AV6. PONT. MAX
OB PROVINC. LATRONIB.
ET HIS qVI NOVAH GENERI HVM. SVPER.
STITION. INCVLGAR.
PVRGATAM.
Baronias la cite d'après Paul Manuce : Post schoUa provincix Hispaniœ, ail
V SÉRIE. TOME V, — N» 28 ; 1862, (64« vol. de la coll.) 18
plus ajouté les textes grecs aux citations latines de M. Tabbé Latou et ramené à la Patrologie latine ou grecque, de M. l'abbé Migne^ toutes ces citations. Elles diffèrent quelquefois de celles de Fauteur^ mais nous pensons qu'il est bon que tous les textes soient cités d*après cette dernière édition, la plus exacte et la plus facile à consulter. Nous espérons que ce travail sera agréable et utile à nos lecteurs. — Voici la dissertation de M. l'abbé Latou. A. B.
l'apôtre saint PAUL A-T-IL PRÊCHÉ L^ÉVANGILE EN ESPAGNE?
« Dans son Épîtreaux Romains, T Apôtre des nations exprime le désir qu'il a de visiter l'Espagne, et d'y annoncer la vraie foi. Il écrivait de Corintbe aux chrétiens qui habitaient la capitale de l'Empire, que n'ayant plus aucun sujet de demeurer dans ce pays, il était sur le point de réaliser le projet depuis longtemps formé d'aller les voir, a Lorsque je ferai le voyage » d'Espagne, leur disait-il, j'espère vous voir en passant, afin » qu'après avoir joui quelque peu de votre présence, vous me » conduisiez dans cette contrée-là *. » Puis il les prévenait qu'il se rendait à Jérusalem pour distribuer aux fidèles les aumônes recueillies en Achaïe et en Macédoine, et il ajoute : « Lorsque j'aurai terminé cette affaire et que je leur aurai re- » mis le fruit des collectes, je partirai pour l'Espagne en pas- » sant par chez vous *. »
Ces paroles montrent dans saint Paul l'intention formelle et bien arrêtée de prêcher en Espagne. L'évangélisation de cette contrée est le but principal de son voyage ; Rome n'en est que Taccessoire. Il veut aller en Espagne, il ne verrajRome qu'en passant. Il y fera une halte qui sera pleine de consolation pour lui, il est vrai, car il se trouvera au milieu de fidèles dont la foi est célèbre dans l'univers entier; pleine de joie et de bonheur aussi pour ces mêmes fidèles, auxquels il promet de leur faire part de quelque grâce spirituelle et de leur
* Quum in Hispaniam proficisci cœpero, spero quod prsteriens yideam vos, et a vobis deducar iUuc, si vobis primum ex parte fruitus faero (Paulos ad RomanoSf xv, 241.
' Hoc cum conBummavero, et assigDtfvero eia fructum honc, per vos profl-, ciscar in Hispaniam (i&td., 28).
A PBÊCHÉ LEVANGILE EN ESPAGNE. 277
donner des règles saintes^ propres à les affermir dans leurs dispositions chrétiennes ^ : néanmoins ce séjour à Rome ne sera. qu'une halte. Le but du voyage, c'est l'Évangile à prêcher en Espagne.
Mais ce voyage, saint Paul l'a-t-il véritablement entrepris ? Lui qui se proclamait redevable aux Grecs et aux Barbares, aux sages et aux humbles, a-t-il réalisé sa promesse et visité l'Espagne* C'est une question controversée. Il y a de grandes autorités qui l'assurent, quelques autres semblent le nier. Nous allons rapporter les témoignages qui déposent en faveur de ce voyage, et ceux qui lui sont contraires. Les lecteurs ayant sous les yeux les pièces du procès, pourront prononcer en connaissance de cause. Nous avons la confiance que leur sentiment ne différera pas du nôtre, et qu'ils inclineront à se prononcer pour l'affirmative.
