ENCYCLIQUE DE 8. S. PIE IX
moment toute pratique ; elle est toute dans ces paroles que i/ous avons posées si souvent et qu'il nous eât bien permis de recommander à l'examen des Consulleurs et de la Congrégation de l'Index et de celle du Saint-Office.
La Philosophie^ dit-elle^ enseigne les vérités connues par la révélation dite naturelle, à l'exclusion de la théologie qui enseigne les vérités connues par la révélation dite sumaturétk» Or^ quels sont les enseignements que la Philosophie prétend donner avec ses lumières propres et purement naturelles?
Dieu et ses attributs ;
Les devoirs de l'homme : .
Envers ses semblables ;
Envers lui-même ;
Envers Dieu.
De plus^ elle enseigne les règles qui constituent :
La société civile ;
Et la société domestique.
Voilà ce que prétend enseigner la Philosophie et ce que lui concèdent 4]uelques catholiques.
C'est de là qu'elle a tiré et qu'elle tire en ce moment la conclusion qu'elle peut se contenter de cette révélation ncUureUe, parce qu'avec cette révélation elle a tout ce qjii est nécessaire à l'existence de la société temporelle.
C'est là toute la question religieuse et philosophique de notre époque.
Or, cette prétention est-elle fondée en raison? Est-elle soutenue par les faits comme elle Test parles principes concédés?
11 n'y a qu'à ouvrir les yeux. Que sont les sociétés encore en dehors du Christianisme quoique nqn en dehors de toute révélation soit primitive; soif^ chrétienne? Que sont les livres conçus dans ces contrées? M. Cousin, s'il fût né dans ces pays, aurait-il fait son livre Du vrai, du beau et du bien? M. Jules Simon aurait-il fait son livre De la loi naturelle? M. Saisset aurait-il fait ses esqmsses religieuses ? Non, mille fois non. Nous avons suivi la polémique qui a eu lieu à celte occasion, et tous, depuis M. l'abbé Maret jusqu'à M. le pasteur Pressansé dans sa Revue chrétienne, tous ont répondu à ces messieurs que ce qu'ils donnaient comme une conquête de la
mérite Pur
AUX ÉVÈQUES BBLGBS. 197
philosophie était un lambeau détaché du Christianisme. Le concile de Périgueux a tranché celte question en disant nettement :
« Ce que les Philosophes nous offrent pompeusement comme le produit la-
> horieux de leur Raisony c'est à VEglùe hu*its Vont dérobé, et tout leur méri » consiste à nous le rendre fraudé et mutile ; ce qu'ils nous donnent pour du Pi » philosophique, n'est autre chose que du Christianisme tronqué et altéré ^.»
Voilà, selon nous, sur quoi doivent porter les réflexions de tous les défenseurs de l'Église, en attendant docilement les décisions souveraines que le Souverain-Pontife émettra quand il le jugera convenable.
Quant aux Annales, voici leur Vrai- Traditionalisme : Avec les Consulteurs de Flndex et les cardinaux qui ont ' approuvé le Traditionalisme belge, elles croient :
• Que rhonune, tel qu'il nait .aujourd'hui, a besohi pour acquérir le plein I usage de la raison, d'un secours intellectuel extérieur (t. i, p. 294, • et cl-
> dessus p. 80). »
.Quant à Tétat primitif de Tâme, elles n'admettent pas les idées innées, latentes, ou endormies :
« Ce Quelque chose réellement identique à Dieu, et toujours présent ànojtrees- »prit, ce diéyeloppement direct et spontané de la Raison, que professent » M. rabl)é Ubagbs et M. rabhé Passaglia (ci-dessus, p. 177 et 195). »
Elles croient que ce sont ces principes, qui, traduits en actes, font dire maintenant à Garibaldi, s'adressant aux prêtres italiens :
« Qu^ils moaUnt donc avec couraee sur la hrèche des droits deja race hu- • mai ne; qu'ils descendent dans le fond de leur cœur, émanation de Dieu; » qu'ils le consuUmt sur leurs devoirs, et qu'ils répandent enfin la parole sacrée » de la religion de la Vérité^ parmi les muUitudes ^. »
Les Annales croient que c'est là de la pure philosophie Ontologique, et que c'est Tapplication de la doctrine ifis idées innées. Sur cette question, les Annales adoptent complètement la doctrine de la Civiltà cattolica, tirée de saint Thomas et d'Aristote, qu'il n'y a d'innées dans l'homme, que sesdi^ositions, ses facultés (habitus) ^.
Tel est, sur ces deux points fondamentaux, le Traditionalisme des Annales. \ Â. Bonnetty.
' Voir le texte de ce passage dans les Annales , t. xix, p. 53 (4* série).
' Lettre datée de Turin, 5 décembre 1861,iimt du 2â mars, t xu, p. 883.
' Voir tout l'article de la Civiltà inséré dans les Annales, 1. 1, p. 153, et les observations qui le corroborent^ p. 160. — Voir de plus sur ces textes, t. xyii, p. 372 (4« série) .
Nota. Comme nous donnions le bon à tirer de c^tte feuille, nous lisons dans le journal V Union uue nouvelle lettre de S. E. le canlinal d^Ândréa, que nous publions à la Un de ce cahier, ci-après, p. 238.
r SÉRIE. TOME V. — N^ 27 ; i 8^2. (64« vol. de la coll.) i 3
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