XXI. — Celui qui, convoqué à l'assemblée de l'association
* Le eommodatum^ eommêdat, est le prêt, tfusage entièrement gratuit; le mw tuum est le prêt de consommation ; le commodat doit être restitué identiquement.
3 En séquestrant leur maison et leur argent jusqu'à ce qu'ils aient Juré la commune.
ET LA TRÊVE DE DIEU. iO!
par le son de la cloche^ n'y Tiendra pas^ i^ayera douze deniers d'amende.
XXIL — Moi^ Louis, je veux que tous sachent que les hommes de l'association de Beauvais^ entendus par nous, tiennent également de nous leur association^ ils ont juré que d'après la Commune, jurée par eux^ jamais les habiLnnts de Beauvais n'avalent été soumis au droit de main-morte avant nouS; et qu'ils affirmeraient ces choses par serment s'il était nécessaire.
D Afin que tout ce qui précède demeure à jamais ferme et stable^ nous revêtons ces lettres de notre signature et les confirmons de notre sceau. Fait publiquement à Paris, l'an de rincarnation de Notre Seigneur, 1153, de notre règne le iV : étaient présents, dans notre palais, ceux qui ont signé ci-après; notre maison étant sans Maître d'hôtel, Louis» bouteiller, Mathieu, connétable, Mathieu, chambellan. Donné par Hugues, chancelier ^ »
Ce document établit bien que les concessions de Communes étaient la reconnaissance et la consécration de droits anciens. L'association seule était nouvelle, mais comment le roi l'auraitil blâmée, puisqu^il avait sous les yeux l'association diocésaine dont il s'était déclaré le chef?
YI.
Si maintenant nous interrogeons les historiens contemporains sur la question de l'origine des Communes, voici ce qu'ils nous répondront : insurrections populaires, initiative des grands seigneurs, initiative de la royauté au détriment du régime féodal.
De ce que le roi Louis YI octroie quelques chartes de Communes , « des écrivains superficiels , dit Sismondi, se sont emparés de cette notion et d'une vague connaissance des troubles de la féodalité, pour faire de Louis le Gros le champion des libertés populaires, et pour le représenter comme agissant d'après un projet régulier, qui tendait à
» Le texte de cette charte de commune est inséré en forme de vidimus donné parPhilippe Auguste, dans les Ordonnances des rois de France delà troisième race t. XI, p. 240-242. L'original de ce vidimus de Philippe Auguste se voit encadré dans la saUe de lecture de la bibliothèque de Gompiègne.
V SÉRIE. TOME V. — N'' 26 j 1862. (U* voL de la coll.) 7
iOS ÉTUDE SUR LA PAIX
rabaissement de la noblesse. Ils ont affinné que louis Yl voulait détruire le pouvoir des seigneurs et leur susciter par* tout des ennemis dans leurs propres Etats^ afin de jeter ainsi les fondements de la puissance royale dans Falliance nouvelle du trône avec la bourgeoisie.
» Ceux qui font jouer un si grand rôle à Louis VI ont conçu ces projets^ plutôt d'après les sentiments et les intérêts de nos jours^ que d'après Tétude des monuments antiques; ils se sont fait une fausse idée^ et du caractère de ce monarque^ et à^ la portée de son esprit. Brave, actif, bienveillant, mais borné, Louis le Gros ne voyait point un avenir si éloigné; il ne comprenait point d'avance \\n temps tout différent du sien, et quoiqu'il eût de l'ambition» il avait aussi trop de loyauté pour cbercber à la satisfaire par des voies détournées. Il lit la guerre aux comtes et aux barons, vassaux de sa couronne, d'après de justes^ causes; mais il ne chercha point, par une combinaison machiavélique, à jeter dans leurs Etats des germes de dissensions futures. L'inféodation de toutes les campagnes ne lui avait laissé d'autres sujets immédiats que les bourgeois de quatre ou cinq villes : il protégea ces bourgeois, il garantit leur commerce, sur lequel ses propres revenus étaient assis, contre les vexations des barons ; il défendit ou vengera leurs personnes des brigandages de quelques gentilshommes; mais il n'accorda point à ces villes royales les droits de Commune. Il voulait bien que ses bourgeois jouissent de la sécurité que donne une bonne justice, mais il n'avait aucune envie de se dépouiller en leur faveur, ou d'instituer dans leurs murs une république. D'autre part, Louis le Gros n'établit point de Communes dans les terres de ses vassaux : il n'en avait ni le droit, ni le pouvoir; et quoique, dans des temps postérieurs, les légistes aient établi en principe qu'il appartenait à la couronne seule de fonder des Communes, les rois étaient bien loin d'élever une telle prétention au commencement du 12« siècle. Des Communes étaient instituées en même temps dans toutes les parties de la France, mais c'était par les grands vassaux, et non par Louis le Gros. Le duc de Normandie, le comte de Flandre, le comte de Toulouse, ou môme des seigneurs moins puissants, comme le comte de Vermandois et le duc du Maine,