AV6. PONT. MAX
OB PROVINC. LATRONIB.
ET HIS QVI NOVAM 6ENERI HVM. SVPER- STITION. INCVLCAR.
PVRGATAM.
Baronius la cite d'après Paul Manuce : Post scholia provinciss Hispaniœ, au V SÉRIE. TOME V. — N* 28 ; 1862. (64« vol. de la coll.) 18
plus ajouté les textes grecs aux citations latines de M. Tabbé Latou et ramené à la Patroïogie latine ou grecque, de M. Tabbé Migne, toutes ces citations. Elles diffèrent quelquefois de celles de Fauteur^ mais nous pensons qu'il est bon que tous les textes soient cités d'après cette dernière édition, la plus exacte et la plus facile à consulter. Nous espérons que ce travail sera agréable et utile à nos lecteurs. — Voici la dissertation de M. l'abbé Latou. Â. B.
l'apôtre saint PAUL A-T-IL PRÊCHÉ L'ÉVANGILE EN ESPAGNE?
« Dans son Èpître aux Romains^ l'Apôtre des nations exprime le désir qu'il a de visiter l'Espagne^ et d'y annoncer la vraie foi. Il écrivait de Corinthe aux chrétiens qui habitaient la capitale de l'Empire, que n'ayant plus aucun sujet de demeurer dans ce pays^ il était sur le point de réaliser le projet depuis longtemps formé d'aller les voir, a Lorsque je ferai le voyage » d'Espagne, leur disait-il, j'espère vous voir en passant, afin » qu'après avoir joui quelque peu de votre présence, vous me » conduisiez dans cette contrée-là *. » Puis il les prévenait qu'il se rendait à Jérusalem pour distribuer aux fidèles les aumônes recueillies en Âchaïe et en Macédoine^ et il ajoute : « Lorsque j'aurai terminé cette affaire et que je leur aurai re- » mis le fruit des collectes, je partirai pour ITEspagne en pas- » sant par chez vous *. »
Ces paroles montrent dans saint Paul l'intention formelle et bien arrêtée de prêcher en Espagne. L'évangélisation de cette contrée est le but principal de son voyage; Rome n'en est que l'accessoire. Il veut aller en Espagne, il ne verra|Rome qu'en passant. 11 y fera une halte qui sera pleine de consolation pour lui, il est vrai, car il se trouvera au miUeu de fidèles dont la foi est célèbre dans l'univers entier; pleine de joie et de bonheur aussi pour ces mêmes fidèles, auxquels il promet de leur faire part de quelque grâce spirituelle et de leur
* Quum in Htspaniam proficisci cœpero, spero quod prsteriens videam tos» et a Tobis deducar iUuc, si vobis primum ex parte fniitus faero (Paulus ad Romanos, xv, 24).
' Hoc cum coDBummayero, et assigntfvero eia fructum hanc, par vos profl-, ciscar in Hispaniam (i&td., 28).
A PBÊGHÉ l'Évangile en espagne. 277
donner des règles saintes^ propres à les affermir dans leurs dispositions chrétiennes ^ : néanmoins ce séjour à Rome ne sera. qu'une halte. Le but du voyage, c'est l'Évangile à prêcher en Espagne.
Mais ce voyage, saint Paul l'a-t-il véritablement entrepris ? Lui qui se proclamait redevable aux Grecs et aux Barbares, aux sages et aux humbles, a-t-il réalisé sa promesse et visité l'Espagnet C'est une question controversée. Il y a de grandes autorités qui l'assurent, quelques autres semblent le nier. Nous allons rapporter les témoignages qui déposent en faveur de ce voyage, et ceux qui lui sont contraires. Les lecteurs ayant sous les yeux les pièces du procès, pourront prononcer en connaissance de cause. Nous avons la confiance que leur sentiment ne différera pas du nôtre, et qu'ils inclineront à se prononcer pour l'affirmative.
C'est une tradition universellement admise en Espagne, que le Christianisme y fut connu et pratiqué du temps même des Apôtres. Cette tradition que la foi de tout un peuple rend déjà si forte, corroborée encore par le témoignage de tous les historiens, a été confirmée par la découverte d'une ancienne inscription trouvée dans cette contrée, et que le cardinal Baronius a insérée dans ses Annales. Elle portait : « A Claude » Néron, César Auguste, Souverain-Pontife, pour avoir purgé B la province de brigands , et de ceux qui enseignaient aux B hommes une nouvelle superstition ^, » Par cette superstition, qui était toute nouvelle du temps de Néron, on ne peut entendre
' Prianiin gratias ago Deo meo per Jesum Ghristum pro omnibus vobis, quia fides vestra annuntiatur in universo mundo {Rom» i, 8). Desidero enim videre yw, nt aliquid impertiar vobis gratise spirltualis ad confirmandos yos {ib, v. H). ' Annales, — Voici la forme de cette inscription :
NERONI CL. CAES.
AVG. PONT. MAX.
OB PROVINC. LATRONIB.
ET HIS QVI NOVAH GENERI HVM. SVPER- STITION. INCVLCAR.
PVRGATAM.
Baronius la cite d'après Paul Manuce : Post scholia provincix HUpaniœ, an
V SÉRIE. TOME V. — N« 28 ; 1 862. (64« voL de la coll.) 1 8
plus ajouté les textes grecs aux citatious latines de M. Tabbé Latou et ramené à la Patrologie latine ou grecque, de M. l'abbé Migne, toutes ces citations. Elles diffèrent quelquefois de celles de l'auteur^ mais nous pensons qu'il est bon que tous les textes soient cités d*après cette dernière édition, la plus exacte et la plus facile à consulter. Nous espérons que ce travail sera agréable et utile à nos lecteurs. — Voici la dissertation de M. l'abbé Latou. A. B.
l'apôtre saint PAUL A-T-IL PRÊCHÉ L'ÉVANGnJB EN ESPAGNE?
« Dans son Épîtreaux Romains, TApôtre des nations exprime le désir qu'il a de visiter TEspagne, et d'y annoncer la vraie foi. 11 écrivait de Corinthe aux chrétiens qui habitaient la capitale de l'Empire, que n'ayant plus aucun sujet de demeurer dans ce pays, il était sur le point de réaliser le projet depuis longtemps formé d'aller les voir, a Lorsque je ferai le voyage » d'Espagne, leur disait-il, j'espère vous voir en passant, afin » qu'après avoir joui quelque peu de votre présence, vous me » conduisiez dans cette contrée-là ^ » Puis il les prévenait qu'il se rendait à Jérusalem pour distribuer aux fidèles les aumônes recueillies en Achaïe et en Macédoine, et il ajoute : « Lorsque j'aurai terminé cette affaire et que je leur aurai re- » mis le fruit des collectes, je partirai pour l'Espagne en pas- » sant par chez vous ^. »
Ces paroles montrent dans saint Paul l'intention formelle et bien arrêtée de prêcher en Espagne. L'évangélisation de cette contrée est le biit principal de son voyage; Rome n'en est que l'accessoire. Il veut aller en Espagne^ il ne verra}Rome qu'en passant. Il y fera une halte qui sera pleine de consolation pour lui, il est vrai, car il se trouvera au milieu de fidèles dont la foi est célèbre dans l'univers entier; pleine de joie et de bonheur aussi pour ces mêmes fidèles, auxquels il promet de leur faire part de quelque grâce spirituelle et de leur
* Quum in Hispaniam proflcisci cœpero, spero quod praeteriens yideam vos, et a Yobis deducar iUuc, si vobis primum ex parte fniitus fuero (Paulus ad Romanot, xv, 24).
