiu- de Dieu.
Le i4<^ d'août, jNI. le marquis de la Motte-Fcnelon (2), chargé autrefois par la Compagnie de travailler à l'extirpation des duels, lui rapporta qu'après beaucoup de conférences et d'expédients proposés pour empêcher ces duels par tout le royaume, le roi avoit enfin pris sa résolution sur ce sujet, que Sa Majesté avoit fait une déclaration publique et un serment solennel de n'accorder grâce pour ce crime désormais à quelque personne que ce pût être, et qu'Elle avoit chargé MM. les Maréchaux de France et quelques gentilshommes de grand mérite avec eux, pour donner la forme à cette déclaration et dresser des règlements pour l'exécuter.
Sur cet avis, la Compagnie témoigna une extrême joie ; elle en fit et procura de grands remerciements à Dieu, en lui demandant la grâce de l'exécution d'une chose si avantageuse au salut de toute la noblesse de France . Elle se chargea en même temps d'écrire à toutes les Compagnies pour être avertie des gentilshommes de chaque Province à qui MM. les Maréchaux de France pourroient prendre confiance pour exécuter leurs ordres dans l'occasion.
Le même jour qu'elle travailla si utilement au salut des gentilshommes françois, ellepritpart aux desseins du P. de Rhodes(4), jésuite, qui partoit pour le Tonquin avec des missionnaires de son ordre. Elle lui donna pour cet effet une somme fort considérable, et elle a toujours témoigné grand zèle pour aider et favoriser ces voyages apostoliques. Ce fervent Jésuite, grand imitateur de saint François Xavier, avoit voyagé pendant 40 années dans les royaumes du Levant, particulièrement dans le Tonquin où l'on croit qu'il a baptisé plus de cent mille
(i) N. Poulet, directeur, en 1668, du séminaire des Trente-Trois, institue par Claude Bernard en 1638, se retira ensuite dans le diocèse d'Auxerre dont il était originaire. Il redevint directeur du même séminaire le 3 février 1683, y resta jusqu'à la fin de 1706 et se retira à Saint-Fargeau, où il mourut le 2 août 1709.
(2) Antoine de Salignac, martjuis de Fcnclon, fils de François et de Marie de Bonneval, né en 1621, marié à Catherinedc Montberon, veuf à 33 ans ; il mourutlc 8 octobre 1683 et fut inhumé dans la chapelle du Séminaire de Saint-Sulpice.
(3) Alexandre de Rhodes, né à Avignon en 1591, entra dans la Compagnie de Jésus, fut missionnaire en Perse, Cochinchine, etc., et travailla à la fondation du Séminaire des Missions étrangères ; mourut en 1 660,
personnes, et il y avoit fort examiné les moyens de perpétuer solidement la religion catholique dans ces pays idolâtres . Ses projets ont eu de grands succès dans la suite par l'envoi de trois évêques françois (i), vicaires apostoliques, et d'un grand nombre d'ecclésiastiques, qui, dans le royaume de Siam au Tonquin, et dans la Cochinchine, ont travaillé puissamment à établir le royaume de Jésus-Christ. Il s'en est imprimé d'excellentes et de très véritables relations, qui ont été fort agréables aux personnes zélées pour la conversion des infidèles, et c'est là où je renvoie mes lecteurs pour s'instruire plus à fond d'un grand et très saint ouvrage dont je ne dis qu'un mot en passant.
On proposa le même jour qu'il seroit à propos de procurer dans les formes un examen exact de l'emploi qui se faisoit des deniers destinés à la Rédemption des Captifs, par les religieux de la Trinité (2), afin que ce fonds fût ménagé utilement. Mais je ne vois pas que cette proposition ait été suivie; il y a apparence qu'on y trouva de grands obstacles.
Le 2™® d'octobre, on résolut d'établir une Compagnie à Nîmes (3), et siu- ce que la Compagnie de Marseille avoit communiqué les statuts pour en établir une à Montpellier (4) et à Beaucaire(5), on lui fit écrire qu'elle avoit agi contre les règlements et que cette conduite détruiroit la correspondance que toutes les Compagnies du royaume dévoient avoir avec celle de Paris pour les maintenir dans l'esprit primitif, et pour favoriser et soutenir les œuvres qu'elles pourroient entreprendre. On manda la même chose à celle de Caen qui désiroit avoir correspondance avec celle de Rouen ; mais enfin on trouva à propos d'établir une Compagnie à MontpelHer, et cela sefitdans les règles accoutumées.
