PEINTRES ET GRAVEURS
Guillaume , né à Marseille en 1475, passa en Italie et y apprit à peindre sur verre , il devint si habile qu'on prenait souvent ses ouvrages pour des peintures à l'huile.
Engagé dans une affaire malheureuse il revint dans son pays natal pour se soustraire aux poursuites de la justice, et il entra dans l'ordre de Saint-Domique. Le pape Jules II ayant donné commission à Braman d'Urbin de faire vitrer quantité de fenêtres de son palais du Vatican en les ornant de peintures , d'Urbin fit venir de Marseille Claude , ouvrier fameux en ce genre , auquel nous devons les vitraux de l'église des Accoules.
Claude, s'associa le frère Guillaume dont il connaissait les talents et qu'il regardait comme son maître.
Guillaume quitta les vêtements de son ordre , prit l'habit ecclésiastique et suivit son compatriote à Rome où on les employa d'abord à peindre les fenêtres du Vatican, qui plus tard furent brisées lors du sac de la ville éternelle ; on fit des balles à mousquets du plomb
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des vitraux. Une seule fenêtre échappa à ce désastre, elle existe encore, dans la chambre de Raphaël , sur la tour Borgia : le 'sujet représente des anges soutenant les armes de Léon X. — Ces vitraux sont considérés par tous les connaisseurs comme un chefd'œuvre.
Claude étant mort, Guillaume travailla seul aux fenêtres de Santa-Maria-de-Anima , puis à Crotone ainsi qu'à Arezo où il mourut à son tour en 1537. II avait fondé en cette ville une école de peinture d'où sortit Vasari et une foule de peintres italiens.
Faminiis, peignit en 1564 une grande Vue de Marseille, conservée aujourd'hui dans les archives de la ville.
Larose, peintre de marine, né à Marseille, s'était fait une certaine réputation. Son portrait peint par Fauchier d'Aix, vers 1668 passaitpour le chef-d'œuvre de ce maître.
Roullet (Jean-Louis), graveur, naquit à Arles en 1645, une vocation naturelle l'entraînait vers les arts ; enfant il copiait avec une facilité surprenante tous les objets qui s'offraient à ses regards, après avoir fait à Arles quelques études au crayon sous des dessinateurs peu habiles, il prit son vol vers la capitale. Là sous des maîtres plus savants, ses progrès furent très rapides , et il s'adonna entièrement à la gravure : Paris était alors le théâtre où les Poilly, les Simonneau, les Masson, les Audran, immortalisaient leurs noms, par les chefs-d'œuvre sortis de leur burin , il devint le digne rival de tous ces grands artistes , il grava d'après Lanfranc , Carache et Dominicain et quantité de morceaux d'après Chiroffer et autres grands pein-
très. Roullet a aussi gravé le tableau de J. Parrocel, représentant David apportant à Saùllatctede Goliath, ainsi que plusieurs portraits , parmi lesquels on distingue celui de Lully, d'après Mignard.
Roullet qui est un de nos plus célèbres graveurs français, mourut en 1699, âgé de 54 ans, le Plutarque Provençal publié par Gueidon à Marseille , contient une longue biographie de cet artiste.
Nicolas (Antoine), peintre dessinateur, né à Marseille en 1648, mort dans cette ville en 1737, excella dans la connaissance de l'art héraldique. Sa famille possédait depuis plus de cinquante ans le privilège de peindre les armoiries pour les services funèbres des gouverneurs de la province et des hauts dignitaires. Les Nicolas en introduisirent l'usage pour les magistrats, les échevins, les nobles et les notables bourgeois; dès 1645 pour remplir cet objet, ils firent une ample collection des armes de toutes les familles qui ont donné des magistrats à Marseille et de toutes celles qui existaient anciennement dans cette ville avec distinction. — Antoine fut celui des siens qui s'adonna plus particulièrement à ce travail, qu'il étendit à plusieurs provinces de la France et de l'Espagne, sans compter les nombreux travaux de ce genre qui firent sa réputation ; Antoine eut la noble pensée de tracer sur le papier de vieilles peintures altérées par le temps, auxquelles on en substituait de nouvelles, afin de conserver les souvenirs des coutumes de nos pères. Plusieurs de ses dessins existaient avant la révolution dans le cabinet de M. Michel de Léon , trésorier-général de France , grand amateur de peinture et de dessin.