' Hoc cam consummayero, et assigotfvero eis fructum hanc, per vos profl-, ciscar in Hispaniam (i&td., 28).
A PBEGHÉ LEVANGILE EN ESPAGNE. 277
donner des règles saintes^ propres à les affernfiir dans leurs dispositions chrétiennes * : néanmoins ce séjour à Rome ne sera. qu'une halte. Le but du voyage, c'est TÉvangile à prêcher en Espagne.
Mais ce voyage, saint Paul Ta-t-il yéritablement entrepris ? Lui qui se proclamait redevable aux Grecs et aux Barbares, aux sages et aux humbles, a-t-il réalisé sa promesse et visité l'Espagneî C'est une question controversée. Il y a de grandes autorités qui l'assurent, quelques autres semblent le nier. Nous allons rapporter les témoignages qui déposent en faveur de ce voyage, et ceux qui lui sont contraires. Les lecteurs ayant sous les yeux les pièces du procès, pourront prononcer en connaissance de cause. Nous avons la confiance que leur sentiment ne difTèrera pas du nôtre, et qu'ils inclineront à se prononcer pour l'affirmative.
C'est une tradition universellement admise en Espagne^ que le Christianisme y fut connu et pratiqué du temps même des Apôtres. Cette tradition que la foi de tout un peuple rend déjà si forte, corroborée encore par le témoignage de tous les historiens^ a été confirmée par la découverte d'une ancienne inscription trouvée dans cette contrée, et que le cardinal Baronius a insérée dans ses Annales. Elle portait : « A Claude » Néron, César Auguste, Souverain-Pontife, pour avoir purgé B la province de brigands , et de ceux qui enseignaient aux B hommes une nouvelle superstition ^. » Par cette superstition, qui était toute nouvelle du temps de Néron, on ne peut entendre
* Primum gratias ago Deo meo per Jesum Ghristum pro omnibus vobis, quia fides vestra annontiatur in universo mundo (Rom. i, 8). Desidero enim videre VM, ut aUquid impertiar yobis graUœ spiritualis ad confirmandos yos {ib, v. 11). ^ ÀnncUes. — Voici la forme de cette inscription :
NERONI CL. CAES.
AVG. PONT. MAX.
OB PROVINC. LATRONIB.
ET HIS QVI NOVAM GENERI HVM. SVPER- STITION. INCVLCAR.
PVRGATAM. Baronius la cite d'après Paul Manuce : Post scholia provineiâs Hispaniœ, aa
V SÉRIE. TOMB V. — N» 28 ; 1862. (64« vol. de la coll.) 18
i78 PREUVES QUE S. PACL
autre chose que la religion chrétienne. Mais si le Christianisme avait pénétré en Espagne si peu d'années après la venue de notre divin Sau^eur^ qui donc Ty avait annoncé?Qui avait enseigné cette superstition nouvelle à ceux dont rancantissemeot prétendu était un sujet de gloire pour Néron? Nous n'ignorons pas que Mélapkraste et plusieurs autres écrivains ecclésiastiques regardent l'Espagne comme le champ où s'exerça le zèle de saint Pierre, soit pendant le temps de son épiscopat à Rome^ soit après qu'il en eut été chassé avec les Juifs par l'empereur Claude ^ Nous savons encore qu'une tradition immémoriale, universelle* admise dans le Bréviaire romain, et à laquelle il est permis par suite d'attacher une importance réelle au point de vue historique, affirme que saint Jacques le Majeur a évanr gélisé l'Espagne. Malgré cela, nous restons persuadé que saint Paul a prêché en Espagne, et que ses prédications contribuèrent beaucoup à propager cette superstition contre laquelle Néron déchaîna sa colère et sa haine.
Sans doute, saint Paul ne marcha pas aussi rapidement qu'il se l'était proposé. Semblable à l'aigle, selon la comparaison de saint Grégoire, il contempla de loin sa proie, et il allait fondre sur elle avec toute la rapidité de son zèle et toute Tardeur de son amour, lorsque de& circonstances qu'il n'avait point prévues, vinrent pour quelques années arrêter son élan et comprimer son essor. Arrivé a Jérusalem, il e^t arrêté dans le temple par les Juifs, qui veulent le mettre à mort. Les soldats romains le délivrent, et il comparait devant le tribun Lysias. Celui-ci le renvoie à Félix, qui le retient plus de deux ans en prison. Festus, successeur de Félix, l'interroge à son tour, en présence d'Agrippa et de sa sœur Bérénice; enfin il est conduit à Rome par suite de son appel à César. Là, il subit une captivité qui dura deux ans, et qui se serait prolongée davantage si un événement heureux n'était venu la faire cesser. Néron, mettant le comble à ses crimes, avait fait mourir Agrippine
Tillage de Maramesar. — Scaliger 1» donne comme trouvée à mi lieu appelé Pisuergà (De emendationc tcmporum^ p* 471, ln«fol., Geuev., 1629). — Gniter l'a insérée dans ses Inscript, antiqus, p. 2d8, et d'après lui, Charles Petit dans ses Notes et niédailles sur Néron, daoa le Suétone de Burmann, p. 187, in-4% Amst., 1736.
* Vita S. Petrif 29Junil, Û9XïâÀetaSanctorum,Uim. vjunU.
A PRÊCHÉ l'ÉVAI«GIK.S EN SSPAGNE. 370
sa mère. C^t infâme parricide fut accueilli par un applaudissement immense, el le peuple romain, dans l'excès de sa flattçri©, se livra h de vives démonstrations de joie^comme si TEmpereur eût échappé à un grave péril *. Néron voulut reconnaître Mtachement dont son peuple lui donnait de si touchants témoignages. Il accorda une sorte d'amni$tie générale. Les prisons s'ouvrirent^ et comme les autres captifs, saint Paul reçpU" yra sa liberté»
{Annales.) Cette délivrance de saint Paul est assez importante pour que nous réunissions ici les textes des auteurs qui y ont rapport. D'abord, il nous faut observer que le texte de Tacite, mis ici en note, n'est pas dans cet auteur, el nous ne saurions dire où M. l'abbé Lalou Ta trouvé. Voici les textes que nous avons pu réunir.
