‹ Annales de la Compagnie du St-SacrementChapitre 24 sur 44 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ce qui se passa pendant les années 1657 et 1658

On a vu jusqu'ici les grands progrès Dieu a donnés à la Compagnie du Saint-Sacrement de Paris dont la naissance avoit été si simple et les commencements si faibles ; mais comme elle n'a pas reçu sa grâce en vain, elle a été très fidèle à y répondre jusqu'au bout de sa carrière et on découvrira dans la suite les soins perpétuels qu'elle a pris de se perfectionner elle-même dans sa conduite et dans ses œuvres, de rendre ses confrères spirituels détachés des créatures et unis intimement à Dieu ; on verra qu'elle a fini en s'offrant à lui sans cesse en sacrifice pendant les perséciitions qu'elle a souffertes, et qu'elle expira comme son divin Maître en obéissant à la puissance temporelle qui l'anéantit sans la connaître.

Le 4e jour de janvier, on nomma des commissaires pour travailler

à l'établissement de l'Hôpital-Général d'Orléans (i) et pour tenir correspondances avec la Compagnie de cette ville-là (2) sur cette affaire importante; on a longtemps cherché les moyens de faire réussir cette entreprise, et Dieu la enfin bénie d'une heureuse conclusion.

On proposa ce même jour de fortifier les Compagnies des Provinces qui étoient déchues et de remédier aux défauts qui s'étaient glissés en celle-ci . Pour cet effet, on arrêta de faire une conférence sur les chefs que l'on jugeoit mériter cette réforme. Ce qui fut exécuté, et l'on fit plusieurs résolutions de pratique pour rendre la Compagnie plus régulière que de coutume. Ce. fut au commencement de cette année que ces nouveaux règlements se firent, qui, au fond, n'étoient que la pratique exacte des statuts et des anciennes résolutions de la Compagnie.

On parla en même temps, tout de nouveau, d'établir des Compagnies dans toutes les paroisses de Paris et de leur donner les règlements dont celle de Saint-Eustache se servoit et que l'expérience avoit fait juger fort utiles.

Le 22^ de février on rapporta que M. le Prince de Conty témoignoit un grand zèle pour établir un bon ordre par toutes ses terres ; et comme ses plus intimes amis étoient de la Compagnie et qu'il la connaissoit lui-même, il l'a fit prier d'écrire aux personnes de sa confiance pour avoir des mémoires assurés de tout ce qui se passoit dans les lieux qui lui appartenoient . La Compagnie accepta ce soin pour rendre service à Notre-Seigneur et pour concourir au zèle de ce pieux Prince . Il souhaita ardemment dans la suite d'être admis dans la Compagnie, et après bien des difficultés il y entra, où sans doute il a donné de très grands exemples de vertu, comme je le remarquerai en son temps.

Le 22e de mars, M. du Plessis-Montbar fit rapport à la Compagnie de l'heureux progrès de l' Hôpital-Général de Paris, et, pour prendre part à ce grand ouvrage, elle y donna 1000 1. de son coffret, payables en deux termes . Mais les particuliers y contribuèrent en même temps pour des sommes beaucoup plus considérables .

Le 8e d'avril, on proposa de travailler à mettre la réforme dans

(i) Les lettres patentes du roi pour la fondation de cet Hôpital-Général furent données en mars 1652. On devait y réunir les biens des hôpitaux ou aumônes de St-Paterne, de St- Paul et de St- Antoine .

(2) L'évêque d'Orléans était Alphonse d'Elbène qui mourut le 20 mai 1665 et eut pour successeur Pierre du Cambout de Coislin, cardinal et grand aumônier de France.

l'Abbaye de Saint-Ouen (i) de Rouen, et à ôter le prêche du faubourg de Caen, comme aussi de procurer que les médecins ne retournassent pas la troisième fois chez les malades, s'ils ne s'étaient confessés.

Ce même jour on recommanda aux prières de la Compagnie l'âme de ]\I. l'abbé Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice, qui avoit été un des principaux confrères de la Compagnie et qui étoit mort en opinion de sainteté. L'établissement qu'il a laissé, et auquel Dieu a donné une très grande bénédiction, rendra toujours témoignage de son mérite et de sa vertu.

La Compagnie refusa une lettre que lui demanda celle de Moulins pour y admettre un des confrères de celle de Rennes {2) relégué à Moulins même par ordre du roi, et en pareilles rencontres elle a toujours été si exacte et si délicate à ne rien faire qui pût déplaire à la Cour en matière de gouvernement, qu'on ne l'a jamais su vaincre, quelques beaux prétextes de charité et de compassion pour les malheureux qu'on ait pu lui apporter. Elle n'a point voulu souffrir que le Ministère pût lui reprocher qu'elle étoit liée par cabale avec les Compagnies des Provinces et qu'elle supportoit ceux dont le roi n'étoit pas content. Ainsi elle n'a jamais permis l'entrée des Assemblées à ceux que Sa Majesté jugeoit contraires à son servnce en quelque lieu qu'ils pussent aller.