(i) Ce furent M. de la Motte-Lambert, évêque de Béryte pour Siam, M. Fallu, cvcque d'Héliopolis pour le Tonkin, et M. Ignace Cotolendi, évèque de jNIétellopolis pour la province de Nanking en Chine.
(2) Cet ordie fut fondé par saint FélLx de Valois et saint Jean de Matha pour la rédemption des captifs ; il fut approuvé par Innocent III.
(3) Le 13 février 1645, Hector d'Ouvrier succéda à Anthime-Denis Cohon ; il mourut le 20 juin 1655 et alors Anthime-Denis Cohon revint de Dol où il avait remplacé Hector d'Ouvrier.
(4) Le siège de Montpellier était alors vacant par suite de la mort de Pierre de Fenouil- Ict l'année précédente'; Renaud d'Esté fut nommé, mais non intronisé, et, en i657,Fran(;ois de Bosquet, évêque de Lodève, devint évêque de Montpellier.
(5) Beaucaire était remarquable par sa foire annuelle; elle dépend du diocèse de Nijnes.
On eut avis ce jour-là que les Huguenots avoient établi un hôpital de malades dans un faubourg de Paris, et la Compagnie prit des mesures pour lui donner la chasse et en faire porteries lits à l'Hôtel-Dieu, ce qui s'est exécuté diverses fois par les soins de l'Assemblée.
Le 3o'"'^ de ce mois, sur l'avis qu'on avoit donné qu'il y avoit de grands désordres parmi les Compagnons Imprimeurs, la Compagnie nomma des Commissaires pour travailler à réformer leiu-s abus et à les faire vivre entre eux avec plus de zèle et de sagesse .
On eut avis, le 6°^® de novembre, que les Huguenots vouloient établir un collège à Pavilly (i), en Normandie, et la Compagnie résolut de travailler pour empêcher ce mauvais établissement.
Elle fit en même temps écrire encore à la Compagnie de Marseille d'être plus réservée qu'elle n'avoit été à communiquer les statuts et de donner avis siu- la correspondance que demandoient les nouvelles Compagnies d'Avignon et d'Orange (2) avec celle-même de Paris qui faisoit difficulté de l'accorder, parce que ces deux Compagnies s'étoient établies sans sa participation.
On fit aussi lors écrire k toutes les Compagnies d'être fort exactes à bien choisir leurs sujets, et on différa de consentir à l'établissement de celle de Chartres (3), jusqu'à ce qu'on fût informé du succès qu'on en pourroit espérer par le bon choix qu'on auroit fait des personnes dont elle seroit composée.
Pendant toute cette année i653, la Compagnie donna et procura de grands secours aux pauvres Filles Angloises (4) réfugiées à Paris.
(i) Pavilly est dans le diocèse de Rouen ; en ce temps-là, il y avait dans ce bour<î un prieuré de l'ordre de saint Benoît, et un hôpital auquel on avait joint une léproserie après 1574.
(2) Hyacinthe Serroni, Dominicain, fut nommé en 1646 et devint, le 4 juin 1647, évoque d'Orange en remplacement de Jean- Vincent de Tulles. Il lut transféré à IMende' en 1 661, puis devint premier archevêque d'Alby en 1676, mourut le 7 janvier 1687 et fut enseveli chez les Dominicains du faubourg Saint-Germain à Paris ; il avait été aussi abbé de la Chaise-Dieu ; il eut pour successeur à Oronge Alexandre Fabri.
(3) Le siège de Chartres était alors occupé par Jacques Lescot (jui avait succédé, le 22 juillet 1643, à Léonor d'Estampes ; il mourut le 22 août 1656 et Ferdinand de Neuville le remplaça .
