‹ Annales de la Gaule avant et pendant la domination romaineChapitre 5 sur 17 · INVASION DES BELGES DANS LA GAULE TRANSALPINE · texte numérisé non relu

INVASION DES BELGES DANS LA GAULE TRANSALPINE

Pendant que les Galls de la Cisalpine succombaient en Italie , plusieurs peuplades kymriques, portant le nom générique de Belgs , passaient le Rhin et envahissaient le nord de la Gaule. Arrêtées dans leur marche par les premiers conquérants du pays, elles ne purent dépasser la Seine et la Marne. La contrée qu'elles occupèrent prit le nom de Belgique.

Cependant les Arécomices et les Tectosages, leurs plus audacieuses tribus, s'avancèrent vers le midi. Les Arécomices s'établirent dans le bas Languedoc , les Tectosages entre les Cévennes et la Garonne. La capitale de ces derniers fut Tolosa, connue maintenant sous le nom de Toulouse.

Bientôt trop à l'étroit dans leur nouveau pays, les Tectosages dirigèrent une expédition vers l'IUyrie, où résidaient les anciens compagnons de Sigovèse , lesquels , s'étant fort accrus, avaient passé au service d'Alexandre et de ses successeurs.

A l'arrivée des Tectosages, les lUyriens, trouvant insupportable d'être à la solde de peuples qu'ils pouvaient soumettre, s'entendirent avec leurs nouveaux alliés et organisèrent une expédition placée sous les ordres d'un chef kymris, encore une fois connu sous le nom de Brenn.

Ces hardis conquérants se divisèrent en trois bandes : l'une marcha sur la Thrace, l'autre sur la Macédoine, la troisième sur les frontières de l'Épire et de la Thessalie.

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Leur première campagne, d'abord couronnée de succès, finit par être désastreuse. Le brenn profita de l'hiver pour réorganiser une nouvelle armée de deux cent quarante mille hommes, laquelle fut battue aux Thermopyles. Cette armée put cependant piller la ville de Caillou, y exercer des actes d'une incroyable brutalité, ce qui engagea le brenn à s'approcher de Delphes, fameuse par son temple d'Apollon et les richesses qu'il renfermait.

Malgré la résistance des Grecs, ses troupes escaladèrent la montagne et s'emparèrent de tous les trésors contenus dans l'édifice et dans les oratoires voisins. Les Grecs exaspérés se réunirent, s'élancèrent sur les pillards étonnés eux-mêmes de leur acte sacrilège et les poursuivirent à coups de lances jusqu'à leur camp. Ils les attaquèrent encore le lendemain, blessèrent le brenn et mirent en fuite ses soldats, qui s'éparpillèrent dans les campagnes, d'où les vivres avaient été enlevés. Le brenn se tua de désespoir, n'ayant plus que trente-neuf mille hommes autour de lui, donnant le conseil à son successeur d'égorger dix mille blessés qui ne pourraient supporter les fatigues de la retraite. Quelques Tectosages rentrèrent seuls dans la Gaule, rapportant avec eux une partie du riche butin qu'ils avaient fait à Delphes.

L'épidémie, qui les avait décimés sur la route, les poursuivit jusque dans Tolosa. L'attribuant aux dieux irrités dont ils avaient dépouillé les temples, ils jetèrent leurs trésors dans un lac voisin de la ville. Le fléau cessa ses ravages (1).

Possidonius ne croit pas à l'exactitude de ce récit. Il avoue que Tolosa possédait un trésor montant à quinze mille talents, déposés dans un temple et dans un lac sacré ; mais il ajoute que ce trésor ne venait pas de Delphes, car les richesses en avaient été prises lors de la guerre sacrée, antérieure à l'invasion gauloise. Il pense même qu'aucun Tectosage ne put rentrer à Toulouse, et que l'or renfermé dans

(4) Justin., lib. lY, cap. xziy.

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son temple provenait du pays, qui en fournissait avec abondance (1).

La seconde armée des Tolosates n'éprouva pas le même sort que la {Mremière. Après s'être avancée jusqu'à Bysance, elle franchit le Bosphore et vint en Asie chez les Bythiniens.

Le roi Nicomède I", chassé de ses États par les successeurs d'Alexandre, la prit à son service. Elle le rétablit sur le trône et reçut pour récompense un petit État qui porta le nom de Galatie ou Gallo-Grèce^ dont les capitales furent Ancyre et Sélinonte. Auguste réduisit plus tard ce pays en province romaine. Saint Jérôme, qui vivait sept siècles après l'établissement des Gaulois dans l'Asie Mineure, dit que de son temps on y parlait encore la langue usitée du côté de Trêves (2).

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