M. de St-Firmin Séguier, l'un des anciens confrères de la Compagnie et l'un des premiers Directeurs de l'Hôpital-Général, mourut en ce temps-ci. Ilavoittant de zèle pour les œuvres de la Compagnie qu'il fit mettre au coffret une somme très considérable pour contribuer à ses bonnes œuvres après sa mort ; on s'en servàt fort utilement en diverses occasions, et l'Assemblée lui fit rendre les devoirs accoutumés pour le repos de son âme. Cet homme plein de vertu fit l'Hôpital-Général son légataire universel, qui, par reconnaissance, fit graver en marbre deux épitaphes, l'une à la Pitié (3) et l'autre aux Capucins, afin de conserver toujours la mémoire de ses abondantes charités.

(i) La célèbre abbaye de St-Ouen, fondée sous le patronage de St-Pierre, prit le nom de St-Ouen depuis que ce saint évêque y eut été enseveli. Elle fut plusieurs fois ruinée, puis rétablie avec plus de magnificence. Emmanuel Joseph de Richelieu succéda à son frère Amador Jean-Baptiste comme abbé commendataire ; il unit l'abbaye à la Congrégation de St-Maur et mourut en 1665. Le cardinal de Bouillon lui succéda.

(2) C'était un conseiller du Parlement de Rennes, comme nous le verrons plus tard .

(3) Cethôpital fut fondé en 1612 et uni à l'Hôpital-Général en 1656; il était situé près de St-Victor; on y joignit un lieu de retraite forcée pour les femmes et filles de mauvaise vie, nommé le Refuge.

Le 1 9e d'avril, sur le rapport que l'on avoit fait à la (^^ompagnie du déplorable état où se trouvoit l'autel de St-Denis de la Chartre que l'on avoit coutume de visiter souvent de la part de l'Assemblée, il fut résolu de donner un tabernacle à cette église pour y conserver le Saint-Sacrement avec plus de décence qu'il n'étoit, et, dans la suite, ce lieu de piété où l'on croit que saint Denis a été autrefois en prison, a été magnifiquement réparé par la dévotion de la reine régente Anne d'Autriche.

La Compagnie de Soissons fut résolue en ce même jour, et fut formée par M. l'abbé de Bourlon, ancien confrère de la Compagnie de Paris, aussitôt qu'il fut établi évêque de cette ville .

On rapporta ce même jour àl' Assemblée que M. Louis Abelly (i), curé de Saint-Josse (2) et depuis évêque de Rodez, l'un des confrères de la Compagnie, avoit accepté la conduite spirituelle de l'Hôpital-Gé" néraljdont chacun fut fort édifié.

Le 17e de mai, M. du Plessis-Montbar fit savoir à la Compagnie que l'on avoit commencé l'établissement de l' Hôpital-Général par la messe du Saint-Esprit (3), que M, l'évêque de Vence y avoit prêché, et que le lendemain on feroit l'enfermement des pauvres; que l'on recevoit beaucoup d'aumônes pour cet effet, et qu'il paraissoit que chacun vouloit prendre part à ce saint et grand ouvrage auquel la Compagnie avoit servi de berceau, et pour cet heureux succès on rendit de publiques actions de grâces à Notre-Seigneur à la fin de l'assemblée.

Le ler jour de juin, M. le duc de Nemours, qui avoit autrefois entré dans la Compagnie en qualité d'archevêque de Reims nommé, y fut reçu comme laïque, et pendant plusieurs années il y a donné de grands exemples de vertu.

(i) Louis Abelly, né en 1603 dans le Vexin français, curé de St-Josse à Paris, grand vicaire de Bayonne, fut nomme évêque de Rodez en avril 1662 et sacré en septembre 1664 ; il se démit de son siège en 1666 et se retira à St-Lazare à Paris, où il mourut le 4 octobre 1691 âgé de 88 ans; il a écrit plusieurs bons ouvrages.

(2) C'était d'abord une chapelle bâtie sur l'emplacement de la maison où ce saint avait logé en passant à Paris; elle fut érigée en paroisse en 1260 et fut reconstruite en 1679. Cette paroisss était un démembrement de celle de St-Laurent et elle était située dans le quartier de St-Jacques-la-Boucherie; elle fut démolie en 1791 .

(3) Cette messe fut célébrée dans la chapelle de la Pitié par Antoine Godeau, évêque de Vence .

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La Compagnie de Moulins fit lors une nouvelle instance pour obtenir une lettre d'entrée en faveur d'un conseiller du Parlement de Bretagne relégué en cette ville. Mais la Compagnie de Paris la refusa derechef par prudence, pour ne rien faire qui pût déplaire à la Cour dont elle respectoit toujours sincèrement l'autorité et la conduite .

