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LOUBON ET LES ÉLÈVES DE L'ÉCOLE

Après la retraite d'Aubert en 1845, — Loubon prit la direction de l'école de Marseille.

Nancy occupait l'emploi de professeur depuis deux ans, place qu'il avait obtenue au concours, et M. Coste architecte, était chargé de la classe d'architecture, depuis environ dix-huit ans. Ce dernier a pris sa retraite en 1861.

Loubon apporta quelques améliorations dans l'organisation des cours de dessin, qui du reste étaient alors parfaitement suivis. Désireux de stimuler l'émulation de ses élèves, de leur fournir de nouveaux modèles à consulter, et tout à la fois d'aider à répandre le goût

des beaux-arts dans notre ville ; il eut l'heureuse pensée d'y fonder une Société des Amis des Arts. Les amateurs et les artistes auxquels il communiqua son projet, répondirent avec empressement à son appel.

Les statuts de la société furent publiés en 1847, mais une première liste arrêtée le 12 obtobre 1846, comprenait déjà 573 actionnaires. La première exposition de la société avait lieu cette même année, du 20 octobre au 15 septembre, offrant aux amateurs et aux visiteurs: 332 Tableaux, Dessins, Gravures ou morceaux de Sculpture. Celle qui eu lieu l'année suivante, 1er septembre 1847, en comptait 341.

La commission administrative, pour les exercices de 1846, 1847 et 1848, avait pour président honoraire, le maire de Marseille ; pour président, le marquis de Forbin Janson ; pour vice-présidents, MM. Loubon, adjoint au maire; Gabriel, conseiller de préfecture et Luce Hypolite. — M. Baude était secrétaire et M. Guin, trésorier.

Les commissaires actifs se composaient de : MM. Bec ; J. M. Goste ; Joba ; Loubon , Emile ; Marbeau ; Michel Colomb ; Nègre Alph. Olivier ; Paranque ; Pascal Albert ; Charles Roux; ïassy.

Les commissaires supplémentaires étaient : MM. Aubert, directeur honoraire du Musée ; Joseph Autran; Bénédit ; Berteaut ; Boisselot ; Bontoux ; Boze, Volcy; Carie; Giraud; Pagliano Mathieu ; Plagniol, Casimir et Romegas.

Le but de cette société, comme l'indiquait l'article premier de ses statuts, était de propager et d'entretenir le goût, et la culture des arts , en ce qui concerne principalement la peinture. Ses moyens consistaient dans les expositions publiques et l'acquisition des ouvrages destinés à être répartis par la voie du

sort, entre les actionnaires et les porteurs de billets, formant des actions collectives.

Loubon se dévouant à cette œuvre patriotique, faisait chaque année le voyage de Paris, parcourant les ateliers des notabilités artistiques de la capitale, sollicitant de tout côté et ^'emparant de toutes les toiles qu'il trouvait disponibles, aussi les premières expositions furent remarquables par le choix des œuvres exposées. L'élan était donné ; mais la révolution de 18+8 paralysa dans son expansion naissante la Société des Amis des Arts, qui dut suspendre ses exhibitions annuelles; elle fut toutefois reconstituée trois ans après sous le titre de Société Artistique. — M. Dufaur de Montfort, devait en prendre la présidence ; mais par suite d'un changement de résidence , M. Marcotte , amateur zélé, fut nommé à sa place : sous son intelligente initiative et grâce au dévouement des nouveaux membres de la commission, la société prit un développement rapide et les expositions brillèrent bientôt d'un vif éclat. On apprécie, aujourd'hui, hautement à Marseille cette institution nationale, dont la présidence est actuellement confiée à l'honorable M. de Surian.

Dans le cours de notre ouvrage, nous avons dit notre pensée touchant l'influence des expositions de peinture; ce sujet étant à peu près épuisé nous n'y reviendrons pas, nous continuerons donc l'histoire de notre école, en passant en revue son directeur et ses élèves.

Loubon (Emile-Charles-Joseph), né à Aix en 1809, a fait une partie de ses études au collège de Marseille, où les premiers éléments de dessin, pour lequel il avait un goût décidé, lui furent enseignés. Il étudiait le droit à Aix, lorsque Granet, — dont il avait fait la connaissance, partit pour Rome en 1829. Emporté par sa vocation, Loubon l'y suivit en compagnie de G. de

Beaulieu, le paysagiste, et revint en France en 1831. Il résidait à Paris depuis cette dernière époque, lorsqu'en 1845 l'Administration Municipale de Marseille vint le solliciter de prendre la direction de son école.

