DEUXIÈME DISCOURS
AU CONGRÈS SCIENTIFIQUE DE FRANCE A AIX
PREiMIÈRE PARTIi:.
De I*orl$;ine dm Hiitérs en France, de leur Importance, de l'influence exercée par les Beaux-ilrta
Messieurs,
Je vais avoir Tiionneur de vous entretenir de rintérèt qui doit s'attacher à la construction d'un Musée monumental à Aix.
Afin que cette question puisse prendre un caractère d'intérêt général, après avoir examiné devant vous, si le Musée actuel de la ville d'Aix est digne d'elle , je prendrai la liberté de jeter un coup d'œil sur l'origine des Musées en France, sur leur importance, sur V influence exercée par les Beaux- Arts, je parlerai ensuite de r organisation des Musées en province et de l'intéi^êt qui doit s'attacher à la construction d'zin Musée monumental à Aix.
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Je m'adresserai tout d'abord cette demande : le Musée actuel de la ville d'Aix, comme je viens de le dire îi Finstant, répond-il dignement à la grandeur artistique de son passé? Aux exigences de son présent? Je ne le pense pas.
Grâce aux libéralités de M. Bourguignon de Fabregoules, aux dispositions testamentaires d'un illustre artiste, dont la ville s'honore à juste titre, Granet, le nombre de ses tableaux s'est considérablement accru. De si nobles exemples doivent porter d'heureux fruits. La collection du Musée de la ville d'Aix sera bientôt la plus belle et la plus curieuse de toutes celles appartenant aux Musées de province , grâce â la munificence de nombreux amateurs qui ont déjà enrichi le Musée d'œuvres isolées, à celle de l'Empereur qui a les yeux fixés sur lui à cet égard, et grâce aussi à l'intelligente administration locale, aussi jalouse aujourd'hui de réhausser l'éclat de l'ancienne capitale de la Provence, par d'utiles travaux et des monuments que l'art marque de son empreinte ineffaçable, qu'elle est fière de la grandeur de son passé, dont elle recueille avec un soin filial et un religieux respect les glorieux débris. En parlant simplement au point de vue matériel, le local actuel du Musée devient donc insuffisant. Reste à examiner le côté moral.
Les musées ne sont plus ce qu'ils étaient dans l'antiquité, île vastes édifices ornés de portiques, do galeries et de grandes salles pour conférer ou converser , ou le trésor public entretenait un certain nombre de savants distingués, qui trouvaient là tout ce qui pouvait favoriser la culture de resprit,etrétude approfondie des sciences. Un musée est aujourd'hui, dit Mil' lin, un lieu où on rassemble des monuments de toute espèce, soit antiques, soit modernes.
Voilà certes une définition fort brève ! mais je cite Millin avec intention. Ce dernier publiait son dictionnaire des BeaxLx-Arts en 1806, époque où les musées en France prenaient à peine naissance, et ou on était loin de soupçonner ce que deviendraient peu après ces établissements.
Suivons donc les musées dans leur développement actuel, leur progression croissante nous éclairera sur leur importance.
« Le 10 août 1792 , le trône s'était écroulé. A sa chute, les statues, les bronzes et les autres objets précieux qui ornaient les appartements de Versailles et des Tuileries, furent enlevés et déposés au Louvre comme propriété nationale : mais pendant quelque temps ce ne fut qu'un riche garde-meuble, dont l'entrée était cependant publique. »
Telle est Torigine du Muséum Nalional, c'està-dire du premier musée populaire en France. Ceux de Fontainebleau et de Versailles, datant l'un de François I", et l'autre de Louis XIV, étaient des musées éminemment royaux « spécialement créés pour procurer des distractions agréables aux spectateurs, et non pour fixer fortement leur attention, et leur donner de graves enseignements. » Les merveilles qu'ils contenaient, emportées par le souflle révolutionnaire, rentraient dès lors dans le domaine public.
