‹ Annales de la ville de RomansChapitre 5 sur 8 · CG · texte numérisé non relu

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médecins, arrive à Romans. Il y revient quatre

jours après, le 21; ce prince repart le 22 pour aller coucher à \'aleiice. La dépense faite à cette occasion, pour lu nounituie et If personnel, s'éleva, le 17 août, à 158 livres 3 deniers, et le 21, à na livres 18 sols 2 deniers.

1566. 'j:> 1 - - Hans Tassemblre Géné-

rale poui- rék'ctiuii des nouveaux consuls, le juge royal, Antoine Ou(''i in, ouvre la séance par un discours dans lequel il exliorte rassemblée à ne confier de mandat qu' « à des personnes ydoines et expéi-imentéc^s des afîaires de la communauté, à se dépouiller de toutes airections personnelles, à ne pas s'arrêter à la div(M sité de relig'îon, ni à mettre les unes d'une et les autres d'autre religion, sans avoir égai d s'ils sont sulfisants, et aussi à songer aux édits de pacitication, par lesquels tous doivent être unis les uns les autres et n'être plus que frères et concitoyens. »

1586. Mai 15. — Les Pères Cordeliers préviennent les consuls qu'ils ont envoyé une requête au parlement pour reprendre les reliquaires, joyaux, ornements et papiers qu'ils avaient placés durant les troubles dans la maison consulaire.

Les consuls répondent aux Pères qu'on aurait pour eux « toute aide, faveur et assistance, mais que l'argenterie a été convertie et utilisi'e par la crainte et la mollesse des consuls qui étaient alors (2). »

(1) Par suite de Vèdit de Rousâillon.

(?) T.o H s('iiffml)i'e 10tl,la vilNî dmiiia :iiix Pèi«'s Corddi' t-^ tinc suriitiu- (le l.lNiK) livres, pour iHro «Miipluyt'tî aux Iruvaiix di' rcjiarulioa du t ouvent, comme indemnité de la perle de leur :ir{i;enteriii. I 10

AK1UUE9 DB Là VILLE DB BOMAIIS

1566. Décembre 28. — Le président Tnichon vient à Romans et, trouvant la yilie tranquille, il invite les consuls à convoquer une assemblée de notables, composée de 40 membres de l'une et l'autre religion, pour s^occuper des afTaîres de la communauté et prêter main-forte à la justice. Les dizainiers de cette compagnie furent : 1* Barletier, sieur d^Arthemonay , 2"" Antoine Coste, 3* Bonaventure Guigou et 4° Mathelin Thomé.

tS6*7, Juin 2i. — La maison consulaire étant tombée ou ruines, faute d'entretien, les archives de la ville furent déposées chez Jean de Gillier et la fameuse bulle dur confiée à Pierre M assis, doctein- en diuil. Les assemblées se tinrent provisoirement dans la maison de Jean Guigou, marchand, puis dans Tliôtel de l'archevêque.

Pour le louaize de ce local, Jacques Reynaud, rentier du prélat, demanda trois écus d'or, que la ville priva.

1567. Septembre 30. — Pierre de Chaste, seigneur de Geyssans et de Saint-Muris, « venu avec quelques-uns de ses voisins », s'empare de Romans par surprise un vendredi matin. Après avoir mis de fortes gardes aux portes de la ville, il se présente, en compagnie de François de Yeilheu, de Ourson, devant rassemblée, où se trouvaient le juge et les autres officiers de justice ; il dit que « pour les affaires survenues à Sa Majesté, il aurait été commandé par des plus grands princes et seigneurs du conseil de venir en icelle ville lui garder et conserver, et lui tenir lamainà ce que, suivant les édits, le peuple lut contenu en paix, liberté de conscience et exercice de sa religion ». Il priait les consuls de lui livrer les clefs des portes de la ville, leur assurant qu'il ne

serait fait aucune violence ni empêchement à chacun d'exercer sa reli^^ion, ainsi qu'au juge de rendre ia justice ; s'oliiant de le protéger et de mettre dans la ville sesenûints comme otages. li termine en exhortant les assistants et les autres personnes, à s'embrasser les uns les autres on une ferme amitié pour le service de Sa Majesté et la conservation de la ville.

MMi de Geyssans et Veilheu s'étant retirés, l'assemblée conclut unanimement de jurer amitié fraternelle et concorde entre tous les habitants de l^une et Tautre religion, sous Pentière obéissance de Sa Majesté et Tobservation de ses édits. Quand à la demande des clefs, on en avisera incontinent Mgr de Gordes, lieutenant général pour le roi en ce pays (1), et les membres du parlement, pour entendre leur bon plaisir et ensuite obéir à leurs commandements et avis. A ces fins, on prie M. de Bruyère ("2) de se rendre à Grenoble pour les avertir de tout et recevoir leurs ordres. Cette délil)ération est homologuée pav le juge, du consentement du procureur du roi.

1567. Octobre 3. — M. de Oeyssans fait garder par des troupes étrangèi ivs les portes de la ville et demander les clefs de la tour sur le pont, dans laquelle il y a des poudres à feu et des

(1) Bertrand Haimbaud de Slmiane, Itaron de Gordes, né le 18 octobre i5i3, lieutenant (général en Dauplliné en 1564. mort a Montèlimar le 21 révrier 1578. C'était un luMiimo jiisip, modéré, tiiimnin, caractère fort rare ù celle épofjue, on les plus violenlos passionï» étalent décbainées.

(2) Jean-Paul Uruyère, ou mieux Bru«'re, docteur en droit, avocat, lit'iHf'nant en la judicature en l.'.OI. (iliisifiir.-« fois premier consul ; sou nom ligure eu celte qualité au bas du portrait de Perrol de Verdun.

munitions qui appartenaient à Pierre Barlétier, d*Arthemonay. Il requiert, en outre, des billets de logement pour ses soldats. Le conseil invite le sieur Barlef.ier à livrer ses poudres, dont on le

satisfera. Au sujet des billets de loj^ement, M. de (ieyssans est prié de patienter jusqu ;i ce qu'on ait reçu une réponse du lieutenant srénérai ; en attendant, il pourra lo^'er ses soldats dans les cabarets aux Irais de la ville M. Jean de Valence et M. Ilumbert Dnhoys sont nommés w pouî' V avoil rij'il et y tenir la main. »

1ÔÔ7. Octobre (i, — Des lettres du baron de (iordes et do la cour du parleinont |)rescrivent au juge et aux consuls « de tenir la main k ce que les armes prises soient laissées et tous étrangers se retirent, et que la ville soit remise en paix, sûreté et liberté de commerce et trafic, comme olle était auparavant, de manière que Sa Majesté en reçoive contentement ».

Sur rinvitation du juge, rassemblée renouvelle le serment d^observer Tunion, la concorde et la fraternité les uns envers les autres; que cependant, eu égard aux troubles, on fasse garder les portes par les habitants de la ville, pour obvier aux surprises et accidents qui pourraient arriver; et qu'enfin depuis ce matin la plupart des soldats qui étaient venus avec les sieurs de Geyssans et Veilheu étant sortis de la \ ille, on invitera Ils autres à riMounier cbez eux, sans crainte d'être offensés ni molestés.

1567. Octobre 9. — Miolans de Cardé, serré d(» pirs par Tarmée du baron de Oordos et ne se trouvaiit pas en sûreté à S;iint -Antoine, vient se réluji'ier dans Romans. Il envoie ({uorir, « à Pissuc de sou dîner », les consuls et les notables.

Il est Tenu en cette ville, leur dit-il, parce qu'il a entendu dire qu'on n\y voulait pas reconnaître le seigneur de Geyssans en qualité de gouverneur. Il ordonne de faire mCirer quatre portes de la ville et de préparer des vivres et des lojrements pour ses troupes, qui ne devaient pas tarder crarrivor; enjoignant d'ohùir au sieur de Geyssans, autrement il eni[)loiera la force et la rigueur, quand il ne voudrait user que des voies amiables.

Les conseilîei's do la ville, ainsi mis on demeure et n'ayant aucun moyen de résister, concluent que, « attendu le trouble ot rontrainto où Ton est constituô, pour obvier la iacberie ([u\m pourrait faire aux sieurs consuls, on obéira à tous les ordres donnés par le sieur de Gardé ».

1567. Octobre 16. — M. de Bruyère rend compte de la mission dont il a été chargé par la ville auprès du ])aron de Gordes et de la cour du parlement, et du bon accueil qu'on a fait aux lettres des consuls» Il ajoute qu'il avait reçu desd. seigneurs, pour M. de Geyssans, un paquet dans lequel il y avait une lettre pour les consuls. Mais ledit sieur a gardé cette lettre, en disant qu'il voulait la communiquer à M. de Cardé et qu*îl savait ce quMl avait à faire. Les consuls ayant supplié le sieur de Cardé et le sieur de Geyssans de vouloir donner lesdites lettres, ces derniers ont refusé, en disant que ceux de Valence n'avaient ou les leurs non plus qu'eux, et qu'on les leui' montrerait quand il serait besoin.

1667. Ocfnfire 19. — Les consuls exposent à rassend)l(n' iiénoraJc que le sieur de Tieyssans, commandant en cette viile, leur demande de iour-

AMNALE8 DB LA VILLE I)B RUMANS

nir « estât et entretènementpour le dégrever des dépenses qu'il a faites » ; qu'il conyient de couvrir les fournitures occasionnées par les gardes de la ville, la construction de portes aux murs de risère, le mûrement de celles de Bonnevaux et de la Bistour, le payement des manœuvres envoyés aux champs quérir des bois et autres munitions. Il est aussi arrêté qu'on donnera encore dix écus au sieur de Geyssans, en le priant de soulager la ville autant qu'il le pourra.

1567. 0<inbre2S. — Le ju^e royal fait une proctMlurc |)our constater les dépits commis dan.s PôLilise de Saiut-Barnard, notamment dans la cluimhre des compt es et dans celle des archives, où les papiers du Chapitre ont été pillés, brûlés et jetés par la ienêtre, les livres et joyaux volés et enlevés.

1567. Oclohre 27. — Fanatiques et indisciplinés, les soldats de Miolans de Cardé pillent les habitants, spolient et saccagent les églises et mettent le feu aux quatre coins du couvent des Gordeliers. Cet événement est ainsi relaté dans le registre des délibérations du conseil :

« Plus proposé, le bruslement comis le jour d'hier (1) par les soldats au couvent des Corde-

ci) lo p. Pascal Gottîn, (tans son//«s/oire du couvent/les (Gordeliers, dil que cet événemeni cul lieu le lendemain de la fôte de saint François, c'est-i-dire le & octobre. Cet htolorfen n'aurait pas commiê cette «îrrcur s'ii avait eu sous les yeux le ief:istrc supplémentaire et hors (le s«;>rie où se trouvent les procès-verbaux des déIib«^rations de la commune, du lit mars li6G au "27 décembre lâ07, ctmildant les lacunes qu'on remarque dans le registre ordinaire de 1564 à 1572, qui avait été quel(|ut' (♦■infis égaré : ce qui s'explique an inilifii dr-^ troubles qui régnaient: el, de plus, rhôtcl-de-ville étaiii aUn» cii ruine, les asseiublécs se tenaient dans une maison particulière, et les archives étalent entassées dans une autre.

liers, contre tout empesehement qu'on y aye voulu et su mettre 5 comme c'est qu'on y debvra procéder et du soulagement desdits Cordeliers qui sont en ville.

« Item, si Ton doit retenir les ferrements et aultres choses qui sont audit couvent, lesquels les soldats prennent et emportent, quelque défense que le seigneur gouverneur leur fasse faire.

<c Conclu de faire informer dudit bruslement et procédures pour le deschar de la ville et en

requérir Monsieur le ju<;e, et qu'on ne retire rien desdits ferrements et bois, attendu le désordre qu'on y faict, k ce que la ville ne s'en trouve rien chargée, desquels aussi par mesme moyen on fera informer; et quant auxdits ( lordeliers, qu'on les soii!a2"e, et prie les chefs chez lesquels ils sont de les lioui rir et entretenir, et qu ils seront payés de leur revenu. »

1567. Octobre 28. — Revenant à la charge, M. de Oeyssans demande pour lui un logement commode, cent écus pour ses frais et pour l'entretien de ses officiers. Il informe que trois compagnies doivent arriver pour la garde de la ville, et que, afin d'éviter des désordres, il importe d'aviser à leur solde et à leur logement. La ville, impuissante à résister et malgré les exigences du capitaine Bourjat pour sa compagnie, accorde tout ce que demande le sieur de Geyssans, à condition qu'on utilisera les grains et les munitions qu'il a fait apporter des villages voisins.

Ledit sieur de Geyssans ayant fait apporter et remettre des choses ayant appartenu au couvent des Cordeliers, on ne les recevra qu'après due description, et Ton prie ledit sieur

AWHALBS Dl I«A YILLB 1>B ROM AK8

d'ordonner de faire mûror ledit couvent, « pour obvi r :t plus grand dégât et raine. »

1567. Nocembre iO. — M. de Geyssans contraint les consuls de nommer des commissaires pour la recette des munitions de blé, de Tin, de viande, de foin qnll faisait réquisitionner dans les villages des environs. Un jour, les fermiers du Val-Sainte*Marie vinrent réclamer les bœufs et les moutons que les soldats de la «garnison de Romans leur avaient enlevés.

1567. Novembre 15. — Romanet Bollaz, fourrier de la ville, se plaint de la peine qu'il a pour le logement des suldats, « qui arrivent de jour en jour, d'heure en heure ». On lui accorde une augmentation de salaire et un commis pour les écritures.

1567. Noceniiire — « Sur la rcinonstration faite par MM. les consuls do ce qu'ils sont commandés par M. de Geyssans de fournir à Testât de la despense du sieur de Cardé et de Madame sa femme, qui monte beaucoup et telle que la ville ne la sauroit payer à moins de dix écus par jour, et ils ont esté contraints de fournir à ses maistres d'hostel quelque quantité de chair» pain et autres despens »

1667. Novembre 28. — Lettres du conseil delà gaerre,contenant commandement à MM. les consuls de faire lever sur ceux de la religion catholique romaine de Romans, et dans huit jours, un emprunt de la somme de 6,000 livres pour la solde des troupes. Ces lettres signées par de Cardé, Dugas et de Blacons, et Bertrand, secrétaire, furent signifiées par Teston Picliat, sergent (huissier) royal à Romans.

1567 — 1S6B Ul

L'cissemblée générale i)n (testa contre cette exorbitante oxartion, qui jjesait sur une soiile catégorie d habitants Mais, sur une nouvelle lettre de GrussoK comte d'Acier, la ville fut encore une fois obligée de céder à la force et de faire îr ver cet emprunt.

1668. Mars 23 — Depuis Fépoque où de Chatte • Geyssans s^était emparé de Romans (30 septembre), le nombre des soldats quMI avait amenés fut chaque jour augmenté d'une Ibule d'étrangers et d'aventuriers, qui commirent dans cette ville les plus abominables excès : abolition du culte catholique, proscription des prêtres et des religieux, pillage, incendie et ruine des édifices religieux et hospitaliers, profanation des tombeaux, contributions incessantes sur les catholiques. Le mal était à son comble, lorsque l'armée coraniaudée par de TEstang et des Adrets vint mettre le siège devant Uomans fl). La résistanre fut longue, paiTe ([ue les délenseurii ei-aiLiiiaient d"étre traités par des Adrets aussi cruellement que l'avaieut été d'autres villes qui s'étaient rendues à hii.

1568. Avril 18. — Le baron de Gordes remet sous Tobéissance du roi la ville de Romans, et, malgré de trop justes griefs, il use envers les habitants d'une grande indulgence.

1568. Avril 29. — Les chanoines sont invités <c à rétablir la cloche et la sentinelle sur leur campanil, à la forme qu'ils faisaient aux pré-

fl^ Pendant quf'dps Adrets bloquait Rumans, un soldat buurfiuignon sortit de la ville i>our aller assassiner ce chef dans son camp ; mais ayant été pris et ayaot av«raé aon dessein, de Gordes le fli pendre. '

cédents troubles et à leurs despens» et de faire garde en personne à leur tour et ordre aux portes de ladite ville et les rondes de nuit. » Ils offirent de payer la moitié de la dépense, à condition que la ville paiera Pautre moitié.

1568. Septembre 6. — Le baron de Gordes autorise la ville à acheter des armes jusqu^à la somme de 3,000 livres, pour armer les habitants catholiques. On en acheta à Lyon pour 2,200 livres.

1569. Janvier S. — Par ordre du gouverneur, on établit un rôle de ceux de la religion p. r., pour leur faire payer une cotisation en faveur des hommes préposés à la garde de la ville et le remboursement d un emprunt contracté pour le lofi'ement de la troupe en 1567.

1569. Mars 9. — Le Chapitre de Saint- Barnard, redevenu libre, présente au roi un placet dans lequel il énumère les pertes qu'il a faites par suite des guerres.

1570. Avril 27. — Sur Tordre de M. de Saint* André (1), gouverneur de la ville, le juge royal, assisté du conseiller de Bellièvre et de M. d'Eybens, trésorier de France, communique une lettre du lieutenant général de Gordes, datée de Valence, qui invite chaque habitant de Romans à faire provision de vivres pour trois mois, et prescrit à la municipalité d^acheter 2,000 sétiers de blé qui sont déposés à Tain et qui ne devront être mis en consommation qu'en cas de siège.

Claude Manuel, « l'un des notables bien zélés aux affaires de la république, » offre de faire ledit

(1) Philippe Plùiibert de Cervièrea de Sainl-Anaré.

iXH — 1571

achat, à condition qu'il sera garanti de tout dommage : ce qui est accepté. La dépense monte à 600 écus.

1670. Juillet 5. — Des lettres patentes d'Henri III, données h Compiègne, prescrivent la démolition des Tnaisons construites trop près des remparts de la ville de Romans, au préjudice de la défense.

1570. JuiJlpf i9. — En considération des services nombreux nmlus à la ville par M. de Saint-André, chevalier des ordres du roi, ynnverneur de Romans et du bailliage de Saint- Marcellin, en l'exemptant du log ement et du passage des troupes de pied et de cheval, en obtenant des secours pourTaider à supporter les frais delà guerre et une infinité d'autres services, et sur le désir exprimé par ledit gouyerneur de recevoir en présent de la ville une maison et, si c^était possible, celle de feue Madame de La Baume, il a été conclu qu*on achètera ladite maison, si les propriétaires veulent se contenter de 17 à 1800 livres.

1571. MavB 21, — Le baron de Gordes se

trouvant à Romans, ceux de la religion p. r. lui présentent une requête, contenant plusieurs griefs et plaintes au sujet de l'élection des consuls et des mondjres de l'assemblée communale.

1571. Octobre 26. — Les consuis si<jnaient

à la cour du parlenv^nt le grand nombre d'étrangers qui se sont relugiés à Romans depuis les troubles et qui, presque tous sans ressources, prennent part à toutes les séditions et enlèvent les aumônes qui appartiennent aux pauvres de la ville. Ils demandent que ces étrangers soient

renvoyés dans les pays dont Us sont originaires. On nomme, à cet effet, un chasse-coquin, aux gages de 30 sols par mois.

1672. Janvier 24. — L*ofïicial de Tarchevêque de Vienne se plaint, au nom de plusieurs notables de Romans, de ce qu^il ne se dît pas de messe paroissiale dans Téglisede Saint-Baârnard. Les chanoines répondent que la ruine de Téglise ne permet pas d en dire. Cependant ils vont faire recouvrir et fermer la chapelle de Saint- Jean, afin qu on puisse y célébrer le service divin.

1572. Août *2^. — Informé des intentions secrètes de la cour et ne se méprenant pas sur la cause du meurtre de Tamiral Ooligny, le baron de Gordes, dans une lettre aux ronsuls de Romans, affecte de ne connaître et de ne recommander que les déclarations publiques du roi. Il prescrit d'armer les catholiques et de leur faire faire des gardes, « surtout avec une telle modestie qu^il ne soit faict aulcun desplaisir à ceulx de la nouvelle religion. » Il rend ces magistrats responsables « de toute émotion qui pouroit se en suyvre. » (1).