Loubon a exposé à Paris depuis 1834 jusqu'en 1861. 11 a obtenu en 1842 une médaille de 3me classe \genre) et fait Chevalier de la Légion-d'Honneur à la suite de l'Exposition Universelle , le 14 novembre 1855. Les musées de Rouen , d'Aix , du Puy, de Montpellier, de Marseille, de Nimes, etc., possèdent de ses œuvres, la Chambre de Commerce de Marseille a quatre de ses toiles, et le tableau du maître-autel de l'église du village de St-Loup est dû à son pinceau , il représente Attila victorieux arrêté par St-Loup. Loubon a obtenu un grand nombre de médailles aux diverses expositions des villes de Province que nous avons citées.

Les livrets de Paris mentionnent de Loubon, en 1834; Braconniers jouant aux dés le gibier qu'ils ont tué ; Salvator-Rosa chez un marchand-brocanteur ; des Soldats jouant à la porte d'une prison ; Bords de la Durance ; Clair de lune ; Fontaine et intérieur (aquarelles). — En 1835, Troupeaux d'Arles, descendant des Alpes, à Saint-Paul-les-Durance (Provence) ; Vue de Caen (Calvados) ; Chaudronniers ambulants ; Chemin de Digne (Basses-Alpes). — En 1836, la Brague (environs de Nice). —En 1838, Portrait de M. P.— En 1839, Promenade aux Cassines (Florence) ; un Jour de marché (route d'Aix à Marseille) ; un Poste aux grives (environs de Marseille) ; les Déserteurs (route du Midi); Bords de la Seine (maison Laffite) ; Portrait de M. Ch. Duval , architecte . — En 1840 , les Bords de l'Arc (environs d'Aix , en Provence) ; la Fin de la journée (marais Pontin, en Italie) ; Vue de Sartrouville, aux environs de Paris; un Paysan de la Provence. — En 1841, les Bergers cmigrants; Vue de Normandie;

Vue d'Elretat. — En 1842, l'Abreuvoir ; Génoise à la fontaine; la Marguerite. — En 1843, Vue de Nantes prise de l'Ile Gloriette ; des Faucheurs. — En 1845, Ruines d'un temple de Diane au Vernègues (Provence,; Bergers des Landes ; Pâturages en Camargue ; le Petit musicien ; le Parc. — En 1850, Emigration pendant le choléra, à Marseille ; le Dimanche à Endoume (environs de Marseille) ; Bénédiction des troupeaux de la Crau (environs de Marseille] ; une Chasse à la Vierge de la Garde (Marseille) ; Souvenir de Nazareth ; le Pont Flavien à Saint-Chamas (B.-du-R.) — En 1852, Troupeau en marche; le Départ; le Retour ; Souvenir du Var. — En 1853, Menon en tête d'un troupeau de la Camargue ; Vue de Marseille ; Souvenir de Carrare. — En 1855 , Col de la Gineste (entre Marseille et Cassis) ; le Lever du camp du midi (2? novembre 1854) ; un Muletier du Var ; la Fermière de Sounabre (environs d'Arles). — En 1857 , Razzia ; le Bonheur aux champs. — En 1859, Retour de la montagne; Souvenirs de la campagne de Rome. —En 1861, Cascarottes attendant le poisson à St- Jean de Luz (Basses-Pyrénées) ; Cascarrottes portant le poisson sur la route de St-Jean-de Luz (Bayonne).

Depuis que Loubon est directeur de notre école , ses vacances ont toujours été employées à des voyages d'études, il a ainsi, tour à tour et à plusieurs reprises, parcouru l'Italie, et particulièrement Rome, Florence et Venise ; son dernier voyage sur !es frontières d Espagne à St-Jean-de-Luz, lui a fourni les sujets de la série de tableaux qui a figurée aux dernières expositions de Paris.