Ce qui se passait à Paris eut lieu à son tour, dans les principaux chefs-lieux de tous les départements, et notamment dans notre Provence, berceau de la peinture en France. Le Musée d'Aix, celui d'Avignon, et celui de Marseille se formèrent des dépouilles si riches, des hôtels, des châteaux, des couvents et des églises qui en contenaient les premiers rudiments. Ce n'était là, dès le principe, comme dans la capitale, qu'un amas confus d'objets précieux; ils n'avaient dû leur conservation qu'au dévouement patriotique de quelques hommes éclairés, jaloux de sauver de la ruine des chefs-d'œuvre qui fesaient l'honneur du pays.
Peu après, la Hollande, la Belgique, puis ritalie, TAllemagne et TEspagne conquises, firent affluer en France, une telle quantité d'œuvres d'art, que les vainqueurs prélevaient comme les plus glorieux trophées de leur victoires, que ]e Musée Napoléon devint insuffisant pour les contenir. La province se vit appelée dès-lors à participer à ce magnifique partage : Aix, Avignon et Marseille ne furent pas oubliés.
Les dons des gouvernements qui se sont succédé, ceux des municipalités, aussi bien que des amateurs ont augmenté chaque année ces trésors artistiques, et les monuments qui leur étaient affectés subissent maintenant le sort de celui de Paris.
Cet accroissement considérable, indique assez clairement Tintérot universel qui s'attache à eux : parlons donc maintenant de leur destination et de rinffuence qu'ils exercent , c'est le moyen le plus naturel de justifier la vogue dont ils jouissent.
Dans mes Annales de la Peinture, j ai dit ceci : « Les beaux-arts sont Tàme de la civili- » sation, et les leviers les plus puissants du » progrès; ils font la gloire et la richesse des » peuples ; ils pèsent d'un grand poids dans la » balance de la politique des souverains ; ils
» sont les miroirs fidèles de Thistoire univer- » selle, et j'ajouterai avec Chateaubriand, ils » nousrapproclient de la Divinité. »
Eh bien ! Messieurs, les musées comme Tindique leur nom ; temples des muses ! sont les sanctuaires des œuvres inspirées par celles qui présidaient aux arts du dessin ; en un mot, ils sont les dépositaires de leurs plus spl end ides et de leurs plus diverses manifestations, en même temps qu'ils sont les archives des siècles évanouis.
Puis ces manilestations no rayonnent-elles pas? Oui, Messieurs, elles éclairent lartiste, Tantiquaire, le numismate, Tarchéologue, Thistorien, le savant, elles jettent dans Tesprit de ceux qui les visitent et jusque dans Fàme des plus humbles spectateurs, la semence de la perception du beau ; elles nous initient tous, en partie, à Thistoire universelle, dont elles sont le miroir ; et de même que les beaux-arts qu'on appelait autrefois divins, sont la manifestation du sentiment du cœur, de l'enthousiasme de l'âme et de tout ce qu'il y a de plus vif, de plus noble, de plus ardent, de plus généreux, et de plus exquis en nous-mêmes, de môme elles charment nos yeux, en ouvrant devant notre esprit de nouveaux horizons , et
lorsqu'elles nous offrent la beauté dans son épanouissement, elles élèvent graduellement notre âme en la dilatant, la conduisant ainsi dans les hauteurs et les régions de Tinfini, jusqu'aux pieds de Dieu, source éternelle de toute grandeur et de toute beaulé.
Devant les chefs-d'œuvre, qu'ils appartiennent à la poésie, à la musique, à la littérature ou aux arts du dessin, les cœurs enthousiastes subissent plus particulièrement ces impressions, quand les esprits plus calmes et moins prompts à s'exalter, puisent dans ces mêmes œuvres, et sans qu'il s'en rendent compte ù eux-mêmes, une rectitude plus grande dans leur jugement, en perfectionnant leur goût. Au premier aspect, ce dernier point semble peu, mais considérez le résultat. Ce goût une- fois acquis et cultivé, n'établit-il pas en se développant, qu'il soit puisé simplement au contact des modèles contenus dans les Musées, n'étahlit-il pas, chez tous les metteurs en œuvre, dans toutes les branches de l'activité humaine, la supériorité de l'industrie des peuples ? Et exemple frappant ! n'est-ce pas les arts du dessin perfectionnés qui ont établi celle de la France ! On le voit. Messieurs, il n'est pas d'influence plua noble et plus bienfaisante que celle exercée par les beaux-arts.