(4) On appelait ainsi de vertueuses dames anglaises qui. pour cause de religion, se réfugièrent à Paris ; elles s'établirent en 1620 dans le quartier de la place Maubert, puis embrassèrent la règle de saint lîenoit. Notrc-Damc-du-Saint-Esinit était le titre de leur église
Le 2""' de janvier 1654, les Commissaires chargés du soin des Compagnons Imprimeurs rapportèrent qu'ils avoient arrêté avec eux de leur faire une conférence tous les Dimanches à neuf heures du matin, dans une chapelle de Saint- Jean de Latran (i), et de former entre eux une compagnie de piété pour établir entre eux-mêmes une solide dévotion.
Le même jour, on arrêta d'envoyer les statuts à Chartres pour y établir une Compagnie, après qu'on fut amplement informé de tout ce qu'on avoit désiré sur ce sujet.
Il arriva en ce temps-là qu'une dame de qualité donna en mourant une somme fort considérable à la Compagnie, qu'elle connaissoit parce que son mari en étoit, et, en reconnaissance de sa bonne volonté et de son union avec l'esprit de la Compagnie, elle reçut les mêmes secoiu"s pour le repos de son âme qu'on ; avoit coutume de donner à tous les confrères décédés.
Le S"^^ de janvier, la Compagnie reçut divers avis des contraventions que les Huguenots faisoient aux édits en plusieurs endroits du royaume, et l'on nomma des Commissaires pour les examiner avec soin et pour y procurer les remèdes nécessaires par l'autorité du roi et par les arrêts de son Conseil.
Le 5™® de février, on se plaignit dans la Compagnie que le secret n'étoit pas bien gardé et que la liberté que se donnoient les particuliers de retenir chez eux des papiers qui la découvroient causoit beaucoup de désordres à cet égard. Cela obligea le Supérieur de prier instamment ceux qui en avoient de les rapporter fidèlement pour les remettre au dépôt, ce qui s'exécuta. j\Iais ces plaintes revenoient de temps à autre, et la Compagnie a toujours témoigné grand zèle poiu* retirer tous les papiers qui pouvoient la rendre publique.
On fit rapport ce jour-là qu'un des confrères de la Compagnie étoit mort fort pauvre, et qu'il avoit laissé cinq enfants; chacun témoigna beaucoup d'empressement pour les secourir. L'Assemblée les assista d'aumônes considérables, et l'on prit un grand soin de leur éducation.
Le 29'"'^' de ce mois les Récollets Irlandois (2) furent assistés, sur
(i) Saint-Jean-de-Latian était le nom de l'église d'une commandeiie de l 'ordre de Malte, située ]ilace de Cambray ; elle a été détruite ; on y voyait le ccnotaplie du commandeur Jacques de Souvré, Grand-Prieur de France .
(2) Les Récollets Irlandais étaient établis, d'après Sauvai, au faubourj^ Saint-Germain ; ils durèrent peu.
l'avis que reçut la Compagnie de la grande nécessité où ils étoient, et le même jour on accorda à la Compagnie d'Orange la correspondance et la liaison qu'elle avoit tant souhaitée avec celle de Paris.
Il sembloit qu'il y eût des fonds inépuisables dans l'Assemblée, vu qu'on y faisoit tous les jours des propositions de dépenses pour des œuvres éloignées, et la Compagnie les embrassoit avec une excessive charité. Les rehgieuses de Saint-Xicolas-de- Lorraine (i), tombées dans la dernière nécessité, furent assistées le 26'"^ de février, et le même jour on fit de grandes contributions pour les pauvres de Picardie.
^lais en faisant de nouveaux ouvrages de piété, la Compagnie n'abandonnoit pas les anciens où elle s'étoit appliquée. Les Frères Cordonniers et Tailleurs (3), dont elle avoit pris autrefois tant de soin, recevoient d'elle de nouvelles marques d'amitié et de protection . Ils logeoient ensemble dans la paroisse Saint-Paul, et, le 5"**' de mars, l'Assemblée nomma des personnes zélées pour les aider dans leurs besoins spirituels et temporels, pour les visiter et pour rendre compte de leur conduite à la Compagnie quand elle le désireroit.
Ce fut en ce même temps qu'elle s'opposa à l'établissement d'un prêche que les Huguenots vouloient faire dans un des faubourgs de Bordeaux.