Simon (François), né à Marseille le 27 janvier 1818, peintre de paysages et d'animaux, élève d'Aubert et de Loubon; expose depuis longtemps à Marseille. Les livrets de Paris mentionnent de lui ; en 1853, Moutons

aux pâturages; Vallon du Fangas; Roucas-Blanc (environs de Marseille). — En 1855, Coteau de Fontainieu; (environs de Marseille ; Vallon du Livron, près Vitrolles (B.-du-R.) ; Moutons race d'Afrique , à Montredon (environs de Marseille). — En 1857, le Laboureur de la Gondrane, attendant la nuit sur la colline de la Mure (environs de Marseille). — En 1859, En chemin pour l'Abattoir ; ce dernier tableau fait aujourd'hui partie de la collection du Musée de Marseille, il a été reproduit par X Illustration en 1861; le Troupeau deMœlibée.— Simon est compté parmi les artistes de mérite.

Raynaud (François), né à Marseille, élève d'Aubert et de Loubon ; a exposé à Paris en 1848, un Lazzarone; le Soir ; une Matinée. — En 1853, les Savoyards ; l'Enfant aux singes. — En 1857, Joueurs de boules (environs de Marseille).; l'Enfant au singe; les Etameurs piémontais. — En 1861 , les Abruzziens à Naples (Italie) ; Jeunes filles des Abruzzes (Italie) ; les Lazzaronis à Naples. Raynaud avait débuté par exposer à Marseille en 1844. Cet artiste doué de grandes qualités comme coloriste est appelé à un brillant avenir.

Nègre (Charles), peintre d'histoire, né à Grasse, élève de l'école, de MM. Ingres et de Paul la Roche ; a exposé à Paris en 1851, une Léda et Coronis mère d'Esculape. Il obtint une médaille de 2me classe , pour ce dernier tableau. — En 1852, la Mort d'Abel ; les Tireurs d'Arc. — En 1853 , Joueur d'orgue; ces mêmes œuvres figurèrent à l'Exposition Universelle de 1855. — En 1857, un Paysage. — En 1859, l'Homme. — En 1861, Moulins à huile à Grasse ; une Collection.

Lafon (Henri), né à Marseille, élève de l'école et de Picot ; a exposé à Paris en 1849 : Portrait de Mme M..,

—En 1850, Femme lisant une lettre; Portrait de M. B...

— En 1852, le Déjeuner ; la Lecture. — En 1853, la Déclaration. — En 1855, la Lettre.— En 1859, Causerie. — En 1861, Episode des Massacres de Syrie.

Masse (Jules), né à Marseille , élève de l'école et de Paul de Laroche ; a exposé à Paris en 18i8: deux Portraits.—En 1857, Portrait de la mère de l'Auteur. — En 1859, une Leçon à Lais ; Portrait de M. de C...

Mairin (Antoine), né à Marseille, élève de l'école et d'Ary Scheffer ; a exposé à Paris en 1850 : une Famille pauvre ; Tète de jeune Fille. — En 1857, la Piété filiale. — En 1859, Joauica, célèbre improvisatrice de Catane. — En 1861 , une Bohémienne ; une Tête de jeune Fille.

Bouillon-Landais (Paul-Louis), né à Marseille, peintre de marine, élève de l'école; a exposé à Paris en 1857 : le Phare du nouveau port, à Marseille. Les productions de cet artiste figurent depuis plusieurs années à nos salons.

Brest (Germain-Fabien), peintre de paysages, né à Marseille le 31 juillet 1823 , élève de Loubon et de Troyon. Les livrets de Paris mentionnent de lui en 1850 : Intérieur de la forêt de la Sainte-Beaume (d'après nature). — En 1855, un Paysage.— En 1853, Intérieur du bois de la Sainte-Beaume (Provence) ; Vue de la Sainte-Beaume , prise de la lisière du bois (Provence),

— En 1855, Bords du Var (Piémont); le Pont Flavien. à Saint-Chamas (Provence.— En 1857, un Café Turc , au petit Champs- des-Morts , à Constantinople ; les Murailles de Constantinople. — En 1861 , Place de l'Ameidan , à Constantinople , la Pointe du Sérail 5 à

Constantinople (acheté par le Ministère d'état) ; Messir- Charzi, bazar des drogues à Constantinople. Cetartiste a beaucoup voyagé en Orient, il a déjà produit 218 tableaux , dont six ont été acquis par M. ïouvenel , ministre des affaires étrangères.