Mais pour rendre ma pensée encore plus intelligible et plus saisissante, je prendrai la liberté de répéter, en partie, ici, ce que j'ai écrit dans la préface du livre que j'ai cité plus haut, en y ajoutant quelques commentaires : ces lignes me fourniront la déduction logique des faits que je tiens à prouver.
J'ai dit : « Ame de la civilisation, les beaux-arts sont les leviers les plus puissants du progrès. »
Prenant Tart dans son essence, à sa source, et dans son épanouissement parmi les humains, voici de quelle façon j'ai développé cette formule :
« Sous la dénomination de beaux-arts, chacun le sait, on comprend la poésie, la musique, la peinture, la sculpture, rarchitecture;Voltaire ajoute encore la littérature. Les maîtres qui les cultivent ou les professent sont désignés sous le nom d'artistes. Par une conséquence naturelle et logique, on range dans la catégorie des artistes, tout homme, quel que soit le métier qu'il exerce, dont les œuvres sont marquées au coin du génie . Par analogie, ce titre d'artiste s'étend encore à ceux qui possèdent ce goût exquis et ce tact si sur, qui leur font discerner les beautés contenues dans les œuvres d'art. )^
Ceci posé, cherchons à définir, dans son essence, Fart, principe des beaux-arts, et suivons Tun et l'autre dans leurs causes et dans leurs effets.
Platon et saint Augustin ont dit admirablement, au point de vue esthétique, le premier, Tart est Téclat du beau et du bon ! Le second, il est la splendeur du vrai !
L'art ainsi compris, étant une émanation incorporelle, insaisissable, de la divinité, il n'offre aucune tâche, aucune souillure, et il reflète naturellement sur la terre, une partie de ses sublimes attributs, et de ses divines perfections.
D'un autre côté. Dieu créateur de la forme et de tout ce qui existe, étant de toute éternité le divin architecte, l'artiste souverain ^ l'homme animé do son souffle, par imitation, devient créateur à son tour, et plus il est possédé du feu sacré de l'art, plus il se rapproche de lui.
Les définitions de ces grands philosophes que je viens de citer, on le voit, sont loin d'être complèles ; aussi combien d'autres n'en a-t-on pas données. Qu'il me soit permis , néanmoins, d'en ajouter une nouvelle.
Pour moi, à un point de vue plus rationnel,
et quand il se manifeste tout à la fois aux yeux de rintelligence et à ceux du corps : Tart émane de cette faculté créatrice innée dans rhomme, faculté qui témoigne de la divinité de son origine, et qui fait de son âme immortelle, comme le disent les Ecritures, une image du Créateur : Dieu fit Vhomnie à son image.
Quelle est cette faculté créatrice ?
Chez les hommes réellement supérieurs, c'est le génie !
Conmient le génie fécondé et développé par l'étude se manifestera-t-il ?
Par des œuvres d art !
Ces œuvres d'art elles-mêmes, comment pourront-elles être produites au grand jour ?
En ce qui touche plus particulièrement la peinture, la sculpture et Tarchitecture, un seul moyen pratique, élevé en raison de son importance et du goût qu'il exige à la dignité d'art, leur est offert : c'est le dessin, qui par ce fait devient partie intégrante des beauxarts.
Eh bien ! descendant du sommet de l'art du dessin, jusqu'à son point de départ, et en y remontant graduellement, nous ne trouvons pas un seul objet, sans exception aucune, fait
par la main de Thomme, dont le dessin ne soit la hase ! que Tart du dessin soit détruit et nous tombons immédiatement dans la barbarie.