£n conséquence de ces ordres, les consuls prescrivent aux capitaines de quartier de faire prendre les armes aux hommes de leurs compagnies.

1673. Septembre 10, — Le secrétaire de la ville, Loyron (2), ayant été député par les con-

0) Voy. Lettres inidUM ctu baron de Gordes, p. 5.

('.') Gabriel Loyron, notiùre et secrétaire de la ville dès l'A'i. U Tut flf^pnli'' p,ir la viîlp ;i Viennp. ph sepifmhrp ^">^.^. au <!ijet de IV'lal»llssement de nouvelle:» c«inlrihulioas. Le Uliupitre le récompensa par lu

suis vers le baron de Gordes pour désapprouver « la dampnable et malheureuse entreprise dressée par les Huguenots sur Pestât et personne du roy, et rassurer du dévouement des bons et loyaux subjets catholiques », le lieutenant général répondit par une lettre adressée à M. de Veaunes, premier consul» dans laquelle, ayant égard aux suppliques des habitants de Romans pour être soulagés des fiardes, il ordonne que dans ce service il y aurait autant de protestants que de catlioliques; mais les premiers pourraient se faire exonérer en payant six sols à ceux qui les remplaceraient. Il a soin de recommander que, « à l'exaction desdits six sols, il ne s'y commette aulcun abuz (1) ».

1572. Sppfpmhre 21. — Le contre-coup de la Saint-Bartliéleniy se fait sentir dans Honians. Un dimanche, des g-ens inconnus et masqués envahissout les prisons et y tuent « sept religionnaires des plus obstinez. » Les autres prisonniers avaient été relâchés après avoir abjuré: 40 par ordre du baron de Gordes, et 13 par les soins de leurs amis.

De Gordes fut « très marry et mal content »

de ce déplorable événement, dont la connaissance devait aussi, assurait-il, mécontenter le roi. Par une lettre écrite de Laval (2), le 27 septembre, il ordonne à M. de Veaune de faire une enquête pour sévir contre les meurtriers. Il n^accuse ni les autorités ni les habitants de Romans, parce qu'il connaît leur fidélité et leur modération ;

remise de plusieurs rentes puur avoir sauvé des titres et papiers. W

mourut tMi i:)8ô.

(I) Voy. Lettres inéditeti du hnran de <;t,r,!i-^, [t. U. {i) Cliàltîau et village a i lit- ues de Oreiioljle.

146 ANNALKb UK LA VILLK DE HUMANS

mais il blâme yiTement la conduite du capitaine de aervice (1).

15741. Octobre 22, — « M. de Veaulne, premier consul, a remonstré quMl est arrivé en cette Tille un painctre, ayant commission du roy de pourtraire toutes les villes de son royaulme, pour réduyre en après tous les pour» traicts en ung volume ; et pour ce qu'il a travaillé à Grenoble, à Montélimar et à Valence, qu'on recogiioisse ses p(n'iics. »

« Il est conclu rju uii le fasse travailler àTimitation des autres villes, et pour recognoistre ses peynes, les consuls s'en remettront à la discrétion du sieur de Veaunes(2). »

1572. Dt'conbre 10. — M, Jean de Solignac, seigneur de Veaunes, est nommé commandant de cette ville. L'assemblée, eu égard aux peines et bons otiices que de tout temps il a eus à Tendroit de la ville, a décidé de lui donner 50 Uvres pour chaque mois de l'exercice de sa charg-e II est remplacé par M. de Montchenu, lieutenant du baron de Gordes.

1578. Avril 23. — La cour du parlement donne commission au vibailli de Saint-Marcellin de faire le procès À ceux de la nouvelle religion, pour crime de trahison et conspiration tendant à s'emparer de la ville (3).

(1) Voy. ^nnate« de Aonutns penUant to« guerres <te iwitglon, p. 59.

(2) Il s'agit probablement ici du travail (|ui figure daoa la Cosmograp/ite de François de Belleforost, dans laqaelte, en effel, ae trouve une vue à vol il'olseau de la ville de Romans, vue an reste fort inexacte. (A Paris, chez Niculaâ Ciiesneau, rue Saint-Jacques, au Cbesne Verd, 167j.)

(9) Le jeune La Riblnllëre, fait prisonnier à laaulte de réobaufTourée do Moras. amené à Romans, fut exécuté dans cette ville, ainsi que ses complices Dubois et ses liis.

im — 1573

1573. Juin — Arrivée à Romans d'une compag-nie de Suisses pour la g'arde de la ville. Il avait été convenu entre le lieutenant y"énéral de la province et le capitaine des Suisses, Figuli, que la paye de cette compagnie, montant chaque mois à 1,200 écus, serait soldée par le pays, mais que la ville de Romans en ferait l'avance et don-» nerait en outre une gratification de dÛO livres au capitaine.

1578. Juillet 4. — M. de Moidieu, commissaire général des vivres, informe les consuls qu'il va être établi pour l'armée du baron de Gordes un magasin, qui sera alimenté à raison de huit sétiers de blé froment par feu, avec foin, avoine, viande et vin, conformément à Tétat qui lui a été remis.

1573. Juillet 9. — Un commissaire du roi, député pour la visite des églises de la province endomiiiagées pendant les troubles, constate les dévastations commises dans l'église de Saint- Barnard, dans la maison abbatiale, dans celle du sacristain, des chanoines et dos prêtres

1573. Juillet 19. — Le Ciiapitre de Saint- Barnard fait déclaration devant M" Pierre Delacour, notaire (1), conmiis de rolliciai et vicaire général de Vienne, des pertes, dommages et intérêts soufferts de la part des religionnaires.

Les délégués du Chapitre déclarent queiacoUégiale de Saint- Barnard compte en tout quinze chanoines,dontsept non-résidants,deux chanoines

(l)La famille Delacour renumte fort loin dans l'Iiistoire de Romans. On trouve en 13'il un Pierre Delacour, notaii »■, qui. !<' ?1 mai de cette année, rédigea un uccurd entre le Dauphin et les babilanu> de Romans.

ANHALB8 DE LA VlIiLB OB mOMAMS

a))p('l(^s panetîers, un soiis-eapiscol, chanoine de T(iunuis,où il réside, quati'c curés puurla paroisse de Saint-Bariiard, un curé pour colle do Saint- Romain et un cuié pour celle de Saint-Nicolas, un esclaffard et noul' ch^'ireons, enfin douz(^ officiers laïques. 11 y a aussi un Cordelier pour annoncer la parole de Dieu et un maître d'école pour instruire la jeunesse.

L'éi:lis(^ (le Saint-Barnard, fortement endommagée lors des premiers troubles en 1562 par ceux de la nouvelle opinion, fut presque totalement ruinée en 1567 (1). Ses pertes ne pouvaient être estimées à moins de 200,000 livres, sans v comprendre la maison abbatiale, la maison du sacristain et celles des prêtres qui ont été démo* lies et ruinées. A quoi on peut ajouter la perte des prieurés de Sillac, Saint-Félicien et Saint- Victor en Vivarais, dépendants de Téglise de Saint-Harnard, alors occupés par les calvinistes de ces pays.

1573. Octobre il. — Par une lettre écrite de Montôlimar le 14 de ce mois, le baron de Gordes prie de la manière la plus pressante la communauté de Romans de lui prêter la somme de 1,000 écus, dont il fora une obligation en son propre et privé nom. Il termine on disant : « Je vous prie encore une fois de me vouloii accommoder de ce que dessus ; mais c'est de telle ati'ec- • tion comme si estoyt pour retirer ung de mes enfants des mains dos Turcs. » Ot emprunt fut immédiatement réalisé par une cotisation sur les aisés.

(1) Les dumnia;;es causés ù régUso de Suint-Buroard rureiil bien considérables, à eD jufror par le temps et les sommes nécessités pour les réparer.

1578. — Décembre 5. — Règlement pour les gardes.

« Les notables de la yille seront tenus de faire les rondes la nuyct» chacun à son tour, suivant le billet qui leur sera baillé par le sergent major, lequel, par le même moyen, baillera le mot à celuy qui fera la première ronde et fera bailler un fallot et des chandelles pour les rondes ordinaires, que feront les notables chaque iiuyct avec des martjiu^s, suivant le nombre des corps de garde, lesquelles seront laissées aux susdicts corps de garde en passant, et rendues le lendemain par chaque caporal audit sergent inajur pour estre ad vert i de ceux qui auiont déniilly, qui seront ameudablesà appliquer aux soldats de la garde. »

1573. Dikembre 9. — Le baron de (iordes donne communication au premier consul d'une lettre qu'il vient de recevoir du roi Charles IX. Dans cette dépêche, datée de La l'ère du 25 octobre, après un long préambule où S. M. se plaint de la corruption des mœurs, qui s'accroît tous les jours malgré les remèdes qu'elle s'efforce d'appliquer pour arrêter le cours du mal, elle invite instamment son lieutenant général en Dauphiné à visiter toutes les villes de cette province, afin de s'assurer : 1"* si les ecclésiastiques s*acquittent de leurs devoirs; s'ils jouissent de ce qui leur appartient; 2*" comment se comportent ceux de la noblesse ; s'il existe entre ses membres des querelles de quelque importance ; 3" si les ofliciers de justice ont la réputation de s'acquitter de leur charge; 4** quelle inclination a le peuple, et comment les citoyens vivent-ils les uns avec les autres, surtout au

sujet de la religion. « En .^uiniiui, noter et observer tout ce qui concerne le bien et le repos public. »

Dr OorrîoR remit cette lettre au premier consul, en le priant de lui faire un rapport concernant la ville de I{omans. Ce dernier rédigea une longue rc^ponse, dans iaqin^lle il fît l'éloge du clergé et de la noblesse, et signala parmi le peuple « ceux de la nouvelle opinion, qui étaient mécontents et défiants envers les catholiques. » Le rapport finissait en signalant « les menées, entreprises, conspirations, meurtres, assassinats et plusieurs autres actes d'hostilités qui sont journellement faits par ceux de la nouvelle opinion et les nouveaux catholiques (1), se réunissant secrètement en plusieurs lieux, au désavantage des bons citoyens, qui restent désarmés. »

De leur côté « ceux de la nouvelle opinion », Antoine Bonnlnaud, Jean Magnat, Jean Thomé (2), Jean Ranc et leurs adhérents de la ville de

Romans, présentèrent des remontrances au lieutenant général, se plaignant en somme dos nombreuses charges qui pesaient sur eux, notamment des gardes, des emprunts et des logements des gens de guerre, et surtout d'avoir été exclus de la maison consulaire. Les consuls répondirent à ces accusations que les charges dont se plaignaient les rélurmés étaient communes à tous

(1) On nommail ainsi ceux qui s'étaient convertis à l'époque de la

Saint-Barlliélomy el (It)iu raltjin alion n«' paraissait pas sliuvrc.

(2) n fut le clH'f de la Itranclie prottstnnfc lie l'ancienne rnmille Tliomû. Un du ses UesccndanU lij^mc parmi les rares iiomanals qui se réfugièrent à Genève après la révocation de PÉdit de Nantes.

les habitants, et que si elles paraissaient plus lourdes pour eux, c^est quMls étaient moins nombreux et en général plus aisés. Ils terminaient en disant que, par amour du repos et de la paix publique, ils ne voulaient pas rappeler les actions et la partialité de ceux de la nouvelle opinion lorsqu'ils dominaient dans la ville.

1574. Murs 22. — M. Cluules Milliard (1) est élu premier consul et M. Ilumbert Duboys deuxième consul. Ces messieurs ayant pour divers motifs refusé d'accepter cette charge, sur le réquisitoire du procureur du roi, Munilnol, le jug"e ordinaire Veillieu leur enjoint do se soumettre à cette élection et de prêter le scrnicnt accoutumé, à peine de 1,000 livres d'amende.

L'amende était de 50 livres pour les conseillers et do 10 sols pourchiique absence.

1574. Avril 24. — Des commissaires du clergé et de la bourgeoisie font une enquête sur les Habitants nécessiteux. Leur nombre s'élève à 5i 1 personnes, dont le soulagement exige chaque semaine 213 aumônes de pain, représentant 785 quintaux par an.

1574. Mai i2* — A Toccasion de l'arrivée à Romans de Charles de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon, gouverneur du Dauphiné (2), rassemblée décide qu'on lui fera la meilleure réception possible. On lui offrira quelques pièces

CI) Plusieurs rois premier consul, il siégea aux États <l(; IMuis au mois d'oclolirc ir>7(i et rapport;» T>;tris iino letlrc d lli rn i lll, ccn(e le 14 juiUet OMl, aux UabiUints de llumans pour le» lèliciter de leur obéissance et fidélité. Il rut receveur de la ville en 1589, et ensuite trésorhîr et receveur g«'in»'ral des tailles en Oauplilné.

(?) cu-M François de Bourbon, daupbln d'Auvergne, pourvu le 2« lévrier 1567.

d'argenterie de la valeur de 3 à 900 livres, et l'on fera confectionner un pally (dais) de taffetas aux couleurs et aux armes dudit seigneur, pour

riionorer à son entrée (1).

1574. Mai 23. — Jean Arnaud et Ennemond I ) )z\ demandent, comme récompense des pertes qu'ils ont souffertes durant les troubles, remplacement du temple dans lequel ceux de la religion p. r. soûlaient faire leurs exercices. Mais Pierre Barletier, Girard Charles et Jean Berger ayant prouvé qu'ils avaient acheté ce lieu par contrat, au prix de 6 à 700 florins, et ayant même offert de le céder à la ville pour 400 florins, sans demander aucune indemnité pour la ruine de la maison qui y était, il ne fut donné aucune suite à la requête des sieurs Arnaud et Dozy.

1574. Juillet i6. — Le prince Dauphin, gouverneur du Dauphiné, écrit de Valence pour informer les consuls qu'il envoie à Romans, en qualité de gouverneur, le sieur de Saint-André, qui avait déjà rempli cette fonction. Il leur enjoint de le recevoir et de lui obéir.

1574. Octobre 17, — Le roi Henri III avec sa suite séjourne à Romans. La dépense pour sa maison est réglée à 158 livres.

1574. Décembre 5, — 2,000 reîtres ou cavaliers allemands, commandés par le comte de Ringrave, traversent Romans. On avait pris à cette occasion les plus grandes précautions contre l'indiscipline de ces mercenaires, qui ajiissaient comme en pays conquis. Les autorités avaient fait prendre les armes à toutes les compagnies, renforcer les gardes des portes, tendre des chaî-

(1) Voy. Les présent» de la. ville de Homana.

nos à rentrée des rues, fermer les boutiques et ordonné d'abattre les saiTosines (herses) à la première apparence de danger.

1575. Janvier 16. — Le roi Henri III préside les Etats du Dauphiné réunis à Romans. II y avait le duc d'Alençon, frère du roi, le roi de Navarre, le chancelier René de Birague, de Qordes, lieutenant général, Jean Truchon, Guillaume de Portes, Ton premier et Tautre deuxième président au parlement, François Fléard, premier président de la chambre des comptes, Saint-André et Sébastien Lionne, commissaires et députés par le roi.

Guillaume d*Avançon, archeYéque d'Embrun, Basemont, abbé d'Aiguebelle, le grand vicaire de Vienne, Anselme Aquin, chanoine de N.-D. de Grenoble, députés du clergé, le baron de Sassenage, député de la noblesse, et André Aréoud, premier consul de Grenoble, et un consul de Vienne, députés du tiers ordre.

Dans cette assemblée on arrête que, poui- continuer la guerre conti'e Montbrun, le tiers état de la province entretiendra 2,000 hommes de pied et la noblesse 50 hommes d'armes.

Le roi partit le lendemain pour Saint- Vallier. La dépense pendant son séjour monta k 275 livres 5 sols 9 deniers (i).

1675. Mars 28. — Le juge royal Veilheu est emprisonné à cause du retard de la ville de Romans dans Pacquittement des tailles.

La ville, représentée par ses consuls, s'engage

i\)\oy. Comptes de la mutaon d'Henri III. rt;tns Rcnu' du DauphÏTiû etduVivaruis, l. III, p. 20t). Le lui avaii lo^e ûuns la tnaisuii de M. Molet

154 AltNALm t>B LA VILCB DE R0HAN8

solidairement vis-à-vis des banquiers de Lyon, qui prêtent 200.000 livres à la province.

1575. Juillet 3. — L'armée réunie à Romans sous les ordres du comte d'Ourches, lieutenant du baron de Gordes, part pour aller à Die. ËUe se composait d'environ 800 cbevaux et 900 hommes de pied, et traînait avec elle des vivres et des munitions de guerre.

1575. Septembre i5. — La compagnie de M. de Chevrières se présente devant la ville ; on ne veut pas la recevoir : elle va loger à M ours.

Le roi écrit de Paris « à ses chers et bien aincz les consuls, manants et habitants de Romans, de bien garder leur ville et de n y laisser entrer aucune troupe sans un passeport signé de sa main »

Cette lettre était accompa.unùe d un billet du baron de Gordes, expliquant que la recommandation du roi était faite à Poccasion de la fuite du duc d'Alençon.

1575 Septembre 29. — Le baron de Gordes vient à Homans. 11 demande pour Tentretien de ses troupes une imposition de 20 livres par feu.

Henri TÎT écrit aux maire, échevins (l), manants et habitants de Romans, pour leur faire connaître son dernier édit de pacification, « dont il espère un infini bien ».

1676. Avril. — Pendant que le baron de Gordes assiégeait Morestel, les huguenots des

(1) C'était probablement une formule de chancellerie, car n n'existail pas alur» à Ruinant» un maire ul des éciievini», mais des consuls.

montagnes, i)Our faire diversion à ce sièjsre, vinrent avec environ ^00 chevaux s'embusquer à rentrée du Bourg-dc-Pra^'e, vers la maladreric, dont il dévastèrent la modeste chapelle. Trente braves soldats, sortis du IN'^aLz'e, tombèrent dans le pièu'e vt furent massacrés. Le lendemain, 150 hommes de la garnison de Romans allèrent jusqu'au pont de la Maladière» mais n'osèrent passer outre, de crainte de bi cnvalerie.

1576 Octobre 6. — Une lettre de Jean de Montluc, évêque de Valence (1), reproche aux gens de justice et aux capitaines de la ville de Romans de faire très mal leur devoir, quand ils pourraient très bien contenir, s'ils le voulaient, le petit nombre de ceux qui cherchent « à pescher en eau trouble » (2).

Le juge et les capil^nes de la ville furent sommés et requis de faire leur devoir, ce qu'ils promirent de faire de tout leur pouvoir.

1576. Novembre 10. — Les consuls ayant appris, sur le rapport de M. le juge Guérin, le mécontentement de l'évêque de Valence sur ce que, à son passage à lîomans, en reveiiaul de Grenoble, on ne lui avait rendu aucun honneur, il est résolu que deux consuls, accompa.unés de quelques antres notables, ir-iirTit à Valence afin de préscMiter au prélat des excuses « pour le général et le particulier », et de lui offrir en cadeau ([uelques i)ièces de vin ou autre chose qu'on pourra penser lui être agréable.

(1) D'aboTd dominlcalD, Il ftitsftzefols arabasBadeur. Il ftit mts sur

lesic^ie (le Valence et rie nie en lô.Vi, mais il n'y jparut qu'en l.>. H. Membre du < ooseil de Catherine de Médicis, il mourat à Touluiue ie 13 avril i:)7y.

(?) Vuy. Afinalee de ta viUe de Romuna pendant tas guerres de re<i^ Qùm, p. 66.

▲MNJLLES OE JUA VILLB DE ROMANS

1677. Janvier 4. — Les huguenots s^étant saisis de nouveau de Livron et autres lieux, et ayant môme commis plusieurs meurtres et ravages à Saint-Nazaire, il est décidé de veiller

avec soin à la conservation de la ville et de mettre,

pendant les troubles, ceux de la nouvelle religion en lieu de sûreté ou dans des maisons de catholiques, qui en répondront; mais que nul ne sera molesté.

