‹ Annales de la ville de RomansChapitre 3 sur 8 · AH1IAI.B8 DB LA VILLB DB ROMANS · texte numérisé non relu

AH1IAI.B8 DB LA VILLB DB ROMANS

1132. — Le Chapitre fait commencer la construction crune enceinte de murailles, pour protéirer la ville de Romans (1). Tl traita h ce sujet avec plusieurs seigneurs voisins, qui généralement mirent peu d'empressement à donner leur consentement à cette entreprise : SilTion de Glérieu y consentit la même année, Raymond- François de Peyrinsen 1138, Guignes dauphin seulement en 1161 (2). Accord conclu par la médiation de trois prélats ; Pierre de Viviers, Uldric de Die et Hugues II de Grenoble.

1133 (v, st.), — Les habitants de Romans

depuis le chemin ou rue de C/iante-Cigia/e jusqu'au fond delà petite place actuelle d»' l;i Boint i ic. « f, de Test à Touest, de la rue de Sainl-V allier à la rue Bonjour. — Voy. nos Essais hist. sur les hôpitaux de Romans, p. 27 et suit.

{1) Quoiqnll ne reste plus aucune trace de cette première enceinte, à l'exception peut-<'tr«' de la tour de riîorlotrr, on petit rependant suivre facilenioot soa tracé. Elle commençait au port S&baton, sur risère, remuaiaii au nord à la place des Princes, où était la porte de PaWterey, que protégeait le etuteau Bnmet. Le mnr suivait la montée des Cordeliers, où il éuiit renforcé par la tour Morin. Arrivé sur le plateau de Jacquemart, à l'endroit où au siècl*^ suivant on construisit la forteresse de MoiU-Séyur, il faisait un angle et se dirigeait à Tonest. Après ou dans la tour de THorloge, il y avait la porte de VAumùne, L*enceinte longeait la place actuelle de Jacquemart» au bout de laquelle était la porte de Fei'. Elle descendait ensuite vers le sud en longeant les Terreuttx jusqu'à Tangle formé par la maison du Poids des farines, au-dessus de laquelle s'élevait la, Bastide, luruiication Importante qui, avec le château Gatitard, situé en làce» défendait le passage de la rue de Glérieu. Cette rue pénétrait un peu plus bas dans la ville par la porte, (fps Malots ou Lanterne. T>c mur flescfndait rescarpomenf ric la Pi r it> ci ullnil se terminer a i Isère, percé, en face du pout (ie (jhitpelier,par une porte appelée iioZers ou Fonte-sort et défendu par la tour de VOche. La rivière achevait la clôture et l'entrée du pont était fermée par une porte fortiilée.

(2) Toutefois, il est ons!'' 'le roronnaître que les fntnive^ misef ;i la clôture de la ville du Uonians n'étaient point un simple ahus de la force ni dénuées de fondement. Cette opposition puisait sa raison dans le grand intérêt qu*avaient les seigneurs voisins, dont les possessions s't^tendaient sur les deux rives de ris^, à conserver libre et ouvert le passage de celle rivière.

ayant pris parti pour leur archevêque dans sa querelle avec Guigues Daupliin, ce prince lève des troupes, assiège la ville, y entre de vive force, la sacca.u'c et iiiccndit; réglise 1).

1134. Août 'J9. — Par la incdiation d'Amédée de Genève (2), d^Artaud de iiochel'ort (3) et d^autres seigneurs, le dauphin confirme aux chanoines de Saint-Barnard, moyennant 1400 sols viennois, tous les dons que son père et ses ancê^ très avaient faits h leur église.

1184. — Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen, légat du Saint-Siège, se rend à Romans. Il adresse au clergé et au peuple de la ville une lettre où il expose Tobjet de sa mission. Il convoque en même temps une assemblée d'évêques et de personnages éminents par leurs fonctions. Il somme le dauphin de comparaître en présence

(1) Toutefois le passage du pont pmit avoir été vaillamment défendu. Dans cette attaifoe plosloars assallltnts périrem cUms les

Qots:

Nempe sub hoc anno destructa fuit Rolotnaniê AuXa. nsi fl&mmiêt hoateê quia, auxent amnis. (Cartnl. de St-André-le-Rus, p. 167).

('2^ Fils M'Aimnn T'^ romtp rie G«'nève en ll'2N,mortle 26 juin 1178.

(3) Ce lut un perstinnage iinpomnl, souvent employé aux affaires du Chapitre : il signa comme témoin mie foule d^actes concernant l^ôglise. Le 20 avril 1134, il se rendit auprès du comte d*A]bon pour ménatrer raccommortpmnnt qui permit aux Romunais de continuer la clôture de leur ville. 11 lut présent, en H38, à une pareille concession fUle par Raymond, fils de François, seigneur de Peyrins. Il ftit témoin, en liSO, à l'acte par lequel Sllvlon de Glérleu et Métellne, sa femme, ratifièrent la permission donnée au Chapitre par Guillaume de Clérifti de prendre son alTouage dans If bois du Voirasier. \\ lit, de coneei i avec Pons de Dionai, une coiivenlion avec Ismidon de Cbassenc et son frère Lanielme au sujet des prétentions que oe der> nier élevait sur Téglisede St- Apollinaire et deSt^Martin. II en fit une antre, en 1168, avec Silvion de Miribel, concernant l'église de St-.\litrtiu-d Onay. 11 donna à l'église de Sl-Barnard un encensoir d'argent du poids de septs mara. Une me et une fontaine, au quartier de la Prèle, portent le nom de RoebeTort.

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de cette assemblée et d'y faire amende honorable de son crime (llncendie de Téglise). Guignes vient à Romans, s^ayoue coupable, se soumet et reçoit Tabsolution. En expiation, le pèlerinage 'lo Saint- Jacques de Compostelle lui est imposé. li le fit avec le bourdon et le roquet.

La reconstruction de Téglise de Saint-Barnard eut lieu immédiatement. Il en reste aujourd^ui les parties inférieures de la nef.

1137. — Plusieurs otages qui avaient pris la croix n'ayant pas été remplacés et Lambert- François n'ayant pas non plus acquitté la rente annuelle de cinq sétiers de froment à laquelle il s'était engagé, rarchevéquc et les chanoines mil'ent le château de Pisançon avec ses munitions sous la ^ardede Gontard, qui s'obligea sur otage à le rendre à la première réquisition. Ils firent avec ce seigneur une alliance offensive et défensive contre le comte Guigues, surnommé Dauphin, qui avait fait des entreprises pour s^emparer de ce château (1).

1150. Il y avait une querelle entre les chanoines et Silvion de Clérieu, qui accusait les hommes de Romans d*avoir incendié le bois du Voirasier. Hugues, archevêque de Vienne (2), terminale différend. Silvion et Mételine, sa femme, ratifièrent la permission donnée à la communauté par Guillaume de Clérieu, sacristain, de prendre son affouage dans le bois du Voirasier.

1157. Décembre 2ô, — L'empereur Frédéric

(i) Cari, de St'Bamard, cbap. 291.

Ci) Cluirtreux, était évèque de Grenoble quand le pape Eujiène III le iranféra à Vifnnp. en 11 'i8. Frédéric Barb(>rnns>c lui confirma les privilèges de son église, le 7 juin 1153. 11 se relira peu après à la Cbaitreiue de Fortes, où 11 moantt te 6 mal

BarberoQSse, par une bulle datée de Besançon, met sous sa protection les biens du Chapitre,

confirme les droits et revenus dont il jouissait sur les marches, les foires et les ports.

1160. — Des contestations s^étant élevées de nouveau entre Silvion de Clérieu et les chanoines, elles sont terminées par la médiation d'Etienne, archevêqiK^ de Vienne (1), et do Guillaume, frère de Silvion. Ce dernier promet de payer à l'avenir, à la féte de la Toussaint, le cens de trois sols, deuxsôiiers de froment et une saumée de vin pour le manse de la Bouverie.

Raynaud-François, seigneur de Peyrins, fait avec les chanoines et les habitants de Romans une convention, par la<]pielle il leur permet de faire la clôture de leur ville ainsi que toutes les fortifications qu'ils jugeraient k propos. Il est en outre convenu que les deux tiers des eaux venant de Peyrins seraient toujours dirigés vers les usines de Romans, et que l'autre tiers serait réservé pour Tarrosaire des prés de Peyrins, et que lorsque les prés seraient fauchés, la totalité de l'eau appartiendrait à la ville (2).

1178. — En présence de Robert, arche vê-

(i) Archichancelier de rempereur Frédéric, il lui rendit lio m mafre à Besançon et reçut ut) diplôme confirmalif des pr('»cf'>denis, le 27 octobre 1157. Il aci umpufrna 1 empereur en 1161 et mourut le 20 février lies.

<2) Ce sont les moioes de St-BarDaitl qui creusteent de leurs propres m-'iTi-^ 1 s rannnT pour amener, de Peyrins ;i Roman»', les eaux de la giiiiiUe et de la petite Ghoraclio. appelées aujourd'iiui la MartineUe, d'un martinet pour faire du i^apier éta]>ll sur son cours en 1456. Un volnine ne sufQnUt pas pour contMiir r^nttméraUon des Cfinvontions. sontrncos. jtt^rcmrnts auxquels a donné lieu cette eau de la MartiiM ite, justement nouiim e a^tîa conlradictionis. Au reste, il en sera plus d'une fois question dans la suite de ces Anna.les.

que de Vienne et légat du Saint-Siège (1), une convention est faite entre les chanoines de Romans et les frèros de rHôpita! Saint-Paul, au sujet de la maison qu'ils possédaient dans le quartier de Pailherey, sous le cens de six écus. Il est dit qu'ils ae pourront point avoir de cha* pelle dans cette maison ni y exercer des fonctions paroissiales.

11 M. Octobre 29. — Dans une assemblée tenue sous la présidence d*Aynard, archevêque de Vienne (2), assisté de vingt-cinq chanoines et de dix-sept choristes, Quillaume de Clérieu, qui s'était marié, fut condamné à cesser ses fonctions de sacristain et à abandonner ses bénéfices.

1209. Janvier 2k, — Le lendemain de la fête de saint Baraard, Ilumbert, archevêque de Vienne 3), assisté du sacristain Pierre d'Arènes et de (Tiîillanme, doyen de Vienne, réunit les chanoines en chapitre général et fait décider la réforme des statuts. Six des phis anciens sont chargés de refaire les vieux règlements et d'en rédiger de nouveaux (4).

Il est arrêté que les foires et marchés commenceront le mardi après le dimanche de la Passion et finiront le mardi après le dimanche des Rameaux. Le produit de la leyde sera disj^ribué

(Il De l;i Tuiir, iiiniiie de la Cli;iisc-Dieu, paraît comme arclicvèque en 1173. Arcliiciiancelier, il reçut Frédéric I" ù Vienne en 11/8 et le coaronna à Milan le 27 Janvier 1186. H abdiqua sur la fin de ea vie et mourut le 17 ou le 25 juin 1195.

(in De ^Toirans, élu Tannée même de la monde eon prédécesseur, il décéda vers 1205.

(3) De la grande Qbartorewe, ardurôque en février 120$} 11 mourut le 19 novembre 1215.

[W Voy. /,(',<f sfnf?(7.s de. ]\hjVi?iC. dr St-Darnard de RomanafàUM BulL de la Soc. d'arcJiéologu} de Ia Drônie, 1880, t. XiV, p. m

entre le Chapitre et Tabbé. Les habitants ne seront point tenus de payer le péage, tant par terre que par eau, pour leurs denrées, excepté quand ils en feraient commerce.

Id09. Septembre i(t, — Le pont de Romans est emporté par la grande inondation dite le Déluge de Grenoble, Il fut reconstruit pour la plus grande partie par les soins de Jean de Bernin, archevêque de Vienne (1), qui de concert avec Arbert de Chabeuil, sacristain de Saint- Barnard, fixa les droits d'entrée et de sortie (2).

1211. Avril 19. — Le pape Innocent III confirme à l'Abbaye de Saint-Barnard les droits de marché public, de foires et de pontonnage sur risère.

1212. — L'archevêque Humbert (3) offre sa médiation aux habitants de Romans, qui étaient en querelle avec le Chapitre. Il compose sa cour deFévêque de Viviers, de Tévêque de Genève, de Pabbé de Bonnevaux, du prieur de Sylve-Bénite, du prieur des Ecouges et de Farchidiacre de Vienne. Il en sort un jugement qui fixe les droits respectifs de rarchevêque, du Chapitre et des habitants. Cette sorte do (lluirte constitutionnelle, plusieurs fois modifiée, a été en vigueur dans ses principales dispositions jusqu'à la Révolution de 1789 (4),

(1) Pontem Roinnmnscm tiuprr Isaram pro mnjori pnrtr ran^tnii prontrarit (Epit:iphe de Jean de Bernin). Voy. J. Le Likvke, Hist. 'le i Antiquité et SainctctÉ de la Cité de Vienne, p. 372. D'après cél uiUfur la reconstruction du pont aurait été terminée en 1252.

(2) Acte du 8 juillet 1240 (Curt. de St-Barnurd, ch. 370). <3) Le même dont il ;i été question i)Ins liaul.

(4) Voy. Essai historique sur i Abbaye de St-Darnard et sur la ville de Romans, 1. 1", p. TA. L'éunneut auteur fait remarquer que l'histoire de Ronuins proprement dite commence seulement à cet acte mémorable.

IdlS. Novembre» — Après la sanglante bataille de Muret, Eudes de Bourgogne, Simon de Montfort, les archevêques de Vienne et de Lyon se réunissent À Romans pour tenter un

accommodement entre Simon et Aymar, comte

de Valentinois, qui avait pris le parti de Raymond, comte de Toulouse, dont il était Tami et le vassal, pendant la guerre des Albigeois. Sur la sommation du duc de Bour^og'ne, le comte consent à trniter, et, pour la sûreté de ses engagements, il confie quelques-uns de ses châteaux à la garde du duc.

1214. Décembre 25. — Frédéric II, roi des Romains, par une huile donnée à 6âle ratifie celle de son aïeul et permet en outre aux chanoines de percevoir quatre deniers par téte de gros bétail et deux deniers par tête de menu bétail qui passeraient sur le pont de Romans (1).

1219. Août 21. — Jean de Bernin, archevêque de Vienne (2), donne à Romans, dans le réfectoire de T Abbaye, un mandement an sujet des détournements des biens et des revenus de ré<iiise. Il ordoinie à ceux qui les ont usurpés de les restituer à la mense commune, avec les fruit s qu 1 1 s en ont reti rés .

1222. Août 23. — Sous la médiation de Parchevêque, du sacristam et de trois chanoines de Romans, un nouvel arrangement est conclu avec Raymond Bérenger, seigneur de Peyrins,

(1) Voy. notre NoHce sur le pont de Romans, p. 4.

(2) n siégeait dos 1218: prélat éniineni, légat du SalntpSiëge, revêtu

du palliuin et, dit-cm, de l:i pourpre, il prit part â benticojip (Frinaircs de 8O0 temps. Il scjuurna suuvenl à Uouians, uu il lit taire plusieurs édifices, n se rendit ea 1265 à Rome, où il mourut le 17 avril 1266.

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et le chapitre de Saint-Barnard, au sujet des eaux, des moulins, des terres et des propriétés que le Chapitre possédait sur ce territoire. Ce dernier remet en retour à Bérenger l^dOOsols qu'il lui devait et lui en compte 1,000 autres, outre 10 liyres d^étrennes aux deux conseillers rédacteurs de Pacte.

1228. Décembre 23. — L'archevêque de Vienne prononce une sentence au sujet des appentis ou avances sur la rue; elle trace au bayle et au vioruier l'espace dans lequel ils doivent renfermer l'exercice de leurs droits respectifs

1233. Octobre H. — L'archevêque d'Embrun et le prieur de la Cliaitreuse de Portes rendent une sentence aihitrah^ pour l'interprétation de la Charte de 1212: elle ne satisfait ni le Chapitre ni les habitants.

1886. Mars 4. — Le dauphin André fait, par son testament, un legs de 100 sols aux Frères Mineurs de Romans» dont rétablisse^ ment avait été fayorisé par Jean de Bernin (1).

1239. Février 16. — Bérard, vicaire de l'Empire, adresse iiomaris à la comtesse d'Albon et au dauphin Gui^ues, sou lils, des lettres de Frédéric II, leur prescrivant d'aider révéque de Grenoble.

1240. Juillet 8. — L'archevêque de Vienne, le sacristain AT'l)eri de Chabeuil et les chanoines approuvent le tarit de la leyde, les droits de la porte du pont sur l'Isère, des entrées des marchandises, etc. On y fait l'énumération des châ-

(1) Ce premier élabltaMment fit place au prieuré de Satnt-Rur.

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teaux, monastères et villages, avec celle deârodovances qu'ils payent pour s'exempter des droits de passage sur le pont (1).

1840* — Les emplois de la famille de Tabbé de Baint-Barnard sont : le bayle, procureur et gardien de sa maison et de ses terres, le maré-» chai, le panetier, le cuisinier et le portier.

L'archevêque rend un jugement dans lequel sont énumérés les privilèges et les devoirs des habitants de lioinans.

1241. Juillet 2. — L'archevêquo adjuge au Chapitre les dîmes de Saint-Pierre du Voirasier contre les prétentions de Pierre, archiprètre, et de Guillaume d'Arlia.

1244- Février 16. — rSous la médiation de Jean de Bernin, archevêque de Vienne, et de Barrai de Baux, un traité de paix est conclu entre Philippe de Savoie, élu de Valence, et Aymar de Poitiers ; trois jours après, la sentence des arbitres fut lue aux parties (2).

1846. Novembre iS, — Â la stipulation de Parchevéque de Vienne, le comte d*A)bon, Guignes dauphin, venu à Romans, confirme au Chapitre les possessions qu*il avait acquises sur le mandement de Peyrins, à la charge de 3,000 sols viennois pour le dauphin et de 20 livres pour ses conseillers.

1247. — A la suite d'une réclamation de François, fils de Lambert, seigneur de Peyrins, le Chapitre paie, par transaction, une somme de 13 livres viennoises.

(1) Cette ebaite, foit longue et fort curieuse, a été publiée par Pabbé

Ulysse CnEVÀLiEn dans la Rcrup rfp-: Sorîi^fôs; mvanies.