Cartier (Fortuné), peintre d'histoire, né à Marseille en 1824, élève de l'école puis deVernetet de Flandrin; a exposé à Paris en 1859 : un Moine en méditation. Cet artiste a embrassé l'état ecclésiastique, mais il n'en continue pas moins d'exercer son art ; nous avons eu occasion d'apprécier ses œuvres à nos salonsMarseillais. Ses principales productions, sont : l'Apothéose de Ste- Magdeleine , qui orne la chapelle particulière de M. le marquis de Forbin d'Opède , à St-Marcel ; Ste- Geneviève , peinte à la même époque, à Bagnères-de- Bigorre, dans l'église des Carmes, deux grandes peintures murales ; dans la chapelle de l'hospice de la même ville, une grande Assomption de la Vierge; et une autre Vierge aux patrons.

Suchet (Joseph), peintre de marine, né à Marseille le 28 juillet 1824, élève de Loubon ; a exposé à Paris en 1837, Pêcheurs catalans tirant leurs Glets ; Catalans arrivant de la pêche. — En 1859, une Pêche aux thons sur les côtes de Provence, tableau reproduit par l'Illustration et acquis pour le musée de Marseille , où il figure aujourd'hui. — En 1861, Capture des bricks anglais X Astrolabe et YOreste, par le petit Chebeck du capitaine Ravastre le 11 septembre 1804.

Cet artiste a obtenu plusieurs médailles à diverses expositions de province. Comme peintre de marine , il possède les connaissances les plus complètes sur toutes les manœuvres des navires, ses eaux bien éclairées et

mouvementées ont de la transparence et de la profondeur.

Magy (Jules-Edouard), hé à Metz (Moselle), le 4 mars 1827, élève deLoubon. Cet artiste dont la famille est toute méridionale , a été élevé à Marseille ; nous le considérons comme un compatriote. Les premiers tableaux envoyés par lui à Paris sont: en 1850, la Veille de la fête de la Pentecôte. — En 1853, Lisière d'un bois de pin , en été (Provence) ; Vendanges en Provence. — En 1855, Premières Frondaisons (Provence).—En 1857, la Fenaison (Provence); la Saison des Aires dans la vallée de Séon-Saint-ïlenri (Provence,. — En 1859, un Foyer de Saltimbanques ; le Pressoir ; Vendanges (Provence). — En 1861, Maniania au lavoir (Pays-Basque). Magy a obtenu une mention honorable en 1859, pour son tableau de Saltimbanques, lia exposé à Bordeaux, Lyon et Montpellier, ainsi qu'à Marseille ; il a parcouru la France et fait un voyage dans les provinces algériennes, dont il a rapporté des études très-intéressantes.

Arxaud-Durbec (J.-B. François ), peintre de genre et d'histoire, né à Marseille le 30 juillet 1827, éle\e de l'Ecole des Beaux-Arts de Marseille et de celle de Paris ; ses principales œuvres sont : à l'Eglise de l'Estaque (banlieue de Marseille) , cinq tableaux du sanctuaire : 1° St-Pierre délivré par l'ange (peint en 1856) ; 2° St-Jean écrivant l'Apocalypse ; 3° Vocation de Si-Mathieu ; 4° St-Antoine ( ces trois derniers peints en 1860) ; 5° St-Lazare , premier apôtre de Marseille , ses compagnons Trophime , Maximin , les trois Maries, Magdeleine, Marthe et leurs suivantes, jetées par les Juifs dans une vieille barque sans agrès, abordent selon une tradition locale au vallon du Riaou près fEstaque (peint en 1861).

Il existe également de cet artiste, à la Chapelle du Puget, près Toulon, une Vierge Immaculée.

Rave (Joanny), né à Lyon,le 25 février 1828, élève de Bonnefond et de Droling;aéténommé professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Marseille, le 1er février 1858.

Il a fait Ggurer aux différentes expositions de Lyou, Marseille, Paris et Genève, etc., divers sujets de genres d'histoire et de décoration, de plus un grand nombre de cartons pour verrières.

Parmi ses toiles exposées nous citerons : Passe-temps des patineurs ; Pauvre sort ; Fleurs d'aubépine ; le Malade d'amour ; l'Age heureux; Chanson de la vigne; les Oranges ; Chanson d'hiver ; Triptyque ; les Anges des plaies ; un Concert à Nuremberg (1400) ; les Chansons des saisons ; Musique champêtre, etc., portraits.

Cet artiste doué d'un talent très-original, compose avec une grande facilité ; un grand nombre de ses tableaux sont peints à la cire.

