‹ Annales de mathématiques pures et appliquéesChapitre 95 sur 106 · AN ALI 5C · texte numérisé non relu

AN ALI 5C

lieu d'en être surpris que d'une part il considéra quelquefois ce* deux méthodes comme n'en faisant qu'une , et que d'une autre il confesse ne rien comprendre à la première.

22. On serait même fort tenté de croire que Condillac donne aux mots synthèse et analise des acceptions tout-*- fait différentes de celles que nous avons adoptées ici (*) ; si on ne le voyait chercher l'idée qu'on doit attacher à ces mots dans la Logique de Port-Royal , qui professe , sur ce sujet , une doctrine tout-à-fait conforme à la nôtre {**).

a3. Cependant Condillac nous dit sans «esse , sur l'analise et sur la synthèse , des choses qui semblent ne pouvoir aucunement leur convenir. Suivant lui , analiser c'est tantôt observer successivement et avec ordre , et d'autres fois c'est déoomposer et recomposer. Nous avons pourtant vu (8) que la synthèse , aussi bien que l'analise , observait successivement et avec ordre ; mais nous avons vu aussi que l'art de décomposer appartenait exclusivement a l'analise et celui de composer à la synthèse.

a4« Suivant Condillac , il appartient à 1a synthèse de décomposer comme -de composer ; et il appartient à l'analise de composer comme de décomposer ( Part. 11 , ch.ip. VI ) ; et il serait absurde, ajoute- t-U , d'imaginer qu'on pût raisonner en s 'interdisant ,

(•) Soi* qu'on t'occupe de la recherche de quelques vérités nouvelles s soit qu'on veuille prouver à autrui une vérité déjà découverte , il tl'j • et il ne saurait y avoir qu'une seule méthode , disent également Hobbts et Condillac. Mais quelle est cette mélhode unique î c'est la synthèse suivant Hobbes , et «'est Vonalise suivant Condillac.

(•*) Pour faire comprendre la différence entre l'analise et la s/nthèse , les auteurs de la Logiqae de Port-Royal se sont servis de deux comparaisons , dont la seconde est incomparablement plus claire que la première. Condillac cite tout justement celle-ci , et garde sur l'autre le silence le plus absolu (II.e partie, chap. VI ). Il faudrait , je l'avoue , un grand fond de boa vouloir , pour voir *e quelque chose de moins qu'une insigne mauvaise foi.

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