Tacite s'exprime ainsi sur les félicitations que Néron recueillit après le meurtre de sa mère :
a On vit toutefois parmi les grands une merveilleuse ému- » lation de bassesse. Des actions de grâces sont ordonnées » dans tous les temples, et des jeux annuels ajoutés aux fêtes » de Minerve pour célébrer la découverte du complot. On » vote à la déesse une statue d'or, qui sera placée dans le » sénat, et auprès de laquelle on verra l'image du prince; » enfin le jour où naquit Agrippine est mis au nombre des » jours néfastes ^. »
Voilà pour le sénat, voici pour le peuple :
« Les tribus accourent au devant de lui, le sénat en habit » An fêtes; des troupes de femmes et d'enfants, rangées suivant » l'âge et le sexe, et sur tout son passage des amphithéâtres • qu'on avait dressés comme pour voir un triomphe. Fier et » vainqueur de h servitude publique, Néron monta au Capi-
^ Cum pu])lica adulatione, Isetitla quoque publiea esset ut de salute parta imperatoris. Tacite, Annale 1. 14.
^ Mlro tamen certamine procerum decernuntur supplicationes apad omnla pnivinaria, atque Qulnquatrus, quibus upertœ essent Insidise, ludls annula celébrarentur. Aureum Mlnervae simulacram In curia et juxta Princfpis imago statueretur. Oies natalia Agrippina inter nefastos esget (Tacite, Annales, 1. xit, c. 12).
» tole^ rendit grâce aux dieux^ et s'abandonna au torrent de » ses passions ^
Voici maintenant Tespèce d'amnistie qu'il accorda :
« Au reste^ pour faire à sa \ictime une mémoire plus » odieuse ; et prouver que sa clémence était plus grande » depuis que sa mère n'y mettait plus obstacle^ il rendit à » leur patrie deux femmes du premier rang^ Junie et CcHpur- » nie, et deux anciens préteurs^ Valerim Capito et Licinitu » GaboliLSy tous bannis autrefois par Agrippine. Il permit qu'on D rapportât les cendres de Tollia Paullina et qu'on lui élevât » un tombeau ; il fit grâce à Thurius et à Calvisius, que lui* v même avait relégués depuis peu ^.o
Suétone dit sur le retour de Néron :
« Quoiqu'il fût rassuré par les félicitations des soldats, du 1» sénat et du peuple^ il ne put ni alors^ ni jamais dans la » suite^ supporter la conscience de ce crime ^. »
Dion Cassius ne dit rien de cette amnistie; il constate seulement que les hommages du sénat et du peuple étaient forcés.
a Quand Néron retourna à Rome^ après le meurtre de sa » mère^ tous le louaient en public^ mais en particulier et 2> quand ils pouvaient parler librement^ on le déchirait par » les insultes les plus sanglantes ^. x>
Dion ajoute encore :
a Néron célébra les jeux les plus longs et les plus magni- » fiques à cause de sa mère. Car il donna plusieurs jours de x> fête dans cinq ou six théâtres. C'est alors qu'un éléphant
< ... Obvias tribus, festo cnltu senatam ; conjugum ac liberornni agmipaper aexum et stateoi disposita; extructos qua incederet spectaculoram gradas, qao modo triamphi visuntur. Hinc superbus ac pubUci servitii Victor, Capitolium adiit ; grates exsolvit, seque \n omnes libidines effudit, quas maie coerdtas qualiscumque matris reverentia tardaverat {ibid, c. 13).
^ Ceterum qao gravaret invidiam matris , eaqae demota, auctani lenitatem suam testificaretur, feminas iUustres Jmiiam et Galpumiam, prapfectura fooetos Valerium Capitonem et Liciniam Gabolum sedibus patriis reddidit, ab Agrippina olim palsos^ etc. {Ihid. c. 12).
3 Nequetamen sceleris conscientiam, quamquam et mititumet senatûs populique gratulationibus confirmaretur, aut statim a ut unquam postea ferre potoit (Suet. Nero, c. 34).
* Dion, Hist, rom,^ 1. lxi, c. 16.
A PRÊCHÉ l'Évangile en espagne. " 281
» condait au sommet du théâtre en descendit courant sur une D corde^ en portant son conducteur sur son dos ^ »
Ces textes, comme on le voit, donnent peu de lumière sur Tamnistie, certaine toutefois, accordée par Néron à saint Paul. Consultons un autre auteur.
Le docte Pearson, évêque de Chester, dans ses Annales Pau- Uni, met l'entrée de saint Paul à Rome au mois de février de Tan 61, la T du. règne de Néron. Il fut confié au préfet du prétoire Burrhus (frère de Sénèque), qui lui permit de rester libre sous la garde d'un soldat. -— Ce n'est que Tan 63 qu'eut lieu la délivrance de saint Paul. Or, pour conjecturer ce qui peut l'avoir procurée, il n'est pas inutile de noter les rapports des Juifs avec Néron, et quel protecteur ils trouvèrent à sa cour.
Josèpbe rapporte ce qui suit :
Le roi Agrippa fit bâtir à Jérusalem un palais si élevé, a qu'il pouvait voir de là tout ce qui se passait à Fentour du » temple. Les principaux de Jérusalena en furent très-mé- » contents, parce que nos lois, dit-il, ne permettent pas de » voir ce qui se passe dans le temple, et particulièrement lors » des sacrifices. P(fur l'empêcher, ils firent faire au-dessus » des sièges qui étaient dans la partie intérieure du temple, » du c6té de l'Occident, un mur si haut que l'on ne pouvait B plus voir de la chambre du roi, non-seulement ce qui » était vis-à-vis, mais aussi les galeries qui étaient au dehors D du temple du côté de l'Occident, où les Romains faisaient » garde aux jours de fêle, pour la conservation du temple. » Agrippa en fut très-offensé, et Festus, le gouverneur, le fut » encore davantage. Il leur commanda d'abattre ce mur,.mais » ils le prièrent de leur permettre de députer vers l'empereur, » parce que la mort leur serait plus douce que de voir ruiner » quelque partie du temple. Il le leur accorda, et ils envoyè- » rent à Rome dix des principaux habitants avec Ismaël, grand » sacrificateur, et Chalcias, garde du sacré trésor.
» Néron les entendit, et l'impératrice Poppea, sa femme, qui » avait de la piété, s'étant employée pour euxauprès de lui, non- » seulement il leur pardonna en sa faveur ce qu'ils avaient fait,
' Ibid. {Hist, rom.y h lxi, c. 17).
28t I>REtVBS QUE g. PAUL
» ttiais il leuf accorda que le mur qu'ils avalent construit dè- D meurerait. Cette princesse laissa retourner dix prêtres dépud tés, et retint seulement comme otageâ Ismaël et Chalcias^.»