Le i*''^ de juin, la Compagnie résolut de faire travailler avec plus de zèle que jamais à la destruction des duels et d'examiner toutes les lettres des Provinces qu'on avoit reçues sur ce sujet et qui pouvoient servir de mémoires pour remédier aux détours par où l'on éludoit la force des déclarations tant de fois données contre les combats particuliers. Pour cet effet on rappela les noms de ceux qui avoient déjà beaucoup agi dans ce grand ouvrage. Celui qui s'y étoit le plus signalé c'a été le marquis de la Mothe-Fénelon, de la maison de Sa- Ugnac, à qui Dieu avoit donné un zèle et des talents extraordinaires pour pousser à bout cette entreprise, qui, par la grâce de Notre- Seigneur et par les soins de la Compagnie, a eu tout le succès que l'on pouvoit désirer. Le roi Louis-le-Grand, à qui dès son plus bas âge on avoit fait inspirer l'aversion de ce grand désordre qui lui ôtoit plus de noblesse que la guerre n'en faisoit mourir, entra si fort daiis les sentiments qu'avoit la Compagnie sur ce sujet, que Sa Majesté, en différentes reprises, a ajouté aux précédentes déclarations des choses plus fortes que l'on n'en eût osé imaginer pour détruire absolument les duels en France au grand avantage de la noblesse du Royaume .

Le nombre des affaires s'augmenta tellement dans la Compagnie que l'on trouva qu'un secrétaire des dépêches ne pouvoit suffire à tout. Ainsi ce même jour, i^r de juin, l'Assemblée en nomma un second, et l'emploi des correspondances fut partagé entre tous les deux .

Un homme de grande piété fit en ce temps-ci une fondation pour l'entretien de deux jeunes filles pénitentes à la Madeleine (i), et il voulut que deux personnes de la Compagnie, qu'il marqua dans sa fondation, nommassent les filles qui rempljroient ces deux places qu'il fondoit, à condition que l'un des deux nommés venant à mourir, le survivant nommeroit un successeur au décédé pour se l'associer dans cette nomination et continuer ainsi à perpétuité.

(i) C'est le couvent des Madelonettes dont l'église était dédiée à la Sainte-Vierge, et dont nous avons parlé.

Le 2 2^ de juin on rapporta que par les soins de la Compagnie et les avis qu'on avoit donnés à M. le Chancelier, on avoit mis à la Bastille un Trembleur d'Angleterre (i) qui dogmatisoit dans Paris.

Sur l'avis qu'on avoit eu qu'il se faisoit une assemblée de Luthériens dans une maison particulière du faubourg Saint-Germain, les magistrats en furent avertis, et ils empêchèrent la suite de cette entreprise et de cet exercice de Religion prétendue qui n'étoit point permis en France.

Le i3e de septembre, M. Sauvage (2), docteur de Sorbonne et depuis évêque de Lavaur, illustre par son zèle contre les nouvelles opinions, et M. le marquis de Laval (3), chef de toute cette grande Maison, furent reçus dans la Compagnie, où ils ont tous deux donné d'éclatants exemples de vertu.

Le 2 2'^ d'octobre, la Compagnie donna le fonds nécessaire pour faire le déménagement des pauvres Religieuses Bernardines, qui, par ses soins, avoient trouvé un logis propre pour se retirer. C'est le monastère qu'elles occupent aujourd'hui et qui porte le nom du Sang précieux. M. du Plessis-Montbar fut chargé de les visiter et, pai l'ordre de la Compagnie, il a rendu de grands offices à ces saintes filles.

Le 22° de novembre, on fit un fonds fort considérable pour payer la pension de quatre jeunes seigneurs d'Hibernie, chefs de leurs maisons, que l'on mit au Collège des Grassins (4). Cette contribution fut conti-

( I ) Autrement dit quaker.

{2) René Sauvage, docteur de Sorbonne, abbé de Beaulieu en 166 1, introduisit la réforme de St-Maur dans ce monastère, il succéda le 28 avril 1673 ^ Michel Amelot comme évêque de Lavaur, et il mourut le i6 mai 1677. Charles Le Goux de la Berchère le remplaça .

(3) Le marquis de Laval secourut les religieuses du Précieux-Sang avec le marquis d( Montbault ; c'était Hilaire, marquis de Trêves, dit le marquis de Laval-Lezay, fils de Pierre etd'Isabeau de Rochechouart . Il avait épousé Françoise du Puy-du-Fou, fille d'Eusèbe et de Françoise Tiraqueau dont il n'eut pas d'enfants ; il mourut le 12 février 1670 ; Paris et fut enterré dans l'église du noviciat des Jésuites de cette ville. Il était alors chef d( la maison de Laval . J

(4) Le collège des Grassins fut fondé par Pierre Grassin, sieur d'Ablon, conseiller au Par-^ Jement en 1569 avec le concoure de son fils Pierre et ensuite de son frère Thierry ; il était situé dans la rue des Amandiers, quartier de St-Benoît, non loin de l'abbaye de Ste-Gene viève ; d'autres membres de la famille Grassin le favorisèrent, son église était dédiée à la Ste-Vierge.

luée le 29e du même mois, et le principal du collège, M. le Houx (i), isciple et successeur de M. Coqueret (2), promit d'en nourrir et d'en ntretenir un à ses dépens.

