‹ Annales de la peintureChapitre 26 sur 72 · XV* ET XVI« SIÈCLE · texte numérisé non relu

XV* ET XVI« SIÈCLE

Dans une précédente étude . à propos de l'école Avignonaise, nou> avons nommé déjà les contemporains de Cimabue et de Giotto en Italie , dans l'école romaine et florentine , en voici encore un bien ancien , dont le nom nous était échappé , André Orgagna, peintre, poète, sculpteur et architecte, qui avait représenté à Pjse le Jugement Universel , plaçant ses amis dans le paradis et ses ennemis en enfer , et qui mourut en 1389 , âgé de soixante ans ; Lippo , de Florence , mort en 1415 , dont le coloris fut plus brillant que celui de ses devanciers.

Léon-Baptiste Albert , fort instruit dans la connais, sance des lettres , des mathématiques , de la peinture, de la sculpture et de l'architecture , grandement employé par Nicolas V , et qui a laissé un traité sur l'arithmétique et d'autres ouvrages sur la vie civile. Nous avons nommé dans un article précèdent , Pietro délia Francesca , employé au Vatican par Nicolas V, ce maître se plaisait à représenter des effets de nuit et des combats, il était, de plus fort habile en géométrie et en arithmétique, il mourut en 14i3; mais nous avions omis ses élèves Laurentinod'Angello, d'Arézo, Lucas Signorelli et Jean-Angelico de Feisole.

Ce dernier, religieux de St-Dominique, fut non moins célèbre par sa ferveur que par les sujets religieux qu'il a traités. Lorsqu'il avait à représenter un Christ cruciflé , c'était au milieu des larmes et des prières qu'il travaillait ; — il mourut en 14-55.

Phillippo Lippi, bien différent de Fra Angelico, abandonna le couvent des Carmes où il avait été élevé et où il avait prononcé ses vœux , pour s'adonner plus librement à la peinture. Dans un voyage sur mer, pris par des corsaires, grâce à son talent il obtint sa liberté. Débarqué à Naples , après avoir été

employé par le roi Alphonse , il revint à Florence , où il fut occupé par le duc Corne de Médicis. Les aventures amoureuses de ce peintre sont restées célèbres : il mourut en 1488, empoisonné par les parents d'une femme qu'il s'opiniàtrait à poursuivre.

Tous ces artistes derniers nommés ne connaissaient point la peinture à l'huile ; ils peignaient à la fresque ou à la détrempe , délayant leurs couleurs soit avec des œufs , de la gomme étendue d'eau ou de la colle fondue.

Le premier qui peignit à l'huile fut Antoine de Messine. Dans un voyage à Naples , il vit un tableau que le roi Alphonse avait reçu depuis peu des Flandres. Surpris de la vivacité et de la force de coloris, et pénétré de l'importance de cette innovation , il abandonna tout pour aller à Bruges faire connaissance avec l'auteur de cette peinture. Van-Eyck, gagné par ses excellents procédés, lui dévoila son secret. Antoine de Messine , reconnaissant de la bonté de Van-Eyck , ne quitta Bruges qu'à la mort de ce dernier , pour venir s'établir à Venise.

Il eut pour disciple Dominique. Le secret de peindre à l'huile que lui avait confié son maître, coûta la vie à ce dernier, car il fut assassiné par un autre peintre auquel il l'avait enseigné à son tour et qui espérait rester , par ce moyen odieux , le seul maître de ce procédé. Cet artiste se nommait André del Castagne. Ce même André, pour avoir peint à Florence contre le palais des podestats, par ordre de la république, l'exécution des conjurés ayant conspiré contre les Médicis , en 1473 , fut appelé dans la suite Andréa de Gl'impiccatti (des Pendus).

A cette époque florissaient également en Italie :

Vittore. Pisano, réputé pour les coins de médailles ;

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Gentille d'À Fabriano , employé par le pape Martin V , à St-Jean de Latran , mort à 80 ans ;

Laurenzo Costa, qui travailla à Bologne et à Ferrare, et eut pour élèves le Dosse et Recule de cette dernière ville ;

Corne Rosselli , déjà nommé , est mort âgé de 68 ans, en 1484 ;

; Philippo Lippi , fils du peintre du même nom , florentin, élève de Sandro Botticello, doué de beaucoup de vivacité et de génie fut occupé par Mathias Corvinus , roi de Hongrie, il mourut en 1505, âgé de 45 ans, précédant de dix ans dans la tombe son maître, Sandro Botticello, grand compétiteur de Dominique Ghirlandajo. Ce dernier avait écrit un commentaire sur le Dante et l'avait orné de ligures.

Enfin, pour clore cette longue liste, Bernardin Pinturicliio qui peignit , à Sienne , la vie du pape Pie II , et qui fut aidé , dans cet ouvrage , par Raphaël, sortant de l'atelier de Piétro Perugin. Ce Bernardin Pinturicliio , employé au Vatican par Innocent VIII et par Alexandre VI], mourut à Sienne , en 1513.

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MAITRES PRIMITIFS

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