A la même date, le baron de ( rordos annonce aux autorités de Romans qu'il leur envoie M. d'Ourclies, pour leur communiquer ses instructions particulières, auxquelles ils devront se conformer.

1577. Février 4. — Le baron de Gordes accorde à la ville la faculté de percevoir un droit de 10 sols sur chaque charrette qui traversera le pont sur Tlsère, pour la mettre à même de subvenir aux dépenses qu^occasionnent la fourniture du bois, des chandelles, de la poudre, des munitions de guerre, Pentretien d*un sergent major, les gardes des portes, les réparations des fortifications, etc.

1577. Mai 6, — Un sieur Claude Choner avait la garde du château de Barbières, lorsquUl fut surpris par les religionnaîres. Il vint se réfugier à Romans, couvert de blessures. Il fut question de l'arrêter pour lui faire rendre raison de ladite surprise. On se contenta de le consigner aux portes, en attendant les ordres du lieutenant général. Le chAteaii lut, du reste, repris par vinj^i soldats qui y étaient restés prisonniers, et rendu aux catholiques.

1577. M ni 11. — A l'occasion du passage à travers la ville des régiments de Crilion, de Lar-

tST

che et de Martinière, descendant en Languedoc, il est arrêté que ces troupes ne passeront que par compagnie ; que pendant cette traversée les habitants tiendront leurs boutiques fermées, qu^ils se rendront en armes à leurs postes et aux portes de la Tille ; que M. de Veaunes et les capitaines se tiendront à la téte de leurs compagnies et ff que aultrement on ofirira à ces régiments toute courtoysie et honneur de la part de ladite Tille. »

Ces précautions étaient nécessitées par les excès que commettaient ces soldats. Plusieurs d'entre eux furent arrêtés au moment où ils vendaient des bestiaux qu'ils avaient volés.

1577. Juillet. — La ville de Komaiis est obligée de payer 600 écus pour la rançon des consuls do Rocliechinard et Bernard, qui avaient été capturés pai- les protestants sur la route de Valence, où ils se rendaient pour atiaires de leur comminiauté.

1577. Juillet 2?. — Sur l'ordre de M. de Moydien, commissaire général des vivres, la ville de Romans est requise d'envoyer des Ix eufs, des moutons, des pains, du vin aux troupes de M. de Gordes, campées devant le Pont-en-Royans. Le siège de cette place ayant été soudainement levé, 4,500 pains, portés à Saint-Nazaire aux frais de la ville, restèrent sans emploi et furent vendus à vil prix.

1577. Août 6. — M. de Gordes, à son départ de Romans, s^est vivement plaint du peu de gardes quHl a kouvés à la porte de Sainî-Nicolas. Il commande d'y mieux tenir la main, autrement qu'il y pourvoira. Les capitaines sont priés de bien veiller & ce service et de prévenir qu^on

AHHALBS DB LA VXLI.B DB aOMAllS

fera murer les portes où le service serait mal fait.

1577. Septembre 29. — Lettre du roi Henri III aux autorités et habitants de Romans, leur annonçant avec joie un édit de pacification qui mettra un terme anx maux de toute sorte qu'entraînaient les troubles.

1578. Février 12. — La ville demande au roi la permission d al berger les vieux fossés des remparts, au profit de TAumône générale.

Elle paie 23 livres au logis du Chapesu rouge pour le séjour qu'y avait fait le baron de Gordes, lieutenant général de Dauphiné.

1578. Mars. — Les principales villes du Dauphiné s'étaient liguées pour refuser une troisième taille de 15 écus par feu, jusqu'à ce que 1" les trésoriers eussent rendu leurs comptes, 2" que le pauvre peuple fut délivré de la tyrannie (les ^'ens de guerre, et 3" f{ui^ le clergé et la noblesse eussent contribué, comme de droit, aux dépenses nécessitées par la défense du pays. Les griefs étaient Ibiidés et le but était louable. Mais ce ne fut bientôt qu'un prétexte. Par suite de Pesprit de révolte qui soufflait alors partout, quelques meneurs populaires s'emparèrent du mouvement, qui dès lors sortit des voies légales pour tomber dans la licence et la révolte: il y eut une sorte de Jacquerie^ contre laquelle réagirent la noblesse et la bourgeoisie, et que, comme on le verra plus loin, réprima sévèrement une commission envoyée par le parlement.

A Romans, un drapier (1) se mit à la tête des

(1) Jean Serve, dli Pommier, ortt;inaire de Muiiirigaud, vint s'établir k Romans, où il s'alU* à deui honorables familles en épousant t* Antoinette Thomé, le 27 février 1560, et 2* Marguerite Loyron, le

isrr — 1578

révoltés. Il s'empara des clefs de la vill<\ dostitua les capitaines de quartier, fit aj)[)ol aux populations des environs et, le l*"^ mars, partit avec 4,000 hommes pour aller assiéger « le voleur Laprade (1) et ses complices à Ghàteaudouble, et pour mettre fin à ses voleries n. Il revint de cette expédition deux ou trois semailles après, sur l'assurance de la punition des coupables que lui donna de Maugiron, à qui du reste, le château se rendît peu de temps après (14 mars 1578).

1678« Mai 7. — La ville fait acheter à Lyon trois goubeàiLx d'argent pour être offerts à Lau* rent de Maugiron, lieutenant général de Dauphiné (2), À son entrée à Romans, qui n^eut lieu que le 1" juin,

1678. Octobre 20. — Les chanoines de Saint-Barnard obtiennent de Robert de Lacroix, vice-légat d Avignou, un monitoire au sujet de Tenlèvement de leurs titres, papiers, documents, joyaux, ornements, etc., ravis pendant les troubles.

1578. Novaiubrp V>. — Laurent de Maugiron, se trouvant fi 1> inans, fait convo([uer une assemliléo générale, ou il révMo |os complots de ceux de la R. P. R. et annonce que le sieur du

SOoorembre 1562. De cliacun de ces mariages tl eutttne fille : da

I"Monllle, du 2«Knncin()neHe. Au milieu (1( s longs désordres causés par les fçueiTcs civiles, Il parvint à capter la faveur populaire, dont il se servit pour usurper l'autorité dans la ville de Romans. Ses guùu militaires lui Talureiit de recevoir on coup d'arqoebufteeni575, dans une renrontrc nv^r" If^^ hnjTnrncits fjni voTiIrnrnt s'approcher du fiourgKle-Péage. Son ambitioo et sa vauité furealla cause desa murt : il eo sera parlé plus loin.

(I) Antoine de Laasalle. Il a été fait une cluuiBon aor la prise de Chàteaudouble, en Ij couplets de G vors

- (?) Commissionné en 1562, Laurent de Maugiron. comte de .Montléans, fut nommé Ululairemcot, après la mort du baron de Gordes, par lettre» de mars I&78.

AintALKS DB LA VILLB DB ROlCAWl

Passn'jo ost charj^^ô (ie nommer un surinten(iant pour la tuition et conservation de la ville, lequel toutefois n'aura pas connaissance de la justice et de la police, mais seulement des gardes.

1579. Février 16. — Sur quelques plaintes des habitants de Romans, Laurent de Maugiron écrit une lettre très affecteuse, disant qu'il veut être leur père et qu'il n'est point étranger à la province, où il a son bien.

1679. Avril 6. — Henri III écrit aux consuls de Romans pour leur donner l'assurance quUl veut bien oublier le souvenir des désordres survenus dernièrement dans leur ville, à Poccasion de l'entreprise contre Châteaudouble (1).

1579. Avril 27, — On requiert à Romans des maçons et des pionniers pour coopérer à la démolition de Châteaudouble.

1579. A/ai 12. — Le conseiller au parlement Michel Thomé est envoyé à Romans par le lieutenant générai de Maupron. Il fait un règlement de police, (Mijoignant aux étrangers de 'sortir de la ville, aux liôteliers de faire la déelaration des individus qu'ils logent, aux habitants de vivre en paix et à ceux (pii servent à la guerre de rentrer avant le délai d'un mois rlans leur domicile, à peine de confiscation de leurs biens. Il fait ensuite prêter aux membres de l'assemblée le serment de fidélité au roi et d'obéissance aux édits de pacification (2).

1579. Mai 19. — Tous les habitants de Romans, chefs de famille, étaient classés par profession et en quatre catégories, qui chacune

(I) Voy. Anii&les de la ville de RomAiia pendant les guerres de reU- }/ion, p. 73, CO Voy. Ibid., p. 74.

élisait un consul Chaque consul choisissait à son tour quatre conseillers, et tous ensemble formaient le conseil de la viIU\

Les séances de ce conseil (3taient publifjues et ceux (|ui le voulaient y assistaient dans une tribune, d'où trop souvent ils troublaient et intluen çaient les délibérations par de bruyantes démonstrations. Pour faire cesser ces désordres, le juge royal proposa À l'assemblée d'augmenter le iiomljro de ses membres et d'expulser le peuple de la tribune. Cette proposition fut adoptée et le juge autorisé à choisir vingt membres supplémentaires. Un peu plus tard, ladite tribune fut démolie sous prétexte de vétusté.

1679. Juillet £9-20. — La reine-mère Cathe*rine de Médicis, accompagnée du cardinal de Bourbon, du duc de Mayenne, du maréchal d*Anville, vient en Dauphiné pour y faire accepter Tédit de pacification de Poitiers Elle demeure deux jours à Romans, pour entendre les plaintes et la justification du sieur Serve dit Paumier, qui exerçait la charge de commandant de la ville sans l'autorisation du roi. Il répondit que le peuple l'avait élu, non contre le service de S. M., mais pour « la conservation du pauvre peuple et pour pouisuivre ses justes remontrances contenues dans ses cahiers. >>

La reine ne se sentant pas en mesui'e de destitue?- ce clief démagogue, se contenta de lui commander, sous peine do la vie, de faire contenir le peuple en modestie, sans émotion, en attendant la résolution qu'elle comptait prendre à Grenoble (i).

((} Voici comment Catheriiie de HMIcb raconte aon a^tm à Rcunaiis dans sa correspondance avec son fils, le roi Henri III :

IH'? ANNALKS nP LA VILLK DE ROMAND

Sur la prière de la noblesse, elle fît enlever de Romans deux pièces d'artillerie qu'y avait laissées de (iordes, qu'elle ordonna de contluire à Lyon, de crainte que la Li^ue ne s en servît.

1579. Août. — Une lettre de la même princesse, écrite de Grenoble aux consuls et habitants de Romans, fait connaître la convention conclue à Montluei et ordonne de la publier et de s'y conformer (!}.

1580. Février i4. — Le dimanche avant Carême, les partisans de Paumier firent un reynage et coururent un mouton. Il étaient au nombre de six cents, dont beaucoup h cheval, ce qui donna lieu à des mascarades, à des branles par la ville avec tambours et cornets, des sonnettes aux pieds et des épées nues en mains, disant que les aisés de la ville s'étaient enrichis aux dépens des pauvres guignants^ qu'il fallait leur faire restituer, etc.

Par contre, une troupe nombreuse d'habitants de la porte de Jacquemart, ayant à sa tête un jeune homme nommé Laigle, firent un reynage et coururent un coq. Quelques jours après, les notables du quartier de la place et du pont voulurent courir une perdrix : ce qui eut lieu le

«Getltx de ceste ville de Romans sont venu» au devant de moy en bon nombre et qui cfstoifnt arme/.. T.onr capirnine, appel»^. Pommier, qui est marcluuKl drappier, m a faicl une sommaire harangue de ma bien venue, et j'ay remis à parler demain À tous ceulx deeeste ville ensemble, y séjournant pour ce qui! est dimanclie. Aussy que je seray bien ayse de parler à . ('rticinlani jf» von<i diray (|iio Irdict Pommier a si grand crédit et autorite parmi ces ligues, (ju au moindre mot quHl dict, il fiiict marcher tous ceulx de ceste ville et des environs. » (Reoue de» Soc. «ao. d«s départements, 1863| t. p. 255).

(I) Voy. Annates de la mit» de Romans pendant tes guerres dereli- 0ù>n, p. 76.

dimanche suivant, sur la place des Gordeliers, en présence de beaucoup de dames et de gens de la Yille. On eut soin délire un nommé Laroche, grand ennemi de Paumier, à qui Ton fit tous les honneurs de la royauté: ministres, ambassa* deurs, maréchaux des logis, archers, gardes suisses et turcs, huissiers, chancelier, aumônier, messe en musique, etc. Le soir, après le souper, il y eut grand bal à l'hôtel de ville. Les hommes des deux tactious s'y étant rencontrés, sortent toiib ai niés et chargent les uns contre les autres; plusieurs sont massacrés. Une bande alla droit au logis de Pauniier, qui se trouvait dehors avec huit ou ueui' de ses partisans et lui-même armé d'une pique Après quelques reproches, un jeune homme lui donna un coup d'épieu au visage, qui fut suivi de deux coups de pistolet et d'épées. Le désordre dura ti'ois jours, pendant lesquels les portes do la ville l estèrent fermées. Ensuite les Uomanais, d'accord avec la noblesse des environs, firent des courses dans la campagne, tuant les paysans « comme pourceaux (1). »

1580. Février il, — « Après ce que M. le juge ayant remontré ce qui est advenu ces jours passés sur les desseins, conspirations et entreprises

(1) Pciil-i^tro faut-il voir diin> ce? év*^n<>nirTit? la mise à exécution (l'un complot ourdi pendant le séjour du Catherine de Medicis A Romans. £n cfTel, elle avait répondu au Juge qui lui demandait ce qu'ilyayaitàftifre: « II faut que lea ipens de bien se rendent les « maîtres, et il n'est pris raisonnable que pour une vlnptnino ou « trentaine de séditieux qu'il y aen cette ville, tout le reste des gens

de bien en endurent. >•

Yoy. Roman, La qumre «tes paysan* en Dauphlné, extrait du manuscrit aai!), p. 137, de la Bibliothèque nationale (liuU. de lu Soc. dWrchrcloiiic ih' hi Ufômr, t. TT. pp. 2? 61149). Voir aUBSi ItiS Mémoires d iiustac/»e Piémond (éd. Urun-Durand, p. 88).

AITMALBS OB LA VSLLB SX B0VAM8

du caf)itaine Pauiuier et autres ses complices, qui avuuiil Voulu attenter sur les gens d'honneur do la ville, conspirer la mort et mas- S«acre d'iceulx, et, pour ce faire, seroient mis en devoir de faire entrer des villaL:(H)is en bon nombre pour favoriser leur entreprise )>, il est conclu par l'assemblée que les portes de la ville seront murées, excepté celles de Jacquemart et du Pont, pour obvier à toute surprise, et que, pour plus de sûreté, les complices dudit feu Paumier et les conspirateurs d'une si condam-^ nable entreprise seront désarmés et resserrés le plus promptement qu'on pourra.

1580. Février 18. — Les seigneurs de Montelier, de Charpey, de Brette et de Bayanne, venus dans cette ville pour porter secours et assistance, désirant se retirer, il est arrêté que la communauté payera leurs dépenses à rh6tel.

1580. Février 27. — Les paysans de la Valloire et du Viennois, soulevés par Innocent Cxentillet, ami et confident de Lesdiguières, demandèrent qu'il fut fait justice de ceux qui avaient « meurtri le populat ». Sur cette plainte une commission du parlement se rend à Romans, sous l'escorte (le trois compagnies de soldats: celles de V(Munes, de La Croze et de La Bal me. Cette commission était composée de M. do Buffevent, président ; François Ruzé, avocat o-énéral ; de six conseillers : Jean du Vache, (n'orues Bailly, Claude Bertliier, Henri Fei'rand, Pierre Duchemin, Franeois Reynaud; de deux secrétaires et un huissier.

1580. Mars 8. — On publie un arrêt du parlement qui ordonne le désarmement de la ville

. Diqitized bv

et défend, sous peine de la vie, aux marchands de vendre et aux habitants d'acheter des armes. Les armes, les enseignes et les tambours sont déposés en lieu sûr.

Mars iO, — La commission du parlement établie à Romans siégea en cour criminelle du 10 mars au 24 avril. Elle jugea 89 accusés et prononça les condamnations suivantes : 44 à la peine de mort, parmi lesquels 10 furent exécutés ; un, décédé, à la flétrissure de samémoire; quatre à dix années de galères, un à la fustigation, sept acquittas, 61 contuiiuLces à ùtre aj)prélic3ndrs au corps. En outre, tous furent condamnés à diverses amendes et à la confiscation de leurs biens au profit du roi, montant ensemble à 15,563 écus. La cour rendit aussi plusieurs arrêts pour l(^<jraliser la vente de ces biens et pour fixer le chillVe des reprises dotales r'éclamées par les femmes et les enfants des condamnés.

Voici la reproduction textuelle du premier jugement, qui est le plus intéressant :

« Veu par la Cour le procès formé extraordinairement contre Guillaume Ro])ert, dit Brunat, marchand, et Joifroy Fleur, boucher, de Romans, détenus prisonniers, et même le procès-verbal de M* Antoine Guérin, juge royal, faict dès le 9" de février 1579 jusques au 15" de février dernier inclusivement; les informations prises contre les factieux, séditieux, rebelles et conspirateurs sur la ville de Romans ; les responses desdits Brunat, Fleur et autres détenus prisonniers ès prisons de Jacquemart de Romans, sçavoir : de Jean Terrasses, dict le But, Pierre Lambert, dict le Gros, Pierre Balthazar, Chrîstophle, dict Guigounet, Louis Fayon, Jean Besson, dict

ARMALBS BB LA VILLE D6 ROHAM

Massacre, Jacques Jacques, François Drovet, Simon Tisserant , Balthazar Baboin , Jean Chion, Jean Lile, Antoine Racine, Matelin de Meures, Jean Racousse, François liol^in, Antoine Merdel, Benoit de Truys, Jean des Armes et Antoine Magnat ; l'acte receu par ledict Brunat, du 12 février 1578, signé Guérin, juge, Ricci, Humbert, Leroy et par ledict Brunat ; les conclusions du procureur du roy, Farrest de la Cour, où il est dict que les témoings seront recollés et après confrontés auxdicts accusés ; les actes de recollements et de confrontations des témoings ; les responses faictes en la chambre du conseil par lesdicts Brunat et Fleur, le 7 dudict mois ; les despositions dudict Guérin, ju^e, et Ricol, secrétaire de la ville de Romans, nommé par ledict Hi Liuatpour sa descliarge ; racte do provision de curateur faicte tant au vrai que pour destaults ; la condempnation de la mémoire de Jean Serve Paulmier; la déclaration dudict curateur qu'il n'avoyt moyen d'empescher ladicte condempnation ; les conclusions définitives dud. procureur «général duroy, le 7* dudict mars ; le tout considéré :

« I.a Cour a déclaré et déclare iesd. Guillaume Robert dict Brunat, Geoffroy Fleur, accusés, atteints et convaincus de crime de lèze-majesté, pour réparation et punition duquel les a condempnés à estro délivrés entre les mains de Pexécuteur de la haute justice, qui les fera traîner sur uneclaye par les carrefours et rues accoutumées de ceste ville de Romans, despuis les prisons où ils sont détenus jusqu'en la grand place, et illec en deux potences, à ces fins dressées, estre pendus et estranglés, où leurs corps

demeureront Vuv^t quatre heures ; et passé ledîct temps, le corps dudict Brunat mis en une potence hors la porte de Glôrîeu, et le corps dudict Fleur en une autre potence hors la porte de Jacquemart, pour y demeurer jus<{n*à ce que les corps soient consumés; et outre oondempné lesdîcts Brunat et Fleur» le chacun d^eux envers les consuls et communauté de la ville de Romans en deux cents escus, et aussy le chacun d'eux en trente escus, applicables la moitié au couvent des Cordeliers de ceste ville et moitié aux pauvres de THospital, et aux despens et irais de justice; déclare les enfants masles dudict Fleur infâmes et incapables de toutes successions.