Les Religieux du Tiers-Ordre de Saint-François de Nancy avoient besoin de secours, et le 12e de mars on leur en procura dans la Compagnie .
jM. de Gondy, archevêque de Paris, mourut alors, et bien qu'il eût été toujours fort contraire à l'établissement de la Compagnie, elle lui rendit tous les secours spirituels qu'il lui fut possible, et le 26» de mars elle ordonna beaucoup de messes et de communions pour le repos de son âme.
Ce même jour on mit entre les mains du secrétaire delà Com-
(i) Les Annonciades de Saint-Xicolas-de-Lorraine, après en avoir obtenu la permission de Henri de Verneuil, abbé de Saint-Germain et évêque de Metz, s'établirent en 1636 d'abord rue du Bac, puis rue de Vaugirard. En 1656, leur monastère fut vendu pour satisfaire leurs créanciers et acheté par d'autres religieuses.
(2) Les Frères Cordonniers et Tailleurs commencèrent à Paris par le moyen de Henri- Michel Buch dit le bon Henri. Ils s'établirent en 1645 sur la paroisse de Saint-Paul, dans la rue Pavé-Saint-André-des-Arts. Les cordonniers furent les premiers à s'unir ainsi ; en
it>47, les tailleurs se joignirent à eux. D'autres maisons semblables se formèrent à Toulouse
et à Soissons.
pagnie 5ooo 1. de la part de feu ISIadame la Marquise de la Baume à qui l'on avoit déjà rendu les devoirs que l'on rendoit aux confrères, pour l'estime et l'affection qu'elle avoit pour l'Assemblée. De ces 5ooo 1. 3ooo dévoient être distribuées suivant l'ordre de la Compagnie et employées aux bonnes œuvres qu'elle faisoit, et les 2000 restant étoient destinées ^i délivrer des prisonniers que ses députés jugeroient les plus dignes de cette charité.
Le 9e d'avril, l'Assemblée donna ordre de revoir les mémoires qui dévoient servir à dresser les Annales de la Compagnie. Elle souhaita que l'on fît vivre le souvenir de tant de bonnes œuvres qui s'étoient faites poiu" la gloire de Dieu par des personnes inconnues qui n'enpouvoient tirer aucune vanité puisqu'elles ne paroissoient jamais. Et elle jugea que ces Annales serviroient sans doute pour exciter le zèle de la postérité à soutenir ces bonnes œuvres et à en entreprendre de nouvelles.
Sur un avis qui fat donné des extrêmes misères que soufifroient les chrétiens captifs chez les infidèles, la Compagnie forma ce même jour une petite assemblée des confrères qui eurent le mouvement de travailler à procurer des secours- à ces pauvres affligés.
La Compagnie ne s'occupoit pas tant au dehors qu'elle ne pensât soigneusement au dedans à sa propre perfection et à celle de ses confrères, et pour le fruit des conférences qui se fai soient sur ce sujet, il fut résolu que chacun choisiroit un ami sincère pour se faire avertir de ses défauts et pour recevoir par son moyen les salutaires secours de la correction fraternelle, comme la meilleure voie de s'avancer dans la solide vertu, et, par un avis général, il fut dit que l'on s'épanchoit trop au dehors, qu'il falloit que chacun travaillât à devenir intérieur et que dans la suite on donneroit des sujets d'entretien propres pour contribuer à ce bon effet.
On avoit souvent proposé d'établir une Compagnie à Montpellier, et ce même 9e d'avril on résolut d'y envoyer les statuts et le cachet, pour en consommer l'établissement.
On forma en même temps une Assemblée particulière pour prendre soin des pauvres catholiques hibernois persécutés pour la religion dans leur pays.
Comme nuls besoins n'échappoient aux soins et à la vigilance de la Compagnie, quelqu'un des confrères qui visitoient les prisons s'aperçut qu'il n'}' avoit point de calice d'argent dans la chajjclle des
prisons de St-Magloire(i); il en fit rapporta l'Assemblée qui le chaig-ea d'en acheter un aux dépens du coffret et de le donner à la sacristie de ces prisons pour y faire célébrer la messe avec plus de bienséance.
De pauvres Espagnols se trouvèrent à la chaîne pour représailles et par un ordre exprès de la Cour. La Compagnie eut compassion de leur misère, et les assista avec beaucoup de soin et de charité.
