I5fil
peuple le déplaisir qu'il a de voir qu'il a fait
des entreprises et élevé des armes contre lui et sa maison, sous prétexte de religion, déclarant que, pour faire cesser la iN'lx'llioii qui se [)rL'sente aujourd'hui contre sa majesté, il v(Mit qu'on coure sus aux séditieux comme ennemis de TEtatet perturbateurs du repos pul)lic. L'assemblée décide que, pour obéir au roi, on empruntera telle somme nrc<\ssaire pour couvrir les dépenses, et qu on priera M. de Thiers, qui a prêché le carême, de continuer ses exhortations « grandement nécessaires paur calmer les
es[)r-ifs. »
1561. Avril 25. — Trois batelées des plus séditieux descendent à Valence pour rejoindre le baron des Adrets.
1561. Avril 30, — Les consuls rappellent les grandes dépenses que nécessite la fourniture des vivres pour M. le baron de Vinay, sa nombreuse suite et les garnisons qu'il a mises aux portes et dans les tours de la ville. Ils ajoutent quMls ont reçu des commis du pays avis que M. de Clermont demande la somme de 4,000 livres pour mettre sur pied sa compau'uic.
Sur les réclamations d(»s consuls, M. de la Motte-Gondrin, qui résidait à Valence, les décharo'ea des deux tiers de la compagiiie de M. de ( 'lormont, et leur enjoignitde tenir la main à ce que les séditieux ne fissent aucune assemblée ni proche, et que, s'ils désobéissaient, on les punit a en les jetant à Teau. »
1561. Juin 1". — Une commission du parle* ment, composée de M. Truchon, premier président, et des conseillers î.aurent Rabot, Jean du Vacbe, Fabri, André Ponat, Aimar Rivail,
Dugua, Laubépine et Rosiaîng, fut envoyée pour faire le procès à des séditieux arrêtés à Valence et à Montélimar. Après avoir prononcé plusieurs condamnations capitales dans la première de ces villes, les commissaires se rendent à Romans, où ils font arrêter une soixantaine de personnes qui avaient facilité rentrée de la ville par des échelles à ceux qui venaient au prêche. Ils condamnèrent les ministres Soulas et Lancelot à êtr e décapités comme chefs de la sédition ; Mar(jiiet , blanchier, et le châtelain de Soyons à être jjeiidus,aiiisi que Robert, qui avait logé le ministre, et Mathieu Rehours, pour avoir prardé le temple avec des armes, Un portefaix nommé Chevillon tut fustig'é et envoyé aux galères. Les autrc^s lurent mis en liberté, après avoir passé quelques jours en prison
1561. Août Si. — Le juge Veilheu, voyant la négligence des consuls, les somme de iaire exécuter les règlements. Alors on commit Bernardin Guigou (1) et Antoine Gontier (2), capitaines de la ville, pour y tenir la main \ et, comme les soldats de la compagnie de M. de Vinay manquaient dVmes» la ville leur fournit treniné |)iques. Elle avança aussi de Pargent pour leur paye et fit réparer les tours et les murailles.
1661. Octobre. — On s'aperçut qu'il se glis-
(1) D'une très ancienne finnitle de Romane, qui a fourni ia brandie
de Chapolay, dont plusieurs membres ont été auditeurs des comptes et tr(^soriers de Franr<», Pcmardin Guigou, marchand, deux fois consul, n'eut qu'une ij lie, qui épousa, le 22 mars lo»y, Jean Collet d*Angleforl« avocat.
(2) Antoine Gontier, consul et capitaine de la ville, était un riche marchand qui, snm f^nfant de Félise de Potcrlaf , laissa, partestamCOt du 4 janvier 15()4, tous ses biens à TAumône générale.
sait insensiblement des étrangers dans la ville, sous prétexte de passage. Ce danger obligea de renouyeler les gardes des portes et de sommer les hôteliers de iaire rapport de la quantité et de la qualité des personnes qu'ils- logeaient.Néanmoins toutes ce.s précautions ne contenaient point les rebelles : quand ils ne pouvaient pas s^assembler dans la ville, ils le faisaient dehors.
La Motte-Gondrin, ayant eu avis que les Huguenots se réunissaient à Romans, avec la toI(''raii('.e des autorités, passe Tlsère à Chàteauneuf, avec une compagnie de gens à cheval, et se rend au Mont-Calvaire. Il fait appeler Antoine Ouérin, lieutenant du juge royal (1), qui lui apprend que les hérétiqu«'S sont au prêche. Ce seigni'ur se fait conduire à la maison où se tient rassemblée, dans le dessein d'y mettre le feu ; mais, avertis, les disciples de Calvin s'évadent par une porte secrète. La maison fut ruinée et La Motte-Gondrin retourna h Valence
La chambre des vacations du parlement écrit aux consuls d'empêcher les assemblées, à peine de leur propre vie. Ils représentèrent que, n'ayant pas la permission de porter les armes, on voulut bien leur prescrire la conduite qulls avaient à tenir.
1661. Novembre ÎL — La Motte-Gondrin vient à Romans, où il est reçu avec tous les honneurs dus à son rang de lieutenant-général
(1) Antoine Ciiif^Tin. linrtonr ^s-îots. lii iKpnnnr «mi liijudicalure en jUKC royal en l.)ti2, en rempliu-ement d'Antoine Garagnol, son beau-pêre, fut anobli par Henri III en octobre 1581. Il laissa trois enfants : !• Henri-Antotoe, qut loi succéda ; 2* Laurence, religieuse a Monllleury : > .Iii«.îin.\ qui fut mariée à Pierif Hocliarrl (!rrfr faioille devloi plus tai'd c61cbrc sous le oom de Guérin de Tcocio.
de la province (1). Il séjourne dans cette ville jusqu^au mois de janvier.
1668. Janvier 2i. — Le F. Antoine Tasche, gardien du couvent des Cordeliers, écrit aux consuls pour les avertir quil a été menacé par « certains séditieux, turbulents, gens de bas état et inlàme condition,» que, cette nuit, ils s'empareraient du couvent, que l uii mettrait debors lui et les frères religieux ; qu'ils avaient frappé un nommé Jean, frère lai, et troublé les offices en venant dans Téglise battre du tambourin. Il requiert MM. les consuls de leur vouloir envoyer (les pMis pour les g'anler, et foui'iiir des armes pour résister aux fMitrejjrises dont ils étaient menacés, et de tenir en sûreté leurs meubles et joyaux.
Le conseil conclut que le sieur Servonnet, consul ^2), se retirera par devers le gardien et lui fera réponse qu'il prendra volontiers, comme consul, les meubles et joyaux et lui en baillera acquit pour en après être remis céans. Quant à lui fournir des armes, que par les édits le port des armes est prohibé à toutes manières de gens, n'empêchant que pour sa sûreté ledit gardien ne se fasse fort de tels personnages qu'il voudra élire et choisir.
1562. JaLTivier 23, — La hardiesse des rebelles en vint au point d'aller assaillir le lieutenant général au logement qu*il occupait dans la maison habitée par M. de Vinay, gouverneur
(1) Hector de Pardaillan, seigneur de Oondrin, pourvu en 1361. Il était lils dUIector de PardalUan et de Paule d*£spagne, dame de
Montespun.
(2) Pierre Servonucl, murcliuud, luui'ié ù Elisaijctii du Soleil.
de la yilie. Voici le récit d'un contemporain (1).
« M. de La Motte-Gondrin fit appeler un jour quelques-uns de ceux qu'on soupçonnoit avoir du pouvoir sur le peuple pour Tameuter. Aussitôt le bruit courut dans la ville qu'on avait de mauvais desseins contre eux. En peu de temps il s'assemble, autour de la maison de M. de La Motte-Gondi iu, rinq à six cents huguenots, faisant un grand tumulte. Ce seigneur sortit et demanda ce qu'ils désiraient. Quelqu'un de la troupe commença à tirer des j)ierros contre lui et ses u'cns ( 'es piemiri'es pierres turent suivies d'une infinité d'autres, qui blessèrent quelques gentilshommes de la suite de M. de Gondrin.
Lui-même lut rudement frappé Il s'ôte
promptement de l'émotion et se resserre quelques temps dans son logis, et puis, le môme jour, monte à cheval avec ses gens et s'en retourne à Valence. »
Le corps de la ville, immédiate ment assemblé, déclare qu'il est « grandement déplaisant et marri des troubles, scandale et désordre advenus dans la ville. » Il requiert le procureur du roi d'en faire information et poursuite, pour la vérification et punition dudit délit. Il prie M. de Veaunes d*aller faire les excuses de la ville audit seigneur, et de lui faire entendre que les turbulents ne sont ni domiciliés ni connus.
