POUR LA PERPÉTUELLE MÉMOIRE DE LA CHOSE
Les Pontifes romains qui ont reçu du Sauveur, dans la personne du prince des Apôtres, la charge suprême et le pouvoir de gouverner et de diriger toute l'Ëglise, n'ont jamais cessé par leurs incessants conseils et leurs entreprises, de répandre la sainte foi du Christ et la religion par toute la terre, de confirmer leurs frères selon le précepte du Seigneur, de soutenir les faibles dans leur défaillance, d'instruire les ignorants, de ranimer ceux qui se laissent abattre, de rappeler les égarés dans la droite voie, de diriger les uns dans leurs incertitudes, de guérir chez les autres la contagion du schisme ou de l'hérésie et de les reconduire au centre de l'unité ; en un mot de pourvoir aux intérêts spirituels de tous les peuples, et de faire tout ce qui, de quelque manière que ce soit, peut conduire au plus grand bien de l'Église.
Or, cette Église fondée par le Christ-Seigneur étant tout à fait une, et embrassant également et les populations de l'Orient et les populations de l'Occident, les Souverains-Pontifes ont fait des ûdèles de l'Église d'Orient l'objet de leurs soins paternels et de leurs préoccupations. Cette Église, d'ailleurs, a produit quantité d'hommes éminents par leur esprit, par leur prudence surtout, par leur doctrine, leur érudition, leur éloquence, par leurs sages écrits, leurs grandes actions et par la sainteté de leur vie.
Pour maintenir intact et inviolable le dépôt de la foi dans l'Église orientale, lendre la disciphne ecclésiastique florissante, et entourer de splendeur et de mîgesté les cérémonies liturgiques, ces Pontifes profitèrent de la paix accordée au Christianisme, convoquèrent plusieurs Conciles, publièrent plusieurs Constitutions et décrets, et travaillèrent ardemment à la prospérité des Orientaux. L'affection toute particulière des Pontifes romains et du Saint-Siège pour
iî(8 NOUTBLLIft BT mAlARGES.
les peuples Orientaux ne s*est Jamais démentie, et s'est surtout distinguée quand Il s*est élevé une hérésie ou un schisme. Aucun soin n*a été épargné alors par les mêmes Pontifes pour sauvegarder en Orient et développer de plus en plus l'unité catholique. Loin d'affaiblir l'unité de la foi, la variété des rites permia tourne à la splendeur et à la majesté de rSglise. ,
Ainsi s'explique la conduite de nos prédécesseurs qui non-seulement n'ont Jamais eu l'intention de ramener les Orientaux au rite latin, mais ont déclaré en termes clairs et précis, toutes les fois qu'ils l'ont jugé opportun» que le Saint- Siège ne demande point aux Églises d'Orient de détruire ou de changer leurs rites propres, vénérables par leur ancienneté et par l'autorité des Salnts-Pèr^. n n'exige qu'une chose : c'est qu'on n'y introduise rien qui soit contraire à la fol catholique, dangereux pour les âmes, ou dérogeant aux vertus ecclésias* tiques comme l'a démontré péremptoirement un de nos prédécesseurs, Benoît XIV, d'illustre mémoire, dans son Encyclique Allatœ sunt, du 26 juillet 1755, adressée aux Missionnaires orientaux. Si donc quelque changement a jamais été introduit dans les rites orientaux, ce n'est point an Saint- Siège qu'il faut attribuer ces innovations.