I/ncte oritîinal de cf jimcniriit est itiiprimé dans la hrocluirede M. Jules CuEVALiJiK sur les tivèques de Valence (1889), y. bà.

1250. — L'archevêque de Vienne se rend à Romans et y siè*z'e en Cour de justice, au sujet de la terre de Saint-Nazaire et de plusieurs autres ôefis du Royauais, dont Aymar de Poitiers s'était mis en possession sans daigner demander rinvestiture au dauphin, ce qui avait occasionné une guerre, suivie d'une suspension d*armes.

1858. Juin 12. — Aymar et Guillaume de Poitiers, de l'ancienne maison de Saint- Vallîer, font venir deux religieux Franciscains du couvent de Vienne et trois autres de celui de Moirans, aux([uels ils donnent, par un acte authentique, une vigne et un vivier qu'ils avaient au levant de la ville, proche de la première enceinte : ce tut la fondation du couvent des Oordeîiers (1).

1253. Octobre 12. — Bertrand de Ventadour, se trouvant à Romans, est pris pour arbitre d'un différend qui s'était élevé entre Philippe de Savoie et le comte de Poitiers.

1855. Mai 7. — Dans rassemblée capitulaire présidée par Tarchevéque Jean de Bemin, il est fait un règlement pour ramener Tordra et Péconomie dans la maison deV Aumône, fondée au XI" siècle par Tarchevêque-ahhé Léger. Le dom recteur lut astreint à rendre ses comptes tous les ans au Chapitre, le lendemain de la fête de saint Barnard. Il est dit qu'il ne pourra emprunter au delà de dix livres ni eng*ag'er les biens de l'hôpital sans le consentement du Chapitre (2).

1865. Féimer21. Raymond d'Hauterives,

(1) Voy. notre Notice hiat, sur le couvent des Cordeliers de Romans ; Valence, 1808, p. 3.

(2) Voy. no8 £s8at« hUt, «ur les hùpxUiMx de Aomane, p. 34.

doyen de Valence, et Etienne, prêtre de la même YÎlle, font un règlement en 16 articles pour régler Foflfice de sacristain de Téglisede Saint*Bamard.

1266. Avril il. — L'archevêque Jean de Bernin meurt ;\ Rome. Son corps, transporté à Romans, est déposé dans le chœur de Té^lise de Saint- Haiiiard et son c(T'ur est doimé au couvent dos Frères Mineurs dn Vi(Mino.

Ce prélat habita souvent Romans, où il se plaisait, li fit construire dans et sur la première pile du pont sur Tlsère une chapelle dédiée à Notre-Dame et un petit hôpital destiné aujc femmes en couches, édifier le chœur et le transept de réglise, et la chapelle de Saînte*Catherine attenante à son palais archiépiscopal.

1874. Mai il, — Les Romanais ayant à se plaindre de leur archevêque-abbé (1), Guy, évêque de Olermont, et Ponce Sablières, prieur ilu Bourg-lès-Valence, arbitres nommés par le pape Grégoire X (2), rendent une sentence interprétative de la Charte de 1212. Tl est défendu aux clercs et aux laïques de faire Té le et ion d'un abbé le jour des Innocents ; les places vides qui sont entre les deux murailles de la ville ne pourront être occupées, mais demeureront à Tusage du publie.

1278. Mars 15. — Âmédée de Roussillon, évêque de Valence (3), administrateur du diocèse

(1) Gui d' Auvergne ou de Olermont, du en 1206, mort en février

(2) Tbédald, de la ftimllle des Visconti ; élu le 1**- septembre 1271, alors qu'il se trouvait en Palestine. II ouvrit, au mois de mai 1274, un Concile général à Lyon, n choisit Ar^tzo pour sa résidence et y mourut le 10 janvier 1276.

(3) Fils d'Artaud 1 V et frère d Aymar, archevêque de Lyon, abbé de Savlgny, élu en septembre 1275. Amédée de Genève, évêque de Die, étant mort le 22 janvier 1276, révéque de Valence gouverna les

de Vi '[iii le siège étant vacant, excommunie Ilumbert de La Tour ( 1 , qui détenait le chnteaii de Pisançon comme donataire de Guy de la Tour, archevêque de Vienne et abbé de Romans, et héritier d'Alix, femme de Pierre du Peloux, seigneur de Rochefort. Silvion de Glérieu, ayant pris le pariai de Péglise de Romans, assiégea Tainement le château de son ennemi ; ses terres mêmes furent rayagées ; c'est dans cette guerre que le prieuré de Saînt-Bardoux fut ruiné par Humbert.

A la suite d'une trêve ménagée par plusieurs sejo-neurs des environs, les châteaux qui étaient le sujet (lu débat furent donnés en j^arde à i'archcveque Aymar et h Aymon, comte de Oenève.

La décision définitive du litige fut déférée à Robert, évéque de Genève, parent des deux seigneurs contendants. En définitive, Humbert et Silvion rentrèrent, en 1281, en possession de leurs châteaux (2). C'est à partir de cette épo« que que les deux parties de la terre de Pisançon furent nommées : l'une, parerie delphinàle, et l'autre, parerie poitevine.

1279. Janvier 19. — Richard Fallavel et Richard de Chaussenc, chanoines de Saint-Barnard, concèdent, au nom du Chapitre, Tadminis-

denx (llocpsps. En 1278, il conclut avec Aymar d^' l> iiifis un acrnrd. Il se rendit â Vieone pour régulariser radminisii atîun de ce diocèse, n moorat i Die le 17 septembre 12S1.

<i) Hninbert, de la rnalBon de La Tonr-du-Pio, épousa, en 1213, Anne, sœur dp .Tcnn. dntiphin. auquel oUr snccéda. Apr^s l.i mnrî de sa femme, Humbert se retira dans la Gliartreufte du Val-Sainte- Marie, où il décéda en 1307.

^ VAUOHiiAUt R«g. man.* n* 7. — NoHee sur (a êmgnguri» (fe PiÊÊnçon, p. 17.

ANRALB8 VE LA VItLB OB ROMAHS

tration viagère de la maladrerie de Voley à Jean, chapelain do Pisaaçoû (1).

1279. Mfirs 4. — Les cens que Pierre de Quint avait le droit de percevoir dans Romans, en sa qualité de sacristain, consistaient en 46 articles, rapportant annuellement 40 sols, 6 sétiers et demi de froment et une émine de vin pur, la moitié d'un mouton et une poule.

1279. — Le pape Nicolas ilï (1) nomme gouverneur de Kumaiis, sous le nom de viguier, Didier de Sassenage, abbé de Saint-Félix de Valence.

1280. — Par l'instigation et avec Tappui du duc de Bourgogne, les habitants de Romans se révoltent contre le Chapitre. lis sont d'abord vainqueurs et commettent toutes sortes d'outrages sur les chanoines et leurs partisans. Ils sont ensuite vaincus par Amédée de Roussillon, évéque de Valence et de Die (3).

1288. Juillet 29. — Sous la médiation de Charles, prince de Saleme et fils du roi de Sicile, une sentence arbitrale est rendue à Brignoles : elle condamne les Romanais, pour révolte, incendie de l'église, démolition de maisons et injures envers les chanoines, à une amende de 4,000 livres pour les dégâts, et 1,000 livres pour les réparations du pont et de l'hôpital des Jacinières (4).

(1) Notice hist. sur U tfai4M(rerte d» Voley; Romans, 1870, p. 39:

pièce justifie, n» 1.

(2) De lu faniilie des Ursins. Elu a Viterl>e le 2o iioveiubre 1277, ■iort6ii12fl0.

(3) GiRATJD, Essai hist., II» partie, p. 90.

CO Dans I liîvM- tti" !?8n;ï 12S1. Amédée, s'étant <^m\^■^v>■^' delà tour qui était au milieu du pont, lu lit miner et sauter daiis 1 l&ère, avec une partie du pont et de rbôpital, où il y avait alors vingt-trois fem-

Ils sont, en outre, obligés, à peine rie 10,000 marcs d'argent (500,000 fr. et 2,500,000 ir. en valeur actuelle ?) à des soumissions envers le Chapitre, qui est autorisé à construire sur la partie la plus élevée de la ville (en payant la valeur du ter* raîn) une forteresse pour lui servir de refuge, en cas de rébellion de la part des habitant. On donna à cette citadelle le nom significatif de Monf-Ségur ou de sûreté, laquelle, après le traité de pariage du 31 juillet 1344 avec le Dauphin, devint la prison publique (1).

1282. — Le seigneur Abbé a dans Romans le mère et mixte empire. Il a droit à cinq sols sur les obventions, et deux sols par livre sur les criées. Il possède un hôtel et une cour situés près de Téglise, au levant du moulin des Grands Anni" versaires.

1283. Juillet 14. — L'acte de promesse de

mariage entre le fils d'Aymar de Poitiers, comte de Valentinois, et l'une des filles du dauphiti Flumbert P^ est dressé à Romans, dans la maison de (iiiillaume Bernard. Les témoins sont Ouillaume de Savasse, chevalier, Jacques Bergarel et Raynaud de Vaujany, jurisconsultes, Nicolas de Crémieu, chanoine de Valence, Guignes Brunei, clerc, et plusieurs autres.

1288. Novembre iS, — Plusieurs habitants de Romans se reconnaissent vassaux du dauphin, sauf la fidélité qu'ils doivent à l'archevêque de

mes en couches : quai jacebant in ptieiperio «eu partu. Cet évéque, après avoir Mi enlever ta statoe de la Vierge, |»alroDtte de cet

hôpital, ordonna d'en expulser les pauvres, /arî?!/'»' et ensuite livra aux flammes les hàtimente, dont les (If^hris tombèrent dans l'Isère, (i) Jules CaBVA.Li£R, Amédée de Hm^sêilion <1890), p. 26 et suiv.

AHHALBS DE LA TILLE DB ROMAITS

Vienne, et obtiennent sa protection, moyennant une pension d^une obole d'or.

1806. Février i4. — Les chanoines, assemsemblés en Chapitre, arrêtent plusieurs dispositions concernant Padministration de rhôpitai de Sainte-Foy, entre autres que les clercs de Téglise malades ou infirmes auront droit d'être reçus et soignés dans cet établissement ou dans des cbambros voisinos(l).

1318. Juin il. — Les dauphins jouissaient dans Romans de certains droits utiles qu'ils faisaient exercer par un des véhiers de leur châteaux voisins. On voit par le compte que Gilles Copier rendit de sa recette que, de 1313 à 1318, le tribut sur les mariages des veuves avait produit 6 livres 10 sols, et que celui sur les écuélles de noces était si minime qu^il en avait fait grâce. Ces droits, peu productifs et sans juridiction, avaient toutefois une importance politique, en donnant aux dauphins un accès daui une ville dont ils convoitaient la possession.

1320. Décembre 10. — Une bulle du pape Jean XXII {2} l éunit la viguerie de Romans à la mense épiscopale, pour ôtre exercée par commission, c'est-à-dire par un juge révocable.

1321. Mars 19. — Dans un acte d'échange entre Tahbaye de Saint-Ruf de Valence et le

(1) Voy. nos Esaaiê Mit, êur bc MpUaux de Romans, p. 32.

(2) NV- :\ Gahors, nomm^ auparavant Jacriues d'Eusp. rnrdinalévêque de Porto en 1312. lilu pape a Lyon, le 7 août Kllli : il «Hait de petite taille et d'un grand courage, l\ eut pour anti-pape Nicolas V, qnl fit sa soamlssioii le 12 mal 1328. Il mourut dans son palais d'Avignon, le 4 décembre 1334, âgé de plus de 00 ans. II laissa dans ses colTres une somme considérable de florins d'or, qui a été réduite par les érudits de nos jours à sou chiffre exact

prieuré du même ordre situé à Romans, hors la

porte de Saint-Nicolas, il est dit que ce prieuré était vulgairement appelé la maison des Frères Mineurs, où un couvent de cet ordre avait un moment existé, cent ans auparavant.

1323. Novembre 23. — Guigues VTT, troisième daupliin de la maison de la Tour-du-Pm, du consentement de son oncle Henri, évêque de Metz, régent du Dauphiné, prête hommage au sacristain dans Téglise de Saint-Bamard pour le château de Pisançon, en présence de nombreux témoins, entre autres Graton et Guiebard de Glérieu.

En considération de cette soumission, le Chapitre fit la remise du cens de 50 sols ; acte dressé par Bertrand d'Alixan, notaire (1).

1327. Octobre i4. — Ponce Pelaprat, chanoine de Viviers, vicaire de Tarchevêque de Vienne à Romans, et en même temps juge de la Cour séculière, de concert avec le Chapitre, autorise la perception d'un tribut sur les denrées, les marchandises et les salaires pour la réparation des murs de la ville. Un clerc de l'église et trois bourgeois sont préposés à la perception de cet impôt, auquel sont assujétis TarcheTégue et le Chapitre.

1387. — L'archevêque avait un hôtel des monnaies à Romans. Le Chapitre exigeait la dixième partie des émoluments. Humbert Clavet, chanoine, reçut cette année le compte des espèces qui avaient été fabriquées et qui montaient à 9.880 marcs.

1338. Av7nl29, — Le dauphin Humbert II se

(1) Acte original de la Gtiambre des comptes: Pllatl. H. L. n* 60.

trouvant à Flomans, se rend, accompagné de tout le clGrg"é et précédé de la croix, de la maison de Jacques Goyratier, où il avait pris logement, dans Téglise de Saint^Bamard. Là, devant le grand autel, il prêta serment de fidélité au Chapitre et reçut le baiser du sacristain ; ensuite il fut fait chanoine et installé au haut chœur.

1339. — L'évéque de Grenoble se rencontre à Romans avec le dauphin et la dauphine : ils passent trois jours, du yendredi au dimandie» dans cette ville.

1 341. Mai 25, — Le dauphin, pour châtier les liomanais qui faisaient des courses sur ses terres de Peyrins, lait avancer des troupes et cerner la ville. Des pourparlers d'accommodement suspendent les hostilités et un traité est signé à Peyrins. Les Romanais promettent de réparer les dommages qu'ils avaient faits sur les terres delphinales, de rétablir les piliers de justice qu'ils avaient brûlés, de démolir les fortifications commencées» et de Uvrer en garantie soi^uite otages de leur principaux citoyens.

1341. Décembre 8. — Le pape intervient dans cette querelle, en cnialité de pacificateur. Il nomme pour arbifa^es Guy d^Auvergne, archevêque de Lyon, et Henri de Villars, évéque de Valence (1), qui proposent une suspension d'ar^ mes. Le dauphin refuse d\y accpiiescer et conti^ nue ses préparatifs de guerre contre Romans.

1842. Février i^. — Les Romanais, ayant

(1) Il passa du siège de Viviers but celui de Valence ; fut présent, te 21 juillet iaS7, AaoetMnMfltion «atee rarcbevéquede Vtenoeetle dauphin Humbort II, enfin, tôt éleré & Pandterêclié de Lyon le 7 noveiAbre 1342.

SS

pris le parti de l'archevêque de Vienne dans ses démêlés avec tiumbert II, qu'il avait excommunié, insultent ce prince et font des incuraiops sur ses terres. Le dauphin vient établir son camp devant Romans. Les habitants effrayés envoyent six députés à Peyrins pour offrir de capituler, si dans six jours la place n^est pas secourue. Le délai expiré, Humbert, accompagné seulement de ses principaux officiers, prend possession de la ville, le 21 , et reçoit le surlendemain le serment de fidélité des habitants.

1342. Février 27. — Les Romanais se réunissent, au iiumbre de deux mille, dans Fé^zlise des Cordeliers. Amblard de Reaumont, cbaDCelier du daupliin, leur lit, en Janaup vulgaire, une longue énuméraiion des griefs que son maître reprochait aux Romanais, et termine en faisant connaître le chiffre fabuleux de l'amende à laquelle le vainqueur estimait la réparation de ces injures. G^était 500.000 marcs d^argent pour les offenses à sa personne, 100.000 florins d'or pour les frais de la guerre, et 100.000 autres pour les dommages. Les officiers et partisans du dauphin, qui se trouvaient placés aux premiers rangs de la foule, avouèrent les torts et promi* rent tout ce qu'on voulut (1;.

Après cette déclaration, Humbert, moins irrité qu'il venait de le montrer, accorde à ses nou-

(1) Cette coatrlbatlon de guerre, toorme pour répo<|ae et pour nne

petite ville de quelques milliers d'àmcs, montait en valeur intrinsi'que A environ 27.000.000 de francs, et en valeur relative à plii.^ (ir« too.000.000; elle n'était pas sérieuse et ne futjamais payée. Mais c'était un titre que le dauphin se ménageait contre nneonitance des Romansis, et plut d'une fols Pautorlté le rappela pour tenir la population dans Tob^issance.

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veaux sujets, comme il Tavait promis à ses partisans, une charte de liberté rédigée par deux jurisconsultes, Rodolphe de Chevrières, et Gérenton Bayle. Le joie des Romanais fut grande, car le premier uiicle rétablissait le consulat, et le deuxième supprimait le droit de ban vin : deux éternels sujets de discorde avec le Chapitre (1).

1848. Mars 5. — Le dauphin autorise Pierre Fabre (2) et les maîtres de la monnaie de Romans à fVàpper des pièces aux conditions stipulées par rordunnance.

1342. Mars 7. — i:;ix consuls sont élus dans le château de Pisançon, en présence du dauphin, h qui ils |)rèt(;nt serment de fidélité. C'étaient : Etienne Bourgoin, Gariraon Dorier, Jacquemon Luce, Jean Torète, Bon toux Gibellin le vievx^ et Pierre Gemme. On choisit ensuite seize conseillers pris parmi les bourgeois» les marchands, les artisans et les laboureurs.

1842. Mars 58. — Le pape Benoit XII (3) et Humbert II font, au sujet de la ville de Romans, un traité par lequel le dauphin s'engage à rendre cette ville avant la fête de rAsceiision, et donne pour garants le comte de Forez et autres seigneurs. A ces conditions, le pape suspend l'ex-

(1) Ces privilèges et libertés de la ville de Romans ont été en outre conflitnés : par rempereur Chartes IV, le 25 janvier 1366 ; par le roi

Charles V, en avril 1368; par Louis, iiau|jîiin, le 2â février l'iôO; par François I", en juillft I.'in ; par Menri U, en juin 1547 ; par Henri ÎII. en mai 157(5 ; par Henri IV, en mars 1597 ; par Louis XIII, en juillet 1615. L'exécution en a été ordonnée par trois arrêts du Conseil delphinal, les 16 noyembre 1381, 4 mars 1451 et 15 avril 1477.