1562. Janvier 26, — Le capitaine I)Oulogne, gentilhomme de la maison de M. de La .Motte- Gondrin, vient, de la part de celui-ci, donner
(t) M. de Beauséjour, qui possédait ù Roman» la propriété sur
laquelle a Hù construile l'alibayo do Saint-Just, occupée depuis 1804 par la Congrégation du Saint-Sacrement.
ANNALES DE LA VILLE i>E ROUANS
Passurance qu'il veut « traiter la ville humainement et faire rendre justice, garder les bons de Toppression des mauvais, pourvu que la ville se mette en devoir de prendre des informations de Pémotion, agression et sédition commise et faire punir les délinquants. »
Il est répondu que la ville remerciait très hum* blement ledit seigneur de sa bonne volonté, et qu'elle ferait tout son possible pour connaître et faire punir les coupables. Elle nomme, pour en informer, x\LM. Antoine (Tuéria, lieutenant du juge, et Michel Tliomé, procureur du roi (1).
1562. Fovrior — Le procureur du roi lait connaitre à i abst iuljlôe de la ville le rapport qu'il a adressé à Grenoble. Tl annonce que le parlement a envoyé une commission pour informer sur le fait de la sédition qui a eu lieu le 23 janvier dernier. Il prévient que la ville fera les frais, saul à les répéter contre ceux qui seraient reconnus coupables. Enfin, sur la proposition du juge royal, l'assemblée désigne Michel Thomé pour aller en toute diligence défendixN auprès du roi et de son conseil, Tinnocence de la ville de Romans.
1668. Mars 22, Les calvinistes, avant
(1) La famille Tliomé est une «les plus anciennes maisons de RotTian-ï. V.]]c sVsf (''trihlio à fîrontihl*'. à Lyon, à V:\n< rt ririns lo midi du Daupliiné. Elle a founii des Itommcs distingués dans la magistrature. Michel Thomé, flls de Romain, notaire et greffier de la cour commune, était seifjneur tle Sablière et cosciiîneur de lîarcelonnc, docteur en droit. 11 montra hcriuconp de fcrmi-W dans ses fonctions de procureur du roi pendant des moments lori difflcile». II occupa ensuite le siège de procureur du roi ù .Salnt^Marcellin. Devenu conseiller au parU'ment par letli» > <\n in n ovembre 1560, il vint à Uomans le t : mai 1519, au nom de Muu4$irun, lieutenant général. Il décéda en
d'entrer au préclie, le jour des Rameaux, vont mettre le feu aux trois croix du Calvaire. La tradition rapporte qu'ils firent usage d'un feu « qui brûlait même la pierre. »
1560. Mars 25, — Le consul Servonnot informe le conseil que, ronformément àladélibébération du 21 janvier dernier, « il a retiré du gardien du couvent des Gordeliers certains reliquaires et ornements d^église, desquels, comme consul, il s^est chargé et a baillé acquit audit gardien, et qu'il a remis au comptoir de la présente maison consulaire et dont il demande à être déchargé. »
1562. Avril 9. — Les consuls portent à la connaissance du conseil que le second jour de Pâques dernier, il sxst tait une assemblée de gens étrangers en la «frange de Claude Mosnicr, seigneur de Rochechinard (1), en laquelle prêcha un ministre conduit |)ar le seigneur de Parnans. Tls concluent (ju'il est urgent de mettre des gardes aux portes de la ville, pour en intord iro rentrée audit ministre, et de su])rop>r, au lieu du sieur Gontier, l'un des quatre capitaines, Antoine Coste (2), qui choisira son lieutenant.
1562. Avril. — La Motte-Gondrin revient à Romans. Il fait trancher la tête au ministre
(1) Fils d'autre Claude, serj^ent u RucbccUinard, qui acquit cette seigneurie en 1540. Il eut de Françoise Onérln un fils nommé
Romain.
(2) f;nni11« Coste, qualili«^e nolilc le XIV' siècle, a fini par Jacques (^(»sie, comte de Cliaiiues, dont la steur, Aane-Fraiigoise, épousa Alexandre Bérangèr, seigneur du Grua. Antoine, fils <rautre Antoine et de Marfçuerite Merveilloux, fut envoyé par la ville à (Irenoble pour y snlni^r d'abord Laurent de Maugiron et après 1*' <\t\c de Mayenne. Il fut inhumé dans une cliapelle de l'»5glise des Cordclicrs qull avait fait réparer.
ANNALES OB hA VILLE OB ROMANS
Duval. Il attire, par surprise, Louis Gay, châtelain de la Côte-Saint- André, le fait mourir et suspendre son cadavre aux fenêtres de son logis. Il rentre à Valence, où les soldats du baron des
Adrets lui font subir la même mort, le 27 avril.
1562. Avril 29. — Le baron des Adrets dépêche un jrentilhomme qui, quoi(]ue ai rivé sur le tard, va directement à la maison du premier consul pour lui signifier les ordres dudit baron. Le conseil, n'ayant pu être réuni dans la soirée, fut assemblé le lendemain. Aussitôt parut le déput é du baron des Adrets, accompagné de plusieurs séditieux, qui, se prévalant de rétonnement (ju'il avait produit, prit une plume et du papier et écrivit ce qui suit :
« Je, Gabriel de Cassard, ay commandement de M des Adrets, gentilhomme de la chambre et lieutenant de M. de Guise au gouvernement de Dauphiné, de faire mettre les reliquaires de Saint- Barnard et des autres églises de cette ville de Romans entre les mains de messieurs de layille, pour en rendre compte toutes fois et quantes qu^ils en seront requis par commandement du roi, aux personnes qui seront déléguées par Sa Majesté, et commandement de prendre les armes qui seront trouvées aux maisons de ceux qui ne sont pas de Péglîse nouvellement réformée et autres armes que je trouverai, de m'en saisir pour le service du roi, comme la nécessité nous presse pour aller tirer notre roi et la reine-mère hors de prison, et que les clefs des portes de la ville soient baillées entre les mains de deux consuls, et qu'il veut qu'on fasse le prêche aux Corde lier s. ))
Messieurs de la ville répondent que là où il
apparaîtrait en bonne foriae de la commission de M. de Cassard et du pouvoir allégué du sieur des Âdrets, l'on suivrait la Tolonté du roi en s'en tenant à ses édits.
A son tour, Michel Thomé, procureur du roi, remontre que, par les édits du roi et la police observée dans la Tille de Romans, les gens de la religion prétendue, pour lesquels ledit sieur de Cassard dit parler, n'ont aucun sujet de se plaindre, lorsqu'il leur est loisible de s'assembler hors de la ville : Ce n'est pas à eux à faire de telles demandes, ajoute-t-il, et il somme ledit sieur de Cassard et ceux de sa suite d'observer les édits et commandements du roi, et de no rien entreprendre sur les magistrats et officiers de Romans. A quoi ledit sieur de Cassard répondit qu'il ne voulait point diminuer l'autorité de la justice, mais qu'il fallait que ce qu'il avait proposé se fit. Le sieur Thomé et les unis de l'assemblée soutinrent, an contraire, qu'ils ne le feraient pas, et le conseil se retira.
1562. Mai 1". — Considérant les troubles et désordres qui arrivent dans la ville par des hommes armés qui cherchent à intimider les gens de justice, et le dépait de M. de Vinay, gouverneur de Romans, l'assemblée, sur la proposition de M. Thomé, procureur du roi, décide que M. Gaspard Jomaron (i), deuxième consul,
(1) Plusïpurs Fuis < oiisiil < t depuis* <le la vilh' vers le duc <io Mayenne T.c 17 lévrier 158»), il fut arrêté à Grenoble et enferm»' a la Pol ie 1 ruine, a la requête de M. de filaaier, comme caution d'une dette de 2,000 livres de la ville de Romans. Il ftit mis en liberté sous la garantie de M. du Vacbe. Il devint, en juillet l.'iîU, ronseiller du roi, contrôleur de:? îjuerres et des linanees t-n Daupbiné. Par lettres pateutes du 24 novembre 1592, le roi lui accorda les mêmes exemp-
lOi ANNALES DR LA VILLE HE ROMAN>
ira trouver M. Enncmond Odde (1), seigneur de (le Tri ors, « Yoysin et singulier amy de la commujiauté, pour le prier de prendre la cliarge de la tuition de la ville et ordonner tel règlement de police qu'il conviendra pour le repos et hi tranquillité du public, le tout sous le bon plaisir du roi et de la cour du parlement. »
1562. Mai 2. — M. de Triors vient à Romans et déclare à l'assemblée que de tout temps il a porté bonne volonté à ladite ville, et qu'il Ta défendra de tout son pouvoir, acceptant la charge qu'on lui a offerte.
Cette nomination fut approuvée par le baron des Adrets et homologuée par le parlement. La ville pourvut de tout son nouveau gouverneur et mit 300 hommes sous ses ordres.