Le 7« de décembre, après un résultat de l'assemblée des officiers, 3, Compagnie donna ordre d'écrire à la Compagnie de Reims (3) sur le ujetd'un prêtre de ses confrères qui refusoit do souscrire aux Bulles ['Innocent X et d'Alexandre VII touchant la condamnation des prolositions de Jansénius. On lui manda qu'elle devoit refuser l'entrée de a, Compagnie à cet ecclésiastique jusqu'à ce qu'il eût obéi à son éVê- [ue et que, s'il étoit interdit, il talloit le rayer absolument du regisre, après néanmoins avoir usé de toutes les voies prudentes et chariables pour le ramener à son devoir.

Le même jour la Compagnie se trouva remplie d'un plus grand ;èle que de coutume pour procurer la perfection des Compagnies des i'rovinces. On dit que chacune avoit sa conduite particulière et que )our le serv^ice de Dieu il étoit à propos de les rendre toutes confornes à leur Mère, la Compagnie de Paris. Il fut donc résolu que pour ;et effet on dresseroit un Directoire qui régleroit la manière des séan- ;es, des conférences et de toutes les conduites des Compagnies, afin le les rendre toutes uniformes. Ainsi, des plus anciens confrères urent chargés de dresser ce Directoire, et la chose s'est pleinement xécutée.

La Compagnie de Saint-Brieuc (4) fut lors établie et tous les sujets ui la composèrent eurent tant de zèle pour donner des marques de

(i) Jean le Houx était au collège des Grassins en 1655, il fut élu recteur de l'Univerté le II janvier 1659 et mourut le 19 janvier suivant ; il avait de l'aversion pour les Janmistes.

(2) Jean Coquerel était docteur de Navarre et principal du collège des Grassins. Il t toujours opposé aux Jansénistes et à toutes Jes nouveautés. C'était un homme de grande putation de vertu. Il figme en cjualité de principal du collège des Grassins en plusieurs itesde ventes du 12 avrU 1636 au 16 octobre 1646.

(3) Antoine Barberini, neveu d'Urbain VIII, cardinal en 1627, fut nommé archevêque Reims à la place de Henri de Savoie-Nemours qui abdiqua pour se marier, ( il n'avait

été dans les ordres). Le cardinal Barberini devint évêque de Palestrina en 1661, et ries-Maurice le Tellier, son coadjuteur, lui succéda sur le siège de Reims.

(4) Le 6 juillet 1642, Denis de la Barde devint évêque de St-Brieuc à la place d'Etienne Vilazel ; il établit un séminaire et mourut le 22 mai 1675 ; Hardouin Fortin de la Ro-

liette lui succéda.

leiir soumission au Saint-Siège, que d'un commun accord, ils signèrent la condamnation des cinq propositions de Jansénius . Ils en donnèrent avis à la Compagnie de Paris, et ce fat un grand sujet de consolation et d'édification pour tous les confrères.

On n'accordoit point de correspondance entre les Compagnies des Provinces, si elles n'étoient demandées mutuellement. Ainsi on l'accorda à celles de Chartres et de Blois qui en firent instance toutes deux et on la jugea nécessaire au service de Dieu, parce que M. le duc d'Orléans, Gaston de France, qui s'étoit retiré à Blois, où il a fini fort chrétiennement sa vie, appuyoit beaucoup les bonnes œuvres que ceux de la Compagnie lui proposoient. Les principaux officiers de sa maison en étoient et tout cela produisoit d'excellents effets dans les lieux où la Compagnie de Blois avoit correspondance, principalement dans l'apanage de S . A , Royale .

Le 20'' de ce mois, on fut averti qu'un homme de qualité, ancien confrère de la Compagnie étoit tombé dans une extrême pauvreté. Chacun fut ému de zèle pour l'assister. Le coffret lui fit uue grande aumône, et les particuliers une bien plus considérable. Chacun crut être obligé de faire charité à un confrère avec bien plus de libéralité qu'aux étrangers.

Le 4e de janvier i658, la Compagnie nomma des commissaires pour conférer des moyens de remédier aux principaux désordres publics, comme aux blasphèmes, aux scandales de femmes débauchées, aux académies de jeux, aux tabacs et aux cabarets mal famés, aux désordres des Bohémiens et des Compagnons du Devoir, aux foires des jours de fête, aux profanations des fêtes par le travail des artisans, aux irrévérences dans les églises, au mauvais emploi des de. niers destinés aux grandes œuvres de la charité et à d'autres choses semblables qui servoient de sujet au zèle de la (Compagnie. L'assemblée de ces commissaires dura longtemps et se tenoit tous les mois à un jour assigné pour cet effet. C'est de là que sont sortis tant de bons avis que la Cour et le Clergé ont reçus en divers temps; on a profité de quelques-uns et on a négligé les autres.

