‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 19 sur 149 · Un moQument de Tastronomie égyptienne · texte numérisé non relu

Un moQument de Tastronomie égyptienne

A ces notes de voyage, M. Brugsch a joint la reproduction gravée et l'interprétation de l'un des monuments qu'il mentionne dans son récit : c'est le cercueil d'un certain Heter, que des légendes démotiques lui font reconnaître comme ayant vécu à une époqtie relativement peu ancienne; il était prêtre à'Isis à Tentyra.

Autour d'une grande figure de femme qui représente la déesse Nu-t (le ciel) (p. 22), diverses autres figures forment, dit l'auteur, les deux longs côtés «r d'un quadrilatère, qui » paraît avoir été orienté exactement aux quatre coins par les » figures panlhéistiques des quatre points cardinaux (p. 17). d Lèvent du iVordy est représenté par un fce'/tcr, avec deux iwiires d'ailes ; il porte deux cornes surmontées de deux urœus

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et d'un disque orné de deux plumes. Un scarabée a\ec quatre tètes de bélier y représente VOrimL Un bélier^ semblable au précédent^ si ce n'est qu'il a quatre têtes^est le vent du Sud* Quant à VOmst, c'est un épenrier ayant deux paires d'ailes déployées, plus deux ailes fermées et une tête de bélier avec deux cornes surmontées d'une plume, de deux urœus et de deux petits disques. Cet épervier n'est pas désigné par le nom d*un point cardinal» que déterminent d'ailleurs suffisamment les trois autres figures^ mais par celui du dieu Sckou.

Les mêmes symboles se trouvent^ dit M. Brugsch (p. 18)^ sur un des plafonds du temple deDmderoA, si ce n'est que le scarabée y est remplacé par un oiseau. A HermonikU, on trouve^ dans une autre représentation astronomique^ une série analogue^ où le premier bélier n'a pas d'ailes et le deuxième ne porte qu'une seule tète; le scarabée y est ailé, et n'a sur la tête qu'une plume. La figure qui représente ici le Sud, se redcontre encore sur un autre monument astronomique^ trouvé aux environs à'Esnéy entre le Taureau et les Gémeaux^ et celle qui représente le Nordy entre le Sagittaire et le Scorpion. Dans le zodiaque d'Esné même, le symbole de VOuest se trouve entre le Cancer et les Gémeaux (p. 19). il suit, fait observer l'auteur, de la signification bien établie de ces symboles, que la position des signes dans le zodiaque circulaire de Denderah est diamétralement opposée à la nature (p. 18).

J'ai cru devoir noter ces détails, quelque insignifiants qu'ils puissent paraître à côté de la marcbe rapide des découvertes historiques, parce que le sens d'un symbole astronomique, bien sûrement déterminé, n'est jamais iqdifférent quand il s'agit de reconstituer une science aussi peu avancée que Test aujourd'hui Turanographie égyptienne, science qui peut avoir, et qui a déjà eu pour la chronologie une importance décisive, et dont M. Biot incline à croire que lès éléments, plus ou moins confus, existent même sur des monuments où î'inftuence grecque est dominante ^ Je dois ajouter aussi que^ d'après M. Brugsch, l'usage des quatre figures du cercueH de

' V. lea articles dans le Journal des Savants de 1855. Mais persoime n'a reconnu plus hautement la différence radicale entre l'uranograpbie des Grecs et ceUe-li.

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Heier pour les quatre points cardinaux a'était pas ancien en Egypte. Sur ce monument funéraire^ figure d'ailleurs le zodiaque des Grecs qui entoure la figure de Nu-L « Les monuments • antérieurs aux PtoUmées, dit Tauteur^ ont des signes diffé- » rents pour les points cardinaux : ce sont les quatre génies y» des morts ; fils d'Osiris^ qui remplissent ce rôle (p. 22). » On les trouYe au RameMeum et au temple de Ramêéë III à Medinet-Abou. Dans le l6l" chapitre du Rituel funéraire, d'autres divinités en tiennent la place : ce sont le Soleil au êudy Osiris au nord, Isis à Vauest et Nepbthys à Vesl (p. 19 et 20). Ailleurs encore^ le soleil, comme emblème du iud, est remplacé par la Lune.

Sur les deux côtés du cercueil de Heler, se trouve limage des heures diverses du jour et de la nuit (p. 20 et 21). Le docte allemand eut aussi le plaisir de reconnaître dans le même tableau les noms des cinq planètes, qu'il avait trouvées peu auparavant dans les tablettes rapportées par M. Stdbart ^ Dans la représentation figurée , Vénus parait sous le symbole du Yennou (Phénix)^ qui déjà désignait cette planète sur des monuments plus anciens^. Viennent ensuite des constellations» parmi lesquelles Tauteur croit devoir reconnaître Orioti sous la forme d'Osiris 3, une grande partie du Serpent sous la figure d'un monstre à tête de crocodile^ et la Grande- Ourse dans une "cuisse de taureau* surmontée de la tête du même animal^. M. Brugsch renvoie^ pour ces deux dernières figures^ au 10* Yolume du Zeitschrift. Un dieu à tête d'oiseau^ qui porte ailleurs le nom de An, va percer de sa lance la cuisse du taureau. Le lion et le crocodile^ qui en sont voisins, non-seulement sur le cercueil de Heter, mais sur de plus anciens monuments^ lui paraissent devoir représenter des constellations voisines du pôle.