Voilà ce que raconte Joséptie. Or^ ceci se passait la 8* anoée du règne de Néron, vers le commencement de la 2* année de la captivité de saint Patil. C'est alors que saint Paulécriv&it atii Êpbésiens t
a Je \etxt que \ousl sachiez, mes Prèrèfe, que ce qui m'est » arrivé a servi au plus grand progrès de TÉvangile, en sorie 4 que mes lietis sont devenus célèbres par le Christ dan$ tout 9 le Prétoire et ailleurs, et que pfusieurs de nos frères dans U » Seigneur, encouragés par mes liens, ont beaucoup plus ôsé y> annoncer sans crainte la parole de Dieu. »
L'Apôtre finit cette Épître en disant :
« Les frères qui sont avec moi vous saluent. Non-'senlement m tous les sainte vous saluent, mats printipùlemmt ùeux qm >) sont de la maison de César ^ x>
Or, tie peut-'on pas conjecturer de ces faitd et de ces paroles ou que quelques-uns des dix députés juifs virent Paul, furent touchés de ses discours et parlèrent de lui à Poppea, ou biea qu'elle fut sollicitée par quelques-uns de ces chrétieds de la maiê&n de César, qui, voyant le bon accueil fait aux députt^s Juifs, pensèrent que l'impératrice mettrait fin à la longue cap* tivité de TApètre. Cette hypothèse nous parait tout aussi probable que celle de l'amnistie générale accordée par Néron, à la suite du meurtre de sa mère.
a C'est alors que, sachant qu'il allait devenir libre, saint » iPaiiU Ajoute Pearson, aurait écrit ses quatre lettres aux i Philippiem, aux Èphésiens, aux Colossiens et à Philémon, dans » lesquelles il leur annonce qu'il ira les voir, et leur demande m de lui préparer un logement. Après avoir donc^ pendant
* Josôphe, ÀtU. jUâ., 1. XX, c. t. Tifad. d'Andilly; ch. vni, n. Il, texte ëdlt. éiâdt, p. ISS.
' Scire autem Vos yaiio, fratreSt quia (tus circa me ftuni, magi$ ad profeetum Teoeruot Ëvangelii; ita ut vincula mea manifesta fièrent in Ghristo^ in omni Prstorio, et in caeteris omnibus, et plures e fratribus, in Domino oonfidentes Tinculis meis, abundantius auderent sine timoré verbiim hei loqui... Salutant td» ^ui kiiecdili sunt, fratres; saliltant vos omnes sancti, tnàxime aùtem qUid* Cffî6arig domo smit (Pauius, ad Philippensetf ci, U-^U; i?, S2).
A PRÊCHÉ l'Évangile en sbpagne. 283
» deux aos^ prâebé le Verbe de Dieu dans une maison louée » à ses frais, saint Paul sortit de Home et demeura en Italie » où^ en attendant Timotbée^ il écrivit son Èpilre aux Bi^ » hrfi^kx. Quand Timolbée fut arrivé, saint Paul partit de 11» j» talie pour r£spagne> où il avait promis d'aller, dans son D kfxirt aux Romains. Et certainement il visita cette contrée B que Clément Romain, faisant mention de ses voyages^ ap- D pelle le Confin de l'Occident K »
Après avoir rapporté ces détails qui^ nous l'avouons, ne donnait pas des preuves complètes^ ce qui n'est pas étonnant vu la perte des premiers doi*uments^ mais qui donnent de grandes probabilités ] il n'est pas inutile de montrer com-» ment Tillemont s'exprime sur le même fait.
« Cette |»romesse si absolue que saint Paul fait aux Jqifs de » les aller voir donne lieu de croire qu'il était alors en pleine B liberté de le faire, et qu'aussi il avait enfin été délivré de sa » longue captivité» (Il serait inutile de chercher comment cela » arriva, puisque ni lui ni aucun ancien ne nous en dit ribn), » sinon* qu'Ëusèbe et quelques autres disent qu'il s'était juB« » tifié^ rapportant à ce temps-ci (avec assez peu de probabilité) » ce que saint Paul mandait (deux ou trois ans après) à Timo-* » ihée, que la première fois quHl avait défendu sa oause, nul ne » l'avait assisté ^. »
I9ous ne relèverons pas cette expression donne lieu de croire^ et cette autre avec cessez peu de probabilité, que Ton dirait ex*«> traites d'un libelle philosophique. Reprenons maintenant le récit de M. l'abbé Latou.
Libre, et ayant visité les Romains , comme il en avait eu le dessein plusieurs années auparavant, saint Paul n'est-il pas alors passé en Espagne? Lorsqu'on sait qu'entre sa délivrance et sa mort, il s'écoula près de 8 années , espace de temps sufflsantpour parcôurirtonte l'Espagne, et y établir la foi; peut-on se persuader que saint Paul, oublieux de ses premiers désirs , aura négligé ce qu'il souhaitait tant de faire? Non, ce serait
* iotaaDD. Pearsonii, Annales Paulinif dans Opitra posl^mOf io '4*> LooUloii
ms.
^ Tillemont, Mém, pour tervir à Vhût. eccU, 1. 1, p. 3U.
méconnaître TApôtre des nations que de le penser. Il est done permis de croire sans crainte dé se tromper^ qu'il est allé en Espagne. £n embrassant cette opinion, on se range d'ailleurs, comme nous allons le montrer^ au sentiment de plusieurs SS. Pères grecs et latins, d'un grand nombre de martyrologes et savants historiens.
Ecoulons d'abord les Pères grecs :
(!*' siècle.) — Saint Clément, qui vivait en même temps que saint Paul, et qui avait été un de ses eoadjuteurs dans l'aposto* lat, affirme, dans son ÈpUre aux Corinthient, que cet iùasbe Apôtre, « étant devenu le hérauU de la foi en Orieni et en (kdn dent, reçut Vhonneur pn^e de sa foi, et, prêehanl la justice à » toute la terre, arriva jusqu'aux extrêmes limites de l'Ood- » dent ^ »
{170 de J.-C.) — Le Canon de Muratori (composé wrs Tan 170) parle formellement Se ce voyage en Espagne^.
(Annales.) — En 260, saint Hippolyte de Porto donne ce témoignage. Cet opuscule sur les i2 apôtres est d'une authenticité douteuse, mais il est fort ancien. « Paul devint apôtre un » an après Tascension du Christ et, commençant par Jérusa- » lem, il parvint jusqu'en lilyrie, en Italie et en Espagne, » prêchant TÉvangile pendant 35 ans^.o
(Annales,) — 270-240. Ici nous devons citer Eusèbe qui, à la vérité, ne parle pas de FEspagne, mais donne un témoignage bien clair et bien important, et de la délivrance de
^ Pneco factus in Oriente et Occidente, eximlum fldei decus accepit, totum mondain docens justitiam, et ad Occidentis terminum veniens. S. Glem. Ef, ad Cor., c. v.