Le 17e de janvier la Compagnie nomma des commissaires pour travailler avec M . du Plessis-Montbar au rétablissement des pauvres Religieuses Bernardines du Sang-Précieux, et Dieu a béni les soins de ces commissaires en faveur de ces bonnes filles qui sont aujourd'hui en bon état et dans une grande réputation de vertu .

Le 14e de février, on proposa de détruire une mauvaise coutume que depuis longtemps on suivoit tant au Châtelet qu'au Parlement, de plaider une cause où l'on se donnoit toutes sortes de libertés de parler un des jours du carnaval, et que pour ce sujet on nommoit la cause grasse ; les magistrats furent suppliés par plusieurs personnes de qualité, d'empêcher ce scandale, qui déshonorojt leurs sièges, car elle étoit plaidée par des clercs et devant d'autres clercs avec une dernière insolence et un grand concours de fainéants qui prenoient grand plaisir à ouïr et à rire de ces ordures. Ce soin eut son effet, et, dans la suite les grands magistrats qui se sont trouvés être de la Compagnie et agir selon son esprit ont aboli cette méchante pratique . Dieu veuille qu'elle ne se rétablisse jamais.

Le 2 1*' de février, on représenta à la Compagnie le besoin qu'elle avoit de se cacher et de se tenir plus secrète que jamais. Et pour examiner divers moyens que l'on proposoit afin de venir à bout de ce dessein, on nomma des commissaires qui feroient rapport de ce qu'ils auroient trouvé le plus à propos pour cet effet .

Le même jour, on fit plusieurs contributions fort considérables pour soutenir des œuvres que la Compagnie avoit entreprises, et il paraissoit dans toute cette conduite beaucoup de zèle, de discernement et de libéralité .

Le 7 e de mars, on en fit une pour loger la communauté des Prêtres Hibernois (i), et cette charité s'exécuta par M. du Plessis-Montbar que la Compagnie nomma pour ce sujet.

Le 28e de mars, après une assemblée d'officiers et de commissaires, il fut résolu que pour cacher mieux la Compagnie que de coutume on ne feroit plus le catéchisme aux laquais, si ce n'étoit dans des maisons fort commodes et hors de la vue du public que Messieurs seroient priés de n'amener avec eux que des gens dociles et que le moins de train qu'ils pourroient, et qu'on n'écriroit plus aux Compagnies que des lettres sans suscription et sans signature, qu'on ne leur donneroit avis des morts qu'une fois par mois et qu'on ne dé-

(i) Le séminaire des prêtres Irlandais fut placé en 1677 dans l'ancien collège des Lombards, nie des Carmes sur la montagne Ste-Geneviève ; les prêtres Irlandais Patrice Maginn et Malachie Kelly l'ayant obtenu du roi, le firent rebâtir. Il était occupé par cent prêtres Irlandais pauvres et dirigé par quatre supérieurs soumis à l'archevêque de Pajis .

puteroit plus au nom de la Compagnie ni à la Madeleine (i), ni à la Bourse Cléricale .

Le 4« d'avril, on trouva que le port des lettres étoit tellement augmenté par la multiplication des Compagnies que les secrétaires des dépêches en étoient trop surchargés, de sorte qu'il fut arrêté que du fond du coffret, on les payeroH tous les mois sur leurs mémoires. Toutes les lettres autrefois étoient souscrites en ces termes : « Les confrères de la Compagnie du Saint-Sacrement, et M. Supérieur, et M. Secrétaire ». Mais pour soulager les secrétaires, il leur fat permis de signer seuls sans se qualifier secrétaires si ce n'étoit lorsqu'il y avoit des affaires fort importantes, car alors le Supérieur ou le Directeur signoit avec le secrétaire, mais sans marquer leur qualité, et de toutes ces nouvelles formes on avertit les Compagnies des Provinces afin qu'elles n'en fussent pas surprises.

Le 2$^ d'avril, on proposa l'établissement du Séminaire général de Paris ; plusieurs particuliers promirent des sommes considérables pour contribuer à ce grand ouvrage; mais on y trouva de si grandes difficultés qu'il n'a pas été poursuivi.

Le 2e de mai, sur ce que quelques Compagnies des Provinces écrivirent avec un peu trop de chaleur contre les puissances supérieures en se plaignant de la dureté dont on traitoit leurs compatriotes, on leur fit réponse que la Compagnie compatissoit fort à leurs peines et- à leurs douleurs, mais qu'on les prioit d'écrire à l'avenir avec moins de chaleur, plus de simplicité, et dans un plus grand respect pour les puissances séculières à qui Dieu veut que l'on en rende beaucoup quelque difficile que soit leur domination.