Après le schisme funeste et à jamais déplorable de Photius, les Pontifes romains et cette Chaire apostolique déployèrent toute leur sollicitude en faveur des Orientaux, et cette sollicitude obtint l'issue si ardemment désirée, au concile de Florence, lorsque, dans ce même concUe, la sainte union catholique, depuis si longtemps et si ardemment désirée, fut enfin rétabUe. Lorsque Marc, archevêque d'Éphèse, en nouveau Photius, avec une audace insigne, essaya d'ébranler et de détruire cette unité, la grande préoccupation des Pontifes romains ftat de ramener les Grecs à l'unité catholique et de pourvoir aux besoins spirituels de tous les Orientaux. Cest pourquoi, par les soins des mêmes Pontifes, des missionnaires furent envoyés aux nations orientales, les livres des rites orientaux furent revisés, et il fut établi des conseils particuliers de eardioanx, pour examiner soigneusement et définir leurs causes. Nous voyons, en effet, plusieurs années avant Clément VIII, établie une Congrégation de rébus Grxeoncm, puis une autre sous le même Pontife, mper negoiiis fidei et religionù cathoUex, Congrégation plus tard appelée depropagandà fide, pour s'occuper des affaires des Grecs et des autres Orientaux, et de la propagation de la foi dans les régions occidentales. Or, cette congrégation avait le même but, qu'eut ensuite et a encore à présent la congrégation générale, appelée également de propagandd fide^ et érigée par Grégoire XV, par lettres apostoliques du 33 mai t<l23, commençant par ces mots Inscnttahili, avec charge de présider à foutei les missions pour prêcher et enseigner VÉvangile et ta doctrine catholique.
Un coup d'œil jeté sur la diversité des rites et des disciplines de l'Orient suffit pour faire comprendre que, même après la création de la Congrégation générale de propagande fide, il pouvait arriver que des affaires d'une importance plus capitale pour les Occidentaux et les Orientaux dussent être soumises à un plus mûr examen et traitées par quelques cardinaux de cette congrëgatiOD générale. En conséquence, Urbain Vni, successeur de Grégoire XV, composa avec les membres de la congrégation générale deux congrégations particolières dont l'une super dulnis OrieniaUumy et l'antre super correcHone Fueologii Grxeofum. Afin de pouvoir terminer le travaQ coramencé par eette der-
NOCrVSLLES ET lliLAlIGES. 159
idère, et afin d'étendre les travaux entrepris pour Y Encologe grec à tous les liyres des OÔrientaux, Clément XI institua une congrégation tout à fait distincte de la Propagande, avec le titre : iuper eorrectione lt6rorum Orienkklium, et oom* posée d'un Préfet, d'un Secrétaire, de cinq^ardinaux, de plusieurs théologiens et d'hommes versés dans la connaissance des rites et des langues de l'Orient. Or, il ressort des actes de la Congrégation de la Propagande que c'est presque toujours aux ËE. Cardinaux qui la composent qu'on a eu recours pour les ques* tiens d'importance majeure concernant les Orientaux, par exemple pour tout ce qui concerne le« Grecs-Melcfaites, les Arméniens, les Coptes, les Maronites, les Rothéniens, et les autres nations orientales.
Cette manière si simple et si rationnelle de traiter les affaires nous a induits à publier les présentes. La Providence, dans ses impénétrables desseins, nouÉ ayant malgré notre indignité, élevé sur la Chaire de Pierre, notre devoir est d'embrasser indistinctement tous les membres de la grande famille humaine dans une même sollicitude, dans un même amour et dans une mémo vigilance; de fEûre tous nos efforts pour faciliter à tous la connaissance du seul vrai Dieu et de Jésus-Christ qu'il a envoyé, afin que tous arrivant à l'unité de la fol et à la connaissance du Fils de Dieu, ils possèdent la vie et avec abondance.
Dès les premiers jours de notre pontificat, nous avons jeté les regards sur l'Orient, et conjuré avec ardeur le Dieu clément et miséricordieux, de confirmer dans la foi ceux qui croient et sont dans la communion du Saint-Siège, d'augmenter en eux la science de Dieu et la connaissuace de Jésns^Christ, afin p'ils puissent, par leurs bonnes œuvres, aplanir les voies du salut éternel. Nous avons aussi demandé à Dieu de ramener au bercail, hors duquel on ne saurait se sauver, ceux des Orientaux qui en sont éloignés. Nous avons la con* flanee que ce Dieu si miséricordieux, daignera exaucer nos humbles et ferventes prières. En attendant, vivement émus par la situation actuelle des ca* thf^ques d'Orient, et considérant, d'ailleurs, qu'en plusieurs contrées ont disparu des obstacles qui s'opposaient à la libre communication des fidèles avec Rome, nous comprenons que notre ministère apostolique nous impose Tobligation de consacrer an bien spirituel de l'Orient notre sollicitude paternelle et DOS efforts empressés afin que nous puissions pourvoir avec plus d'efiicadté au bien spirituel et aux besoins de ces Orientaux.