Serre; ( Michel ) , né en Catalogne en 1658, mort à,
Marseille en 1733, vint en France à l'âge de huit ans puis il fut à Rome.
« C'est à son retour qu'il se Gxa à Marseille où il a exercé ses talents avec la plus haute distinction ; il est juste de faire connaître ici un artiste que la renommée a oublié, et qui mérite une place parmi les grands maîtres.
« La modicité des prix dont on payait ses ouvrages l'obligea souvent, il est vrai, de presser son travail, ce qui est cause qu'on voit de lui, en Provence, une prodigieuse quantité de tableaux peu estimés des amateurs; mais, ceux qu'il a soignés peuvent être comparés aux productions des meilleurs coloristes (Livret de Marseille). »
Lors de la peste de Marseille en 1720 , Serre s'était retiré dans une campagne située à St-Giniez, près le Prado, il ne cessa de l'habiter jusqu'à sa mort ; on y voyait encore, il y a une vingtaine d'années une petite chapelle dont il avait peint lui-même les plafonds et les murs.
Serre a reproduit diverses scènes de la peste, qui font aujourd'hui partie de la collection du Musée de Marseille, qui possède de cet artiste , outre le portrait de sa femme et celui de ses enfants, vingt-six tableaux de toutes grandeurs, parmi lesquels nous placerons en première ligne, son Martyre de St-Pierre-Dominicain, qui a malheusement poussé au noir et qui tient par sa manière et son coloris de l'école Espagnole dans ce qu'elle a de plus élevé , — son St-Hyacinthe de l'ordre deSt-Dominique, est beaucoup plus clairet mieux conservé. Ces deux tableaux étaient autrefois placés dans l'église des Dominicaines , aujourd'hui St-Cannat , à Marseille, — sa Fuite en Egypte et sa Notre-Dame-de- Bon-Yoyage, sont deux œuvres également remarquables
— la Vie de St-François d'Assise due également à son pinceau forment une suite de quatorze toiles, qui laissent beaucoup à désirer, elles ornaient autrefois le chœur de l'ancienne église des Capucins à Marseille. Rigaud a gravé ses deux tableaux de la peste qui avaient été commandés à Serre par la ville.
L'abbé de Fontenay consacre à Serre une notice dans laquelle il mentionne la réception de cet artiste à l'Académie royale de Paris et lui donne pour élève le frère Imbert.
A son tour, M. Chennevrières de Pointel, dans son second volume sur les Peintres Provençaux de V ancienne France, consacre à Serre une longue et savante biographie remplie d'anecdotes intéressantes et de faits curieux , touchant cet habile artiste , et passant en revue une grande partie de ses œuvres.
Nous reproduirons ici simplement ce que lui enseigne Mariette.