On m objectera qu'on peut dessiner sans que Fart y soit intéressé ; que je confonds lart luimême avec les lignes au moyen desquelles il s'exprime, bien qu'on qualifie le goût qui les combine, lart du dessin ; que le dessin est au service de l'universalité des sciences, de tous les besoins du commerce et de Tindustrie, en un mot qu'il détermine la l'orme de tous les objets nécessaires, ou indispensables à l'existence du genre humain ! Je n'ai garde de Toublier. Messieurs, car c'est en cela que brille son absolue nécessité. Aussi ai-je indiqué dun trait de plume les conséquences de sa destruction. Mais l'art lui-même, vous en aurez bientôt acquis la conviction, ne tarde pas de l'asservir à ses conceptions, et il ne prend de valeur véritable, que sous sa glorieuse empreinte.
Je répondrai donc ceci : Il n est pas un seul métier dans le monde qui n'exige, comme je viens de le dire , l'emploi d'un dessin quelconque ; les œuvres des ouvriers qui les . exercent, pourront être plus ou moins informes,
plus OU moins délicatement exécutées, mais aussitôt qu'elles arrivent à un degré de perfection relatif, elles sont classées parmi les œuvres d'art, A quelle source les ouvriers viendront-ils s'inspirer? Où puiseront-ils le goût si nécessaire, pour emmener leurs œuvres à la perfection ? Sinon dans les chefs-d'œuvre de tous les genres, sortis de la main des hommes de génie, en un mot, des artistes qui les environnent. Les beautés de la nature seraient insuffisantes pour les éclairer tout d'abord : ce sont là les premiers et les véritables flambeaux qui les guident.
Maintenant, Thomme de génie pourra produire d'autres œuvres que celles appelées œuvres d'art. Les conquérants et les grands politiques fonderont des empires, institueront des codes pour les régir, les philosophes émettront des doctrines nouvelles ; les navigateurs découvriront de nouveaux mondes; la terre sera bouleversée; ses profondeurs mystérieuses seront sondées ; les éléments contenus dans la nature entière, air, vapeur, électricité, obéiront à Thomme de génie. Mais je le demande de nouveau, n'est-ce pas au moyen des lignes que lui fournira l'art du dessin que ce conquérant tracera ses plans de campagne, construira des
villes et les fortifiera? N'est-ce pas lart du dessin qui fournira à la science, les instruments propres à fixer ses découvertes, qui en perpétuera le souvenir et les popularisera ? Et de plus, n'est-ce pas lui qui fécondera Findustrie, et qui imprimera à tous ses produits, un cachet de grandeur, d'élégance, ou de bon goût.
Ainsi je le répète, c'est par le goût aidé de Tart du dessin, que tous les ouvrages faits par la main des hommes se perfectionnent. Le dessin étant la base de leurs formes, et sans ces ouvrages, aucune société ne pouvant se constituer, le dessin devient en quelque sorte le thermomètre de la civilisation. La civilisation grandit-elle ? Il s'épure ! Décroît-elle ? Il se corrompt ! Disparaît-elle ? Il est complètement négligé et oublié. Donc les beaux- arts, étroitement unis entre eux, qui en fournissent ou en inspirent les règles, en y joignant naturellement Tinfluence morale et irrésistible qu'ils exercent, sont l'âme de la civilisatio7i, et les leviers les plus puissants du p7'ogrès, et par une conséquence naturelle, quand la civilisation chez un peuple arrive à son apogée, ils font sa gloire et sa richesse.
Je crois. Messieurs, ne pas avoir besoin d'expliquer ici, que je place ces théories au-dessous
de la morale, qui les domine de toute la hauteur de son essence divine, morale qui préside aux lois, et règle les rapports sociaux, sans lesquels tout croulerait autour de nous.
J'ai dit aussi : Ils pèsent d'un grand poids dans la balance de la politique des souverains. Voilà les motifs qui m'ont inspiré cette autre formule.