Boze (Honoré), peintre de genre et de portraits, né à l'IIe-Maurice , le 19 avril 1830 , élève de Loubon. Les œuvres de cet artiste ont été vues à nos salons ; ses portraits sont empreints de beaucoup de poésie. Nous citerons parmi ces derniers, le portrait de Mme Loubon qui a été universellement admiré. Boze a exposé également à Bordeaux, Lyon, Nice, etc.

Guichard (Joseph- Alexandre), peintre de marines, né à Marseille, le 30 juillet 1830 ; n'a fréquenté les classes de notre école de Marseille que pendant six mois, à l'âge de douze ans. Il est élève de la nature et il obéit à sa vocation.

Les productions de J. A. Guichard, remarquées à nos diverses expositions de Marseille, sont : l'Entrée

du Port de Marseille par un clair de lune et un Effet du matin, dont nous avons rendu compte dans notre salon de 1860. — Eu 1861, le Grain, barque à la cote (effet du matin) ; acheté par la Société Artistique ; la Rentrée des pécheurs (soleii couchant , également acquis par un amateur.

J.-A Guichard a également exposé cette année, à Nice et à Lyon; si cet artiste continue à progresser, un bel avenir lui est réservé.

Mercier (Victor), né à Paris, élève de MM. Loubon et Durand-Brager. Les livrets de Paris mentionnent de cet artiste : Où faut-il passer (Pifférari en route). — En 1859, un Loto à bord. — En 1861, une Rixe entre matelots Albanais et Français. Le père de ce peintre qui a occupé pendant longues années, remploi de premier comique au théâtre du gymnase de Marseille, était un sujet de premier ordre.

Mercier avait à cette époque (1857), un atelier dans la rue Tapis-Vert, — atelier dans lequel se réunissaient un certain nombre d'amateurs et d'artistes , parmi lesquels nous citerons*: Guindon, Guigou , St-Pierre, Auzande et Arphan.

Diraisgel (Léopold), né à Marseille, élève de Wachmuth et d'Horace Vernet, a exposé à Paris en 1859, Portrait de Mlle S. G... — En 1861, Satan médite la ruine de l'homme ; une Porteïris ; Portrait de M. D..., président du conseil-général de V... ; Portrait de M. P. Talabot, directeur général des chemins de 1er de Paris à la Méditerranée. Durangel a peint en 1860, à Marseille, une série de portraits qui ont été très remarqués.

Daumier (Honoré), né à Marseille, a exposé à Paris en 1861, une Blanchisseuse.

Ferogio (Fortuné), né à Marseille, élève de Gros; a exposé à Paris en 1857, le Jardin des rêves (pastel) ; le Val des Fées (pastel); la Divinité du torrent (pastel); les Oies du père Philippe (pastel). — En 1859, Si vieillesse pouvait (pastel) ; l'Hermitage (dessin au fusain). — En 1861, l'Amour, dessus de porte ; le Vin, dessus de porte ; le Feu, dessus de porte ; la Danse , dessus de porte : six Panneaux décoratifs (aquarelles); Panneaux et dessus de portes (aquarelles).

Guigou (Paul-Camille), né le 15 février 1834, à Villars près d'Apt (Vaucluse) , élève de Loubon. — Guigou a exposé à Marseille en 1857, un Pont sur ITIuvcaune à St-Loup. — En 1858, Soleil couchant d'automne. — En 1860, le Vallon de la JNerthe.— En 1861, un Sentier à St-Menet; Souvenir des Gorges d'OllioulIes; Soleil couchant à St-Menet. Cet artiste possède le sentiment de la couleur.

Abel (Marius), né à Marseille, élève de l'école, puis de Léon Cogniet, a exposé à Paris en 1857, Portrait de Femme. — En 1859, les Saintes Femmes au calvaire ; Portrait du père de l'auteur. — En 1861, l'Ours et les deux compagnons (paysage); Portrait deMme"A.,. ; Portrait d'enfant.

Bellion (Gabriel), né à Marseille , élève de l'école ; a exposé à Paris en 1859, Soleil couchant sur la Méditerranée ; Pécheurs des environs de Marseille raccommodant leurs filets (effet du soir).

Layrau) (Fortuné-Séraphin), né à la Roche-sur-le-

Buis Drôme;, élè\e de l'école de Marseille, puis de Léon Cogniet et Robert Fleury: a remporté le deuxième prix de Rome en 1861, et a exposé à Paris au salon de cette même année, un Berger des Alpes ; deux Portraits, dont l'un du poète Pierre Dupont.