« Michel-Gaspard-Jacques, Serre, né en Taragonne dans la principauté de Catalogne , le 10 janvier 1658 , a demeuré la plus grande partie de sa vie à Marseille et y est mort en 1733, âgé de soixante-quinze ans. Le hasard le fit peintre. Il s'était échappé delà maison paternelle de dépit de ce que sa mère — jeune veuve — lui avait donné en fort peu de temps, deux beaux pères, et quoiqu'il n'eût guère que huit ans, il eut assez de courage pour prendre la résolution de s'en éloigner pour toujours. Chemin faisant , il rencontre une Chartreuse , il y entre , et y obtient l'hospitalité. Se rendant agréable par ses soins officieux , on lui permet d'y demeurer. Un religieux de cette maison peignait; le jeune enfant le voit opérer , et croyant que c'est un prestige, la peur le saisit et ne le quitta que lorsque le chartreux l'eut rassuré et se fut offert
de lui apprendre à en faire autant ; bientôt après il lui proposa de le conduire à Rome , où ce religieux avait dessein de passer furtivement. C'était pour jeter, comme on dit , le froc aux orties ; et , en effet , aussitôt qu'ils furent arrivés l'un et l'autre dans cette ville , le moine disparut emmenant une femme avec lui, et laissant le jeune Serre dans le plus grand embarras. Il ne perdit point courage , il se mit au service de peintres , travailla avec une assiduité merveilleuse, et y joignant de l'économie, il se fit un petit fond capable de le conduire à Marseille. Il avait tout au plus seize à dix-sept ans lorsqu'il y arriva, et il y fut bien reçu. Il apportait la plus grande facilité de peindre , et un génie prêt à tout embrasser. Comme le Cangiage on eût pu le voir peindre des deux mains à la fois , car il est vrai , qu'on le vit peindre et jouer aux dames en même temps , sans qu'une occupation nuisit à l'autre. Il aimait fort à converser , et il avait continuellement dans son atelier un nombre de personnes avec lesquelles il s'entretenait sur toute sorte de sujets ; son ouvrage n'en souffrait point , rien ne pouvait le distraire , pas même les sons bruyants de la musique, dont il faisait son principal délice. Un jour lui suffisait souvent pour commencer et terminer un assez grand tableau ; c'est ainsi qu'il a rempli la ville de Marseille , tous les lieux des environs et quantités d'autres villes , de ses ouvrages de peinture , qui tous montrent du génie et beaucoup de feu , mais peu de couleur , et un dessin encore moins précis , — défauts qui seront toujours ceux des peintres qui s'abandonnent, comme celui-ci , à la pratique et qui n'étudient pas assez leurs ouvrages. «
« Serre fit un voyage à Paris en 1704- , et fut admis à l'Académie royale de Peinture ; il avait déjà obtenu le brevet de dessinateur des galères à Marseille et
celui de peintre du roi pour les mêmes galères , avec les pensions attachées à ces deux emplois. Il fut particulièrement honoré de la charge de lieutenant du roi dans la ville de Salon , et ce fut principalement à la douceur de ses mœurs et à son aimable façon de vivre qu'il dut sa fortune. Il s'était fait beaucoup d'amis, qui le pleurèrent lorsqu'il mourut en 1733. Son fils , peintre comme lui , mais très médiocre, lui a survécu et vit encore ( 1759 ). »
Bouys (André), peintre et graveur, né en 1663 dans la ville d'Hyères, département du Var , élève de François de Troy , acquit beaucoup de célébrité dans le genre du portrait qu'il cultiva exclusivement, il devint membre de l'Académie royale et mourut à Paris, le 8 mai 1740. — M. Robert Dumesnil décrit douze morceaux gravés par lui , d'après ses propres tableaux , ou ceux de son maître : « Ils sont » dit-il «traités avec autant de goût que d'esprit et surtout avec assez de suavité. y>
Imbert (Joseph;, né à Marseille en 1666 , se sentit de bonne heure entraîné par une irrésistible vocation pour la peinture ; il fut élève de Lebrun , plus tard, dégoûté du monde , Imbert entra dans l'ordre des Chartreux en qualité de laïque , à l'âge de 34 ans. Après avoir exécuté des peintures splendides parmi lesquelles nous devons citer le tableau du maître-autel de l'église des Chartreux à Marseille , véritable chefd'œuvre , page sublime , dont l'aspect et l'ensemble vous frappent d'étonnement , le frère Imbert mourut en 1749 à la Chartreuse de Villeneuve où il avait fait profession et dont il a peuplé l'église de ses productions.
Ses principaux élèves furent : son neveu Claude Imbert, orfèvre ciseleur, dont les œuvres furent
marquées au coin du génie ; Antoine Duparc , peintre et sculpteur ; le frère Benoist , chartreux et Duplessis de Garpentras.
Guibert (Jean-Baptiste- Antoine), graveur, compatriote de Roullet , est né à Arles vers 1680, on lui doit les monuments d'Arles gravés en 1720 et figurant dans le livre de la Lauzière , plus ces mêmes monuments sur une plus grande échelle. Il est un autre artiste du même nom et graveur comme ce dernier.