' M. Biot a rendu compte de cette découverte dang le Journal des savanU^ déc. 1856 Janv. 1857. — Époque de Trigan et d'Adrien.

' V. la Notice de M. de Bougé sur les noms égyptiens des planètes, p. lG-20.

^ V. Biot, Journal des Savants, juin et août 1855, et de Rougé» Inscr, funér. d^ÀhmèSf anal, de la 5* phrase.

* V. Biot, Joiumal des SawinU, août 1855.

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4. — Opinion de M. Scheuchzer sur la seconde expulsion des Pasteurs.

Un autre article concernant les antiquités égyptiennes, mais appartenant à un auteur moins connu, M. Scheuchzer, de Zurich, se trou\e dans le même volume. U a pour objet de prou- , ver que la deuxième invasion des Hyksos, ou guerre des Impurs, est antérieure au règne de Ramsèsle Grand, et que le Sethcs qui en délivra son pays est Seti I. Cet article ne m'a nultemeot convaincu; mais je suis dispensé d'insister longuement par rétude que j'ai, publiée dans les Annales sur la chronol(^ie de la i9* dynastie S étude que je suis loin de présenter comme le dernier mot de la science, mais dans laquelle je me trouve avoir répondu d'avance au système de ce savant, en établissant la série des rois de Bamsès I k Séti If,

Si maintenant j'examine les arguments subsidiaires que présente }\. Scheuchzer, ils ne me paraissent pas suffisants pour détruire un ensemble cle faits admis par tous les écrivains spéciaux. « Séii U, dit-il, n'a pas laissé de monuments de victoire » (p. 642) ; » mais en avons -nous beaucoup des victoires AAhmès, le glorieux chef do la 18« dynastie, le vainqueur certain des premiers Hyksos ?

L'empire a subi des déchirements après la mort de Ramses II (î6îd); ces déchirements peuvent expliquer le premier succès des Impurs; ils ;ie rendent pas impossible une revanche des Egyptiens réunis contre eux. — « Séti P', dit-il en- » core, a eu des ennemis plus voisins que Thoutmès III et » Amenotph III, dont les armes avaient pénétré si loin en » Asie; » et M. Scheuchzer en conclut que les Egyptiens furent refoulés dans Fintervalle. Cela est incontestable; mais il est bien 'certain aussi que Ramsès III , au commencement de la 20« dynastie, combattit les ennemis qu'avait vaincus et paciUés son illustre homonyme. Il n'est plus permis de prendre à la lettre Temphase orientale avec

' V. le n» de juin 1859, t. xix, p. 411 (4« série). Je saisis cette occasion pour prévenir les lecteurs des AnnaleSy que la traduction de quelques extraits des papyrus Sallier et Anaslasy que j'avais donnée dans le n» de septembre (t. xx^ p. 177), d'après un autre recueil (le Correspondant) y et sans pouvoir consulter le texte, est généralement rejetée parIe»égyptologues.

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laquelle ou câèbre ranéantissement des ennemis de Vemrr pire « sous les sandales » de chaque pharaon ; et si Ton veut trouver des faits qui expliquent le rétrécissement des « frontières de TEgypte i» avant le règne de Séti /, on peut, sans que je-aeis tenté de m^y opposer, accepter l'explication que j^ai donnée ailleurs de rabaissement de Tempire à la fin de la 18*" dynastie ^ ; dans tous les cas on ne pourra nier le démembrement ou l'anarchie qui s'y produisirent; ils sont assez clairement indiqués par la comparaison des listes de Manéthon^ des tableaux généalogiques de Thèbes et des tnonuments séparés.

n y aurait peut-être plus de vraisemblance à admettre avec l'auteur (p. 644) que les deux longs règnes de Séti I et de Ramr iè$ Ily sont en partie simultanés ; ce que du reste ni Josèphe ni Manéthon ne paraissent avoir soupçonné. La vieillesse du premier et Tadolescence du second correspondent sans doute à cette période d'un double règne, pendant laquelle on ne trouve de date ni de l'un ni de Tautre ; il est certain que l'on n'en trouve aucune pendant les vingt dernières années de Séti; et ii est peu croyable qu'un souverain, mort après plus d'un demi-siècle de règne, laisse pour successeur un enfant qui lui survive près de trois quarts de siècle. On sait d'ailleurs que, selon Diodore, Sésostris (Ramsès II) combattit et dompta, du vivant de son père^ des peuples africains^; et si la campagne de Ramsès racontée dans la grande inscription d'ibsamboul et dans le poëme de Penta-our est datée de la cinquième année de ce règne, on peut plus facilement admettre une double notation de dates, partant, pour des inscriptions différentes, soit de l'association de Rarnsès, soit de la mort de Séti, que de supposer, avec M. Scheuchzer, qu'un Atnenopkis ait pris le nom de 8éli, après sa victoire sur les asiatiques en leur empruntant le nom d'une de leurs divinités (page 647}.

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