(-2) Il lui avait donné, le 17 octobre 1318, la mistralic et la chfltellenie ile Morrstcl et Goncelin, qu'il transmit à Ëustache Pinpl.

(3) Jacques Fuuraier, couronné a Avignon le 8 Janvier 1335, mort le 25«Wlll342.

communication prononcée contre lui par Tarcheyéque de Vienne.

1342. Mai 3. — Le premier parlement général des ouvriers et monnayeurs du Serment de l'Empire se tient à Romans, dans « rostcl des Frères Meneurs » (Cordeliers). On y fait la charte et les ordonnances de cette importante corporation (1).

1342. Juin. — Le pape Clément VI (2) commet Gérard de Marguerite pour gouverner en son nom la ville de Romans.

1842. Septembre 7. — Bernard» cardinalprêtre de St-Gyriaque, commissaire pour le pape, fait un mandement par lequel il cite devers lui les liabitants de Romans qui étaient entrés dans les terres du dauphin.

1343. Juillet 19. — Le papo concède à Pierre Andrald, clerc, roffice de greffier de la Cour séculière de Romans, pour l'exercer sous noble Marguerite, recteui^ de cette ville et député du pape.

Le même jour, Humbert II confie la garde de la bastide du pont de Romans, dite de Beau- Secours, au bâtard de Lucinge qu'il avait marié avec sa ôlle naturelle Catherine.

1344. Juillet Si, — Par le traité, dit de Partage, confirmé par une bulle du 3 septembre, le pape Clément VI cède au dauphin, en échange de la terre de Visan, la moitié de la juridiction

(\) D'autres assemhK^es dr ce parlement ont eu lien clans la ntOme ville, savoir : les ô mai 1365, 4 mai 13(i8, (î mai 1370, C mai 1384, 0 mai 1390, et 4 mai 1397.

^ Pierre Roger, né près de Limoges, arclievôque de Rouen, cardinal en 1337, élo pape le 7 mai 1842, mort à Avignon, le 19 décembre 1370, à 69 ans.

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de Romans et 12.000 florins d'or pour la plusvalue. L'administration de la justice et toutes les tonctions publiques doivent être oxoi réospar un même juge et par les officiers que le dauphin et le Chapitre nomment alternativement» sans préjudice des appellations que le pape se réserve. Les criées seront faites au nom des co-seigneurs ; les sceaux et les drapeaux, les poids et les mesures seront marqués aux armes du dauphin, écartelées de celles de l'archevêque et du Chapitre.

1344. Septembre 11. — Accord et rè|j:iemcnt faits ontro Humbcrt, (iaii|)}iin, rarchevcque de Vienne et le chapitre de iSai ut-Bar nard touchant la inridiction commune de la ville de Romans.

1344. Novembre 4. — Le dauphin donne pouvoir à trois délégués de prendre possession de la GO-seigneurie et d^établir des officiers en son nom. Ces délégués sont: François de Theys, Rodolphe de Commiers et Girard de Taniac.

1845. Avril 16. — A la veille de partir pour la croisade, Humbert II, par lettres datées de Itomans, nomme Henri de Villars, archevêque de Lyon, son lieutenant en Daupliiné pendant son absence. Il lui assigne six llorins (Tor par jour et lui confirme les pouvoirs les plus étendus, le 13 juillet, près d'Avignon, dans le monastère de N.-D. do Bon-Repos. Le gouverneur fixa sa résidence à Romans et habita le couvent des Cdtdeliers, où il passa le carême de 1347, et l'hôtel de Claveyson ou des allées, qui était attenant au couvent.

1345. Août 30. — Bernard de Saint-Maurice, officiai du cardinal Bertrand, se présente au couvent des Gordeliers, domicile du dauphin ; il

le demande partout, à trois reprises différentes^ le citant à comparaître devant la Cour romaine.

1345. Décembre ii. — Henri de Villars,

régent du Dauphiiié, reçoit l'archevêque de Mitylène, envoyi' du Dauphin, et lui fait délivrer une somme de dix-huit florins pour son voyaf!ê de Venise à IJomans, et cent cinquante autres iiorins pour ses dépenses en Cour romaine.

1346. Décembre 10. — Le régent réunit à Romans les prélats et les barons, pour les consulter sur la réponse à faire à Charles de Bohême (1), qui demandait à être reconnu en qualité d'empereur d'Allemagne.

1847. Février 8 — Isarde des Baux, parente de la Dauphine, est brûlée vive près des Ormes, sur la route de Romans à Saint-Paul, pour avoir assassiné, le 8 juin précédent, son mari, Pierre de Malvoisin, sei^'neur de Pennes.

1348. Ai^ril 12. — Les clianoin^s de Saint- Barnard font signer au dauphin, h Beauvoir-en- Royans, une charte qui révoque les libertés octroyées aux habitants de Romans, le 27 lévrier

1348 Novembre 30. — Ilumbert II, assistant aux offices dans l'église de Saint-Barnard, monte en chaire pour reprocher aux hommes de porter des habits trop courts, et aux femmes de se couvrir la tôte avec des capuces. Il dé-

co charies iv, nis «u; je.ni. roi (le Rnhômc. diif t\v Luviiilioiir};, marquis de Moravie, élu roi des Humuius dans ia dioie dt* itcatz, le 10 juillet 1346. Les électeurs, qui n'avalent pas approuvé ce choix, lui opposèrent suceessiTement quatre compétiteurs. Mais 11 mt sacré. Tan 13'i9, à Aix-I.i-Cliapelle. Il Ri un Toyage à Paris et mourut à son retour, le 29 novembre Uîtt.

fend de s'iiabiller de la sorte sous peine de cent

sols(l). -«

1348. Dârphibre i®""* — Le dauphin signifie aux envoyés du duc de Bourbon (2) qu'il renonce à son projet de mariage avec la ûlle de ce prince.

1349. Janvier 12. — Le duc de Bourbon se rend à Romans, pour renouer le mariage de sa fille aînée, Jeanne, avec le dauphin. On fait de nouvelles conventions. La dot, fixée à cent mille florins, devait être payée à Vienne, où la princesse devaitse rendre.

1849. Février 20. — Àprès quelques conférences secrètes, le dauphin déclare publiquement le parti qu'il a pris de donner ses états à Charles, premier né du duc de Normandie, et de se vouer à un célibat perpétuel.

1349. Mars 12. — Les commissaires du roi de France viennent à Romans, pour continuer avec le dauphin les négociations relatives à la cession du Dauphiné à la France.

1349. Mars i4. — Le dauphin promulgue le Statut Delphinal dans son habitation située à Romans, près du pont (S).

(1) Pour expliquer une démonstration aussi étrange, un pareil oubli de sa dignité et des conTenances. Il faut se rappeler que d^abord le dauphin était chanoine de Téglise, et qu'ensuite 11 a?ait alofs des contrariétés au sujet de ses projets de- mnringe.

(2) Pierre I", né l'an 1301, grand chambrier de France, commanda en Guyenne et combattit à Grécy. Il périt à la bataille de Poltters, le 19 septembre 13S6. ïl avait épousé, en 1336, Isabelle, sœur do roi Philippe <\o Yalni?!. dont il eut sept enfants.

(3) (Jette habitation formait une ile circonscrite par l'Isère. lo? rues du Pont, de la Pêcherie et de Rivail. Elle réunissait deux maisons acquises : rune, le 9 octobre 1342, de Françoise de Moras, veuve de Guillaume de Gbaussenc, au prix de 120 florins d*or ; et l'autre de Berton de Maloc.

1349. Mars 51. — Afin d'empêcher la conclusion d'un traité qu'ils regardaient comme attentatoire à leur liberté et h leur indépendance, quelques gentilliommes formèrent le hardi projet d'enlever Pierre de Laforest, chancelier du duc de Normandie, que le dauphin Humbert 11 constituait l'héritier' de ses états.

Rebute! de Chabrillan, Artaud de Chabrillan, Reymond d'Eurre et quelques autres seigneurs du Toisinage s^emparèrent de force du chancelier, qui se promenait dans la campagne de Pisançon. Ils le conduisirent dans un château du Valentinois, d*où il fut bientôt délivré. Les ravisseurs se réfugièrent dans le château de Livron. Ils y furent arrêtés par autorité de justice, mais presque aussitôt relaxés.

1349. Murs 30. — Le dauphin Ilumhert IT, accompagné d'une Ibule de seign(Mii"s, signe daiis l'église de Saint-Barnard Tacte défini tif du transport de ses états à la couronne de France (1),

(1) Le 10 juillet suivant, iiiiniht i t cimlirnia, dans le c (nivciit des Jacobins de Lyon, la cession qu il avait faite et mit le duc Charles en possession de ses états par la tradition du sceptre, de Tannean, de la bannière et de l'ùpée du Dauphiné. Le lendemain, il prit dans le mc'me couvent l'habit de Sainl-Domini(iue. Il se retira nii rhàtoan de Beauvoir et eu lâàO, le jour de Noël, ù Avignon, le pape le pronmt aux ordres sacrés et le sacra ensuite patriarclie d'Alexandrie et administrateur perpétuel de l^arclievêclié de Reims. Le 25 janvier 135'i, le roi le nomma à rarchevêchf^ df l\irls. U mourut, à l'ilf^e de 42 ans, à Glermont en Auvergne. |p ?J nuii i;^f»n. Il fut rn«:pv(>li dans réglisc des dominicains de l^aris. Par son testament, fait la veille de sa mort, il laissa à la ville de Romans une somme de 10.000 florins d'or pour la fondation d*un couvent de Frères Servîtes. Mais ce legs n'eut pas itliis (le suites que d'antrr«; di?i|iositiniis faiffs niifArieiiremenl, telle, cnirc autres celle par laquelle il d(mnait a la daupliine le cliâteau-fortqu il lais^t construire à Romuiis sur le côteau de CUapelier.

Aux appréciations passionnées et injustes que, après ral>i>é de

AVVALBS DB LA vaLB DB BOVABS

nio\ .-iiiiaiii II' p;iy«'iiifnt '^le ses dettes et la remi-" '!<■ r- rt.uiies soniUie».

1349 Mhi's m. — • Lf lendemain, Philippe de \ I . roi de France, est à Honians.

1349. A(3tLi ÎG. — Le nouveau dauphin, ûis du roi de Francis établit sa résidence à Homaos, dans le couvent des F'rères Mineurs. Il y reçoit quatre-vin^-trois hommages de seigneurs et y signe les franchises de cinq communautés. La cérémonie se faisait ordinairement dans ie verger du monastère [in virid&rio FF, Minorum),

VerroT, plusieurs auieun contemporains ont portées sur le dsupbin

IIunilM 11 . élisant <le ce prince unpacba de comédie, uo Schaabaham < I ) 1 1 [ > ) I i f , 1 - n " M > PI lo sooâ un jugement appuyé des fUts, titres et do-

c-iifiifiifH :iiiUit'ritii|U*'S.

Mul^i f uin; iiiiawiualion inquictf , apanuiîc ui dinaire des persuones fatalement destinées à une mort prématurée, Humbert II Tut un priiK-f r< iii:in|>i:il>l<' pour son ii'mps. n Tui. chose rare, aimé et ri-,ir4'U>' It -ut dans les atlaip'S inoninT d»* !';i'ln'>:s»*. df !:i ît:ili*»nro, de iu loyaiiU; et de iu résululion. U réui»»it dans « itii cjinses. Il se rendit maUre des villes de Vienne et de Bonians, u algré Texc<immunicatlon de rarchevf^ue et les censures du pape, et conquit I»; liiiiir;.' (IrMiriti. ! ni;il;.'ré l«: duc de Savoie. On s'est nioipj^' de la eroisadc dont il iuL le eln*f : c'est cependant la seule expé<lition de ce ifeiii e qui, apre;» deg succeà Uunurables iHiur les ai nies chrétiennes, se soit terminée sang aucon désastre. Humbert alfrancliit ses peuples dttservaf;<-, delà niaimnorte et des ^ruerns iiarticuliéres des sei- (.'rM'Mc- : il jti Miii.'ua h-s chartes de litH i té aux commun*^** '^t des bienfaits aux C'luijiiàseinuitâ cliarital>Ies. Il créa le conseil delpliinal et réorffanissi l'université de Grenoble. Il iniruduisit de sages réformes dans la Justice, dans les finances et dans la fabrication des monnaies, et mil un ordre parfait dans Padministration de sa maison Aju es avoir refn-ié le tifre de roi, «pie lui (dirait l'empereur r.oiii> <\i- liavjere, il céda an puissant roi de France ses états, qu'il mil ainsi a Tabri d'un moreellement et auxquels il assura plusieurs siècles dlllustration et de prospérité. Mai> auparavant, animé du vif désir de conserver Ct d'aecroiire les privile;,'es et l«*s !i!i> i trs di- ses sujets;, il en ennsnera le souvenir et les droit*», comme un dernier lenioijrnaKc d allecliou, dans un uele solennel, eunnu sous le nom de Statut DelpUinal.

Voy. Le ttaupkln Humbert ÎI et fa ville de Romans ; i883t tn-â», M p.

1349. Août 21. — Henri de Villars, archevêque de Lyon« pubiie dans Téglise de Saint-Barnard les dispenses de mariage accordées par le pape entre le dauphin Chiurles et Jeanne, fille du duc de Bourbon.

1849. Septembre i2. — Le dauphin, arrivé le 7 à lîomans, y tombe malade de la dysenterie. Il se lait t raiispiu-ter au château de Fi.saiiçoii. Il est de retour lo 25 dans Romans, où il reçoit de nouveaux J i o m m âges .

1350. Atjril ('). — L*.' même prinre traverse cette ville, se rendant k Tain, où son mariage avec la princesse Jeanne est célébré.

1350. Mai2* — Le dauphin tient à lîomans une assemblée, composée du duc de Bourbon, de Tarchevêque de Lyon» derévéque de Grenoble et de plusieurs autres grands personnages. Il y avait avec le prince une brillante cour et une suite nombreuse. On y donna des fêtes à Toccasion de son récent mariage.

1850. Mai 9. — Le môme prince se trouyant à Romans, les chanoines de Saint-Barnard, en chapes d'or et de soie, et les clercs du Chapitre, assemblés on procession avec les vi rtus et les reliques, vont le prendre au couvent des Frères Miaeuis où il résidait et le conduisent, au son des cloches, en chantant jus([u\'ui prraTid autel de l'église. Là, le dauphin prêta iiomma^e au Chapitre pour le château de Pisançon, en présence de plusieurs seigneurs. L'acte est dressé par Humbert Pilati (1). Immédiatement

(1) Secrétaire ou iioljiif t' ti<;s tlau|>lwns < le 1 :i 1370, ineiiU)ro de plusieurs conseils de gouvernement, prévùl dcl'éijUse deStrAndrôde GreooUe, mort en 181S.

ANNALKS DE I.A VÎTTJ' I»F Hf>>rAN<

on lui confère la dignité de chanoine et il est installé au haut chœur, comme Tavait été son prédécesseur.

1350. Mai 15. — La veille de la Pentorôte, Charles et sa jeune femme quittent Romans t l se rendentau château de Pevrins, d'où ils reviennent le 22 pour recevoir l'hommage de plusieurs seigneurs.

1351. Octobre 19. — Humhert Colonel (1), qui avait à bail les gabelles et tout le péage du Viennois sous le cens de 2,000 florins, s'ôtant trouvé en perte, le dauphin pour le dédommager lui abandonne la recette de tous les droits de la ville de Romans, pour en jouir sa vie durant, aux gages de 60 florins annuellement.

1354. Septembre 18. — Pour obéir aux cris de sa conscience, l'ancien dauphin donne des lettres patentes, datées du couvent des l'rères Prêcheurs de Paris, pour déterminer lo forritoire à donner à la ville de Romans, à prendre sur les mandements de Clériou et de Peyrins : soit 4,863 setérées de terres, })rés ou vignes, et 555 setérées de bois ; ce qui eut lieu.

1355. Mai 15, — Guillaume Marchand, juge de la Cour séculière, approuve le règlement et les statuts pour la fabrique et le commerce de la draperie dans Romans.

(1) G^était un des principaux païUsans du daapbln Huin]>«t II

qui, le jour de son entrée dans Romans, le fit son cam^rieret le gratifia fr»inf> pension de cent florins d'or sut- les grandes «abelles. Il devint cliùleluin de Pisançon et fut anobti avec le titre de seigneur de Ganrière. Il présenta dix Jiommes d'armes de SainirNazaire à la revue qui eut lieu a Homons. Sa maison d*ha]>itaiion, sur le bord de risère, a été occupée stKTPssivpmont par le collège, la famille d'Haulefort, i'iiùpitai général et une caserne.

1355. — Les gens du comte de Valentinois ayant incendié le lioiiru: d'Alixan, qui était à Févêque de Valence, les épiscopaux sf^ pr»''paront à saccager Clérien par représailles, ('n «^laud nombre de bateaux sont rassoml)lés à (,'liàteauneuf-d'Isère, pour faire passer la rivière aux troupes destinées à cette expédition. L'évêque de Grenoble, Jean de Chissé, se trouvant à Romans avec une partie da Conseil delphinal, donne, la nuit, Tordre de sonner l'alarme et rassemble, au dire de Chorier, 30 hommes dVmes et 4,000 hommes de pied, prêts à repousser Tinvasion : ce qui oblige Pennemi à renoncer à son dessein.

1857. Octobre 19, — Lettres du gouverneur de la province, au nom du dauphin, réglant le poids et la loi des monnaies qu'on devait fabriquer à Romans.

1357. Octobre — Le dauphin Cliarles signe à Romans plusieurs privilèges.

1358. Févripr 27. — Après une messe du Saint-Esprit, Bernard, évéque de Ferrare, délégué du pape, se rend procpssionnellement avec tout le clergô à la porte de Saint-Nicolas, où il pose la première pierre des murs de la seconde enceinte. Il y eut, à cette occasion, un repas au couvent des Cordeliers, où résidait le prélat. La dépense, payée par la ville, s^éleva à sept florins quatre gros (57 livres).

