‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 40 sur 149 · ÉTUDE SUR LA PAIX · texte numérisé non relu

ÉTUDE SUR LA PAIX

oemenl des sociétés^ les Papes n'ont cessé de poursuivre le même but, qui est de donner à Tindividualité toute sa valeur en la disciplinant par elle-même, au moyen de la connaissance de Dieu.

9 Peu de princes avant et après Charlemagne ont compris ce plan et l'ont voulu favoriser. D'accord avec les sceptiques et les incrédules, les princes ont en général offert au genre humain, un autre avantage, qu'il a préféré généralement ; ils lui ont proposé de Taffranchir de la règle intérieure, lui laissant ignorer que la règle extérieure, le frein politique, devenant de plus en plus indispensable, pèserait de plus en plus sur toute In liberté. Telle a été la séduction du Césarisme; telle a été la promesse du Protestantisme, telle est celle de la Révolution ; et ces trois choses sont une même chose, et cette chose est la suggestion de Satan, Tennemi de Thomme parce qu'il est le rival de Dieu.

» Malgré Tabondance et Timportance de ses victoires, ^tan ne Ta pas emporté, puisque la société est encore debout, puisque la notion de la liberté n'est pas éteinte, puisque TÉglise, en un mot, est encore, quoi que Von fasse» la tête et le cœur du genre humain. Elle seule a subi tout l'effort de Satan, elle seule a résisté. Humainement, sa victoire est inexplicable. Toutes les forces de la matière et de Tesprit, toutes les brutalités, toutes les subtilités, toutes les anarchies, tous les despotismes se sont conjurés contre elle. Tout attaquée. Tout accablée. »

Et cependant TÉgUse et la Papauté sont encore debout poursuivant leur œuvre divine.

a Perpétuellement l'histoire de la Papauté, dit plus loin l'éloquent écrivain, met la raison humaine en face de la maiD divine , et il faut s'incUner ou fermer les yeux. Il est vrai que beaucoup d'yeux se sont toujours fermés et se ferment obsti* Dément ; mais cet aveuglement est une autre évidence , et le soleil poursuit sa carrière ^ »

Et vous, illustres, saints et vénérables pontifes romains, Sylvestre II,"Benoît VIIJ, saint Léo^ IX, Nicolas II, Alexandre II, saint Grégoire VII, Urbain II, Innocent II, Adrien IV,

* L9 Pcffum de Rome^ 1. 1, p. 160, 162. 2 vol.-in 18, Pari», Ï862.

ET La trêve de dieu. 145

Alexandre m et Innocent III^ qui redira vos luttes héroïques en faveur de la liberté des peuples, vos bienfaits, vos victoires sur la force brutale, sur la barbarie, et cette haute sagesse que vous avez montrée dans le gouvernement du monde au moyen âge I Ah ! nous ne saurons jamais assez exalter notre reconnaissance envers vous, qui avez béni , encouragé, protégé et défendu tant de nobles institutions !

Répétons, en terminant, cette prière d'un grand historien du moyen âge : <x bon Jésus, Roi saint, suprême Pontife , » préservez- nous d'être, avec les damnés, atteints par Tanti- » que serpent; tirez- nous, au contraire, purs de vice, du mii>lieu des tempêtes de ce monde, et, par votre clémence, » réunissez-nous aux saints dans votre cour céleste. Ainsi » soit-il ^ x>

Edmond de l^Heavuxiers.

' Orderic Vitale Histoire de Normandie^ liv. xi, c. 1, dans la Patrol. latine^ 1. 188, p. 787.

ii6 DÉCOUVERTES ALLEMANDES EN ORIENT.

COMPTE RENDU

Page 1