{Annales), — Kfipvl yvjéfitvoç cv rc t^ cèvaroA^ xoeè Iv r^ ^ûvtt, rh ytiwalo» rq( itivTVjiç ocdrou xXioç iXot^tv* âtxxi09Ùvt)y Mâ^9iç SXov rlu xor/toy, xxc iiti rh ri/9/tai T9iç ^Ù9t<aç iXBàt (S. Clément, Lettre aux Corinth,, c. v, dans PatroL grecq^t t. 1, p. 220).
3 Sieuti et (Lucas) semote passionem Pétri evidenter déclarât, sed profecUonem PauU ah Urhe ad Spaniam proficiscentis {Canon, dans Patr. lat,^ t. 3, p. 180).
3 UaxtXoi $i /Air* Ivioeurov 1 yoe r^{ roO XpmoO âvstXii^s^ai zlv^XBtv tU rip éKOV- ToXiiy, X9CC 6tp\A/uyOi ^tiib 'Iîjoeu7«Ay}j», itpoJiX$tv Iwç rov 'lUvpuov, x«i 'Itoc^x;, xat Sirstwoeç xnp^99wt rh *E\jx]/yiXiov s'r» Xt' (S. Hippolyte, sur les 12 apùPretf dans Patr. grec., t. 10, p. 963.) '
A PRÉGBK l'Évangile en espagne. S8S
saint Paul et de ses nouTelles courses pour prêcher l'Evangile»
d On assure^ dit-il, qu'après s'être justifié, l'Apôtre partit de
» Rome pour eiercer de nouveau la charge de la prédication ^»
(296-376 de J.-C.) •— Saint Athanase, écrivant à Oracontius^
s*exprime ainsi : « Le zèle de saint Paul l'a porté à aller prêcher
» jusque dans l'IUyrie, à surmonter tous les obstacles pour ar-
» river à Rome et pour pénétrer en Espagne. Il était persuadé
D que plus il ti^availlerait, plus sa récompense serait grande ^.^
(En 350 de J.-G.) — Saint Cyrille de Jérusalem s'écrie :
« Paul a répandu la semence évangélique depuis Jérusalem
> jusque dans riUyrie ; il instruisit Rome, la reine des cités, » et il étendit jtKçu'Mi Espagne la rapidité de sa prédication ^.»
(378-402 de J.-C.) — Saint Epiphane affirme simplement et dit : a Paul est allé en Espagne *. »
(354-407 de J.-C.) — Saint Jean Chrysostome parle souvent de ce voyage, et janiais d'une manière qui indique qu*il soit une chose douteuse pour lui : a Étant arrivé à Rome^ » saint Paul ne trouva pas que ce fût assez pour son zèle , il
> aUa encore en Espagne.i^ Voyez-le, dit-jl ailleurs, « il s'élance )) de Jérusalem jusqu'en Espagne. » Dans un autre endroit de ses écrits, on lit : a Après avoir passé deux ans dans les pri-
* Tm filv oSy <èiroA9y>}«ci/uicyoy, aSOi( lire t^v rou icnpîrffMtTOç Jiâtxovtav X&^ç ixti 9riiX*9^i rhv 'Aw^vreAov (Eiiaèbe, Hùt. eccL, h u, c. 22, Pair, grée, t. SO, p. 193).
? Stodiam fait sàncto viro usque ad lUyrieam prsedicare EvangeUam^ neqae segnescere neque omittere quin Romam iret, et in Hispaniam a8cenderet,ut pro graTiorI labore, majori frueretur mercede laboris. Epist. ad Draeontium.
{ÂTMolet), — Acà rovro x«l «^euJig tm» «èyiwv fi^xpi rou UAu^uou taifiùvrttv, xoA jtiî àxMÎv /vn^k tU rqv 'Poj/uiiiy àntMiv, foi^k tls rà$ ivœUuç dbaSiîveci, fyoc 5««y 901»^ , roTOûroy, *m rov xsirov rhv fiwBhv /itlÇov* ditoXAÇri (Athanase, Lettre à DraeottHw^ n. 4» daiû Pa$, gree.y t. 2S» p. 528).
* Ab Jerâolymis usqae ad lilyrieum disseminaTit Evangeliom; qui reglam qàoqne Romam in8tituetMit,6t in Hi^aniam usque prompUtudinem prdedlcaUonis extendit. Catechesis, 17.
{ÀnnaUt}, *- 'Anb UpOT^ùftMit /uti» xm jft^/»t roû 'iXXupvtoO irs7rA>j/90iNe^ff rh
fùm rou ntpùyfisetoç jxrsivavroe (S. Cyrille, Catéchèse xvii, n. 26; Pat, grec.^ t. 33, p. 997).
/ Paulns in Hispaniam profeetus &i. Hœres., 27.
{Âtmales,) •'- t'^v yàp nauAo« xxc ivi r^v ^ImtcUcn dfixvtlTott (Epiphane, Bérisie 27, n. 6; Pat. ^fc, t. 41, p. 373).
S86 PREUTES QtB 9. PAOl
» gons de Rome, saint Paul (ùt mis en liberté : alors il alto en » Espagne ^ » .
(386-487 de J.^.) — Thiodoret professe la même opinion i a Saint Paul , dit il , ayant voulu user de son droit d'appeler à » Homoiy fut envové par Pestus : là, après avoir fait entendre » sa défense, il fut absous. 11 partit alors pour l'Espagne et pé- » nétra chez d'autres peuples pour leur porter la lumière de » la doctrine célei^te. » Il dit encore : « Saint Paul passa deux » ans à Rome, comme les Actes des Apôtres le racontent : il B partit ensuite pour aller en Espagne* Après avoir etiseigné » aux peuples qui habitaient cette contrée les vérités deTËvan- » gile, il revint à Rome. C'est là qu'il fut décapité.» ^- « Il alla V en Italie, se transporta en Espagne, et porta le bienfait de la D foi dans les îles voisines de ces deux régions ^. »
* Yerum nec ibi (Roms) store coDtentiii» dtiftm in HispaniâM percurrit (prsfat. in EpùL ad ffe&rd?o«).— Videas enim ab Jerosolymis ad Hiapaniam cni rentem (in Mntt. hom. 76).— Cum igitur biennium Roms exegisset in vinculi», Undem dimissus est; deinde in Hispanias profectus [De laude Pauli, bom. 7).
{Annales.) ~ Et vides eum Jerosolymis in Hlspanlam currentem.
75, n. 2, fur S, Matthieu s Pair, grec^ t. 68, p. 089).
{Annales.) — Postquam vero Romani ingressus est, ibi qaoque qnsnta cum modestia annuntiat veritatem, quanta etiam cum libertate obstruit ora impionim I Verum née ibi stare contentus, etiam in Hlspaniam pereurrit.