166d. Mai 4. — M* de Triors informe les consuls qu'il lui a été commandé de se saisir des reliquaires des églises de cette ville, d'en faire faire inventaire et de les remettre sous la garde des autorités municipales (les gens d'église, ditil, ayant peu de moyens de les garder) et jusqu'à ce qu il en soit autrement ordonne par le roi.
Les consuls consentent dans ces termes à se charger des reliquaires des églises et à les déposer dans le comptoir de la maison consulaire.
lions que les nobles : ail nste, UfUt anobli pur lettres patentes du mois d'août 1603. 11 l«i8fl« de Suzanne du Obastel deux fils : Jean ei
Ëiinemond.
<l) La aeigneuiie de Triors Ait achetée, le 2 octoture i5i5, devant M* Lacombe, notaire de Salnt-Marcellin, par noble Jean Odde, de
Cliarlcs de Chasfp. mnycnnnnt 'M)l florins et 30(> écus d'or. Enneraoud était fils d\\J)rabarii Udde. Il mourut en lôlî, laissant à lui survivant Gabriel, Claude, Jean, Uumbert, Marc-Antoine, Abraham, Daniel, Antoinette, Gabriette et Charlotte, aes enlknts, héritiers de feu noble Jean par portions f'iriiir s. Cette succession comprenait des biens assez considérables à Saint-l^azaire.
1562. Mai 7. — Les consals exposent que, suiTant la conclusion des gens du conseil ordinaire de cette ville et commandement de par le roi qui leur a été fait, ils ont retiré en la maison consulaire les joyaux et reliquaires de Téglise Saint-Barnard, exprimés dans Tinventaire qui en a été fait par le secrétaire du Chapitre et celui de la ville (1), en présence et assistance du sieur de Triors, des chanoines et autres habitués de Péglise. L'assemblée approuve ce qu'ont fait les consuls.
1562. Mai 16. — Les religieux du couvent des Coi dêliers et ceux du Mont-Calvaire ayant quitté leurs maisons, oià ils étaient chaque jour molestés et menacés, l'assemblée décide que les consuls nommeront des per.^unnes pour veiller à la conservation des biens desdits couvents et en feront faire un inventaire.
1562. Mai 18. — M. de Triors représente que ceux do Téalise réformée de cette ville ont souffert, pour la poursuite de rétablissement de leur religion, de grands frais et d'insupportables charges, dont ils demandent à être remboursés.
L'assemblée municipale répond, que pour obéir aux ordres du roi, les habitants de cette
(1) Denis Mahé, notaire el secrétaire de la ville dès 1.M1, épousa Mar^aierifr Anî?lancière, qui lui donna une fille et un fils: I" Loïse, qui ligura ie personnage de Liesse, ù roccasion de I arrivée à Romans, 1« 2B novembre 1533, de François de Bourbon, iroOTemear du Dauphiné ; i" Antoine, aussi notaire et secrétaire de la ville, dont la fille Denise, née le 16 février lô;w. inspira « un amnnrpur, spirituel et platonique » à un genliiliumme cliarolais, Guillaume des Autelz, alors qu'il étudiait le droit dans l'université de Valence. U célébra la personiH^ «in'il adorait dans une centaine de sonnets, dont le dernier est un .A(^tei( à sa sainte et à aes amia de Romans ^Lyonjcan Temporal, 1553, in-12).
ville, de Tune et Tautre religion, ne feront qu^un corps et supporteront Içs mêmes charges en cornmun ; que les consuls feront rembourser sur les
premièros tailles lo prix des armes, à mesure que ceux de la religion en feront la remise dans l'arsenal de la ville, et que, quant aux autres pertes, comme chacun en a essuyé, il n'y a pas lieu à indemnité.
1562. Mai 28. — Dans rassemblée crénérale de la ville, neuf députés du consistoire présentent les demandes suivantes :
« 1. Premièrement, qu'on mette sur tout le corps de la ville une cote générale pour satisfaire à ce qui sera nécessaire, tant pour la subvention promise au roi par ceux de ladite église, que pour rentretènement des ministres, tant du passé que pour ravenir. (Répondu : Il a été pourvu à cet article par rassemblée.)
« 2. Item, pour payer le reste des armes que ceux de ladite religion ont fait venir de Lyon, et ce faisant, ils les bailleront à la ville. (R. comme précédemment.)
« 3. Item, que les sieurs consuls seront tenus incontinent de faire faire les bancs et autres choses nécessaires aux temples de Saint-Bamard et des Cordeliers, selon qu'il sera ordonné parle consistoire de ladite église. (R. : renvoyé à Messieurs les Cliaiiuines.)
« 4. Item, qu'ils seront tenus de passer les contrats des fermes ou apprentissages des cordeliers qu'on a mis à maîtres pour apprendre un métier, et payer ce qui sera requis à ce.(R. qu'on leur baille argent pour se retirer.)
« 5. Item, qu'ils seront tenus fournir argent ce que sera nécessaire pour la nourriture des
petits enfants orphelins de feu Jean Solier, dit Fusonat. (R. : accordé, pourvu qu'ils fassent du revenu des hôpitaux Renvoyé au courrier.)
« 6. Item, qu'ils seront tenus payer les journées de ceux qui ont gardé la maison des Cordeliers, bailler le bien en arrentement, à la charge que si aucune chose dépérit, ce sera à eux de rendre compte. (R. : accordé, pourvu qu'il se fasse du revenu dudit couvent.)
« 7. Item, qu'ils serônt tenus payer au sieur Jacques Guillaud ce qui lui est dû et qu'il a fourni pour les affaires de ladite église. (Accordé, suivant la lettre dudit seigneur baron.)
« 8. Item, et pour satisfaire ce que dessus, ils pourront vendre les meubles trouvés auxdits temples, comme treillis, fer, plomb, cuivre et autres choses ; prendre les deniers et revenus des confréries qui sont dans la ville, comme Saints-Etienne, Biaise, Crespin, Sébastien, Mathieu, Catherine, Notre-Dame-de-Mars, Saint- Esprit, Saint-Nicolas, Sainte-Foy, Sairit-^ Maude et autres qui leur sont baillés par déclaration, et cent livres qui sont dues aux Cordeiiers par le sieur Vallon, et retireront de Jacques Gordon et Séverin Poignard les treillis de fer qu'ils ont pris, le tout suivant la permission donnée pour ce faire par monseigneur le baron dos Adrets. (R. : l'article dépend de la volonté dudit seigneur des Adrets et missive écrite à M. de ïriors.)
« 9. Item, qu'il seront tenus ôter de l'Aumône générale aucuns qui ne méritent l'avoir et en y mettre d'autres plus nécessiteux, qui veulent vivre suivant l'évangile, et qu'en l'administration de ladite Aumône seront admis aucuns
de ladite église» tel quil plaira nommer au ooa» sistoire. (R : renvoyé au commis de ladite «I Aumône.)
« 10. Item, seront tenus de mettre aux portes
de la ville des portiers fidèles à l'évangile et ôter ceux qui y sont à présent. (R. : seront exhortés à faire leur devoir.)
«11. Item, qu^il seront tenus admettre et adjoiudi e à leur conseil certain petit nombre de ceux de ladite é«:lise, outre ceux qui y sont, sans l'aveu (lesquels on ne pourra nen iaii'(s déterminer et ronclure. (R. : on ne peut rien innover au règlement de la cour.)
« 12. Item, semblablement qu'il sera loisible à ceux de ladite religion de bailler un d'eux, tel qu'il leur plaira élire, pour être adjoint à leur secrétaire, pour écrire ensemble ce que sera proposé et arrêté aux petit et grand conseils, puis signé par tous deux. (Néant.)
n 13. Item, que l'aumône sera par les dia* cres de ladite église demandée tous les dimanches aux portes des temples pour secourir les pauvres de la ville et les étrangers. (R. : accordé.)
«t 14. Item, que les consuls demanderont k Messieurs de Saint-Barnard partie du revenu accoutumé bailler à leur manillier pour payer ceux qui sonnent les prêches et la retraite.
(R. : aerordé.)
« Seront avertis les sieurs consuls qu'il leur est permis, de la part de monseio-neur le bai on des Adrets, de faire contribuer aux choses susdites. »
1562. Juin 5. — M. de Changy, gouverneur pour le roi à VahMice, invite les consuls et le consistoire de Romans à lever, armer et ache-
miner le plus grand nombre de gens de pied possible, pour résister à Tennemi, qui veut entrer dans ce pays du côté de la Provence. Une lettre de M. Claude Ânnet, commissaire du baron des Adrets, dit que la part de la ville dans Timpôt de 86 francs par feu, est de 9,870 livres. Les consuls emprunteront 500 livres et lèveront cent hommes.