Affaires des Églises orientales.
En conséquence, nous avons confié à une Congrégation composée de Cardinanx choisis dans la Congrégation de la Propagande et de prélats de notre eour, le soin de rechercher et de nous proposer ce qu'il y aurait de mieux à faire pour la prospérité spirituelle de l'Orient. Considérant d'un côté la gravité et la multiplicité des besoins des Orientaux, et la nécessité de traitar à part les affaires orientales à cause de la différence de langue, de rite et de discipline , considérant d'ailleurs les innombrables oceupati<ms dont la Congrégation de la Propagande est en quelque sorte accablée, par suite de l'extension prodigieuse de notre sainte religion au commencement de ce siècle, par la grâce de Dieu, dans l'Amérique septentrionale, dans les Indes orientales, en Chine, enOcéanie, en Europe même, et par suite de l'augmentation des sièges épiscopaux, des vicariats apostoliques et des missionnaires, cette conunission s'est aisément
160 NOUYELLES ET MÉLANGES.
convaincue qne la congrégation de la Propagande a besoin de nouveaux aaiiliaipes, afin que sans grande difficulté, elle puisse pourvoir d'une manière spéciale aux affaires des Orientaux.
Ces cardinaux et ces prélats ont donc pensé qu'il était tout à fait utile, pour atteindre ce but, et selon le mode pratiqué dans la Congrégation de la foi, ceioi de former des Congrégations spéciales selon la gravité des temps et des a&ires, d'établir une Congrégation spéciale chargée exclusivement de tout ce qui concerne les rites et la discipline des Églises des Orientaux.
C'est pourquoi ils nous ont proposé de former, avec la Congrégation même de la Propagandes une Congrégation spéciale et stable qui s'occuperait uniquement de la correction des livres orientaux, et des affaires de tout genre des Orientaux, et qui se compose de Cardinaux choisis dans celle de la Propagande et relève du cardinal Préfet de cette dernière tout en ayant son secrétaire et ses officiers propres.
C'est pourquoi, préoccupés au plus haut point du bien spirituel des Orientaux, et prêt à tout entreprendre dans cette intention, de l'avis de nos vénérables frères les Cardinaux de la sainte Église romaine, nous instituons à perpétuité, par les présentes Lettres apostoliques, et de notre autorité, une Congrégation spéciale exclusivement chargée des questions orientales, aux clauses et conditions renfermées dans les présentes, et dont nous poursuivrons la scrupuleuse observation.
Ainsi toutes les affaires déférées à la Propagande en vertu du bref « Inscrutabili » de notre prédécesseur Grégoire XY et des Constitutions d'autres Pontifes, seront désormais scindées en deux catégories; affaires du rite latin, affaires du rite oriental. Le nouvelle Congrégation établie par nous pour les affaires du rite oriental aura compétence pour traiter également les questions mixtes où interviennent des pwsonnes ou des choses du rite latin, à moins qu'elle n'aime mieux les déférer quelquefois à la Congrégation générale de la Propagande. La nouvelle Congrégation, qui relèv' d du cardinal Préfet de cette dernière se composera d'un nombre sufflsar de cardinaux pris dans la Propagande, mais aura ses Consulteurs, son secrétaire et ses officiers particuliers. Nous avons appelé dans notre bonne ville de Rome quelques ecclésiastiques renommés par leur connaissance des langues et des choses d'Orient et dont les lumières seront d'un grand secours à la nouvelle Congrégation, surtout pour les questions de rite, de discipline et pour la correction des livres orientaux.