Kâci oô<ft èvTo^Bx Ftrrgereci, o^Uà jcact ixslficii ci« 'Ivitaevinv (iipoifis {SUf ki louanges de S. Paul, homél 7, ibid., t. 50, p. 512).
{Annaks,) -««• Cum igitur biennum RomiB expgisset in vincults, tandem diiQlssus «st } deinde in Hispanius profectus, postea in Judâeam venif , et Judieoi invisit, ac tum runus Romam reversas est, quando et suppliciam jussa N^ ronis pertnlit.
«ic 'lou^aefxy f (17, Sri *aà 'lo^MêVi iZJs. K«è rirt ttéXf» ^àOfy cl; P«&/î>}», orl x« vT.h j^ipwfOi AvvipiQvi {Préface sur Tépitre au» Hébreux^ ibid.» t. 63, p. 11).
' Quando appellatione usus,derensiotte habita, fuit absolutus, et in Hispaniam profectus est et ad alias gentes excurrens, els doctrinœ luoien attulit (in fpûl. ad Timot. 2, c. ult.). — Qiiae actorum nos docuit historia, quod duobus annls primis Roma per se degit, cum autem Ulino profectus esset in Hispaniam et 11lis etiam divinum Evangelium tradidisset, reversus est et tune fuit eapite truQcatus (in Epîst,ad Philemonem, e. 1).— In Italiam venit et in Hispanias peryenit et insulis quœ in mari jacent utilitatem attulit (in psaL 116).
{Annales. )-'PoBiesi igitur in Italiam venit, et in Hispanias perTenit,et iasiilis, quœ in mari jacent» utilitatem attulit.
A PRÊCHA L'*ÉTAl96aK BN IftPAGNB. 281
Saint Sùphfùfie de Jérusalem ^ et beaucoup d'autrcd auteur^ tteonent la même langage sur la même question.
Nous n'avons entendu encore que les Pères de TÉglise orientale. Voici maintenant le témoignage des Pères de VÈgltse latine. Nous les avons empruntés aux Annales de Baronius.
(329-420 de J.-C.) — Saint Jér&me, le plus ancien de cette tradition^ lui qui n'a pas coutume de croire à la légère , nous dit : « Saint Paul tai porté en Espagne par des vaisseaux étran- D gers. Appelé par le Seigneur, il s'élança sur toute la sur- » face de la terre> et il prêcha l'Évangile^ depuis Jérusalem > jusqu'en lUyrie^ et de là tn Espagne ; il fournit sa course de*^ B puis la mer Rouge ou plutôt depuis un océan, jusqu'à l'au- » tre océan 2. »
(Annales). — Saint Jérôme dit encore :
a Or, il faut savoir que dans sa première défense, lorsque t Néron n'était pas encore affermi sur son trône, et qu'il
ru iriAfi^yu (ftscxci/iJvxtç vhroti r»v ifiUix* itpOThv^ni (Thëodoret, CaTfï, êUt lé ptaumiUet v. ] ; Patr. gtec^ t. SO, p. 180^)!
Quando appellatione usus Romam a Festo missus est, defessione audita fuit absoiutus, et in RispaDiam profeclus est, et ad alias gentes excurrens, eis doctrios lucem attulit.
* H«(itft rji if Un xp^fàfÂtot tU t-y^v I^4&/A)oy vit) t eu ^Arrev itspfnijbif^^, Airo-
^y, rigy riîf SiiSxntuXixç XTi/miitt irpodbvsyxc {id.f Comm, sur la 2* épitire à TimoUiée, c. iv, v. 17 ; ibid,, t. 82, p. 866).
Âctuum etiam dos docuit historia, quod duobus primum annls Rom s egerit privatim hàbltans in suo cunduCto. Cum autem iHinc profectus esset in Hispaniam, et illis etiam divinum Evangelium tradidtsset, reversus est, At tune fuit tmuMtiit oapit*.
JAtnkXmt iicM^féXûi, etc. («d.» C<mm. sur i'tfplirf aux Philippieni, c. i» t. 26 ( t^M p. 668).
* (Annales.) — Sermo de natal» aposloUirumt cité par BaroUius dans le Martyr, rom*, mais que dous ne trouvons pas dans ses OEuvreti
' Et ut ipse scribit ad Hispanias allenigenarum portât us est nayîbus. Ib /«•» 0. 11 (1. ▼, c. 11» Patr. lat,^ t. 24» p. 161). ~ Qui.yocatus a Domino, eifusus est super faciem univers» teri^»ut prsdicaret Evangelium de Jerosolymisus^ue ad Ulyricum... sed usque ad Hispanias tcuderet» et a mari RubrO|inune ab Ocea- 00 usi[ae ad Ocêanam eurreret. Iniimei.,c. t(U it,c. v;«i)«4., t. 26, p. i04d).
288 PRBCVES QUE 8. IPAUL
» ne s'était pas encore livré à tous ces excès dont parlent les B historiens, saint Paul fut envoyé libre par Néron, afin que » l'Évangile du Christ put être prêché dans les contrées de VOc- » cident, comme il récrit lui-même dans sa â* ÉpUre à Timo- » thie, à l'époque où il fut martyrisé, écrivant au milieu des » chaînes : Dans ma première défense y personne ne m' a asmU : » au contraire, tous m'ont abandonné ; quil ne leur soit point » imputé. Mais le Seigneur a été prés de moi, et m'a fortifié, » afin que par moi s'accomplisse la prédication et que toutes les D nations t'entendent. Ainsi, j'ai été délivré de la gueule du » lion S désignant manifestement Néron sous le nom de lion » à cause de sa cruauté ^. »
(Annales.) — Saint Jérôme fait encore mention de ce voyage dans son Commentaire sur VÉpUre aux Éphésiens, en ces termes :
a L*Apôtre demande et conjure Dieu de ne point succomber » en ses tentations. Car il voyait qu'il avait prêché l'Évangile, » de Jérusalem jusqu'en Illyrie, qu'il était allé à Rome, qù'U » était parvenu jusqu'en Espagne, ou quHl se disposait à y » aller *. »
(Annales.) *- Vers 430. Nous mettons ici pour mémoire, et sans vouloir plaider pour son authenticité si contestée, le texte de la Chronique de Dexler :
et An 64. — Saint Paul venant en Espagne amène avec lui » Pbilémon, Timothée et d'autres disciples, et prêche à Li- » bysoca, à Laminia, villes de la province d'Arevaca (près de » Madrid) ; il convertit à la foi Philippe, surnommé Philotbée^ » Probus et sa femme Xantippe ; et il y laisse des prêtres *. »
MI 2Vm,iv, 16 et 17.
^ Sciendum autem in prima satisfactione, necdam Neronis imperio roborato, nec in tantaerumpeDteaeelera» quanta deeo narrant historise, Paulom a Nerone dimissttm, ut Evangeiium Qiristi in Occideotis quoque partiluig praedicaretur, sicut ipse scribit in secunda e^tola ad Timotheumy etc. (S. Jérônw, de viris illustribuMf c, v, Patr. lat,y t. 23^ p. 615).