1858. Octobre 26, — Le dauphin ordonne de fortifier la vil le, et que les ecclésiastiques et autres privilégiés paieraient leur part des frais de ces travaux.

1359. Mr'î?^<î .9f , — Los habitants de Romans, au nombre de 400 chefs de lamille, réunis dans le réfectoire du couvent des Cordeliers, défèrent à

ANMAI.BS DE LA VILLB OB RUMANS

Guillaume de Vergy, gouverneur du Dauphiné (1), pleins pouvoirs à l'effet de prononcer sur leurs différends avec le Chtipitre, au ijujet de la construction des remparts.

1359. Avril i", — Les ciianomes, de leur côté, assemblés dans la chapelle capitulaire, choisissent six crentre eux qui sont chargés d'otiiir au gouverneur le rôle d'arbitre, à l'occasion de leurs contestations avec les habitants de la ville.

1869. Avril 6, — Le gouverneur, avant de rendre sa sentence, ordonne provisoirement que le Chapitre paiera dans un délai rapproché une somme de 400 florins d^or, imputables sur le

prix delà chaux.

1359. Octobre 8. — Guillaume de \'ergy pi ononce sa sentence arbitrale dans le couvent des ( 'ordeliers, on présence des délégués des parties. Le Chapitre doit fournir la chaux et entretenir les portes, les ponts-levis, lesdogrés, etc. Les habitants doivent pourvoir au reste de la dépense. Quant aux réparations h faire au pont sur l'Isère, les clercs seront taxés au marc le franc comme les autres habitants, selon l'importance de leurs biens. Le lendemain, les fondés de pouvoir de la ville se rendirent chez le gouverneur pour ratifier sa sentence. Les chanoines refusèrent leur approbation.

(1) Seigneur de Mir^eau, pourvu de son commandement le 6

octobre I3:»G. U apparlenail à une des plus illustres familles dCS deux lÎDiirprnirnr's, qui s'est tMeinle sous Louis XIII en la personne de Clériadus de Vergy, cornto de Cliumpliltc, gouverneur du eouilé de Bourgogne. Guillaume de Vergy avail reçu don de la terre de Fala^ ▼ier, le 15 février 1:^)7. Il eut, entre autres enflants, Jeanne, qui épousa Aimon de Oenève, sieur d'Antlion.

1861. Février 23. — Le même gouTerneur, pour sQbTenir aux nécessités de la ville et à la

construction des nouvelles murailles, concède la levée de divers tributs sur les denrées, les marchandises, les profits des personnes, « les chambrières », etc.

1361. Juin V — (iiiillaumede Versry meurt h Pomans. Il est inhumé le lendemain dans le chœur de l'éj^lise des Cordelicrs I\

Le 8, la ville paie pour ses funérailles 22 liorins 9 gros, prix de 24 torches de cire du poids de 78 livres, et 2 gros et demi d'or pour la location de deux draps d*or prêtés parle couvent.

L'épitaphe de ce gouverneur est encore aujourd'hui conservée.

136d. Février 2i, — Une ordonnance du gouverneur, Raoul de Louppy (2), oblige les chanoines à payer 1,000 florins d'or pour la construction de 2,200 toises de murs. La ville est autorisée à s'imposer pendant plusieurs années un octroi sur l'entrée du vin pour continuer la construction des remparts. Quelques jours au})aravant, les cojisuls avaient fait un [ii ésentde lUO florins d'or m r(''pouse du gouverneur, « pour le bien et l'utilité de la ville. »

(1) Mystère des TroiêDoms, p. 7U9.

C9 Raonl de Vieiue, seigneur de BottrsaQit et de Loappy, nommé fowerneur du Daupbiné le 7 octobre 1361, séjourna souvent à Romans (voir son itinéraire en tf^tp «le rédition de son Compte). 1\ aimxut beaucoup cette ville et lui rendit d'iiuportunts services. Après s*être démie le 2 septembre 1360, il mourut à Louppy le 3 janvier

Voy. Edmond Maionibn, iîaou? devienne, sire de Louppy; Grenoble, 1881, in-S'. \u p. riyssp CnEVAT iKn. Compte de Raoul de roi/pp;/. youeerneur du Dauphiné de iHol à 1309, publié d'après l'oriyinai, Bitfc arcMvM de U Prife^wr^ de VIêèrê ; Homani, oct. 1886, gr. in^,

AliNALBS DE LA VILLB US ROMANS

1S68. Août 20. — Le roi de France séjourne

à Romans. La ville paie 110 florins pour deux bœufs, trente moutons et plusieurs sauiaees de vin qui avaient été fournis à S. M.

1363. — Raoul de Louppy, gouverneur du Dauphiiié, vint établir à Romans le centre de ses préparat ifs militaires, afin d'être plus à proximité pour défendre ia province contrôles invasions des Tards-VenitSf des Anglais et des Provençaux {!). Après avoir fait fortifier la ville, il en partit à la tête de ses hommes d'armes, parmi lesquels on comptait plusieurs Romanais, tels que Jacques Artaud, Rénier Goppe, Raoul de Ghevrières.

Le juge du Viennois et du Valentinois avait aussi transporté le siège de son administration à Romans ; quand il retourna à Saint-Marcellin, cette ville s'obligea, comme dédommagement, au payement d'une composition de 200 florins envers Romans, qui voulait conserver le baillage.

1365. A/ai et juin. — L'empereur Charles

se rendant à Avignon pour conférer avec le pape, séjourne à Romans. La ville, pour subvenir aux frais de cette « heureuse arrivée », vote un subside ou taille qui produisit 436 florins (2).

1366. J&nvier 25. — Par lettres patentes délivrées à Prague^lemême empereur, àla sollicitation de Raoul de Louppy, accorde auxhabitants de Ro* mans, pour leurs biens et marchandises, Taffran* chissement de toute espèce de tributs. Cette bulle

(1) Le conseil delpMnal, crut aTali suivi le gouveroear à Romans,

l>-n;iit ses réunions dansla maison il'Audise de Gur80n,àqaioii payall

pour cette lucatinn W florins iO gros.

(2) Mystère des Trois L>om«, p. cxx-cxxiv.

était munie d'un sceau d'or aux armes de Vempire, qui fut dérol)^, en 1586, ])<Midant la peste, chez le preuiiei" consul, Baihier do Chainplong.

1366. Féi'ricr i'i. — Le même souverain concède aux mêmes habitants, sous le bon plaisir du roi dauphin, les droits de s'assembler, d'élire des c< !isids et d'avoir des reveans communs.

1366. Février 2k — Le grand maître d'hôtel de l'empereur reçoit à son passage à Romans des confitures, du vin et des torches de cire.

1866. Juin i2. — Par lettres données à Paris, le roi de France Charles V confirme les privilèges accordés par l'empereur et ordonne qu'ils seront observés, à peine de 100 marcs d'or. Le chancelier du roi, Auiédée de Lamotte, qui avait conduit cette négociation, est gratifié d'une somme de 100 francs d'or (1).

1366. Juillet 9. — l'n vortu do oos momos lottros royales, les habitants do Ronians, convoqués à son de trompe, se réunissent dans la salie du réfectoire des Cordeliers. Ils délèguent à quinze d'entre eux le pouvoir d'élire cinq consuls pour un an. Ceux-ci devaient, à leur tour, choisir dix notables pour former le conseil de la ville.

1866. Juillet iO, — Les consuls, de l'avis des conseillers, font avec le gouverneur Raoul de Louppy un traité par lequel la ville s'engage à payer au trésorier delphinal 1 .000 florins, à

titre d'indemnité pour l'exouiption des droits de péage, et pour la conservation et sauvegarde des privilèges octroyés à ia viiie.

(1) Voy. Les prêtent» de l& ville de Homan»^ 1882.

A1INALB8 DB LA VILLB DE hOMANS

1867. Afat Î3, — Sur cette somme de 1,000 florins, 200 sont employés à payer les dépenses faites pendant les trois jours que passèrent à Romans phisieiirs membres du Conseil du roi : le comte d'i . lampes, le seigneur de Vinay, Pierre de Villars et Guillaume de Dormans, chanet-lier du I )auphiiié, h qui la ville fit présent de plusieurs éciiolles d'argent du poids de 25 marcs^ ayant coûté 148 florins 10 gros.

1367. Octobre, — Le cardinal de Thérouanne (1) étant de passage à Romans, les consuls lui offrent quatre torches de cire et yîngt-deux livres de confitures.

1868. Avril, — Par lettres données à Paris»

le roi dauphin ordonne que la ville de Romans jouira de toutes les immunités accordées aux habitants du Dauphiné. Il cinifirme pour la seconde luis les privilèges émanés de son oncle l'empereur, et enjoint au gouverneur et autres officiers de la province de veiller à ce qu'aueun obstacle ne soit mis à l'exécution des lettres impériales et royales.

1368. Octobre 6, — Les consuls représentent au gouverneur qu'il serait plus honorable et plus utile à TEtat de convertir le capital de 800 florins en une pension perpétuelle de 50 florins, payables chaque fête de Toussaint. Le gouverneur accepte cette proposition et s'engage à la faire approuver par le roi.

Cette rente, évaluée à 46 ducats et demi, le 26 novembre 1442, par Raoul de Gaucourt,

(1) Gilles Aycelin de Montaigu, d'abord évêque de Layaor, chancelier de France, promu cardinal en 1361, ensuite évéque de I^ascati, mort en 1378.

gouverneur du Dauphiné, et à IS'X livres 18 sols,

le 9 juillet 1770, a été payée jusqu'à la Révolution au prince de Monaco, comte do \'alentinois.

1370. — Des lettres du roi dauphin déclarent que les hal)itants de Rouians sont exemj)ts du vin^tain de Pevrins et qu'ils ne doivent pas contribuer aux l éparations des murs du château.

1371. Mars. — Jacques de Vienne, gouverneur du Dauphiné (1), à son entrée à Romans, est reçu avec les plus grands honneurs par la ville, qui lui offre du vin, des flambeaux et des confitures, ainsi qu*à Louis de Villars, administrateur de Téglise de Vienne^ qui raccompagnait.

1371. Août 31. — Le vi-bailli de Saint-Marcellin délivre, pour être publiées dans l(^s cliâtellenies, des lettres exécutoires dos privilèges et exemptions de péas-es dont jouissaient les habitants do Romans à Peyrins, Saint-Marcellin, Saint-Nazaire, Pisançon, Beaumont, baint-Lattier, Clérieu, Saint-Donat, Vinay.

1372. Décembre 10. — Charles de Bouville, gouverneur du Dauphiné (2), vient à Romans. Les chanoines lui renouvellent leurs plaintes contre le consulat et revendiquent les droits de co-seigneurs. Il commence par intenter contre les Romanais une action en payement de la dette exorbitante imposée lors de la prise de la ville

(1) St if^iicur de SairU-Gcorses, en BonrKo^ne, pourvu le 17 mars l'Mil. n fut coinmis, p;ii- lettres du 3 ni:ii 1377, pour recevoir les liominages (lui étaient dus au roi dans celle province.

(9) Nommé en 1372, mortàla Gôte-Saint-Andréle8aoûtl385,iniiumé dans réalise de Saini-André de Grenoble. Il était picard et chamlieUan du roi.

par Humbert II. Il fait ensuite procéder à une

saisie de tous les biens et revenus des habitants, et met la ville en s<''(|uestre. Ces derniers en appellent au pape et lui députent Poiirc I Jodulphe et autres citoyens, qui, après un séjour de deux mois et demi à Avignon, reviennent sans avoir rien obtenu.

1373. Mar.s i". — Le roi Charles V, étant à Romans, fait défense de faire ni admettre aucune composition pécuniaire en fait de crime, sans l'avis du gouverneur.

1378. Mai 8, — A la requête du gouverneur de la province, la ville de Romans, par ses représentants, prête hommage et serment de fidélité au dauphin.

1373. Août 20. — Par une charte donnée à Paris, le roi Charles V accorde aux habitants de Romans le pouvoir d augmentei le tribut du vin commun et du vin étranger pour les nécessités de la communauté et pour la construction des murs

1374. Juillet 21.— Perrot de Verdun {!), riche marchand de Romans, fait les consuls ses exécuteurs testamentaires, et leur lègue les maisons qu'il possède dans la rue Va^Iouse, toutes ses rentes en blé et en argent, à la charge de distri*

(1) Né au commencement du XI V» siècle. Il avaii S(in mafîasin de dj'upier à Tangle de lu rue VuUouse, dans laquelle il possédait en oatre trois malsons, qui lurent converties en Hôtel-de-ville et servirent aux assemblées municipales de 1:582 jusqu'à la révolution ; elles furent vendues le ?0 fi^vrier ITf'I, ponr le prix de î'.Uir» livres, n mourut versla lin de rannée 137 'i, ne laissant pas de postérité de Callierinu Auberjun et de Jacquemette Garcin, ses deux femmes. II fut inbumé dans une chapelle du couvent des Gordellers. D'après les renseignements fournis par son testament, sa fortune montait à plus de 6.000 florins.

buer chaque année» le dimanche après TAscen-

sion, le produit de ces revenus, en pain cuit, • laiis une distribution publique aux pauvres de la ville : c'est ce rfu'on nomma la Dnnve dePerrot de Verdun. Il laisse aussi des soiiiiiies importantes pour des œuvres pies dans les monastères, pour marier des jeunes filles et pour la reconstuction du pont.

1374. Septembre 13. — Jean d'Hauterive, bourgeois de Romans, lègue, par son testament, reçu M* Gayte, notaire, une maison sise place des ClercSy où se tient la Cour commune, pour y établir une maison consulaire. Il charge les consuls de faire Tendre ses autres biens et ses meubles, et d'en distribuer le produit aux pauvres de la ville, après touteibis le décès de sa femme.

1375. Janvier 8. — Le duc de Bourgogne (1), assisté du gouverneur Ch. de Bouvillo, préside à Romans les états du Dauphiné, composés desdéputésde toutes les villesdcla province. Lebutétait d'obtenir des subsides pour soutenir la guerre contre les Anglais (2).

1375. Juin i*^ — Dans Tappréhension des compagnies bretonnes et des Anglais^ le gouverneur nomme capitaine général de Romans Aymon d^Amaysin. Il le charge de présider aux fortifications de la ville et met sous ses ordres tous les habitants, qu'il réunira en armes quand bon lui semblera. (Jette noinina.tion est approuvée

(1) IMiiliiiiie, 4- lils du roi Jeun. En I3bi, il remit a son frère Cbarlea V, devenu roi de France, le duché de Touraine cl lui fit hommage de celui de Bourgogne, dont il prit le titre, et tut surnommé le Hardi; mort le 27 avril 140'i.

(2) Voy. Les Etats duD&uphiné ; Grenoble, im.

par Févèque de Valence, administrateur du diocèse de Vienne (1).

1870. Mars Î5. — Des contestations exis^

taient entre le Chapitre et les habitants au sujet dos corvées, dos dîinos, sur le consulat, Tentrée du vin, etc. Dix clianoinos et quatre cent quatre chefs de famille riHiiiis dans la salle du réfectoire de réulise de Saint- Harnard, conviennent de remottr(^ leur différend a l'arbitrage du cardinal Anglicus, évêque d'Albano (3;.

1376. Décembre 9. — Le dauphin Charles renvoie à son lieutenant le placet du Chapitre concernant les libertés de la ville de Romans. Il lui ordonne, après avoir entendu les parties, de casser les privilèges obtenus par les habitants, comme obreptices et subrepticea,

1877. Mars 26, — A Avignon, en présence de nombreux témoins, le cardinal Anglicus promulgue sa sentence arbitrale : un octroi sur le vin sera établi pendant vingt ans. Son produit sera exclusivement appliqué à Tœuvre des fortifications. Los habitants feront annuellement, à leurs frais, pendant vingt ans, cent cannes ou toises do murs de benceinte. Le tribut du vinaue, du iocage et des corvées est aboli. Le Chapitre

(1) Louis de Villais, doyen de Téglise de Lyon, porta longtemps le titre d'éiu de Valence, en vertu d'une permission d"Innocent VI du !«• Juillet 1334. Il mounit, à ce que Ton erolt, le 3 eeptembre

('>) Dnni^ ce nombre nnu'' av(ms relevé: 2 jiiiiscoijsultes, Il notaires, 14 bourgeois», iU drapiers, 4 marcliurids, 6 aputliioaircs, 3 orlevres, 15

lieseurs, 9 tanneurs, 6 méglesiers, 9 bouchers, 17 agriculteurs, 4 ma*

récliaux, 5 coiitin iei s. 9 charpentiers, 5 meuniers, 3 boulangers^Stoiideurs de draps, l hai liier, 0 serrurier?, etc.

(3) Auge de Orimoai d de Grisuc, frère du pape, chanoine de Sainl- RÙi; évéque d^Avignon, cardinal en 1366, mort eo iSBL

et les chanoines fourniront, pendant vingt ans», une somme de 80 florins pour être employée aux fortifications. La vendange continuera à être soumise à la dlme.

1378. Mars f 5. — Le gouverneur C. de Bouville, assisté de douze juges, prononce un jugement par lequel il confirme, en laveur du Chapitre, la charte du 12 avril 134(S, casse et annule les lettres impériales et royales relatives au consulat, à l'impôt du commun du vin, enfin défend d'en observer les dispositions, à peine de ôOO marcs d'argent.

1378. Avril 30. — L'expédition de cet arrêt est adressé au juge et au courrier de Romans, ainsi qu'au juge mage du Viennois et du Valen» tfnoîs, avec ordre de le faire exécuter sans retard.

1378. Nommhre 4, — Les habitants de Romans sont maintenus en la possession de la franchise et exemption de la leyde de Tain, et successivement do celles de Saint-Marcellin (1394), de Crest (1500j, de Tèze et de Domène (1521), de Grenoble (1534), de la Buissière (1546).

1379. Juin 5. — Suivant l'ordre du gouverneur et sous la direction du juge de la cour commune, la nomination des syndics de Romans a lieu dans les formes prescrites.

1880. — Une sentence déclare que les habi* tants de Romans ont le droit de vendanger quand bon leur semble sur leurs terres situées sur le mandement de Peyrins.

1383. — Dans l'état des feux du domaine delphinal. Romans est compris pour 659 feux, réduit à 420 en 1410. L'année suivante, la cotisation s'éleva à 542 iiorins, et à 455 en 1475.

