BEPRÉSENTANT SAINT PIERRE ET SAINT PAUL
Dans celui que je suppose être le i" de cette admirable composition (à gauche de saint Paul)^ on voit un jeune homme drapé dans un manteau avec la main droite éle\ée : à côté de lui est peint un buste de jeune homme ceint de rayons avec un manteau agrafé sur Tépaule droite, et avec la sphère de la terre dans la main gauche. Au-dessous de cette figure est un grand volume, dont Textrémité à droite s'appuie sur une dsta ou corbeille.
Dans le 2* tableau (au-dessus) on voit une femme en prière entre deux arbres; elle porte une tunique et par-dessus un autre vêtement très-court, propre aux vierges, que les grecs appelaient Kypassis ^ ; f un et l'autre bordés d'u ne double bande de pourpre, boutonnés dans le milieu et serrés par une ceinture. Sa tête est couverte d'un voile aux longs plis pendants.
Le 3* tableau représente un jeune homme en prière, nu, et deux antres, de chaque côté, vêtus d'une tunique et d'un manteau à l'orientale, occupés à le scier par ie milieu; le sang coule à grands flots des larges blessures du jeune patient.
Le 4* tableau offre aux regards un jeune homme enveloppé dans un manteau, élevant une baguette, et montrant de l'in'* dex de la main gauche, un énorme serpent couvert d'écailles, qui se dressd devant lui. Vis-à-vis de lui est un jeune homme vêtu de la même manière.
Le sujet du b^ tableau n'est pas entier, mais par ce qui reste on reconnaît très-bien qu'on a représenté un personnage frappant avec une baguette un rocher, d'où jaillit un ruisseau aux eaux abondantes.
Dans le 6* tableau figurent trois enfants dans une fournaise^ enveloppés par les flammes. Us sont tous les trois vêtus à l'orientale et recouverts de tiares. Ce qui est singulier, c'est que celui du milieu a les mains abaissées, tandis que les deux autres à ses côtés les tiennent déployées à la manière de ceux qui prient.
fundameruum apottolorum ipso summo angulari lapide Christo Jem
(Eph., n, 20).
Le mot Petrus est sur la même ligne que celui du Christ, évidemment pour prouver la primauté de Pierre, et démontrer qu'il est sur la terre le représensentant du Fils de Dieu. Th. B.
* K(ntK<r9tç^ supparum^ speâes tunicse (Lexicon Schre?.).
368 EXPLICATION D^UN YERRB
Voici la légende qui se lit autour de la composition tout entière :
DlfiNITAS AHICORVH VIVATif... (t7/e)... TE (el iUa)... tn paCE
DEI lises.
ExpUcatton de la planche.
Après avoir ainsi décrit le verre, essayons maintenant d'en donner l'explication. Quand j'émis l'opinion qu'on y avait représenté Josué arrêtant le soleil, comme il est dépeint dans la mosaïque de Sainte-Marie-Majeure, alors on voyait le soleil et une main levée vers cet astre ^ Il faut maintenant que je me reporte vers un tout autre événement. Je dis donc qu'il n'existe pour moi aucun doute que la figure exprimée ici ne soit celle d'un Prophète, ce que démontre avec évidence le volume et la cista ou corbeille, dont la signification profone est ici exclue par le carnctorc et l'ensemble de la composition, et par la série entière des tableaux qui ne présentent que des sujets tirés de l'histoire sainte. Le volume et la àsta sont par eux-mêmes des symboles qui ont des significations diverses, selon la qualité des personnes. C'est pourquoi, s'ils figurent à côté d'un magistrat, ils signifient la constitution impériale ; si c'est à côté d'un orateur ou d'un poêle, ils dénotent la littérature; mais quand la cista et les papyrus sont placés près du Sauveur, des apôtres ou des fidèles, comme cela se voit si souvent dans les cimetières de Rome et dans les sarcophages du monde entier, alors ils ne représentent que la Parole divine. C'est pourquoi j'ai dit que cette peinture du verre se trouvant parmi des représentations sacrées, les symboles ne peuvent exprimer que la parole de Dieu ou la révélation, et que par conséquent elles ne peuvent annoncer qu'un personnage sacré.
Cherchons maintenant quel est ce personnage sacré, et nous le trouverons, si nous faisons attention à l'image do soleil qui est peinte près de lui. Nous ne pouvous donc croire qu'il s'agit ici de Josué, puisque nous voyons qu'on a représenté un personnage avec une tunique et un manteau, et non avec le costume militaire, tel qu'il convenait de peindre un
> Voir mes Verres, planch t, n» î.