3 Videbat quippe se de Jérusalem usque adlllyricum Evangeiium predicasse, isse Romam, ad Hispanias vel perrexisse> vel ire disponere) {Comm, in Epist. ad Ephems, 1. ii, c. 3, v. 13; t. 26, p« 486).— U est encore fait allusion à ce voyage en Espagne dans sa 71* UUre {ibid,, U 22, p. 669).
Ann. 64. -^S. Paulus, ad Hispanias veniens, secumfert Philemonem, Tlmotheum, aliosque discipulos; Libysocœ, Laminlique urbibus provinciie Arevacum
A PRÊ€&É l'Évangile en Espagne. 289
(590-604 de J.-C.) — Saint Grégoire te Grand compare saint Paul à Faîgle, ainsi que nous Tayons dit plus haut : «En » le Yoyant ^ dit-il , tantôt en Judée , tantôt à Corinthe ou à » Ephèse^ tantôt à Rome et tantôt en Espagne, ne trou\e-t-on B pas qu'il a la rapidité de l'aigle dans Texercice de son minis- » tère * î »
(Vers 560 de J.-G.) — Venance Fortunat insinue la même chose. Faisant Téloge de saint Paul dans sa Vie de saint Martin, il s^écrie : a Le grand et illustre saint Paul a été la \aste » trompette des Gentils ; il a répandu la connaissance de Jé- » sus-Christ par terre et par mer, et rempli l^urope, TAsie et » la Lybie, du sel de la doctrine et des dogmes évangéliques 2.»
(Annales.) — 570-638. Saint Isidore de Séyille, dont la science fut immense, et qui avait si bien étudié Thistoire de son pays, s'exprime ainsi dans sa Notice sur saint Paul :
« Commençant par Jérusalem, Paul parvint jusqu'en lUy- » rie, l'Italie et les Ëspagnes, il manifesta le nom du Christ » aux peuples d*un grand nombre de contrées, auxquelles ce » nom n'avait pas été révélé jusqu'alors ^. »
(1033-11 09 de J.-C.) — Saint Anselme dit dans son Commen* taire sur VÈpttre a%^ Romains : « Ainsi saint Paul arriva en » Espagne, et, courant de la mer Rouge jusqu'à l'Océan, il » imita le cours du soleil , qui va de l'Orient à l'Occident ♦. »
prsdicat. Phîlippum cognomento Philotheum, Probum, Xantippamque ejus Qxorem ad fidem convertit ; prœsbyteros ibi relinqtiit (Dexter, Chronicon ad annom 64; JPatr. lot,, t. 31, p. 189).
* Ecce Ipse, quem ad testimonium jam sœpe deduximm, Paulus^ cum hqhc Juâsam, nunc Goriothum, nune Ephesum, nunc Romam, nunc Hispanias peteret... qaid se aliud quam esseaquijam demonstrabat. (S. Gregorius), Moralium^ 1. ni, c. 32; (1. xxxii, c. 53, n" 10 hU ; Patr. lat,, t. 86, p. 681).
, ^ Qui sacer ille simul Paulus, tuba gentibus ampla ?
Fer mare, per terras, Christ! prasconia fundens, Europam, atqae Asiam, Lybiam sale, dogmate complens. (Fortimatus) Vita S, Martini, 1. ii, (y. 488. Patr. lat, t. 88, p. 405). ^ Incipiens enlm ab Jerosolymis, usque ad illyricum, et Italiam Hispaotasque prooessit, ae nomen Ghristi multamm manifestavit gentiùm nationibus, quibus ante nondum fuerat declaratum (S. Isidorus, de ortu et ohitu patrum, c. 69, Pair, iaf., t. 83, p. 150. Voir la solide dmertorion d^Arevc^o sur Tauthentieité de ce Urre contre Baionius et Noël Alexandre, dans ses Isidoriana, pars 2", C.01;t&td.,t. 81,p. 382).
* Ka Paolus penrenit ad Hispanias, et a mari Rubro usque ad Oceanum pne-
390 PHBUVBS QUS 0. PAUL
(ilnna/fi.) — On croit généralement que ce c(mmmtmr€$ur VÉpUr0 auat Romaim n'est pas de saint ÂnselniQ^ mais «l'ITervé0, nnoine de^ourgdieù, vers Tan li50, quoique le P. Bivarius prétende le contraire ^ Hervée (ou 8. Anselme) dit encore ailleurs ;
c( Saint Paul est te docteur des nations^ parce qu'il les eon- • vertit eu grande partie^ prêchant tout à Tentour^ depuis Je- » rusalem jusqu'en Ulyrie , et puis non-se^ilement jusqu'à » Rome, mais juiqu'm Eipagne \ »
(Annaks.) — L'abbé Rupert^ mort en 1435, coneerve aussi cette tradition dans le texte suiyant :
« Ce que nous comprenons par ce seul exemple de l'apotre V Paul qui, à trayers la Pampbylie, l'Asie, la MacédDîne, l'A- » cbaïe et les diverses Iles et provinces, fut porté sur des vais- » seaux étrangers en Italie, et^ comme il Téçrit lui'^méme, en » Espagne ^. 9
(Annaleg,) — Qn ne doit pas négliger l'opinion de 6. Thomas (1S34-1Î74) qui dit :
a Saint Paul appelle sa prédication une course, à cause de n la vélocité de sa doctrine, parce que en peu de temps^ il » prêcha l'Évangile de Jérusalem jusqu'en Illyrie, et méine p jusqu'en Espagne ^ p
On remarquera facilement que tous les 88. Pères que oou6 venons de citer parlent d'une manière positive du voyage de saint Paul en Espagne. Us ne le donnent pas comme une
dicando cucurrit) imitans solis cursum, ab oriente otque ad oecasoin. In Ëpùi. êd jRQm,f 0. 16. (Dans les OEuvret d'Hervéa, Patr, lati^ t. Itl, p. MS.)
t Voir M)Q S, Anselmui vindicatuê in fauta €Qneeptioniê,Vir§iniê.
' Quia ipse est doetor genUuiB,qai secundum maiorem partem illai oonverttt a Jérusalem usque In Ulyricam, praedicam per circuitum, ae deinde Bon aalum usque Romam, aad atiam luque in Hispaniam {id.^ in Epiiî. ad Galal, c. rr, ibid.t 1. 181 , p. 1 143). ^ MeoUon en est faite encore dans Comm. in II Efiit. ad Tim., c. i?» t6td., p. HTO.
^ Quod de unius Paoli aposteU fntelligamus exemple, qui per Pamphyliam, et Asiam, et Mai^edoniam, et Aehalam,et diverses iqsiilas et proTineias ad Italiam qooque, lit ipse fcribit, et ad Hippaniam, alienigenaram pertatas est navibos (Rupertiis, in Isaiam, 1. ii, e. 10) Pair, lot., t. 16T, p. 1324).