ANNALB8 DE LA VILLB DE HOMAMS

1885. Mai 4. — Une lettre de rarchev(' ([ue de Vienne décide que les grands logis ne doivent pas être exempts du tribut sur le vin com-

iiiun ei cUaiiger. Le Chapitre l'ait la même déclaration.

1385. Jvhi 17. — Les co-seio-iieurs de Romans achètent de Bernard Armanon, hourgeois, héritier d'Armanon Dorier, son oncle, p6ur le prix de 160 francs d'or, une maison située à la* place des Clercs, entre la maison de l'église et celle de Jean d'Hauterive, probablement pour y placer la cour commune.

1886. Mat 20. — Les Etats de la province sont tenus à Romans par le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, qui avait déjà présidé ceux de 1375. Il s'y trouva des prélats, des bannerets et des châtelains.

1388. Murs 11. — On coninience la reconstruction en pierre de la deuxième arche du pont sur risère. Les travaux durent six ans et content la somme de '2/.)97 IIoimus 6 gros, iburnis parles autorités et les particuliers (1).

1388. Août 17,-- Siffred, évôque de V (2)

consacre la chapelle ou crypte de Notre-Damedes-Os, qui servait d'ossuaire aux cimetières entourant Téglise de Saint-Barnard La dotation de cette chapelle est faite par le chanoine François Bourguignon , au moyen d'une somme de 80 florins

(i) Voy. noire Notice hislùrique sur te pont de Romans ; Valence,

(i) Siffrrdiis, episropiis Vivastiucnsis. On no saif ;t fjncllf» ville correspond révèeh6 désigné par ce nom. Cet évèqu»' parait avoir ûtù un prélat étranger, peut-être d'Allemagne, où le nom Sifflredua était assez commun. Il «!;tait dt; passasse à Romans, pour se rendre, sans doute, la cour pontificale d'Avignon.

et d^une rente de 6 florins, outre des ornements pour la célébration du service divin. Ces faits sont gravés sur une pierre qui existe encore (1). 1888. Octobre 2^. — Le duc d'Orléans est

à lîumaiiis; il y est do nouveau le 3 lévrier suivant.

1389. Octobre ?3 et 2k. — Le roi de France Charles VI séjourne à I Jomans.

1390. JvLÏn 7. — Le gouverneur Enguerrand d'Eudin (2), assisté de Jean de Mareuil et d'André Garin» auditeurs des comptes, donne décharge à tous les receveurs de Romans qui ont perçu les deniers de la ville depuis Tannée 1367 jusqu'au 1*' décembre 1388.

1898. — Les bandes de Raymond deTurenne, neveu des papes Clément VI et Gré«roire XI et de la comtesse Major, veuve d'Aymar de Poitiers, infestaient le ^'alelltinois. Le go uverneur prescrit aux cunsuis de Ixomans certains travaux de défense pour garder le passage du pont, entre autres la construction d'une porte surmontée d'une tour : ce qui donna lieu à la levée d'une taille in oy on ne.

1394. — Jacques de Montmaur, gouverneur du Dauphiné (3), décide que les habitants de Pey-

(1) Voy. La chxpéQ» de S&int'Michel de Ronums ; Gren<»ble,

im, p. 1).

(2) >{oniin6 par lettres royales du 17 octubre 138ô. Le 4 décànbre suivant, il commit Robert Gordelier, conseiller ddpliinal, pour gouverner en son absence ; le 20 du même mois, il commit eneore pour le mt>me sujet plusieurs ronscHlers. n m'iiiniî on ef le roi, par lettres du 11 mars, chargea le conseil delpUinal de gouverner par intérim.

(9) Pourvu par lettres du 1*' avril 1391, destltu*^ en 13<J9, sur la plainte des Etats de la province. Il ftat rétabli en 1406, mais il mourut la même année.

rins et de Romans contribueront, au marc le

franc, aux répai aiious du chàtoaii de Peyrins.

1 394. — Leis Etats de la province se réunissent à liomans.

1396. Août ii. — La ville de Romans est taxée à la somme de 500 florins pour le don gratuit, à l'occasion du mariage d'Isabelle, fille du roi Charles VI, avec le roi d'Angleterre. Jean de Villers, receveur général des finances, donne quittance de cette somme

1898. Février 12, — Le Chapitre donne son consentement pour Timposition d'un octroi, dont le produit est destiné aux fortifications de la ville et aux réparations du pniit. Il reconnaît Tur^'ence de l'iinpAt et y soumet pendant dix ans les ecclésiastiques La ferme de cet octroi est adjugée aux enchères publiques à Guillaume et Jacques de Sainte-Croix, pour le prix de 760 florins annuellement.

1898. Juillet 29. — Une transaction est passée à Avignon, sous la médiation des officiers du Pape, avec le recteur de Phôpital de Sainte-Foy concernant les lits et les linceuls qui étaient dus

après le décès de chaque chef de famille. La ville est astreinte à une rente de i7 florins et demi pourTentretien des lits de l'hôpital, et il sera dû deux linceuls au décès de chaque personne morte en dge de puberté, les pauvres exceptés (IV

1398. NoveDibre 16. — Le gouverneur Jacques de Montmaur, siégeant en conseil, rend un arrêt qui maintient le Chapitre de Saint- Barnard dans le droit d'établir un bac sur PIsère, lorsque

(I) Voy. Essais hiat, sur les hùpUaux de Romans^ p. 35.

le pont est impraticable, et de percevoir les droits

de passage (1).

1400. Décembre 2. — Geoffroy le Meingre, gouverneur du Dauphiné :2), préside à Romans les Etats de la province, où I on impose une taille de quatre gros par feu. Il rend une ordonnance au sujet du mesuragc des draps, des poids, des protocoles des notaires et de l'observation des libertés delpliinales.

140d. Février 9, — L'auditeur de la Chambre apostolique détermine que le Chapitre de Saint-Barnard et la communauté de Romans continueront à jouir de Pexemption de la juridiction de Parchevêque de Vienne, moyennant une somme de 200 florins d'or (3).

1404. Février 6. — Jean de Oottafred et Artaud Allomand, chanoines, Guilhiume de Rannassac et Pierre Blache, curés, rendent une sentence arbitrale par laquelle il est arrêté et convenu que le clergé, pour se rédimer des linceuls dus à l'hôpital de Sainte- Foy, paiera au décès d^un chanoine deux florins, d^un prêtre habitué un florin et demi et d*un esclaflard un florin: quant aux petits clercs, ils seront exempts.

1404. Avril 2. — Gonet Seren, notaire et secrétaire de la ville, fait don du terrain de Palle-

(1) Voy. Notice hUt. sur le pent de Romans, p. 14.

(S) Fils de Jean le Meingre, dit Boucicaut. maréchal de France, et

de Florie de Linit-res : pounu de son gouvernement le l" avril i3ÎM», rappelé sur plairittMlcs Pétais, il fut rétabli par letlrc*? du 13 septembre 1406. n avait epousé Isabelle de Poitiers, lille de i^ouis, seigneur de Saint'Vallier, et de Catherine de Giac.

(9) Ptusleura sentences sont Intervenues à ce sujet avec des chances diverses, suivant le caract«'re diîs prélats en jett. On en trouvera plusieurs exemples dans le cours de ces annales.

AKIIALBS OB ' LA VILtlS^OB ROKAHS

four, situé à Bourir-cIc-Péage. il i avait ^Iberc^^, le 2 décembre 1301, sous le cous de douze deniers, de no])le Ai'taiid de Mornans, héritier de Pierrn de l'Esparvière (1).

1404. Août 2, — Le roi dauphin demande aux habitants de Romans une aide de 50.000 fr. pour concourir au payement de la terre de Louis de Poitiers, comte de Valentinois, dont le prix était de 100.000 écus, plus 20.000 francs pour Charles de Saint-Vallier, son oncle.

1404. — Les officiers delphinaux de Romans envoyent au dauphin un rapport concernant les émoluments de cette ville, (îont la moitié devait revenir à ce prince en qualité de co-seîiineur.

Le rédacteur anonyme de ce raj^port dénonce sans méiia|:emeîit les nid'urs relâchées et même les crimes de eertains chanoines, la partialité et la vnnnlité du juge et du courrier

1405. Mars 3. — Jean Forest dit Coppe (3) donne quittance de la somme de 2,802 florins pour la reconstruction de la quatrième arche du pont sur llsère, dont il avait l'entreprise.

1406. Mai 3. — Le roi Charles VI fixe à 361 les feux de Romans et à 3 gros par feu les quote* parts de la taille. Il y avait en plus des solvables, 360 misérables et 23 nobles.

1409. — La ville obtient un octroi pour seize ans, dont le produit, estimé annuellement 566

(I) Voy. Notice hist. sur le pont de Romans, p. 11.

i^) GiRAuu, Essais hist.t t. Il, p. 388. — Dûchikh, Mémoire» sur Ao-

mnns, p. 110.

(3) £n 1384, il succéda à son perc dans la oiaitrise de la moauaie ae Romans. U figura en cette qualité à pinsleors parïementa da terment de Templre. En outre, comme les autres membres de sa fandlle, Il s*oocupait d*afRilre8 fiDanciëres.

florins, était destiné aux réparations à faire à la première arche du [)Oni et à la tour de la Prêle, dite de VOche.

1413. S^ppt^mbrc — iu»:o, le courrier, les consuls et les notables de l^omans visitent les hords do l'Isère [)our aviser les fortifierions à faire [ iir défendre et clore cette rivière.

1415. Août 4. — L'empereur Sigismond (1) dîne à Romans, où Fattendait rarchevéque de Tours. Le môme jour, il alla en pèlerinage à Saint-Antoine et revint à Romans le lendemain (2).

1416. Janvier Si. — L'empereur Sigismond

donne à Lyon une bulle par laquelle il confirme les franchises octroyées par Charles IV, sou père, aux habitants de Romans

1417. Février 5. — Un acte du roneile de Constance porte absolution à la ville de iiumans, qui avait été censurée à la poursuite do .Tean de Poitiers, évêque de Valence (3), pour raison de cpieiques péages dus au monastère de Valcroissant.

1417. Mai ^i. — Jean Bouet, juge mage du Viennois et du Valentinois, confirme les privilèges de la ville de Romans concernant Texemption du péage de Pisançon. Il fait restituer les marchandises et les bestiaux qui avaient été saisis

(1) Fils de rempereur CLiarlea IV et d'Elisabeth, né le -28 juin 1388, roi rlp Ilonm'it' >'n Mi\ empereur le \ÎH srpttMnbrr' ejn. Il fit, en 1415, un voyage en 1' i mik c ; il mourut le Si deceinljre 1437, à Znaïm. Mystère des Trois Doins, p. cxxix-cxxxvij.

Gréé évêque de Valence et de Die le 7 septembre 1390, à peine âgé de 22 ans. II assista an conclte de Paris en 1394 ; il gottTwna le Cumiat Venuissin pendant seize ans et passa à FardieTéGlié de Vienne en 1448.

A1IHALB8 DE LA VILLB DB ROMAltS

cnntrairomonf à ces jirivilè^os. Le 4 mai 1419, le 101 recornmamia H f.ouis de l^)itiors, co-seio^nour de PisançoDy de faire opérer une semblable restitution.

14S0. Afara 18. — Les syndics de la ville, Antoine Bourguignon et Jean de Manissieu, achètent de OuîUaume Barbier, au prix de 24 florins, une vigne de la contenance d'une éminée, située hors la porte de Clérieu. Ce lieu, appelé les Nais, servit de réunion pour le tir de F Arbalète. Il fut vendu, à répoque de la Révolution, au sieur Roinieu, qui eu 1804 y établit des bains publics.

1421. Juin f.*?. — Didier de Villars, dit Rebatte, marchand de Romans, présente une requête au Chapitre pour faire approuver la fondation qu'il se proposait de faire d'un hôpital dans le quartier de Pailherey, non loin de Tlsère et de Téglise de Saint-Nicolas.

Il le dote d'une rente de 200 florins et s'en réserve l'administration. Vitalis, abbé de Saint- RuI" et commissaire du pape, ratifie tout ce qui a été fait pour l'utilité de cet étal)lis.sement (J).

14:22. Mars — Les Etats de la province sont assemblés à Romans.

1422. Mai 22 — La ville achète le mandement, le territoire et la juridiction de Beaumont- Monteux aux commissaires du roi, pour le prix de 1,200 écus d'or de 64 au marc (14,620 fr.). Cette acquisition, jugée « utile et honorable » pour la communauté, est arrentée aux enchères, le 14 juin 1424, pour quatre années, moyennant

(1) Voy. B889Âa Mêt êwr les hdpUanx de Ramam, p. 88.

270 florins, à noble Pierre Odoard, qui paya comptant (i).

1424. Octobre i4. — La ville donne un secours de 20 florins et de 20 muids de chaux pour aider à la construction du pont Mallt i, qui était faite au moyen d'une cotisation des liabitants de ce quartier (2). Une porte fortifiée fut bâtie en même temps pour défendre l'entrée de ce pont.

1484. Novembre 22. — Pierre Gaspard, juge de Romans, ordonne que le fermier du greffe ne pourra pas exiger des habitants au-delà de 60 sols pour les publications des testament et 20 sols

pour le sceau des actes de tutelle.

1425. A'o?:c?7z/)rc. — Pierre Ouliilin, artiste de Fribourtr, chargé de la construction de Thorloge publique, écrit aux bourueois de Romans pour leur demander 50 écus d'or (605 fr.), qu'ils devaient lui envoyer à Genève, à la foire de Saint-Simon. Il en a grand besoin, dit-il, etajoute qu'il travaille à lorce à leur horloge (3).

1428. Juillet iO. — Le Chapitre permet l'établissement d^un octroi pour la reslÀuration du pont et la construction d'une horloge publique. Le 16 décembre 1437, il consent à contribuer à cette dépense et, le 27 janvier suivant, un arrêt de Itaoui de Gaucourt, gouverneur du Dau-

(I) Maître de la mniiiiaii- do f^rAmieu. Le t,'<vnv('rn(»ur et le ('nnseil detpbitial lui inff'nd. i nu 1rs mines «le fer et de piuiiil» dans le mandemenl d'Allevani. D atM e> Choricr, il eui deux lils : Jean, conseiller au parlement de Paris, cl Pons, conBelller à celui de Rouen, tige des Hazé et des Bufsmillon.

(?) Appelé de Chapelier ou des Orplielines, démoli et reconstruit en 1880,

(3) Voy, LeJacquemarl dsAomans, dans Revue du Daup/iiné, 1878, p. 193.

phiiié ^1), condamna la couiiiiunautA' de lioiii.nis à paver la somme do 500 florins d'or à Pierre CiHlrifin, bourgeois de Fribourg, maître en fait de bombardes et d'horlojres, pour le prix d'une horloge faite pour lavilln de liomans. Le 16 juillet 1431, Jean Cudriûn, frère et héritier de Pierre, reçut des consuls le solde du prix fait de la dite horloge, c'est-à-dire 500 florins ou 300 écus d^or. La quittance fut passée dans la boutique de draperie d'Antoine Manissy, Tun des consuls.

1427. Mara 0. — Le Conbeil delpliinal se tient à liomans.

1428. Mars — Au (•onimcuccnicîir, de ranné(* fjour de l'Annonciation, époque où se faisaient les élections municipales), les consuls sortants se font délivrer leurs honoraires annuels, qui sont pour les deux premiers de 20 florins et de 10 pour les deux autres. Les gages du receveur sont aussi de 10 florins.

1428. Août — Le gouverneur ordonne que les monnayeurs paieront la taille pour les réparations des murailles de la ville ; eu 1445, ils protestent, mais l(- dauphin les oblige aux contributions, ( omnie l'avait déjà fait un arrêt du Conseil deipiiiual du 5 déccniljre 1433.

1436 V. si. Jn(wier 'Jf^. — Le roi Charles VII étant à Romans, à l'occasion de la tenue des Etats de la province, ordonne aux châtelains de Pey-

(i) l\ lut nomni(!' k* 1" ndvcniijre l'i JX. U pourvut à des charges de lieutenant, de baillis et de sénécliaux. Pendant une absence, il tat remplacé p;ir (labriel (U* lU'raes. ï\ «Hait de Normandie, fils d un autre Raoul. Aprt'S avoir vaiîIamm<Mit dtTi^ndn Orléans contre les An- ^'lais. il sauva le DaupUine de [ invasion du prince d'Orange et des Bourguignons, par la victoire d'Anihon, en juin 1430.

rins et de Montemc d'appeler les officiers de Romans pour visiter les chemins qu'il conviendrait de réparer. Il confirme le traité intervenu en 1368 entre Raoul de Louppy et les habitants de Romans.

1438. Mnrs [R. — Les Etats du Dauphiné sont réunis à Romans, dans le réfectoire des Cordeliers, sous la présidence de Guillaume Le Tur. Il est accordé au roi un subside de 35,000 florins.

1440. Novembre 18. — Geoffroy, archevêque devienne (1), prend possession, en qualité d^abbé, de Péglise de Saint-Barnard. On voit dans le procès-verbal que le nouvel abbé n'était reconnu et installé par le Chapitre qu'après avoir juré, à trois reprises différentes, d'observer les privilèo-os, immunités et liliertés de ré;ilise. Les mêmes formalités fux'ent observées par les successeurs de Oeoffroy.

1442. AvriL — La reine de France, Marie d^ Anjou, est à Romans.

1442. Juillet 10, — Le dauphin, depuis Louis XI (2), accorde à la ville un octroi pendant quinze ans pour réparer les murs, le pont et les fontaines.

(!) Vassalif nommé au commencement de 1439, ne prit possessiun que le 20 octDhrr lUO; il passa à rarcbevèclié de Lyon en 1444 el mourut A Tôurs en l'i4(î.

(2) Pendant sun séjour dans son apanage de Oaupliinë, le dauphin Louis résida le plus babituellement autour de Romans, dans ses châ« teaux de Moras, de Gbalaire et de Peyrins. Dans cette vilte, il n'avait point (riialiilafinn : il (l*'-;rr^ndnit finiir^r-oisf^mont (tans tin lo^'i< lenu par Mirliel Aymar Mathcline Hotunnier, sa femme, l'oiir reconnaître les soins qu il avait reçus de ces époux, il les alVrancliit de toutes tailles, aides, subsides, entrées, etc. Mais, comme en leur qualité de débitants, une si large exemption entraînait des abus, les

1444. Février 23. — îl est interdit aux greifiers de la cour de faire aucun inventaire des biens des décédés sans avoir été r(M|uis par les héritiers. Les greffiers seront payés à raison d un liard par florin, de deux gros au-dessus de trente florins ot de quatorze gros au-dessus de cette somme.