Cette congrégation prendra le nom de Congrégatiùn de la Propagande pour les affaires du Rite Oriental et se servira du sceau de la Propagande. La éorrection des livres faisant partie de ses attributions, nous supprimons et abolissons à pei-pétuité, en vertu de notre autorité apostolique, la Congrégation établie par Clément XI pour s'occuper de cette correction. Nous voulons seulement qu'il soit choisi parmi les membres de notre nouvelle Congrégation, un cardinal Ponem, nommé par nous et par nos successeurs, et chargé de diriger les travaux nécessaires pour recueillir les canons de l'Église orientale et les corriger au besoin, ainsi que les livres orientaux de toute nature soit qu'ils traitent de la catéchèse, ou des versions de la Bible et de la discipline.
Nous voulons en outre que les cardinaux désignés dans les présentes pour composer la nouvelle Congrégation se distribuent, dans une séance prépara-
toire, le& af&ires propres à chaque nation orientale, de telle sorte que chaque cardinal soit particulièrement chargé de ce qui concerne une on plusieurs nations. Gomme il peut arriver que quelque cardinal ne puisse s'acquitter du travail dont il est chargé, nous voulons que les cardinaux de cette nouvelle congrégation présents à la réunion de la Congrégation, jouissent du droit d'op tien, de telle sorte que le dernier après Toption se charge de poursuivre les af« faires de la nation orientale qui manqueraient de la curation d'un cardinal, afin que toutes les nations orientales aient toujours un cardinal rapporteur, qui fasse exactement connaître à la Congrégation les affaires dont il est chargé.
La nouvelle Congrégation étant une fraction de la Propagande, nous concédons à son personnel les privilèges et faveurs concédés par nos prédécesseurs an personnel de la Propagande et actuellement encore en vigueur. Le préfet général de la Propagande, notre cher fils le cardinal-prétre Alexandre Bamabo, sera en même temps préfet de notre Congrégation t nous désignons, poar la composer, nos vénérables frères les cardinaux-évéques Constantin Patrizii évéque de Porto et Sainte-Ruffine, et Louis Altieri, évéque d'Albano; les cardinaux-prêtres Camille di Pietro, du titre de saint Jean de la Porte-Latine ; Charles de Reisach, du titre de Sainte-Cécile, Antoine-Marie Panebianco, du titre des Saints- Apôtres; et les cardinaux- diacres Pierre Marini, du titre de Saint-Nicolaa in Carcere, Jacques Àntonelli, du titre de Sainte-Agathe m Suhurra; Prospcr Caterini, du titre de Sainte-Marie deUa Scala. Nous nommons, en outre, cardinal Ponef», pour diriger la collection des canons deTÉglise orientale et Texamen des livres, le cardinal Charles de Reisach,
Que si chaque Congrégation ecclésiastique a toujours eu ses Consulteurs éminents par leur science qui pesassent avec soin les affaires les plus graves et les plus difficiles, pour les soumettre à Texamen sage et prudent des Cardinaux, à leur prudence et à leur jugement, cela est surtout nécessaire à la présente Congrégation établie par nous pour les affaires des Orientaux. Surtout à cause de la diversité des langues et des rites, sans la connaissance desqueUes choses aucun jugement exact, aucun conseil opportun ne pourrait être émis. C'est pourquoi nous voulons qu'auprès de cette Congrégation il y ait toujours un nombre suffisant de Consulteurs, non-seulement distingués par leur science théologique, mais encore par celle des choses qui regardent les Orientaux, et ornés de toutes les autres connaissances, qui les rendent utiles et secourabies à cette Congrégation. Or, comme entre les affaires de la Congrégation du rite latin et du rite orien* tal,il peut y avoir communication et lien mutuels, nous statuons et décrétons, que le secrétaire d'une congrégation soit Consulteur de l'autre. Mais afin que ladite Gongi'égation ne manque jamais d'hommes qui, connaissant les langues orientales et les affaires des Orientaux, puissent exercer la. charge de Consulteur, et lui soient utiles en toute manière, le cardinal préfet de la Congrégation de la foi proposera à nous et à nos successeurs, un nombre suffisant d'ecclésiastiques choisis, soit parmi les élèves du collège urbain de la Propagande, ou parmi les différentes familles de religieux, pour les appeler à Rome où toutes leurs étude seront soigneusement dirigées vers le but précilé.