Le grand nombre d'affaires dont le registre de la Compagnie étoit chargé, faisoit que les séances deven oient fort longues et que même pour y fournir on omettoit souvent la conférence. Ces deux inconvé" nients déplaisoient fort aux zélés de la discipline primitive, et sur la remontrance qu'ils en firent, il fut arrêté que désormais les assemblées ne dureroient que deux heures au sable, qu'on remettroit à une autre fois les affaires qui n'auroient pu être expédiées, et qu'on réserv^eroit toujours la dernière demie pour l'entretien spirituel: ce qui fut assez longtemps exécuté, et lorsqu'on y manquoit, les plus exacts représentoient les termes de ce règlement que la Compagnie tâchoit de suivre autant qu'il se pouvoit sans manquer à quelque importante charité.
On fut averti qu'il yavoit un grand nombre d'apostats à Orange qui désiroient ardemment de se convertir. Mais ils y trouvoient d'extrêmes difficultés parce que les ordres religieux d'où ils étoient sortis ne vouloient point les recevoir que sous de très dures conditions qui faisoient peur à ces malheureux déserteurs. La Compagnie s'employa pour eux par divers confrères auprès de leurs Supérieurs et on en retira quelques-uns de l'abîme où ils étoient en obtenant quelque adoucissement de leur pénitence.
Comme la Compagnie avoit l'œil à tout par le moyen des person. nés qu'elle députoit à différents emplois, elle fut avertie par ceux qui travailloient aux prisons que les guichetiers usoient d'une tyrannie insupportable pour exiger le payement des gîtes et geolages. On en donna avis aux magistrats et ces instances ont depuis produit tous les règlements qui se sont faits sur ce sujet.
Un chapitre avoit entrepris de faire supprimer quinze chapelains pour en augmenter la manse capitulaire. Ces chapelains, parmi lesquels il y avoit des ecclésiastiques pleins de vertus firent connoître leurs raisons à la Compagnie et ils en tirèrent beaucoup de secours pour empêcher leur suppression qui n'étoit point juste.
(i) Ainsi nommée du voisinage de l'abbaye de ce nom.
Les Missionnaires que l'on avoit envoyés aux îles des Hébrides furent assistés des aumônes de la Compagnie dans le mois de mai et pendant longues années elle a pris soin de cette mission pour le secours spirituel de ces pauvres insulaires.
Sur le rapport qui se fit dans l'Assemblée que malgré tous les soins qu'on avoit déjà pris pour extirper lecompagnonnage,ilnelaissoit pas d'avoir cours en plusieurs métiers, la Compagnie résolut de s'appliquer fortement à déraciner cet abus si préjudiciable au salut de tant d'artisans; et cela s'exécuta avec assez de succès. Mais de temps à autre ces mauvaises coutumes se renouvellent par de jeunes libertins et il faut, pour les détruire, que de temps en temps aussi les Magistrats y mettent la main .
On travailla lors à rectifier plusieurs abus, qui s'étoient glissés en divers collèges, et à purger des lieux scandaleux où Dieu étoit fort déshonoré .
Le i6e de juillet, la Compagnie nomma plusieurs particuliers pour conférer sur les contraventions aux édits, que faisoient les Religionnaires dans le royaume, afin d'en donner les mémoires à ceux qui avoient ordre du roi de les réprimer.
Le 2 3e de juillet M. le Maréchal de Schomberg envoya looo 1. du coffret de la Compagnie et témoigna désirer savoir les œuvres principales où l'on avoit travaillé depuis son absence. Un particulier de ses amis fut chargé de lui en envoyer un extrait, et de le remercier de sa charité et de l'affection qu'il marquoit si cordialement à l'Assemblée.
On suivit le secours que l'on avoit résolu de donner aux apostats d'Orange,pour faciliter leur retour au sein de l'Eglise ; et un homme de qualité de la Compagnie de ce lieu -là fut chargé d'une somme considérable pour aller travaillera ce saint ouvrage. Sur ce qui fut dit dans l'Assemblée de la liberté que plusieurs se donn oient de parler de ce qui s'y lai soit, le Supérieur en fit une correction publique le 6^ d'août ; il en recommanda le secret plus que jamais et de rapporter au dépôt tous les papiers qui regardoi eut la Compagnie. Ce sont des choses qu'on a bien souvent rebattues, et qui n'ont pas été assez observées, aussi les fautes qu'on a faites en cette matière ont-elles coûté à la Compagnie sa totale destruction.