1444. — Le parlement do Oronoble déclare que les habitants de Romans doivent jouir des mêmes libertés que ceux de Oronoble.

1446. Février 'i. — Le dauphin convoque les Etats do la province à Romans. Il se fait donner 46,000 florins.

1448 Juin il. — Des lettres patentes du roi, consenties par Tarchevêque de Vienne et le chapitre de Saint-Barnard, permettent aux habitants de Romans de passer sur le pont avec des chars ferrés et d'y lever les droits accoutumés sur l'étranger, à la charge d'entretenir le pont, de le réparer et même de le réédifier s'il venait à tomber : concession qui devint fort onéreuse (1).

1448. Septembre 30. — Les habitants de Romans contribuent pour une somme de 150 florins d'or à la reconstruction de la maison du dauphin dans lo rhàteau de Peyrins, soit les deux cinquièmes de la dépense.

conauU obtinrent, par lettres patentes données à Valence, les 9 mars

et 22 décembre U5i, qu'elle ne pnilerait que sur les denrées consommées p;ir la famillt; desdits époux Maîlit line, devenue veuve, fut même décime de ce droit par le jujie des appels, le iUjuio U5<i. Toutefois, le lui la muiutiui en pussession de cet alTrancliissenient.

Sur les nombreux séjours du dauphin Louis â Romans, voy. son îiim'raire pur M. TaMié Ulysse Chbvalibr, dans la Petite Aetwe Danplnnoise. !HK<i: m part, S p. in-S»

(1) Voy. Notice hist. sur le pont de RomanSf p. lU.

1449. Mars. — Les Etafcs de la province s^assemblent à Romans, eu présence du dauphin.

1460. Janvier — i^ar leUres patentes données à Peyrins, le dauphin accorde aux habitants de liomans la liberté d'élire des consuls et la faculté de s'imposer pour leurs affaires communes Il renouvelle rexemption des péages, des gabelles, du vingtain, etc.

1450. Mai 6, — Jean de Poitiers, archevêque de Vienne (1), en sa qualité de co-seigneur de Romans, confirme les privilèges des habitants.

1450. Sni-enibri' — Le Chapitre, qui n'avait pas jusqu'alors reconnu le dauphin pour suzerain, soumetà Louis (XI) et à ses successeurs tout son t(Mnporei, et s ol)lige à relever entièrement de lui et à lui rendre foi et hommage. Le dauphin s'engage do son côté à lui assurer la jouissance de tous les biens, privilèges et libertés dont il est en possession. Il est dit dans le même acte que les habitants de la ville de Romans ne pourront être tirés en jugement hors de ladite ville pour quelque cause que ce soit, sinon en casd^appel.

1451. Novembre 21. — Des lettres patentes du dauphin, datées de Pont-d'Ain en Bresse, ordonnent que les cent marcs d*argent (5.000 fr.)= donnés par la ville de Romans t la dauphine (2} pour son joyeux avènement, seront répartis sur les privilégiés comme sur les non-privilégiés.

il) Evèque de Valence et de Die, U-ansU i i- a Vienne par le Dauphin^ y fit son entrée le !5 août 1448. Il Ait (l<;|)uuill6 d'une partie de ses

priviléfîea et mourut vers l'»ô'2.

('2) Cliarl iiii . iiii< ilii line de Savoie, quli avait épouBée enl'iôl cofilre la velouté de sua père.

Par transaction arbitrale du 4 janvier 1452, le Chapitre consentit à payer sur cette somme cent florins et cent écus d^or (1 .500 fr.].

1462. Mars 9. — Par lettres données à Valence, le dauphin déclare que les immunités qu'il a accordées à Michel Aymar et à Matheline, sa femme, ne doivent pas s^étendre à Pexemption des t-ailles.

1452. Septembre 12. — Le dauphin emprunte

par billet une somme de cent écus aux habitants de Romans, promettant de leur faire rabattre cette somme hur le premier aide qui leur sera

demandé.

1453. Mni'H. — I.a peste s'étant déclarée à Grenoble, lo parlement vient à Romans.

1453. Juin /'/. — Les habitants protestent contre le banvin du Cliapitre. Ils renouvellent cette protestation le IG juin 1456. Cette contestation est apaisée par les transactions du 30 mars 1463, 12 mars 1513, 17 mars 1608. Elle recommença plus vive que jamais au milieu du XVIII* siècle et n'était pas encore terminée à Tépoque de la révolution.

1456. Mcirs P>0. — Louis de Laval, gouverneur du Dauphiné (1), rend un jugement qui institue le Chapitre dans la possession des eaux du torrent de la Savasse.

1460. — Une ordonnance du châtelain de Peyrins défend aux meuniers d'arrêter le cours des eaux et aux fermiers de Chalaire de les prendre, si ce n'est le samedi à soleil couchant

(1) SriL'nrur tJf riiàtUlon, il fut pourvu fn l' iS \\ <'>t:ûl fils de Jean dp Moiitrurt, stii^^neur de Kerley, et d'.\in)u, li4!:nUère de la maison de i^aval.

Jusqu'au hiruli à soleil lovant, et non au-delà: ce qui fut contiriné par uiio sentence du vi-bailli de Saint-Marccllin, du 26 juillet 1474. Ces dispositions s'observent encore.

1467. Mai 2. — Sur la demande du Chapitre et des habitants, le pape Paul H (1) commet Jean Fautrier, précenteur de l'église de Valence, prévôt de Vaison, doyen juge de Montélimar»

pour examiner les bulles de ses prédécesseurs données en faveur de Téglise de Saint-Barnard et contenant ses privilèges, et, dans le cas où elles lui paraîtraient authentiques, il lui donne pouvoir de confirmer de nouveau ces privilèges en son nom. Le précenteur vient à Romans pour s'acquitter de la commission apostolique. Le Chapitre, accompagné des consuls et des pnncipaux habitants, lui présente quatre bulles : d Eugène II, d'Alexandre III, de Clément IV et do Clément VI : colle de Victor II manquait. Ces bulles étaient la reproduction et la confirniation des privilèges primitil's. En conséquence, le précenteur de Valence, au nom do Paul II, n'hésite pas à les confirmer et à en prescrire le maintien, sous peine d'excommunication.

1470. Juillet 2. — Un règlement de police de la boucherie interdit de mater les animaux, de vendre et d'acheter de la viande ailleurs que dans la boucherie publique. Les bancs et les étaux appartenai(Mit à des particuliers qui les louaient aux bouchers et payaient une redevance au sacristain du Chapitre.

1471. Octobre 13, — Une transaction entre

(i) Pierre Barbo, vénitien, élu pape le 31 aoiit 1404 ; en 1470, il réduisit le jubilé à 25 ans. Il mourut d'apoplexie le 28 juillet 1471.

ANNALES DE LA ViLLb HOMAMS

le Chapitre et la ville règle plusieurs points litigieux relatifs à la valeur du florin, aux abus commis parles esclaffards, à la juridiction civile, aux prêtres habitués, etc.

1478. Mars 12, — Les parties intéressées acceptent les statuts du Chapitre de Saint-Barnard, compilés et rédigés en 189 articles par Lyatard, chanoine et chantre de Vienne, Thomas Têtenoire, juge ecclésiastique de la même ville, Jean de Peyrins, chanoine de Valence, et Pierre Celât, prieur de Tullins. Ces statuts ont été en usage jusqu'à la révolution, c'est-à-dire jusqu'à la suppression du Chapitre; ils n'ont pas été imprimés (1).

1477. Avril îû. — Un arrêt du parlement, considérant que les libertés et franchises des habitants de Romans n'avaient point été gratuitement octroyées, ordonne qu'ils seront exempts de péages et de gabelles pour toutes sortes de marchandises.

1479. Janvier 21. — Les chanoines et les consuls font un accord concernant les appentis, les talapins et les fossés. Ils conviennent de faire un réservoir à frais communs, pour recueillir toutes les eaux de la Garenne et du Tortorel destinées à Pusage du public.

1479. Mai 20. — Le duc de Savoie, Philibert le Chasseur, arrive & Romans où il séjourne jusqu'au 13 juillet. Il va chasser dans le bois de Peyrins. Le seigneur de Sassenage lui envoie un limier et six chiens courants et l'archevêque de Vienne lui fait présent d uu cerf. Ce prince fait

<\) Voy. Stntnls de f'rf;''^'' Suint-Iiaininrd <lo Roman», dans liulletin de la Soc. U'archvoiogie de lu Urùuie, l. XIV, p. 278.

donner aux clergeons de S&int-Barnard un floriu d'or, parce qu'il était entré dans le chœur de cette église avec des éperons : ce qui était défendu par les règlements.

1481. Octobre 2L — Nicolas Gaymard, religieux cordelier» Tend à Aubert Berger la maison en laquelle fut depuis la maison du B,...., près du ▼erger du commandeur de Saint-Paul, sous la pension de huit sols, au profit du couvent des Cordeliers. Le 13 mars 1485, la ville, qui avait acquis ladite maison, uclu^ta ledit cens. EnUn il est dit dans Tacte: Q^iod ip.^i incolœ in endem domo feceruut (loinum jjnistihiilnriant xtm hordellurtif pro sor ricin rcipubUcw ejusdem villse {\). Le 7 mai l 'i87, frère (Taymard vendit à la ville les trois sols <Je cens qu'il s'était réservés, et dix deniers annuels que lui devait Nicolas Gordon sur son jardin qui joignait ladite maison.

La rue, aujourd'hui dite du Chapitre^ a porté dans le cadastre jusqu'en 1 821 , le nom de cette maison (le prostitution, dont la police jadis était confiée à des banniers qui exigaient, au proôt du Chapitre, de ceux qui fréquentaient ces lieux défendus {loei vetiii) une amende de 3 sols 6 deniers le jour et 7 sols pendant la nuit. L^adultère payait 60 sols, à moins qu'il fût prouvé que le délinquant ignorait que la fenmie fût engagée dans les liens

(1) ne même à Orenoble* au XVI* siècle, les filles pnblUriieftrdcIa-

mt^rcnt df la villo imr mnl^rm à loyer. Les <-onsnIs cr. n^nlft-rcnt. ;i ro sujet, le juge commun. Le procureur général du un leponclii (|u'il

était besoin d'avoir une maison commune pour leuir le b commun

(30 octobre 1345). De leur eùtè les gens du rot requèrireot la ?llle de fournir tin lieu et maison propices pour tenir lesflUes Impudiques 05 jauvitir ibiH).

AMIIALBS DB LA VILLS OB BOMàBB

du mariniro (1"*. L\irtide xxvni des privilèges accordés par le dauphin liumhci t II aux habitants de Romans, 27 février 1342, édicté d'une manière très détaillée les peines encourues par ceux qui commettaient des attentats aux mœurs.

Les consuls vendirent cette maison mal famée» le 8 juin 1489» sous une rente qui fut cédée» le 15 juin 1615, à PAumône générale : sans doute en expiation des outrages qu'on y avait fait aux bonnes mœurs.

1481. Novembre 26. — Le torrent de la Savasse avaii ciidoainiao'é des terres aux environs de Romans. Sur le refus du Chapitre, qui cependant s'attril niait la propriété de ces eaux, de contribuer aux iiavaux de défense, les consuls donnèrent à Jean Fortoii le prix fait pour construire une digue en pierre do taille.

1483. Mai. — D'après ( iuy Allard eut lieu à Romans» aux fêtes de la Pentecôte, un tournoi» à l'occasion du mariage d'Antoine de Montchenu avec Louise de Clermont(2),

1484. Décembre 19. — Sur Tordre de Jean Pléard, député par le parlement» le juge Guillaume Paysan réforme les règlements et procédures de la cour séculière» ensemble les taxations et émoluments.

1488. Novcnibrr H. — Le roi Charles VIII ( Si à Romans, où il signe des lettres en faveur des consuls de ( Grenoble.

1489. Drrctnbre 2^. — T^n anèt du parlement adjuge au Chapitre de baiut-Baruard le

(t) HocuiEH, Mémoires sur In ville liomans, p. 122. (2) Zlritni, prince dca OUomans; Grenoble, 1072.

revenu de Tabbaye pondant la vacance de l'archevéché.

1490. Juin 18. — îies consuls de Romans, Girard Mercier (1), .U ah Dorieret Bertrand Hoclias, achètent la moitié de la seigueurie et du patronag'e de la maladrerie de Volcv, de Gaspard de Gottafred 2 , au prix de 30 (^cus d'or (3).

1492. Octobre 6, — Jacques de Miolans, gouverneur du Dauphiné (4), accorde la continuation des tributs durant vingt-huit années, avec le tarif de Timpôt sur les bestiaux, les draps, le fer, le fromage, la mercerie, Tépicerie, les toiles, le chanvre, Thuile, le poisson, le lard et les métaux.

Le 25 avril 1508, le tribut est continué pour vingt-huit années par le comte d'Etampes, gouverneur du Dauphiné ;

Le 3 juillet 1547, pour vingt-huit années par le duc d'Âumale, gouverneur du Dauphiné ;

Le 11 avril 1576, pour vingt-huit années par Henri 111;

Le 28 juin IGUG, pour iieufannées par Heuri IV.

1492. Octobre 16. — Le Chapitre et la ville iont une convention, aux termes de laquelle le ilorin vaudra Ki uros et chaque gros 4 liards, récu d'or, 35 gros ou de 72 au marc; ce qui

(1) Courrier de la cour en 1444, marié à Alaysie de Brou. 11 avait deux sœors qui furent ses héritières : Jeanne, qui fkit mariée à Jean de 01111er, maitre de la monnaie* et IsaJbelle, qui éponsa Humliert

Kl) Sieur du MoUard, d'uue très uacieune et noble famille de Romans.

(3) Voy. notre iVotice ftiat. aur matadrerie de Volet}, p. 46.

(4) Seigneur d^Ânjon, promu au mois de Juin 1482 et le 7 octobre i49t. Il était de la Savoie.

établit : Pécu à 10 fr. 29, le florin à 4 fr. 68 et le gros à 29 cent. i/3.

1493. Avril 2i. — Un arrêt du parlement

oblige Guillaume d'Arzac, juge de Romans, à prêter serment aux libertés de la ville, et suspend la procédure des assises jusqu'à ce qu'il ait rempli cette formalité.

1493. Aortf ?«. — Le Chapitre de Saint-Barnard alhor'jp à (luiilainno lîohert le pré de l'ancien prieur e Saint-liuf, que l'abbé de cet ordre avait vendu audit Chapitre.

1495. Avril '2ît. — Les consuls achètent de Jean Veilheu, chanoine (1), deux sétérées de terres, près de la porte de Saint-Nicolas, au nord du chemin de Saint- Paul et au levant de la ville, au prix de 35 liorins. Les mômes acquièrent ensuite un terrain de Jean Buissonnet, où ils prennent un chemin de quinze pieds de largeur pour aller de la porte de Saint-Nicolas à celle de la Bistour.

1497. Juin 28. — Les consuls sont chargés de faire dresser par Simon de Grange, notaire, et sous la direction de Jean Odoard (2), un inventaire des Ârdiiyes de la mairie; ce document

existe encore.

1499. Mai 6. — Claude Paquellet, chevalier de rAnjueliUse à Lyon, écrit aux chevaliers et autres de même jeu de Romans, pour les inviter h venir concourir aux exercices qui doivent avoir lieu à Lyon, les trois jours de la Pentecôte.

(t) Cuii' 'il' Sailli Nicuiiis en l'. M: chanoitu' do Saint-Barnard en lûWi ; il laissa un iloi in Ue reutt- a la iiialudrcric de Yoloy.

(2) Marchand, laissa au mAme établissement quatre livres d*tittiie anniicMcni. lu. U pu.ssf'daii le lênementde la A/arlmefte, qui lUtTendQ après sa morl, lu Zi uuùl 14d9.

1499. — L'abbaye ou corporation des Sauniers (marchands de sel) applique les deniers qu^elle avait en réserve à la réparation de la maison consulaire.

1606. Janvier 20* — Par acte reçu Jean de St-Martin, notaire, les consuls achètent de Gaspard Milhard (1) un verger près de la porte de la Bistour, au levant de l'hôpital du Colombier (2), pour servir de cimetière aux victimes de la peste. Cette vente fut faite sous le cens d'un sol tournois et pour le prix de 84 florins.

1506. Février 15, — A la suite d'un long procès entrc^ Jean de Solij^nac, sieur de Veaunes, et les con.-?uls de Romans, le parlement rendit un arrêt sur Tordre et la forme que la ville doit observer pour la création et l'établissement des consuls.

1507. — Le Chapitre se retire à Chaiaire, dans la maison du chanoine du Piastre.

1508. Mai i""". — Règlement pour le poids, la qualité et le prix du pain fabriqué par les boulangers.

1508. Mai iô, — Le conseil de la ville décide quHl enverra, à ses frais, un député aux Ëtats de la province afin d -obtenir que Tatelier monétaire de Romans ne soit pas supprimé, « pour ce que » la monoye est ung des membres spéciaux de la » dicte ville, et chose moult honorable et profic- » table pour icelle » (3).

(1) U était, quuliiié de mai'cliaiiU. H légua aux pauvres, en iitbl, une rente de 4 florins. Il avait une flile qui fut désignée pour remplir le

rôlt (le Sapho il l'entrée de la irinc à llonians, en 1533.

Ql) Essais hi>l. stir 1rs hùii\(;nix <h^ RofVnni^. \). H'i.

(3) \oy.L atvUer utomHntrt' iJc Humniiif (IHW), p. lU.

ANNALKS DE I.A VIT-TP HR HOMANS

1509. Mai 27-9. — Les habitants, aidés par le Chapitre et par les autorités, représentent le Mystère des trois Doms ou martyrs Séverin, Exupère et Félicien, durant les trois jours de la Pentocôto, dans la cour du ('(uivont des ( 'ordeliers, à r(3ccasion de la ccssatjuii de la peste, qui avait régné deux ans auparavant. I^a troisième représentation, dont le prix d'entrée avait été réduit à deux sols, réunit jusqu'à 4.947 spectateurs. Les dépenses s'élevèrent h i.737 n'>îins (14.920 fr.) et les recettes à 680 florins 11 sols 9 deniers, et après la vente des débris du théâtre h 731 florins 1 sol 3 deniers, soit un déficit de 998 florins 10 sols 11 deniers, à la charge du Chapitre (1).

