‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 139 sur 149 · ALLOCUTION DE 8. S. PIE II · texte numérisé non relu

ALLOCUTION DE 8. S. PIE II

8 II y aurait toujours obligation morale, devoir réel, quand » on ferait abstraction de Dieu et de la religion ^ »

Nous signalons encore à l'attention de nos lecteurs, les importantes recommandations relatives à renseignement.

a Que le clergé soit saintement et savamment instruit ;

9 que la méthode des études soit salutaire. Veillez avec une B extrême diligence à ce que, dans les lettres humaines, et » dans les fortes et hautes études, rien ne se glisse qui soit » contraire à la foi, à la religion et aux bonnes mœurs. »

Que nos lecteurs jugent si ce sont les principes des AnnalU) ou ceux de leurs adversaires, qui sont conformes ou contraires à ces solennelles paroles.

Voici, maintenant, la traduction et le texte de cette aUocution pontificale. On remarquera que nous avons 'remplacé par des points fe paragraphe où il est parlé des affaires d'Italie, parce qu'il nous est défendu d'en parler. A. B.

Allocution prononcée par Notre Seigneur très-saint Pie II, pape par la providence divine, dans le consistoire du 9 juin 1862, en présence des patriarefces, primats, archevêques, évéques, assemblés à Rome, pour la soUnneUe canonisation des martyrs japonais et de Michel de Sanctis,

Vénérables Frères, Nous avons été pénétré d'une joie profonde, lorsque Nous avons pu hier, avec l'aide de Dieu, décerner les honneurs et ie culte des saints à vingt-sept invincibles héros de notre divine religion, et cela en vous possédant à Nos côtés, vous qui, doués d'une aussi haute piété et de tant de vertus, appelés à partager Notre sollicitude au milieu de temps si douloureux, combattant vaillamment pour la maison d'Israël, êtes pour

Sanctissimi Domini nostri PU divina Providentia Papse IX, Alloeulio hàhi\A in consistorio die ix junii mdccglx!i, Âdstantibus etiam patriarchis, primatibus, archiepiseopis, episcopis, solemnis sanctorum martyrum in Japonia et Michaelis de Sanctis canonixationis causa Bomœ bongregatis.

VenerabUes Fratres, Maxima quidem lœtitia afïecti fuimus, VenerabUes Fratres, cum Sanctorom honores et cultum, Deo bene juvante, septem et viginti invictissimis dmos nostrae religionis heroibus hesterno die decernere potuerimusi Vobis laterî nostro âdstantibus, qui egregia pietate ac virtute praediti, et in sollicitudinis Nostrs partem vocati in hac tanta temporum asperitate strenue dimicantes pro Domo

> Voir Annales, t. v, p. 267 (4* série).

A l'occasion des martyrs japonais. 417

Nous une consolation et un appui souverains. Plût à Dieu que^ pendant que Nous sommes inondé de celte joie^ aucune cause de chagrin et de deuil ne vînt Nous contrister d'ailleurs! En effet, Nous ne pouvons pas ne pas être accablé de douleurs et d'angoisses, lorsque Nous voyons les dommages et les maux si tristes et à jamais déplorables dont l'Eglise catholique et la Société civile elle-même sont misérablement tourmentées et opprimées, au grand détriment des âmes. Vous connaissez en effet. Vénérables Frères, cette guerre implacable déclarée au Catholicisme tout entier par ces mêmes hommes qui, ennemis de la croix de Jésus-Christ, impatients de la saine doctrine, unis entre eux par une coupable alliance, blasphèment tout ce qu'ils ignorent, et entreprennent d'ébranler les fondements de la Société humaine, bien plus, de la renverser de fond en comble, si cela était possible, et de pervertir les esprits elles cœurs, de les remplir des plus pernicieuses erreurs, et de les arracher à la religion catholique. Ces astucieux artisans de fraudes, et fabricateurs de mensonges ne cessent pas de faire sortir des ténèbres les monstrueuses erreurs des anciens ^ déjà tant de fois réfutées et vaincues par les plus savants écrits, et condamnées par les plus sévères jugements de r Eglise; de les grandir, en les revêtant de formes et de paroles nouvelles et fallacieuses, et de les propager partout et de toute manière.

Israël summo Nobis solatio et consolationi estis. Ulinam vero dum hujusmodi perfundimur gaudio, nuUa mœroris luctusque causa Nos aliunde contristaret. Non possumas enim non yehementer dolere et angi, cum videamus tristissima, et nanquam satis deploranda mala ac damna, quibus cum permagno animarum detrimento catholica nunc Ecclesia, et ipsa civilis sucietas miserandum in modum premitur ac divexatur. Optime enim noscitis, Yenerabiles Fratres, teterrimum sane bellum contra rem catholicam universam ab iis homioibus contflatum, qui intmici Crucis Ghristi sanam non sustinentes doctrinam, ac nefaria inter se societati conjuncti qusecumque ignorant, blasphémant, ac pravis cujusque generis artibus sanctissimae nostrœ religionis, et humanae societatis fundamenta labefactare, immo, si Ûeri unquam posset, penitus evertere, omniumque animos mentesque perniciosissimis quibusque erroribus imbuere, corrumpere, et a catholica religione avellere moliuntur. Nimirum callidissimi isti fraudum artifices, et fabricatores mendacii non cessant monstrosa quœque veterum errorum portenta jam sapientissimis scriptis toties profligata ac depuLsa, gravlssimoque Ecclesiae judlcio damnata e tenebris excitare, eaque novis, variîs ac faliacissimis formis verbisqueexpressaexaggerare, et modis omnibus usquequa-

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ksec cet art détestable et yraiment satanique, ils souillent et pervertissent la science de toutes choses; ils répandent^ pour la perte des ànies^ un poison mortel; ils favorisent une licence effrénée et les plus mauvaises passions; ils bouleversent l'ordre religieux et social; ils s'efforcent de détruire toute idée de justice, de vérité, de droit, d'honneur et de religion, et ils tournent en dérision^ insultent et méprisent la doctrine et les saints préceptes du Christ. L'esprit se refuse et rectde d'horreur à toucher, même légèrement, les principales de ces erreurs pestilentielles par lesquelles ces hommes, dans nos temps malheureux, troublent toutes les choses divines et humaines.