* Voeat prsUieaUonem suam eursum»propter veiocitatem sott doetrins^qolt m modieo tempère a flierusalem ad Ulyricom usqae, et nsqne in Hispaidtffl prœvocavit Ëvangelium (S. Thomas, Comm. in Epitt, ad â^kitof, e. n)*
A PRÊCHÉ L'ÉVANGILE EN ESPAGNE. 29i
eboso douteuse^ ils paraissent en avoir la certitude. Ce qui les attire à ce sentiment, ce n'est pas le désir manifesté parTApôtre dans son Épîlre aux Romains, mais bien ce qu'ils avaient trouvé et lu dans d'anctens documents. Ces documents sesont perdus peut-être et ont été détruits , puisqu'ils ne sont point pe^rvenus jusqu'à nous^ mais rien ne prouve que ces SS. Pères n'en aient eu connaissance. Leurs paroles affirmatives autorisent à croire le contraire.
Les Martyrologes parlent comme les Pères de l'Eglise,
On lit dans le Martyrologe romain, le 22 mars : o A Nar- » bonne^ dans la Gaule, on célèbre la naissance de saint Paul^ » évêque, disciple des Apôtres; on croit que c'est le même que vie proconsul Sergiùs Paulus, qui ayant été baptisé par » saint- Paul, fut laissé à Narbonne par cet Apôtre^ lorsquil se » rendait en Espagne *. »
La vénérable Bède emploie presque les mêmes expressions qtie le Martyrologe romain ;
« En Gaule (22 mars) , dans la ville de Narbonne , la fête de » saint Paul, disciple des Apôtres de Jésus-Christ. On croit • qu'il est le même que le proconsul Sergius Paulus, B homme prudent de qui saint Paul a pris le nom, parce qu'il B l'avait converti. Cet Apôtre le laissa à Narbonne quand il B allait prêcher V Évangile en Espagne^ ^ »
V$uard (12 décembre ^) et Adon ^ disent la même chose.
Le Martyrologe gallican l'affirme également en deux en-
^ Narbon» in Oallia, natalis beati Pauli (eplscopi), Apostolorum djsçipuli, qaem tradunt fuisse Sergium Paulum proconsiilem» (qui) a B. (apostolo) Paulo baptizatus, et cum in Hispaniam pergeret, apud Narbonam relictus (ibidem episeopati dignltate donatus est [Martyr, rom.) 11<* Xalendas aprilis).
' In Galliis civitate Narbone, sancti Paul! episcopl (et confessoris), discipali apostolorum ChriatI, quem tradunt (eumdem) ipsum fuisse Sergium Paulum procanBulem, ▼iram pradentem, a que ipse Pauluè sortitus est nomen, quia ipse eum fidei Christi sul)egerat;quiqueabeodem sancto Apostolo cum adHispanias |if«dieandi gratta pergeret, apud prsefathm urbem Narbonem est relictus (Bedse, jrarlyr. aë xi Kal. april.; Pair, lat.y t. 94, p. 864).
' (Annales.) •— Apud Narbonam, natalis sancti Pauli confessoris, quem beatus Paulus apostoluB ordinatum eldem urbi destinavit antistitcm ; quique cum eodem apostolo bû Hispanias prsedicandi gratia pergens, ibidem relictus est, ete. ^uardus, Mariyrol 12 deeemb.; Pair, lat, t 124, p. 793).
^ {Annaks.) <-^ Adon parle bien de aalnt Paul, évéque de' Narbonne ; mais U
292 PREtVES QUE S. PAUL
droits. U (lit^ le 12 décembre : « A Narbonne , TordinatioD de » saint Paul, premier évêque de cette métropole , que saint » Paul, apôtre, allant en Espagne, y établit pontife ^d
Le 22 mars, il dit encore : a A Narbonne , \ille métropole ; » on célèbre la naissance de saint Paul ^ évêque, disciple des » Apôtres. Ayant été baptisé par Tapôtre saint Paul, il fut » amené par lui dans la Gaule, lorsqu'il se rendait enEspa- » gne. et ordonné évêque de cette ville ^b
Les historiens sont d'accord sur ce point avec les Pères et les Martyrologes.
Adon de Vienne dit formellement , dans sa chronique , que « saint Paul , mis en liberté par Néron , se rendit en Espagne, n et qu'il laissa pour prêcher saint Trophime à Arles, et saint » Crescent à Vienne ^.w |
Le pape saint Grégoire VII, écrivant (an i074) à Alphonse VI^ roi de Castille, et à Sanche IV, roi d'Aragon, leur disait: « Vous n'ignorez pas que lé bienheureux Paul a visité VEspa- » jfnc, et qu'à son retour à Rome, il envoya de concert avecle » bienheureux Pierre sept évêques pour instruire et fornierà » la piété les peuples qui habitaient cette contrée ^.b
ne mentionne pas le voyage de saint Paul en Espagne, Martyr, .dans Pa(r. lat.y t. 123, pp. 151, 241 et 423; mais il en parle en ces termes dans LtbeVm de fettivitatibus apostolorum, an 22 mars :
Natalls sancti Pauli, quem beat! apostoli ordinatum urbi Narbons episcopom miserunt. Quem tradunt enmdem Ipsum fuisse Sergium Paulam proconsoïem, yirum prudentem, a quo ipse Paulus sortitus est nomen, quia eum fidei Ghristi subegcrat; quique ab eodem sancto apostolo, cum ad Hispanias praedicèndi gratia pergeret, apud prœfatam urbem Narbonam relictus, etc. [ibid., p. 194).
* Narbone ordinaUo sancti Pauli priml illius MetropolisEpiscopi,quemPauliu apostolus proficiscens in Hispaniam iUic Pontiflcem constituit.
^ Narbone metropoli natalis sancti Pauli episcopi, apostolomm disdpull et martyris; qui a beato Paulo baptizatus atque in GaUiam adductns ab ipso, com in Hispaniam pergeret, ilUc episcopus ordinatus fuit.
3 Quo tempore creditur Paulus ad Hispanias pervenisse, et Arelat» Trophymoffl, Vienn» Grescentem, discipulos suos, ad prœdicandum rdiquisse Adon. Chronieon ad annum Chr. ux; (Pair, 2<U., 1 123, p. 79).
* Cum beatus apostolus Paulus Hispaniam se adiisse sigi^eet, ac postea septem episcopos ab urbe Roma ad instniendos Hispaniœ popuioa ^ Petro et Paolo apostoUs directes fuisse... vestra diligenUa non ignoret...r Aeta smeUh rum, 1. 1, febniarU ; (Gregor. VU, épia. 64 ; PiOr. lot., 1. 148, p. 34^.