DE 6RÉ601BE DE TOURS
» d'importantes lumières sur les usages, les mœurs, les ihsli- » lutions et sur une quantité de détails; mais, comme récit » des événements politiques et par suite comme tableau gé- » néral du temps, son ensemble laisse à désirer. En un mot, » il faut nous servir de l'Histoire des Frams avec non moins » de discernement et de prudence que d'empressement. Al- » lons-y choisir des matériaux, mais ne prenons pas Tédiflce » tel qu'il est (p. 430). » Gonclusiorf modérée, sans doule, mais qui a toute sa portée, si en racceptanl on ne refuse pas d'admettre les prémisses proposées par M. Lecoy pour la motiver. Le jugement d'Hilduin, abbé de Saint-Denis au commencement du 9" siècle, à propos de certaines versions recueillies par Grégoire de Tours, pourrait donc, dans la pensée de Tauteur, être plus généralisé : a 11 faut, disait Hil- B duin, pardonner à la simplicité de ce saint homme, qui, » ayant cru bien des choses autrement que la vérité le vou- » lait, les a mises en écrit sans mauvaise intention ^ »
Arrêtons-nous ici. Notre éloge et notre blâme sont assurément trop indifférents pour que nous les hasardions ; mais il convenait de signaler une œuvre de critique que l'auteur ne se défend pas d'avoir peut-être involontairement exagérée, mais dont les détails toujours curieux offrent des rapprochements inattendus.
Ajoutons, pour être complet, que depuis l'apparition de celle brochure, M. Bordier, lui aussi ancien élève de l'Ecole des Chartes, a consacré, dans la Correspondance littéraire deux articles au travail de M. Lecoy de La Marche. M. Bordier combat vivement les arguments présentés par son jeune confrère et maintient la véracité du récit de Grégoire de Tours comme étant en pleine harmonie avec les autres documents contemporains. M. Bordier se plaint en outre de l'idée systématique qui a, dit-il, dirigé M. Lecoy : la défense de la vertu des prêtres. Il l'accuse de montrer à ce sujet a plus l'esprit de parti
> Dans Suriuiy 9 octobre, et dans PatroL îatinef t. 106, p. 30. — U va sans dire que nous n'admettrons jamais les accusations portées contre Grégoire de Tours lorsqu'on le représente comme écrivain « de mauvaise foi >, totalement abandonné de sentiment moral », etc.. Le savant abbé Gorini a fait justice de ces aficusatiims^ que n'admettait pas non plus M. de Bàrante.
9i DE LA VALEUR DES iCRlTS DE OtÊGOIRB DE TOUBS.
x> que Tamour de la rérité. d Nous regrettons ces paroles^ qui nous semblent à tout le moins assez peu courtoises. Que M. Bordier nous permette de le croire, Texpression aura ici trahi sa pensée ; c'est sitôt dit : Yesprit de parti; cette accusation revient à tout propos ! Quant au sujet qui nous occupe, M. Lecoy le sait et il Vn écrit : a Personne ne prétendra qu'Q » n'y eut alors dans le clergé que des saitfts ou des gens * vertueux (p. i03). » ÎS M. Bordier, en rapprochant, pour appuyer son assertion, deux phrases de la brochure de M. Lecoy, prises à deux pages de distance, est-il bien sûr d'avoir reproduit exactement la pensée de l'auteur? La science du récent traducteur de VHistoire des Franei est incontestable et nous ne voulons point mettre en doute l'esprit généreux de notre confrère de l'Ecole des Chartes ; mais en usant, dans cette circonstance , de semblables procédés d'appréciation, M. Bordier ne s'expose-t-il point à ce que ceux qui, peu attentifs, ne sont pas au courant de ses travaux, se demandent peut-être si, dans sa critique, il est lui aussi toujours inspiré par le seul amour de la vérité 1 Ce doute serait bien pénible pour M. Bordier et pour nous.
HBimi DB L'ÉFIlfOtS.