‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 107 sur 149 · APPROUVÉE PAR LE SAINT-SIÈGE · texte numérisé non relu

APPROUVÉE PAR LE SAINT-SIÈGE

et approuvée par un décret de la Congrégation de lindex^ en date du 36 juin 1856. Quant à notre traduction elle-même> ce qui la caractérise surtout, c^est une rigoureuse litiéralité. Ainsi, toutes les fois que les exigencas de notre langue ne s'y sont pas opposées, nous avons rendu la Vulgate mot pour mot. Or, voici les avantages que nous avons cru trouver dans ce genre d'interprétation. D'abord la Bible conserve mieux son admirable simplicité, sa noble concision^ la richesse et la vivacité de ses images, la hardiesse de ses tropes; en un mot tout le charme d'un style pittoresque, qui attache le lecteur sans le fatiguer jamais.

D En second lieu, toutes les traductions autorisées ont suivi le système de la littéralité, et la Yulgate elle-même s'y est généralement conformée ; car le manque de clarté qu'on lui reproche dans un grand nombre de passages vient précisément de ce que son auteur a cru devoir expliquer les textes originaux au pied de la lettre K

» Troisièmement enfin, le respect même dû à la parole de Dieu, nous a empêché d'adopter le mode d'une traduction libre, comme exposant continuellement le traducteur à faire prendre le change sur le vrai sens des écrivains sacrés, en leur prêtant des idées qui ne sont pas les leurs. Cependant, hâtons-nous de le dire, partout où une trop grande littéralité ne rendait pas assez fidèlement ou assez clairement la pensée de ces écrivains, nous l'avons abandonnée; mais, dans ce cas même, nous ne nous en sommes éloigné que le moins possible, et en reproduisait dans les notes, les termes et les constructions que notre langue ne permettait pas d'introduire dani le corps du texte.

B D'un autre côté, nous n'avons pas cru nous en écarter, en traduisant certains mots de plusieurs manières, parce que dans les textes primitifs ils ofTrent réellement une variété de sens. Tel est, par exemple, le verbe dire (en latin dico), qui, en hébreu aussi bien qu'en chaldéen, en syriaque et en arabe,

* Plusieurs critiques ont objecté que saint Jérôme s^est souvent éloigné du texte hébreu, nous avons répondu ailleurs à cette objection ; nous nous bornerons à dire ici que le texte hébreu que lisait le saint docteur était évidemment différent du nôtre dans plusieurs endroits.

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eignifle souvent répondre, répliquer y repartir , etc.^ et auquel saint Jérôme lui-même a substitué tantôt inqmo, tantôt m. Tel est encore répondre (respondeo), mot représentant Thé* iNreu hana, primitivement élever la voix^ crier ; combien de fois n'écbange-t-il point sa signification première contre celle de prendre la parole y ou parler auM tout autre? Et pour ne plus citer qu'un exemple en ce genre, la même particule et ne réunit-elle paS; dans les quatre langues orientales que nous ve* nons de nommer, les nuances diverses de mats, cependant, m outre, ensuite, etc., tandis qu'en mille endroits elle devient purement pléonastique pour un traducteur français, surtout quand elle marque simplement l'apodose? Enfin, on ne viole certainement pas les lois de la littéralité, ni eu négligeaot dans une traduction française les particules quia, quoniom, quand elles ne sont qu*explicatives, ou en les rendant par ai- $ant, en disant, lorsque, représentant le ki hébreu, le an arabe, leA:Ai persan, elles ne Servent qu'à introduire dans le récit un discours direct; ni en substituant un nom au pronom qui le représente, afin d'éviter la confusion, l'amphibologie, et^ en un mot, tout ce qui pourrait blesser la susceptibilité de notre langue.

p Nous croyons avoir rendu plus fidèlement que la plupart des traducteurs en langues vulgaires un certain nombre de passages tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, nonseulement en tenant compte de l'emploi ou de romissioode l'article déterminatif, qui existe dans l'hébreu et dans le greCj et que l'auteur de la Vulgate n'a pu reproduire dans le latin; mais en conservant, autant qu'il a été possible, l'ordre même des mots, attendu que cet ordre influe toujours plus ou moins sur le sens du texte ; car il est incontestable que certaines inversions, contraires à la marche naturelle et ordinaire de la phrase, ne sont nullement arbitraires et un pur effet d'euphonie, mais que le mot qui occupe la première place dans une proposition est généralement celui auquel Técrivain sacréattache le plus d^importance, et par conséquent sur lequel il veut arrêter plus particulièrement l'esprit du lecteur ^

« Ce D*e8t pas seulement dans les langues blbUques que l'on trouve ces sortes de constructions grammaticales, c*e8t encore dans beaucoup d'autres idiooMSf

APPnOUViB PAl LE SAmiHBltGB. 307

B Comme un certain nombre de passages de FEcriture sa trouYeni diversement rendus dans les versions autorisées des catholiques anglais, espagnols, italiens et allemands^ nous avons emprunté de ces versions les sens qui nous ont paru les mieux fondés, mais nous avons mentionné les autres en note K

» L'Eglise s'opposant avec la plus grande sagesse à la publi-^ cation de versions en langues vulgaires^ quand elles ne $ofUpa$ Qccmpagnées de notes tirées des saints Pères au de savants écri* vdtni catholi4]ffêes, nous eu avons ajouté à notre traduction; elles ont pouf objet, tantôt d'éclaircir les passages obscurs^ tantôt de justifier la Vulgate contre l'accusation de barbarie^ en montrant que les irrégularités si étranges qu'on lui reproche ne sont que de purs bébraismes, qu'elle a voulu conser* ver par respect pour le texte sacré, tantôt de réfuter les objections faites dans le monde par des chrétiens qui ne sont pas suffisamment instruits de ce qui touche à la religion, tantôt enfin de concilier les contradictions apparentes de la Bible : looies choses que nous nous firoposons de faire avec beaucoup d'étendue dans l'édition destinée plus partiaulièrement auûo tcclésiastiques, et que nous espérons publier immédiatement après celle-ci.

n V Abrégé d'introduction aux livres de l'Ancien et du Nour veau TestamefU, et les Livres Saints vengés, auxquels nous avons souvent renvoyé le lecteur, sont un complément de notre traduction. Craignant de rendre moins facile l'acquisi* tien de notre livre en le grossissant par un trop grand nombre de notes, nous avons pensé que ces deux ouvrages pourraient être très-utilement consultés par toutes les personnes du monde, dé»reuses de connaître les vrais principes sur les* quels repose rautorité de nos Livres saints, et la solution des questions soulevées par les incrédules modernes, et surtout

tant de POrisnt que de rOeddsDt ; et le français, ea partiouUer, en foarnit de

Qombreot exemples.

^ Ces versions, que nous avons souvent confrontées en composant la nôtre, «ontlaBibi^anflfïawe, dont rAncien Testament a été publié pour la première fois par le coiïége anglais, et le Nouveau à Reims, également par le collège anglais ; la BihU espannole de PhUlppe Scio; la BihU iiatitnne d'Antoine Martini , et la Mi# ûUeman^Ê ds Joseph-François AlUoU,

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