Personne de vous n'ignore. Vénérables Frères, que ces hommes détruisent complètement la eohéskm néceuaire qui, par la volonté de Dieuy existe entre l'un et l'autre ordre, cekd qui e$t dam la nature, et celui qui est au-dessus de la nature, ' et qu'en même temps ils changent, travestissent et détruisent le caractère propre, véritable, légitime de la Révélation divine, l'autorité, la constitution et la puissance de l'Eglise. Et ils en arrivent à cette témérité d'opinion qu'ils ne craignent point de ni^ audacieusement toute vérité, toute loi, toute puissance, tout droit d'origine divine, puisqu'ils n'ont pas ftMie d^affirmer que les matières philosophiques et la science des

que disseminare. Hac funefitissima ac diabolica prorsus arte rerum omnioni scientiam contaminaDt» deturpant, mortiferum ad animarum perniciem Tiras diffundunt, effrenatam Vivendi licentiaroy et pravas quasque cupiditates fovent, religiosum ac socialem ordinem invertont, et omnem justitis, vehtatls, Juris, honestatis ac religionis ideam extingaere conantur, et sanctissima Gliristi dogmata, doctrinam irrident, contemnunt, oppugnant. Horret quidem relu^tque animus, ac reformidat vel leviter attiagere prsecipaos tantum pestiferosque errores, quibu8 hujusmodi homines miserrimiâ hisce temporibus divina et humana cuncta permiscent.

Nemo Vestnim ignorât, Venerabiles Fratres, ab hiuusinodi hominibus place destrui necessarium iilam cohaerentiam, qu» Dei voluntate intercedlt inter utrumque ordinem, qui tum in natura, tum supra nataram est, itemque ab ipsis, omnino inunutari, subverti, deleri propriam, veram germanamque diviiue Revelationis indolem, auctoritatem, Ecclesiaeque constitutionem et potestatem. Atque eo opinandi temjBritate progrediuntur, ut omnem veritatem, omnemqoe legem, potestatem et jus divins originis audacissime denegare non metuaoL Siquidem haud enibeacont asserere, phUosophiGanim remm, moromqiDe

A fOGGiSION DES «ARTTRS aiPONAIS. 419

mœurê^ cUmi que les lois civiles, peuvent et doivent être indépendantes de la Révélation divine et de l'autorité de l'Eglise; que TEglise n'est pas une société véritable et parfaite, pleinement libre, et qu'elle ne peut pas s'appuyer sur les droits propres et permanents que lui a conférés son divin Fondateur; mais qu'il appartient à la puissance civile de définir quels sont les droits de l'Eglise et dans quelles limites elle peut les exercer. De là, ils concluent à tort que la puissân<5e civile peut s'«iwnUscer aux choses qui appartiennent à la religion, aiÂX mœurs et au gouvernement spirituel, et même empêcher que les prélats et les peuples fidèles communiquent librement et mutuellement avec le Pontife romain, divinement établi Pasteur suprême de toute l'Eglise; et cela afin de dissoudre cette nécessaire et très-étroite union qui> par l'institution divine de Notre-Seigneur lui-même, doit exister entre les membres du corps mystique du Christ et son Chef visible. Ils ne craignent pas non plus de proclamer par toute sotte de ruses et de faussetés, devant la multitude, que les ministres sacrés de l'Eglise et le Pontife romain doivent être exclus de tout droit ei de toute puissance des choses temporelles.

En outre, ils n'hésitent pas dans leur extrême impudence, à affirmer que non-seulement la Révélation divine ne sert de rien, mais qu'elle nuit à la perfection de l'bomme, que la Révélation divine, elle-même, est imparfaite, et par consé-

scientiam, itemque civiles leges posse ac debere a divina Revelatione, et Ëccle- 8àad auctoritate declinare, et Ecclesiam non esse veram perfectamque societatem plane liberam, nec pollere suis propriis et constantlbus juribùs sibi a di- Tino suoFundatore collatis, sed Civilis potestatis essedeûnire, quae sint Ecclesiae jara et limites, intra quos eadem jura exercerequeat. Hinc perverse comminiscantur, civilem potestatem posse se immisoere rébus, qu» ad religionem, mores, et regimen spirituale pertinent, atque etiam impedire, quominus Sacrorum Antistites et fidèles populi cumRomano PonUflce, supremo totiusEcclesise Pastore, divinitus constituto, libère ac mutuo communicent, ut plane dissolvatur necessaria et arctissima illa conjunctio, quœ inter membra mystici corporis Christi, et adspectabile suum Gaput ex divina ipsius Ghristi Domini institutione esse omnino débet. Nihll vero timent onml fallacia ac dolo in vulgus proferre, saeros Ëcclesiae ministros, Romanumque Pontiflcem ab omni rerum temporalinm jure ac dominio esseomoino exclùdendos.

Summa prsterea impudentia asserere non dubitaot, divinam Revelationem non solum nihil prodesse verum etiam nocere hominis perfectioni, ipsamque divinam Revelationem esse imper fectam, et iccirco subjectam continue et inde-

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