Néantmoiiis <)?(lonnc qu'avant Texécution réelle de mort, yceulx Brunat et Fleur seront plus amplement enquis, par question et torture, sur leurs complices et fauteurs. Et, pour le regard dudict Jean Serve, dict lePaulmier, ladicteCour le déclare avoir esté crimineux de lèze-majesté et chef de séditieux et rebelles, pour réparation duquel crime a condempnéla mémoire dudict Serve, ordonne que son corps sera déterré et pendu par les pieds ès fourches patibulaires de ceste ville de Romans, et en cas où ledict corps ne pourroit estre retrouvé, sera exécuté en effigie en ladicte place, et, en outre, adjugé au roy sur les biens délaissés par ledict Serve quatre cents escus d'amende et deux cents escus aux conseils de la ville de Romans, et trente escus applicables la moitié aux pauvres deTHospital de lad. ville; et déclare le surplus des biens desd. Brunat, Fleur et Serve acquis et confisqués au roy, sauf à ladicte Ennemonette Serve et à Alix Fleur d'obteiiii 1.1 troisième partie des biens maternels pour iuur légitime, à la forme du droict...

« r^iblié audict Fleur ès prisons de dessus le pont (1), présents M" Jean du Vache, Georges Bailly, Claude Bertîer, conseillers, et François Ruzé, advocat général en la Cour, ce jeudy X* mars mil cinq cens quatre yingts.

« Publié aussy audict Robert Brunat, en présence de M" les conseillers Bailly, Bertîer et Ruzé.

« Et despuis, Inexécution et mort naturelle des

susdicts est ensuivie en la place publique de lad. ville de Ptomaiis (2).

« J. de BuFFEYENT. Georges Bailly. »

La Cour ordonne que les nommés Chabert, de Saint-Paul-les- Romans, Michel Barbier, do Champion^ sur Saint-Paul (3), Adenet, dict Leblanc, de Peyrins, bourgeois de Ourson, Barrin, dict Lacour, de Heaurepaire, Colombet, de Serre, l'rançois Pcyrolier, de Valence, Sambin, Raynol et le procureur Lyasse, de Vioiuio, le capitaine Coi-f, de Grenoble, Boisson, liotelier, de Saint-Michel sur Grenoble, Moiitit^ins, do Bourgoing, et Caries, de Saint-Symphorien-

(1) G'est-ii-(lire dans ia tour qui existait alors au milieu du pont.

(2) Par lettres du 25 mars, le roi félicite la commission du parlement (l'avoir diligemment procédé contre les séditieux, et qu'il n'oubliera |ms la v.Mtii .'t la fiihMitr avec losqiiflles les liabUants de Romans ont prévenu les desseins des factieux.

{Si II avait épousé, le 3 avril 1560, Jeanne de Latoiir. Après ram-> ntstie, il vint s^établir à Htmians en qualité d'avocat et acquit en peu de temps dans cette ville beaucoup <le c<>n?iilération. Il était premier consul lorsqu'il fut enlevé, avec toute sa famille, par la peste dans le mois de Juillet 1588. La buUe ifor, c*e8t>à-âlFe lacliarte de privilèges que l'empereur Oliarles IV avait accordée en 134i«) aux Ronianai>;, qtti (M.iit ordinairement confiée au premier consul, fut volée, après le décès de M. de OUampiong, dont la maison était al)an> donnée.

d'Ozon, seront pris au corps et amenés aux prisons de Romans, pour être ouïs sur les interrogatoires qui leur seront faits, avec saisie de leurs biens, jusqu'à ce quMIs aient obéi, etc. (1).

1580. Mars 23. — Par une lettre datée de Saint-Etienne, le lieutenant général de Maugiron, pour la sûreté de la ville de Romans, envoie à M. de Veauncs (2) une provision pour commander dans cette ville et lever une compagnie de 200 hommes de pied. Il fixe en même temps la solde de cette troupe, qui constitue pour la communauté de Romans une dépense mensuelle de 766 écus.

1580. Avril H. — La ville donne h Pierre Grangier, orfèvre, le prix lait d^une certaine quantité de pou(lr(^ moyennant 13 écus un tiers le quintal, et pour la fonte de sept pièces d'artillerie.

1580. Avril 26. — Le roi rend un édit par lequel il pardonne les séditions et les crimes pour causes de ligues, à condition que les coupables rentreront paisiblement dans leurs maisons, excepté les chefs et auteurs desdites séditions.

(1) Registre des arrests rendus par vendes procès aux affnires patrimoniate* et criminelle» en Vannée iÔSO (Archives du parlement de Grenoble, B. 2030). Voir aussi les An-Mlee de (a viUe de Romanepenf dant les fivcrrrs df rrlhiion, p. 79 Ct SUlv.

(2) Antoine Soiii^uae, sieur de Veaunes el d'Apreraont, liomme d'armes de la conipugoie de Glerment. Le lieutenafit général de Gordeslui avait déjà, en 1&72, donné le coininaïKietneni d'une cornpugnie de cent hommes ù la solde de la \U\o di^ T\f)mrtns. A la procession qui eul lieu à Saint-Antoine, le 10 mai iô8i, il fut un des quatre seigneurs ({ui portèrent les reliques du patriarche des cénobites. Il acheta du chanoine Michel, au prix de à33 écus, la maison dite (in ncrfeur, prés du Vivier, qui fut donn^f^ plus tnrd par la famille de Gasle pour l'établissement du couvent de lu Visitation. En 158:», il devint gouverneur de Die. *

AKNALES DB LA VILLB OS B0MAH8

1580. Avril 28. — Par lettres données à Paris, le roi félicite les consuls de Romans do la promptitude et du bon coeur avec lesquels ils se sont employés pour conserver leur ville sous robéissance de S. M. Il assure de sa bonne volonté enjeur faveur et estime que Jean Jomaron (1) est digne avec d^autres dWe bonne récompense (2).

1580. Mai i4. — Jean-Paul Bmère et Jean Bernard, consuls, députés pour assister aux Etats convoqués à Voiron, avertis des dangers que les protestants font courir aux voyag-eurs, se décident à attendre les députés de Valence pour se joindre à eux. M. de Yeaunes, commandant dans Romans, offre deux de ses chevaux et des soldats pour servir d'escorte.

Les habitants de Romans sont requis de fournir, pour la démolition de la tour du château do Peyrins, des travailleurs qui- se paieront avec les matériaux.

1580. Juillet i4. — Henri III écrit aux habitants de Romans, pour les féliciter de nouveau de leur ûdélité. Il s'excuse, vu Turgence de ses affaires, de ne pouvoir les libérer, comme ils le demandent, d'une dette de 18,000 écus contractée pour les frais de la guerre ; « mais il espère les gratifier en quelque autre meilheure occasion. »

1680. Septembre i*'. — Une armée forte de 8,000 hommes de pied et de 3,000 chevaux,

(1) Jean Jomai'on, frère de Gaspard, contrôleur des guerres, était empluyé aux vivres. Il se trouva panni lea dtoyens qui eDtreprtrent le 8lëg« de la citadelle dans la nuit du 19 octobre ism. U mourut

le 2 novembre lf-37.

('2) Voy. Annales de la, ville de Romans pendmt les guerres de religion, p. 86.

commandée par le duc de Mayenne, est réunie à Romans pour aller assiéger Chàteaudouble. Elle s'empare» en passant, de la petite ville de Beauvoir-en-Royans .

1580. Décembre 9. — D'après la répartition par le duc de Mayenne des cantonnements du régiment du seigneur du Passage, la, ville de Romans reçoit en garnison les compagnies de Maubec, de Chevallon et de La Fardière.

1681. Mai 3. — Des cas de peste s*étant déclarés à Lyon et dans les environs, rassemblée de la ville nomme un conseil de santé composé de Jean de Gillier, Jean Bernard, Humbcrt Dubois, Etienne Rolland, Antoine Servonnet, Gaspard Treynat, Pierre Thomé et Antoine Besson. Le 22 août, on nomma l^ierre Bouchage capitaine de santé. A chaque porte, deux notables étaient en permanence pour interdire l'entrée de la ville aux voyageurs qui n'étaient pas munis de billets (1).

1581. Juillet 23. — Le duc de Mayenne envoie à Romans le conseiller Giraud pour y faire un emprunt de 1,500écus. Le sieur Thomas du Parc, conseiller général des vivres, requiert de son côté la fourniture de 400 charges de blé et de 3Ô0 charges de vin pour les troupes du camp de Lyon.

On assembla aussi autour de Romans des troupes, qui demeurèrent dix jours : une partie alla s'établir à Alixan et l'autre à Châteauneufd'Isère. Les Suisses restèrent dans la ville « pour y boire le vin tourné, dont il y avait bonne provision. »

(1) Yoy. Lté pestes de Roin&ns, p. 14.

AIIHALSS un tk VILLE DB ROMANS

1681. Octobre 17. — Les consul» Antoine Coste, Jean Bernard et Gaspard Jomaron sont d('îp\ité8 à Grenoble pour y complimenter le duc de Mayenne. Le iO novembre suiyant, la ville envoya un exprès chargé de remettre un bassin émargent à la duchesse de Mayenne.

1681. Octobre. — Le roi accorde des lettres d^anoblissement à Antoine Guôrin, juge royal de Romans, en récompense de sa conduite coura> geuse pendant les doubles de religion.

1581. Novembre 7. — Le vî-bailli de Saint- Marcellin transmet un ordre du duc de Mayenne, prescrivant aux consuls de Romans d^envoyer 25 pionniers munis de pics et de pelles pour travailler à la construction de la citadelle de Valence. Ils seront nourris et entretenus par le pays.

1583. Juin 10. — Sur la plainte du capitaine Coste, de la mauvaise administration du couvent des Cordeliers, les consuls font écrire au V. Provincial de vouloir bien envoyer un autre gardien.

1683. Août J24. — M. Gaspard de Gillier (1) remontre, au nom de tous les avocats de Romans, ses confrères, combien ils sont grevés de ce qu'on les inscrit sur les rôles, où ils sont cotés à raison de leurs personnes aux tailles pour leur capage, ce qui est rendre leur état vil et

(1) Fils (lo .Tnnn et de Mndcloine Vacher, i^euyfT. dortrur en droit. 11 devint juge de risanyon en ir)ll4 et conseiller protestant dans la cliambre mi-partie, par lettres du 0 août 1599. Il présenta, le 4 mai 1620, en son nom et aa nom de ses frères, des lettres de noblesse à

rrissrmhlôe municipnlc pour les faire enregistrer. U avait (^pous(^, le H janvier 1083, Louise Gliastaing de Lapassa, dont il eut trois lils et une fille.

contre tous les droits, privilèges et immunités de leur profession.

1584. Avril — Le lieutenant général de

Maugiron écrit plusieurs lettres au ]uge et aux consuls de Romans, pour donner aux roliponnaires qui s'étaient enfuis dernièrement de la ville l'assurance qu'ils sont toujours sous la protection des édits de pacification. Il demande en outre des renseignements sur les menaces et les intimidations dont se plaignent les dissidents. Il est décidé qu'on fera exactement les gardes et patrouilles, surtout la nuit, et que M. Simon Raymond-Merlin, premier consul (1), sera envoyé vers M. de Maugiron.

1684. Mai 10. — Les pénitents blancs de Romans, au nombre de cent trente, ayant à leur tôte Antoine Guéri n, juge royal, assistent en grand costume, à Saint-Antoine, à une procession où se trouvait Laurent de Maugiron, lieutenant général de la province, lequel avec plusieurs seigneurs portait les reliques de Saint- Antoine.

1685. Mars 28, — Sur ravertissement envoyé de Saint-Nazaire par M. de Clayeyson (2), que

(1) Doctt'iH en droit, fils de Jean, célèbre pasteur protestant, et de sa seconde feiiiine, Jeanne Robert, native de Berne. Il fut élu, le 25 mars iS83, conseiller et délégué le 24 août, avec le secrétaire du co7isril municipal, pour aller se joindre aux commis des Etats de la province, qui devaient présenter les cahiers de doléances des députés au roi à son arrivée à Lyon. Il avait épousé une lille d'Antoine Guértn. Voy. Le ministre fiaymondt-M«rItn et ea fatniUe, 1876, p. 12.

(2) Charles de Glaveyson, seigneur de^Ierciirol, Mureils, Olaveyson, chevalier des ordres du roi en l'iGî». genlilhouime de la eliamhre, né le 3 murs 1647, tiiarié le 30 juin 1574 ù Elisabeth de BauUioniont, qui lui donna treize enfants. II était trèa attaché à la religion catholique ; il se qualifiait de Philostaurc (ami de la croix). Il s occupa beaucoup de controverses et flt imprimer, en 11)15, chez Gl. Michel, à Tournon, ses Œuvres mêlées^ dédiées au roy.

ABNALBS DE LÀ VILLS 0£ R0MAH8

ceux de la religion réfonnée s'apprôiaient à s'emparer de quelques villes, les Romanais cou* rent aux armes et metiient.de fortes gardes aux portes de la ville. De Maugiron vient à Piomans le surlendemain, approuve ce qu'on avait fait et envoie à iSaïut-Marcellin l'ordre de prendre les armes.

1585. Avril 9. — Le lieutenant générai écrit aux consuls la lettre suivante :

<( Messieurs les consuls, j'ay esté adverty que Oriac s'est saisy de la ville de Gap ; il est parent de Lesdiguières et ont faict par ensemble ung

rallienu nt grand : aussi le visénéchal de M

avec Ancone en ont faict de même et ont sorty le capitaine La liotière du château où il commandoit. Je vous prie, mes bons amys, ne permettés, par de sages prudences, qu'il soit uzé de telles perfidies en votre ville et continués commeavez faict jusqu'icy : vous asseurant qu'il ne vous en peult advenir que ung très grand bien et à votre postérité, car j'en ay donné toute asseurance auroy et lui ay respondu de vous. Il faict lever douze mille suisses, dix mille reytres, soixante compagnies de cavalerie et vingt mille françays. La reine aussi est allé trouver M*^ de Guyse, qui me faict espérer que toutes choses se pourront, avec Fayde de Dieu et des bons sujets, remettre. Je vous prie me faire response, laquelle attendant, je prie Dieu vous donner, Messieurs les consuls, sa grâce.

« A Grenoble, le tx apvril mil VCLXXXV.

« Sa Majesté n'a nulle confédération avec le roi de Navarre, quelques offres qu'il luy aye faict de luy estre aydant. Le roy hiy a respondu qu'il viendra bien à bout de ses ennemys sans luy.

Les hugueneautz prennent les armes partout cest estât. Prenez vous bien garde, et ce que Youdrés de moy vous Taurés.

« Votre înthime amy à jamais.

« Maugiaon. »

1585. Avril 13. — Lettre du parlement au

sujet de l'envoi à Romans du conseiller Michel Thomé.

Autre missive de Maugiron, recommandant aux habitants la fidélité qu'ils doivent au roi, à l'occasion de îa nouvelle prise d'armes des hnuuenots, les invitant « à chasser les malins esprits qui pourroient séduire les plus simples pour les distrayre de l'obéissance qu'ils doivent à S. M., qui a assez de moyens de garantir ses bons subjets des oppressions que les turbulents leur voudroient faire... » Le conseiller Thomé développe ces recommandations et rappelle qu'il est natif et originaire de Romans.

1585. Avril 22. — La ville achète des bateaux et des paianques ponr sa défense du côté de l'Isère.

1585. Mai 3i. — Le secrétaire du parlement Fustier, au nom de ce corps, adresse une lettre aux consuls de Romans, pour les féliciter de leur fidélité au roi et les engager & faire toujours leur devoir.

1686. Août 25. — Lettre du lieutenant général de Maugiron, informant les consuls que, à la suite d'un conseil de guerre tenu à TuUins, il a été décidé de former dans le Valentinois un magasin de grains, pour lequel les villes des environs devront fournir des avances. La ville de Romans consent à contribuer pour 200 setiers de blé.

ANMALBS DB XJk VILLV DB ROMANS

1585. Août 29. — Séjour à Romans de Mgr de Tournon et d'une suite nombreuse de personnes de la noblesse, de <rons d'armes et de gens de pied. La ville fournit les vivres nécessaires. Le môme jour, le régiment du Passage traverse la ville» allant au siège de Montélimar.

1686. Septembre 7. — Etablissement à Romans d*un service de poste, composé d^un guide et de deux chevaux, pour le transport des dépêches de M. de Maugiron et des particuliers qui payeront suivant le tarif,

1686. Octobre. — Le lieutenant général et le conseil du roi s'établissent à Romans. Différents ordres sont datés de cette ville, à partir du 14. Eu même temps, de Maug^iron y place deux cornpa<inies de gens de pied, sous les ordres de M. de Planyer.

1585. Octobre 27. — « Sur la réquisition et instance de noble Pierre de Claveyson, tendant au consentement de la ville pourestre accommodé de la chapelle du couvent des Cordeliers, en laquelle est la sépulture de feu Perrot de Verdun^ pour la faire réparer et s'en servir aux œuvres pies et divines pour sa maison, qu'il a acquise de M. le trésorier Milhard.

« Conclut..., en considération des mérites dud. sieur de Claveyson, de l'amitié que Messieurs ses prédécesseurs, luy et tous ceulx de leur maison ont toujours portée à ladite ville, de prester consentement àPuzage de ladite chapelle par luy requise pour lesdites œuvres pies et divines, laquelle il pourra faire réparer et accommoder ainsy que bon luy semblera, sans toutes foys divertir ni esteindre la mémoire des fondations d'icelle ni dudit Perrot de Verdun, attendu les

biensfaits léguez par ledit de Verdun à ladite ville, dont le tableau et sa sépulture qui y est inscript sera conservé, ou ung aultre remiz en son lieu, pour perpétuelle mémoire : remettant ce qui concerne la construction et Feutrée aux gardien et religieux dudit couvent; le tout tant seulement pour ledit sieur de Claveyson, ceulx de sa maison et postérité catholiques, pendant qu'ils jouiront et posséderont ladite maison (1). »

1585. Novembre 10. — Les Romanais célèbrent par une procession générale, en présence du lieutenant général de Maug-iron, la défaite de l'armée du prince de Condé, chef des protestants.

1586. février Vi. — Les Etats de la province ayant constaté que Tentretien de l'armée

(1) Cette délibération jette quelque lumière sur plusieurs faits intéressant l*hlstolre locale. On Tolt que la vaste et belle liabilation qui était de nos jours connue sous le nom A^Hôlel des .4I(ée«« avait été nijramlit' pnr l'acquisition d'une maison nu tr^^sorier Milhard. Touieluis nous ne connaissons rien concernant ce Pierre de GlaveyaoD, malgré ses mérites et les services quUl avait rendus à la ville, si ce n'est que, le 10 décembre 1614, il légua une somme de cent écm à so<î voisins les PP. Cordolirrs. Peut-i^trc ôtait-il fils d'un autre Pierre de Claveyson, grand amateur aussi de cliapelles, (|Ui lut inhumé le 8 août 1560 dans celle du chàieau de Claveyson, qu'il avait fsit reconstruire et orner d*ane fresque, que l'on volt encore.

Par son testament du 27 juillet 1374, Perrot de Verdun, après avoir légué toute sa lortune a des œuvres de bienfaisance, élut sa Sépulture dans une chapelle de l'église des Gordeliers où reposait déjà son frère Pierre. Ce vœu Alt réalisé. Aymar du Uivail, dans son llislùirr iirs . \ Uuhnuje.s. cîte eeite Sépulture, qui fut probablement détruite pendant les guerres de religion : du moins ti n en est pas fait mention dans rénumération des tombeaux fliUe au siècle der^ nier. Toutefols.ll résulte de ce qui précède (|ue la chapelle, où avait été inliunn'' Pierrot de Verdun, était située prés du cbœur, à droite, c'esl-ù-Uire du cùté du midi*

AHMALES DB X.A VILLB DE BOMANS

exigeait une dépense mensuelle de 10,000 écus, il fut arrêté que l'on ferait, sur le crédit et au nom de la province, un emprunt à Lyon d'une somme de 33,333 écus 1/3 ou 100,000 livres, la livre valant 3 francs, pour la dépense de cent jours. Chacune des villes et communautés devait cautionner Pemprunteur, Guiguea Thomasset, receveur des Etats. Les répondants pour Romans furent Charles Milhard, Jean Bernard, Jean Guigou, Balthazar Coste et Michel Ser-* vonnet. Cet engagement fut rédigé par un no« taire et accompagné de la signature du juge royal, du procureur du roi (1), du courrier, des consuls et des conseillers, au nombre de trentetrois, enfin approuvé par un décret de Henry de Bourbon, gouverneur du Dauphiné (2).