1511. Juin 21. — Le roi Louis XII et la reine sa femme, accompagnés des ducs d^Angoulôme, de Lorraine, de Vendôme et de La Trémouille, des cardinaux de Saint-Séverin, de Prie* de Ferrare, et du chancelier de France, venant de Grenoble, arrivent à Romans vers deux heures, descendant l'Isère sur quatre bateaux. Ils sont reçus au pont de la rivière, à l'entrée duquel on avait érigé une porte triomphale surmontée des armes du roi. La réception a lieu sous des dais, an son des instruments de musique et des cloches. Les auîi'u^tes hôtes sont conduits à leurs logements, préparés dans les maisons d'Antoine

(f > Voy. GiRAUD, Composition, mise en seène et représentation du

Mystère des Trois Doms ; Lyon, 1848, gr. in-8», 131 p. et 2 planches. — Pîiul-Emile (iinAi u el riy^isf' Cnpv \f iek. Le Mifsfrrr ri.-s Trois Douts, joué à Homuim en MDIX, publié d'uprèa le manuscrit original, avec ie compte de sa composition, mise en scène et représentalion, et des documeuls relatifs aiux rcprésenlitliouH théâtrales en Dauphini du XIV* au XVh stécie ; Lyon, 1887, in-4« ae cxiviij-d28 p.

Berger, marchand, de Claude Conton, prêtre, et d^Ântoîne Mulet (1). Pendant son séjour, le roi entendit la messe, le samedi, sous un pavillon

près du grand autel, le dimanche une grand'mcsse célébrée solennellement avec chantres, orgues et instruments mélodieux, U lundi dans la cliapelle de Notre-Dame sur le pont et le mardi dans la chapelle du Saint-Esprit. Le même jour, après dîner, le roi et sa suite partirent sur des haï eaux pour se rendre à Valence. Le duc d'Angoulème, malade d^une fièvre tierce, demeura jusqu'au 5 juillet. On fit présent à Louis XII d'une tasse d'argent doré avec dix pièces d'or à ses armes et à celles de la ville. Un pareil cadeau fut donné à la reine, et le dauphin reçut sept ou huit arbalètes, le tout non compris les vins d'honneur, les bougies et les confitures qu'on offrait en semblables circonstances (^).

IBll, Juillet 9. — Mathurin Richard, commissaire du roi, vient à Romans avec Tordre de faire abattre les auvents, poiles, appentis, galeries qui font saillie, et même de faire démolir les bâtiments qui surplombent la voie publique*

1618. Juin iS. — L^assemblée de la ville désigne deux maçons, deux charpentiers et deux bouchers pour veiller à la reconstruction de la grande boucherie.

1512. Juillet 5. — « Vu le temps présent », les quatre portes de la ville (les trois autres ayaut été murées) sunt placées sous la ^arde d'un capitaine. On fait ferrer des piques, fabriquer de la

(1) Consul, nommé président au parlement de Provence. Son' flls»

Tli<^(uiore, fui avocat général en l'AO.

Ci) Muatère dets Trois Doms, p. bl2-4.

ANNAUES DK LA VII»t»B DE ROUANS

poudre et préparer des pierres pour les pierriers : défense est faite aux (étrangers de circuler dans la ville avec des bâtoîis ferrés.

1513. Mars 4. — Jean do Poitiers, lieutenant du ffonverneur (1), autorise rétablissement d'une meulière près de la tour de PAcque de Saint- Nicolas, h la cliùte du Ouevbier, pour tburbir des armes et des barnais de guerre.

1513. Mars 12. — Un traité ordonne que les mesures seront étalonnées et déposées à l'hôtel de ville, et que les meuniers ne pourront prendre qu'une pugnère ou la yingt-quatrième partie du setier pour leur mouture.

1513. Mars, — Une transaction entre les chanoines et les consuls a lieu sur le différend du banvin, les dispenses de mariage, la réparation du vivier, la contribution du don gratuit et des subsides du pays, les mesures du moulînage, etc.

1513. Juillet i", — Jean de Poitiers rend

une ordonnance pour fortifier Romans du côté

de r Isère, le long de la rue Fusterie, et y rétablir les trois ports.

1515. Janvier 1. La Cour du parlement écrit aux consuls do Romans pour leur annoncer la mort du roi (Louis XII) et leur recommander de faire bon guet de jour et de nuit.

1515. .Janvier iO. — Les commis des Etats invitent par lettres les consuls à envoyer, pour le 17 du présent mois, à nr<'iioble « cortains bons » et grands notables pour conclure au plus grand

(1) Pourvu le \" mai ir)l'2, cui»itaine de 500 ^'ciiiilshomme.s de la porte du roi. U avait épousé Jeanne do Raternay, tille d'Tni!>ert, dont il eut la fumeuse Diane. Condamné pour avoir pris le parti du connétable de Bourbon, il reçut des lettres d^abolitlon.

» soulagement de la chose publique et demander » confirmation des privilèges et libertés de la » province à Toccasion du nouveau roi dauphin ».

1515. Août 30, — Les consuls achètent de Jean Chonet, pour le prix de 18 florins, Paqueduc de la font du Giieybier, passant dans le jardin duclit Chonet, près du cimetière de Saint-Nicolas, pour conduire Peau à la meulière de la ville nouvellement construite.

1515. — Romanet Boffin, dit Richard, marchand de Romans fl], fait ériaer un calvaire avec sept piliers en pierre, au lieu dit les Rampeaiix. On pose solennellement la première pierre de Féglise le l"*" mai 1517. Par acte du 2 octobre 1519, le fondateur donne à la ville, qui accepte, l'oratoire du Calvaire, possessions et édifices, s'engageant à employer à leur entretien les aumônes qui seraient données. Le 28 novembre 1548, le couvent fut spolié et incendié. Le lendemain des Rameaux 1562, les calvinistes mirent le feu aux trois croix du Calvaire. Le couvent ayant été restauré, on y établit, le 27 novembre 1612, des religieux Récollets qui Thabitèrent jusqu'en 1791. Donné aux hospices par des chartreux, qui Pavaient acquis le 31 mars de cette année, il fut cédé au diocèse de Valence en 1832. C*est à présent le grand séminaire. Le Calvaire servit de cimetière de 1792 à 1812.

1516. — La ville lait dresser un cadastre. On y réunit et inscrit le territoire assigné par Humbert II, soit environ 5.000 setérées, dont 555 en bois.

(\) (jéjtf^nhriu' 'fe la famille Boffin, suivie dO la BibHofiruphip du Calvaire, dans le liull. de la Soc. d'Archéologie, de la Drome. i. .\V» p. 224.

AKIIAm DB LA ¥ILLB DB BOMAMS

1516. Juillet. — Par données à Lyon, FraïK^ois I*"" confirme les privilèges et libertés des hal)itants de Romans. Il renouvelle cette approbation, le 16 octobre 1527, à SainWust près Lyon.

1517. Mai 5. — La peste qui, à diverses reprises, avait exercé ses ravages à Romans, se montre de nouveau. Les consuls demandent au juge de faire interdire les jeux de paume, de boules « et aultres jeux qui sont d'échauffe- » ment » (1).

1518. Février 16. — Le Conseil de la ville alberge à Pierre Duport et à Catherine de Metz, sa femme, la faculté de trouer le mur de Pancien portail qui est à Pentrée de la rue de Pailheirey, et d*y faire construire un arc de boutique.

1518. Août 26. — Pour implorer la miséricorde de Dieu, il est ordnniié que l'on fera sept processions et que l'on célébrera ensuite une icraïKrmesse des Cinq Plaies : ou y portera cinq flambeaux allumés.

1522. Avril 6. — Le Chapitre tient son assemblée à Peyrins, à cause de la peste; il est de retour le 80.

1522. Décembre 31. ~~ On avait placé les pestiférés dans l'hôpital de Pailherey. Sur la plainte des habitants du quartier de Saint- Nicolas, le Parlement ordonne de choisir un antre local. Les consuls achètent deux tènements de terre et de vigne» sur la rive droite de Tlsère, au mas des Hors. On y construit un hôpital et une chapelle, qui est bénite Tannée suivante avec le cimetière.

(1) Voy. Jîec/ierc/ics aur les pestes de Romam du XIV* au XVII' dièele (Valenee, Ghenevler, 1879)i p. 10.

1516 — im

Cet hôpital, dit des Infects, servit principalement pendant les épidémies de 1584, de 1630 et de 1720 (1).

1523. Juin 2J. — Un arrêt du Parlement déboute Claude Thomé, juge de Romans, de la prétention qu'il avait d'assister aux comptes des consuls.

1683. Juillet 29. — Pour remédier aux fraudes commises par les meuniers, Guillaume de Gouffier, gouverneur de la province (2], permet d'établir un poids public pour les farines, et de percevoir le salaire d'une maille par quartal de blé. Par lettres du 21 février 1524, la régente approuve cet établissement et dit que le clergé ne sera pas obligé d'y faire peser ses farines.

1524. Janvier 23. — Dans une procession revenant de l'église des Cordeliers à celle de Saint- Bariiard, les trois chasses des saints martyrs Séverin, Exupere et I^'élicien, port^ées par quatre jeunes gens laïques, bourgeois ou marchands de Romans, tombèrent dans la rue de la Saunerie et se brisèrent. Les reliques ou os, presque en poussière, se répandirent sur la terre. Cet accident fut attribué, non à la méchanceté, mais à la faiblesse des porteurs , trop jeunes pour ce fardeau. Les reliques furent précieusement recueillies et rétablies derrière le grand autel, près du vestiaire, du côté de l'Isère, où elles étaient auparavant.

(1) Ibidem, p. 11.

(2) Seigneur de Bonntvet, amiral de France, succéda à son fils Arlus, le 27 septembre IMU. Il était fils d*£meric et de Madeleine de

Lu Faycttp, (illf de OlDjert. pr<^r(^rlont p)tiv'^rfif»nr. TI fnf :inssi mn\verneur du Lanî^uedoc, cliambeliun de Uliurleâ VIII et sënùcliul de Sainlonge. Tué devant Pavle le 24 février 1524.

1584. Juin 26: — Une montre ou revue des gentilshommes du Graisivaudan est passée à Romans par le vicomte de Clermont.

16S6. Février 7. — Par un traité intervenu entre les consuls et les propriétaires des usines, au nombre de sept, le salaire des meuniers est fixé à six et sept livres par setier, cV»st-à-dire à la ving-t-quatrième do la Saint-Michel à IVVnnonciation, et à la vingt-deuxième de rAnnonciatioa à la Saint-Michel.

1526. J'duvler 2.>. — Une assemblée, réunie dans le couvent des ("ordeliors ot composée de 779 chefs de famille, vote la conservation du poids des larines, à la pluralité des suffrages . On commença, le 4 avril de cette année, la construction do la maison où fut placé le poids.

16d6. Décembre 22, — Un arrêt du parlement permet aux consuls de Romans de visiter et de marquer les draps fabriqués dans la ville et de percevoir quatre deniers pour chaque pièce de drap.

1538. Novembre 20, — Sur Fannonce de la venue prochaîne à Romans du roi de France, François (1), des princes et d^une suite nombreuse, le conseil de la ville s'occupe sans retard

d'arrêter le programme du cérémonial qu'on devra observer et dos fêtes qu'on devra donner pour recevoir dignement ces hôtes illustres.

L'exôcution de ces dispositions est confiée à plus ieurs commissaires : le juge Thomé (2) et le

(t> Il revenait de MaroeiUe. où it avait été conclure le mariage de

son nis aîn<^ avoo Cathormc rlr^ Médicis, nlin-o rlii papp Clément Vll.

{'î\ (îlaude, llls de Homain, docieur ès-lois, royal (le Romans en 1509. n eut ordre de François l", le 17 avril 1530. de poursuivre le» Calvinistes qui s'assemblaient dans les environs de Romans. II

médecin Roux sont chargés de haran^er le roi et le daupliin, et M® Adam, récent des écoles, de composer les inscriptions, devises et scènes en vers.

Le programme fut exécuté de point en point, à Texception de ce qui concernait la reine et le chancelier Duprat, qui se rendirent de Valence à Tain, sans passer par Romans.

Les rues furent sablées, couvertes de tentes et de guirlandes, les maisons tapissées ; à rentrée de chaque place il y avait des arcs de triomphe en verdure ; sur la grande place, des estrades et un château. L'artillerie tirait, les cloches sonnaient en sigiiL de réjouissance. On fît faire trois bâtons couverts de velours pour présenter les clefs de la vill(* au roi, et des dais pour conduire les princes à leur logement, chez M. îe doyen.

Le dauphin entra en ville le jeudi 90 novembre, à dix heures du matin. A son arrivée à la porte du pont, il y eut une représentation composée d'un personnage (Apollon) tenant une sphère et pronostiquant au prince qu'il commanderait aux trois parties du monde, lesquelles étaient représentées par des dames de la ville, savoir : ÏAaie, par la femme de Jacques Conton, accoutrée à la turquoise; V Afrique, ^B.r Jehanne Paterne, accoutrée à Tespagnole ; et VEurope^ par rAnglancière, habillée à la française. Gha-

vendit sa charge à Antoine Ouèrin et devint conseiller su parlement

de Chamb«^ry. n ftil marié, par contrat du 18 septembre 1513, avec Louise Cbustain;;. fille de (lirard, s. iujneur de la Si/pr;mfip. et d'Knnemonde BeruiuDd. Il lesta, en Ijô'i, en faveur des iiùpitaux de sa ville natale et de BarDe Thomé, sa fillf", qui fut la femme de Joseph de Ventes, sieur de la maison forte de MontpensanL

ANHALBS DE LA VILLS DE ROMANS

cune, après une révérence, débita au dauphin le serment suivant.

Asie.

Tant que le monde ci après dartfa A lui, sans autre, l'Asie obéira.

Europe.

Si fera bien aussi semblablement Toute i'fiurope perpétue llomeot.

Al'RIQl'E.

L'Afrique aussi humblement lui présente

Tous corps et biens, comme pauvre servante (1).

Il y avait eu ane autre représentation, celle d^une tour dans laquelle étaient des enfants habillés en maures et d'autres enfants placés en dehors qui donnaient Tassaut à ladite tour. Enfin une troisième série se composait de trois fées, nommées Menthe, Eglée et Ocyroë, représentées par les femmes de François Merlin, d'Antoine Bernard et de Nicolas Cloet, qui étaient habillées en bergères avec des chapeaux de pervenche et tenaient en main: la première, une branche de laurier, la deuxième, une palme, et la troisième, un rameau d'olivier.

Pour rentrée du roi, qui eut lieu le même juur, à quatre heures du soir, on voyait Romus, représenté par Jacques Merlin, et Romans, pai- la Monier, fille de Syuionet. La deuxième scène se composait de quatre personnages : Eglise (Jean Pheiippote), noblesse (Jean Oontier), rnnrchandise (Claude Deleusse) et labeur (Barthélémy Hastier).

(Il Le prince, il qui s'adrnssnipnt de si beaux pronostics ctcompiimtinl^, u^uurul le 10 auùi 153^, à Tournon, à Page de dix-neuf aaa.

Le roi et les princes partirent le surlendemain, 22, pour « courre la sauivagine » dans les bois de Peyrins ; ils dînèrent à Montmiraîl et couchèrent à Saint-Ântoine.

A Foccasion de ce séjour du roi de France à Romans, les habitants firent frapper une grande médaille en argent en Tlionneur de François V et du dauphin (1).

1533. Novci fibre 23. — La duchesse d'Urbin, femme du duc d'Orléans, avec deux filles du roi et d'autres dames de la cour, arrivent à Romans, d'où elles repartent le lendemain pour aller r(^join(lre le roi. Elles étaient accompagnées du cardinal de Tournon et de M. de Grignan, chevalier d'honneur de ces dames.

1533. Novembre 28. — Le gouverneur du Dauphiné, François de Bourbon (2), vient à Romans pour y présider les Ëtats de la province. A son arrivée, il est complimenté, à la porte de Jacquemart, par une jeune fille (Claude Gastellet) qui sortait d'une rose. A la place de la Fontaine-Couverte, on voyait un homme (François Delacour, représentant le Daupkiné^ et une jeune fille (Louise Mahé) faisant le personnage de Liesse, qui dirent des « dictons ». Aux coins des rues parcourues par le cortège, on avait placé de grands écussons aux armes des comtes de Saint- Pol.

La ville fit présent au gouverneur de six pièces

(1) Voy. GiRAUD, Entrée de François I"à Romans en M.D»XXXIII; Vah^nre. Chenevier < i Cli;i\f t. !>^7.1, in-8» ; et G. Vallier, ^f- ^faif/i s historiques frappées en Uuuphmé (Bull. Ue la Soc. d'arcbéol. de la Drône, t. VIII, p. '257).

(2 ) Comte de Saint-Paul, pourvu le 7 mal 1529, aiarlé & Loulae de Savoie.

de vin Liane et claret, de ilacoDS d'hypocras, de six boîtes do dragées, chacune pesant deux livres, de douze torches de cire et de sept pièces d'or dans un filet d^argent, chacune de la valeur de 46 francs 75 c.

Aux Etats généraux se trouvèrent : Tévêque de Grenoble, plusieurs seigneurs et barons du Dauphîné, le président et quatre conseillers du parlement. Ces Etats durèrent quatre jours et prirent fin le 2 décembre.

1534. Juillet 18. — En vertu des lettres patentes données par l 'raneois l", à Saint-Germain-en-Layo, le cardinal Leveneur, ^rand aumônier du roi (1), informé des abus et malversations commis dans les hôpitaux de Romans, donne pouvoir spécial an vi-hailii de Saint-Marcelliu et aux deux prenners consuls de vérifier les titres de fondation desdits h(jpitaux, de s'assurer si les statuts sont suivis, d'examiner les comptes depuis dix ans, de iaire renouveler les inventaires. Les commissaires accompagnés du juge firent la visite des hôpitaux (2).

