XIV PRÉFACE
le thermomètre de la civilisation. La civilisation grandit à mesure qu'il s'épure. Elle décroît quand il se corrompt. Elle disparaît complètement quand il est négligé et oublié: donc les beaux arts qui en fournissent ou en inspirent les règles sont Yâme de la civilisation et les leviers les plus puissants du progrès, et par une conséquence naturelle, quand la civilisation chez un peuple arrive à son apogée, ils font sa gloire et sa richesse.
Ils pèsent d'un grand poids dans la balance de la politique des souverains.
Dans le cours de mon ouvrage, j'ai fait voir de quel prix étaient les beaux -arts aux yeux des grands politiques : Périclès , Constantin , Charlemagne j en Angleterre, Alfred le Grand et Guillaume le Conquérant. J'ai fait connaître l'opinion des Conciles et celle des Papes qui n'ont dû l'affermissement de leur pouvoir temporel qu'à l'influence de ces mêmes beaux-arts.
Je ne développerai donc pas davantage cette pensée, je me bornerai actuellement, pour la fortifier, à citer l'opinion d'un des plus grands philosophes du dernier siècle.
Dans son discours de Dijon, J.-J. Rousseau