£n attendons nous nommons Consulteurs de la nouvelle congrégation nos vénérables frères :
Alexandre Franchit archevêque de Thessalonique et secrétaire de la Congre.
gation des affaires eccdëslastiquefl extraordinaires; loseph Cardoni, évéqusde Garyste, et dos cliers flis :
Louis Ferrari^ préfet des cérémoDies de la Cour pontificale ;
Dominique Bartolini, secrétaire de la Congrégation des rites ;
Josepli Feuler, professeur de droit canonique à TUnivcrsité de Vienne, Uns trois prélats domestiques ;
Boniface Haneherg, abbé du monastère de St-Boniface, de Tordre de St-fienoJt, et professeur d'Écriture sainte à l'Université de Munich;
Louis Vincenxi, professeur d'hébreu ;
Scapaticd, professeur de syro-cbaldéen ;
Philippe De Àngelù, professeur de droit canonique à rUniyersité romaine;
Charles VerceUone^ procureur-général de la Congrégation des clercs réguliers des SS. Paul et Barnabe, apôtres ;
J. Baptiste FranseUn, de la Société de Jésus, professeur de Théologie au Collège Romain;
Augustin TheineTy de l'Oratoire de S. Philippe de Néri ;
J. baptiste Pitra^ Pie Zingerle et Bernard Smith, tous trois Bénédictins.
Nous vouions que les jeunes ecclésiastiques romains les plus distingués par leurs dispositions et leurs succès dans les études se consacrent, sous la direction d'un Consulteur, à l'étude des questions religieuses qui concernent l'Orient, afin de pouvoir un jour devenir eux-mêmes. Gonsulteurs ; les ecclésiastiques qui réussiront le mieux dans ces études seront préférés dans la collation des bénéfices.
La nouvelle Congrégation aura son secrétaire particulier qui remplira ses fonctions de la même manière que le secrétaire de la Congrégation du rite latin, en observant les règles et la méthode de la Propagande. Noua nommons à cette charge notre cher flis Jean Simeoni, protonotaire apostolique. Pour quelesdeui secrétaires puissent acquérir une connaissance exacte des affaires de l'un et de l'autre rite, ils assisteront ensemble aux séances de chaque congrégation dans l'ordre suivant : le secrétaire de la Congrégation générale de la Propagande, le secrétaire de la Congrégation pour le rite orientai et le protonotaire apostolique. Les employés de la secrétairerie seront suffisamment nombreux : les deux coo* grégations auront k leur disposition la même imprimerie et nous assignons les fonds nécessaires pour indemniser la Propagande de ce surcroît de dépenses.
Nous levons les yeux vers le trône du Dieu de miséricorde et le conjurons dans nos humbles et ardentes prières, de répandre, l'abondance de ses grâces sur les populations de l'Orient et de rendre à leur antique splendeur tant d'illustres chaires épiscopales établies en Orient par les apôtres même et aHJourd'hui, hélas 1 détachées de la pierre qui sert de fondement à l'Église et abandonnées dans leur isolement.
Nous avons la confiance que l'Auteur de tout bien i)énira nos efforts, et que les Orientaux qui sont demeurés attachés à la vérité catholique et s'en font gloif e, n'auront rien tant à cœur que de répondre de plus en plus à notre sollicitude, de resserrer les liens qui les unissent à la Chaire de Pierre et d'essayer de rappeler au bercail de l'unité leurs frères égarés.