1586. Juillet. — La peste sévissant dans RoiiiMus, la compagnie du capitaine Rumfort, pour éviter la contagion, se loge dans les tours des remparts. Il est défendu aux habitants de déserter la ville, à peine de vingt écus d'amende.

1587. Janvier 21. — De La Valette réunit les Etats de la province à Romans. Il demande, pour ravitailler son armée, une nouvelle taille de six écus par feu; maïs, vu la misère du pays, on ne lui accorde que Tentretien de 2,000 hommes de pied et 300 chevaux. Les députés lui repro-

(1) Jean Odoard, écuyer, t\\& de Jacques, siom- de Villemoisson, conseiller au parlement, rt de Marfruerite de Colombat. En 1507, 11 avait accompagné, en qualité de commissaire des guerres, le baron de Oordes dans rinspection quMl fit des places et des gamtaons des Hautes^Alpes. II s'était marié avec Justine de Hontoisoo.

(2) Prince des Dombes, capitaine de cent hommes d'armes, nommé gouverneur le 26 mai 1578, avec 4,00U lloritis ou 2,500 livres de gages. Il rut aussi gouverneur de Normandie et mourut en 1608.

iôë6 — im

chent que « depuis deux ans, son armée n^a rien fait qui vaille. »

1587. Juillet 26. — Le capitaine Bonnet réclame une indemnité, à cause des dépenses quMl a faites, ayant été fait prisonnier par les huguenots, alors qu*il revenait de Grenoble pour aflGskîres de la ville de Romans.

1587. Novembre 18. — La Valette écrit aux consuls et habitants de l iumans de recevoir pour gouverneur le baron de La Roche (1), leur doiiuant l'assurance qu'il n'en résultera aucune charge pour eux et qu'ils auront au contraire à se louer de cette nomination (2).

1588. Février 7. — Sur la demande de La Valette et de Maugiron, le roi accorde des lettres d'anoblissement au capitaine Bonnet, de Romans, pour sa valeur et ses mérites. L'assemblée de la ville prie les seigneurs de la cour du parlement « d'avoir égard à la suite et conséquence de

(1) Balthazar ûe Flotte, baron, pais comte de La Roche, chevalier

de Tordre (Ui roi, capitaine de 50 hommes de ses ordinaires, lieutenant commandant lu compagnie de M. le prince dauphin en résidence à Romans. Ses premiers rapports avec les autorités de la ville furent assez bienveillants pour gne eellesH;! lui fissent plusieurs présents. Mal», quand La Roche se sentit assez fort, grAce à la clludclle qu'il avait fait construire et a la nombreuse garnison qu'il y entretenait, ses exigences en faii d argent devinrent fréquentes et pressantes. GecfU'il recevait d'une main, 11 le rendait, Il est vrai, de l'autre, non gratuitement, mais sous forme de prùt : de telle sorte que, en ITiOUe parlement reconnut que les consuls de Romans devaient au comte de La Roche une somme de 5,580 écus. EnQn, dans ces temps étranges, on vit ce dernier, après sa trahison, ôtre reçu ftbras ouverts par Lesdiguières et même par les princes. Mais, ayant de M.'n\ < :M! conspiré, il tinil par perdre la vie sur un écUufuud et ses bmiis lurent conUsqués eu 1032.

Voy. J. Roman, Le comte de La Roche, dans BulL de ta «oc. d'ar* chéot, de fa Drôme, 1883, p. 93.

(2) Voy. Annaies de là ville de Aomanc pendant les gumrea de religion, p. 95.

180 ANHALBB Dl LA VILLB DB ROMAM

telles exemptions et à la surcharge qu'elles apportent au peuple. »

1588. Mai 21. — Dans une assemblée des trois ordres, réunis sous la présidcncn du baron de La Roche, gouverneur de Romans, avec Tassistance d'Antoine Guérin, juge royal, et de Jean Montluel, procureur du roi, il est fait lecture d'une lettre de M. de Maugiron, lieutenant général de la province, datée de Vienne» où il donne avis « de certains désordres advenus passagè* rement en la ville de Paris, Sa Magesté y estant (1). » A cette occasion le gouverneur requiert de l'assemblée le serment de fidélité et d'obéissance envers Henri de Valois, troisième du nom, leur souvermn et naturel seigneur.

Le gouverneur est chargé d'envoyer au lieutenant général le procès-verbal notarié de la présente délibération, signé par tous les membres présents des trois ordres.

1588. Juillet 29. — Le baron de La Roche, feignant de faire une sortie contre les Juiguenots en Bayanne, va au devant des troupes de M. du Passage, gouverneur de Valence. Ces troupes, conduites par M. de La Rothière, se composaient de 400 arquebusiers et d'une compagnie de gens d'armes. Sur un signal convenu, elles traversent le pont, entrent eu ville et s'emparent de toutes les portes.

S'étant ainsi rendu le plus fort et ne craignant aucune résistance de la part des habitants, La Roche ût alors construire sur le plateau de

(1) It s^iigit évidemment des désordres qui aboutirent à la laoïeuse journée des Barricade», arrivée le 22 mai, qui obligea Henri III ft sorUr de ParlB et à se réftigler à Cbarires.

Saint-Romain une citadelle, à laquelle il obligea de travailler les habitants de Romans et des environs. Cette forteresse fut promptement achevée. Elle avait huit bastions, et le dégagement de ses abords exigea la démolition de plus de cent maisons.

1688. Octobre 22, — Le juge royal, Antoine Guérin, rend compte à rassemblée de Pentretien qu'il a eu avec le baron de La Roche, au sujet des énormes dépenses que supporte la ville. Ce dernier lui a dit qu'il ne désirait rien tant que le soulagement des habitants ; mais que, nonuné gouverneur par lettres patentes du roi, s'il fortifie la citadelle, c'est pour sa sécurité et par ce moyen mieux pouvoir conserver cette ville à Sadite Majesté; que du reste, si c'est la volonté du roi, il est prêta remettre son commandement au sieur juû'e et aux consuls.

Il est délibéré que c(^s magistrats se rendront à Lyon, pour présenter au duc de Mayenne les mémoires de la ville.

1588. Octobre 31. — M. de Rochechinard(l), premier consul, rapporte de Blois, où il avait assisté aux Ëtats généraux, des lettres patentes du roi prescrivant au baron de La Roche, gouverneur de Romans, de remettre la citadelle de cette ville aux mains du juge royal et des consuls, pour qu'ils la fassent démolir avec les autres fortifications qu^on avait récemment construites sans Tautorisation du roi (2).

(1) Romain Mosnier de RocbecUinard, flU de Claude ci de Françoise Guérin. It testa le 28 novembre 1605 et décéda en 1608. Sa

femme. Imberte BriiyiTes, fil son testament le IR juillet 1G?2 et mourut la même année. De ce muria^'e naquirent douze enfants.

(2) Voy. Ann&lea de la ville de Romans pendant les i/ueneH de religùm^ p. 98, et Notice sur U eitadelle de Romans, Grenoble.rit»?, p. 6.

ANNALES DË LA VILLH DE RUMAN8

Ces lettres furent remises avec un certain appareil au baron de La Roche par M. de Uochechinard et intimées par MM. de Lestang, cheva* lier de Tordre du roi, Perrand, conseiller au par^ lement, et de Chevrières, avocat général, délégués exprès. La ville désigna de son côté les consuls et le secrétaire pour aller requérir le baron de La Roche de vouloir obéir aux ordres du roi.

Malgré tous ces ordres et ces mises en

demeure, le gouverneur de Romans ne tint aucun compte du roi, des magistiats et des consuls; il aftecta même, le lendemain, de demander à la ville un prôt de 105 écus pour la compagnie de M. de Cliamptz.

1589. Janvier' 1R. — Henri III signe àBlois des lettres (ranoLlisscment en faveur de Humbeil Peloux (1*, « pour ses vertus et mérites notoires. )> 1^1 les sont enregistrées avec éloges à la maison consulaire.

1589. Juin 2. — Sur les assurances données par La Valette dans une lettre écrite le 12 mai, rassemblée de la ville supplie le baron de La Roche de perm( ttre le retour en leurs maisons du juge royal, du procureur du roi et des notables qui, à l'occasion de la construction de la citadelle, avaient été obligés de s'éloigner de la ville*

(t) Avocat (■<>r)>isi(irial, plusieurs fuis premier consul. Il mourut le 20 révrier laissant de M.uli ]( im DcrjrfT - Humberf. qui décéda le 20 février 1Cm2 ; 2' Cliarles, avucut au purlemeot, qui hérita fie la célébrité de son père et eut, de Bèatriz Bobert, Josepb Peloux

de Glérivuux, qui fut prctiv de roratoire.

Le dessin roloric (Ir l';ini»lili. rr^pri^senté sur le registre des df'-lihérations de la coinniune, ditlere un peu de celui dunné poj' les urmoriaux.

Cette grâce fut accordée. Néanmoins le juge Guérîn ne reprit ses fonctions que le 19 mars 1595,

1689. Septembre 23, — Lesdiguières est à

Romans.

1589. Octobre 7. — Le lieutenant général d'Ornano (1) commande aux consuls do foiiniir douze charrettes pour porter des munitions de guerre au siège de Moirans ; même l équisition est faite au mois de décembre pour le siège de Vienne.

1589. Octobiv 1.'). — Par lettres patentes données à Laval, Henri lY établit à Romans la cour du parlemonf de Grenoble, avec la chambre des comptes, le bureau des finances, le balUage de Graisivaudan et la monnaie. La cour réclame qu'on lui fournisse, suivant l'usage, des chandelles, des tables et des chaises. Elle demande d^avoir à sa disposition la maison de Jean d'Honneur (2) pour y installer ses bureaux, qui communiqueront, au moyen d'une galerie, avec la grande salle de l'hôtel-de-villc. Le président de Buffevent, d^abord logé dans la maison de Félix, ne se trouvant pas bien, désire occuper celle de Jean Thomé (8). Le 21 janvier 1591, le parlement, rétabli à Grenoble, écrit au roi pour recon-

(t) .\lpUonse d'Ornann. nomme par letlrps rlu noùi ir»Kf>. Il fut ensuite gouverneur de la Ouieniie. Il eut jKiur reiiune .Marguerite de Pontevez.

(2) L:i famille d'Honneur a fourni Jean-Louis d'Honneur, nC le 3 février 170'.), trésorier de France en ITôO. II acquif. If 1? (tctohre iHhi, de François Itey, aussi trésorier de France, le niuiiuir d'Hauteville soas Veaunes ; mort le 9 octobre iW.

(3) Jean, dil le jeune, deuxième consul en 1580, châtelain de Montenx en 1.-><»4. H assista à la prise d'armes (jui s'oppD^a à la trahison ilu gouverneur. Sa maison est celle de la rue Saint-Nicolas (|ui est décorée de 8cut|»tures.

AimALBB m hà. YILtB SB AOMAITB

naître l'accueil fait par la ville de lîomans. Le 15 mai, les consuls font lecture d'une lettre du roi, écrite le 21 février au camp devant Chartres, contenant le contentement de S. M. et le don de deux foires.

1590. Décembre 13, — « En considération des devoirs, honneurs et respect qu'on doit à M. le baron de La Roche, gouverneur de Romans, attendu qae Madame sa femme doit bientôt arriver en cette ville, et pour honorer ladite venue le plus qu'il se pourra, estd*exhorter les habitants à faire un honnête et gracieux présent à ladite dame à son arrivée. » L*abbaye de Bongouvert (1) répondit à cet appel en faisant don à Madame Marthe de Clermont, la nouvelle épouse du gouverneur, diiiie magnifique écharpe de soie cramoisie, garnie de dentelles et de crépines d or, du prix de 25 écus.

1591. Avril 11. — M. Antoine Michel est envn . é à Lyon pour y acheter un vase ou bassin d ai gî'ilt, pour être offert en présent à M. d'Ornano, lieutenant général, à sa prochaine arrivée à Romans.

1591. Septembre 6. — T.e comte d'Ornano écrit une huître datée du '2(S août, de son camp devant Saint-Marceliin, pour inviter les consuls de Romans h acquitter les billets émis par le comte de La Roche et de La Valette pour l'entretien dos ueii ; de guerre.

1592. Mars i4. — Montre et revue en la citadelle des cent hommes de guerre à pied, français, sous la charge et conduite d^Annibal de La Satlette, leur capitaine, par Jacques de

(1) Yoy. Les Abbayes laïques de Romans.

Boolot, commissaire, et Charles Cluissant, contrôleur des guerres, trouvés en bon état et suffisant équipage de guerre, et dont la solde, pour les mois de janvier et février, monte à 800 écus.

Cette compagnie avait pour lieutenant César de Saint-Ferréol et pour enseigne Paul de Bollavin. Elle comptait un sergent, quatre tambours et fifres, quatre caporaux, huit anspessades, douze mousquetaires, quinze piquiers et cinquante-un arquebusiers.

1592. Octobre 23. — Le lioutenaai du gouverneur de la ville enjoint aux consuls d'avoir à payer 700 et tant d'écus qui restent dus aux entrepreneurs de la citadelle. Les consuls demandent une diminution d'un quart des tailles comme dédommap^ement des frais que la ville a suppnî4/^s par le fait de cette construction.

1592. Octobre 54. — Alphonse d'Ornano, lieutenant général de la province, et Rabot d'Illins, premier président du parlement, tiennent à Romans les Etats du pays, où se trouvent plusieurs seigneurs et les commis des villes communautés (1). Le tiers état demande de remplacer l'imposition de 124 écus par feu par une somme de 229,000 écus. Il prie le gouverneur de supprimer plusieurs offices onéreux et inutiles, et d^ordonner, conformément au règlement fait par la reine-mère en 1579, que tous les biens roturiers acquis par des nobles et autres privilégiés contribueraient aux tailles pour Tavenir.

U) Vers cette épo(iue, les Etats ftirent rémi» asses fréfroemment : le 18 octobre à Salnt-Marcellin et vers la Ad de novembre à Moras. 1^ 10 f«^vrier I50:^ à Grcnol>lp, 1p 7 mnrs suivant a Valence, le lô mars l.VJi à Grenoble, le 15 octobre de la mcmo année à Beuurepuire. Dans ces assemblées il était beaucoup plus question de tailles et d'impôts que de gouv^ement et de politique.

AHRALB8 DB LA YILLK UK UOMANi»

Le lieutenant général eut, à cette occasion, à répondre aux exigences formulées avec une grande véhémence par le sieur Florent, envoyé du duc de Nemours, commandant Tarmée en Savoie, et par le sieur de Saint^uliien, secrétaire de Lesdiguières.

169d. Décembre 7. — Sur la plainte des habi* tants de Romans, qui ne peuvent avoir des chandelles pour de Fargent, et attendu « la cherté notoire de toutes choses », le conseil de la ville fixe le prix des chandelles à cinq sols la livre et défend d'en vendre plus de deux livres à la fois. (^)uant aux grosses chandelles, elles ne pourront ôtrc vendues que sous le contrôle d'un consul ou (Tun commis (1).

1593. Mai 'il. — Le lieutenant du gouverneur ayant donné l'ordre aux capitaines de la villo do faire prendre les armes à leurs compagnies pour la défense de la ville, les consuls leur font délivrer 30 livres de poudre.

1593. Août 16. — En envoyant la lettre du roi donnant avis aux consuls de la ratholization de S. M. (2), le comte d'Ornano ajoute la note suivante :

(1) Pour faire apprécier rimportance de cet objet de cons<mmi;ition ;hi XVI» siècle, nous citerons que Ir 'M inni Arntuilx de Loulle présenta à riissemblèe de la ville un mandat de mi écus (2,7tô te.) pour la fournitore de chandelles aux corps de garde. .

Amoutx rie Loulle, marchand, originaire de Cbûteatt1ienMe> Mazenc, de la mùme soucbe que les nt ldlli'. II fut detixième consul cl rendit beaucoup de services à la viU»f et au roi pendant les troubles. Il ne pat être anobli, « paroeque étant chargé d'une nombr^ae famille il n'avait pas les moyens sufflsanta pour maintenir le lustre de la ni>b!p?sp » ; m;ii'* plus heureux, sp<* prtit>-niï^, Arnoulx et Pierre, avocats, reçurent cette dislioction par lettres patentes du mois de septembre 1654.

(2) Cette dépècbe, qui est aaaez longue, est transcrite sur les registres consulaires. Nous oe la reproduisons pas, parce que c*est évi-

« Messieurs les consuls, ayant tout maintenant reçu une despecln» du roy, et par iceile la bonne nouvelle de sa catliolization, j'ay prisé de vous en faire paiticipants et vous envoyer celle que vous escrips en diligence comme vous ayant toujours estimés ses bons et tidelles subjets ; vous priant d'en rendre grâces à Dieu par prières, oraisons et processions générales ; taisant ' tirer les pièces pour réjouissance d'un si grand œuvre qui nous apportera, s'il plait à sa divine bonté, une paix perdurable qui est tant désirée des gents de bien. Je vous prie encore une foys d'effectuer ce que désirés et croire que je suis et demeure. Messieurs, votre bien affectionné à vous servir,

<f Alphonse Dornâno. »

1595. Janvier i4. — La ville était souvent dans robli<:ation de déléguer ([uelque honorable com])'if l'infe pour hâter Texpédition <l(^s aliaires qu'elle avait trop souvent pendantes au Conseil d'état à Paris. Ces missions, le plus ordinairement, n'étaient pas gratuites, elles étaient même assez onéreuses. M. Laurent de Manissieu (1) ayant accepté de remplir une pareille délégation et demandé h être indemnisé de ses dépenses, la ville lui alloua 150 écus et un cheval de la valeur de 22 écus.

1595. Mars, — Le comte de La Roche, gou-

demment une lettre circulaire qui n'a point été écrite en particulier pour la ville de Rouians. L'abjuiutiun publique d'Uenrl IV avait eu lieu dans rftglise abbatiale de Salnt^-Deots, le dimandie S5 juillet

(1) Il avait été élu conseiller de la ville de la première qualité, le 25 mars lî»78. II fut enlevé ainsi que sa femme et son enfant par la terrilile peste de 1596.

ARHALB8 OB I.A VILLI OB ROVAMB

remeurde Romans, envoie le capitaine Tortel avec quelques troupes au vieux château de Barbières, où elles se fortifient. Il lève des tailles autour (ie Romans et devient suspect au maréchal d'Ornano» qui le somme de déclarer s^il tient pour le roi ou non.

1506. Août. — Le même maréchal envoie à Romans M. du Palais, son cornette, pour s^assurer des projets du comte de La Roche, qui avait de nombreuses troupes autour de la ville et avait reçu» disait-on, 15,000 écus pour soutenir le parti du duc d^Ëpemon.

1595. Novembre 6. — Le comte de La lîochc, pour se iustifier des soupçons de la population, se rend dans la maison du juge royal, et là, en présence des consuls, des capitaines et autres notables de la ville, il repousse hautement les bruits qui, au préjudice de son iionneur, se sont répandus dans le public. Il assure qu'il est bon catholique, fidèle sujet du roi et qu'il défendra la place dont il est gouverneur contre les ennemis de S. M.

1595. Dâceiiibrc 9. — La rumeur publique ayant appi'is au maréchal d'Ornano (jue le comte de La Roche avait des intelligences avec le duc d'Epernon et qu'il mettait en état la citadelle de Romans, voulut s'assurer par lui-même de la vérité. Il se rendit sur les lieux et, lui dixième, entra pour parlementer par la porte extérieure de la citadelle; le reste delà troupe demeura dehors. Après une conférence de deux heures avec le gouverneur, il sortit par la même porte et s'en alla coucher à Moras. Les habitants s'étaient réunis sur la grand'place pour saluer le maréchal, pensant qu'il sortirait par la ville ; ils furent très mécontents de ce désappointement.

