‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 15 sur 149 · DANS LEURS RAPPORTS AVEC LES JUIFS · texte numérisé non relu

DANS LEURS RAPPORTS AVEC LES JUIFS

jt est parlé dans Daniel, cb. vu. S» 24 ; cornes auxquelles il est » fait clairement allusion dans nos livres sibyllins, L y, 221 K » Hais quand et comment Leniulus a pu avoir quoique » connaissance de ces trois cornes^ nous ne le savons point, et nous ne cherchons guère à le savoir*. »

Ce serait cependant une chose curieuse que de savoir pourquoi les (rots cornua de Daniel auraient été interprétées par les trois Comelius. £st-cc qu'il y aurait eu dès cette époque une traduction latine de la Bible?

Un autre événement très-important, et qui dut faire connaître aux Romains les livres des Juifs, arriva cette même année 63 avant Jésus-Christ. Pompée s'empare de Jérusalem et entre dans le Temple et le Saint des saints, accompagné de ses officiers; il respecte le temple et ordonne même de sacrifier an vrai Dieu. Voici les textes de Josèphc :

(( La religion du temple, jusqu'alors inaccessible aux pieds » et aux yeux des profanes, ne fut pas médiocrement souillée. » Car Pompée, accompagné d'un grand nombre des siens, péné- » Ira dans Tintérieur, et vit ce qu'il n'est permis à aucune » autre personne de voir, excepté aux souverains pontifes ; » mais, par piété, il ne toucha à rien de ce qui y était ren- » fermé, et en cela il ne fit rien qui ne fût digne de sa réputa- » lion. Le lendemain il ordonna aux officiers du temple de le » purifier et d'offrir à Dieu les sacrifices légaux *. »

Pompée confirma de plus le souverain pontificat à Hircan. En se conduisant ainsi, on ne peut s'empêcher de conclure

' Voici ces vers de la Sibylle :

*Xlffr« fayù'j fdcpxxç yoviwv lix7ÙYiOç oiv^yvou.

\>rs que M. Alexandre traduit ainsi ;

Ac primum triplex capnt k radicibtts una

False metens, aliis deinceps hai)^ porriget escam,

Ut carnes infanda vorent alimenta paternas

Impuri reges. (Dans Oracula sibyUinOy t. i, p. 302.]

' Oracula Sibyllina, t. n, p. 181.

lmfip€u Tw 9Ea, etc. {Ant. judaiqwsy I. xiv, c^ 4, n. 4j dans Védltion d^ P|dot,t.i,p,^l,)

26 LES ROMAINS ONT CONNU tBS TRADITIONS BIBLIQUES,

que Pompée et les chefs nombreux qui raccompagnaient prirent quelque connaissance de la religion juiye^ de ses cérémonies et de ses livres. Ce qui nous le prouve^ c'est que ce fait eut un grand retentissement à Rome^ comme nous allons le voir.

Vin.

59 ans aioant Jéms^Christ.

17* année du pontificat éPHirean II, à Jérusalem. f>95 de Rome : C. Julius Cœsar et M. Calpurmus Bibuius, consuls. César obtient le commandement des deux Gaules,

En effets cette année, il est encore question de Pompée et des Juifs dans un fameux plaidoyer de Cicéron. Lucius Volerius Flaccus, gouverneur dé TÂsie, en 691 (62 ans avant Jésus-Christ) , avait fait saisir Tor que les Juifs d'Asie envoyaient à Jérusalem pour Tentretien du temple, et l'avait soustrait à son profit ou versé dans le trésor publie. Decimus Lelius accusa Flaccus de concussion sur ce fait et sur plusieurs antres. Voyons ce que nous apprend la défense présentée par Cicéron,

D'abord nous apprenons que les Jui& étaient en si grand nombre à Rome qu'ils allaient jusqu'à influencer les délibérations et les assemblées du peuple. Écoutons Cicéron ;

« Vient ensuite cet or des Juifs, an sujet duquel on a tant » cherché à nous rendre odieux. C'est là, sans doute, pour- » quoi cette cause est plaîdée auprès des degrés Auréliens. C'est D pour ce chef d'accusation, Lelius, que vous avez choisi une . )) place où les Juifs se rassemblent en grand nombre. Vous savez » combien leur muUiti^e est considérable , combien ils sont unis, » combien ils ont de pouvoir dans nos assemblées. Je parle tout bas, seulement assez haut pour que les juges m'entendent. )) Comme il est des hommes qui animent ces étrangers contre D moi et contre les meilleurs citoyens, je ne veux pas leur » donner lieu de satisfaire plus aisément leur noiauvaise vo- » lonté. C'est la coutume de transporter tous les ans de l'Italie » et de toutes provinces, à Jérusalem, de l'or amassé par les » Juifs ; Flaccus rendit une ordonnance pour défendre d'en » transporter de l'Asie. Qui ne louera point cette ordonnance? y* Le Sénat, plusieurs fois auparavant, et surtout sous mon con-

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