1562. Juin y. — Le baron des Adrets commande aux consuls de Romans do faire convertir en espèces 5.'M marcs (rargent en viii<:'t ling'ots, prov^'iuint des reliquaires de Saint-Antoine et de Saint-Marcel lin. Il est répondu que la ville est dans l'impossibilité de frapper de la monnaie, râtelier ayant été fermé par ordre du roi.
1562. Juin H — Le baron des Adrets ayant fait demander, pour l'entretien de ses troupes, une contribution de 86 livres par feu, rassemblée, considérant Pétat de gêne où se trouve la ville par suite des charges qu'elle a éprouvées, nomme deux députés, Jean de Solignac et Louis Armand, qui se rendent avec une lettre de M. de Triors auprès du terrible baron pour le prier d^ezempter la ville de Romans de toute contribution : ce fut inutilement.
1562. Juin 12. — André de Morges, commissaire lUi baron des Adrets, se présente à l'assemblée de la ville avec un ordre en date du 9 de ce mois, pour réclamer les reliquaires de Saint-Barnard et autres églises de cette ville. Les consuls déclarent qu'ils les dt'tipiinent par suite d une remise à eux faite api t > iiiveataire par M. de Triors, commandant en cette place, et qu'ils sont prêts à les rendre. Les chanoines, au nombre de cinq, MM. Ennemoud Borrel, Sé vérin
ttû
ANNALES DE LA VILLE DE ROMAMt
Borrel (1), François de Qottafred (2), Jean Veilheu (3) et Pierre Guôrin (4), assistés de Charles Ruffaud, notaire et secrétaire du Chapitre, disent qu'ils veulent obéir aux commandements du roi et de monseigneur le baron des Adrets, et qu'ils n'empêchent que ledit commissaire ne prenne lesdits reliquaires, suivant sa commission et pour le service du roi. Ces objets sont immédiatement remis et les consuls en sont déchar<?és (5).
1562. Juin 15. — Par ordre du baron des Adrets, M. de Suze, son commissaire à Saint- Marcellin, prescrit aux consuls de Iiomans de procéder à Testimation et k la vente des biens
(I) C'est chez ce rhrrnoine. dans sa maison de l i ruf» Fonfainc-Touverte, que les religieuses de Saint-Ju8t>-eii-Royau& viurent se réfugier après la ralDe de leur abbaye par Im Hagnoiota.
09 n fut souvent employé auprèa des autorités et du gouverneur pour les afT;iiro3 du Chapitre.
La faniiiie de GottafTed est une des plus anciennes et des plus riches de Romans et des plus considérables du pays. Elle s'allia aux Glaveysoat aux Aroes, aux Lapoype, aux Maugiron. Elle posséda lea seigneuries (tu Mobrd, de Gognieu, de Mayolans, et s^éteignltTers
la fin du XYI' siècle.
(3) U testa en iîK>6, laissant ime rente d'un florin aux lépreux de la maladrerle de Voley. La fiunille Y^beu, ortglntire de Glérien, a fourni à Romans des juges, des consuls et des chanoines.
(4) 11 était frère d'Antoine Guérin, juge r'>v;ii (voir p 97. n. ÎK
(5) N'ayant pas retrouvé l'inventaire des j(A;iux ravis aux églises et aux oouTents de Romans par rordre do baron des Adrets, tl est asees difficile d'apprécier la Taleur exaetede cette spoliation. Nous savons seulement par nno nmro Hoiirceqnf l'arfrpntfHo des couvents des Cordeliers et des Kécollets montait, pour chacun d'eux, à environ iOO marcs. Quant à l'église de Saint-Bamard, outre les trois reliquaires ou châsses de saint Bamard, de saint Anitor et des Trois Martyrs, un inventaire plus ancien menfionne 39 articles donnant, pour les matières d or 4 marcs 7 onces, et pour celles d'argent 163 marcs. Nous rappelons à ce sujet que le marc d'or valait 671 livres, et le marc d'argent 48 livres 13 sols, soit environ llvOOO francs.
ecclésiastiques et de ceux des Cordeliers de cette ville. On lui répond que la cour du parlement avait déjà remis ces biens aux mains des consuls, gui en étaient administrateurs et comptables et qui avaient nommé un receveur, Jacques Veilheu.
On publie à son de trompe que la recette des dîmes et revenus de Téglise sera adjugée, moyennant bonne et suffisante caution, lesquelles dîmes devront être payées comme par le passé.
1562. Juin 16, — M, de Triors ayant demandé une maison particulière pour y établir sa femme et son ménage, et en outre la solde de ses trois gardes, il est résolu qu'on lui offrira la Sacristie (1) ou la maison de Georges Glaise, et qu'on donnera 10 sols par jour à chaque garde.
1562. Juin 19. — Sur Tordre donné à M. de Manissieu (9) par le baron des Adrets, il est accordé à Ennemond Lacombe, « ministre de la parole de Dieu en cette ville, » une somme de 100 florins pour sa nourriture et son entretien.
1562. Juin 22. — Laurent de Maugiron (3)
<1) C'était une habitation d*agrénient, avec jardin et fontaine,8itttée dans les fossés de Saint-Nieol.is, dont le sacristain de Saint-Barnarri avait la jouissance. Le tout fut vendu, en 1797« pour 6,000 livres (en assignats) au prollt de la nation.
Par suite d*une alliance avec la fttmille Lodot de Peyrins, les de Manissieu devinrent co-seigneursdelamaladreriedeVolt^y. Connus à Romans dès le XIV* siècle, ils en disparaissent vers la fin du XVI». Lurs du passage, en 1533, de François 1" et du gouverneur de la province, Anloine de Hantsaleu, docteur en droit, prêta deux dousaines de plats d*étain pour le service de ces grands personnages.
(3) Pourvu par commission en 1562, puis lilulairemcnt par lettres du mois de mars 1578. Il était fils de Guy et mari de Jeanne, tille de Laurait et d'Agnès de Ooltafred.
AHIf ALE8 DB LA mLB DB ROMANS
se présente devant Romans. Il no peut entrer : « il y trouve visage de bois, pieds de fer et de feu. ))
1562. Juillet il. — Le baron des Adrets écrit à messieurs de Téglise réformée de faire prendre les armes ù tous ceux de Tune et l'autre religion qui sont aptes, et de les acheminer vers Montélîmar avec leurs ministres. Les consuls protestent contre cette levée et adressent leurs plaintes à M. de Triors.
IMd. Juillet il. — François Rey, de Valence, écrit aux consuls de Romans pour réclamer le blé, ou sa valeur, qu'il avait laissé en dépôt dans cette ville. Il lui est répondu que ce blé avait été pris par ordre du baron des Adrets pour la nourriture de son camp et de la gendarmerie de passage.
1562. Juillet 22. — Les membres du consistoire écrivent aux c^^nsiils pour demander pourquoi on ne donne point au ministre Lacombo, pour sa nourriture et son entretien, les deniers provenant des confréries. ÎI est conclu que M. de Triors et M. de Veaunes se rendront à Valence pour prier M. le baron des Adrets d'avoir égaid aux foules de la ville de Romans et de se contenter d'employer, suivant les ordonnances, les revenus de l'église de Saint-Barnard pour l'entretien des ministres et de réserver pour le soulagement des pauvres le bien des confréries, dont l'Aumône générale ne peut se dessaisir.
156d. Août P\ — M. de Changy ordonne d'envoyer à Valence, pour travailler aux fortifications, un manouvrier par feu et une charrette par deux feux. Ce qui est refusé, parce que les hom*
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mes (li>poijil)les de la ville sont occupés à la re^paratioii des niurailles, et que les charrettes sont employées au service de Tartillerie.
1562. Aotft 'i. — Le roi C'harics IX, se trouvant au château de Roussilion près de Saint- YaiUer, promulgue un édit qui ût commencer à Tavenir Tannée au janvier
1562. Août 15. — M. de Triors communique à l'assemblée la lettre suivante : « M. de Triors, pour ce que j'ai mandé Tarrière ban et qu'il n'y a beaucoup qui ne sont suffisants à porter les armes, vous les contraindrés à payer quelque somme d*argent pour payer d'autres. A cette cause, vous m'enyoyerésun vingt hommes à cheval avec armes et en bon équipage, lesquels je payerai comme hommes d'armes ou archiers, selon leur qualité ; et en cet endroit, après mettre recommandé à votre bonne grâce, je prie Dieu, M. de Triors, vous augmenter les sieuues.
V l)e \ aleiice, ce 13 août 1562.
« X'otre entièrement bon ami et frère.
« Les Adrets.