Ce fut en ce même temps que la Compagnie ordonna que l'on ne proposeroit aucune affaire qui n'eût pour principal motif quelque chose de spirituel, que pour cet effet on le représenteroit toujours avant le temporel, afin que l'Assemblée ne s'embarquât en aucune que par un motif de véritable piété .

Le 26e (2) de mai, on fit rapport du parfait établissement de la Compagnie de Saint-Brieuc dont les commencements que j'ai marqués ci-dessus ont montré une si grande pureté dans les sentiments

(i) Ce n'était originairement qu'une chapelle fondée par le roi Charles VIII ser\ant de chapelle de secours pour St-Germain l'Auxerrois. Elle fut érigée en paroisse eu 1632 pour le faubourg St-Honoré.

(2) C'est plutôt le 16*^; il doit y avoir une erreur de copiste.

de la foi et de la soumission au Saint-Siège, M. de la Barde (i), évêque de cette ville, qui en prit le plus grand soin, y a donné beaucoup de bénédictions.

Le 23'^ de mai, les commissaires que la Compagnie avoit nommés pour travailler à l'établissement du séminaire des prêtres Irlandois, furent chargés d'en dresser les règlements et de pourvoir le mieux qu'il se pourroit à leur subsistance.

Le 3ic de mai, sur les lettres du P. de Rhodes, jésuite, dont les principaux articles furent lus dans l'assemblée, on proposa la célèbre mission du Tonquin dont on verra de grands succès dans la suite par les grâces que Dieu a versées sur C3 dessein.

Le 6'' de juin, la Compagnie députa plusieurs confrères pour faire instance à tous Messieurs les Curés de Paris de ne pas souffrir qu'on tendît, pour les processions du Saint-Sacrement, des tapisseries scandaleuses et indécentes ; ces soins ont eu de bons effets, et on prend bien garde aujourd'hui à ne pas souffrir ce qu'on toléroit autrefois pour ses tentures, ou sans doute il y avoit de grandes irrévérences dans une si sainte cérémonie.

Ce fut en ce temps-ci que les sujets de la conférence de chaque mois furent fixés . C'est une excellente marque du soin que prenoit la Compagnie de travailler à la perfection de ses confrères, et je l'ai trouvée digne d'en conserver la mémoire pour en édifier la postérité. Janvier. — Le premier sujet delà conférence se faisoit toujours au mois de janvier, de l'esprit, de la conduite et des emplois de la Compagnie.

Février. — Le 2^, c'étoit des moyens de servir Dieu dans sa famille.

Mars. — Le 3®, c'étoit de la visite des hôpitaux et de la manière de traiter avec les malades .

Avril, — Le 4e, c'étoit de l'instruction des pauvres de la Campagne, Mai. — Le 5«, c'étoit de la manière de traiter avec les religionnaires. Juin . — Le 6», c'étoit de la manière de traiter avec les nouveaux convertis.

Juillet . — Le 7», c'étoit de la manière de traiter avec les prisonniers.

(i) Denis de la Barde, né à Paris, chanoine de Notre-Dame en 1628, fut sacré évêque de St-Brieue par son oncle Victor le Bouthillier, archevêque de Tours, le G juillet 1642, Ce fut un bon évêque, ennemi des Jansénistes; il mourut le 22 mai 1675.

Août. — Le 8e, c'étoit des moyens de traiter avec les filles débauchées et des manières dont il falloit user pour les convertir. Septembre . — Le ge, c'étoit des moyens de servir Dieu à la campagne

et pendant les voyages .

Octobre. — Le lo^, c'étoit de la manière de visiter les pauvres honteux.

Novembre. — Le ii^, c'étoit des moyens de servir Dieu dans sa paroisse.

Décembre. — Le \2^, c'étoit des moyens de faire honorer le Saint- Sacrement .

Ces conférences du mois se faisoient avec plus de soin que les autres, qui se faisoient tous les huit jours. On en a recueilli plusieurs qui ont été imprimées pleines d'excellents sentiments et d'excellents moyens que les particuliers proposoient pour la gloire de Dieu, pour sa propre perfection et pour l'avantage du prochain .

Le 4e de juillet de cette année, on proposa qu'il seroit important de faire sortir du royaume l'apostat Labadie (i), mais je n'en vois pas la suite ; je sais seulement que ce malheureux se retira à Orange, et je crois qu'il a fini ses jours en Hollande .

On fit en même temps plusieurs propositions d'affaires qui paroissoient fort importantes au service de Dieu, mais comme la Compagnie agissoit avec beaucoup de sagesse, elle voulut que ces propositions fussent bien examinées, et ceux qui en furent chargés y trouvèrent de si grands inconvénients qu'elles demeurèrent sans exécution .