Nous établissons, voulons, eAioignons, commandons et ordonnons tout ce qui est établi, voulu, e^^oint, commandé et ordonné par les présentes. Le contenu n'en pourra être taxé d'obreption, de subreption, de défaut d'intention ou d'au*
NOUTEUES ET MÉLANGES. 163
tre Yice sabstantiel en quelque temps et par quelque personne que ce soit, même par les intéressés ou par ceux qui prétendraient Tétre et se plaindraient de n'avoir pas été appelés, entendus et consultés. On ne pourra suspendre, restreindre, cas^r les dispositions contenues dans les présentes, les appeler en controverse, leur opposer une décision de restitution en entier, d'ouverture de ta bouche, ou quelque autre sentence que ce soit, mais elles sortiront à tout jamais leur plein et entier ellet, et seront scrupuleusement observées par tous ceux qu'elles concernent ou concerneront. Les présentes Lettres suffiront à perpétuité pour garantir les droits de la sacrée Congrégation des affaires orientales et des personnes citées dans la teneur : nul ne pourra être, à l'occasion des présentes, tenu à la vérlûcation du contenu, y être contraint ou obligé judiciaire* ment ou extrtgudiciairement, et nous déclarons nul et non avenu tout acte commis sciemment ou par ignorance, par quelque personne que ce soit, dans le but d'attenter aux dispositions de notre Lettre apostolique.
Nonobstant les lettres apostoliques de Grégoire XY dont nous avons parlé plus haut et qui conunencent par le mot « Inscrutdbiliy • les constitutions de Clément XI, des autres souverains Pontifes, nos prédécesseurs, et les nôtres ; nonobstant les règles de la chancellerie apostolique, et celles de la Propagande, confirmées par autorité apostolique, et tons autres statuts, coutumes, privilèges, induits ou concessions quelconques, qu'elles qu'en soient d'ailleurs la force, la précision et l'Importance ; statuts et privilèges auxquels nous déclarons déroger expressément dans toute la teneur et la forme de leurs dispositions, et voulons que les présentes Lettres sortent leur plein et entier effet.
Donné à Rome, à Saint-Pierre, sous l'Anneau du Pêcheur, le 6 du mois de janvier 1862, de notre ponti&cat le 1G^ g. b. cabd. pianetti.
— LeUre circulaire adressée par la Congrégation du Conçue à tous les Évéques du monde catholique^ pour les inviter à assister d la canonisation solennelle qui aura lieu à Home, le jour de la Pentecôte :
< Monseigneur,
» 11 ne pouvait m'éire ordonné rien de plus agréable que d'annoneer à Votre Grandeur que Sa Sainteté a résolu de convoquer, pour le mois de mai prochain, deux consistoires semi-publics, et qu'à la suite de ces consistoires aura lieu, le jour de la Pentecôte, la canonisation solennelle des vingt- trois bienheureux martyrs du Japon, de l'ordre franciscain des Mineurs de l'Observance, c'est- à dire du bienheureux Pierre-Baptiste et de ses compagnons, et du bienheureux Michel de Sanctis, confesseur de l'ordre de la Sainte-Trinité pour le rachat des captifs.
» Sa Sainteté, suivant l'exemple de ses prédécesseurs, aurait désiré faire venir de sou autorité à Rome les Ëvéques d^talie, afin d'entendre leur avis dans une affaire d'aussi grande importance, et afin d'accroître par leur présence l'éckt de cette solennité. Mais considérant les calamités qui frappent ia plus grande partie de l'Italie et ne permettent pas à tous les pasteurs de se séparer de leurs troupeaux^ elle a cru devoir pour cette fois s'écarter de l'usage étimli.
• C'est pourquoi le Souverain-Pontife a daigné m'ordonner d'envoyer cette lettre, non-seulement aux Évéques d'Italie, mais encore à tous ceux du monde catboliaue, pour leur donner l'heureuse nouvelle de la canonisation, et en même temps leur déclarer que ceux d'entr'eux qui, soit en Italie, soit ailleurs, croiraient pouvoir faire le voyage de Rome sans dommage pour leurs ouailles, et sans aucun autre inconvénient particulier, pour assister aux consistoires et a la canonisation solennelle, feraient une chose agréable à Sa Sainteté.
» Du reste, ce voyage à Rome, s'U peut s'effectuer, servira, d'après les Intentions de Sa Sainteté, comme s'il était entrepris pour remplir l'obligation de la visite taerorum liminum.