« Je donne chariî*e à M du Povle les conduire et vous prie les faire haster tant qu'il sera possible ou, à leur dél'aut, le capitaine Dn^ès
« A M. M. de Triors, commandant pour le roi à lioni.'ins. »
lô6d. Octodre 2. — \î)rès les rudes et nombreuses réquisitions levées par le baron des Adrets et d'autres chefs, et à Toccasion d'une nouvelle exigence de Montbrun, qui réclamait une fourniture de drap pour habiller sa troupe, les consuls rendent compte de la situation financière de la ville, qui, comme on s'y attendait, n'était pas brillante. Il n'y avait aucun denier en
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caisse ; les taiUes notaient plus payées et 1 on n'avût aucun moyen pour rembourser les emprunts échus. Ces magistrats demandent, pour partager le fardeau de la responsabilité, qu'il leur
soit adjoint des commissaires. On nomme à ce titre .loan Berger, Iliimbert Duboys, Jean Thomé, Augustin Lorctte et l^ierrtî Barletier.
IS&B. .huiviei- i"^ — Le baron des Adrets convoque à Romans une assemblée de notables, à laquelle il vont faire aecepter la paix. Les articles eu suiii ('H:iits ])ar le conseiller Rémi, sous le 1)011 plaisir du prince de Condé, « Cette tentative n'aboutit pas, par FinHuence des ministres, qui haïssaient la paix. »
1563. Janvier 10. — Devenu suspect à son parti, le terrible baron des Adrets, si impitoyable envers les prêtres et les prisonniers df^sarmés, est arrêté, sur l'ordre du prince de Condé, par Montbrun, Glerq et Mouvans, à Romans, dans la rue de Jacquemart, au moment où il sortait de rhêpital de Sainte-Foy. Il se laisse saisir sans résistance par ses lieutenants, qui renvoient à Valence et de là à Ntmes.
Rendu À la liberté peu de temps après, par le bénéfice de Pédît d'Amboise, il fit, le 21 juin suivant, réclamer par le sieur de Charbonnières, membre du conseil politique de Valence (1), « quelque restitution et récompense de certains deniers qu'il diet luy avoir esté prins de ses coffres, Ihors qu'il fust fuict prisonriier audict Romans durant les troubles^ avec armes et che-
(1) Conseil souverain pour la direction des alfoires importantes et composé (le douze conseillers : trois de la noblesseï sept de la ville et deux des villages.
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vaulx que aussi il avoit. Laquelle restitution et récompense il demande sur les villes de Valence, Romans et Crest, et que, à ces fins, on lève un emprunt sur lesdites villes, sans en répéter sur Tuniversei <iu pays.
« Conclut unanimement qu'on ne doit consentir, comme aussi Ton ne consent à aucun impôt, emprunt ni levée de deniers, et que si quelque chose a esté prins audict sieur des Adrets, ce n'a esté par le faict, advis et consentement de la ville, et que ceulx qui auront manqué aulcune chose de luy, luy en rendront compte. Laquelle response et conclusion présente sera inthimée audict conseil politique par M. de Valence, et moy soussigné secrétaire (1). »
Un arrêt du parlement, en date du 11 mai 1565, ordonna au sieur de Ohangy de restituer au baron des Adrets une somme de 2,311 livres 17 sols 6 deniers, trouvée dans ses coffres, et relaxa les consuls de Romans de toute garantie.
1563. Janvier 29. — Le baron de Vinav vient à Romans, envoyé par le duc de Nemours, pour traiter d'un accommodement avec Jacques de Grussol, seigneur d'Acier, qui avait été élu par la noblesse et le peuple à la place du baron des Adrets (2).
1563. A/a/\s 2:i. — De TEstano' (^t des Adrets, au nom du parti catlioli(jue, l)lu(|uent I Jomans. La paix ayant été publiée, Geyssaus entre dans cette ville pour le baron de Gordes, lieutenant
(I I F nnemont Ricol, notaire et secrétaire de la ville, marié à Louise
Odoard.
(2) Ces deux iioiiiiiiiitions n*oM Jamais été reconnues officiellement.
général en Dauphiné (1). De Cardé et Saint- Romain en sortent avec leur troupe composée d'étrangers. Il fallut employer la menace contre ces mercenaires et leur promettre une gratifica^ tion.
Pierre Chissé de la Marcouse fut nommé gouverneur de Romans, « nul n^ayant été jugé plus capable d y rétablir le bon ordre. »
1563 Mnrs 25. — M. de Rochechinaid réclame une indemnité poui le loyer de sa maison, qui avait été occupée par M do Triors pendant qu'il comma,ndait la ville, et pour It^sdé^^àts commis dans ladite maison, dont toutes les vitres avaient été ])risées. T.es consuls sont invités à lui « accorder une récompense honnête. »
1563. Mars 29. — Pierre Barletier (2), élu second consul le 25, n'étant point venu siéger en cette qualité, l'assemblée décida qu'il serait sommé de Tenir prêter serment et remplir sa charge dr f msul, et qu'en cas de refus il serait poursuivi par autorité de justice II s'excusa en disant «pi'il ne pouvait pas vaquer à la place de consul, parce qu'il devait faire un voyage en cour à la suite du comte de Beauvais, et que, en outre, ne faisant aucun commerce ni ti4fic de marchandises, il n'aurait pas dû être nommé deuxième consul. Néanmoins, il accepta et remplit sa charge avec zèle et dévouement.
(!' lîcrfraii'l H iirsliiiiiil de Simiane. hrtron de dordes, nô en 1513, lieutenant {iciier.il en IM'i, m(»rt à Monléliniar lo 21 février l;>7.S. Voy. Guy Allard, Généalogie de la famille Simiane ; Jules Taulier, Notice hiètorique sur ... de Gordea, 1859; Ad. Rogbas, Biographie du Dnuphini', l. I", p. V?;;.
(■•) I>*uno famillf' m i::iii;iirp ftr Miriliel, oii elle passait pour noble et ajouta à son nom celui de la (iirarde. Pierre dcviot seigneur d'Ai"themonay.
1668. Mars 29. — MM. le procureur Thomé
et Jean Boffin (1) rendent compte que, envoyés à Valence pour représenter au conseil politique que la ville de Romans ne pouvait supporter l'entretien de plusieurs compagnies de soldats, il a été décidé que, en attendant de pouvoir paver ces (léporises, uii ferait dresser des étapes dans les niaïuiements et lieux de Montélier, Charpey, Samson, Saint- Vincent, Combovin, Barbières et Peyrins.
1563. Avril 5. — Le conseil delà ville, ayant égard à la célébration du prochain mariage de M. Jonathan Vannier, ministre de la religion réformée, conclut de lui accorder la gratification « d^une robe honneste, telle que MM. les consuls « verront luy estre très duisante », et de le loger à rhôpital de Sainte-Foy, dans Tappartement du dom recteur.
Sur la demande des commis de FAumône générale et la proposition des consuls, rassemblée décide que Ton affermera, par voie d'enchères, rhôpital du Colombier (2) et les droits accoutumés sur les mariés, revenant à Fabbaye de Bongouvert (3) .
(!) Fivrn de Kiimanft Botriii.lt' fniid.iiiMir ilii ('alvnirt' de Homnns.n était sieur (le la maisua Turte du Vivier, nutuireet cliarijé de plusieurs gi etTes; il fut deux fois conaul et eofin substitut du procureur du roi. Voy. sur la famille Boffin, le BuU. de ta Soc. d'Arehéol, de te Drôme^
l. XV, p. .
(2) C est le ret ouvrement de U ilorins de rente, prix de lu vente de cet liùpitul, qu'il s'agisait d'allermer.
L^abbaye de BonRouvert — les plaisants disaient de Halgouvert — était une sot iéié assez (lillicile a détinir : a la fois religieuse el galante, bionriisanfe et joyeuse, en tous cai* plus sérieuse qu'uu ne ra cru. Elle dotait des Jeunes tilles, venait au secours des couvents et de ta ville elle-môroe, payait le prédicateur de Carême, distribuait des écbarpes de soie aux dames les plus
AiniALBS DB LA VILLS DB ROlUV»
1563. Awrii 9, — Les anciens du consistoire de Valence écrivent à ceux de Romans la lettre
suivante :
(c Messieurs et frères, nous avons écrit à monseigneur de Grussol un mot de lettre contenant deux points : c^est que nous craignions que le sieur de Maugiron par le traité de la paix ne lut instalé en la lieutenance de ce pais et le parlement rétabli, et pour ce que Tun et Tautre seroient très pernicieux à tout le pais, et à mieux dire la ruine totale des églises, nous avons prié ledit seigneur, s'il le trouvait expédient, d'envoyer à la cour pour informer le roi et monseigneur le prince des choses su^sdites. Par quoi se approuverés re qu'avons fait, nous vous prions de faire le semblable de votre pai-t et le plus diligemment que sera possible, afin que nous soyons prévenus ; vous avertissant aussi que le sinode est signifié au quatorzième de ce mois, afin que vous le fassiez sçavoir à vos collègues, et, si le trouvés bon, prier un gentilhomme qui seroit élu de la noblesse le chacun colloque pour y assister. Ën cet endroit, Messieurs et frères, nous nous recommandons à vos bonnes grâces et saintes prières. A Valence, ce 5 avril 1563.
distinguées. < t avec ses violons et ses tambours donnait des aubades aux uuturitôs et aux nouv<\'iux marias, ot faisait danser ses novices au bal des clianibrières. Composée des plus notables de la Tllle^ cette société était sous Tautorité des consuls, qui nominalent l'abbé etre(!evaient les comptes du trésorier; les curés la favorisaient. Son but principal paraît avoir éfô de conserver la sainteté des liens du mariauo Elle percevait un tribut de deux pour cent sur les veurchères (duis) des veuves qui se remariaient. Ce revenu, que Ton se proposait de mettre h rencbére, s'éleva en 1606 à Sfi2 livres 1 1 sols, pour 7 j marin'-'f's lax/'s. T/abbaye de Donfîouvert fUtsawrimée en 1611. Vuy. Les ubbaycs Iniques de lionians, iâ82.