Guibert (F.), dit le jeune, tlorissait en 1795, il a gravé le tableau de Sauvan , représentant St-Thomasde-Villeneuve.
Duparc (Antoine), né à Marseille vers 1680, fils d'un habile sculpteur qui s'est immortalisé par plusieurs ouvrages, et notamment par la chaire des Dominicains de Marseille , hérita des talents de son père , il fut de plus élève du frère Imbert.
Les ouvrages d'Antoine Duparc annoncent un sculpteur délicat, un architecte intelligent et un peintre au-dessus du médiocre, il est le seul après P. Puget , qui ait réuni ces trois genres avec autant de perfection. Parmi les tableaux de Duparc , on peut citer celui représentant St-Henri , qui se trouvait à l'Eglise des Recollets à Marseille. Ses ouvrages en sculpture sont les statues en pierre de St-Louis , roi de France et St-Louis, évêque de Toulouse, placées sur la façade de l'église de ces religieux. La chaire de l'église de St- Martin et le maître-autel de cette paroisse que des sculpteurs ignorants ont dégradés dans la suite. — Son chef-d'œuvre est un autel en marbre placé dans une église de Chartreux , auprès de Paris : la Vierge tenant son fils mort sur ses genoux, s'affaisse sur elle même au
pied d'une Croix élevée qui surmonte un grand rocher. Antoine Duparc mourut dans le voyage qu'il fit pour placer cet ouvrage. Il avait perdu quelques années avant sa mort un fils qui donnait de grandes espérances. Sa fille Françoise Duparc s'illustra dans la peinture. Antoine Duparc joignait à la vivacité provençale, la bonté d'âme qui caractérise les habitants de cette Province , il était plein de droiture et de probité. Le mausolée d'Auguste de Thomas, marquis de Villeneuve, existant à Aix — église des Grands-Carmes — et détruit à la révolution , était l'ouvrage d'Antoine Duparc.
Duparc (Françoise), peintre d'histoire et de portraits, née à Marseille vers 1705 , morte dans cette ville le 17 octobre 1778. Françoise Duparc , fille d'Antoine Dupare le sculpteur marseillais, après avoir pris des leçons de son père entra dans l'atelier de J.-B. Vanloo , ce célèbre maître s'appliqua à développer ses brillantes qualités. Un fait assez singulier que nous allons rapporter , pourra donner la mesure du degré de perfection de ses ouvrages.
Parmi les tableaux que renfermait l'atelier de Vanloo , la jeune Duparc remarqua le portrait de M. le comte de Vence , dans lequel le maître avouait s'être surpassé. Elle en fit la copie à son insu et n'en prévint Vanloo que lorsqu'il fut achevé. Curieux de voir cette copie, il entra dans l'appartement où les deux portraits étaient placés sur le même chevalet. Il examine l'un et l'autre attentivement ; et après les avoir comparés , il complimente son élève en lui signalant , toutefois , quelques imperfections qu'il l'engage à faire disparaître. L'élève rougit et ne répond pas ; le maître insiste et la Duparc forcée de rompre le silence, avoue son insuffisance , à retoucher le tableau du maître lui-même.
Vanloo avait ainsi , sans s'en douter , jugé la copie supérieure à l'original.
A la mort de Vanloo, la célèbre Duparc, se rendit à Paris, où elle acquit en peu de temps une certaine réputation. Mais , sa sœur qui cultivait le même art et dont les œuvres présageaient une grande artiste, étant morte entre ses bras , elle passa en Angleterre; cherchant ainsi à dissiper sa douleur en s'éloignant des lieux où elle avait perdu la compagne qu'elle chérissait.
• Londres fut le théâtre de sa gloire; on y admira ses talents, ses productions furenl enlevées, et en peu de temps la fortune vint la i-iter, les plus grands personnages se firent peindre par elle. Evan fait mention du portrait de W. Stanhope Namigton, comte de Northampton, mort en 1756, peint par elle et gravé par Ford, grand in-folio.
