ET APPROUVÉ PAR LE SAINT-SIÈGE
Pur H. rAbbé S. B. «EiAIRfi*.
On sait qu'il existe un grand nombre de traductioni du Nouveau-^Testament^ mais aucune de ces traductions n'avait encore été approuvée du Saint-Siège. C'était pourtant là une cbose bien essentielle^ et tout le monde regrettait de ne pouvoir avoir en sa possession^ ou indiquer aux autres une traduction qu'on pût lire et citer avec une sécurité complète. Ce désir et ce besoin viennent de recevoir leur réalisation. Nous n'avon&ici qu'à nous en réjouir, et en consigner les expressions authentiques. Nous ferons suivre ces pièces des considérations que le traducteur a faites lui-même sur son œuvre. Voici donc cet important décret delà Congrégation de l'Index :
DÉCRET, Mardi, 32 janvier J 861.— La S. Ck)ngrégation de Tlndex, ayant chargé quelques uns des CoDSUlteurs d*«xaminer avec soin la version française du N. Testament d'après le texte de la Vulgate latine par J.-B. Glaire, et ces mêmes Consulteurs, après avoir fait Texamen qui leur avait été prescrit, ayant certifié que cet ouvrage ne conlenait rien de contraire à la foi ou aux mœurs, a été d'avis que rfen ^ne s'opposait à ce que la publication de ladite version pût être permise, pourvu qu'on y Insérât préalablement les corrections et les notes indiquées par les théologiens à ce désignés. .
Lorsqu'à en a été référé par moi soussigné à NOTRE TRÈS-SAINT VW
Decretum. Feria m, die 22 januarii 1861.— Quum S. Ind. G. gallicam N. Testament! versionem ex Textu latinae Vulgats auctore Joanne fiaptista Glaire nonnullis ex Consultoribus sedulo expendendam commiserit, iisdem proprio Jam functis munere, referentibus nil prorsus quod ûdei eut moribus sit adversum eo in Opère contineri ; censuit ob id prseviis emendationibus ac notis per désignâtes theologos inserendis, nihil obstare, quominus memoratae interpretationis editio permitti possit.
Quibus per me inscriptum SANCTISSIMO DOMINO NOSTRO PIO PP. K,
*In-18, de 467 p., à Paris, chez Jouby, 1, rue des Grands-Augustins, 1861.
ArPROtVËB PAU IB SAINT-SIÉOB. 30S
Lfi PAPE PIE IX, dans FaudieDce du 2& Jaûvier, Sa Sainti^ ft approuté lé
Décret ^
JEROME, Gard. d'ANDRÉA, PftjîFEt.
Liea f du seéau. Pu. ANGt-YiNCEirr MODENA,
De rOrdre des Prêcheurs, Secrétaire de la Sainte Congrégation de l'Index^
Dielaftaion. ^ Le aouasigné atteste d'office qne pour oa qui regardait TAu^' teiur dans le Décret ci- dessus, il s'est soigneusement et exactement conformé à rinteotion de la S. Congrégation» en faisant les corrections et en ajoutant les notes qui lui ont été indiquées.
En foi de quoi, etc.
Donné à Rome, à Sainte>Marlé de la Minerve, le 13 Pémrier 1861.
Fr. AxfGE-YiNGBirr MODENA.
Voici maintenant Vavertissement où M. Tabbé 'Glaire rend compte de son œuvre, fait connaître la méthode qu'il a sui* Tie dans sa traduction et les difficultés qui se sont présentées à lui, et dont nous croyons qu'il a triomphé.
(xBien que préparé à cette traduction par une étude de» langues et de la science biblique, continuée pendant plus de quarante années, nous n'aurions osé entreprendre une tâche aussi difficile, si nous n'y avions été fortement engagé, et en France et en plusieurs paye étrangers, par des hommes dont l'autorité doit être du plus grand poids pour nous. SI donc il y a eu témérité de notre part/nous espérons trouver dans ce» encouragements une excuse légitime.
» Nous avions d'abord pensé à reproduire la verfdon de Sam/, avec de nombreux changements; mais, après un examen plui approfondi et une confrontation plus rigoureuse de cette version avec la Vulgate, nous avons dû renoncer à cette idée< Sacy, en effet, est moins traducteur que paraphraste; il sem^blemême> dans une multitude de passages, affecter de s'écarteide la lettre, sans qu'il y ait le plus léger motif qui puisse
relatlB In Audlentla diei 25 Januarli Sanctitas Sua Dôcretum probavit.
BlERONYMUS, Episg. SabinoS, Gard. DE ANDREA, pRJcr. Loco t sigilli. Fr. «Angélus- Vimoentios MODENA»
Ord. Prsed. S. Ind. Congr. a Secretis.
DeelaratiOi — Quœ sui muneris partes erant memoratai*in superiori Decreto Tersionis Auctorem emendationibus notisque subjectis ad mentem S. G. studiose, diligenterque explevisse, inscriptus ex officio testor.
In Quorum ûdem, etc.
DatuiH Romee ad S. Maris supra Minervam, tdibus Februarii'1861
Pu. AHfiBLVS-YiNCENTius MODENA.
304 TRADCCnON DU NOUVEAU TESTAMENT
Fy obliger. Aussi, il faut bien le reconnaître, si sa tradndioii se recommande par une grande pureté et une certaine élégance de style, eue ne laisse pas même entrevoir qu'elle soit la représentation d*un texte qui a conservé dans tout leur naturel les couleurs si vives et si tranchées de la composition orientale dont il émane. Ajoutons que ce mode de traduction libre, tout en mettant fort à l'aise le traducteur lui-même, laisse souvent la pensée de Técrivain sacré dans un vague et une obscurité qui ne permettent pas au lecteur de la saisir d'une manière claire et précise. De là vient que quand on compare Sacy avec saint Jérôme, on ne comprend pas toujours quel rapport il peut y avoir entre Tun et Tautre.
» Quant à la traduction de M. Gmoude, elle est trop défectueuse pour que nous ayons songé un seul instant à la prendre pour base de notre travail. L'auteur, profondément ignorant de tout ce qui touche à nos divines Écritures, a accumulé contre-sens sur contre-sens, omis une foule de mots importants; et quoiqu'il semble avoir voulu se conformer à la YmHgaie et la reproduire aussi littéralement qu'il est possible, il lui arrive constamment de Tabandonner pour suivre l'hébreu ou le grec, sans les traduire exactement, et de copier, avec une fidélité scrupuleuse, la paraphrase de Sacy. . » On comprend aisément que nous ayons cherché à mettre à profit les tradueiwns bibtiquee de Bonsuet. Il y a vingt-cinq ans que, sur les instances d'un vénérable sulpicien, H. Mollevaut, nous entreprimes de recueillir de ses divers ouvrages tout ce qu'il a traduit de nos saintes Ecritures. Ainsi nous devons beaucoup au grand évêque de Meaux ; cependant il nous est arrivé fort souvent de donner des interprétations autres que les siennes. On ne saurait s'en étonner, puisque, malgré son érudition, d'ailleurs prodigieuse, Bossuet manquait d'une connaissance indispensable à tout exégète de la Bible, de la connaissance de l'hébreu.
x> Mais nous devons au lecteur quelques explications ^rla nature de notre propre travail. Le premier devoir d'un traducteur étant de choisir un texte qui puisse donner toutes les garanties désirables, nous nous sommes entièrement conformé à l'édition de la Vulgate donnée àTurin par Hyacinthe MarietK,