Vos humbles frères, les anciens du consistoire • de Valence» et au nom d*iceux.
€c A. Crossard, secrétaire, »
<c II a été résolu que le consul François Jeffrey se transporteroit k Valence, pour prier le comte de Crussol de demander au roi et à son conseil toutes choses requises pour le bien, repos, pad* âcation et soulagement de cedit pais, et singulièrement l'administration de la justice. »
1563. Avril iO. — Sur la crainte qu'on enle- . vàt les cloches des églises de Saint-Nicolas, de Saint-lloitiainet de Sainie-Foy, dont les battants avaient déjà été déroljés par des soldats, les consuls ordonnent de descendre ces ciocheset de les mettre en sûreté.
1563. Avril il, — Le comte de Crussol écrit aux consuls pour les informer que la paix étant faite, le roi a convoqué les Etats du pays pour leur faire connaître sa volonté» et que par conséquent ils doivent envoyer, pour le 20 de ce mois, des députés choisis parmi les plus suffisants et expérimentés (1).
Le conseil désigne pour cette mission MM. Guillaume Reynaud (2), premier consul, et Jean de Solignac.
1568. Afai 9. — M. de Changy, gouverneur de Valence, et M. de Charbonneau, accompagnés du capitaine Baron, commandant la ville de
(1) Voy. AnnalBB de la. viUe de Romens pendant lee guerreê de reli-
gUm, p. 36.
OulUaume Reynaud était docteur en médecine. Il Au, cumme on le voit, premier consul et député aux Elata convoqués A Hontélimar. en i.'iji II devtot, cu 1567, procureur des pauvres, emploi alors fort liunûrul)le.
ANNALES! DE LA VILLK ÎIK tU)MAN?
Romans, se présentent devant l'assemblée, se disant chart^rés par le conseil politique d'une lettre aux lins d avertir les consuls de prendre garde et d'éviter toute surprise, et dans ce but d'entretenir une compa.irnie de 1 00 à 120 hommes, en attendant les ordres de la cour ou l'arrivée de M. le maréchal de Vieille-Ville. T /assemblée refuse de faire cette nouvelle dép(Mis( et décide que les gardes des portes seront faites par les habitants, et ajoute sa protestation banale et habituelle, qui, paraît-il, était de mise en toufe circonstance, savoir : d'obéissance pour le • service de Dieu et du roi, de respect pour le parlement, pour le gouverneur et pour les édits de pacification, etc
156d. Mai 12, — Antoine Garagnol ayant demandé h être exempté des tailles, à cause des charges et pertes qu'il a essuyées par suite d^emprunts et de logements des gens de guerre, il lui est répondu : « On ne le peult accorder, d'autant moins qu*il n'y a despuis le plus grand jusqu'au plus petit de la ville qui n'aye supporté foule insupportable, sans avoir reçu aucune récompense et ayant espérance d'icelle. »
1563. Mai 13 — Les consuls font connaître que le gouverneur a fait entrer dans la ville la compagnie du sieur de Charbonncau, pour laquelle il demande le logement. 11 est conclu que ces soldats pourront loger dans les hôtelleries en payant et de manière qu'il n'en lesuite aucun trouble ni perturbation de paix. M. le consul Barletier et M. Humbert Dubois sont priés de se rendre par devers le comte de Crussol pour lui peindre les foules et la pauvreté de la ville, et connaître sa volonté.
1568. Mai 18, — MM. de Changy, Charbonneau, Ducros et autres du conseil politique yienaent de nouveau avertir les consuls qu'il est plus que jamais nécessaire de veiller à la garde de leur ville, d'autant qu'il y a un grand nombre d'Italiens près de Vienne et que, pour éviter toute surprise, il serait utile d'entretenir pen^ dant quelques jours une compagnie de 200 à 250 hommes.
1563. Mai 21. — Sur les excitations des précédents, plusieurs mal intentionnés se réunissent en armes pour venir sommer le gouverneur de lever une compagnie aux dépens de la ville. Les consuls, pour évitf^r plus grand mal, consentent à mettre à la disjjosition du gouverneur une compagnie de 8U liommes, soldés à raison de trois livres par semaine.
1563. Mai 26. — Le comte de Grussol écrit aux consuls pour que la ville ait à obéir aux ordres du conseil politique de Valence et à lui porter respect.
1563. Mai 30. — Une délibération du consistoire reconnaît que quatre ministres de la parole de Dieu sont nécessaires pour le service de la ville (1). Jean Thiersand étant venu de Genève à Romans, avec sa femme et plusieurs enfants, le consistoire requiert la vîUe de lui fournir une habitation et quelques moyens d'entretien « sur les revenus de Péglise romaine. » Il est en outre arrêté que la ville fournira le pain et le vin pour la Sainte-Gène.
(1) Ces ministres, luiis «urangers a lu localité, se nommaient: Ennemond Lacombe, àéverîn Borel, Jonatlias Vannier et Jean Tliiersand.
M. de Triors, ancien gouverneur de Romans* demande Farrèt de ses comptes. En reconnais* sance des services rendus à la ville» il lui est accordé 60 livres par mois pour le temps de
rexercice de sa charge ; mais on ne lui permet pas d'enlever la table de marbre du j^raiid autel de Féglise de Saint-Bariiard, à lui donnée, disaitil, par le baron des Adrets.
1563. Juin 19. — L'assemblée, au nom de la communauté de Romans, passe procuration à M. Michel Thomé, procureur du roi, et à ceux qui lui sont adjoints, « pour se présenter devant le roi, la reine sa mère et les seigneurs de son conseil privé, et faire déclaration (pie, pendant les troubles, les habitants n 'ont fait aucune chose que pour le service de Sa Majesté, et qu'ils lui porteront l'honneur et Tobéissance que doivent de fidèles sujets ; et prier le roi, la reine et les seigneurs du conseil privé de vouloir bien, suivant la déclaration des édits de pacification, remettre et rétablir Mgr de Clermont en Tétat de lieutenant général (1) dans ce pays, en Pabsence de Mgr le prince de la Roche-sur- Yon, gouverneur du Dauphiné (2).
156S. Juillet i*'. — Une députation, composée des consuls et des élus du consistoire, est envoyée aux chanoines de Saint-Barnard, à présent rétablis, pour obtenir sur leurs revenus l 'entretien des ministres de l'église réformée et
(1) NoDiiné le 10 février 1554, il avait été remplacé par le cumte de Tavannes.
(2) Charles de Bourbon. pourvu le tSjanvierl562.Le roi lui accorda, le 10 juin suivant, i.ooii dticat^ pour ses gages : ce qui a été continué depuis à tous les gouverneurs.
celui du maître dMcole, suivant Fordonnance d'Orléans.
1563. Juillet 4. — L'assemblée donne une
procuration notariée, passée devant M* Antoine Guéri n, lieutenant au siège royal, au premier consul, pour se présenter devant le roi, la reine sa mère et le maréchal de Vieille-Ville, lieutenant général pour Sa Majesté, à l'effet de requérir et faire octroyer aux habitants de Romans, « pour l'exercice de hi reli^^ion selon la pureté de l'Evangile, deux des temples de leur ville poury invoquer le nom de Dieu et prier pour l'entretènement de Testât de Sa dite Majesté. >^
1563. Juillet 15. — « M. le jut^e Guérin informe le conseil comme ce matin Mgr de Bressîeu lui a commandé de faire remontrance de l'observation de l'édit de paix, espécîalement en ce qui concerne la liberté de conscience. »
La même recommandation est faite aux prêtres et au Chapitre de Saint-Bamard, lesquels répondent qu'ils veulent obéir aux édits du roi et vivre en paix avec tout le monde.