1538. Décembre 17, — François I", se trouvant à Romans (3), confirme Tarrêt du Conseil d'état entre cette ville et celle de Saint-Marcellin concernant le bailliage du Viennois.

1640. Janvier 23. — Une transaction est passée au château de Saînt-Paul-lès-Romans

(1) Tous lea hôpitaux du royaume relevaient en dernier rc-^vort du grand aumônier du rt)i, François Leveueur, évèque deLisieux, cardinal en 1533, mort en 1543.

(2) Voy. Essais hist. sur tes hôpitaux de Romans, p. 4S.

(3) M. Gustave Vallier a décrit, dans Ir» T^nfl dr ^^ Sor. d'Archéologie <U; la Drônie (t. VIII, p. 2li7), une médaille de ce même roi frappée a Romans et qui porte le millésime de 1537.

entre Pierre Palmier, archevêque de Vienne (1) et plusieurs habitants de Romans, terminant le différend survenu entre le Chapitre, les consuls et Tarchevêque pour sa juridiction dans la ville.

Il y est dit qu'à Tavenir le prélat jouira, à son passasre, des droits attribués par la constitution du papo Clément IV faite au concile de Vienne, dans les lieux exempts de son diocèse, sauf pour la première entrée, qu'il aura dans le eliu ui- la stalle la plus élevée et voix artive et passive, qu'il donnera la dispense des haiis, (pie les chanoines, les prêtres hal)itués, et leurs ollieiers et serviteurs seront exempts de sa juridiction.

1541. Mai 19. — Les habitants de Romans, divisés en deux partis au sujet du consulat, en viennent aux mains. Le parlement est obligé d'interposer son autorité pour faire cesser ces désordres. Il envoie M. Mulet, conseiller, en qualité de commissaire. Le 14 août, il compose le conseil municipal de quatre consuls et de quarante notables. Il défend à tous autres de s'immiscer dans Fadministration et, pour écarter les perturbateurs étrangers, il permet de fermer les portes de la ville lors de Télection des consuls : précaution qu'on a conservée jusqu'à la révolu» tion de 1789.

1542. Janvier 19. — Le Chapitre hommage à i.t Chambre des comptes, et déclare vouloir tenir du dauphin la directe seigneurie du château et mandement de Pisançon.

(f) Pierre IV, doyen du chapitre, fit son entrée le 28 octobre 1528; il montra ilii zèle puur le rétablissenient de la discipline, Textlnction (le rii^Tr>«:ir tt Timpression des livres liturgiques; il mourut le

2 décembre ibw.

1542. Juin 23. — Les consuls, à bout de ressources, s^adressent au Chapitre, lui demandant pour le soulagement des pauvres le quart de ses revenus ecclésiastiques. Âprës de longues plaidoiries, le parlement ordonne que les chanoines feront aparoir des charges ordinaires de leur église et que, par provision, ils fourniront tous les ans aux pauvres la somme de cent livres, h la distribution de laquelle somme les consuls seront appelés.

1542. Juillet 5. — Un arrêt du parlement réo'lemente la tenue des assemblées consulaires et générales de la ville de liomans et nonune M. Kuneiiioiid Mulet de Saint-Marcel, conseiller, pour i'aiie exécuter cet arrêt (1).

1542. Novembre 9. — Afin de faire cesser tous procès, les consuls achètent de François du Puy (2) le poids des marchands au prix de :

1" 2(J0 écus d'or, 2" une pension de 8 écus envers Nicolas Mistral, chanoine de Valence, 3" une autre pension de 10 écus au profit du recteur de la chapelle de Sainte-Catherine de Moras.

1642. — Les nouvelles doctrines religieuses venues d'Allemagne, adoptées à Genève, prôchées par Calvin, communiquées en secret dans nos contrées, commencent à se manifester au dehors par le mépris des choses saintes. La population s'émeut de ces scandales et force Tautorité à les réprimer (3).

(1) Voy. noft Institutions municipates tte la ville de Romans, 1873, p. 13.

De Por/io. On InMivr ci'ftc famillo pfis<i'ssi(iTiTr("'(' à Pfvrins cU'S le XT" siècle. £ite avait iic<juis du Cbupitro le munupule du poids des marcUands.

(3) Voy. nos Anna/es de la ville de Romane pendant les guerree de religion tie i5U9 à 1599 ; Valence, Clienevier, iVJb,

1543. Avril — Le duc (rEstouteville, gouverneur du T)au|)hirj(^. (i), mande au jupre de Romans de mettre à exécution les privilèges de cette ville en ce qui regarde l'exaction des personnes et de ne point donner des lettres de pareatis.

1546. Juin 7. — Une sentence arbitrale règle, après de longs débats, l'administration de l'hôpital de 8ainte-Foy. Ëlle se composera à Tavenir d^un recteur, de deux commis nommés par le Chapitre, de deux notables députés par la ville et d^un procureur des pauvres élu par le conseil. Cette organisation s'est maintenue jusqu'en 1792(2).

1547. Avril 13. — Les consuls de Romans

donnent procuration à deux avocats de soutenir

devant le vicaire général de Valence un monitoire contre les chenilles, verpillières, rats et autres animaux nuisibles, et de demander contre ces bétes des lettres de malédictions, en leur ulirant , pour s'y retirer, un champ de 30 setérées, près du Ciiasse (8\

1547. Ociobre i.O. — Les consuls Hernardin Guigou, Antoine Houru'uiiinon, Augusliu Lorette et Jean Mauèure, en présence du juge royiU et du procureur du roi, vendent aux enchèr* s Tancien hôpital du Colombier, situé à la Villeneuve, alors en ruines. Hector Fromel dit Ranez, drapier, demeure acquéreur moyennant 34 Horins

(!) François, comte de Suinl-l'aul, originaire de Noruiandie, fut nommé en 1537.

(2) Voy. £««at« hiat. sur les hôpitaux de RomanSy p. 50.

(3) Voy. GiRArn. PnKU-diirf r-ou/iv les clwidUi-s rl untrcs tninnnnx i\uisihleH, dans le UuU. de la £>oc. U'Archéoi. tk- la Drome, l. 1", p. 100.

ANNALES DE LA VILLB bE ROMANS

de pension, laquelle fut cédée, le 19 mal 1577, à PÂumône générale (1).

1649. Août 20, — Sur l'avis donné par les

Pères Cordeliers et par les consuls Gaspard Coste, François-Ravinond Merlin, Jean Thomé et Jean Besson, que riiérésie se «rlissait parmi les habitants de Ruiuans, le parlement commet Jean Bai onnat, conseiller, pour informer contre les nouveaux contemptenrs di la foi catholique qui pourraient se trouver daub les villes de Romans et de Moiitélimar.

1549. Décembre 3. — Lorsque le conseiller Baronnat vint à Romans, la femme Coloml)ier, qui lui avait été dénoncée, se réfugia à Gencye, d'où elle écrivit plusieurs lettres contenant des propositions hérétiques Le parlement la condamna à être brûlée vive sur la place publique de Romans, un jour de marché. L'exécution eut lieu en effigie.

1549. Décembre 6. — En vertu de sa commission, le conseiller Baronnat fait prendre au corps Antoine Tavernal et Jeanne Malhète, mariés. Des consuls et des habitants de la ville se joignent au procureur général et se portent partie civile contre les inculpés. On avait trouvé dans leur maison d'habitation le Catéchisme de Genève^ par Calvin, et le livre dit {a Forme des prières ecclésiastiques avec la manière d'administrer les sna^ements, etc., livres réprouvés comme renfermant des maximes hérétiques. Eu conséquence, la cour a condamné Jeanne Malhète

(I) I/cmphu cnieiit tic cel liopital av;nl<''U^ pivlé à la ville, au XIV* siècle. i)ar le recteur de riiùpiul de Sainte-Fuy, pour y placer des piiâUi'érés.

à suivre, pieds nus vi lonant une torrho ardente du poids de trois livres, la procession déjà ordonnée par un arrêt précédent contre l^oyse Arnaude, dite Gavanotte. Cette procession part de l'église de Saint-Barnai'd (^t se rend an Mont-Calvaire. Jeanne Malhète doit assister à la messe qui là se dira et à l'amende honorable de la dite Gavanette, et mettre ensuite le feu à un fagot de bois sur lequel seront brûlés lesdits livres, disant qu'elle demande pardon au roi et justice, et lui a défendu ladite cour de dorénavant tenir semblables livres et autres réprouvés, et d'enseigner, aucunes filles, sous peine de la hart.

Par le même arrêt, ledit Tavernal est condamné & la même peine, à dix livres d'amende et aux frais, ainsi que Jean Convers dit Chanat, meunier, pour <c avoir follement, témérairement et indiscrètement parlé des images faictes pour la représentation des saincts et sainctes du paradis.»

1550. Février 20. — Le prédicateur de la ville déclare à l'assemblée inunici])ale qu'il se tient beaucoup de discours contre la foi. Il appelle sur ce dano'er toute la viplance de l'autorité.

1551. Octobi-e P\ — Quelques ecclésiastiques s'étant fait payer des salaires extraordinaires pour l'administration des sacrements, la ville est dans Tobligation d'avoir recours au prouverneur, au roi même et à son conseil pour réprimer cet abus.

1551. Décembre i5. — Le prédicateur de la ville est accusé d'avoir avancé en chaire quelques propositions qui étaient contrôla foi. On se saisit de sa personne et il est mis entre les mains du vi-baillide Saint-Marcellin, pour en informer.

1666. Mai 23* — Une assemblée générale

tenue à TRôtel-de- Ville aprouve la commutation de Taumône annuelle en une aumône de chaque dimanche, en respectant celle de Perrot de Verdun. On réunit à cette œuvre charitable la doime de Saint-Homain, le revenu de riiûpital de PaillKTey, celui de Tabbaye de Bongouvert et des confréries. L'aumône ainsi arrêtée conimeiica le dimanche suivant dans la chapelle de riiôpital

1555. Orlnbvc. — L'archevècjiic de Vienne, Pieiiv Palmier, assemble le Chapitre et lui demande si (juelques-uns de ses sujots, dans la ville de Romans, sont enclins aux idées de l'hérésie nouvelle. Les chanoines répondent qu'ils n'en savent rien, mais que les curés, qui administrent les sacrements aux habitants, pourront lui donner les î '^nsoii^Tioments dont il a besoin.

1556. Mars 11. — Le baron de Clermont, lieutenant du Dauphiné (2), vient à Romans. La ville lui offre, suivant un antique usage, un tonneau de vin claret et un tonneau de Tin blanc.

1566. Mars 2k, — La ville fait don au roi de 40 quintaux de salpêtre.

1556. Am^il 12, — Par un édit de mars 1554.

Henri II avait supprimé la monnaie de Romans.

Des commissaires viennent dans cette ville et v procèdent à la clôture de l'hôtel des monnaies, en présence du juge royal et des consuls, de Soffrey Clot, garde, Jean Chabert, essayeur, et

(1) V(>> . EasaU hist. sur les hôpitaxtx de Romana, p. 220. {2) Antoine, grand maître des eaux et forêts, pourvu le 10 février i r^f 'i ; il rut aussi gouverneur de la Savoie. Marié à Frsmçoise de

Puitiers.

François Delacour, prcWôt. Ils ordonnent aux consuls de l'aiic l)iiser les instruments servant fi la fabrication et de veiller à. ce qu'il ne se fabrique plus à liomaas, ni pièces d'or ni pièces d'argent ni de billion.

1556. Octobre 8. — Les religieux de la Grande-Chartreuse offrent aux consuls de Romans de leur prêter une somme de 2,000 écus, à raison d'une rente à 5 pour cent.

1558. Avinl 23. — Les commissaires du roi vendent à Humbert Bertrand, seigneur de Vatilieu, les 46 ducats et 1/2 de la pension due au roi pour les libertés de la ville de Romans.

1558. Octobre. — On avait fait plainte à M. de Thiers, grand vicaire de Parchevêque de Vienne, de ce que deux habitants de Romans, s'étant trouvés à Beau repaire, avaient tenu des discours contre la foi. Le grand vicaire prie les autorités de la ville d'engajrer ces habitants et autres à s'abstenir de senil)lal)les discours. Les inculpés ayant été appelés au conseil, dirent n'avoir point tenu les propos qu'on leur reprochait.

1559. Mars 25. — Le juire de Romans, Charles Veilheu (1), fait connaître à rassemblée que « certains séducteurs et doumatisants parcourent la ville avec des arquebuses, pistolets et longs bois ». Il a fait, en conséquence, interdire le port d'armes.

(1) Charles Veilheu, juge ordinaire à la part du Chapitre, d'une famille originaire de Glérieu, anoblie en 1546 en la personne de Claude Veilheu, lieutenant au hailli:i;;o do Saint-Mnrcellin. ensuite

consoiUor an parlement. U fut oinprisonrh' li fs mars ir".'». ;i {miiso du retard de la ville dans le paienienldcâ tailles, dont il était rcspun- Bable.

1669. Avril 22» — Le parlement écrit aux consuls pour leur annoncer la conclusion de la paix (de Cateau-Cambrésis). Il les invite à célébrer cette heureuse nouvelle par une procession

générale et un feu de joie.

1560. Mars 16. — Les consuls, « voyant les proo^rùs, les insolences et les dcborilemcnts hérétitjiit's », envoient un député au parlement de Gr(Miûble pour donner avis de séditions qui troublent la ville, et afin qu'il lui plaise d'y mettre ordre par son autorité.

1560. A/a?vs 25. — Suivant Fusage, on élit ce jour-là les nouveaux consuls. Le choix se porte sur Jean de Solignac, sieur de Voaunes fl , Jean Berg-or, Augustin Lorette et François Varlet. A la fin de la séance, le juge Veillieu, qui présidait, remontre « qu'on ne pouvait pas ignorer le trouble qui estoit dans la ville, provenant de certains séditieux qui se bandoient contre l'autorité du roi et de sa justice, faisant la nuit des assemblées pour faire prescher une nouvelle doctrine, contre les défenses du roi et du parlement publiées à son de trompe, sous peine de punition corporelle et de confiscation des biens : partant « requiert et somme les membres de « rassemblée de se déclarer et de dire s'ils

(1) Jean de Fay rie Snlit'nac, sieur de Veaun^>. (^myor, descendait d une ancienne famille du Vivarais (jui se fixa dans les environs de Romans au XIV' siècle. Il Ait plusieurs fois consul, en septembre 1572 gouverneur de Romans, et député aux Etats de la province el nîiprrî^ drs gouverneurs pour les nfTaires de la ville. Il (itait très zélé catholique, et se plaignit aux autorités des violences exercées par les prolestants. II eut, de Françoise Payn ti'ois enfants, savoir : 1* Antoine, qui sera mentionné ; 2* Justine, qui épousa Antoine-Pierre d*Â!pignac ; et 3* Jean, sieur de Gbarmes et de Veauoes.

155» — tS60

« entendent demeurer bons et loyaux serviteurs « du roi et obéir à justice, prestant main forte « pour punir les rebelles et contrevenants. »

Ce discours et cette sommation ouïs, toute rassemblée répondit d'un commun accord que, pour l'honneur de Dieu et le service du prince, ils étaient prêts à exposer leurs personnes et leurs biens : en foi de quoi tous lèvent la main.

1560. Avril — L'assemblée de la ville, Instruite que « des étrangers rebelles et sédi- <c tieux se jactaient de vouloir saisir des églises « de la ville pour y faire prescher publiquement « leurs ministres, qu'ils ont fait venir de Genève, « et davantage de mettre des forces dans la 4c ville par eau et par terre, pour les favoriser « et les faire forts ; » il est décidé qu'on parlera aux principaux auteurs de la sédition pour les engauer à se retirer ; que cependant on attachera tous les bateaux, à moitié pleins d t ui, le long du quai de Saint- Barnard, et qu'on dcpèchera vers le gouverneur et le parlement pour ol)tenir aide et conseil, ainsi que 1 autorisation de por ter' des armes.

1Ô60. Ai'vil il. — Le comte de Olermont envoie le baron de Vinay à Romans « pour commander et liouver-ner la, ville durant les troubles qui se font aujourd'hui sous prétexte de la religion. » Dès son arrivée, M. de Vinay met des gardes aux portes de la ville, pose des sentinelles dans les tours et s assure de sa compagnie de soldats pour, en icas d'émeute, arrêter l,es rebelles. Suivant la demande du gouverneur, la ville accorde à son commandant et à sa suite le logement, les vivres et les ustensiles.

1560. Avril il, — François de Saint-Paul,

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venu d6 Montélimar, proche le premier dans Romans les nouvelles doctrines. Il est appuyé par Michel et Jacques de Pay de Changy,et par la noblesse des environs.

Il se loge au couvent des Oordeliers, dont il occupe la chaire « avec des applaudissements presque universels. » Les Calvinistes se rendent aussi maîtres de l'église de Saint-Romain. Us y ârent depuis Texercice de leur religion, et ils s^assemblaient publiquement et armés.

1560. Avril 18, — Dans une asscmljléo tenue en présence de M. de Vinay, de M. de Fabri, conseiller au parlement, et de M. Garagnol, juge royal (1), M. de Vinay dit qu'il s'est efforcé de tout son pouvoir de faire cesser le trouble (\\\\ est aujounrhui dans la ville Des réunions noctui iies avec port d'armes ont eu lieu ,mal,uré les défenses du roi. Les séditieux n'ont pas voulu se retirer, quelques prières et remontrances qu'il leur ait faites; tellement que, pour sadécharge,il est d'avis d'envoyer un gentilhomme au comte de Clermont et au parlement pour demander aide et conseil. L'assemblée désigne M. de Solignac de Veaunes, premier consul, pour se transporter à Grenoble avec le gentilhomme que choisira M. le baron de Vinay.

1680. Axyril 20, — Le roi, étant averti de ce qui se passait à Romans, envoie aux consuls une lettre dans laquelle il fait entendre à son

(1) Antoine de Garagnol, licencié en droit, juge royal de Roman en 1546. Ayant 6té guéri iniracuieui>ement, il lil recunslruire à ses frais, en 1583, le sépulcre du Galiraire, qui avait été rainé par les Calvinistes. II laissa: !• Antoine, qui futbaillide Saint-Marcellin et anobli en 1605 2» ; FrHnçr)ise,qui fut la femme d^ÂntolneGuérin; 3* Sébas- Uenne, mariée à Alexandre de Valernod.

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