164 KOUVELLES ET MÉLANGES.
» Je vous annonce tout cela par ordre de Sa Sainteté. » Je saisis roccasion pour exprimer à Votre Grandeur mes profonds sentiments de respect, et vous souhaiter toutes les prospérités divines. » Rome, 18 janvier 1862.
» Signé : Cardinal Gaterini, Préfet de la Congrégation, du Concile >
— Découvertes faites dans les fouilles du palais des Césars. M. Rosa contiaue, ainsi que nous l'avons annoncé, les fouilles des jardins Farnèse. Au commencement du mois de décembre on a mis au jour ce que Ton croit être V Académie^ c'est-àndire la salle des lectures publiques dont il est souvent question dans les auteurs, et entre autres dans Pline. On en a complètement déblayé Tintérieur, où Ton a trouvé des gradins et des niches pour des statues. Entre ['Académie et les Bains de Licie on s'occupe de découvrir de grandes voûtes détruites qui contiennent des fragments de mosaïques, et Ton aperçoit déjà des traces de murs et de pilastres en briques. Les travaux ont aussi commencé du côté de la Voie Sacrée, et les ruines prennent l'aspect le plus imposant. On a trouvé de beaux fragments de colonnes de marbre, des chapiteaux corinthiens, etc.
Le 10 janvier dernier, Vlnstitut de correspondance archéologique de Rome, après avoir tenu une courte séance dans le lieu ordinaire de ses réunions, s'est transporté en masse au Palatin, où. se trouvent comme chacun le sait, les jardins Farnèse. Le projet de cette visite avait été divulgué, aussi rassemblée était-elle fort nombreuse. Aux membres de rinstitut s'étaient joints des étrangers de distinction et beaucoup de nobles Romains avec leurs femmes, chose tout à fait inaccoutumée, car d'habitutle ils ne sUnquiètent guère d'archéologie. Tous ont été émerveillés des résultats acquis en si peu de temps, et dont l'honneur revient à Thabile directeur M. Pietro Rosa. En effet, les fouilles se sont poursuivies avec activité en deux endroits, d'abord vers l'arc de Titus, là où Ton sait que se trouvait l'entrée principale du palais des empereurs, puis du côté des bains de Livie,
Dans le premier endroit où les fouilles promettent d'être très -fructueuses, on a trouvé une longue muraille, enfermant probablement une vaste place. On n'est
E oint encore arrivé au pavé, mais on a mis au jour de belles colonnes de marre cipolin de 45 centimètres de diamètre.
Du côté de la Voie sacrée, on continue le déblai de tous les édifices qui existèrent entre le Casino et la rue Saint- Bonaventurc, et là, au moyen des nou-
riaux y circulent maintenant sans difficulté.
l'on croyait jusqu'ici être le temple d*Apollon, Cette conjecture parait aujourd'hui dénuée de fondement. Encore quelques jours de fouilles, et Ton saura décidément à quoi s'en tenir.
Tous ces travaux» du reste, marchent avec une telle rapidité, que nous avons sous les yeux plusieurs grandes photographies exécutées à la fin du mois de décembre et qui déjà ne représentent plus exactement l'état des ruines et des fouilles.
Parmi les objets découverts jusqu'ici et qui sont tous en marbre blanc, nous avons à signaler un magnifique fragment d'une frise du plus grand style et comparable pour la beauté a la célèbre frise du temple d'Antonin et Faustine, deux Hermès à double tête, tous deux identiques, et représentant d'un côté la Jeunesse, de l'autre la Vieillesse; une statue de femme ^ peut-être une DiaDe» entièrement drapée et d'un très-beau style. On a trouvé, en outre, un bras, ce qui fait espérer que la statue auquel il appartenait n'est pas bien loin, et ailleurs une lyre qui senible promettre un Apollon ou une Muse.
(Correspondance littéraire.)
Tenailles. — loprimerie BEAU htm, ne it l'Oranferjf , 31.
ANNALIS
PHIIiO SOPHIE CHRÉTIEIVIVE.
Wttînér0 27. — iiriar0 1862.
|l^tt0j00ft)ie trairtiotitiHU.