Les consuls déclarent « qu41s ne veulent aucunement prendre les prêtres en protection et sauvegarde, leur promettant toutefois toute dilectien et fraternité affectueuse. »
1563. Juillet 11. — M. de Triors, qui a repris le commandement de la ville, demande que M. de Veaune lui soit adjoint et puisse le remplacer lorsqu'il s'absentera. Il réclame une maison pour se loger. Les consuls lui demandent les clefs de la ville, suivant leurs privilèges. Ils lui offrent un lops à l'hôtel des Tvoi^ Rois, pour le peu de temps qu'il va passer, et un traitement à raison de 60 livres par mois.
ANNALES DE hk VILLE DB ROIUNB
Dans la même séance on lit une lettre du baron des Âdrets, par laquelle il prie MM. les consuls ou Pun d^eux de se trouver k la reddition de ses
comptes, le 22 de ce mois.
1563. Août 12. — A Toccasion du passade du comte de Crussol, qui avait été élu à \ alcnce, par rassemblée des trois ordres, lieutenant général de la province, il est arrêté qu'on lui fera toutes les honnêtetés [)ossibles, qu'on lui offrira le meilleur vin qu'on [j tiirra trouver et qu'on le logera honorabiemciit ainsi que sa suite.
1563. Août 19, — T.es consuls repoivent une lettre du gToffîer BoHin, annonçaut i arrivée prochaine à Romans des commissaires du roi chargés de faire obserrer les édits de pacification.
1568. Août 22. — « Proposé par MM. les consuls comme jeudy, après avoir receu quelques lettres et avertissements de Grenoble, comme bientôt Mgr de Bressieu et M. de La Madeleine, conseiller du roi en son grand conseil, étant audit Grenoble, y auroit fait dire la messe, suivant Pédit de Sa Majesté sur la pacification des troubles, et que bientôt ils doivent venir en cette ville pour faire observer ledit édit ; et que présupposant que de même en feront-ils et commanderont <^mme audit Grenoble, de même ils communiquent lesdites lettres à messieurs les ministres et consistoire dudit Romans, aux Uns d'exhorter un chacun de se contenir en toute modestie, et que ledit cas advenant qu'on voulût l'aire dire la messe en cette ville, que n'y advint trouble, émotion et contravention auxdits édils ; à laquelle assemblée d'iceux dudit consistoire fut prise délibération qu'à ces fins étoit requis Xaire une générale assemblée céans, tant
des gens du conseil que des anciens et surveillants dudit consistoire et église réformée, portant sur la réponse et contenance nécessaire au cas de rintroduction de ladite messe» prendre quelque bonne résolution et délibération et contenir le peuple en paix, puisquUl a plu à Dieu que la liberté de conscience soit permise. »
1568. Août 30. — Le Chapitre de Saint- Barnard présente à M. le baron de Bressieu une requête tondant à se iaire restituer les biens et revenus des Grands anniversaires et de la Table, détenus par quatre fermiers. Il ordonne au juge et aux consuls de Ruuians, conformément à l'édit de pacification, de faire restituer au Chapitre les biens dont il jouissait avant les troubles,
1563. iSeptovibre .70. — Kn la maison consulaire de Romans, devant iMgr de Bressieu, MM. de la Madeleine et de Bauquemare, conseillers du roi, commissaires députés par Sa Majesté pour Tobservation de l'édit de paix, se sont réunis les consuls, les membres du conseil général, ceux du consistoire et autres notables de la ville. Lesdits commissaires ont remontré que, conformément à Tédit, il est prescrit de restituer les temples et autres biens ayant appartenu à ceux de TEglise romaine, et qu'il convient de choisir « dans Fune et Pautre religion six personnages notables et expérimentés, outre les officiers de justice et consuls, pourensemblement convenir des afTaires qu'ils pourraient avoir à faire concernant l'une partie et l'autre. »
La pluralité des suffraties se porte sur Jean de Solignac, écuyer, E^nemond Lacombe, mi-
nistre de la parole de Dieu (1), Jean de GîUier (2), François Reynaiid (3) et François Soffrey,
« auxquels ladite assemblée unanimement et par ce donne plein pouvoir et puissance de requérir, traiter, convenir, rapportti , accorder toutes les affaires et choses nécessaires concernant le service de Dieu et du roy, le repos, union, tranquillité, pacification du peuple et Tobservation des édits de Sa Majesté, y procéder tout ainsi qu ils verront. »
1563. Octobre 11. — Pour obvier aux querelles et débats qui surviennent journellement dans Romans, à l'occasion de Texercice de Tune et Tautre religion, le maréchal de Vieille- Ville, lieutenant général pour le roi en Lyonnais, Dauphiné, Provence et Languedoc, enjoint aux juge et consuls de Romans de désigner trente personnes pour la pacification de ladite ville et pour rexécution des édits du roi, et sur les
(1) Bnnemond Lacombe était m ancien religieux Carme, qui cher*
chail par des pxc^s dezèleà fairo oublier sonpassoMinistre éloquent, cbef actif et Influent du parti delà Iléforme daub ilumans, il obligBtH les antorltée ft eompter avec lui. Cédant à sa pesrïon pour la propagande armée, il sulTit lea bandes proteatantea dans le midi. Fait prisonnier à Seyne (Pussea^Alpea), UlUt pendu à Seoonner,par ordre du duc d'Kpornon, en 1588.
(2) Il descendait de Ptiilippe de GiUier, trésorier général du Daupbiné en 1350, et de Guyot, son fila, aeigneor de Forges, général des llnances.qui, le premier de la famille, vint, en 1389, se fixer à Romans, où il mourut. Jean de Gillier, hmirgreois, fut plusieurs fois premier consul et député aux Etats de la province. Il logea dans sa maison de beats personnages, au grand détriment de ses meubles ; ce dont il se plaignit, et ce qni lui valut comme dédommagement l'exemption des tailles. Il acquit, en 157?., de Glaret, pour 336 florins, le raolard de Luppé sur Genissieu, où plus tard la famlUe lit construire un cbâtten. n avait épousé, le 13 octobre 1546, Madel^ne Vndiet.
(S) François Reynaud, docteur en droit, Ait conseiller au parlement par lettres du il janvier 1574, et moumt en 1599«
plaintes contre le courrier» qm néglige ses fonctions, on désigne à sa place Jean du Poyle (1), auquel on donne vingt agents, stipendiés par la ville, pour exercer une exacte police.
1568. — Octobre 15. — Dans une assemblée k laquelle avaient été invités les membres du Chapitre restés à Romans, les administrateurs de la ville cherchent à se disculper des torts faits à Téglîse : « Il y avait deux ministres qui tenaient le haut bout, et des protestants en telle quantité que la chambre était plus que mi partie. »
1563. Octobre 25. — Le premier consul Reynaud fut envoyé vers M. de Bressieu, qui se trouvait à Lyon. Pendant qiril présentait les lettres d'excuses de la ville, M. d'Eybens arriva avec une dépêche, où les chanoines de Romans se plaignaient des afironts faits aux prêtres par les huguenots, qui excitaient des tumultes lorsqu'ils voulaient faire le service divin. M. de Bressieu,qui avait bien accueilli M. Reynaud, en considération des bonnes nouvelles qu'il apportait, ayant lu la lettre des ecclésiastiques, changea de ton et fut sur le point de jouer un mauvais tour au consul. Il le menaça d'envoyer à Romans une forte garnison aux frais des habitants. A cette nouvelle, les consuls se hâtèrent d'envoyer MM. de Solignac et de Manissieu à Lyon, pour calmer la colère du lieutenant général. Le clergé fut aussi requis de continuer le service divin; on lui offrit main forte et protection contre ceux qui les voudraient molester, et d'informer contre les
il) Marchand, marif^ fi Drevnnnp Delacroix. Cette famille a ajouté à Sun nuin celui de CliàtiUoi) et à fourni des rectcurâ u rUniversilé de Valence.
auteurs des tumultes survenus les jours passés.
1668. Octobre 26, — Dans une nonibreuse assemblée tenue à rhdtel-de-Tille, sons la prési* dence de Pierre Massîs, docteur en droit, taisant les fonctions déjuge, etTassistance de Matthieu Arnaud, substitut du procureur du roi, de Jean du Poyie, courrier, et des membres représen* tant le conseil de la ville, étant convoqués au même lieu Sévcrin Horrel et Eiincmoiid Lacombe, ministres do la parole de Dieu en Téglise réformée; aussi requis et ap])elés liuillaume Micha, niait re de chobur, Guigues Veilheu, chanoine de réglise de Saint-Barnard, Jacques Menou et Charles Jomaron, prêtres habitués, Jérôma Barret, prêtre séculier;
Le premier consul a requis et soimutî les membres du clergé de faire et continuer, suivant l'édit du roi, le service divin, comme ils faisaient avant les troubles, leur promettant toute aide, assistance et main forte, leur demandant pour* quoi ils avaient depuis quelque temps cessé leurs offices. Lesdits chanoines et prêtres déclarent avoir discontinué leur service à cause des troubles et tumultes faits par certains étrangers inconnus (1) et des enfani» turbulents. Ils of&ent de fiftire et continuer leur service, moyennant la promesse queleur fait la ville de les protéger et défendre. Et, sur lechamp, lesdits chanoines et prêtres, accompagnés detoutes les personnes présentes, se rendent à l'église, où ils célèbrent paisiblement la
fî) Siins dontp. comme dans toutes les révolutions, parmi les plus s(^(iitieux se trouvaient des étrangers, gens sans responsaliililé. qui Il avaient mot aleiuent ni matériellement rien ù perdre. Mai^ ii est évident aotsi qae, daos leurs déposltloDS, tes témoins n'osaient dénoncer des comiwtrlotes coupables et bien eonnns.