Dans le cours de mes Annales, j'ai fait voir de quel prix étaient les beaux-arts, aux yeux des grands politiques : Périclès, Constantin, Charlcmagne ; en Angleterre, Alfred-le-Grand et Guillaume-lo-Conquérant; j ai fait connaître Topinion des conciles et celles des papes qui n ont dû raffermissement de leur pouvoir temporel, qu'à l'influence de ces mêmes beauxarts. Je ne développerai donc pas davantage cette pensée; je me bornerai actuellement, pour la fortifier, à citer l'opinion d'un des plus grands philosophes du dernier siècle.
Dans son discours de Dijon, J.-J. Rousseau, jetant l'anathème sur les beaux-arts et rêvant mie république humanitaire s'écriait : « Le besoin créa les trônes, les beaux-arts les ont affermis ! » Singulier aveu qu'il suffit d'enregistrer, pour témoigner de l'intérêt personnel, qu'ont les souverains à favoriser les beaux-arts;
s'ils ne devaient en même temps, par la protection qu'ils leur accordent, assurer la prospérité des nations dont les destinées leur sont confiées, et quand bien même, les artistes, ne contribueraient pas à former autour de leurs trônes, une auréole de gloire dont Téclat traverse les siècles.
Il me reste ù développer ces dernières formules i Les beaux-arts sont les miroirs fidèles de l'histoire universelle, et il nous 7'approchent de la divinité.
Sans parler des médailles et des monuments, avec leurs bas-reliefs et leurs sculptures, traces vivantes du passé, la peinture suffirait seule pour nous initier à la connaissance de tout ce qui existe, ou a pu exister.
Ne reproduit-elle pas en même temps que les faits historiques de tous les temps, tou§ les objets qui frappent nos yeux ? Est-il un peuple, un climat qui lui soit étranger? Brin d'herbe, ou cèdre du Liban ! plaine ou cime inaccessible ! en un mot tout ce qui appartient à la création pose devant-elle, et elle nous en renvoie Timage. La peinture ne cherche-t-elle pas de plus à reproduire les sensations et les idées? Elle s'élève parfois au mysticisme le plus pur, et ce que la nature offre de plus abstrait, sol-
licite ses fervents adeptes. La beauté idéale et parfaite est son rôve, et la beauté souveraine et dans toute sa plénitude n'est-elle pas toute en Dieu ? Ainsi donc Chateaubriand a pu dire avec justice: les beaux-arts nous rapprochent de la divinité.
A ces réflexions, j'ajouterai la concliîsion guivante : protéger et encourager les artistes, ces premiers interprètes de Tart qui féconde l'industrie , et mettre leurs œuvres et leurs noms en lumière en leur restituant la légitime part d'influence qu'ils exercent dans le monde, c'est travailler à la glorification du pays qui les a vu naître.
Vous le voyez. Messieurs, les musées, sans parler de leur grande mission et de leur nécessité impérieuse, que je crois avoir suffisamment démontrée, sont aussi les panthéons des artistes et tout à la fois la gloire des nations.
.le me suis laissé aller devant vous. Messieurs, à mon enthousiasme pour les beaux-arts, mais qu'on ne dise pas qu'il m'égare, que mon tableau est revêtu de couleurs trop brillantes, qu'il ne laisse plus de place aux autres œuvres de l'esprit humain , ou qu'il semble les reléguer dans l'ombre . Loin de moi, Messieurs, la pensée de nier ou de vouloir amoindrir
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leur importance et leur aclion généreuse. Je professe, au contraire, pour elles, le plus profoad respect, car, je le sais, sans runiversalité des sciences, dont Tessor, de nos jours, éclipse celui de tous les siècles qui nous ont précédés ; sans commerce, sans industrie, qui onf Tunivers entier pour domaine ; sans art militaire qui les protège ; sans ces autres œuvres enfin, Tétat social tout entier ne saurait se soutenir : mais comme tout se tient, tout se lie, tout s'enchaîne dans Tordre des idées et des faits qui gouvernent le monde, de même si ces œuvres indépendantes des beaux-arts sont le fondement, la base et le soutien de rédifice, les beaux-arts sans en séparer la morale dont Tidée chrétienne est la plus sublime expression, en sont le faîte, la clef de voûte et le couronnement.