‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 13 sur 149 · BANS LBURS RAPPORTS AVEC LES JUIFS · texte numérisé non relu

BANS LBURS RAPPORTS AVEC LES JUIFS

Valère Maxime nous a déjà appris que^ 76 ans auparavant^ les Juifs étaient si nombreini à Rome que les consuls avaient craint qu'ils ne corrompissent la religion et les mœurs romai* nés; S"" que^ 12 ans auparavant^ le Sénat avait fait rechercher dans tout varient tous les livres prophétiques^ et que plusieurs de ces livres, rejetés par le Sénat, étaient demeurés entre les mains du peuple, ou plutôt de la plupart des Romains lettrés; d"* souvenons -nous que les traditions bibliques seules et les livres des Juifs en particulier conservaient la promesse d'un Libérateur qui devait sauver les peuples et dominer le genre humaiq. Et maintenant écoutons ce que nous racontent les historiens romains.

On lit dans Suétone :

a JtUius Marathus nous apprend que quelques mois avant la » naissance d'Auguste (né le â3 septembre de cette année), on B vil publiquement à Rome un prodige, lequel annonçait quç > la nature enfantait un Roi au peuple romain. Le Sénat effrayé, » décréta qu'aucun des enfants nés cette année ne serait élevé. n Mais ceux des sénateurs qui avaient des femmes gros3es, B prenant chacun pour soi cette espérance, firent en sorte » que le sénatus-consulte ne fût pas porté au trésor et de- » meurât sans force *. »

L'ouvrage de Julivs Marathus ne nous est pas parvenu, mais nous savons que c'était un affranchi d'Auguste, son ami, et son historien. Son nom indique qu'il était syrien ou juif, et Ton pense qu'il était l'auteur des mémoires de la vie d'Auguste 2, que ce prince avait fait composer sous ses yeux.

On voit donc ici, pour la première fois, et en termes exprès, la mention, par un auteur païen, d'un Roi qui allait naître, pour gouverner le peuple romain. Qui pourra dire que cette

* Auctor est Julliis Marathua, antè paucoa quam (Auguatus) Dascoretur men* ses, prodigium factum Romse publicè quo denuntiabafar Regem populo ronumo naturaiB partarire. Seuatum exterritum sensuisse, ne quia iUo aimo genitus educaretur.; eos, qui gravidas uxores tiaberent, quod ad se quiaque apem traheret curai>8e ue senatuscoosultum ad serarium deferretur(SuetoDey,iiu9., c, Q4).

^ Kec contentua dogimn tumolo ejus, versibus a se compositis» exaculpsisae, etiam vitœ memoriam prosa oratione composuit (Suet. Tiberivu Claïudius, o. I). — Hoc etiam Augustua io Ub. H memoriœ viUs suas complexus est (finbliii Macer, apud Servium, Eglog, îx, 47).

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