C'est une tradition universellement admise en Espagne^ que le Christianisme y fut connu et pratiqué du temps même des Apôtres. Cette tradition que la foi de tout un peuple rend déjà si forte, corroborée encore par le témoignage de tous les historiens^ a été confirmée par la découverte d'une ancienne inscription trouvée dans cette contrée, et que le cardinal Baronius a insérée dans ses Annales. Elle portait : « A Claude a Néron, César Auguste, Souverain-Pontife, pour avoir purgé B là province de brigands , et de ceux qui enseignaient aux B hommes une nouvelle superstition ^. » Par cette superstition, qui était toute nouvelle du temps de Néron, on ne peut entendre
' Prlmnm gratias ago Deo meo per Jesum Ghristum pro omnibus TObis, qaia fides vestra annuntiatur in universo mundo (Rom, i, 8). Desidero enim videre T08, nt ali(iuid impertiar Yobis gratis spiritualis ad eonfirmandos yos {ib, v. 11). ^ Annales» — Voici la forme de cette inscription :
NERONI CL. CAES.
AVfi. PONT. MAX.
OB PROVINC. LATRONIB.
ET HIS QVI NOVAH GENERI HVM. SVPER- STITION. INCVLCAR.
PVR&ATAM.
Baronius la cite d'après Paul Manuce : Post scholia provincùe Hùpanix, ail
V SÉRIE. TOMB V. — N« 28 ; 1862. (64« vol. de la coll.) 18
plus ajouté les textes grecs aux citations latines de M. Tabbé Latou et ramené à la Patrologie latine ou grecque, de M. Fabbé Migne^ toutes ces citations. Elles diffèrent quelquefois de celles de l'auteur^ mais nous pensons qu'il est bon que tous les textes soient cités d'après cette dernière édition, la plus exacte et la plus facile à consulter. Nous espérons que ce travail sera agréable et utile à nos lecteurs. — Voici la dissertation de M. Tabbé Latou. A. B.
l'apôtre saint PAUL A-T-IL PRÊCHÉ L'ÉVAKGILB EN ESPAGNE?
a Dans son Épîtreaux Romains^ l'Apôtre des nations exprime le désir qu'il a de visiter TEspagne, et d'y annoncer la vraie foi. Il écrivait de Corinthe aux chrétiens qui habitaient la capitale de l'Empire, que n'ayant plus aucun sujet de demeurer dans ce pays^ il était sur le point de réaliser le projet depuis longtemps formé d'aller les voir. « Lorsque je ferai le voyage » d'Espagne, leur disait-il, j'espère vous voir en passant, afin » qu'après avoir joui quelque peu de votre présence, vous me » conduisiez dans cette contrée-là ^ » Puis il les prévenait qu'il se rendait à Jérusalem pour distribuer aux fidèles les aumônes recueillies en Achaïe et en Macédoine, et il ajoute : « Lorsque j'aurai terminé cette affaire et que je leur aurai re- » mis le fruit des collectes, je partirai pour l'Espagne en pas- » sant par chez vous *. »
Ces paroles montrent dans saint Paul l'intention formelle et bien arrêtée de prêcher en Espagne. L'évangélisation de cette contrée est le but principal de son voyage; Rome n'en est que Paccessoire. Il veut aller en Espagne, il ne verraJRome qu'en passant. Il y fera une halte qui sera pleine de consolation pour lui, il est vrai, car il se trouvera au milieu de fidèles dont la foi est célèbre dans Punivers entier; pleine de joie et de bonheur aussi pour ces mêmes fidèles, auxquels il promet de leur faire part de quelque grâce spirituelle et de leur
* Quum in Hispanlam proficisci cœperOi spero quod prsterieDS Tideam tos, et a Yobis deducar illuc, si Yobis primum ex parte fruitus faero (Paulus ad Romanot, xv, 24).
' Hoc cum coDsummavero, et assigntfvero eia fructum honc, per vos profi-, ciscar in Hispaniam {Ihid,^ 28).