Le i3e d'août, les secrétaires des dépêches furent chargés d'écrire à toutes les Compagnies pour les informer du désordre que faisoit le compagnonnage, et pour les convier de travailler à découvrir ce qui se passoit dans leurs quartiers sur ce sujet, afin d'y remédier.
Et ce même jour on assista beaucoup de g-alériens espagnols qui manquoient bien plus de secours que les François.
Le i^joiu- d'octobre, les députés des prisons firent rapport à l'Assemblée du pitoyable état où se trouvoit la chapelle du grand Châtelet; et comme la Compagnie prenoit grand soin que les lieux du Saint-Sacrifice de la Messe fussent tenus décemment dans les maisons qu'elle visitoit, elle fit faire à ses dépens les réparations de cette Chapelle.
Le 8" de ce mois, on remarqua que la Compagnie étoit surchargée de commissions, et pour la soulager, après que la chose eût été fort examinée dans l'Assemblée des officiers, il fut arrêté que l'on établiroit une Compagnie particulière pour prendre soin des prisons, ce qui fut exécuté avec la connoissance et l'agrément des magistrats, et par ce moyen celle du Saint-Sacrement en fut déchargée.
Il semble que Dieu disposoit peu à peu toutes choses pour faire par d'autres voies les bonnes œuvres, lorsque la Compagnie même n'y pourroit plus travailler, et cet établissement pour le secours des prisons a suppléé à tous les soins qu'elle en prenoit autrefois.
On parla ce même jour des abus qui se commett oient et des désordres qui se rencontroient dans les paroisses et dans les églises qui dépendoient de l'ordre de Malte et on proposa divers moyens pour y remédier.
Le bien que les Compagnies charitables des paroisses fai soient dans leur étendue et le soulagement qu'elles donnoient à celle du St-Sacrement lui fit souhaiter d'en procurer dans les paroisses qui n'en avoient point. On en avoit déjà l'expérience à St-Eustache(i), à St-Sulpice (2), et à St-Nicolas-des-Camps, et M. du Plessis-Montbar fut chargé par l'Assemblée de travailler à en former dans les autres grandes paroisses qui avoient besoin de ce secours. Dieu y a donné bénédiction, et ces Compagnies particulières ont suppléé an soulagement des pauvres honteux, lorsque la générale a été détruite.
Il parut en ce temps-là un hermaphrodite dans Paris que le peuple alloit voir pour de l'argent avec beaucoup d'indécence. La Compagnie en fut avertie; par ses soins, les magistrats renvoyèrent cet her-
(i) Saint-Eustache, autrefois chapelle bâtie sous le vocable de sainte Agnès vei-s la fin du XIIG siècle, fut piomptement crigcc en paroisse. Elle fut reconsti-uite sous François I*"" en 1532.
(2) La paroisse de St- Sulpice existait déjà en 1221.
maphrodite en son pays, et Paris fut délivré de cet objet de scandale. Mais afin qu'il ne parût point à la foire St-Germain où il avoit dessein de se montrer, la Compagnie lui fit donner de l'argent pour se retirer. Le 26e de décembre, on proposa d'empêcher le débit de chansons déshonnêtes et des sales vaudevilles que l'on imprimoit à Troyes ( i ) et que l'on vendoit publiquement à Paris; on y travailla et on réussit en quelques rencontres, mais ces sortes de mauvais divertissements donnent si fort dans l'esprit du peuple, qu'aussitôt qu'on manque de surveillants pour empêcher l'abus, le désir du gain y fait bientôt retomber de méchants imprimeurs, qui sans cela auroient des presses fort inutiles.
(l) Troyes en Champagne, capitale de cette province, dont François Mallier du Houssay était évêque depuis le 2 novembre 1641 ; il avait succédé à René de Breslay et mourut le II octobre 1670 ; il eut pour successeur Denis-François BoutMllier de Chavigny.