Françoise Duparc, après avoir réalisé la fortune qu'elle s'était acquise, revint ensuite à Paris où elle eût encore le malheur de perdre un frère, auquel elle s'était consacrée, et qui fut enlevé à la fleur de son âge. La santé épuisée par un travail assidu et par cette suite de funestes événements, la Duparc sentit le besoin de revoiries lieux qui l'avaient vu naître, elle revint donc à Marseille, mais elle ne s'y Ct point connaître , se trouvant hors d'état de manier le pinceau, elle s'ensevelit dans une obscurité tellement profonde , qu'un* négociant de cette ville chargé de lui remettre une somme d'argent de la part de l'impératrice de Russie eut grand peine à trouver sa demeure.
Sa retraite découverte , l'Académie de peinture de Marseille l'admit au nombre de ses membres, mais son âge et ses infirmités ne lui permirent pas de présenter à cette compagnie un morceau de sa com-
position qui aurait embelli leur collection. La mort l'enleva le 17 octobre 1778. On a de son pinceau , quatre tableaux, qu'elle légua par son testament à l'IIôtel-de- Ville de Marseille; ils étaient placés dans l'ancienne salle consulaire et ont figurés à l'Exposition.
Michel (J) , habile graveur d'Avigon , fut le maître de Balechou. Le marquis d'Aulan en août 1751, fit graver par cet artiste le portrait du jeune Dauphin André, qui périt en tombant dans l'Isère. On voit encore dans quelques cabinets le portrait du père Bridaine, gravé en 1734, par Michel d'après le tableau peint par Vernet,
Balechou (Jean- Joseph), auxquels la plupart des biographes donnent le prénom de Nicolas, naquit à Arles en 1715 et mourut subitement a Avignon, le 18 août 1765, il était fils d'un boutonnier. On remarqua chez lui de bonne heure de grandes dispositions pour le dessin. Sauvan d'Avignon, lui conseilla de s'adonner à la gravure. Sa ville natale paya son apprentissage et le confia à Michel qui avait à Avignon la réputation d'un excellent graveur. Balechou fut ingrat , il renia son premier maître et son propre pays. Parti pour Paris, il travailla alors sous la direction de J.-P. Lebas qu'il égala bientôt, et les portes de l'Académie lui furent ouvertes. Sa manière de travailler réunissait le moelleux à la finesse du burin.
Parmi ses œuvres on doit distinguer ses belles marines, la Tempête, le Calme et les Baigneuses d'après J. Vernet, qui , lui-même dans une lettre déclara qu'il les préférait à toutes celles qu'on avait fait de ses tableaux. Les épreuves de sa Ste-Geneviève d'après
Vanloo , — œuvre qui fut sa dernière et qui est trèsrepandue dans le département de Vaucluse , furent enlevées dès qu'elles parurent.
Son magnifique portrait de Stanislas, roi de Pologne fut la cause de ses malheurs : il s'était engagé à n'en tirer aucune épreuve avant la lettre, et il fut convaincu d'en avoir gardé et vendu quelques-unes. — La Dauphine qui lui avait fait faire cet engagement l'obligea de s'expatrier, — de plus, il fut exclu de l'Académie, et cet arrêt fut trouvé trop sévère. Sa probité est attaquée dans la préface du Recueil de la Galerie de Dresde, à la tête duquel se voit le morceau inimitable qui lui valût tous ces désagréments. Baiechou tâcha de retirer les fatales épreuves et nia le fait qu'on lui imputait. Mais la question est aujourd'hui décidée : le cabinet des gravures de la Bibliothèque Impériale de Paris possède une magnifique épreuve avant la lettre, qui atteste à la fois et le talent et l'infidélité du graveur, elle a été payée 3,000 livres. On en connaît une autre à Nuremberg , qui avait été coupée , et qu'on a rétablie en rejoignant les morceaux, celle-ci a été achetée 2, iOO livres. Quoiqu'il en soit, c'est depuis ce fâcheux épisode de sa vie , que Balechou se retira à Avignon où il passa le reste de ses jours. Outre son talent pour la gravure il avait du goût pour la musique et possédait en chimie des connaissances assez étendues. LePlutarque Provençal consacre une longue biographie à Balechou.
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