Le i6e de juillet, on eut avis de Bordeaux que le Parlement avoit pris jalousie de la Compagnie que l'on nommoit « Les Invisibles ». Le sujet fut de ce que M. le Prince de Conti avoit fait remettre aux Pénitentes une fille de mauvaises mœurs. Le Parlement se plaignit de ce que le Prince, qui étoit gouverneur de la Province, faisoit acte de juridiction, et disoit que c'étoit à la sollicitation des Invisibles; ce fut là le commencement de la mauvaise humeur qui s'émut contre les dévots, et de la persécution que l'on suscita contre les principales

(i) Jean Labadie, fils de Jean-Charles, lieutenant de la citadelle de Bourg, et de N. Coibot, naquit à Bourg en Guienne le 13 février 1616, entra dans la Compagnie de Jésus et en sortit le 17 avril 1639. Il apostasia à Montauban, se retira en 1666 à Middelbourg en Zélande, puis à Erfurt en Thuringe, enfin à Alton», dans le Holstein, et y mourut en 1674, âgé de 64 ans.

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Compagnies du Royaume. On en verra la déplorable suite dans ces Annales. Cependant la Compagnie de Paris écrivit à celle de Bordeaux et lui donna des avis de prudence et de piété pour se conduire et pour se consoler dans cette fâcheuse conjoncture.

Le i^r jour d'août, on eut avis que le Parlement de Bordeaux avoit donné arrêt contre cette Compagnie et lui avoit fait défense de s'assembler.

Le 22^' d'août, on rapporta que la reine-mère avoit eu la charité de contribuer à la rançon d'un chevalier de Malte, esclave à Tunis; que, pour cet effet. Sa Majesté avoit donné 5oo 1. et l'on fit une contribution dans l'Assemblée qui acheva cette bonne œuvre . Cette pieuse Princesse avoit connoissance des grands biens que la Compagnie procuroit dans le Royaume ; aussi la favorisa-t-elle puissamment pendant l'autorité de sa Régence; elle se recommandoit souvent aux prières des gens de bien qui la composoient et qu'elle honoroit du titre de ses amis.

Le 29e d'août, M. l'Hoste (i). Supérieur, dit à l'Assemblée que, suivant l'ordre qu'il en avoit reçu, il avoit tenu en son nom sur les fonts du baptême, avec M^e d'Hemery (2^, un juif instruit à Saint-Lazare, qui donnoit grande espérance d'une solide conversion. La Compagnie en eut de la joie et le remercia de son soin par la bouche du Directeur.

Le ler de septembre, l'Assemblée résolut que pour conser\'er le coffre de ses papiers et de ses registres, o\\ y mît un écriteau, portant qu'il appartenoit à une personne de qualité, afin que si le dépositaire venoit à mourir sans en être dessaisi, qui que ce soit ne prît la liberté de l'ouvrir, et M. de Lamoignon, lors Maître des Requêtes et depuis premier Président du Parlement de Paris, agréa que ce coffre portât son nom ; c'est la méthode que l'on a toujours suivie depuis pour empêcher qu'aucun accident ne fît découvrir la Compagnie.

Le 8e de septembre, on eut avis de Bordeaux que la tempête émue contre la Compagnie étoit apaisée, et qu'elle continuoit ses exercices accoutumés, dont on rendit grâce à Notre-Seigneur.

(i) Jean-Marie THoste, avocat au Parlement, constitua une rente de 8.600 livres au profit de l'Hôtel-Dieu, et une autre de 8.000 au profit de l'hôpital des Incurables le 23 août

(2) Marie le Camus, épouse de Michel Particelli, chev.sgr d'Hemery-, de Thoré, Taulay, etc., conseiller du roi en ses conseils et contrôleur général des finances, dont Marie qui épousa en 1635 Louis Phelippeaux, chev. sgr de la Vrillière, comte de Châteauneuf et de St-Florentin ,

Le 26e de septembre M. Bouleau (i) rapporta à la Compagnie pour sa consolation que M^e de Renty, ayant eu le désir de faire faire à feu Monsieur son mari un tombeau plus magnifique que celui où il avoit été mis, elle avoit demandé à M. l'évêque de Soissons la permission de le faire exhumer; que ce prélat l'avoit permis et fait faire en sa présence, et qu'il avoit trouvé le corps de ce serviteur de Dieu tout entier depuis la ceinture en haut, particulièrement les yeux qui étoient aussi beaux que lorsqu'il fut mis en terre, quoiqu'il y eût dix ans depuis sa mort. M. l'évêque de Soissons qui étoit de la Compagnie et à qui j'eus occasion de parler depuis sur ce sujet, me confirma la même chose dans les mêmes termes et me dit qu'il en avoit dressé son procès- verbal. Cela se passa dans l'église de Citry, l'une des terres de M. de Renti, dans le diocèse de Soissons. La Compagnie eut une intime joie de cette relation, et elle espéra que dans la suite des temps Dieu révèleroit la gloire de son serviteur par des marques encore plus éclatantes pour l'édification des fidèles et pour convier à la solide vertu toute la noblesse de France.