1596. — Janvier 18. — Quelques soldats de La i:<Liiiison de Rorii.uis se rendirent à Moiitrig-aud et y enlevèrent du l)étail. Une troupe composée de vingt soldats, commandée par le capitaine Laroche, pénétra de nuit à Murinais ot saisit plusieurs paysans, que ce dernier fît conduire à Romans. Mais, attaqué en route, il fut blessé mortellement. « Il ne lut pas plus plaint qu'un chien enragé. »

1596. Janvier. — Conformément à l'ordre du maréchal d'Ornano, le comte de La Hoche, avec sa compagnie de cavalerie et quelques argoulets, se rend à Moras, où un traité a lieu. Celui-ci s'engage: 1* à rompre son association avec le ducd'Epernon; 2* à réduire ses compapagnies diaprés Tordonnance des Ëtats tenus dernièrement à Saint-Marcellin, à se contenter de la garnison qui lui a été accordée et à faire le service du roi comme les autres commandants du pays ; enfin 3" à précompter sur les premières assignations qui lui seront accordées tout ce qu'il a exigé des communautés.

1696. Juin 7. — On publie à Romans les conventions arrêtées entre les communautés de Romans et de Peyrins au sujet des limites posées pour établir la taillabilité, conformément aux 4,1^63 setérées de terre, prés et vin ne, et aux 555 setérées de bois accordées à la ville de Romans par le dauphin Ilumbert II.

1596. Xorembre i". — Une maladie contagieuse s'étant déclarée à Grenoble, la chaud)re des vacations du parlement se rend à Romans pour Tadministration de la justice. Le mal ayant aussi sévi dans cette ville, les membres du parlement vont s'établir pendant dix jours à Saint- Paul.

AII1IALE8 OB LA VILLB DB B0MAN8

1697. Octobre i". — Henri IV écrit aux consuls de Romans, pour les inviter à veiller à la conservation de leur ville, sur laquelle le duc de Savoie avait des desseins (1).

Il a été 4x conclu exorter tous les habitants de la ville et par le moyen de MM. les capitaines d^icelle d^avoir à faire leur debvoîr aux gardes indiffé* remment, sans distinction d'aulcungs, et prier M. le comte de La Roche, M. le ju^e royal (2) et MM. di' la chambre de vacations qui sont icy, y rapporttM' tout ce qui est de leur authorité pour la fortilication des susd. gardes et la conservation de la ville. »

1597. Octobre i9. — L'indu iLii nte longanimité avec ia<|uelle les autorites locales, le gouverneur de la province et le roi lui-même avaient supporté la conduite j3his qu'équivoque du comte de La Hoche devait avoir un terme.

Ôibeud de Saint-Ferréol (3), lieutenant du gou-

(1) Voy. AmiBle» de ta ville de Romtmê pendant let 0iierfM dè reli-

gion, p. 106.

(•2) Henri-Antuiiit' Gurrin. (*'ciiyer. docteur en fJrnit. conseiller de la ville de la première qualité en 1596. n succéda à son père Tannée SQiTante dans la charge de juge royal. Il mourut en 1642, laissant 400 livres au cûovâit des Capucins, pour la consuniction duquel il avait donné, en 1610, une somme de 320 écus. II s'éudt marié à Su/.anne Pélissier, lille de Jacques, procureur général au parlement, laquelle décéda le 20 janvier 1652, après avoir donné le jour à trois enfants.

('?) Tlcrcnlc Sil)eud de Saini-Ferréol, Il commandait pour Montbrun le cliùteau de Roynac, qui fut pris par de Gordes. Suivant le conseil du vainqueur, il abandonna le parti de la réforme et devint un fidèle aerrltear du roi. Bn 1587, il était capitaine de oent hommes de pied et licnfenant du gouverneur de Romans, où il était fort aimé. Il fut pai raiti, le 7 juillet l."i8«J, d'Hélène Tardy, célèbre dans les fastes de la ( bariie de cette ville. Après avoir déjoué la U'aliison de son chef, Il eut le commandement de la Tille qu'il avait conservée au roi. Sol) nis Alexandre lui succéda dans sa charge par brevet du 2U iauvier 1607.

yerneur, à qui on avait promis 20,000 écus pour sa coopération, révéla h, Lesdiguières et aux officiers du parlement le complot suivant :

Pendant un long* séjour à Romans, Simiane d'All)i,iiiiy (1) s'était eflorcé, par de ^Taïuies lihéralitf's, de capter la confiance de la population romauaise. Il avait réussi à corrompre le comte de La Roche, qui promit de livrer la citadelle au duc de Savoie moyennant 50,000 écus comptant et Pespérance d'être lionimé gouverneur du Dauphiné. D'Albimiv devait revenir à Romans avec 4,000 Savoyards et Kspaonols. Il n'y avait pas h hésiter : la résistance l'ut résolue.

Le dimanche 19 octobre, à minuit, la chambre des vacations du parlement, le juge royal, les consuls, Saint-Ferréol et une foule de bons citoyens se réunissent à rhôtel-de-villc. Tous prêtent avec enthousiasme le serment de ûdélité au roi et prennent la résolution de commencer le siège de la citadelle. On barricade les rues, on envoie chercher des troupes de toutes parts et on fait venir des canons de Valence. La noblesse du pays, le maréchal d^Omano avec la compagnie de cavalerie de M. du Passage (*2] et un grand nombre de gens des communes voisines arrivent à Romans, où ils sont tous logés et nourris aux frais de la ville. La seconde nuit, la comtesse de

(1) Charles Siiiii.mp (l'AIl)i?ny, quntri^TTiP fils de rillnstre hnron do Gordes et de Guib'onnc Allcinan. chef (le ia branche de Pianesse. U était capitaine d'une compagnie de cavalerie et grand écuyer du duc de Savoie, n épousa, le 26 février 1607, Matlillde de Savoie, sœur nalureUe di- ClKirlpfî-FTnmnnupI 1% et devint capitaine général <ie la cavalerie savoisicnne, lieulenanl général de S. A. .delà les Monta et général de ses années.

(2) Aymar de Poisieu, seigneur du Passage, gouverneur de Valence eni&90; Il avait épousé Françoise de Flotte.

AIHALBB DB LA mLS DB BOMABS

La Roch(\ rov(Miant do Saint- Jeaii de Bournay, est prise au Mioinent où elle voulait se jeter dans la citadelle par la porte extérieure. Cet événemeiitdonne lieu à quelques pourparlers sans résultats. Le siè<»x^ est repris. Mais après Téchang'e avec la ville d'un millier de boulets, la forteresse capitule le 25, à des conditions extrêmement bienveillantes, et est remise à deux conseillers du parlement, Aymar do Virieu et Claude de Portes. Le comte de La Roche sortit par la porte de la campagne : on lui donna un cheval et sa femme monta en croupe derrière un gentilhomme. Le maréchal les fit conduire à Moras.

Immédiatement après arrivèrent trois régiments de Lesdiguières; mais la ville, accablée de logements, ne voulut pas les recevoir. Ils furent cantonnés dans les environs de Génissieu (1).

Saint-Perréol avec sa compagnie de cent hommes de pied se chargea de la garde de Romans, dont rannée suivante il fut nommé gouverneur on réeuinpensc de sa belle conduite. Le lendemain, dans une asseml)lée générale présidée par le maréchal d'Ornano, la démolition de la citadelle fut décidée. Les matériaux servirent à réparer plusieurs éolises, et l'emplacement fut donné pour rétabiissement d'un couvent de Capucins (2). La maison du roi, habitation du gouverneur, fut rasée par un ordre du parlement (3).

1597. Novembre 1". — Le premier président du parlement. Rabot d'Iilins, convoque

(1) Voy. Notice historique sur la. citadelle de Romans, p. y. (2; Voy. Notice /iwtorique sur te cmment deê C&pucim de Romans, p. 3.

(3) Elle oceopait remplacement de la maison diteaujonrd'liQl de la Citadelle.

à Romans» pour y tenir les Etats, les députés des Tilles et des communautés. L*archevéque de Vienne (1) s'y rend et rappelle que, aux termes des privilèges et libertés de la province, il est nécessaire de convoquer les commis des trois ordres, aliii que les plaintes de tous soient entendues, et qu'enfin nul, sinon lui, ne peut présider l'assenihlce. Sur cette protestation, les Etats sont assignés à Vienne pour le 15 janvier suivant.

1598. Mai. — î.a p<'st»> s'rtant de nouveau déclarée dans Cirenohlo, le parlement vient siéger à Romans. Pendant son sôjour, on célèbre la paix conclue cnti e le roi de France et le roi d'Espagne. Il y eut une procession générale, à laquelle assistèrent le premier président en le parlement, la chambre des comptes, les autorités de la ville et une foule d'habitants. On brûla sur la grand'place un feu de joie formé d'une tour à trois étages, où l'on voyait les effigies de Mars et de Bellone, qui furent la proie des flammes. La Paix chantait les louanges de Dieu et jetait des fleurs sur le peuple, qui était réjoui, tandis que les gens de guerre étaient « tous marmiteuz. »

169S. Octobre i4. — Les consuls, assistés des chanoines, du juge royal et des principaux conseillers, achètent la maison et le jardin que Jean Charlet possédait au delà du pont Mallet, (aujourd'hui des Orphelines) pour y faire une matterie. Cet immeuble coûte ."^OO écus, plus 8 écus dV'trennes pour acheter une robe à la femme du vendeur. Il a été revendu le 20 février 1791.

(1) Pierre VI de Villars, préconisé ù Ilome le 2(} avril lôUl, aiorlle 18 uuùt IGia.

AKNALB8 DB LA VtLl.B DB ROMAKB

1599. Octobre 25. — L'édit de Nantes est publié à Romans par le duc de Lesdiguières (1), lieutenant général de Dauphiné, Ennemond Rabot, premier président du parlement de Grenoble, et Méret de Vit, premier président du parlement de Toulouse. Les protestants sont autorisés à avoir un temple et un cimetière au Bourg-du*Péage et à faire admettre leurs pauvres et leurs malades dans les hôpitaux de la ville. A IMssue de rassemblée, où Fédit et les règlements pour en assurer Pexécutîon- venaient d^être enregistrés, Jean Magnat et Pierre EscoflFîer, ne trouvant pas les concessions suffisantes, présentèrent, au nom de leurs coreligionnaires, des remontrances et protestations aux commissaires.

A cette occasion et en présence de ces hauts personnaiz('S, on avait dressé sur la gran(T])lace un échafaud très élevé, formé de plusieurs arcades et sup[)ort[iiit un énorme dragon llambovant « entouré d'admirables artillees »

1600. Avril 10. — Le monastère londé à Saint-.Iust en Royans, le 15 octol)re 1349, par le dauphin Humbert H, en laveur de Béatrix de Hongrie sa mère, ayant été détruit par les Calvinistes, les religieuses vinrent en 1575, se

(1} François de Bonne, qui lut ensuite connétable de France, fui pourvu de cette Ifeutenance le 12 septembre ISM et le 26 août 1600 II

fut fait gouverneur de la Savoie. l\ mourut a Valence le 21 septembre 162C. Videl a écrit sa vie, que Ton trouve du reste dans toutes les biographies.

^ Ici se termine dans ces annales ce qui concerne les guerres de

religion. On <loit y ajouter cette simple remanjue, qui on est la morale : les guerres civile^! tlu XVI" siècle qui, snu? iirétexit" de liberté de conscience, avaient pour but ranéuiitissemeni de 1 uutorite royale, aboutirent partout, après quarante ans d'IiorribieB excès, au triomphe du pouvoir absolu et de rintolérance religieuse.

réfugier à Romans. Elles achetèrent de Félix GuigoUy pour le prix de 1,400 écus et 60 écus d^étrennes, une vaste habitation appelée Beauséjour et y.établirent'leur nouveau monastère : ce qui fut ratifié le 20 juin suivant par Tabbé général de Cîteaux et approuvé en 1604 par le pape ' Clément VIII. Les restes de Béatrix de Hongrie, transportés à Romans en 1680 parles soins de Tabbesse Claudine de Marnais, sont encore dans le chd'ur de la chapelle de ce couvent : une lonu'ue inscription sur uiaibre noir rappelle cette translation (i).

1600. Septembre 9. — Henri IV prescrit aux consuls do Romans d'envoyer, pour servir dans son armée de Savoie, cent hommes couraueux expérimentés, armés moitié de mouscjuets, moitié d'arque])uses de <i'uorre. Cette compaii'ine, •sous les ordres du capitaine Labarre, « personnage d'expérience et au faict des armes, » arriva à Tarmée le 18 octobre; elle était de retour à Romans le 7 décembre sans avoir fait aucun service de guerre. Les hommes furent immédiatement congédiés, avec une gratification de deux écus. Le roi adressa une lettre aux consuls pour les remercier du témoignage de leur bonne volonté et affection & son service (2).

1600. Novembre 28. — La reine Marie de Médicis, qui allait à Lyon épouser Henri IV, accompagnée d'une suite très nombreuse, passe à Romans. La neige qui tomba ce jour-là avec abondance nuisit aux préparatifs qui avaient été

(1) Voy. Notice historique aur l'abbaye de Sainl-Jvst^ p, 45 el

suiv.

(2) Voy. La. y arde nationale mobile en l<iOO, dans Le Dauphiné dia 2 Juillet 1867.

faits pour fôter le passage de la nouvelle reine de France.

1600. Décembre, — Des personnes pieuses des deux sexes instituent dans Téglise de Saint- Bamard une confrérie sous le nom du Divin Sacrement de VAuteL Elle a été renourelée et approuvée par l'évêque de Valence le 22 août * 1815. Une plus ancienne confrérie du Saint- Sacrement avait été fondée en 1530 et confirmée le 30 novembre 1539 par le pape Paul III.

1601. Septembre il . — L'abbesse de Vernaison demande aux consuls la restitution d'une cloche, du poids de deux quintaux, qu'elle leur avait prêtée en 1 568 et qui avait été placée dans la tour de rAcfjue.

1601. Scj^f'niihi'e 77. — Après une exhortation faite aux habitants de Romans par le P. Prévost, prédicateur de Saint-Harnard, plusieurs dames de la ville forment une société sous le nom de Dames charitables de la Tasse, à la tête desquelles on remarquait Madame Renée du Peloux, veuve de Ciaveyson. Cette association fut approuvée le 24 mars 1604 par les notables de Féglise et 1.^ la ville.

1602. Août 16. — En réponse à une requête du sacristain et des chanoines de Saint-Barnard, le duc de Lesdiguières ordonna que la ville de Romans élirait trois des plus notables» sur lesquels il en choisirait un pour avoir la garde des clefs des portes et donner le mot du guet en Pabsence du gouverneur de ladite ville.

1604. At>ril. — Gaspard Jomaron, contrôleur des guerres, poursuit Tenregistrement de ses lettres de noblesse devant rassemblée de la ville de Romans, qui s'y refuse, à cause de Texemp-

tien des tailles qu'entraînerait cette reconnaissance.

1605. — Jeanne et AngMo Michel, filles d^un marchand de Romans, fondent un couvent d'Ursuîines, pour Tinstruction des jeunes filles. Cet établissement est approuvé par des lettres patentes de Louis XIII du mois de mars 1611. Ces religieuses furent cloîtrées le 22 avril 1635 par Pierre de Viilars, archevêque de Vienne. De cette date & 1768. cent quatre-vingt-seize personnes y ont fait profession. La dernière supérieure a été Madame Françoise Ruel.

Le couvent des Ursulines, le plus riche de Romans, était situé entre la promenade du Champ-de-Mars et la montée des Cordeliers. II a été vcMulii en 17U'2, on six lots, pour le prix de 102/iOO livres (1;.

1605. Février 10. — Les conii)t(\s (1(3 l'abbaye de Bongouvert sont arrêtés en pi ésence des consuls. Les recettes ont été de 562 livres 1 1 sols et les dép(^nses de 555 livres (2).

1605. Juin 1C,. — î^lusieurs diderends s'élaut élov/'s enti'e (jiielcjues hal)it.'Uits et les consuls, le maix'chal de Lesdigui(>res, le premier président de Saint-André et deux conseillers de la cour du parlement rendent une sentence arbitrale, par laquelle il port(Mit le nombre des membres du conseil général de la commune à 68 et ceux du conseil ordinaire à 24* Les parties conviennent ensuite de s'en rapporter au président de Lacroix -Chevrières, qui remit les choses en

(1) Voy. Notice hutûriqu» sur te tnonutdre de a&init'Vravde de Romans.

(2) Voy. Les Abbayes lafgue* de Aonwns, 1882.

AMNÀLBS DB LA VILLB DB ROMANS

l'état où elles étaient auparavant, sauf que le petit conseil serait compose^ de 16 notables: ce qui fut approuvé le 12 octobre 1606.

1608. Mars 11. — Par une transaction entre le Chapitre et les consuls, au sujet du ban vin, il est convenu que les proclamations de Tenchère auront lieu huit jours avant le jeudi cras, et que cejour-lÀ se fera la tàte et la mise à prix. Le vin sera mis en broche le mercredi des cendres, pour être vendu à Texciusion de tout autre vin. Les débitants, pour pouvoir vendre, seront obligés d'acheter au moins le tiers du vin décimal du Chapitre.

1608. Décembre 30, — Les consuls donnent commission à Ennemond Rico! et à Barthélémy Vilatte, notaires, de dresser un inventaire des papiers, titres et documents de la maison consulaire (1).

1609 Mai 21. — Les consuls formulent une piuU'Station contre les exactions de noble Franeois Coste, conseiller en la chambre des comptes, (jui voulait soumettre à un péage les marchandises qui traversaient la seigneurie de Peyrins, dont il était eng'a<i;iste.

1609. Novembre — Le provincial et quatre fabriciens de Tordre des Capucins prennent possession de rem|)lacement de la citadelle, sur l'esplanade de Saint-Romain, ])our y construire un couvent. La première pierre fut posée par l'archevêque de Vienne le 18 avril 1610 et réglise consacrée le 19 avril 1617 par Jean de la Croix, évêque de Grenoble (2).

(1) Cel invonlairu consiste en un volunu* In-'»- de 2I!M pafïes.

(2) Vuy. Notice tust. sur le couvent des Capucins de Romms, p. 3.

1610. Mar8 2i.^ MM. Gaspard de GilUer, Jean*François Reynaud et Jean-François Bernard demandent k rassemblée de la yille la yérî-

fication et Penregistrement de leurs lettres de noblesse.

1617. Janvier 29. — Les consuls écrivent au 1 t)i Louis XIII pour le prier d'agréer le choix d'Alexandre Sibeud de Saint-Ferréol comme gouverneur de Romans, en remplacement de son père. Le roi « poui' leur donner contentoment et satisfixction y consent, encore que ce soit chose extraordinaire. »

1618. — An ne de Pusiiiiian, veuve Costaing du Palais, l'onde au ({uartier de la Prêle un couvent de l'ordre de Sainte-Claire. Le pape Pie V, à la date du 1 1 août 1620, accorde la bulle de fondation, et par lettres du 24 août suivant Jérôme de Villars, archevêque de Vienne, donne une permission conditionnelle. Mme Rosalie Faure en était Tabbesse en 1791 (1).

1622. Janvier i7, — Saint-Ferréol, gouver^ neur de Romans, à la tête de 500 boui^eois de la ville, soutenu par une compagnie de chevau* légers, attaque et met en fuite Montclar et Beaufort, qui s^étaient retranchés à Peyrins avec quelques protestants.

1692. Novembre 27, — Le roi de France, Louis XIII, fait son entrée dans Romans. On avait dressé pour S. M. un pavillon dans l'église de Saint-Barnard et mis autour du monument des armoiries et des devises

1622. Décembre 2. — Le duc de Lesdi-

(1) Voy. iVotice hi»t, mr tê couvent de Sainte^CUAre de Rwnam, p. 2 et suiT.

AHNALBS DB LA ?ILt*B DB ROHAITS

g:uières» lieutenant gént^ral de laprovince, fait un règiement pour Tadministration municipale de la ville de Romans. Il permet d^élire, le

25 mars, quatre consuls pour deux années (1).

