REPRÉSENTANT SAINT PIERRE ET SAINT PAUL
chef d'artnée arrêtant le soleil. Josué étant donc mis de côté^ rimage du soleil ne peut avoir d'autre caraclère significatif que celui d'Isàîe , qui montra à Ezéchias le soleil rétrogradant de six degrés , comme preuve de la prolongation des jours que Dieu accordait à ce dernier, en le rappelant, pour ainsi dire, des portes du tombeau. Mais outre cette raison, nous en avons une autre pour laquelle Timage du soleil nous fait comprendre que dans le verre dont nous parlons, il est question d'Jsme (B).
Le Messie prédit par les prophètes, est quelquefois appelé soleil : mais surtout par Isaïe dans son célèbre 60'' chapitre, où il en parle longuement, quand il invite Jérusalem à se lever et à contempler la splendide lumière qui l^éclaire, lumière qui ne lui vient pas de Fastre du jour, mais du Seigneur qui en tient la place : a Lève- toi, ouvre les yeux, Jérusalem, voilà 1» ta lumière qui arrive; p et au verset 19 : « Ce ne sera plus > le soleil qui t'éclairera pendant le jour, ni la lune pendant la
(6) Cette figure, entourée de rayons, que le P. Garucci prend pour le soleil, ne serait-elle pas celle de Moyse descendant du Sinaï ayec les tables de la loi, et dont le visage brillant d'une lumière éclatante éblouissait les Israélites et les remplissait de frayeur? — Cûmque descenderetMoyses de ij^orUe Sinaï j tenébat duos tabulas testimonii, et ignorabat qupd cornuta esset fades sua,,,. Videntes autem Âaron et fUii Israël comutam Moysi faciem timuerunt prope aecedere (Exod., XXXIV, 29-30). Le geste du personnage qui place sa main devant les yeux indique en effet la surprise et la crainte. Autre observation qui ne nous parait pas sans importance. Quand le livre de la science symbolise la loi ancienne^ il est arrondi au sommet comme les tables de la loi ; quand il contient la loi de grâce, il est carré. Or, ici c'est le volumen, le livre de Tancienne loi; et si la figure en question est celle de Fauteur de la loi de grâce, comme le pense le P. Garucci, pourquoi le livre de la loi de grâce n'est-il pas carré ?
Le P. Garucei pense que le personnage qui tient la main droite élevée devant la figure entourée de rayons, est Isale^ ainsi que celui du 3' tableau; mais alors pourquoi Isaïe, scié par le milieu, est-il représenté sous la forme d'un enfant, tandis qu'il est représenté adulte, quand il annonce la venue du Messie, figuré sous la foriiie du soleil qui vient dissiper les ténèbres à l'ombre desquelles dorment les nations ? Cette figure de femme que le savant archéologue prend pour celle de la Vierge, n'a-t-elle pas plutôt l'apparence de celle d'une matrone, et cette femme ne serait-elle pas la figure de YEglise, entre TÂncien et le Nouveau Testament, représentés par les deux oliviers, et le Jeune martyr ^ que l'on Toit dans le tableau suivant, ne serait-il pas le symbole des souffrances et de la mort glorieuse de nos pères qui, durant les trois premiers siècles, arrosèrent de leur sang le berceau de l'Eglise naissante ? Th. B
370 IXPUCATIOll d'un TEBRB
» nuit; le Seigneur sera pour toujours ta lumière ^ » Le père de Jean, Zacharie, fait ouyertement allusion dans son cantique au passage d'Isaïe que nous citons. Car, tandis que le prophète dit que le Seigneur naissant illuminera la terre couverte de ténèbres, et que les nations se rendront à Jérusalem, en marchant à la clarté divine, née dans son sein, qui Tinonde tout entière de ses rayons éclatants : <x Voilà que les ténèbres 9 enveloppent la terre, la nuit environne les peuples ; mais » voilà que le Seigneur se lève sur toi, et les nations marcheront » à ta lumière, et les rois à Téclat de ta splendeur % » Zacharie rappelle le lever du soleil, qui illuminera les mortels assis parmi les ténèbres et les guidera vers la voie du salut : a ro- 9 rient se levant d'en haut est venu nous visiter, pour éclairer » ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans Tombre de la » mort, pour diriger nos pieds dans une voie de paix '.»
De ce rapprochement Ton conclut que le Seigneur, {prophétiquement dépeint par lêàte, comme un nouvel astre, était rappelé dans Tantique tradition ^ de préférence à de semblables allégories d'autres prophètes, et c'est pour cette raisoo que l'artiste qui a composé le verre dont nous parlons, a choisi ce signe caractéristique qui convenait parfaitement à Isaie.
* Surge, llluminare, Jenualem, quia venit lumen tuum Non erit tibi am*
plitts sol ad luoendum per diem neque luna per noctem ; aed erlt tihl Dominiu in lucem aempiternam (l<aie, lx, 1, 19).
' £cce teoebrs operient terram et caligo populos. Super te antem orietor DominuB et ambulabunt geates in lumine tuo et reges in splendore vultos tai (Uafe^ hx,, 2, 3, (et non ix).
' VisitaTit nos Oriens ei alto illuminare his qui in tenebris et in umbra mortis sedent, ad dirigendos yedes nostros in Tiam paeis (S. Luc, i, 78, 79).
* 11 est vrai que le nom OrUns est donné au Sauveur par Fautre Zacharie, un des douze petits prophètes : Àdducam servum meum OrienUm (in, 8)« Eece vir Orient nomen ejus (iv, It). Mais il convient d'observer que dans ces deux passages le mot ne se rapporterait pas convenablement à une métaphore tirée du soleil» puisque son véritable sens dans l'original hébreu oèt celai de fiXiwrutm, comme le fait entendre Symmaque expliquant le mot correspondant de Jérémie (xxiii , &) riDS, par IVvocroAv tw AypoXt, et non par rotvocroAq rov ^Xl9ïi, Ensuite dans le passage de S, Luc» Zacharie explique lui-même dant quel sens U a appelé le Seigneur ^votroXà ii u^uç, en disant qu'il naît pour éclairer. C'est pourquoi il faut rejeter Tincertitude de Schleusner, qui ne sait s*U faut entendre du soleil ou du bourgeon {fii^nn/t») cet Avax^^n H ^' (Lexicon novi Testamenti, p. 197).