Salomon (Mlle Anne-Elodie), née à Marseille, élève de Lebrun, Léon Cogniet etïroyon. Mlle Salomon a exposé à Paris en 1858, un Butor (nature morte). — En 1861, Gibier (nature morte): Buse et Loir (nature morte).

Washington (Georges) , né à Marseille , élève de Picot. Washington a exposé à Paris en 1856, Plaine du flodna (Sahara algérien). — En 1861 , Nomades dans le Sahara (saison d'hiver); Famille arabe de la tribu des Ouled-Nayl, arrêtée près d'un puits de TOued-Soup (Sahara).

Hlguet (Victor-Pierre), né le 1er mai 1835, à Lude Sarthe ) , élève de Emile Loubon ; a exposé à Paris : en 1859, le Lavoir (Provence) ; Vue du Caire pendant l'inondation. — En 1861, Halte de Bicharis dans le désert de Libye (acheté par le duc d'Hamilton deux mille cinq cent francs).

Huguet a fait le voyage d'Egypte en 1852, et fait la campagne de Crimée avec Durand Brager en 1853, avant le siège de Sébastopol.

Ce jeune artiste dont les débuts sont des plus brillants, doit faire un jour honneur à notre école.

Ponson (Raphaël) , né à Marseille le 12 mai 1835, élève de Loubon; a exposé à Marseille en 1857, une Savonnerie ( appartenant à M. Vidal frère) ; une Vue de de Paris (à M. V. Gautier). — En 1859, une Mare près

Trouville (à M. Jaubert).— En 1860, la Plage du Prado, effet d'orage (à M. Rouard); une Vue de l'Attaque (à M. Falque , de Montpellier). Ponson a exposé dans cette dernière ville une Marine qui a obtenu une médaille d'argent. Les livrets de Paris mentionnent de lui en 1861 , une Ghâtaignerie aux environs de Chevreuse (Seine-et-Oise) ; le Château-dli" (rade de Marseille). Cet artiste, dont les progrès sont sensibles depuis quelques années, est appelé à un bel avenir s'il continue. Il est actuellement décorateur du théâtre du Gymnase avec son père, il s'occupe également avec succès de peintures à la gouache, pour éventail (genre Wateau etLancret).

Guindon (Marius) ; peintre de genre et d'histoire, né à Marseille , élève de Loubon ; a exposé à Marseille en 1856, une Raffinerie de sucre. — En 1857, un Intérieur d'atelier. — En 1859 , le Bûcheron et Mercure ; Campagnols (Rome). — En 1860, la Famille en voyage. Ce jeune homme, doué de qualités solides, et dont les débuts présageaient un artiste sérieux, avait obtenu une subvention limitée de la ville pour faire des études à Rome ; pressé par les nécessités de la vie, il a dû abandonner momentanément la peinture pour une profession plus lucrative ; son génie sommeille , il se réveillera.

Viola (Ferdinand), peintre de genre, né à Marseille, élève de l'école ; a exposé à divers salons de cette ville, il s'est occupé également de peintures décoratives.

Rafit (Auguste), peintre de paysages, élève de Loubon, a produit plusieurs tableaux accueillis favorablement à nos expositions.

Jourdan (Théodore) , peintre d'histoire, élève de Bertrand; a exposé depuis quelques années à Marseille, divers tableaux (sujets religieux).

Régnier (Antony), peintre d'histoire et de genre, né à Marseille le 25 novembre 1835, élève de Loubon et de Gleyre à Paris ; a exposé à Marseille en 1856, une Pifferaro (appartenant à M. Emery) ; Dessin d'un sujet religieux. — En 1858, la Vierge aux pieds du Christ (à M. Rambert). —En 1859, Esquisse du plafond du Café de Marseille; Portrait de Dubost, — En 1860, les Joueuses d'osselets (acheté par la Société); Esquisse du Christ porté au tombeau.— En 1861, Comment l'amour vient aux Filles ; Etude de Paysage; deux Portraits d'Enfants.

Régnier s'est occupé de peintures décoratives parmi lesquelles nous citerons le plafond du Café de Marseille et les peintures, que nous ne connaissons pas, du yacht d'Alexandre Dumas, et dont M. de Banville a fait un bel éloge.