16S8. Mai 19, — I.e prince Charles de Bourbon, gouverneur du Dauphiné (2), vient à Romans. Il se trouve de nouveau dans cette ville le 2 mai 1629. Il est reçu chaque fois avec les honneurs dus à son rang.

16d4. Sept&mbre, — Sur la demande des consuls et avec Tapprobation du grand aumônier du roi, Louis XIII réunit la maladrerie de Vole y à l'Aumône j^énérale de Romans, à la charge d'entretenir et de soigner les lépreux, lorsqu'il s'en présentera (H).

1625. Mai 12. — Cinq conseillers an parlement, nommés pour arbitres sur l'importante question du consulat, décident ainsi : Les consuls requerront les chanoines de donner leur consentement aux résolutions i)rises dans le conseil des trois ordres léj^alenient assemhlés, sans payer d'autres frais que deux ôcus d'or pour le salaire des écritures.

1626. Octobre 8. — Il intervient entre le Chapitre et la ville une transaction, par la<|uolle les consuls doivent qualifier l'abbé et les chanoines de Saint- Barnard de co^seigneurs de Romans, et deux commissaires du clergé auront entrée, séance et voix délibérative dans les assemblées de la ville.

(1) Voy. Instihitian» municipales de la ville de Romans,p. 14, (?i (jtnitc (le Sni^stins». •ivnnâ iiiaiii'c de France, pourvu par lettres du mars um. Il tut aussi {jouverncur de la Normandie. , (3) Voy. iVotice hi»t, êur maladrerie de Voley, p. 58.

1626. — Le Chapitre, pour se créer des reyenus, fait construire des maisons sur l'emplacement de l'ancien final qu'il possédait entre le pont et les cloîtres : ce furent les maisons Ducliesne, Pangon et Enfantin, démolies en 1857.

1628. Mars. — Après la suppression des états provinciaux du Dauphiné, un édit du roi établit dans la ville de Romans le siège d une élection, dont le ressort s'étendait jusqu'à Saint- Vallier et comprenait 130 paroisses et 546 feux. Ce tribunal se composait d'un juge, d'un lieutenant de juge, de six conseillers appelés élus, d'uD procureur du roi, d'un substitut et d'un grefTier.

1680. Mars 20, — Les habitants de Romans vont en procession à Saint- Antoine, suivis du clergé de Saint-Bar nard, pour accomplir le vœu fait par leurs consuls à lUssue d*une peste qui avait exercé de grands ravages dans la ville. Une plaque commémorative de ce vœu existe encore dans la sacristie de l^église de Saint- Antoine (1).

1688. Juin 17. — M. Charles de Claveyson, gouverneur de Romans (2), et Madiune Renée du Peloux, sa mère, adressent une requête à l'évêque de Valence, afin d'obtenir des religieuses pour fonder un monastère de la Visitation, r^our aider à cet établissement, i laneois de Gaste (3) et Isabeau Livat, sa femme, font dona-

(I) Voy. Les pestes de Romans, p. 27.

Né le 27 mai 1597, mort sans avoir eu d'enfants de Madeleine Frère, fille de Claude, premier président du parlement. Sa sœur ftat

son hf^rifuTe.

(3) Il avait acquis t elle lialtilalioii, au ju ix <le 2,210 livre.«, d'Anlolne de SoligDae. Ses filles se nommaient : Ilenée, Elisalieth, t rançoise et Madeleine.

4NNALB8 DE LA VILLE DE IlOMANS

tion de la maison située à la Villeneuve et nommée le Château du Recteur» à la charge qu^on y recevrait leurs quatre filles. L^église fut consacrée le 23 août 1667.

1682. Décembre 23. ^ Les consuls de Romans achètent du connétable de Lesdiguières, au prix de 20,000 livres, la portion par lui acquise du château de Pisançon. Cette vente ayant été faite sous clause de rachat, les commissaires du roi remboursèrent, le 5 juillet lf)55, aux habitants de Romans le prix de leur acquisition.

1634. Juillet il. — Un arrêt du parlement condamne les consuls de Romans à l'amende.

Un huissier, accompagné d'un archer, veut conduire en prison le consul David Sablière (ji), ce qui occasionne une émeute.

1634. Octobre 25. — Pour perpétuer le souve- « nir du dévouement des Romanais et rendre grâce à Dieu du danger dont ils avaient été préservés, les magistrats de la ville avaient institué de faire chaque année, le dimanche après le 25 octobre, jour de la reddition de la citadelle, une procession générale à laquelle étaient convoqués tous les corps religieux En 1634, l'arrivée tardive des Cordeliers et des Capucins à cette procession occasionne sur la place Jacquemart une scène regrettable, par les efforts trop brusques qu'ils employèrent pour prendre leur rang.

1685. Juillet 26, — L^lntendant Jacques Talon (2) condamne les chanoines de Saint*Bar-

(1) Marié le lu juin i(i27 à Cntiierinc Guilberinun, murt le 28 jan> vier 1676. Il fut mis en liberté pur un air^t du conseil d^état du

7 août

(2) Conseiller au Conseil d'Etal, fils d'Orner, d'origine irlandaise ; avocat général au parlement de Paris, murl en 1648.

iiard à payer leur part des frais occasionnés par la peste, si mieux ils n*aiment contribuer aux octrois, et à être cotisés pour les dépenses dîtes cas de droit

1687. Mat 4. — Le comte de Sault (1) ordonne que les compagnies de chevau-légors en garnison à Roybon se rendront à Romans, pour y loger à discrétion chez riiabitaiit jusqu'à ce que cette ville ait payé 7,200 livres au capitaine de Montclar.

1637. Juillet i•^ — Le parlement ouv(h<- un conseiller pour faire des recherclies dans les archives de la ville, (-e magistrat arrive; ses demandes sont rejetées avec fermeté. Les consuls oflrent de i^endre leurs comptes.

1637. Scptemlm 9. — Les consuls se rendent à Paris et obtiennent un arrêt qui exempte les habitants de Romans de tous logements des gens de guerre. Le comte de Sault refuse d'obéir; un second arrêt lui impose silence.

1638. Septembre 16. — Les commissaires du roi ayant vendu la seigneurie de Peyrins à Jacques Coste, baron de Charmes, conseiller au parlement, la ville de Romans décide de s'opposer h la mise en possession de ce qui regarde la terre de Peyrins appartenant à la ville, et se joint aux communautés de ce lieu et de Saint-Paul pour racheter la seigneurie de cette terre en remboursant à M. Coste la somme de 6,300 livres. La demande fut accueillie, mais

(I) Charles de Gréqui, duc, pair et maréchal de France, gendre du connétuhie, lieutenant général de Uaupliiné après la mort de ce dernier.

ANNALES DE LA VILLE DE ROMANâ

les habitants laissèrent passer les seize années qai leur avaient été accordées pour opérer ce rachat.

1639. Juin 20. — Devant M* Novel, notaire, Mesdames du Pelouxet de Claveyson, et Hélène Tardy, veuve de Pierre DelouIIe, pour s'acquitter de la fondation faite Tannée précédente dhin séminaire de pauvres filles orphelines de Romans, remettent à oet effet des sommes d^argent et des rentes.

Le 4 juin 1643, l'administration de cet établissement acheta de Claudine Michel, femme d'Antoine Guinard, une maison avec cour et jardin, de la contenance frune setérée, située sur le bord de l'Isère, au-delà du pont Mallet, moyennant 1,200 livres et 2 pistoles (20 fr.) d'étrennes. Les orphelines ayant été transférées à l'hôpital général, le séminaire fut vendu, le 30 juin 1744, à Laurent Gouêt, pour la somme de 2,000 liv. (1).

1642. Février iS. — Devant M" Savoye, notaire, les consuls de Romans, Guillaume Bernard et François Thibaiif Labarre, achètent de Barthélémy-Charles Quintin, drapier, une maison avec cour, jardin, vignes, plassages, situé à la Presle, au-dessous de Saint-Romain, contenant en tout environ* cinq setérées, moyennant le prix de 3,200 livres et 100 livres d'étrennes. Cette somme fut payée avec les 4,000 livres données, le 8 avril 1641, pour servir à rétablissement d'un hôpital de la Charité, par Melchior de Gillier, premier maître d'hôtel du roi : c'est à cette occasion que les armes de ce bienfaiteur furent sculptées au-dessus de la porte d'entrée de cet hôpital (2).

(1) Voy. Essais Uisl. sur les hôpitaux Ue Romans, p. 2U0.

(2) Voy. ibid.,p. 132.

1842* Novembre 6. — M. de la Gayte, intendant commissaire (1), rend un jugement qui déclare le Bourg-de-Péage et les terres du

domaine qui en dépendent compris dans cette partie échue à la yille de Romans. Le 28 juin 1636, un arrêt du Conseil d^état tenu à Paris avait ordonné que les habitants du Péage ne feraient qu^un seul corps de communauté et une même taiUabilité, qu^ils contribueraient à toutes les charges tant ordinaires qu*extraordinaires de la ville de Romans Par transaction du 3 août i644, ledit Bourg fut soumis à loger la sixième partie des troupes envoyées en ladite ville, soit de passage, soit de quartier d hivur, proportion qui fut (Mevée à un cinquième, en 1685, par le marquis dc^ la Ti'ousso, commandant les troupes de S. M. en iJauphiiH.^.

Le 21 mars 11)48, les consuls et les ha])itaiits de Romans et du Hour*z'-de-Péage avaient acquis du roi la partie donianiale du château de Pisançon ; iis furent rembourses, en ir»5r), du prix de leur acquisition après la ventt» passée le 5 juillet à M'® Gabriel de Lacroix. Enfin, le 1" janvier 1680, un arrêt du Conseil d'état prononça la désunion du Bourg-de-Péage d'avec la ville de Romans.

1645. Janvier 21. — L'intendant Yvon de la Lozière (2) renouvelle le conseil politique de la ville ; il fait choix d'administrateurs modérés. La juridiction du parlement est reconnue et on promet d'oublier le passé. m

(1) Henri de la Guette de Gliai6, iiileadaiit de Danplilné en

(?) Pierre Yvon, clievalier, seignear de LozièreB, intendant de Dau*

pbiné 60 1645.

2M AMHALn DB LA VILLB DB BOMAMS

1645. A/ai :^8. — Une confrérie de marchands est établie dans l'église de Saint-Nicolas. Elle fait don à TAumône générale du revenu de la somme de 7,700 livres, que les arts et métiers de la ville de Romans avaient été obligés de verser au fisc en vertu de Tédit de 1594. Cette confrérie remplaçait sans doute V Abbaye de» marchands, laquelle avait été seule nominativement exceptée, par la charte de 1212, de la défense faite aux habitants de n^avoir ni collège, ni assemblée sans la permission du Chapitre.

1646. Juin 26. — Le Chapitre de Saint- Barnard prête hommage à la Chambre des comptes de la co-scigneurie de Romans et des fiefs de Pisançon, Chàtillon, Octavéon, Triors et la Motte de Galaure.

1647. Mai 20, — Le chapitre général des Frères Mineurs se réunit dans le couvent des Cordeliers de Romans. A cette occasion, le pape Innocent XI accorde un bref d'indulgence daté de Rome du 7 février, et les consuls fout donner au Père Gardien huit saumées de blé et buit saumées de vin, pour l'aider à supporter les charges qu'il allait avoir h raison dudit chapitre (1),

1649. Septembre 7. — Les pauvres de l'hôpital de Pailherey, au nombre de seize, sont conduits processionnellement et avec beaucoup de solennité au nouvel hôpital de la Charité, où ils sont installés par les recteurs.

1651. D^cemdre i*'. — Le pont de Romans est emporté, à huit heures du soir» par une grande crue de Plsère. M. Humbert de Lionne (2)

(1) Yoy. Notice hist. sur te couvent de» Cordelîen de Romans^ p. 25.

^ Voy. Notice hiat. sur ie pont de Romane, p. 17.

obtient, par lettres patentes da 30 décembre 1660, de faire reconstruire le pont à ses frais» moyennant la faeulté de percevoir pendant trente ans le droit fixé par le trésorier de France en Dauphiné. Les travaux furent terminés le 23 octobre 1661 (1).

1666. Août 3L — Un arrêt du parlement maintient les officiers royaux de Romans dans le droit de connaître de tous les cas royaux, et autres matières dépendant de la juridiction royale.

1669. — Après de nombreuses et longues formalités et par un acte solennel, l'hôpital de la Charité est cédé aux Frères de Tordre de Saint- Jean de Dieu. Hélène Tardy contribue par une donation importante à cet établissement, qui est approuvé par lettres d'avril 1670

1674. Avril il. — Le <^oiiv<*rîiour du Dauphiné (3) envoie huit compa<^iiie8 du régiment de Sault tenir ^jarnison à l^omans. En attendant que le roi ait envoyé les fonds pour la subsistance de cette troupe, la ville fournira à chaque soldat une livre et demie de pain, une livre de viande et un pot de vin, aux officiers à proportion, et de plus vingt livres de foin et trois picotins d'avoine pour chaque cheval. La nourriture d*un soldat fut estimée à six sols par jour, le logement d'un capitaine à neuf livres, celui d'un lieutenant à six livres.

(1) Seif^neur de Flandenes, gentilhomme de I;i manche du roi. fl fut ambassadeur aoprés de l'élecleiur de Brandebourg, gouverneur de RoDUkiw après son père Sébastien de Lionne. Il monnit le 12 avril

(2) Voy. Essais hist. sur les hôpitaux de Ixoinnus, p. 135 et sulv.

(3) François de Donne de Gréqui, comte de Sauii, duc de LesdiffuèreB, Alt pourvu en survivance de son père le 13 novembre

1675. Janvier iS, — François Labarre, premier capitaine de la ville, remet de la part du marquis de Claveyson, gouvemeur de Romans (i), une ordonnance par laquelle, vu la conduite tenue par le sieur Garagnol Chambois (2), premier consul, envers ledit gouverneur, Mgr de Lesdi gui ères (Créqui) le suspend de ses fonctions de premier consul. Cette interdiction fîit levée le 22 février suivant sur le bon t(^moi<4'nag'e donné par M. de Clavoyson, disant que le sieur Garagnol s'était soumis et était revenu à ses devoirs.

16*73. Avril 28. — A l'arrivée de M. le marquis de Lionne, les quatre compa]4nies de la ville prennent les armes. On leur distribue de la poudre pour faire honneur à ce seii^neur, à qui les consuls font présent de trois quintaux de bouaies, pour la fal)rication desquelles la ville de liomans jouissait alors d'une grande réputation.

1675. Juillet 27. — La ville paye la somme de 3,700 livres pour la confection de 400 paires d'habits destinés aux soldats du régiment d'infanterie de Mazarin.

1676. Août 4. — Pour le payement d*une somme de 470 livres sur le rôle des tailles, le receveur obtient de la cour du parlement une contrainte contre les consuls de Romans, pour la saisie de leurs biens et Femprisonnement de leurs personnes.

(1) Sébastien de Lionne, seigneur de Triors, etc., docteur en droit, créé marquis de Olaveyson par lettres patentes de décembre

(?) Nicolas, lils <le Mt lcliiur Garagnai de Verdun, ancien capitaine au réi^imenl de SuinlrValliei .

1677. Mai 4. — En présence du lieutenant du juge royal et sur la requête de Jean-Augustin DelouUe, président en Télection (1), a lieu Pouverture du testament d^Hélène Tardy, veuve de Pierre Deloulle (2). Cet acte, en date du 16 juin 1675, assure aux établissements charitables de la ville des legs consistant, somme toute, en 1 ,554 livres de rente, divers capitaux, une maison et un jardin à la Prêle, les domaines des Seyvons et des Milhiards, héritage qui produit do nos jours 10,000 francs de revenu.

1678. Janvier 6. — Il se forme à Romans une confrérie sous le nom de ConipagniG de D.-D. de Bon-Secours. Ses membres, au nombre de 24 choisis parmi les notables du clerg-('^ ot de la bourgeoisie, s'occupaient de bonnes univres et du prêt sur g'ag'es. T^es revenus et les biens de cette société, ainsi que le Mont-de-Piété, passèrent à riiôpital général par lettres patentes d'octobre 1740.

1679. Août. — A son passage à Romans, rintendant d'Albigny fait enlever du fronton de l'hôtel-de-ville, comme trop démocratique, cette ancienne inscription : Moribus antiquis stat res rom&na virisque. Elle fut rétablie quelque temps après par un administrateur moins ombrageux.

1687. Janvier 2L — Il est arrêté, en pré-

(1) Seigneur de Recalais et d*Artbeinonay, avocat au parlement,

né en 1642, maître ordinaire en la cliambre des comptes en lOTft. Il mourut le 2 mai 1712, laissant de Laurence Duvivier qu'il avait épousée ic 28 avril 1G74, neuf enfants.

(2) Née le 7 juillet 1589, d^Antolne, marchand, et d'Anne DeltaormCt

veuve Sorvonnel. Elle décéda le 2.'5 avril 1677 cl lut inhumée dans le rloitrc (In Snint-Thtrnard. Le portrait de celle ilieufititrice des pauvres existe a l'IiOpilal.

sence de l'intendant Bouchu (1), que le payement des dettes de la ville serait pris moitié sur la taille, 1111 quart sur les facultés inobiliaires et l'autre quai i sur rortroi. Cette dette fut liquidée, le 22 juin 1688, à 412,482 livres 9 sols 6 deniers. Cette somme, énorme pour l'époque, provenait des dépenses extraordinaires causées par le passage et le logement des troupes.

1700. Jnniner 3. — Viriiit et un chefs de famille du quartier de la Fon taine Couverte font renouvelei', devant M** (luillaud, notaire, le vœu l'ait par leurs ancêtres, le jour de sainte Geneviève, à Toccasion d'incendies et de pestes. Cette association existe encore aujourd'hui, mais elle se borne à faire dire une messe età distrihuer le pain béni, à tour de rôle, par un habitant du quartier.

1700. Septembre i8. — Clémence Bouvier (2) donne, par son testament, à la compagnie de N.-D. de Bon-Secours une maison et un jardin attenant, situés à la Pavigne, qu^on appelait dérisoirement le Paradis, parce qu^elle avait anciennement servi de prison. On y plaça deis filles repenties et un Mont-de-Plété. Réunie à rHôpital général en 1740, cette maison, après avoir eu bien des destinations différentes, fut cédée par l'administration hospitalière à la ville, en l(S:^l, pour y établir les écoles de la Doctrine chrétienne, et finalement démolie en 1842 pour faire place à la rue Paradis (3).

(t i Pierre-Jean Buucliu, iiiaitre des re<{uôle6, iU)iUinè inieiiduiil en

(2) Elle était d'une lionorable famille qui prit le surnom de nesmarest. Elle mourut le 23 mai 1735 et fut inliumée dans la chapelle du Refuge.

(3) La partie non Incorporée à la voie publique fut vendue 7,500 fir. nl845.

1701. Mars, — Lea ducs de Bourgo^e et de Berry, petits-fils de Louis XIV, arrivent à Romans avec une suite nombreuse et une escorte de 1,600 chevaux. Us descendent à Thôtel des Allées, chez Tabbé de Lesseins, sacristain du Chapitre et srouverneur de la ville. A cette occasion, on érigea un arc de triomphe en pierres de taille, démoli seulement en 1863, et pour faciliter le passage des équipages, on abattit quatre maisons, duiil l'emplacement a retenu le nom de place des Princes. Les dépenses, y compris cette démolition et les présents consistant on liqueurs, confitures, vins et boiiLnes, s'élevèrent à la somme de 13,134 livies 10 sols 11. deniers. Le Chapitre réclama en outre 300 livres pour s'indemniser des droits féodaux qu'il possédait sur les maisons démolies.

1705. Septembre 21. — La ville achète deux petites pièces de canon de la succession de Tabbé de Lesseins. Le 26 décembre 1801, ces pièces, en mauvais état, qui étaient tirées les jours de réjouissance, furent réclamées par le ministre de la guerre et envoyées à Valence, malgré les protestations du conseil municipal prouvant qu^elles étaient la propriété de la ville.

