‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 125 sur 149 · ET · texte numérisé non relu

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USS RATIOBTAI^ISTES CHRÉTIfilirSJBN FRANCfi.

Sous le tHre de : Revue de rarinee religieuse, philosophique et iitîiraire, un prêtre de Toulouse; chanoine honoraire, docteur en tbéologîe, M. l'abbé Duilhé de Saint-Projet, s'est proposé de former un taèleau annuel des principates productions de la ihéologiey de la philosophie, de rhistoire et de la littérature.

Nous ne pouvons que louer ce projet, mais c'est a la condition d'être^ nous ne dirons pas impartial: on a ses opinions et on les protège ; mais au moins jusle. Or, nous ne croyons pais que M. Duilhé, Tauteur de Tarticle de la Philosophie eatholique en 1860, l'ait été à regard de ce qu'il appelle la philosophie traditionnelle. Nous allons en donner la preuve, non par des assertions générales, sans citation, ni indication, mais en citant ses propres paroles. De plus, nous allons apprendre à nos lecteurs la formation d'une école nouvelle, celle qui s'appelle elle-même le Rationalisme chrétien. Après avoir exposé tout ce qui peut faire connaître la question philosophique à rétrànger, les Annales doivent consigner dans leurs pages la véritable position de la philosophie en France, surtout au seîn du clergé. Voici le tableau de cette philosophie, tel qu'il est formulé par M. l'abbé Duilhé, nous y joindrons quelques observations.

I<a PhlloMOptalo Catholliiaç <^ii t^f^fi(^,.,\- \^^^ -rwls RiAi^ feîéîèg ï^hllbkitiîl^uék inodefiies ;" ÎÈcbie tradition^îistje; — Rationalisme ^.:n.| .1' iiishr«étlefrj'-^FhUôsopiè^é^14k^mtî^^^^

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maioes qui n^aitreçu d'elle une impulsion, qui n'ait dû subir son empreinte. G'eftt 0i]|rtont par le côté philosophique que rhistoire^ la littérature, les sciences et les arts peuvent acquérir une grande \aleur doctrinale*

» Les diverses écoles de la philosophie moderne doivent être ramenées à deux classes principales. A la première se rattachent les Ubnê pemHutBj qui n'acceptent d'autre contrôle qtie celui de la raison individuelle* Cette grande armée d'incrédules comprend des sectes très*diverses d'origine et de caractères, très*opposées entre elles sur plusieurs points essentieb de la doctrine ; mais un signe de raîliamrat, ua lâot d'ordre commun réunit tous les philosophes dont elles se composent, — la négation du surnaturel. Les uns sont hostiles, les autra simplement étrangers à la foi. Ceux-ci pensent qu'en matim de religion, le temps du silence respectueux est passé; oeut-là regardent le Christianisme comme une institution belle et utile, mais ils soutiennent que la connaissance des vôrités re^ ligieuses est le produit spontané de la raison naturelle, et rt^ fusent de croire à la Révélation. Un des chapitres les plus importants de cette Revue annuelle est consacré au mouYianent de la philosophie Rationaliste.

» Les Philosophes chrétiens, les seuls dont nous ayonsà parler dans cet article, admettent un ordre surnaturel essentielle* ment distinct de Tordre naturel; ils croient que, sous peine d^abdiquer et de se contredire, la vraie Philosophie doit chercher son complément en dehors d'elle-mém£, reconnaitife ua^ autre autorité que celle de la Raison. Ce% philosophes peuvent être aujourd'hui divisés et classés, selon l'importance relatif^ qu'ils attachent, dans le développement des acuités intellec*tuelles, soit à la spontanéité, à l'activité de la Raison individuelle, soit à l'enseignement extérieur, divin ou humain, c*est-àdire à la Tradition. De là ces diverses dénominations de Traditionalisme et de RatiQnalisms chrétien, qui retentissent depuis quelque temps dans la controverse philosophique et religieuse. Pendant l'année qui vient de s'écouler, une opinion intermédiaire a pris place, avec un certain éclat, entre ces deux opinions plus ou moins tranchées : c'est la nouvelle école traditionaliste de Louvain, à laquelle M. Bautain s'est rattaché. Nous

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allons examiner rapldettietït chacun de ces systèmes dans leurs manifestation^ les plus récentes, è

ObèSrVittotts de M. iToniietty.

NOUS ftdmettoûs cette division ; cependant il >f a plusieurs rêniart{oes à faire.

i» Il n'est pas exact de dire tout court que les Rationaliste» purs rêfU$mî de croire à la Bi^élaîiûn. Ils croient à une rété'« lation divine, faîte par la voie de la Raison» Verbe et Dieu de ce monde, comme le dit M. Cousin ^ foite par émanation, p8T(ioipaiiôa divine, spontanéité, force inné^ donnée de Dieu. Cest bien là une révélation surruiturMe, quant à son mode, surnaturelle même quant à son otïfet; comme lorsque led Rationalistes trouvent la Trinité daâs les trois facultés derâtne humaine, etc. Seulement ils donnent à eette révélation le nom à&wUurBlle, et suppriitiem la révétçaim ëuma^élley en la volant. Le livre Du vraiy du beau et du bien^ de M. Cousin, le Uvre De la reUgiannaturdle^de M. J. Simon, sont un compen^ dium de la nàvéktion du Christ ; seulement ils ont effacé son nom et n'ont attribué ces connaissances qu'à la Raison, à la rivéUdian tuUurelk^ Nous espérons que M. Duiihé comprendra lexactitude et Timportance de ces réflexions.

2'' Nous n'admettons pas non plus le mot développement pour exprimer le mode par lequel rame acquiert graduelle^rnent ses conoftissances. C'est en^ignement qu'il faut dire, pour tout ce qui regarde les vérités qu'il faut croire et pratiquer. £n ilehors de ces connaissances il y a un grand nombre de vérités iiue l'homme se doit à lui-même. Jamais aucun Tradi^tionaliste ne l'a nié; mais ce n'est point par développement y car ce mot exclut une action propre, et n'offre que le sens d'une croissance naturelle, qui n'a rien d'intelligent, de libre ou da volontaire* C'est par travail ^ raisonnement, adivité propre. L'homme n'est pas un champignon; c'est un agent Ubre> tirant plusieurs de ses connaissances de ses facultés.

Ecoutons maintenant comment est exposée l'école Traditionaliste i)ar les partisans de l'Ecole des Rationalistes ékré* tiens:

^ Voir le mot Cousin danê les tables générales des ÀnnaîeSi et en partienlier t. XX, p. 168 (3* série).

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