‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 14 sur 149 · LES ROMAINS OMT COI<(M' LES TRADITIONS BIBLIQUES · texte numérisé non relu

LES ROMAINS OMT COI<(M' LES TRADITIONS BIBLIQUES

opinioa n'est pas venue de ces livres prophétiques apportés à Rome 12 ans auparavant ? Suivons dans l'histoire romaine les traces nouvelles de cette prophétie.

Celle même année 63, éclata à Rome la conjuration de Catilina, et là nous trouvons déjà la promesse, attribuée aux Sibylles, de la future venue d'un personnage à qui serait dévolu le pouvoir suprême. Les députés Âllobroges questionnés par Cicéron lui rapportèrent qu'un des principaux conjurés, le préteur Lenlulus, leur avait dit, a diaprés les livres des Sibylles » et les réponses des Aruspices, être ce 3" Cornélius à qui étaient » destinés le trône et le pouvoir suprême sur la ville de Rome *. »

Liiistorien Florus conflnne cette déclaration en ces termes:

« Lentulus appliquant à sa personne la royauté promise » par les vers Sibyllins à sa famille, disposa dans toute la ville » des hommes, des torches et des armes, pour le jour pris par » Catilina 2. »

Quintilien explique encore plus clairement cette croyance, en disant :

cr La cause de la conjuration fut pour Lentulus en ce que^ » dansleslivres des Sibylles et dans les réponses des Aruspices, » il était dit que la domination serait accordée aux trois Cor- » nelius, et il croyait être le troisième après Corn^ Sylla et » Corn. Cinna, parce que lui-même était un Cornélius ^, »

M. Alexandre fait la réflexion suivante à propos de cet empire promis aux trois Cornélius :

« Nous n'avons jamais réfléchi à ces trois Cornélius de Len- » tulus sans nous rappeler les trois cornes de la bête dont, il

* Lentulom autem sibi confirmasse, ex fatis SlbyiUnU arusplcumque res* ponsis, se esse tertium illum Cornelium, ad quem regDum hujus urbis atquc imperium penrenire esset necesse {Catilin., m, 5. ~ Voir la mention qui en est faite dans Sallaste : Bellvm Catilin., 47). ^

^ Lentulus destinatum familise suœ Sibylllnis ver$ibus regnum siMvaticinanéi, ad praïstitutum à Gatilinà dicm, urbe totâ viros, faces, tela disposuit (Florus, lil). ]?, c. 1).

' Ut Lentulo (causa) conjurationis, quod libris SIbyilinis aruspicnmque responsls dominatio dari trilms Corncliis dicebatur, seque eum tertium esse cFidebat, post Syllain, Cinnamque, quia et ipse Cornélius erat (Quintll., Itut, orai,^ I. Y, c. 10),

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