1706. Juillet 26, — La révision générale des feux, commencée en 1697, est close et enregistrée. Leur nombre est fixé à 3,500 dont 1 ,500 nobles. Romans est taxé à 33 feux V2» V» '/ia de feu. On conjecture que la valeur d'un feu représentait 2,400 livres de revenu.

1708. Septembre 6 — Partis de Saint- Anioine, deux savants BénédieUiis, Dom Martène et Dom Durand, arrivent à llonians. Ils en visitent les étabhssemeuts religieux et leurs

archives. Ils copient plusieurs chartes du Cartulaire de Saint-Barnard, qui figurent dans le Thésaurus nomis anecdotorum,

1709. Mars iô. — Après le rigoureux hiver de 1709, qui a laissé un long souvenir, le parlement prescrit de lever une contribution, afin de pourvoir à la subsistance des pauvres de la province. L'assemblée de Romans nomme un bureau qui dresse le rôle d'une cotisation sur les personnes aisées. Cette imposition atteignit 278 habitants et produisit la somme de 4,996 livres 15 sols. Les cotes variaient depuis une jusqu'à quatre-vingt livres ; mais les établissements religieux étaient taxés à un chiffre beaucoup plus élevé, savoir : la Collégiale de Saint-Barnard à 730 livres et chaque monastère à i50.

1714. — Le Chapitre donne rndjudication de la restauration des voûtes de la net de 1 église de Saint-Barnard et la démolition de la chapelle abbatiale, dont remplacement est vendu à Madame veuve Belland. Tous ces travaux sont terminés en 1718, Ils avaient coûté, pour la maçonnerie 5,160 livres et 100 livres d'étrenues et pour la charpente 850 livres et 30 livres d'étrennes. C'était la réparation des dégâts commis, en 1562, par les protestants.

1717. Décembre 23, — Un arrêt du conseil d'Etat maintient le gouverneur de Romans gouverneur du Péage de Pisançon, avec défense expresse au seigneur de ce lieu et à tout autre de l'y troubler.

1718 Novembre 20, — On décide la construction d'une caserne d'infanterie sur l'emplacement de l'ancien hôpital de Pailherey.

17d3. Mai 9. — Les statuts du jeu de l'arque-

buse, réiligés dans une assemblée des tiois ordres de la coinuiuiir, sont ajjprouvt'S par le duc d'Orléans, gr»uvei'ii»'ur du Daupliinô. Le vainqueur recevait un prix de 40 livres et le titre de roi de l'arquebuse. Le ron-istre de cette société foi brftlé pul)lir|ueuH jii sur la place de Jacquemart 1(* *2"-2 sc^ptembre iWà,

11 2*7, Septembre 5, — Jean-Bernard de La Croix, seigneur de Pisançon, ayant voulu, contrairement à la charte de 1209, troubler les habitants de Romans dans le privilège de ne payer aucun péage, ni par terre ni par eau, est condamné par un arrêt du parlement.

1729. Mats 29. — T u ir rêt du conseil d'Etat fixe les charges ordinaires de la yille de Romans à 4,700 llTres 19 sols 4 deniers, et lui permet, pour y subvenir, d'établir un octroi consistant en

2 sols par charge de vin, 4 livres par charge de vin étranger, 2 sols par setier de blé pour Phabitant, 17 sols pour les boulangers, 22 sols pour les amidonniers, 6 deniers pour les ecclésiastiques et les nobles ; 50 sols par bœuf, 20 sols par veau, 5 sols par mouton, 2 sols par agneau, 10 sols par pourceau pour Thabitant et 20 sols pour les revendeurs. ^lais les droits d'entrée sur les farines ayant été supprimés par arrêt du

3 juin 1775, les octrois de Romans, qui l apportaient 10,000 livres, furent réduits à 4,S00 livres.

1730. Mnrs 16. — \h\ traité sanctionné par le roi règle la ([nestion de préséance au feu de joie. Il est dit que lorsque S. M. aura ordonné un Te Deiim avec feu de joie, le irouverneur de Romans assistera au Te Deum à la manière accoutumée. Il se rendra ensuite par la porto du Saint-Esprit au feu de joie, dont il fera trois

I ih

fois le tour; le Chapitre se rendra de son côté au même lieu en chantant. Le gouverneur et le président du Chapitre mettront en même temps, chacun d*un côté, le feu au bûcher.

1736- Mars. — Des lettres patentes de I^uis XV permettent d'établir à Romans un Hôpital général : le roi s'en déclare le protecteur et le conservateur. De nouvelles lettres de septembre 1740 unissent à cet établissement les biens des aumônes et des conlréries de la ville et en règlent laduiinistration. Cet hôpital était destiné aux infirmes, aux vieillards et aux orphelins (1)

1739. Février i4. — TTn arrêt du conseil d'Etat pronudgue un ré;;iement en 32 articles pour ladministration municipale de Romans. Les consuls seront élus pour deux ans et les conseillers pour trois (2).

1739. Juin 26. — L'administration de l'hôpital général fait acheter à Grenoble, deM.Gumin d'Hautefort, conseiller au parlement, deux maisons avec cour, jardin et grillage, sur le bord de risère, pour le prix de 5,000 livres. Ce local a conservé cette destination jusqu'en 1831, époque à laquelle il a été acheté par la ville et converti en caserne. Au XIV' siècle, estait Thabltation de Humbert Colonel, qui fut camérier du dauphin Humbert II et seigneur de Currière. Âu XVI* siècle, on y plaça les écoles grammaticales.

1748. Juin 44- — Le roi donne à M. François Hours (3) la commission de roffice de con-

(J) Voy. Essais hist. sur {en hûpitHux de liomans, p. 106.

(lÔ Voy. InêHtutions'municipales de fa ville de Romans, p. 16.

(H) Avocat, conseiller du roi, lieutenant en lï-lcclion. II fut aus.si subdél«''Ku«^ de l'intendant. Il laissa deux iUles de Marie Monier, qu'il avait épousée le 5 juin 17U5.

seiller maire de la ville et communauté de Romans. Le maire remplace le premier consul, dont

il remplit les fonctions (1;.

1748. — Afin de parer à la disette, Tintendant envoie à Piomans 1,344 setiersde h\é pesant 1,090 quintaux. Ce grain est revendu au public à raison de 3 livres 10 sols le quintal.

1748. Décembre 25. — Passage à Romans de Don Philippe, duc de Parme (2).

1752. Février 21. — La ville est obligée de racheter, au prix de 15,9.55 livres, rolliee de maire érigé par le roi peu d'années auparavant. S. M. accorde à la ville vingt-huit offices municipaux réunis au corps de la communauté,

1755. Mai 12, — Le terrible contrebandier Mandrin, arrêté la veille en compagnie d^un jeune homme appelé Saint-Pierre, escorté par

(1) T-;î I(';?[slatif)n concernant la nomination et In riualité des maires a été, pendant le XVUi<> siècle, si cliangeante et contrudictoire qu'un ne peut 8*y reconnaître si Ton ignore les édlts rendus à ce sujet.

Ud édit du mois d'août Itérée dans toutes les villes des mairies perpétuelles ;i\ *'r (iiarîres de conseillers du r(»i. i|iii furent vendues.

Un édit du niuis de dëcenibre 1706 dédouble la cliarge de maire, et ron eut des maires alternatifs et triennaux.

T^n édit du mois de mai 1702 adjoint au ifiaire un lieutenant.

Un é<iit du mois de Juin 1717 abolit toutes les charges municipales vénales.

Un édit du mois de novembre 1733 l!ait revivre toutes les créations de 109S et ITW. Cliacun toucbalt des gages représentant lintérftt au

denier dlT-hnit.

Un arrêt du conseil du 21 mars 17'i7 dt'cida que ce qui restait à vendre desdits offices serait remis au compte des villes et communautés, qui seraient tenues d*en faire racquisitlon et qu'elles nommeraient

un sujet au nom de qui les lettres patentes seraient délivrées.

Enlin, un édit du mois d'aotlt ITfî'* snitprima les ortiecs municipaux en litre et autorisa les villes à Ke gouverner suivant anciennes formes.

(2) Infant d'Espagne, né en 1720 de Philippe V . t d Elisalu th F.irnèae ; duc de Parme, Plaisance et Quastaliu en i74S, mort eu 176ô.

des soldats du régiment de Morlière, arrive à Romans, où il couche dans la prison. Il repart le lendemain pour Valence, où il fut roué le 26 du même mois. Son compagnon était mort dans la prison, empoisonné, dit-on.

1755. Novembre i". — M. François Bonnot de Saint-Marcellin (1) reçoit la commission de maire de la ville de Romans.

1757. Avril 10. — Quatorze débitants ayant mis en vente leur vin en temps prohibé, le syndic du Chapitre fait dresser quatorze procès-verbaux et demande 14,000 livres de domm.iges. La ville pi'it l'ait et cause pour ces quatorze délinquants et soutint contre le Chapitre un lon<^' et coûteux procès, où de part et d'autre ou publia de longs lactums remarquables par un grand luxe d'érudition.

1763. Juin 11. — Le marquis Du Mesnil, lieutenant général en Daupliinô (2), arrive à Romans (^scorté par des hussards et cavaliers volontaires de \'aience.

1765. Septembro 22, — Le conseil de la ville arrête de faire démolir les vieilles murailles de Jacquemart et de combler les anciens fossés pour

(t) Ecttyer, ancien grand prévôt de la maréchaussée de Lyon. J.>J.

Rousseau passa Chez lui, on 1741, un an en (luuliié de prôci^pteur. W fut maire de lluiiiari'^ jusqu'en 1708. l\ vemlil. h; 23 juin 1773, â T-ouls Machon les terres de Uanier el de ConUiilac. n mourut le 20 septembre 1785, foisant béritier son neveu par alliance François-Antoine DiMoulle, conseiller au parlement. Il était frère des abbés Hably et Gondillnc.

(2) Gliarle^Louis-Joacliim de Cliasiellier, homme de {guerre et négociateur, né a Valence le 16 octobre 1706. II avait épousé, en 1747, à Besancon, Puscale-Antoinette-Emilie Petit de Mérival, étant Iteut(»Tintit f:;t'iiéral et commandant en Franché-Comté, nommé au même titre en DaupUiné eu 1701. Il mourut à Paris le 1" mars 1704 et fut inbumé le lendemain dans TégUse de Salnt-Sulpice.

former la place do ce nom. On y plante vingt tilleuls, avec des bornes pour les protéger.

1765. Septembre 24. — Un arrêt du conseil d'Etat prescrit à la ville de Romans d'avoir à rembourser la finance du procureur du roi en l'éclievinage, auquel elle payait 520 livres de gages. Elle fut condamnée à rembourser à la veuve de M. Popon de Maucune (1), dernier titulaire, la somme de 10,550 livres.

1767. Av7-il 20. — Vu la rigueur excessive de l'hiver et les gelées tardives qui avaient enlevé la majeure partie des récoltes, le conseil de la ville délibère de faire pendant neuf ans une procession du Sacré-Cœur de Jésus, qui se rendrait de l'église de Saint-Barnard à celle du couvent delà Visitation. Ce vœu a été fidèlement exécuté les dimanches avant le 15 avril.

1768. Mai 2i. — M. Charles-François Duvivier, capitaine de grenadiers, chevalier de Saint- Louis (2), est nommé maire de Romans.

1769. Mars 21, — Un arrêt du conseil autorise la démolition des maisons qui rendaient l'abord du pont difficile. L'intendant accorde un secours de 1 '2,000 livres, soit la moitié de riadeninité pa^^ée aux propriétaires dépossédés

1769. Juillet 18, — Uayinond Merlin du Chélas (3), conseiller au parlement, tue en duel, d'une manière déloyale, car il était plastronné.

(1) n lut subdôlégué de l inteiulant en 172ti. 11 avait opousc, le 2'J octobre 1734, Françoise-Louise de Chevalier des Octaes, dont il eut cinq eiifanls. U moiinil en 1760.

('?) Si'. U' 4 d«''c»Miihrn 1711, mnr\ le 1', tH inhi t' ITTs. 11 s'était marié, dans i'é($lise d'Onay, le « avril 17H;>, avec Madeleine Arbidc d'Arnaud.

(3) Né le 22 octobre 1735 de Jacques, capitaine de cavalerie, et de Madeleine de Montdragon.

Suel-Béguin, capitaine dans la légion de Flandres (1). Le meurtrier est condamné, le 16 sep* tembre, par contumace» à la peine de la r6ne et exécuté par effigie sur la grand'place le 18 novembre. Les deux tiers de ses biens ayant été attribués aux hôpitaux, Phôpital général de Romans reçut pour sa part 28,913 livres (2).

1769. — Le dénombrement de la population de Roiiiaus donne le cliilIVe de 5,606 habitants.

1770. Juillet lyii. — Un arrêt du parlement décide qu'à raveiiir les hal)itaiits des faubourgs de Ciérieu, de Jacquemart et de Saint-Nicolas seront soumis aux octrois, y compris les nobles ; Texemption des ecclésiastiques n'aura lieu que pour les deni'ées de leurs béiiélices et pour leur consommation seulement. Les forains s'opposent à l'enregistrement de cet arrêt : de là des mémoires et des procès.

1772. Janvier 5. — M. François Brenier de Préville, capitaine d'infanterie et chevalier de Saint- Louis, est nommé maire de Romans (3).

1778. Mai SL — L^assemblée des notables décide qu^onfera Tacquisition, au prix de 200 liv., de la machine de Mme Ducoudray, destinée aux démonstrations de Part des accouchements. Des chirurgiens de la ville font à Phôpital de Sainte- Foy des démonstrations publiques d^obstrétîque avec cette machine.

(1) jnrqups-Thomrt?. Tils de JaoqoeB, néÀRomans le 7 mars 1738) capitaine d'infanterie en 1764.

(2) Voy. Ra-ymond Merlin et sa fmnUle, p. 18.— Le duel de il 69 (Joumat de Romane du 22 mal 1870). Procès eriminel à Orenobte en

1769 (Revue des dorumenls historiquct;, 1875), etc.

(r;i r.ipitainn au régiment de Normaodie. Habitait Timpasse Cogne. It Tut maire une seconde fois en 1783.

1774. Juin 24 — Le parlement enregistre des lettres patentes qui réduisent, malgré Popposition du conseil municipal, à un seul les quatre cocurés qui desservaient la paroisse de Saint^Bamard. Il rend à ce sujet un jugement favorable au Chapitre et règle les frais à la charge de la ville à la somme de 1,136 livres 15 sols.

1775. Mars 26. — La ville de Romans est taxée à la soninie de *^i,(Kir) livres pour le don gratuit oHert à Louis XVI, à sou avèiienient au trône.

1775. Mni W. — MM. Dochier (1) et Thom(^ (?) sont députés à Grenoble pour y complimenter le parlement sur son rétablissement. Les frais de ce voyage sont réglés à 144 livres.

1775. Juin 29. — Conformément aux ordres envoyés fi M. de Bally, gouverneur de Romans (3), la ville célèbre le sacre de Louis XVI par un Te Deum^ un feu de joie, des salves d Vtilleric, etc.

1776. Mais 16. — MM. Viriville, Fayol, Montfort et autres publient un long mémoire, au nom des habitants de Romans, contre les officiers municipaux. Ils les attaquent vivement au sujet des dépenses communales et d'un impôt sur le vin. Le maire et les échevins répondent

it) j)Mii-Unptis(e. nvuoat, aé le 2 décembre 1742, premier ddievla en 17&ë (voy. plus loin).

(2) Jean-Antotne, avocat, recteur de l'hôpital général, marié le 9 avril 1778 avec Florence Lambert, juge au tribunal du district en 1790, mort le ir» sepr(>inhrf> 1706.

(3) Fludoard'Eleouor, comte de Bally, seigneur du Percy, de Vi« raneeurt, Montcarra, etc. Né le 4 mars 1744, cbevalier de Midte, ma> ré<dia] de camp, chevalier de Saint-Louis, exempt des gardes du corps du roi, ^oiiv^rnenr dp Knmnns de 1759 à 1790. Il s'était marié, en 1770, avec Catherine de Giialirillao.

par un autre mémoire, où ils réfutent toutes les allégations de leurs adversaires. Ces querelles durent plusieurs années, font naître plusieurs libelles et finissent par un long procès (1).

1777. Mai — L'archevêque de Vienne, Lefranc de Pompignan (2), aniionce qu'il viendra donner la confinnation dans Péglise de Saint- Barnard. Le chapitre proteste de ses droits anciens, qui ne permettent pas à Parchevêque d'officier avant d'avoir été reçu comme abbé et avoir prêté le serment entre les nuiins du Chapitre (3).

1777. Octobre f>. — La ville dépense 68 livres 10 sols i)our les vins d'honneur offerts aux officiers du parlement qui allaient à Montélimar au devant de S. A. R. Monsieur, frère du roi.

1777. Novembre . — M. André Berlhe (4) est nommé maire de Romans par le duc d'Oriéaus, gouverneur du Dauphiné.

1778. Avril 8. — Le bureau de l'hôpital de Sainte-Foy décide de faire reconstruire « à la moderne » les bâtiments qui longent au couchant la rue de Jacquemart : ceux du côté opposé avaient été rebâtis en 1633.

1778. Novembre 29. — L'intendant annonce Tarrivée et la résidence dans cette ville d'une brigade de cinq hommes de la maréchaussée ;

(1) Voy. Mémoires pour les habitants de Romans, etc., in-4*, 1777. — Réponse, etc. Tableau des abus découverts, etc., in-f" de 100 p.

(S9 Jean-eeorgM, évèqw dn Puy, archevêque deVi«uie enlT74, préBidu 1rs Etats du Dnuphiné en 17B8, devint ministre de la feuille

des bénéfices et mourut en 1790.

13) Voy. Statuts du chapitre de Saint-Barnard. {Bull, de la Soc. d'Arehéol. de la, Drôme, 1880, p. S87.) .- >

(4) Avocat, ronspiller du roi, lieutenant en la judlcature. maire flo Uonians et déeedé dans ses fonctions. Il avait épouse^, le 2 décembre 1727, SUjille-Anne Prompsal, dont il eut trois enlaui^.

Diqitized bv

elle est logée au Tortorel, dans la maison de M. Courtin.

1780. Janvier i2, — M. Berlhe étant décédé dans ses fonctions de maire, est enterré dans le cimetière de Sainte-Foy, aax irais de la ville, suivant Tusajçe en pareille circonstance.

1780. Novembre 20, — M. Jean-François Bernon (l) est nommé maire de Romans.

1783. Décembre 20. — M. Brenier de Préville, capitaine et chevalier de Saint-Louis, est nommé pour !a seconde fois maire de Romans.

1785. Octobre 20. — V\\ terrible incendie éclate dans la nuit au quartier de la Fonlaiiie- Couverte. Deux maisons sont entièrement consumées et neuf ménat^es complètement ruinés.

Les flammes, poussées par un vent du nord très violent, ont menacé pendant quatre heures d'incendier la moitié de la ville.

1786. Avril 25. — Un arrêt du conseil transfère au 9 septembre la foire établie par Henri IV et fixée auparavant le 15 octobre.

1786. Novembre i". — Le baron Ferdinand de Gillier (2) est nommé maire de Romans.

1787. Juillet 23* — En réponse à une lettre des officiers municipaux de Grenoble, le conseil de Romans déclare unanimement qu'il forme les Tœux les plus ardents pour qu^il plaise au roi de

(1) Né le 20 décembre 1717, écuyer, conseiller, juge royal et lieutenant général de police de 1740 à 1766, maire de Romans de 1780 à 1783. Il laissa aux pauvres, en 171K), une somme de 600 livres.

(2) D'une Tamille originairn du Poitou, étuhlie a Romans des le XIV* siècle. Charles-Ferdinand, né le 2 juin 1752, capitaine de cavalerie, cbevalier de Saint-Loais, assista à rassemblée de YlzlUe et aux Etuis do la province à Romans. Elu colonel de la garde nationule tp G août 17K0. il donna sa démission le lë avril 1790. Ayant émigré, ses biens furent vendus.

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