‹ Annales de la Compagnie du St-SacrementChapitre 34 sur 44 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Des Exercices de la Compagnie.

Tous les matins, les confrères dirigeront leur intention à rechercher dans leiu's œuvres la gloire de Dieu et ils invoqueront pour cet effet l'assistance du St-Esprit par l'intercession de la Ste- Vierge.

Les confrères de cette Compagnie auront soin d'assister tous les jours au saint sacrifice de la Messe avec grande humilité et un véritable sentiment de la présence de Jésus-Christ.

Lorsqu'on rencontrera le St-Sacrement porté aux malades, si l'on est en carrosse ou à cheval, on mettra pied à terre poiu- l'adorer, et si l'on est maître du carrosse ou en compagnie dont on puisse aisément se séparer, on l'accompagnera jusqu'à la maison du malade, ou, au retour, jusque dans l'église pour y recevoir la bénédiction .

Ceux de la Compagnie se souviendront, toutes les fois qu'ils entreront dans quelque église où repose le très auguste Sacrement, d'aller l'adorer devant toutes choses au lieu où il est.

Au jour de la fête du très adorable Sacrement, l'on assistera à la procession avec grand respect. Durant l'octave, on entendra les sermons autant que l'on pourra, et l'on prendra quelque temps pour faire oraison devant l'autel où il sera exposé .

On fera en sorte que la très sainte Eucharistie soit décemment et révéremment tenue dans les églises des terres dont on est seigneur, et qu'il y ait jour et nuit une lampe allumée, s'il y a de quoi l'entretenir.

Tous les dimanches, quelques-uns de la Compagnie communieront à son intention par l'ordre du Supérieur, et ils s'emploieront diu-ant la semaine, autant qu'il leur sera possible, aux œuvres qui seront les plus agréables à Dieu.

Ceux qui communieront veilleront, pendant la semaine, autant qu'ils pourront pour reconnaître les choses où Dieu est le plus offensé, ils le rapporteront à la Compagnie pour aviser aux moyens d'y remédier, et ils lui feront récit de ce qu'ils auront appris de plus signalé pour la gloire de Notre-Seigneur.

Ils visiteront des hôpitaux, des prisons, des pauvres honteux pour consoler autant qu'il se pourra les malades, les prisonniers, les nécessiteux, et, sur le rapport qu'ils feront à l'assemblée de l'état des prisonniers, elle verra s'il y en a quelqu'un que l'on puisse faire sortir par prière oli par argent .

Si quelque personne parle irrévéremmcnt ou se promène dans l'église, on tâchera avec prudence de la remettre dans le respect que l'on est obligé de rendre au lieu et à la présence de Dieu que l'on y doit adorer.

Et parce que Dieu est grandement déshonoré au siècle où nous sommes par les athées, déistes, libertins, hérétiques et schismatiques, joueurs et blasphémateurs de son saint nom, et par beaucoup d'autres impies, on tâchera, par remontrances charitables et bons exemples, de les ramener dans le droit chemin; que s'ils se rendent incorrigibles, on les menacera d'en avertir les magistrats, et on le fera s'il est besoin .

Quand on se trouvera parmi des personnes qui parleront avec mépris des choses saintes et sacrées, qui tourneront en ridicule les paroles de la sainte Ecriture, ou parleront mal de N.-S. Père le Pape, des ecclésiastiques et des religieux, du roi et des magistrats, on les reprendra doucement et discrètement.

Si l'on se rencontre avec des personnes insolentes qui tiennent des discours déshonnêtes, on tâchera doucement de leiu* faire connoître que de pareilles choses déplaisent à Dieu et aux gens de bien .

On aura soin de faire bien instruire sa famille et que ceux qui en dépendent soient et paroissent vertueux, afin que leurs mœurs et leurs conversations les fassent distinguer du commun, et les rendent agréables à Dieu.

Chacun aura soin, dans les lieux qui dépendent de lui, de faire en sorte que les curés ou leurs vicaires donnent une bonne instruction à leurs paroissiens, surtout que les enfants dans leur bas-ilge soient bien catéchisés. Ils tâcheront d'accorder les différends autant qu'il se pourra et même d'empêcher que l'on ne fréquente les cabarets les joiu-s de fête, pendant le service divin.

Tous ceux de la Compagnie auront soin, autant qu'ils pourront, de faire abhorrer et fuir les querelles et les duels à leurs enfants et à ceux qui dépendront d'eux, et quand quelque démêlé viendra à leurconnoissance, s'ils ne peuvent l'accommoder, ils en donneront avis à ceux qui auront le pouvoir d'y remédier, et cependant ils empêcheront de toutes leurs forces que les parties ne se battent.

Le coffret dont il est parlé pour recevoir les billets de l'élection des officiers, servira aussi pour recevoir les charités de ceux de la Compagnie, Il sera mis sur la table du lieu où se tiendra l'assemblée, et les deniers qui s'y trouveront seront employés aux œuvres de piété qui se présenteront par l'ordre de la Compagnie.

Si quelqu'un des confrères tombe malade, il en fera avertir le Directeiur de la Compagnie, ou quelque autre ecclésiastique poiu" en être visité, consolé et assisté des prières en général et en particulier.

Si le décès de quelqu'un de la Compagnie arrive, aussitôt que le Directeur en sera averti, il le fera savoir à l'Assemblée, afin que les prêtres disent la Messe pour le repos de son âme, et que les autres communient à son intention.

Tous les premiers jeudis du mois Ton fera lecture des statuts et des exercices de la Compagnie qui tiendront lieu de la lecture spirituelle qui se fait au commencement de l'assemblée, et tous les confrères seront exhortés de s'y trouver.

L'on n'entend pas que ces articles et règlements obligent personne à les observer sous peine d'aucun péché, mais on prétend que chacun s'efforce de les suivre pour glorifier Dieu et pour édifier le prochain.

De tous ces mêmes articles les principaux et fondamentaux ne pourront à l'avenir être changés ni altérés pour quelque cause que ce soit, et si quelqu'accident inopiné et très important obligeoit à proposer d'y changer quelque chose, en ce cas l'on ne pourra le faire qu'avec mûre délibération, grande connoissance de cause et qu'après que les Supérieurs en auront pris l'avis de toute la Compagnie, tant des présents que des absents, surtout des plus anciens qui ont aidé les premiers à former l'esprit de la Compagnie .

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