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messe. Plusieurs des assistants surveillent les portes et font des rondes autour de l'église pour empêcher aucun trouble de se produire.
1563. Novembre 2, — Sur une requête de Guillaume Micha, maître de chœur, et des autres chanoines du Chapitre de Saint-Barnar 1 . le baron de Bressieu, lieutenant du maréchal de Vieîlle-Yille» commet et délègue Antoine Guérin» lieutenant du juge de Romans, pour « procéper aux informations et visitations des ruines, démolitions et pilleries faites dans les églises et hôpitaux de ladite yille depuis Tédit de pacification. »
Du 29 novembre 1563 jusqu'au 20 juillet de Tannée suivante, ce magisti'at, assisté de M. Ponson du Vache, substitut du procureur du roi, visita les lieux désignés, constata les actes dénoncés et entendit les dépositions de vingt, témoins (i). Dans les pruces-verbaux de cette
(1) Ces dépoBtttooa, sauf quelques varianteft, portent sur les mêmes fàits; elles sont peu précises quant aux dates et pleines de
rAtiepncos foiirhani les coupables. Nous nous bornons à reproduire celle qui paraît la plus uumplëUi :
. « nu Jour de Janvier 1564.
« Item, bonorable homme Bernardin (iulgou, marchand de Romans, Api^ de fir» ans. rnqnis moyennant «prmpnt. dit ot df^poso avoir vu l'église de Saint-Harnard auparavant les troubles derniers pour le bit de la religion, fermant de bonnes portes et feirures, étant dans icelle une turbine de marbre sur douze piliers, les uns do marbre, les mitre? (îe porpbyre, avec un chœur joignant ladite turbine, bien dressé, garni de siètîos et histoires en bois de noyer, et garni de pourpitres et plusieurs beaux ei bons livres, et au-dessus dudil chœur un grand treillis de fer, et un peu plus haut un grênd autel de marbre d'une fîrandc structure ; et au-dessus du fïrand autel, avec des r/i.isses cruiYr-rtes d'argent, appelées Tune Sainl-Bamnrd, l'autre les Trois-Doms et l'autre Saint-Anitor ; et, outre lesdlts treillis, il a vu trois autres treillis de fer, Pun & la chapelle où l'on disait la première messe, l'autre à la <Aapelle de Saint-Denis et l'autre à une sépulture d'un évèqne.
ANNALES DE LA VILLE DË RUMANS
longue procédure on trouve en résumé les faits
suivants :
Eglise de Saint-Bamard, — Trois reliquaires couverts d^argent, joyaux, argenterie, chapes d^or, de velours, de soie, deux jeux d^orgues, une horloge, des grilles et des treillis de fer, cinq grosses cloches, une turbine de marbre supportée par douze colonnes, le grand autel et tous les autels des chapelles (1), les fonts baptismaux, les bénitiers de marbre, portes, fenêtres, vitraux, stalles du chœur, toiture, croix dorée, serrures, archives, livrer, papiers, le tout enlevé ou détruit.
Eglise de Saint-Romain, — Découverte et
« Davantage dit avoir vu en icelle église deux pièces d'orgues, une grande et lea autres moyennes, étant sar deux chapelles voûtées, appo]<Î!es rune de Nofff-Damf (*t l'rmtro de Saint-EIny
« Aussi a vu dans ladite église des vitres historiées par toutes tes fenôti'cs.
• Le clocher de ladite église bleu garni de plusieurs bonnes
cloches, tant Krosses, moyennes que petites; avec aussi ladite ("'^lisc bif'n fournie de riches fmbit», comme chapes de velours, de liumus et autres draps de soie.
« Pendant et durant lesquels troubles, les turbines, cbœur, tour et autels de ladite éi-iise ont été rompus et démolis, tous les treillis de fer enlevés, vendus, pesés, puis débités dans la boutique de Jacques GuiUaud, marcliand.
« Et pour le regard des clocbes et orgues, dltqu'elles ont été abattues et emportées, une partie en pièces et Tautre partie entière, en la maison consulaire.
«Et, dès le commencement du mois d'août dernier, dit bien sçavoir que les portes et vitres de ladite église Airent enlevées, rompues et brisées, à sçavoir: les portes une nuit fbrent toutes jetées en la rivicre de l'Isère, et les vitres en plein jour^cassées et brisées, et le plomb enlevé.
c Et dit aussi avoir tu, m dessus de ladite église, deux égullles appelées à P/ieure neuve, à la plus baute desquelles sa croixétait fînn'M'. .
« Ainsy ay déposé. B. Guioou. »
(1) Ces eliapelles étaient au nombre de neuf.
partie des murs renversés, maison de cure dévastée, jardin rasé, puits comblé, ferrements et serrures enlevés.
Eglise de Saint^Nicolas. — Entièrement ruinée, sans portes, sans fenêtres et sans cloches.
Eglise de Sainte^-Foy, — Sans couverture; portes, fenêtres, turbine, chapelle de Saint-Thomas démolies, cloches enlevées.
Chapelle de Notre-Dame sur le pont — Âutels des deux chapelles superposées abattus, portes et fenêtres brisées.
Hôpital de S&inte-Foy. — Armoiries du Cha^ pitre partout enlevées, provisions pillées, autel renversé.
Ilôpitul de liebatle. — Dans la chapelle, Tautel entièrement rasé. Dans les salles, tous les lits des pauvres dégarnis, hors quatre.
1563. Nocembre 26. — Le baron de Bressieu, Jacques Philipeaux et Feys>e de Beauquemare, commissaires du roi pour l'exécution de Tédit de paix, font une ordonnance pour la nomination des consuls et conseillers do l'assemblée de la ville de Romans et pour la tenue des séances. Les uns et les autres devaient être en nombre égal de Tune et l'autre religion.
1564. Janvier 20, — MM. de la Madeleine ■ et de Bauquemare, conseillers du roi et commissaires pour Pédit de pacification, se rendent à Romans et ordonnent d'assembler les notables de la ville pour procéder à la nomination des administrateurs de Fhôpital et de PAumône géné^ raie. Ils enjoignent aux chanoines de désigner de leur côté deux députés pour faire un nouvel inventaire. Les protestants se plaignent de Pinsuffisance de ces mesures.
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1664. Mai 4. — Des lettres patentes de Charles IX maintiennent les chanoines de Saint- Barnard en la possession des droits de perceyoir des dîmes, cens, pensions et rentes suiyant l'ancienne coutame.
1664. Juin 7. — L^église des Cordeliers ayant été rendue au culte catholique, les CaiTÎ* nistes établissent leur temple au quartier de la Yille-NeuYe ; mais ce local était incommode et insuffisant. Sur la demande de leur syndic, Jean Magnat (1), ils obtinrent, pour la construction d'un noiivean temple, un emplacement communal situé ,iiL\ vieux fossés des Terreaux, près de la place de Jacquemart.
1564. Juillet 2. — La peste s'étant déclarée et ayant l'ait des victimes à Lyon, Vienne, Chantemerle, Mercurol et autres lieux circon voisins, il est prescrit d'exercer luie grande surveillance aux portes de la ville, où des citoyens seront de garde, à tour de rôle et à peine de vin^^ sols d'amende. On nomme un capitaine de santé, un chirurgien, un apothicaire et des galopins, que Pon place à l'hôpital des infects ; et, le 7 août, il est fait un règlement conventionnel pour le service de deux chirurgiens, aux gs^es de 100 livres chacun (2).
- 1664. Août 16. — Le roi Charles IX, accom* pagné dVne suite nombreuse, y compris quatre
. (I) C'<^tait un des meneurs tl» P'"ii iJi'utfStanl et un tripotnnr d'afl'aires. n était à la tcte de toutes les démonstrations pulitiques ou religieuses, comme dans tous les emprunts et rournibires de tâ Tille. Tout autre était Pierre Magnat, docteur en droit, premier
consul en If.SO et lôfll, plusieurs fnis député ;uix Etnts do la province et souvent délégué a Grenoble pour les afTaires de lu ville. (2) Voy. Les pestes de Romanêt p. H.