LES ELEVES DE CHAIX
Les principaux élèves de l'école de Chaix ont été Jean-Baptiste Reboul , Boudin, Fulconis , Geoffroy Mariotti, Aubanel, Cournand, Veray, Dumas.
Reboul (Jean-Baptiste), né en 1810, à Chateauneuf Calcernier — d'abord vigneron — fut élevé par Chaix ; ce trait honore le maître. Reboul a fait de la peinture pleine d'expression et de vigueur , le musée Calvet possède de lui : 1° le portrait d'Hyacinthe Morel , 2° celui du comte de Chabran, 3° celui de Jacques de Vincens, marquis de Causans, 4° celui de Jacques Bernus et 5<> son Portrait fait par lui-même en 1840 , et peint à la manière de Rembrandt. Cette toile accuse en l'auteur un mérite sérieux.
Boudin, quitta Avignon, s'en fut à Paris , où après deux ans d'études, il revenait au pays natal et entreprenait de peindre sur une toile de trente deux pieds de long, une Bataille de Marencjo. Nous nous rappelons avoir vu son œuvre ébauchée, l'administration avait mis à la disposition de l'artiste une vaste salle située dans les bâtiments du muséum d'histoire naturelle qui précédait le jardin des plantes d'Avignon — monument aujourd'hui détruit. — Les figures grandement et largement dessinées , dénotaient une main habile. Boudin est mort à la peine , vers 1838 , emportant avec lui les germes d'un grand artiste.
Bigand, son ami, a reproduit ses traits dans la ligure de son David vainqueur de Goliath, tableau existant au musée Calvet.
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Puisque nous prononçons le nom de Bigand, qui est également de nos amis, nous mentionnerons quelquesunes de ses œuvres.
Bigand, bien que né à Versailles, vers 1805 et non élève de Chaix, a passé une partie de sa vie à Avignon où l'Athénée de Vaucluse l'a admis au nombre de ses membres. Nous le considérons comme un compatriote. Le musée Calvet possède de lui indépendamment du David précédemment nommé : 1<> Fausi et Mêphistophelès , 2° Bclisaire , 3° la Charité sous les traits d'un chevalier entouré de pauvres et donnant son manteau à l'un d'eux , 4° Portrait d'Etienne, Antoine de Boulogne ,, évêque de Troyes, pair de France, littérateur, né à Avignon en 1749, mort à Paris en 1825, 5° Portrait du Cardinal de Cabassole, évêque de Cavaillon, où il était né vers 1305, patriarche de Jérusalem , cardinal , homme d'état érudit et ami de Pétrarque, mort à Pérouse en 1372, 6o Portrait de Jean de VHoslel et 7° Portrait de Louis de Perussis — deux illustrations provençales. — La plupart de ces toiles ont été commandées à Bigand par le conseil général du département de Vaucluse. Bigand était excessivement lié avec Bequien, le célèbre botaniste avignonois, qui a fait don à sa ville natale , par testament, de sa magnifique collection ; l'artiste accompagnait tous les ans le naturaliste en Corse, où il allait herboriser. Bigand compte également de nombreux amis à Marseille et pour n'en citer qu'un seul, nous nommerons Loubon, le directeur de notre école.
Fulcoms, fils d'un ouvrier marbrier de chez Mariotti , s'est adonné à la sculpture , il a quitté Avignon en 1832 pour aller en Afrique, d'où il a
expédié au mnsée de sa ville natale , deux petites pierres funéraires arabes , et le masque du marabout Sidi Embarek, tué en combattant contre nos troupes ; il est depuis longtemps à Paris , où il réussit assez bien. Il a expédié dernièrement au préfet d'Avignon une statuette en bronze du Prince Impérial , modelée par lui et d'une jolie exécution.
Geoffroy, après avoir fait de la sculpture dans l'atelier de Beaussan et de la peinture à Paris , s'est fait dessinateur lithographe.
Mariotti, fils d'un marbrer a fait de la sculpture avec son père , étant parti pour Rome afin de continuer ses études, ses relations avec le peintre Camuccini l'entraînèrent vers la peinture; ses tableaux de la chapelle des Invalides à Avignon, lui valurent d'amères critiques; Mariotti exposa quatre tableaux, lors du Concours Régional en 1858, dont le mérite fut contesté, il obtint néanmoins une médaille d'or pour l'un d'eux représentant le martyre de Ste-*** II est mort en 1859.
Aubanel (Joseph) , s'est constamment occupé de peinture historique et a traité plus particulièrement des sujets religieux. Plusieurs églises d'Avignon et du département possèdent de ses productions. — Aubanel a exposé à Paris , son tableau de la Vierge auxiliatrlce qui a figuré en 1858 à l'Exposition du Concours Régional d'Avignon, d'une couleur un peu bitumineuse, était traité dans le genre d'Ary Scheffer, cette œuvre fut remarquée.
Dumas (Antony), a négligé la peinture pour la cari-
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cature dans laquelle il avait acquis une certaine habileté ; enrôlé dans l'expédition organisée par M. Mamiami , pour aller à la découverte des sources du Nil , il est mort en 1860, des suites d'un excès de fatigue.
Veray (Louis), sculpteur, est fixé maintenant à Paris où il s'est fait un nom. Le musée d'Avignon possède de lui : une moissonneuse endormie sur des gerbes de blé , marbre de grandeur naturelle; le buste d'une provençale , type en bronze , et la statue de Crillon qui décore la place de l'horloge.
Cournand, est le type de l'artiste insouciant, et que la misère visite sans qu'il se trouble. Chargé de famille, s'oubliant parfois à la bouteille et ne travaillant que sous le feu de l'inspiration. Il a produit beaucoup de choses charmantes , correctes et de bon goût. Ses tableaux sont ordinairement faits de premier jet. On peut citer parmi les meilleurs, un St-Joseph guidant la main de V Enfant Jésus pour lui faire souscrire une grâcj, composition existant à la Congrégation des Hommw.