SCULPTEURS

Bon roux (Pierre-Antoine), né à Marseille en 1808, professeur de plastique au Lycée de Marseille en 1845 ; professeur de la classe de plastique à l'école des Beaux- Arts de Marseille depuis sa création (1846) , élève et gendre de Louis-Mathurin Clérian , ancien directeur de l'école de dessin d'Aix, breveté, graveur caméiste du comte de Paris, à Marseille; à la suite de l'acquisition faite par le roi Louis-Philippe d'une tabatière en camée représentant l'apothéose du duc d'Orléans , admise à l'Exposition Universelle de Paris en 1844,

Bontoux a exposé à Marseille ■ en 1846, un Buste ; un Médaillon (portrait modèle en terre); un Jeu d'Echecs dont les pièces (ivoire et corail), représentent l'armée des Croisées et celle des Musulmans au xiir9 siècle ; une Statuette; un Portrait (modèle cire). —En 1857, Buste plastique de feu M. F. F... — En 1859, le Lion qui veille (force); le Chien qui veille (fidélité).— En 1860, St-Vincent-de-Paul (groupe en plâtre) , pour le Cercle Religieux de Marseille; Buste de M. C. — En 1861, Buste de M. G. (terre-cuite). Cet artiste exécute en ce moment quatre bas-reliefs avec enfants, représentant la Métallurgie, la Mécanique, la Physique et la Chimie , destinés à décorer la salle d'attente des premières, à la gare de Marseille.

Sardou (Ernest) , élève de l'école ; a exposé à Marseille en 1848 : Statuette d'après nature ; Médaillon d'après nature. — En 1647, Buste (plâtre); Médaillon ; Statuette.

Gaiard, fils, sculpteur, élève de l'école ; a exposé à Marseille en 1847, le Christ présenté au peuple ; un Portrait.

Allard (André), élève de l'école de Marseille et de celle de Toulon ; a exposé à Marseille en 1861, Portrait de M. J. S. (médaillon marbre). —En 1861, trois Portraits.

Laugier (Salomon), élève de Bontoux ; a exposé à Marseille en 1860, une Croix avec ornements, taillée dans un seul bloc de pierre. — En 1861, un Médaillon en marbre.

Aldebert (Emile), élève de l'école, a exposé à Marseille en 1856, Alcide (statuette argile). —En

1859, la Vierge, bas-relief en marbre ; Buste en plâtre de M. R. . . ; Vierge-Mère ( statuette argile) , — En

1860, l'Amour (buste plâtre); Joueur de Mandoline. Dans notre salon marseillais de 1860, nous avons

eu occasion de louer cette dernière statue. Aldebert est chargé de tout les travaux d'ornementation du nouveau Palais de Justice de Marseille.

Poitevin (Philippe;, né à St-Maximin (Var), le 21 janvier 1831, élève de l'école de Marseille, est entré en janvier 1818, dans l'atelier de Ramus, puis dans celui d'Armand Toussaint, en 1849. Sa première statue en marbre, le Joueur de Billes, a figuré à l'Exposition Universelle de Paris en 1853, elle obtint une mention honorable. Sonpendant,le Joueur de toupie, a été exposé à Paris et à Marseille en 1861, où il à fait sensation.

Parmi les travaux exécutés par cet artiste , nous devons mentionner la restauration de la Vénus de Londres, qui existe dans la vieille cour du Louvre ; et pour le nouveau Palais du Louvre , divers travaux d'ornementations avec figures et le modèle d'une statue: l'Amour de l'Esclavage. — P. Poitevin a fait un nombre considérable de médaillons et de bustes, dont neuf de ces derniers en marbre. Il fut chargé par A. Toussaint, son maître, d'une mission très délicate, — celle de terminer la dernière œuvre de David d'Angers, représentant Bichat, célèbre médecin; cette statue existe aujourd'hui à l'école de médecine de Paris. Ce sculpteur a fait en outre divers modèles , pour des monuments, tels qu'une Vierge, pour le clocher de la cathédrale de Notre-Dame-des-Doms, à Avignon ; une statue de la reine Isabelle d'Espagne, destinée aux Iles Mayorques, et un monument pour St-Maximin , représentant Charles II fondateur de la superbe église de cette ville. P. Poitevin possède à un haut degré le sentiment de son art , comme sculpteur statuaire , un bel avenir lui est réservé.

XIXe SIÈCLE.

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