Le 3e d'octobre on rendit grâce à Dieu dans la Compagnie de la promotion de M . de Lamoignon à la charge de premier Président du Parlement de Paris. On ordonna des messes et des communions pour lui, afin d'obtenir du ciel les secours dont il avoit besoin pour s'acquitter dignement de cette importante charge. Le Supérieur et le Directeur de la Compagnie le furent complimenter de sa part, ce qu'il reçut avec grande cordialité ; aussi a-t-il toujours appuyé les bonnes œuvres qui lui ont été recommandées par la Compagnie, et pendant la persécution qu'elle a reçue et même la désolation totale où elle est tombée, il l'a consolée et soutenue autant qu'il a dépendu de lui en particulier ; il s'est toujours souvenu des bons sentiments qu'il avoit pris dans la fréquentation des assemblées ; il s'est montré père et protecteur des pauvres et des affligés pendant que Dieu l'a laissé vivre ; aussi cette pieuse conduite lui a-t-elle attiré une très douce et très heureuse mort ; il prétendoit s'y préparer tout de bon par une retraite dont il avoit pris les mesures, mais Dieu se contenta de ses projets et de sa bonne volonté en le retirant du monde, lorsqu'il avoit le plus d'apparence de bonne santé .

(i) On trouve à cette époque Abraham Bouleau, conseiller-secrétaire du roi, maison, couronne de France et de ses finances, le 6 mars 1626.

Le ip jour de novembre, on régla la clause qui devoit être mise dans les testaments par ceux qui voudroient laisser quelque aumône à la Compagnie pour l'employer aux œuvres dont elle prenoit soin . Cette clause avoit été bien examinée et bien concertée dans l'assemblée des officiers, et voici ses termes, dont tous les confrères prirent des copies :

u Je veux qu'il soit mis entre les mains de M. N. et de M. N . la somme de ... . pour être employée aux œuvres de charité qu'ils savent, sans qu'ils soient tenus d'en rendre compte. »

Cette clause fut envoyée, par une lettre circulaire, à toutes les Compagnies afin que pour ce regard leur conduite fût absolument uniforme .

Le i4<' de novembre, M. de Lamoignon, premier Président, fit donner avis à la Compagnie qu'il seroit reçu deux jours après, et qu'il se recommandoit à ses prières pour obtenir de Dieu les grâces dont il avoit besoin dans la charge où il entroit. La Compagnie reçut cette marque d'amitié avec beaucoup de tendresse et de reconnaissance. Elle obligea tous les prêtres à une messe et tous les laïques à une communion, pour prier Dieu de verser ses plus grandes bénédictions sur les desseins et sur la conduite de cet illustre et très pieux magistrat.

Le même jour, M. Foucquet, coadjuteur de Narbonne, proposa de mettre un sacristain plein de vertu à l'église des Quinze- Vingts (i) pour tâcher de réformer les abus de cette maison .

Le 2 5" de novembre, la Compagnie prit un soin extraordinaire du séminaire des prêtres Irlandois, et elle leur procura de grands secours spirituels et temporels pour régler et pour bien établir ce séminaire.

Le même jour, on assista beaucoup la maison (2) des Nouveaux-

(i) Cet hôpital fut fonde par saint Louis pour trois cents pauvres aveugles; il était situé dans la rue St-Honoré et son église était dédiée à St-Rcmy ; il existe encore.

(2) L'association des Nouveaux-Convertis fondée en 1632 par le Père Hyacinthe, capucin, fut autorisée par rarchevêquc de Paris sous le nom de Congrégation de la Propagation de la Foi et le vocable de l'Exaltation de la Ste-Croix. Urbain VIII et le roi confirmèrent cet établissement et les premières assemblées curent lieu au couvent des Capucins, rue St- Honoré. Il y eut deux communautés, une pour les hommes et l'autre pour les femmes. Les premiers furent d'abord établis à l'île Notre-Dame, puis rue de Seine en 2 maisons contiguës.

Convertis, et M. du Metz, docteur de Sorbonne, homme de grande vertu et l'un des fidèles confrères de la Compagnie, fut nommé par elle pour prendre le soin spirituel de cette maison, ce qu'il accepta, et il s'en est exactement acquitté jusqu'à sa mort.

Le même jour, on nomma quatre ecclésiastiques et douze laïques commissaires perpétuels pour travailler à l'œuvre des missions étrangères. On commença le dimanche suivant à l'assemblée pour former le plan de cette commission. M. le Coadjuteur de Narbonne s'y trouva, et cette entreprise a eu de très grands et de très heureux succès par la grâce de Notre-Seigneur .

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